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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-18T00:04:38+02:00</updated>
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   <title>Un "Capriccio" enchanteur à Garnier</title>
   <updated>2016-01-22T12:41:00+01:00</updated>
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   <category term="Lyrique" />
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   <published>2016-01-22T12:09:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Reprise de la très belle production du metteur en scène canadien Robert Carsen à l'Opéra de Paris jusqu'au 14 février 2016. Un spectacle enchanteur au service d'un des derniers opéras de Richard Strauss. Un ultime chef-d'œuvre dont la parfaite poésie parle au cœur comme jamais grâce à un plateau d'artistes de rêve.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979218.jpg?v=1453461323" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      Ce &quot;caprice&quot; ou fantaisie en un acte, conçu au départ pour servir de prologue à l'un des derniers opéras de Richard Strauss, est créé dans les pires conditions en octobre 1942 dans un Munich bombardé presque quotidiennement. Cette &quot;conversation en musique&quot; est alors devenue une œuvre à part entière d'une durée d'un peu plus de deux heures. Une œuvre dont le sujet semble d'une définitive inactualité : un débat dans la France du XVIIIe siècle dans un château près de Paris entre une comtesse, son frère, un poète, un compositeur et un directeur de théâtre sur la nature d'un bon opéra. Reprenant l'ancienne dispute entre Piccinistes et Gluckistes <span style="font-style:italic">(1)</span>, ces personnages d'une autre ère mêlent marivaudage sentimental et théorique en s'interrogeant sur l'importance respective des mots et de la musique dans une œuvre réussie. Bref un opéra sur l'opéra.       <br />
              <br />
       Un opéra dont l'idée remonte à 1934 quand l'écrivain Stefan Zweig propose au compositeur allemand de travailler sur le livret de l'abbé Casti, mis en musique par Salieri en 1786, &quot;Prima la musica poi la parole&quot;. Quand le librettiste de Richard Strauss pour &quot;La Femme silencieuse&quot; s'exile, il confie l'ouvrage à un ami juif comme lui, Joseph Gregor, qui finit lui aussi par fuir la persécution nazie. C'est finalement Strauss lui-même qui rédige le livret avec la collaboration du chef d'orchestre Clemens Krauss <span style="font-style:italic">(2)</span>. En octobre 1942, moment de la création de &quot;Capriccio&quot;, cela fait plusieurs mois que Stefan Zweig s'est donné la mort au Brésil. Peu de temps après, c'est l'Opéra de Munich (non loin de Dachau) qui sera totalement détruit. Inactualité, disait-on ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979230.jpg?v=1453461565" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      Si David Marton, à l'Opéra de Lyon, intégrait les terribles conditions de création de l'œuvre dans son intelligente lecture de 2013 - prenant au mot un des personnages (&quot;La scène nous dévoile le secret de la vérité.&quot;) en faisant de Monsieur Taupe (le souffleur de théâtre) un agent de la Gestapo persécutant certains convives affamés -, Robert Carsen choisit dans cette superbe proposition de retrouver l'âme d'une œuvre légère et brillante, aussi profonde parfois qu'envoûtante. La Comtesse se regarde dans l'immense miroir de son salon refusant de considérer autre chose que son incroyable beauté. Cette beauté qu'a poursuivie continûment cette génération d'artistes européens nés au XIXe siècle à laquelle appartient Strauss - dans ce &quot;Monde d'hier&quot; qu'a si merveilleusement raconté Stefan Zweig justement - et qui a vécu le naufrage tragique de son idéal dans un XXe siècle catastrophique.        <br />
              <br />
       La Comtesse est Strauss, elle est aussi son opéra. C'est l'illusion baroque réconfortante de cette poursuite de la Beauté qui intéresse le metteur en scène canadien : ce salon rococo aux pilastres et aux perspectives de carton-pâte - réplique du Foyer de la Danse de l'Opéra Garnier, ces rideaux de scène aussi somptueux que factices, cet immense lustre d'opérette et cette Comtesse française aux robes très viennoises. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979261.jpg?v=1453461823" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      À part cet officier SS qui traversera l'arrière-plan (et dont la casquette galonnée déparera une table Louis XVI), tout parlera de l'idée qu'on poursuit coûte que coûte - le monde dût-il disparaître - et de la création artistique qui seule compte en définitive. À la fin de l'opéra, quand la sublime aria finale de la Comtesse transcendant l'ironie légère du propos rejoint le silence, les décors disparaissent dans les cintres. Un retour brutal dans la réalité pour le spectateur. Ne reste que la scène nue, grise et sans apprêts, les techniciens et la chanteuse qui va regagner sa loge - non sans un regard vers le Foyer de la Danse au loin, réel celui-là, où répète une ballerine. Tout n'est que spectacle et le théâtre lyrique, poésie et musique, est la seule patrie qui vaille.       <br />
              <br />
       Dans cet enchantement tous les chanteurs (ou presque) ont leur part : le compositeur racé et délectable du ténor suisse Benjamin Bernheim, le poète fringant de Lauri Vasar, le directeur de théâtre très burlesque de Lars Woldt, les chanteurs italiens (dont la talentueuse Chiara Skerath) et surtout la grande Comtesse d'Emily Magee. Si les aigus de la soprano américaine n'ont plus tout à fait la sonorité adamantine que nous gardons en mémoire - de même parfois une ligne de chant sans reproche -, sa Comtesse vit d'une incarnation exceptionnelle toute de magnificence et d'émotion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979290.jpg?v=1453462268" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      Et rendons grâce à l'orchestre de l'Opéra de Paris sous la direction d'Ingo Metzmacher qui brode un velours somptueux et raffiné, un tissu sonore d'une richesse inouïe - bel hommage à une partition d'une complexité et d'une musicalité rares - joie et déchirement réconciliés.        <br />
              <br />
       <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Une controverse agita les partisans des compositeurs Piccini et Gluck au XVIIIe siècle sur la nature de l'opéra.        <br />
       (2) Clemens Krauss dirigea également l'opéra lors de sa création. </span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Vendredi 22 janvier 2016 à 20 h 30.       <br />
       Lundi 25, mercredi 27 janvier 2016 à 19 h 30.       <br />
       Dimanche 31 janvier, dimanche 14 février 2016 à 14 h 30.       <br />
       Mercredi 2, samedi 6, mercredi 10 février 2016 à 19 h 30.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979335.jpg?v=1453462431" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      Opéra national de Paris - Palais Garnier, Place de l'Opéra Paris 9e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Capriccio&quot; (1942).</b>       <br />
       Conversation en musique en un acte.       <br />
       Musique de Richard Strauss (1864-1949).       <br />
       Livret du compositeur et de Clemens Krauss.       <br />
       Durée : 2 h 30 sans entracte.       <br />
       En langue allemande surtitrée en français et en anglais.       <br />
              <br />
       Ingo Metzmacher, direction musicale.       <br />
       Robert Carsen, mise en scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8831060-13979348.jpg?v=1453462563" alt="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" title="Un "Capriccio" enchanteur à Garnier" />
     </div>
     <div>
      Michael Levine, décors.       <br />
       Anthony Powell, costumes.       <br />
       Robert Carsen, Peter Van Praet, lumières.       <br />
       Jean-Guillaume Bart, chorégraphie.       <br />
       Ian Burton, dramaturgie.       <br />
              <br />
       Emily Magee, La Comtesse.       <br />
       Wolfgand Koch, le Comte.       <br />
       Benjamin Bernheim, Flamand.       <br />
       Lauri Vasar, Olivier.       <br />
       Lars Woldt, La Roche.       <br />
       Michaela Schuster, La Clairon.       <br />
       Chiara Skerath, une Chanteuse italienne.       <br />
       Juan José De Leon, un Chanteur italien.       <br />
       Camille de Bellefon, une jeune Danseuse.       <br />
       Graham Clark, Monsieur Taupe.       <br />
       Jérôme Varnier, Le Majordome.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chanteurs de l'Opéra national de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon</title>
   <updated>2013-06-08T11:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Des-notes-qui-parlent-plus-haut-le-Capriccio-genial-de-David-Marton-a-l-Opera-de-Lyon_a900.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2013-05-12T09:03:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bonnes gens, sans tarder, courez à Lyon pour découvrir le "Capriccio" de Richard Strauss, révélé brillamment par la mise en scène de David Marton et l’impeccable direction de Bernhard Kontarsky !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5505037-8212001.jpg?v=1368431322" alt="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" title="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Eh oui, je me présente à vous bien repentante et mangeant mon chapeau, qui osais mettre en doute le travail du jeune metteur en scène tchèque ! À l’opéra, les enfants turbulents du Regie Theater sont il est vrai très souvent délectables ! Pensons à Kristof Warlikowski, tout à fait insupportable au théâtre - ah, les abîmes d’ennui de son &quot;Tramway nommé Désir&quot; à l’Odéon - et supérieurement doué à l’opéra - par exemple son &quot;Parsifal&quot; à Paris !       <br />
              <br />
       Ce &quot;Capriccio&quot; là, une &quot;conversation musicale&quot; en un acte, est une œuvre bien intéressante. Par son sujet, et les circonstances de sa création, par la personnalité même de son compositeur. Bref rappel de l’argument : une charmante comtesse française doit arbitrer en son château (au XVIIIe siècle) la dispute qui divise ses deux amoureux, un poète et un musicien, en présence d’un directeur de théâtre (La Roche), du frère de Madeleine (la comtesse), de la Clairon, actrice célèbre et de quelques domestiques. Sujet de ce débat qui fit vraiment rage au siècle des Lumières ? Une question bien théorique : des paroles ou de la musique, qui doit primer dans un opéra ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5505037-8212002.jpg?v=1368431322" alt="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" title="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Ce sera donc un méta-opéra, une œuvre qui pratique une constante mise en abîme : un opéra qui parle d’un opéra en train de s’écrire et qui interroge les conditions de création d’un bon opéra ! (Ouf !) Ce cœur de l’œuvre, David Marton s’en empare avec brio : le décor consiste en une coupe transversale d’une salle d’opéra avec scène, fosse d’orchestre et parterre. Dans le fond, les loges, dans une architecture à l’italienne, où tous les personnages viendront tour à tour s’installer, comme dans les autres espaces scéniques. Les costumes appartiennent à diverses époques, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, comme il sied pour un chef d’œuvre qui se présente aussi comme une réévaluation enlevée de l’histoire lyrique occidentale.       <br />
              <br />
       Mais ce n’est pas tout, &quot;Capriccio&quot; n’est pas que cet opéra léger et élégant que promet l’histoire. Il est aussi le &quot;testament&quot; selon ses propres termes d’un compositeur munichois vieillissant et plutôt compromis avec le régime nazi. Il remplace Arturo Toscanini à Bayreuth en 1933, moins incommodé que le chef italien par les bruits de bottes. Il va même composer la musique de l’ouverture des Jeux olympiques à Berlin… et sa carrière est déclinante depuis fort longtemps. Alors, quelle muse le ressaisit à 77 ans, lui permettant de composer son dernier chef d’œuvre lyrique ? Et ce, en 1941. Vraie bonne question : en cette période de ténèbres, à quoi bon un opéra, cette &quot;absurdité&quot; (dixit La Roche) ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5505037-8212029.jpg?v=1368431322" alt="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" title="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      C’est ce que nous explique admirablement David Marton aussi. Alors que Richard Strauss voit agoniser la culture allemande, celle portée haut par Goethe, Mozart et Beethoven - auquel son ouverture jouée par un sextuor de cordes rend hommage - il peut nous faire d’ultimes révélations. Et écrire l’un des plus beaux éloges de la beauté qui soit : celle des voix, des artistes, de la musique. Dans le plaidoyer de La Roche, le directeur de théâtre, à la scène IX, Richard Strauss lui-même semble parler <span style="font-style:italic">&quot;pour sortir de la dépression la plus noire / Et réveiller l’énergie évanouie&quot;</span>. Et les questions esthétiques sont forcément politiques : une danseuse invitée par La Roche est incarnée chez Marton en trois danseuses à trois âges différents : l’enfance, la jeunesse, la vieillesse, autant d’allégories, de vanités, des chanteurs italiens affamés ; et tout ce petit monde qui subit les persécutions d’un Mr Taupe (souffleur dans l’opéra) devenu agent de la Gestapo.        <br />
              <br />
       Bref, l’illusion est dans la salle réservée aux spectateurs (c’est-à-dire les personnages principaux) et la vérité surgit sur la scène représentée. Comme le chantent les domestiques à la scène XI : <span style="font-style:italic">&quot;Nous voyons, nous voyons derrière les décors&quot;</span> ! L’explicite et l’implicite du livret* se révèlent donc sans fard, dans un enchaînement de scènes qui mélangent les genres et les registres, du burlesque au sublime, procédé éminemment ironique comme on le sait. Après un dernier aria d’un lyrisme qui déchire le cœur où la Comtesse se demande comment finir l’opéra sans trivialité, le majordome annonce que le repas est servi ! La gravité court uniment, autre facette de la sensibilité, comme si le compositeur savait déjà que l’Opéra de Munich, où est créée l’œuvre en 1942 - non loin des camps de concentration allemands - serait bombardé et détruit en 1945. Comme son monde ancien, peuplé des fantômes de Hofmannsthal et de Zweig.        <br />
              <br />
       La direction de B. Kontarsky est parfaite, le plateau des chanteurs homogène - avec un coup de chapeau à un La Roche/Victor Von Halem charismatique et la comtesse d’Emily Magee émouvante (même si elle ne peut atteindre les sommets d’une Élisabeth Schwartzkopf ou d’une Renée Fleming). Quant à David Marton, je vous prédis qu’il deviendra l’enfant chéri de grandes scènes lyriques. Un spectacle tout à fait indispensable donc, qui donne à penser bien après qu’on est sorti, marchant sur un nuage après le pur plaisir de la musique. Que demander de plus ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5505037-8212089.jpg?v=1368431323" alt="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" title="Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Notes :       <br />
       Des &quot;notes qui parlent plus haut&quot; : &quot;Capriccio&quot;, scène XIII.       <br />
       * &quot;Regardez bien les farces vulgaires/Dont notre capitale se délecte./Leur emblème est la grimace,/La parodie est leur élément,/Leur substance est d’une obscénité immorale !/Leurs plaisirs sont grossiers et brutaux !/Les masques sont certes tombés/Mais on voit, au lieu de visages humains, des gueules de raie.&quot; &quot;Capriccio&quot;, scène IX : on voit bien qui Strauss vise ici avec ces mots quasi brechtiens…</span>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Capriccio, conversation musicale&quot; (1942).</b>       <br />
       Livret en allemand de Clemens Krauss et Richard Strauss.       <br />
       Musique : Richard Strauss (1869 – 1949).       <br />
       Surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h 45 sans entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 19 mai 2013.</span>        <br />
       Mardi 7, jeudi 9, samedi 11, lundi 13, mercredi 15, vendredi 17 mai à 20 h.        <br />
       Dimanche 19 mai à 16 h.       <br />
       Opéra de Lyon, 04 69 85 54 54.       <br />
       1, place de la Comédie, Lyon 1er.       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-lyon.com" target="_blank">&gt;&gt; opera-lyon.com</a>       <br />
              <br />
       Emily Magee, la Comtesse.       <br />
       Christoph Pohl, le Comte.       <br />
       Lothar Odinius, Flamand.       <br />
       Lauri Vasar, Olivier.       <br />
       Victor von Halem, La Roche.       <br />
       Michaela Selinger, La Clairon.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon.       <br />
       Bernhard Kontarsky, direction musicale.       <br />
       David Marton, mise en scène.       <br />
       Alan Woodbridge, Chef des Chœurs.       <br />
       Barbara Engelhardt, dramaturgie.       <br />
       Christian Friedländer, décors et costumes.       <br />
       Henning Streck, lumières.       <br />
       En coproduction avec La Monnaie/De Munt (Bruxelles).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !</title>
   <updated>2014-03-31T11:30:00+02:00</updated>
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   <category term="Lyrique" />
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   <published>2013-05-03T19:03:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
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    <![CDATA[
Après l’Opéra de Paris, c’est au tour de l’Opéra de Lyon de proposer une nouvelle production de la dernière œuvre de Richard Strauss, dans une mise en scène de David Marton. Après un "Clavier bien tempéré" qui nous avait laissé(e)s de marbre à la MC93, je me demande si le jeune prodige adepte d’un Regietheater (1) radical - appris à la Schaubühne de Berlin - va encore (me) frapper !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5480912-8175949.jpg?v=1367687484" alt="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" title="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" />
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      Remarquez bien, c’est ce genre de question qui donne envie de courir au spectacle ! David Marton, que ce soit clair, on se l’arrache sur toutes les scènes &quot;hype&quot; d’opéra. Et rappelons que ce metteur en scène-là est pianiste, qu’il a appris les rudiments de la direction d’orchestre en Allemagne, à Berlin. C’est plutôt précieux quand il s’agit de s’attaquer à un chef d’œuvre lyrique de premier ordre comme &quot;Capriccio&quot;.       <br />
              <br />
       Qu’est-ce que c’est que ce &quot;caprice&quot; créé en 1942 à l’Opéra de Munich ? Une œuvre en apparence profondément inactuelle d’un compositeur allemand vieillissant, quelque peu las (2) et qui, depuis plus de vingt ans, n’a pas retrouvé le génie des quinze premières années de sa production lyrique, cette période riche, novatrice des &quot;Salomé&quot; et autres &quot;Chevalier à la rose&quot;. Et puis en 1941, l’inspiration revient après que Stefan Zweig a attiré son attention (avant son suicide en 1942) sur un livret de l’abbé Casti, mis en musique par Salieri en 1786.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5480912-8175950.jpg?v=1367687484" alt="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" title="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" />
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      Ce &quot;Capriccio&quot; ou &quot;Conversation musicale&quot; (comme le livret l’indique, co-écrit par R. Strauss et le chef d’orchestre Clemens Krauss) met en scène une comtesse, Madeleine, ses deux soupirants - un poète et un musicien - dans une sorte d’intermède léger et charmant dans un château français au XVIIIe siècle. Une &quot;conversation&quot; sur ce qu’est un bon opéra va mettre aux prises la Comtesse, ses amoureux, un directeur de théâtre, et quelques autres. C’est le vieux débat entre &quot;piccinnistes&quot; (ou partisans de la suprématie des paroles dans l’opéra) et &quot;gluckistes&quot; (ou partisans du compositeur Gluck, c’est-à-dire du primat de la musique). De même que la belle comtesse hésite entre le poète et le musicien, la dispute cherche à trancher : paroles ou musique ?        <br />
              <br />
       Comme le titre &quot;caprice&quot; l’indique, cette œuvre profondément ironique ne conclura pas vraiment. La vraie question étant bien sûr d’interroger les circonstances de création de l’opéra, comme le rappelle David Marton (et comme l’a compris avant lui Robert Carsen à Paris) : une œuvre d’art peut-elle s’affranchir du monde réel ? Un opéra qui, en fait, se découvre dans sa vraie dimension testamentaire, réévaluation et conclusion d’une carrière magnifique et ambiguë. Et qui nous offre avant tout une merveilleuse partition. Je vous en reparle.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5480912-8175953.jpg?v=1367687485" alt="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" title="À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux !" />
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      <span style="font-style:italic">Notes :        <br />
       (1) Le &quot;Regietheater&quot; est une conception du théâtre qui laisse au metteur en scène toute latitude pour se libérer des &quot;contraintes&quot; des œuvres, donc de celles décidées par les auteurs. Cette pratique de la modernité a produit le meilleur (Patrice Chéreau) comme le pire...       <br />
       (2) Strauss s’est plutôt compromis avec le régime nazi en se mettant à son service, avec plus ou moins de dégoût.</span>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Capriccio, conversation musicale&quot; (1942).</b>       <br />
       Livret en allemand de Clemens Krauss et Richard Strauss.       <br />
       Musique : Richard Strauss (1869 – 1949).       <br />
       Surtitré en français.       <br />
       Durée : 2 h 45 sans entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 19 mai 2013.</span>        <br />
       Mardi 7, jeudi 9, samedi 11, lundi 13, mercredi 15, vendredi 17 mai à 20 h.        <br />
       Dimanche 19 mai à 16 h.       <br />
       Opéra de Lyon, 04 69 85 54 54.       <br />
       1, place de la Comédie, Lyon 1er.       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-lyon.com" target="_blank">&gt;&gt; opera-lyon.com</a>       <br />
              <br />
       Emily Magee, la Comtesse.       <br />
       Christoph Pohl, le Comte.       <br />
       Lothar Odinius, Flamand.       <br />
       Lauri Vasar, Olivier.       <br />
       Victor von Halem, La Roche.       <br />
       Michaela Selinger, La Clairon.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœurs de l’Opéra de Lyon.       <br />
       Bernhard Kontarsky, direction musicale.       <br />
       David Marton, mise en scène.       <br />
       Alan Woodbridge, Chef des Chœurs.       <br />
       Barbara Engelhardt, dramaturgie.       <br />
       Christian Friedländer, décors et costumes.       <br />
       Henning Streck, lumières.
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