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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-16T04:57:14+02:00</updated>
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   <title>"Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime</title>
   <updated>2017-04-24T11:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bajazet--pointer-la-resonance-de-l-intime-dans-une-montee-tragique-et-sublime_a1787.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-04-24T09:44:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Éric Ruf met en scène une œuvre de Jean Racine peu jouée, "Bajazet", dans laquelle est décrite une tentative de coup d’État. Au palais, lors d’une vacance du pouvoir, pendant que le roi guerroie au loin, le vizir influence la maîtresse du roi qui rêve du titre d'impératrice, la pousse au mariage avec le frère du roi qui ne se sent pas à la hauteur. La confusion est extrême. Le retour du roi, inopinément victorieux, anéantit tout.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19572992.jpg?v=1493025167" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Dans sa mise en scène, Éric Ruf restitue l'atmosphère d'un palais au plus profond. Là où le monde extérieur entre à peine, où les bruits des événements sont assourdis, voire inexistants. Dans un garde-meuble, une antichambre. Comme au secret, dans une pénombre, un lacis d’armoires vides. Tout un champ du réel est occulté.       <br />
              <br />
       L’attention des protagonistes est sollicitée par une série d'incidents qui occupent le devant de la scène. Mus par leur désir, ou de pouvoir ou d'amour, ou simplement de changement, ils sont victimes de leurs illusions, leurs tergiversations qui n'empêchent même pas le déroulement de l'action principale. À peine esquissés, le complot et le mariage sont ratés. D'évidence.       <br />
              <br />
       Il n’est question au fond que d’une velléité, d’une hypothèse caressée, d'une manigance, d'une intrigue de couloir, d'un rêve avorté par la cécité, l'impuissance, la médiocrité des protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573691.jpg?v=1493026277" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Cette vision peut paraître aride mais elle montre un profond et scrupuleux respect du texte. Dans ce monde, l'on tâtonne, l'on avance masqué, l'on se laisse aller à ses contradictions, ses incohérences. L'on est travaillé par les interactions des peurs et des espérances. La pièce avance par degrés instables.       <br />
              <br />
       Éric Ruf ne s'appuie que sur le texte mais l'effet-théâtre, qui est produit avec parcimonie, se lit sur les corps des comédiens. Tous sont tenus, sans échappatoire aucune, dans la répartition de leurs rôles respectifs. Jusqu'à leur instabilité voire leur discordance. Elle pourrait être un vaudeville pour un regard trop extérieur, une montée au calvaire pour un regard trop intérieur.       <br />
              <br />
       Cet aspect peut surprendre le spectateur mais celui-ci découvre une image unique, un instant éphémère. Celui de Clotilde de Bayser donnant corps à Roxane se drapant dans le rôle imaginaire de véritable héroïne de l'histoire, Roxane se rêvant impératrice. Acmé. Avant de disparaître. Moment pur. Bajazet est une œuvre musicale aux modalités complexes pour chaque personnage, avec Roxane au chant pur et le vizir Acomat (Denis Podalydès) à la basse continue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573705.jpg?v=1493026346" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Dans l’espace et le temps de la représentation, les comédiens mettent en valeur une montée chromatique d’ensemble par laquelle s'opère la torsion du corps et de la voix, qui fait du vide un plein propre à recueillir plaisir et sens.       <br />
              <br />
       Le spectateur est ainsi pris au filet d’un théâtre subtil. Un presque rien. Une vacuité d'action qui ne cherche qu’à pointer la résonance de l'intime, qu’à montrer la montée du théâtre au point sublime, au point tragique qui est celui du sacrifice du sujet. Quelque chose d’essentiel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bajazet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/12574717-19573907.jpg?v=1493026924" alt=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" title=""Bajazet", pointer la résonance de l'intime… dans une montée tragique et sublime" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Racine.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Éric Ruf.       <br />
       Avec : Alain Lenglet, Denis Podalydès, Clotilde de Bayser, Laurent Natrella, Anna Cervinka, Rebecca Marder et Cécile Bouillot.       <br />
       Collaboration artistique : Claude Mathieu.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Thomas Gendronneau.       <br />
       Assistanat à la scénographie : Caroline Frachet, de l'Académie de la Comédie-Française.       <br />
       Costumes : Renato Bianchi.       <br />
       Lumières : Franck Thévenon.       <br />
       Maquillages  et  coiffures : Catherine Bloquère.       <br />
       Son : Dominique Bataille.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 avril au 7 mai 2017.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, Paris 6e, 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comedie-francaise.fr/index.php" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe...</title>
   <updated>2012-01-03T12:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dessinee-a-la-craie-de-case-en-case-la-vie-passe_a463.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3559941-5134932.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-12-19T08:50:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Israël Horovitz, dramaturge américain vivant le plus joué en France, publie "La Marelle" en 1993. En 2009, trois jeunes comédiens sortent de l’École Claude Mathieu et créent la compagnie Les Mille Théâtre. Pour leur première création, ils choisissent ce texte de Horovitz. Après l'avoir joué la saison passée à Paris, la jeune compagnie revient à Levallois nous permettant de retrouver ces jeunes comédiens aux talents très prometteurs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3559941-5134503.jpg?v=1324281901" alt="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." title="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." />
     </div>
     <div>
      Au fin fond du Massachusetts, un jeune homme et une jeune femme se retrouvent pour la première fois depuis 14 ans. Quand ils étaient au lycée, la jeune femme se retrouva enceinte, le jeune homme prit peur et s’enfuit. Il revient sans l’avertir et se rencontrent dans un jardin public, alors qu’elle joue à la marelle. Dialogues jetés sur les cases de la vie, en un va-et-vient continu... La vie comme un jeu de marelle... On peut sortir de l'enfer, on est souvent sur terre, parfois on passe par le paradis, mais tout cela à cloche-pied, en essayant de ne pas trop perdre l'équilibre et, souvent, au bout du compte, on en vient à améliorer son adresse pour en traverser les évènements sans se casser la figure...        <br />
              <br />
       La vie est un jeu, souvent difficile mais parfois amusant, semé de moments tragiques mais aussi ludiques, et sautant de case en case, sur les jours écrit à la craie, on finit par atteindre le bout et revenir... C'est un peu de tout ça dont nous parle Israël Horovitz dans ce texte paru en France aux éditions Avant-Scène Théâtre (04/1993) et qui se trouve porté une nouvelle fois à la scène par une toute jeune compagnie (comme c'est souvent le cas pour ses pièces) dont c'est le premier spectacle. C'est aussi cela que nous font ressentir les deux jeunes comédiens, Laura Chiche et Xavier Guerlin, et la mise en scène de Barbara Gauvain. Dans cette relation difficile, née de retrouvailles imprévues, construite de non-dits, où se cherche la compréhension de l'autre - de ce qu'il est, de ses actes -, les échanges passent avec énergie de l'humour à la colère, de la violence à la tendresse...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3559941-5134932.jpg?v=1324281932" alt="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." title="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." />
     </div>
     <div>
      Laura Chiche déploie, dans le rôle d'Elsa, une variation de sentiments extrêmement bien maîtrisée, donnant à son personnage une incroyable densité, sachant doser ses éclats de rire comme ses sanglots, composant une jeune femme qui, face aux fractures du réel, s'est construit son propre parcours. A contrario, le rôle de Wilbur, porté avec justesse et beaucoup d'intériorité par Xavier Guerlin, pourrait paraître plus &quot;brut&quot;, moins subtil. Mais les mots parfois tranchants et violents de celui qui est &quot;coupable de l'abandon&quot;- celui qui a fui - sont donnés par ce jeune comédien avec beaucoup de sincérité. Il navigue avec finesse entre expression brusque et gestes sensuels. Tous deux donnent à l'écriture au scalpel, précise et concise, de Horovitz, une réelle sensualité et une incroyable profondeur, jouant parfaitement sur les cassures de rythmes et donnant aux silences une grande intensité.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Barbara Gauvain est dessinée d'un geste épuré mais stylisé, mettant en valeur le verbe aiguisé de Horovitz. Comme pour la marelle, la mise en espace de la pièce est tracée avec précision et simplicité à la craie, pour un croquis transposé du quotidien... Parfait pour définir la réalité &quot;dramatisée&quot; qu'inscrit l'auteur dans ses œuvres ! Un premier spectacle réussi pour cette jeune compagnie qui nous communique avec sincérité leur passion du théâtre, et du texte de Horovitz en particulier ; et nous permet de découvrir deux comédiens et une &quot;metteuse&quot; en scène aux talents très prometteurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Marelle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3559941-5139090.jpg?v=1324284186" alt="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." title="Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe..." />
     </div>
     <div>
      1er spectacle de la Cie Les Mille théâtre.       <br />
       Texte : Israël Horovitz.       <br />
       Mise en scène : Barbara Gauvain.       <br />
       Scénographie : Alexandrine Rollin.       <br />
       Avec : Laura Chiche et Xavier Guerlin.       <br />
       Création lumières : Jean-Philippe Morin.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 15 janvier 2012.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Petit Théâtre Odyssée, Centre culturel l'Escale, Levallois-Perret (92), 01 47 15 74 56.       <br />
       A été joué initialement du 21 septembre au 1er décembre 2010 au Théâtre du Marais, Paris 3e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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