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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-05T16:36:36+02:00</updated>
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   <title>Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre</title>
   <updated>2018-10-01T09:07:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2018-09-25T14:01:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Simon Abkarian revient au théâtre du Soleil dans un superbe diptyque qui raconte l'histoire d'une famille face à l'exil et à la guerre. Dans cette galerie de situations, vient affleurer tout un spectre émotionnel où se rencontrent pulsions de vie et de mort dans un combat de tous les instants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25833306-26902161.jpg?v=1537878066" alt="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" title="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" />
     </div>
     <div>
      C'est un diptyque qui s'est construit à partir du premier texte de Simon Abkarian &quot;Pénélope, ô Pénélope&quot; (2008). &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; et &quot;L'Envol des cigognes&quot; raconte l'histoire d'une famille ballotée entre lieux de combat et exil. Elles peuvent être toutefois indépendantes l'une de l'autre. Bien que, à peu de chose près, les personnages soient identiques, la tonalité dramaturgique est différente. &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; est à l'aube ce que &quot;L'Envol des cigognes&quot; est au crépuscule.       <br />
              <br />
       La première pièce est superbe dans son imbrication de sentiments, d'émotion où le comique, les colères et les rires se succèdent. Le drame n'est jamais très loin. La seconde est beaucoup plus sombre, avec son lot de bombardements, d'exactions, de crimes et la sempiternelle barbe de l'extrémiste religieux. À quand un comédien jouant un terroriste rasé de près sur une scène ?       <br />
              <br />
       Les personnages sont l'incarnation des émotions qui les portent alors que dans &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot;, ils sont un caractère, une personnalité. La femme dévorant les livres dans celle-ci (état de lectrice avertie) devient presque une fée dans &quot;L'Envol des cigognes&quot; (symbolisant la légèreté émotionnelle d'une présence, d'un être).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25833306-26902175.jpg?v=1537878110" alt="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" title="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" />
     </div>
     <div>
      Autant dans la première pièce, la vie est proche et le drame jamais très loin, autant dans la seconde, la mort est toujours à proximité. Tout est violence et souffrance dans celle-ci. Même les joies sont claquemurées dans des gémissements continuels avec son wagon d'engueulades.       <br />
              <br />
       La dernière scène de &quot;L'Envol des cigognes&quot; est symptomatique de l'écriture de celle-ci où se déroulent des mariages avec son lot d'altercations familiales. Les bombes explosent à deux pas de la maison alors que deux couples d'amoureux se lient. La mort est très proche dans l'exil, la draguant même alors qu'elle était présente dans le quartier même où vivait la famille. Comme si cette dernière vivait envers et contre tout.       <br />
              <br />
       Les acteurs jouent sur une grande échelle d'émotions avec des rôles très marqués. Il y a, entre autres, une amie-philosophe un peu folle (Catherine Schaub), un mari absent au début, très présent ensuite (Simon Abkarian), une mère inquiète et possessive (Ariane Ascaride) et le gendre bagarreur (Assaâd Bouab), le voisin épicier calme mais sachant manier le poing. La figure du père, du gendre, des filles, de la mère sont presque typiques. Ce qui l'est moins sont les différents travers qui les amènent d'une rive à l'autre autour de rapports frontaux, violents parfois dans la sphère familiale ou au milieu de zones de belligérance.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans un univers à plusieurs niveaux émotionnels où l'amour filial se rattache à celui des amours et de l'ouverture contre la guerre et la haine. &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; est à l'inverse de &quot;L'Envol des cigognes&quot;. Le premier est nourri d'humour pointant le drame, le second est tragique avec des pointes d'humour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25833306-26902313.jpg?v=1537878807" alt="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" title="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" />
     </div>
     <div>
      Les protagonistes ont des rapports frontaux entre eux. Les idées aussi. L'ouverture face à l'extrémisme, l'humanité face aux exactions, la modernité face à la tradition, la vie face à la mort, Éros face à Thanatos. C'est très bien écrit avec des répliques mordantes tout en étant pleines de poésie, même si certaines manque un peu de souffle théâtral car trop littéraires.       <br />
              <br />
       La mise en scène est très bien léchée, servie par la musique de Pink Floyd, Jimi Hendrix ou Orientale. C'est à l'image de ce big-bang émotionnel où l'engueulade succède au rire, l'humour à la tristesse, le viol au mariage. Des univers se croisent, comme ces décors qui changent à tour de scène pour planter un autre contexte à chaque fois.       <br />
              <br />
       Le jeu physique est omniprésent avec des voix qui portent au loin. Peu de demi-mesure dans les octaves, les personnages sont entiers dans leurs propos. Cela rit, cela gueule, on se violente, on s'embrasse, on se marie. Ce sont des moments d'exil et de guerre, avec ses extrêmes, qui se retrouvent confinées dans le creuset de cette famille où s'agrège un cocktail de rencontres et d'épreuves. Nous sommes à un carrefour où une ligne de vie est coupée par une ligne de mort, où l'un empiète sur l'autre sans qu'aucun feu de signalisation ne régule les événements.       <br />
              <br />
       C'est beau de beaucoup de présence dans une mise en scène très bien articulée dans son rythme et son tempo où chaque caractère, chaque émotion, chaque sentiment existent face au tragique. Bref, Simon Abkarian a parié avec talent sur Éros contre Thanatos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Dernier Jour du jeûne" - "L'Envol des cigognes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25833306-26902384.jpg?v=1537878832" alt="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" title="Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre" />
     </div>
     <div>
      Une tragi-comédie de quartier en diptyque de Simon Abkarian.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot;</b>       <br />
       Écriture et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Collaboration artistique : Pierre Ziadé.       <br />
       Avec : Simon Abkarian, Ariane Ascaride, David Ayala, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Délia Espinat Dief, Marie Fabre, Océane Mozas, Chloé Réjon, Catherine Schaub-Abkarian , Igor Skreblin.       <br />
       Lumière : Jean-Michel Bauer.       <br />
       Son et Vidéo : Olivier Renet.       <br />
       Décor : Noëlle Ginefri-Corbel.       <br />
       Régie Générale : Pierre-Yves Froehlich.       <br />
       Régie plateau : Laurent Clauwaert.       <br />
       Accessoires : Philippe Jasko.       <br />
       Costumes : Anne-Marie Giacalone.       <br />
       Régie : Maral Abkarian.       <br />
       Danse : Philippe Ducou.       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>&quot;L'Envol des cigognes&quot;</b>       <br />
       Écriture et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Collaboration artistique : Pierre Ziadé.       <br />
       Avec : Simon Abkarian, Maral Abkarian, Ariane Ascaride, Serge Avédikian, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Laurent Clauwaert, Délia Espinat Dief, Marie Fabre, Victor Fradet, Eric Leconte, Eliot Maurel, Océane Mozas, Chloé Réjon, Catherine Schaub-Abkarian , Igor Skreblin.       <br />
       Lumière : Jean-Michel Bauer.       <br />
       Son et Vidéo : Olivier Renet.       <br />
       Décor : Noëlle Ginefri-Corbel.       <br />
       Régie Générale : Pierre-Yves Froehlich.       <br />
       Régie plateau : Laurent Clauwaert.       <br />
       Accessoires : Philippe Jasko.       <br />
       Costumes : Anne-Marie Giacalone.       <br />
       Régie : Maral Abkarian.       <br />
       Danse : Philippe Ducou.       <br />
       Durée du spectacle : 3 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 septembre au 14 octobre 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 19 h 30, en alternance.       <br />
       &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; : mercredis 5 et 19 septembre + tous les vendredis.       <br />
       &quot;L'Envol des cigognes&quot; : mercredis 12 et 26 septembre + mercredis 3 et 10 octobre + tous les jeudis.       <br />
       Version intégral des deux spectacles : samedi à 16 h et dimanche à 13 h (entracte d'une heure entre les deux spectacles).       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté</title>
   <updated>2018-09-15T17:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-nouveaux-guerriers-involontaires-de-la-liberte_a2236.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/25538715-26776696.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-09-15T17:33:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sous le miroir bleuté de ses flots et sous ses rives dorées par le sable et ciselées par ses criques, la Méditerranée cache depuis des millénaires des morts absurdes. Depuis les héros de la guerre de Troie, les ruines brûlantes de Sodome et d’Éphèse, depuis les naufrages des compagnons d'Ulysse jusqu'aux noyades de nos compagnons les migrants, toute l'histoire de cette mer intérieure est faite de convulsions sauvages et de fulgurances mystiques qui y ont fait naître les trois religions monothéistes qui sont l'engrais de nos guerres actuelles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25538715-26776696.jpg?v=1537026741" alt="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" title="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" />
     </div>
     <div>
      Les personnages de &quot;L'Envol des cigognes&quot; voient ainsi leur quotidien s'embraser. Leur maison, leur ville, leurs rues devenues soudain zone de combat. Leurs voisins obligés de choisir un camp : hier concitoyen, aujourd'hui chiens enragés. Ce sont eux, les mêmes personnages que l'on a vus s'ébattre dans un pays en paix dans Le dernier jour de jeûne, qui vont être les acteurs de cette tragédie, et les témoins.       <br />
              <br />
       Mais le spectacle évite, avec une volonté sans failles, de tomber dans le tragique documentaire, télévisuel ou médiatique aux larmes dessalées. Ce sont la force de vie, l'éclat de rire et d'amour, les folies douces et nécessaires que Simon Abkarian suit de scène en scène. Dans cette ville rendue aux combats de rue, aux snipers, aux sièges, la narration s'attache à l'espoir et aux moments de joie où l'humain reste l'unique trésor à sauvegarder.       <br />
              <br />
       Même si la folie tente de ronger toutes les fiertés, toutes les consciences, les personnages de cette fresque contemporaine se battent autant contre l'ennemi fanatique que contre la sauvagerie que la guerre engendre, capable de détruire ce qu'ils sont, ce en quoi ils croient. C'est toute la beauté de cette écriture qui veut à toute force préserver la lumière sur la nuit, mais qui n'élude pas les choix impossibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25538715-26776701.jpg?v=1537026792" alt="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" title="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" />
     </div>
     <div>
      Simon Abkarian sait de quoi il parle, lui qui a vécu une partie de son enfance au Liban. Mais on sent derrière ses mots une urgence, une impossibilité de se taire face au terrorisme islamique actuel. Et les questionnements cherchent tout au long de la pièce des réponses. Le rythme est saccadé par les rafales de Kalachnikov et les explosions, les changements de décors ne cessent de souligner l'incertitude même des perspectives, pendant tout le début de la pièce la mise en scène nous fait ressentir le malaise de ne pas savoir où l'on va. Une sensation qui retranscrit l'état de guerre. Cette guerre qui jette les hommes et les femmes dans des choix définitifs.       <br />
              <br />
       Tout ce que la tristesse, la profonde et inconsolable tristesse a de beau, de majestueux et de bouleversant, est là qui se soulève sous chaque pas des comédiens et sous les mots crus ou lyriques qui font l'écriture de Simon Abkarian.       <br />
              <br />
       Il n'y a rien de misérable, rien de pitoyable. L'homme dans ses folies fanatiques, ses cruautés est-il digne de pitié ? Rien d'amer non plus. Toujours résonne à la moindre occasion un hymne à la vie qui chante plus haut que le son des kalachnikovs.       <br />
              <br />
       &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; est la première partie du diptyque intitulé &quot;Au-delà des ténèbres&quot; écrit et mis en scène par Simon Abkarian, actuellement à l'affiche au Théâtre du Soleil. La deuxième partie, &quot;L'Envol des cigognes&quot;, se joue en alternance, les deux spectacles en intégrale les samedis et dimanches.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Envol des cigognes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25538715-26776707.jpg?v=1537026820" alt="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" title="Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté" />
     </div>
     <div>
      Écriture et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Collaboration artistique : Pierre Ziadé.       <br />
       Avec : Simon Abkarian, Maral Abkarian, Ariane Ascaride, Serge Avédikian, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Laurent Clauwaert, Délia Espinat Dief, Marie Fabre, Victor Fradet, Eric Leconte, Eliot Maurel, Océane Mozas, Chloé Réjon, Catherine Schaub-Abkarian , Igor Skreblin.       <br />
       Lumière : Jean-Michel Bauer.       <br />
       Son et Vidéo : Olivier Renet.       <br />
       Décor : Noëlle Ginefri-Corbel.       <br />
       Régie Générale : Pierre-Yves Froehlich.       <br />
       Régie plateau : Laurent Clauwaert.       <br />
       Accessoires : Philippe Jasko.       <br />
       Costumes : Anne-Marie Giacalone.       <br />
       Régie : Maral Abkarian.       <br />
       Danse : Philippe Ducou.       <br />
       Durée du spectacle : 3 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 septembre au 14 octobre 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 19 h 30, en alternance.       <br />
       &quot;L'Envol des cigognes&quot; : mercredis 12 et 26 septembre + mercredis 3 et 10 octobre + tous les jeudis.       <br />
       &quot;Le Dernier Jour du jeûne&quot; : mercredis 5 et 19 septembre + tous les vendredis.       <br />
       Version intégrale des deux spectacles : samedi à 16 h et dimanche à 13 h (entracte d'une heure entre les deux spectacles).       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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