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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-09T03:22:52+02:00</updated>
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   <title>"Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance</title>
   <updated>2025-09-24T17:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Tres-Bas-Une-profonde-adaptation-entre-epure-et-brillance_a4363.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-25T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Christian Bobin nous conte de façon très poétique l'histoire de François d'Assise qui, à la suite du Christ, a tout quitté pour vivre une vie de pauvreté et d'humilité. Pour l'auteur, il s'agit plutôt de rechercher Dieu dans le "Très-Bas" plutôt que le Dieu très "Haut" et protecteur, en apprenant à admirer la nature, la beauté du monde, la richesse et la simplicité des choses de la vie, laquelle est son maître-mot. Mais cette quête doit-elle être spirituelle ? Matérielle ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209318.jpg?v=1758727987" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Publié en 1992, Prix des Deux Magots en 1993, ainsi que Grand Prix de la littérature catholique, ce roman de Bobin, malheureusement récemment disparu, est un hymne à la parole, à bien y regarder, cette parole qui nous échappe bien souvent, ou qui est tronquée, fourvoyée, hurlante ou bien trop silencieuse. Hymne à la propre parole de l'auteur, surtout… Celle de ses mots généralement sibyllins qui, parfois, ne sont pas les nôtres, mais qui nous parlent pourtant tellement.       <br />
              <br />
       On peut s'interroger d'ailleurs sur le genre littéraire de cet ouvrage qui a fait découvrir cet auteur aux nuls autres pareils : un essai, un roman à la frontière entre fiction et réflexion ? Une autobiographie ? Il semblerait que ce questionnement n'ait pas interpellé outre mesure Emmanuel Ray de la Compagnie du Théâtre en Pièces, en coréalisation avec le Théâtre de Chartres, car il nous offre là, en plein cœur de la capitale, une création du plus bel effet.       <br />
              <br />
       Ici, les spectateurs et spectatrices ne sont plus dans la crypte de la cathédrale de Chartres – qui a vu la création du spectacle en 2024 – où les bruits bourdonnants de la ville devaient être moins présents qu'à Paris… Mais dès les premiers instants, pourtant, dans cette Église Saint-Leu autour de laquelle tout grouille et se bouscule, le silence se fait et, très vite, les mots de Bobin résonnent avec grande poésie. Le Saint est là, tout de suite présent par la force de la parole, assis à nos côtés, tout comme les comédiennes et comédiens, sur les chaises disposées en bi-frontal, et il se fraye un chemin en nous invitant à l'emprunter avec lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209320.jpg?v=1758728018" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      On nous parle tout près, on nous scrute avec intensité dans un désir d'éveil et d'écoute essentiel face au <span style="font-style:italic">&quot;tourbillon de notre époque qui nous submerge&quot;.</span> Sous les traits du comédien Fabien Moiny, François d'Assise s'incarne de façon toute méditative et contemplative, laquelle requiert du public une disposition d'écoute toute particulière et nécessaire. Ses mots s'entrechoquent entre force et douceur, son corps se meut et galope sur un corridor de terre, étroit et longiligne, et ses pieds nus remettent en éveil nos certitudes. Ou les bousculent.       <br />
              <br />
       La partition du texte choisie par Emmanuel Ray a resserré fort justement ce dernier, comme dans son essentielle substantifique moelle. Qui connaît ce texte pourra le mesurer et en apprécier encore davantage la teneur exceptionnelle et les choix pertinents du metteur en scène. Saluons-les particulièrement, car, à nos yeux, cela n'a pas dû être si simple.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le Très-Bas de Bobin nous pousse à prendre conscience de notre intégration à la nature et de la nécessité de nous respecter mutuellement ainsi que notre environnement. Tout est si fragile, éphémère, et chaque instant doit être valorisé. Plutôt que de viser la lune, apprenons à savourer l'eau que nous buvons, le fruit que nous dégustons, en fermant les yeux&quot;,</span> commente Emmanuel Ray.       <br />
              <br />
       Saluons également cette entreprise créatrice particulièrement féminine du metteur en scène par la présence de deux comédiennes talentueuses, Stéphanie Lanier et Mélanie Pichot au jeu, et Léa Bertogliati au violoncelle. Faire porter la parole de &quot;Bobin d'Assise&quot; de la sorte est, à nos yeux, une entreprise sensiblement fine à la portée symbolique notoire. Gageons que ce choix est délibéré, et si tel n'est pas le cas, c'est encore bien mieux !       <br />
              <br />
       C'est en effet avec grand talent que les deux comédiennes interprètent le texte. Leur fougue verbale habilement tempérée rayonne avec chaleur entre les murs de pierre, et le choix contemporain de leur tenue respective apporte à l'ensemble une aura à la fois universelle et vertigineuse. Sans oublier leur grâce gestuelle qui confère aux mots de Bobin une élégance indéniable. Stéphanie Lanier ayant été danseuse à la Royal Shakespeare Compagnie d'Eindhoven avant de se consacrer à la comédie, et Mélanie Pichot faisant preuve, aussi, d'une belle aisance corporelle tout en discrétion.       <br />
              <br />
       Peut-être aurait-il été possible d'accorder davantage de place aux notes justes et mélodieuses du violoncelle de Léa Bertogliati, ce qui aurait pu, de la sorte, sublimer encore davantage la partition d'ensemble des deux comédiennes et des deux comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211141.jpg?v=1758728083" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le Théâtre ne se vit pleinement que dans l'instant présent. Il y a besoin de si peu pour mettre en scène. Ne l'oublie pas. Il n'y a besoin que d'une vie, si pauvre que personne n'en veut… C'est cette abondance de rien que tu dois saisir. Écrire… Voir… C'est pareil. Pour voir, il faut la lumière, mais on peut la trouver dans le noir de l'encre.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Merci, à vous, Emmanuel Ray, de vous être interrogé de la sorte et d'avoir ainsi porté au sommet de l'affiche du Bobin… et plus particulièrement ce texte majeur d'un écrivain dont il n'est pas certain du tout qu'il puisse être jamais remplacé ni égalé.       <br />
              <br />
       Certes, l'humanité toute entière ne se dépouillera jamais comme François d'Assise l'a fait, mais elle devrait déjà commencer sa potentielle &quot;reconversion&quot; en allant assister à cette brillante adaptation théâtrale et musicale et/ou faire le choix aussi de quelques expériences de retraite assumée pour se recentrer et tenter d'oublier la laideur du monde ambiant… Pour découvrir… la joie… &quot;Comprendra qui pourra…&quot;       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Très-Bas - François d'Assise"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211146.jpg?v=1758728118" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christian Bobin       <br />
       Mise en scène Emmanuel Ray       <br />
       Avec : Stéphanie Lanier, Fabien Moiny, Mélanie Pichot et Emmanuel Ray.       <br />
       Création musicale et interprétation au violoncelle : Léa Bertogliati.       <br />
       Lumières : Natacha Boulet Räber.       <br />
       Création sonore : Tony Bruneau.       <br />
       Compagnie du Théâtre en Pièces.       <br />
       Pour tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 20 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles du 29 septembre au 3 octobre, du 13 octobre au 15 octobre et du 27 novembre au 3 décembre.       <br />
       Église Saint Leu - Saint Gilles, 92, rue Saint-Denis Paris 1er.       <br />
       <a class="link" href="https://www.helloasso.com/associations/theatre-en-pieces" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Samedi 4 octobre 2025 : Église Saint-Pierre - Saint- Paul, Lille(59).       <br />
       Dimanche 12 octobre 2025 : Forum 104 - Crypte de la Chapelle de Notre-Dame des Anges, Paris 6e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Tres-Bas-Une-profonde-adaptation-entre-epure-et-brillance_a4363.html" />
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  <entry>
   <title>"Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre</title>
   <updated>2020-10-06T08:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Grand-Inquisiteur-De-la-brulante-clairvoyance-de-Fiodor-Dostoievski-faire-theatre_a2802.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50354395-38888842.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-06T08:42:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une scène courte mais forte du roman "Les Frères Karamazov" sert de ventre narratif au "Grand Inquisiteur". Il s'agit d'un échange entre deux des frères, Alexis et Yvan, durant lequel ce dernier raconte le poème qu'il est en train d'écrire sur une idée : le Christ revient sur terre au moment de l'Inquisition espagnol, à Séville, au pire moment de l'intolérance religieuse perpétrée par le catholicisme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888842.jpg?v=1601924409" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Cette scène a, depuis un siècle et demi, suscité de nombreux commentaires, analyses… vision prophétique annoncée des terreurs du XXe siècle mais, aussi et surtout, une notion de l'humain qui, loin de toute idéalisation, le rend à sa triste condition réelle : créature prête à sacrifier toute liberté pour la promesse du bonheur. Mais ceci n'est qu'une infime partie des pensées parcourues dans le texte du génial auteur russe.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons corrigé Ton œuvre et nous l'avons fondée sur le miracle, le mystère et sur l'autorité.&quot; Le Grand Inquisiteur.       <br />
              <br />
       Sylvain Creuzevault aborde, comme à son habitude, cette nouvelle mise en scène avec une énergie féroce. À ce texte sombre au rictus amer, il ajoute la farce. Celle qui, de notre confortable fenêtre lointaine, paraît avoir été jouée par certains tyrans du XXe siècle. C'est ainsi que loin de Séville et  du quinzième siècle, ce sont les sosies fantasques de Staline, Marx, Hitler, et Margaret Thatcher accompagnée de Donald Trump en duo comique, un peu pitoyable, qui débarquent. Sans oublier le pape et, en observateur pensif, Heiner Müller.       <br />
              <br />
       Un barnum de figures qui tranche par ses humeurs décalées avec le texte mais qui agit comme une illustration contemporaine des mots de Dostoïevski. Une manière de dénoncer et de démasquer les grands inquisiteurs de notre époque, ceux qui, sous couvert de promesses et de mensonges, volent toutes les libertés. Un message louable, et il est vrai que l'actualité fait surgir des étincelles quand elle se frotte à ce texte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888873.jpg?v=1601924531" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Une actualité qui fut d'ailleurs à l'origine même de ce spectacle. Sylvain Creuzevault était, en fait, en plein travail de création sur &quot;Les Frères Karamazov&quot; quand arriva la pandémie du Covid-19. L'idée de monter ce préambule au spectacle (qui sera créé en novembre également à l'Odéon) est née de cette sidération devant ce qui tombait soudain sur la planète.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons ressenti que l'ensemble de la production sociale, fondée sur les capacités industrielles de production mondialisée, nous éloignait à ce point de nous-mêmes qu'il a fallu le grand retour de la mort en vrai pour nous faire prendre conscience des forces de la vie, et que du désir en nous n'était pas machinisable, ne serait plus machinisé.&quot; Sylvain Creuzevault.       <br />
              <br />
       Sur scène, cette collision entre pensées, sensations et informations donne la forme du désordre voulu par le metteur en scène dans le but de mieux rendre ce qui pourrait apparaître comme un chaos ou l'exploration d'un chaos chez Dostoïevski. On se retrouve finalement en face d'une totale théâtralité burlesque et frontale que nos âmes ont du mal à croire et à entendre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Grand Inquisiteur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888874.jpg?v=1601924569" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      D'après Fiodor Dostoïevski.       <br />
       Traduction : André Markowicz.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud, Sylvain Creuzevault, Servane Ducorps, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Blanche Ripoche, Sylvain Sounier        <br />
       Musiciens : Sylvaine Hélary, Antonin Rayon.       <br />
       Dramaturgie : Julien Allavena.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique : Sylvaine Hélary et Antonin Rayon.       <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget.       <br />
       Maquillage : Mityl Brimeur et Judith Scotto.       <br />
       Masques : Loïc Nébréda.       <br />
       Son : Michaël Schaller.       <br />
       Vidéo : Valentin Dabbadie.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre au 18 octobre 2020.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h. Relâche dimanche 11 octobre.       <br />
       Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38893657.jpg?v=1601966429" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes</title>
   <updated>2017-05-10T09:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-art-des-peregrinations-symboliques-reliant-les-imaginaires-des-hommes-et-des-femmes_a1799.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/13246338-19843454.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-05-10T09:30:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans "Le Testament de Marie", l'auteur, Colm Toibin, restitue l'intimité d'une femme brisée. Sa raison, sa sensibilité, ses souvenirs sont travaillés par la brutalité des événements. Le spectacle de la metteure en scène Deborah Warner est débarrassé de tout sulpicianisme…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843454.jpg?v=1494401167" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Il cerne à partir des bribes et des déchirures des récits évangéliques une manière de révélation, une authenticité de Marie très éloignée de l'enveloppe de gloire de réputation et de légende : de mythification.       <br />
              <br />
       Cette Marie, mère de son fils célèbre sauveur du Monde, est traquée dans son deuil, sa vieillesse, sa solitude par un manteau de légende et un flux de pèlerinage intéressé à son témoignage. Qui est bien fragile car Marie est restée à ce point choquée qu'elle doute même de la réalité des événements.       <br />
              <br />
       Le personnage prend un poids d'évidence. S'attachant à la personne et non à l'icône, Dominique Blanc, dans une sensibilité toute contemporaine, parcourt tous les cheminements, les errances du personnage. Elle porte parole, porte plaidoirie. Pour Marie. Mater dolorosa à jamais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843508.jpg?v=1494401209" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      En prologue, le public peut circuler sur le plateau à la découverte des éléments de décor, les coulisses, les accessoires. Le Deus ex machina, avec le pouvoir de l'illusion et de révélation qui le caractérise, montre ses trucs, montre dans leur matérialité les reliques d'une histoire à venir, passée. Avant d'agir. Magnifiquement.       <br />
              <br />
       Comme en miroir d'un pèlerinage oublié, la scénographie de Tom Pye et Jean Kalman a la légèreté d'une brise. Elle est comme une caresse de l'âme. Ou bien la dureté du métal. Elle est cruauté du destin. Dans sa respiration, elle offre un écrin renouvelé, décontextualisé et beau à l'humanité de Marie. C'est un juste retour des choses.       <br />
              <br />
       Le spectateur se trouve en pleine empathie avec le récit de cette mère et découvre une manière de sortir des rumeurs, d'un état du monde où ne s'engendrent que des récits guidés, dictés par les hommes, dont les femmes ne sont que des instruments ou des ornements.       <br />
              <br />
       C'est aussi un hommage appuyé au théâtre. Cet art des pérégrinations symboliques qui relie les imaginaires des hommes et des femmes à égalité dans la réciprocité des sensibilités et des perceptions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Testament de Marie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843584.jpg?v=1494401242" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Colm Tóibín.       <br />
       Traduction française : Anna Gibson.       <br />
       Mise en scène : Deborah Warner.       <br />
       Assistante mise en scène : Alison Hornus.       <br />
       Avec : Dominique Blanc, de la Comédie-Française.       <br />
       Scénographie originale : Tom Pye.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Justin Nardella.       <br />
       Lumière : Jean Kalman.       <br />
       Costumes : Chloé Obolensky.       <br />
       Musique, son : Mel Mercier.       <br />
       Durée : 1 h 20 environ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843620.jpg?v=1494401273" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 mai au 3 juin 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-art-des-peregrinations-symboliques-reliant-les-imaginaires-des-hommes-et-des-femmes_a1799.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes</title>
   <updated>2015-11-13T12:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-chants-de-l-eternite-selon-Franz-Liszt-et-Charles-Bordes_a1482.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8514732-13394384.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-11-13T11:48:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour sa septième édition, les Journées Charles Bordes à Tours et Vouvray ont mis en évidence le formidable travail de régénération de la musique liturgique entrepris par les deux compositeurs à leur époque. L'occasion aussi d'admirer la superbe performance en concert de l'ensemble Ludus Modalis dans leurs répertoires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8514732-13394384.jpg?v=1447412567" alt="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" title="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" />
     </div>
     <div>
      Avec un dévouement et une énergie incroyables, le directeur artistique Michel Daudin et son équipe s'emploient depuis sept ans à rappeler au public qui était l'ingénieux Charles Bordes, compositeur né en 1863 à Vouvray et formé par César Franck. Organiste et maître de chapelle de l'Église Saint-Gervais à Paris, il crée, avec Vincent d'Indy et Alexandre Guilmant, la Schola Cantorum en 1894.        <br />
              <br />
       D'abord société de musique sacrée qui permet la redécouverte du chant grégorien (ou plain-chant) et des compositeurs tels Palestrina, Josquin des Prés ou Victoria, elle devient une école dédiée au renouveau de la musique sacrée en 1896. Des artistes comme Wanda Landowska en seront issus. Charles Bordes est également un infatigable chercheur dont l'activité sera saluée par le pape Pie X <span style="font-style:italic">(1)</span>.       <br />
              <br />
       Franz Liszt, né en 1811, reçoit les ordres mineurs à Rome où il s'est installé en 1865. Il se fera désormais appeler &quot;l'abbé Liszt&quot;. Depuis longtemps déjà il compose de la musique religieuse et s'intéresse de près à l'activité de redécouverte des sources de la musique sacrée et de la polyphonie de l'abbaye de Solesmes - comme Charles Bordes plus tard. Ce sont à ces deux réformateurs de la musique liturgique que les Journées se sont intéressées cette année.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8514732-13394408.jpg?v=1447412950" alt="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" title="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" />
     </div>
     <div>
      Outre une conférence-audition éclairante, donnée dans la salle de Diane du Musée des Beaux-Arts de Tours, par Daniel Saulnier du Centre d'Études Supérieures de la Renaissance (sur C. Bordes) et Nicolas Dufetel chargé de recherches au CNRS (spécialiste de Franz Liszt), deux concerts ont été programmés les jours suivants.        <br />
              <br />
       En l'Église Saint-Étienne de Tours, le 7 novembre, l'ensemble Ludus Modalis <span style="font-style:italic">(2)</span>, dirigé de son pupitre par le ténor Bruno Boterf (son fondateur) et l'organiste Vincent Grappy, ont donné à entendre de larges extraits du &quot;Via Crucis&quot; (huit sur les quatorze de ce Chemin de Croix) composé entre 1876 et 1879 par Franz Liszt ainsi que d'autres pièces religieuses du maître de Weimar - et un chant grégorien du VIe siècle de Venance Fortunat. Ils ont aussi recréé à cette occasion un dialogue spirituel de Charles Bordes, &quot;Domine puer Deus jacet&quot;, donné en 1900 et jamais rejoué depuis.       <br />
              <br />
       A capella ou accompagné de l'orgue Debierre, les magnifiques chanteurs de Ludus Modalis ont offert au public un haut moment de spiritualité. De la désolation des stations de la passion du Christ à la méditation (&quot;Crux&quot;), de la prière mariale (&quot;Ave Maris Stella&quot;) aux hymnes réaffirmant la foi en la lumière divine, les voix aux timbres parfaitement à l'unisson ont déployé les lignes pures d'un chant au noble dépouillement.        <br />
              <br />
       Le programme mettait en évidence les liens entre des écritures aux styles propres à leurs époques mais s'inspirant aux mêmes origines. Le talentueux Vincent Grappy, titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Blois, donnait le lendemain un récital à Vouvray en hommage au compositeur français natif de la région.       <br />
              <br />
       <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Pie X a décrété une réforme de la musique liturgique catholique qui a duré jusqu'au concile Vatican II.        <br />
       (2) Edwige Parat, Kaoli Isshiki, Corinne Bahuaud, Sophie Toussaint, Bruno Boterf, Serge Goubioud, Jean-Claude Sarragosse, Benoît Descamps. </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8514732-13394576.jpg?v=1447413775" alt="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" title="Les chants de l'éternité selon Franz Liszt et Charles Bordes" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochain concert de Ludus Modalis :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Mercredi 25 novembre 2015 à 20 h 30, </span>       <br />
       Le Cadran, Saison de la Scène nationale d'Evreux.       <br />
              <br />
       ● &quot;Les Mélodies de Charles Bordes&quot;.       <br />
       Label : Timpani.        <br />
       Production : Les Journées Charles Bordes.       <br />
       Sortie : 2012.       <br />
       Sophie Marin-Degor, soprano.       <br />
       Géraldine Chauvet, mezzo-soprano.       <br />
       Eric Huchet, ténor.       <br />
       Jean-Sébastien Bou, baryton.       <br />
       Nicolas Cavallier, basse.       <br />
       François-René Duchâble, piano.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.journeescharlesbordes.com/" target="_blank">&gt;&gt; journeescharlesbordes.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-chants-de-l-eternite-selon-Franz-Liszt-et-Charles-Bordes_a1482.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs</title>
   <updated>2015-10-06T14:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bach-opus-2-D-autres-le-giflerent-par-la-Compagnie-Manque-Pas-d-Airs_a1450.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8347035-13078692.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-10-06T08:40:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Compagnie Manque Pas d'Airs propose le deuxième volet de son triptyque consacré aux trois Passions de Jean-Sébastien Bach, du 17 au 20 octobre 2015, au Carreau du Temple. Après "Et le coq chanta" en 2014 créé autour de l'idée de trahison, le deuxième opus "D'autres le giflèrent" entend explorer, en quatorze stations et onze artistes musiciens, acteurs et chanteurs, l'humiliation du Christ vécue par onze personnages contemporains. Rencontre avec Alexandra Lacroix et François Rougier.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13078692.jpg?v=1444019779" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      Le théâtre musical conçu par la Compagnie Manque Pas d'Airs depuis 2007 se révèle très intéressant par sa volonté de vouloir réactiver notre écoute de grandes œuvres lyriques tout en nous proposant de porter un regard acéré sur le monde d'aujourd'hui. Avec ce deuxième volet &quot;Et d'autres le giflèrent&quot; (après &quot;Et le coq chanta&quot;), il s'agit de permettre de redécouvrir les trois oratorios de J. S. Bach consacrés à la Passion du Christ, tout en restituant le caractère éminemment théâtral voire physique de ces œuvres en un travail pluridisciplinaire.       <br />
              <br />
       &quot;Chacun porte sa croix&quot; : la production entend nous rappeler qu'il est possible d'incarner Bach sur scène tout en nous parlant de notre modernité. Nous avons rencontré la directrice artistique de la compagnie et metteur en scène du spectacle, Alexandra Lacroix, et le ténor François Rougier, collaborateur au projet.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Pourquoi Bach et comment avez-vous sélectionné les extraits des trois Passions pour le spectacle ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13078697.jpg?v=1444112078" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      <b>Alexandra Lacroix -</b> C'est un choix effectué avec François. D'une part, nous nous interrogeons depuis longtemps sur les modes de production du lyrique et nous avons fait le même constat de frustration sur ce qui existe. D'autre part, les Passions de Bach sont apparues comme une évidence, une matière extrêmement dense, extrêmement riche, extrêmement difficile mais passionnante !       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Les extraits ont été sélectionnés selon le thème choisi par Alexandra. Pour le premier spectacle (&quot;Et le coq chanta&quot; NDLR), c'était la trahison, pour celui-ci, c'est l'humiliation. Le découpage final des trois Passions (selon Saint-Jean, selon Saint-Matthieu, selon Saint-Marc NDLR) inspire le livret autour de cet axe, tout en initiant une réflexion sur la signification globale des œuvres par rapport à l'histoire que nous racontons.       <br />
              <br />
       <b>À la répétition à laquelle j'ai assisté, j'ai vu qu'il y avait une réelle exigence vis-à-vis des artistes sur scène quant à leur implication. Cela n'a rien d'évident pour un instrumentiste ou un chanteur.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088341.jpg?v=1444112632" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      F<b>rançois Rougier -</b> Ce n'est pas si difficile puisque nous avons le temps de mettre les choses en place. Nous répétons huit à neuf semaines. C'est un vrai luxe quand on sait qu'une production d'opéra prévoit au mieux cinq semaines de répétition. Avec l'équipe nous menons un vrai travail quotidien avec différents rendez-vous, par exemple le travail corporel le matin avant les répétitions proprement dites avec Alexandra. Et rien n'est gratuit dans ce qu'elle nous demande. Tous les gestes et déplacements ont un sens par rapport aux autres personnages et à la musique.       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Avec le temps dont nous disposons, je peux me permettre de ne rien imposer à mes interprètes - même si j'ai forcément au départ une vision du spectacle : décors, lumières, etc. J'adapte la sensibilité des personnages à leurs interprètes et comme nous nous connaissons bien, le jeu que j'attends d'eux finit par devenir une évidence : la folie, la combativité, la violence, l'humiliation.       <br />
              <br />
       <b>J'ai été frappée par l'incroyable précision des indications d'Alexandra.</b>       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Elle sait vraiment où elle va. C'est confortable pour nous (même si je n'aime pas ce mot). Alexandra nous laisse l'impression que nous proposons tout. Mais il y a chez elle une grande maîtrise des chemins que nous allons emprunter - chacun avec nos personnalités différentes et selon nos sensibilités. Les gestes, les déplacements, les corps, la mise en espace sont très réglés mais au fil des semaines de répétitions quelque chose se sédimente peu à peu du travail effectué ensemble. Une vraie infusion entre elle et nous - entre sa vision et ce que nous apportons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088377.jpg?v=1444112918" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      <b>Alexandra Lacroix -</b> Les choses s'affinent peu à peu et je peux être de plus en plus exigeante - tout en respectant ce que je sais pouvoir obtenir d'eux.        <br />
              <br />
       <b>Dans la note d'intention du spectacle, vous parlez de &quot;corps musiciens&quot;, une très belle expression. </b>       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> C'est François qui emploie cette expression.       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> C'est une façon de rassembler dans une même expression les instrumentistes, les acteurs et les chanteurs. Hélas, tous n'en ont pas la même conscience ! On peut chanter, jouer du clavecin sur scène et faire vivre une situation, proposer une interprétation avec son corps aussi. La musique c'est de la chair, du vivant, pas seulement de la pensée. Étant donné notre formation, cela n'a rien d'évident pour la plupart.       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Ce travail sur les corps pour un répertoire lyrique est aussi une volonté d'affirmer qu'il n'est pas uniquement destiné à un public averti. À travers le théâtre et des situations qui nous sont familières, le spectacle espère concerner et toucher un très large public.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088391.jpg?v=1444113495" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      <b>Les situations que vous mettez en scène (un groupe d'étudiants, une entreprise, une soirée en ville) appartiennent à notre temps.</b>       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Exactement. Pour moi, il est vital d'être soit atemporel soit contemporain. Il me paraît important d'accorder le sens de l'œuvre à notre époque et au public d'aujourd'hui en en restituant l'essence. Quand Bach écrit ces Passions, il y met déjà un certain recul dans les airs de commentaires, dans les chorals pour que l'assemblée puisse intérioriser le récit, en être pénétré. Il entend instaurer un échange entre la scène et les fidèles. Or cette parole n'est possible que si le public se reconnaît dans ce qui se passe sur scène avec des codes qui nous sont communs. Nous cherchons à nous adresser à tout le monde en proposant une vision nouvelle de l'œuvre.        <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Et il est une telle spiritualité dans cette musique qu'elle ne s'adresse pas qu'aux croyants.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 17, 19 et 20 octobre 2015 à 20 h 30.</span>       <br />
       Le Carreau du Temple, Auditorium,       <br />
       4, rue Eugène Spuller, Paris 3e.       <br />
       Tél. : 01 83 81 93 30.       <br />
       <a class="link" href="http://www.carreaudutemple.eu" target="_blank">&gt;&gt; carreaudutemple.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       4 et 6 novembre 2015 : à 20 h 45, Espace culturel Robert Doisneau, Meudon (92).       <br />
       10 novembre 2015 : à 20 h, Deux Scènes, Scène nationale de Besançon (25).       <br />
       6 décembre 2015 : à 15 h, Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088416.jpg?v=1444113616" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;D'autres le giflèrent&quot;</b>       <br />
       D'après les Passions de Bach.       <br />
       Théâtre musical en trois épisodes.        <br />
       Durée : 1 h 40 sans entracte.       <br />
              <br />
       Alexandra Lacroix, adaptation, scénographie, mise en scène.       <br />
       Christophe Grapperon, direction musicale.       <br />
       François Rougier, collaboration au projet.       <br />
       Mathieu Lorry Dupuy, scénographie.       <br />
       Anne Vaglio, Julie Bardin, lumières.       <br />
       Olga Karpinsky, costumes.       <br />
       Francesco Bonato, Nicolas Hubert, Natalia Jaime Cortez, Sylvain Riéjou, travail corporel       <br />
              <br />
       Magali Léger, Judith Fa, sopranos.       <br />
       François Rougier, ténor.       <br />
       Mathieu Dubroca, baryton.       <br />
       Julie Dumas, Simon Pitaqaj, comédiens.       <br />
       Clara Müthlethaler, violon et alto.       <br />
       Cyrille Métivier, violon et cornet à bouquin.       <br />
       Alice Coquart, violoncelle.       <br />
       François Leyrit, contrebasse.        <br />
       Camille Delaforge, clavecin et orgue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Bach-opus-2-D-autres-le-giflerent-par-la-Compagnie-Manque-Pas-d-Airs_a1450.html" />
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