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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-10T03:22:19+02:00</updated>
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   <title>"Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…</title>
   <updated>2026-03-30T13:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hecube-pas-Hecube-L-artiste-et-son-double-une-histoire-flamboyante-de-meres-douleurs_a4516.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-30T10:18:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Tiago Rodrigues s'empare de monuments de la littérature (cf. son "Antoine et Cléopâtre", "Bovary", "La Cerisaie", "By Heart", etc.), c'est dans l'intention de faire résonner leur matière vivante avec notre contemporanéité. En effet, loin d'"adapter" Shakespeare, Flaubert, ou encore Tchekhov, il considère ces histoires mythiques comme la cristallisation dans notre mémoire vive de questions atemporelles, les "exploite" à l'envi pour créer les conditions d'un choc dramaturgique porteur de sens. Ainsi de sa dernière création, où une actrice qui répète au plateau le rôle d'Hécube, rencontre dans son existence personnelle une problématique-miroir reflétant celle de l'esclave d'Agamemnon.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95713582-66854883.jpg?v=1774870307" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Tournant le dos aux falaises hiératiques de la Carrière de Boulbon, les comédiens habillés de noir sont absorbés par leur travail à la table… C'est le tout début des répétitions de la pièce d'Euripide. Remarquant la présence du public, ils s'interrompent pour briser le quatrième mur en présentant de manière chorale l'intrigue vieille de 2 500 ans… <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes le Chœur… Au moment où commence la pièce, Polyxène, premier fils d'Hécube, a été sacrifié aux Dieux. Polydore, le second fils, a été assassiné perfidement par le roi de Thrace, Polymestor, auquel il avait été confié par Priam, roi de Troie. Hécube, reine déchue et mère ravagée de douleur, réclame justice et vengeance&quot;.</span> Ainsi rappelée, l'intrigue grecque est-elle prête à devenir caisse de résonance du drame à venir.       <br />
              <br />
       Pause pour revenir à la table où l'un des comédiens annonce que Nadia (l'interprète de la reine troyenne) devra s'absenter de la répétition pour des raisons personnelles. Le rythme s'accélère alors pour exploser dans une joyeuse cacophonie pointée non sans malice par l'un des acteurs choisis pour jouer Agamemnon (Denis Podalydes) : <span style="font-style:italic">&quot;Euripide méritait mieux&quot;</span>… Quant à la tirade de Polymestor qui fait suite, l'acteur errant les yeux crevés tout en vociférant son texte, elle sera assortie d'un nouveau trait d'humour – <span style="font-style:italic">&quot;Il parle beaucoup pour quelqu'un qui a les yeux crevés&quot;</span> – saillie en annonçant d'autres, créant des temps de respiration salutaires dans les deux drames qui se profilent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95713582-66854884.jpg?v=1774870341" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Bascule de lieux… La table de travail des comédiens devient instantanément celle du Tribunal. On y retrouve Nadia venue là pour entendre le procureur suite à la plainte qu'elle a déposée contre l'institut spécialisé auquel elle avait confié son enfant autiste. Le magistrat lui communique le rapport accablant actant par le menu les maltraitances subies par les enfants autistes accueillis dans cette structure, <span style="font-style:italic">&quot;notamment par Otis (son fils) âgé de douze ans&quot;</span> (phrase répétée en boucle par le Chœur, comme une litanie obsédante).       <br />
              <br />
       Dès lors, deux régimes dramatiques (la tragédie d'Euripide et l'action en justice) vont continuellement se faire écho en se succédant sans aucune transition. Auxquels s'ajouteront les commentaires sur le vif des comédiens, suspendant leur personnage pour commenter &quot;théâtralement&quot; le théâtre en train de se faire… <span style="font-style:italic">&quot;Nadia est jouée par une actrice (Elsa Lepoivre) qui elle-même fait semblant de jouer Hécube&quot;</span>, ou encore <span style="font-style:italic">&quot;Le corps de Nadia est sur scène et elle dit les mots d'Hécube mais elle n'est pas vraiment là&quot;.</span> Un théâtre à multifacettes renvoyant chacune des effets de vérité mouvante.       <br />
              <br />
       Aspiré par ce mouvement tourbillonnaire, le spectateur est partie prenante des intrigues commentées en direct par le coryphée. Il sera, lui aussi, ému (jusqu'aux larmes) par la déposition de Nadia parlant avec amour de son fils disposant de quarante mots au plus pour communiquer avec elle : <span style="font-style:italic">&quot;Maman, pas maman ; pluie, pas pluie ; au revoir, pas au-revoir…&quot;.</span> Et quand le même coryphée interviendra pour dire que les larmes qui s'échappent des yeux de l'actrice lorsqu'elle joue Hécube (<span style="font-style:italic">&quot;Nadia joue Hécube et pleure sur Polydore assassiné&quot;</span>), ce sont celles qu'elle a retenues face au procureur, le trouble devient par porosité le nôtre.       <br />
              <br />
       Une autre histoire racontée par Nadia viendra s'inviter dans les plis des deux intrigues principales, rythmant ainsi celles de l'antique grecque et du tribunal contemporain appelé à juger l'impensable des maltraitances institutionnelles perpétrées sur des enfants handicapés… L'histoire d'une chienne ordinaire, héroïne d'une série qu'Otis – son fils autiste dont le prénom n'a rien à voir avec son trouble, mais avec le chanteur afro-américain Otis Redding – affectionne particulièrement. Que nous raconte-t-elle d'autre cette histoire de chienne, qui, d'épisode en épisode, erre jusqu'à retrouver en toute fin son chiot et éprouver l'indicible plaisir d'aboyer avec lui ?…       <br />
              <br />
       … si ce n'est l'écho réifié d'Hécube, métamorphosée en chienne – cf. sa statue monumentale dévoilée sur le plateau – et aboyant ad vitam æternam après s'être vengée du traître Polymestor en crevant avec des aiguilles les yeux de l'assassin de son fils aimé. Au théâtre, tout fait signe, et le metteur en scène nous le rappelle magistralement au détour de son écriture.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95713582-66854885.jpg?v=1774870368" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Dans la mise en cause du personnel de la maison d'accueil, le Chœur – toujours à l'avant-scène de la pièce – commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Nadia n'est plus Hécube, mais joue son rôle de mère. Elle découvre le labyrinthe où sa vie se confond avec celle d'Hécube&quot;</span>. Nous suivrons &quot;en direct&quot; les péripéties de cet avant-procès où éclateront au grand jour, outre la perversité du tortionnaire incriminé, la pleutrerie scandaleuse des plus hauts dirigeants incapables d'assumer leurs manquements, plus encore coupables que les employés de terrain, dépassés par des conditions de travail impossibles.       <br />
              <br />
       Au terme de ces deux heures intenses de représentation du théâtre dans le théâtre, nous ressortons… comme éblouis. Éblouis par ces deux mères courages, ravagées par la douleur et mues par la fureur vengeresse réparatrice. Éblouis par le jeu des actrices et acteurs de la Comédie-Française (Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi) rivalisant de force tranquille pour incarner les différents rôles, passant allègrement d'un lieu et d'une époque à l'autre. Éblouis par l'intelligence (et l'humour !) de l'écriture de Tiago Rodrigues, chantre d'un humanisme décapant. Enfin, encore et toujours, éblouis par le cadre de la Carrière de Boulbon, offrant en toute générosité son &quot;écho&quot; aux tragédies humaines.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 2 juillet 2024 dans la Carrière de Boulbon dans le cadre du Festival d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hécube, pas Hécube"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95713582-66854886.jpg?v=1774870401" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes (français).       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec les interprètes de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi.       <br />
       Scénographie : Fernando Ribeiro.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Musique et son : Pedro Costa.       <br />
       Collaboration artistique : Sophie Bricaire.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       &quot;Hécube, pas Hécube&quot; de Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes, est publié aux Éditions Les Solitaires intempestifs (juillet 2024).       <br />
       Avec des extraits de &quot;Hécube&quot; d'Euripide, traduction Marie Delcourt-Curvers, publié aux Éditions Gallimard.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95713582-66854887.jpg?v=1774870435" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 30 mars au 17 avril 2026.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 20 h 30.       <br />
       Comédie-Française Hors les murs.       <br />
       13ᵉ Art, Centre commercial Italie Deux, 30, place d'Italie, Paris 13ᵉ.       <br />
       Réservations : 01 48 28 53 53.       <br />
       <a class="link" href="https://reserver.comedie-francaise.fr/event/68bd83b706dce3be066e423f" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://le13emeart.com/" target="_blank">&gt;&gt; le13emeart.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !</title>
   <updated>2025-12-27T14:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cage-aux-folles-Vif-drole-fantasque-et-toujours-terriblement-d-actualite-_a4436.html</id>
   <category term="Paroles &amp; Musique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93366598-65279493.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-25T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La Cage aux folles" est une fable devenue presque mythique. Olivier Py propose une mise en scène où la comédie musicale resplendit dans ses ornements autant lumineux et pailletés qu'intimes et politiques. Dans une distribution très talentueuse, Laurent Lafitte réalise un tour de force dans le chant, la danse, le mime et le théâtre.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279495.jpg?v=1766660331" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Voici une fable des plus célèbres dont le titre est devenu une expression et où la figure de ceux qui lui ont donné vie sur les planches, Jean Poiret et Michel Serrault, reste aussi mémorable dans l'histoire de la comédie que les trois coups mythiques qui ouvriraient un rideau théâtral.       <br />
              <br />
       L'histoire de &quot;La Cage aux folles&quot;, écrite par Jean Poiret (1926-1992), a eu plusieurs destinées artistiques : théâtrale à ses origines en 1973, cinématographique à partir de 1978, puis comédie musicale en 1983 pour Broadway avec Jerry Herman pour les paroles et les chansons sur un livret d'Harvey Fierstein. Une version française a été créée par Alain Marcel en 1999 au Théâtre Mogador.        <br />
              <br />
       Damien Bigourdan (Georges), ténor et comédien, démarre la représentation en costume blanc. Couleur lumineuse comme celle-ci, où tous les temps sont forts, avec peu de relâche dans le rythme et toujours une tension dans le jeu. C'est un feu d'artifice de talents, comme un monstre fantastique bien huilé, monté au cordeau et pour lequel les rares silences sont habillés d'un rire, d'une gestique comique ou d'un bon mot. La comédie musicale respire d'amour et de musique par tous ses pores, avec le chant, la comédie et la danse en points cardinaux. Cet amour est multiple et divers. C'est celui d'un père, Zaza (Laurent Lafitte), pour son fils Jean-Michel (Harold Simon), comme celui du clinquant et la passion de la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279493.jpg?v=1766660285" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Se mêlent de l'humour, des chansons, des paillettes telles un tégument au spectacle avec des chorégraphies de Ivo Bauchiero et d'autres en claquettes d'Aurélien Lehmann. C'est vif, joyeux, truculent, pertinent, gouailleur, sensuel et provocateur avec malice. Laurent Lafitte campe un personnage haut en couleurs dans une performance faite de multiples contours artistiques et brassant une kyrielle de talents. Comme pour tous les protagonistes, son jeu est très physique, mais les ruptures de jeu avec lesquelles il doit composer pour basculer très rapidement de la danse, à l'imitation, au chant et au théâtre sont un véritable tour de force.        <br />
              <br />
       À la fois danseur, chanteur et comédien, il décline différentes facettes d'un personnage vif, fantasque, drôle en créant une connexion espiègle avec le public autant sur les planches que dans l'assistance. Dans cette interconnexion, ce n'est pas uniquement le protagoniste qui devient un moment proche physiquement du public, c'est aussi une figure LGBTQI+ qui se mélange au monde et porteur d'un combat pour exister. C'est un éternel recommencement à une époque où les virilistes s'essaiment pour marquer leur présence et consacrer une infériorité fantasmée et névrotique de leur sexe sur l'autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279504.jpg?v=1766660392" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène d'Olivier Py est pleine de rebondissements, avec des pieds de nez théâtraux qui donnent du rythme et où le propos et la posture deviennent des étendards politiques sous un vernis comique et fantasque. Il s'agit de quoi après tout ? D'exister par soi-même, avec les autres.       <br />
              <br />
       La cage aux folles, on la voit, on la découvre réellement sur les planches dans sa symbolique la plus nue. Elle apparaît en début de représentation, côté jardin. C'est un simple rangement, un vestiaire de couleur grise où, ouverte, apparaissent physiquement une jambe puis le corps d'un danseur travesti avec ses collants lumineux. Dans cette cache qui s'ouvre, se découvre ce qui fait la trame du spectacle, ou du moins l'une de ses composantes, à savoir les LGBTIQ+ au travers du monde de la comédie musicale avec ses couleurs et parfois ses caricatures. Ce qui avait valu de nombreuses critiques à la création de la pièce en 1973, mais elle est porteuse d'un message revendicatif d'une façon d'être non pas exclusivement genrée, mais aussi existentielle. On est ce que l'on est au-delà de nos orientations sexuelles, de nos habillements et de notre manière d'être.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279505.jpg?v=1766660509" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La comédie musicale est lumineuse face au public. Et un peu plus sombre côté coulisse, en écho à la scénographie. Ce qui est visible sur les planches est parfois un peu antinomique de ce qui est dans les coulisses. C'est aussi et surtout le double visage du monde de la comédie musicale, dans son expressivité joviale et souriante afin de gommer de tristes désaccords de la vie de tous. Nous avons ainsi l'envers et l'endroit du spectacle, de ce que vit personnellement, un moment, Zaza (Laurent Lafitte) et ce qu'il montre aux spectateurs. On le découvre ainsi avant de monter sur scène, dans une vue plongeante dans les coulisses, très chagriné, et ensuite arborant un large sourire sur le plateau.       <br />
              <br />
       La scénographie de Pierre-André Weitz est tournante et laisse découvrir alternativement une scène avec son escalier lumineux, ses loges, ses coulisses et ses escaliers de secours, un coin de bar avec ses tables et ses chaises, et le restaurant &quot;Chez Jacqueline&quot;. L'orchestre &quot;Les Frivolités Parisiennes&quot; accompagne tous les événements de la fable. Il est situé dans une fausse juste devant la scène et sous la hauteur de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279606.jpg?v=1766661971" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La trame a aussi son aspect politique, celle de revendiquer son identité et de l'acceptation de l'autre avec ses différences. On y voit monsieur Dindon, une figure politique d'extrême droite avec des convictions à l'opposé de ce qui a pour figures les LGBTQI+ et le transformisme. Dans ses relations multiples entre hommes et femmes, entre mari et épouse, c'est aussi un entrelacement relationnel dans ses multiples identités qui se croisent, chacun sachant où il est et où il va sans qu'un mouton avec des cornes, sauf le couple Dindon, puisse bêler son mécontentement.       <br />
              <br />
       &quot;La Cage aux folles&quot; est un superbe spectacle qui a plus de soixante ans d'existence et qui est resté sans âge. Il est porté par une très belle distribution où Olivier Py a réussi à donner un agencement au cordeau pour investir les différentes facettes de la comédie musicale, en faisant résonner avec éclat un combat politique toujours d'actualité.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Cage aux folles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279616.jpg?v=1766662003" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      D'après la pièce &quot;La Cage aux folles&quot; de Jean Poiret.       <br />
       Français, double surtitrage : anglais pour les dialogues et chansons, français pour les chansons.       <br />
       Musique et paroles : Jerry Herman.       <br />
       Livret : Harvey Fierstein.       <br />
       Traduction française : Olivier Py.       <br />
       Mise en scène : Olivier Py.       <br />
       Avec : Laurent Lafitte, Damien Bigourdan, Émeric Payet, Harold Simon, Gilles Vajou, Émeline Bayart, Lara Neumann, Maë-Lingh Nguyen, Édouard Thiébaut.       <br />
       Direction musicale : Christophe Grapperon, Stéphane Petitjean.       <br />
       Décors et costumes : Pierre-André Weitz.       <br />
       Chorégraphie : Ivo Bauchiero.       <br />
       Chorégraphie (claquettes) : Aurélien Lehmann.       <br />
       Lumières : Bertrand Killy.       <br />
       Sound design : Unisson Design.       <br />
       Orchestre : Les Frivolités Parisiennes.       <br />
       Durée : 2 h 35 avec entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi et dimanche à 15 h et 20 h.       <br />
       Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.       <br />
       Téléphone : 01 40 28 28 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/programmation/25-26/la-cage-aux-folles/#event-date" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/" target="_blank">&gt;&gt; chatelet.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279621.jpg?v=1766662040" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cage-aux-folles-Vif-drole-fantasque-et-toujours-terriblement-d-actualite-_a4436.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais</title>
   <updated>2025-10-10T11:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Choeur-des-amants-Une-mise-en-scene-minimaliste-pour-un-recit-a-deux-voix-d-un-couple-d-inseparables-toujours-cote-a_a4376.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91662260-64380233.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-10T10:31:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec "Chœur des amants", l'auteur et metteur en scène portugais Tiago Rodrigues nous offre une partition de haut vol. En disséquant ce qui fait couple, cette communion de deux âmes prêtes à défier la mort, le quotidien et le passage du temps, il nous parle de la vie elle-même. Tiago Rodrigues revient à sa première pièce écrite et créée 18 ans plus tôt à Lisbonne, en 2007. Reprenant ses personnages d'origine, il imagine leur vécu et les fait avancer côte à côte, en miroir l'un de l'autre, tel un couple d'inséparables.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91662260-64380233.jpg?v=1760085336" alt=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" title=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" />
     </div>
     <div>
      De minuscules morceaux de papiers blancs jonchent la scène semi-circulaire du Théâtre des Bouffes du Nord, tels du gravier ou de délicats flocons de neige immaculés. En fond de scène, une toile vert sapin, devant laquelle se trouvent une petite table, deux chaises dépareillées, une bouilloire et deux gobelets. Difficile de faire plus sobre. Il est vrai que les murs rouge pompéien, décrépis et fissurés par le temps de ce théâtre possèdent un charme tel, qu'un décor plus conséquent y trouve difficilement sa place. Le dépouillement y est de mise. Et puis, les fantômes y semblent toujours plus présents qu'ailleurs…       <br />
              <br />
       Les deux amants du titre s'avancent d'un pas décidé, face au public. Leurs tenues (pantalon, chemise et chaussures plates pour chacun d'entre eux) s'harmonisent dans des teintes automnales et leur confèrent une sorte d'unité partagée. Le duo se met d'emblée à raconter, en chœur, la crise d'étouffement qui prit la jeune femme des années auparavant, alors que le couple regardait &quot;Scarface&quot; à la télévision. Puis, le départ pour les urgences…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91662260-64380239.jpg?v=1760085366" alt=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" title=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" />
     </div>
     <div>
      Leurs récits sont similaires, les mots identiques, seuls les pronoms diffèrent. Elle, emploie le &quot;je&quot; et raconte à la première personne ; lui, utilise la troisième personne du singulier : le &quot;je&quot; devient &quot;elle&quot;. Tous deux nous regardent, se regardent, parlent de concert, précisent, reprennent, répètent… Puis, à l'hôpital, les récits se dédoublent, le tandem se trouvant soudain tragiquement séparé : elle, dans la chambre, entre la vie et la mort, lui, dans la salle d'attente. Chacun raconte alors l'événement tel qu'il le vit, à l'instant présent. Les paroles s'enchevêtrent toujours, le rythme ne décélère pas d'un iota, l'angoisse envahit tout l'espace.       <br />
              <br />
       Alors que le drame a été évité de justesse, que leur histoire aurait pu s'arrêter là, commence la deuxième partie de leur existence. En chœur, ils racontent le retour à la maison, la vie qui reprend, avec de nouvelles résolutions : apprendre un poème par cœur, jouer du piano… Tout est désormais possible puisque la vie leur a été redonnée ; ils &quot;ont le temps&quot;, comme ils aiment à se le répéter.       <br />
              <br />
       Les années passent. Ils déménagent. Leur fille devient ado. Elle va voir &quot;Scarface&quot; à la Cinémathèque. Eux, n'ont toujours pas vu la fin du film. Ils &quot;ont le temps&quot;. Et ne pas voir la fin de &quot;Scarface&quot;, ne serait-ce pas un moyen de prolonger le temps justement ? D'autres années passent encore. Leur fille quitte la maison. Eux se confinent, se déconfinent, se reconfinent, achètent une forêt pour y vivre, et continuent à faire du théâtre…       <br />
              <br />
       Puis, quarante ans après la première, une nouvelle scène d'hôpital. Les deux souffles ne font désormais plus qu'un, une voix s'est tue. Peu importe laquelle, puisque l'autre la porte en lui pour toujours, dans ses pensées. Quarante ans d'amour ont fini d'unir les amants à jamais. Et alors que l'un, puis l'autre, s'en retournent à la terre, une vie d'amour s'est écoulée qui aurait pu s'arrêter devant &quot;Scarface&quot; et ne jamais être vécue.       <br />
              <br />
       La vie ne tient qu'à un fil et l'amour aussi, nous dit Tiago Rodrigues. De ce récit polyphonique émerge un chemin de vie, avec ses hauts et ses bas, ses petits bonheurs et ses petits tracas, ses félicités et ses moments de tristesse où, ensemble, ils ont avancé, main dans la main. Une vie en tandem, deux moitiés qui ne font qu'un.       <br />
              <br />
       Tiago Rodrigues a décidément l'art de raconter l'indicible, de nous bouleverser au plus profond de notre âme. Comme il l'a montré encore récemment en Avignon avec sa dernière pièce &quot;La Distance&quot;, il sonde les relations humaines et familiales comme personne. Avec &quot;Chœur des amants&quot;, il signe là encore une œuvre délicate, tout en sensibilité, qui sonne juste, sans être dépourvue d'humour. (Quelques rires féminins n'ont pas manqué de se faire entendre lorsque la femme remarque &quot;Il a fallu que je sois presque en train de mourir pour qu'il range la maison tout seul.&quot; Un sentiment de vécu peut-être…).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91662260-64380243.jpg?v=1760085397" alt=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" title=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" />
     </div>
     <div>
      La partition de l'auteur lisboète, magnifiquement composée, n'est pas aisée, et les comédiens – Grégoire Monsaingeon et Océane Caïraty, en alternance avec David Geselson et Alma Palacios – la maîtrisent en virtuoses, dirigés, on l'imagine, avec une précision d'orfèvre. Les mêmes phrases sont formulées tantôt de manière synchronisée, tantôt séparément, tantôt encore les acteurs parlent en même temps pour dire ou décrire des choses différentes… L'auteur semble s'être amusé à expérimenter l'infinité des possibles. À ce récit à deux voix s'entremêlent également des dialogues et des apartés…       <br />
              <br />
       Dans une mise en scène minimaliste, avec des déplacements réduits au strict minimum, il et elle sont ce merveilleux couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais, comme le souligne si joliment &quot;La chanson des vieux amants&quot; de Jacques Brel : <span style="font-style:italic">&quot;Mais mon amour/Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour/De l'aube claire jusqu'à la fin du jour/Je t'aime encore tu sais/Je t'aime&quot;.</span> Bouleversant !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>       <br />
              <br />
       Spectacle vu au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, le 23 septembre 2025.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Chœur des amants"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91662260-64380244.jpg?v=1760085427" alt=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" title=""Chœur des amants" Une mise en scène minimaliste pour un récit à deux voix d'un couple d'inséparables, toujours côte à côte, soudés à jamais" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Scénographie : Magda Bizarro et Tiago Rodrigues.       <br />
       Lumières : Manuel Abrantes.       <br />
       Costumes : Magda Bizarro.       <br />
       Traduction française : Thomas Resendes.        <br />
       Avec : Alma Palacios ou Océane Caïraty (en alternance) et David Geselson ou Grégoire Monsaingeon (en alternance).       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 23 au 27 septembre 2025 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">5 décembre 2025 :</span> La Ferme du Buisson - Scène nationale, cinéma, centre d'art contemporain, Noisiel (77).       <br />
       8 et 9 janvier 2026 : Théâtre de l'Aire Libre, Saint-Jacques-de-la-Lande (35)       <br />
       22 janvier 2026 : Centre d'art et de culture - Espace Culturel Robert-Doisneau, Meudon (92).       <br />
       24 janvier 2026 : Scène Nationale, Dieppe (76).       <br />
       27 janvier 2026 : Les Transversales - Église Jeanne d'Arc, Verdun (55).       <br />
       29 et 30 janvier 2026 : L'arc - Scène nationale Le Creusot (71).       <br />
       6 février 2026 : Le Molière - Théâtre de Gascogne, Mont-de-Marsan (40).       <br />
       27 mars 2026 : L'Entracte, Sablé-sur-Sarthe (72).       <br />
       2 au 4 avril 2026 : Théâtre de Liège (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Choeur-des-amants-Une-mise-en-scene-minimaliste-pour-un-recit-a-deux-voix-d-un-couple-d-inseparables-toujours-cote-a_a4376.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…</title>
   <updated>2025-04-25T12:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hecube-pas-Hecube-L-artiste-et-son-double-une-histoire-flamboyante-de-meres-douleurs_a4204.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88133854-62421348.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-04-25T11:45:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Tiago Rodrigues s'empare de monuments de la littérature (cf. son "Antoine et Cléopâtre", "Bovary", "La Cerisaie", "By Heart", etc.), c'est dans l'intention de faire résonner leur matière vivante avec notre contemporanéité. En effet, loin d'"adapter" Shakespeare, Flaubert, ou encore Tchekhov, il considère ces histoires mythiques comme la cristallisation dans notre mémoire vive de questions atemporelles, les "exploite" à l'envi pour créer les conditions d'un choc dramaturgique porteur de sens. Ainsi de sa dernière création, où une actrice qui répète au plateau le rôle d'Hécube, rencontre dans son existence personnelle une problématique-miroir reflétant celle de l'esclave d'Agamemnon.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421344.jpg?v=1720189950" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Tournant le dos aux falaises hiératiques de la Carrière de Boulbon, les comédiens habillés de noir sont absorbés par leur travail à la table… C'est le tout début des répétitions de la pièce d'Euripide. Remarquant la présence du public, ils s'interrompent pour briser le quatrième mur en présentant de manière chorale l'intrigue vieille de 2 500 ans… <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes le Chœur… Au moment où commence la pièce, Polyxène, premier fils d'Hécube, a été sacrifié aux Dieux. Polydore, le second fils, a été assassiné perfidement par le roi de Thrace, Polymestor, auquel il avait été confié par Priam, roi de Troie. Hécube, reine déchue et mère ravagée de douleur, réclame justice et vengeance&quot;.</span> Ainsi rappelée, l'intrigue grecque est-elle prête à devenir caisse de résonance du drame à venir.       <br />
              <br />
       Pause pour revenir à la table où l'un des comédiens annonce que Nadia (l'interprète de la reine troyenne) devra s'absenter de la répétition pour des raisons personnelles. Le rythme s'accélère alors pour exploser dans une joyeuse cacophonie pointée non sans malice par l'un des acteurs choisis pour jouer Agamemnon (Denis Podalydes) : <span style="font-style:italic">&quot;Euripide méritait mieux&quot;</span>… Quant à la tirade de Polymestor qui fait suite, l'acteur errant les yeux crevés tout en vociférant son texte, elle sera assortie d'un nouveau trait d'humour – <span style="font-style:italic">&quot;Il parle beaucoup pour quelqu'un qui a les yeux crevés&quot;</span> – saillie en annonçant d'autres, créant des temps de respiration salutaires dans les deux drames qui se profilent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421345.jpg?v=1720189992" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Bascule de lieux… La table de travail des comédiens devient instantanément celle du Tribunal. On y retrouve Nadia venue là pour entendre le procureur suite à la plainte qu'elle a déposée contre l'institut spécialisé auquel elle avait confié son enfant autiste. Le magistrat lui communique le rapport accablant actant par le menu les maltraitances subies par les enfants autistes accueillis dans cette structure, <span style="font-style:italic">&quot;notamment par Otis (son fils) âgé de douze ans&quot;</span> (phrase répétée en boucle par le Chœur, comme une litanie obsédante).       <br />
              <br />
       Dès lors, deux régimes dramatiques (la tragédie d'Euripide et l'action en justice) vont continuellement se faire écho en se succédant sans aucune transition. Auxquels s'ajouteront les commentaires sur le vif des comédiens, suspendant leur personnage pour commenter &quot;théâtralement&quot; le théâtre en train de se faire… <span style="font-style:italic">&quot;Nadia est jouée par une actrice (Elsa Lepoivre) qui elle-même fait semblant de jouer Hécube&quot;</span>, ou encore <span style="font-style:italic">&quot;Le corps de Nadia est sur scène et elle dit les mots d'Hécube mais elle n'est pas vraiment là&quot;.</span> Un théâtre à multifacettes renvoyant chacune des effets de vérité mouvante.       <br />
              <br />
       Aspiré par ce mouvement tourbillonnaire, le spectateur est partie prenante des intrigues commentées en direct par le coryphée. Il sera, lui aussi, ému (jusqu'aux larmes) par la déposition de Nadia parlant avec amour de son fils disposant de quarante mots au plus pour communiquer avec elle : <span style="font-style:italic">&quot;Maman, pas maman ; pluie, pas pluie ; au revoir, pas au-revoir…&quot;.</span> Et quand le même coryphée interviendra pour dire que les larmes qui s'échappent des yeux de l'actrice lorsqu'elle joue Hécube (<span style="font-style:italic">&quot;Nadia joue Hécube et pleure sur Polydore assassiné&quot;</span>), ce sont celles qu'elle a retenues face au procureur, le trouble devient par porosité le nôtre.       <br />
              <br />
       Une autre histoire racontée par Nadia viendra s'inviter dans les plis des deux intrigues principales, rythmant ainsi celles de l'antique grecque et du tribunal contemporain appelé à juger l'impensable des maltraitances institutionnelles perpétrées sur des enfants handicapés… L'histoire d'une chienne ordinaire, héroïne d'une série qu'Otis – son fils autiste dont le prénom n'a rien à voir avec son trouble, mais avec le chanteur afro-américain Otis Redding – affectionne particulièrement. Que nous raconte-t-elle d'autre cette histoire de chienne, qui, d'épisode en épisode, erre jusqu'à retrouver en toute fin son chiot et éprouver l'indicible plaisir d'aboyer avec lui ?…       <br />
              <br />
       … si ce n'est l'écho réifié d'Hécube, métamorphosée en chienne – cf. sa statue monumentale dévoilée sur le plateau – et aboyant ad vitam æternam après s'être vengée du traître Polymestor en crevant avec des aiguilles les yeux de l'assassin de son fils aimé. Au théâtre, tout fait signe, et le metteur en scène nous le rappelle magistralement au détour de son écriture.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421346.jpg?v=1720190016" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Dans la mise en cause du personnel de la maison d'accueil, le Chœur – toujours à l'avant-scène de la pièce – commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Nadia n'est plus Hécube, mais joue son rôle de mère. Elle découvre le labyrinthe où sa vie se confond avec celle d'Hécube&quot;</span>. Nous suivrons &quot;en direct&quot; les péripéties de cet avant-procès où éclateront au grand jour, outre la perversité du tortionnaire incriminé, la pleutrerie scandaleuse des plus hauts dirigeants incapables d'assumer leurs manquements, plus encore coupables que les employés de terrain, dépassés par des conditions de travail impossibles.       <br />
              <br />
       Au terme de ces deux heures intenses de représentation du théâtre dans le théâtre, nous ressortons… comme éblouis. Éblouis par ces deux mères courages, ravagées par la douleur et mues par la fureur vengeresse réparatrice. Éblouis par le jeu des actrices et acteurs de la Comédie-Française (Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi) rivalisant de force tranquille pour incarner les différents rôles, passant allègrement d'un lieu et d'une époque à l'autre. Éblouis par l'intelligence (et l'humour !) de l'écriture de Tiago Rodrigues, chantre d'un humanisme décapant. Enfin, encore et toujours, éblouis par le cadre de la Carrière de Boulbon, offrant en toute générosité son &quot;écho&quot; aux tragédies humaines.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 2 juillet 2024 dans la Carrière de Boulbon dans le cadre du Festival d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hécube, pas Hécube"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421347.jpg?v=1720190040" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes (français).       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec les interprètes de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi.       <br />
       Scénographie : Fernando Ribeiro.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Musique et son : Pedro Costa.       <br />
       Collaboration artistique : Sophie Bricaire.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       &quot;Hécube, pas Hécube&quot; de Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes, est publié aux Éditions Les Solitaires intempestifs (juillet 2024).       <br />
       Avec des extraits de &quot;Hécube&quot; d'Euripide, traduction Marie Delcourt-Curvers, publié aux Éditions Gallimard.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421348.jpg?v=1720190065" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 28 mai au 21 juillet 2025.</span>       <br />
       Lundi au samedi à 20 h 30, dimanche à 14 h.       <br />
       Comédie-Française, Salle Richelieu, Place Colette, Paris 1er.       <br />
       Réservations : 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Hecube-pas-Hecube-L-artiste-et-son-double-une-histoire-flamboyante-de-meres-douleurs_a4204.html" />
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   <title>"Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…</title>
   <updated>2024-09-27T12:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mothers-A-Song-for-Wartime-Les-voix-chantees-plus-fortes-que-le-bruit-des-chars_a4051.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83079134-59531858.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-09-27T11:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On voudrait tellement y croire… Et à entendre résonner les voix de ces ukrainiennes, biélorusses et polonaises, unies par la même détermination combative, on est gagnés par leur émotion… qui devient nôtre. En effet, comment pouvoir résister à ces chants véhiculant, sur des musiques traditionnelles, tant la beauté innocente du monde que l'effroi provoqué aujourd'hui par les viols promus au rang d'arme de guerre ? Résister c'est exister. Et si sombre est le propos, il est éclairé par la fabuleuse énergie de ces "guérillères ordinaires" ne cédant devant rien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531855.jpg?v=1720861963" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par un rêve ayant traversé les temps… Un rêve doux, celui porté par un chant apaisant pour temps de guerre. Un rêve naïf – mais essentiel – mettant en scène un petit oiseau apportant, avec la venue du printemps, l'espoir. Faisant corps entre elles, propulsant à leur tête une petite fille pétillante de vie faisant figure de proue, elles avancent et reculent au rythme d'une vague pérenne qu'aucune force, fût-elle armée, ne pourra arrêter. Mais les vagues, même les plus tranquilles d'entre elles, ont aussi pour effet d'effacer les traces inscrites dans le sable. Le flux et le reflux de la mémoire humaine ne fonctionnent pas autrement, ils effacent toutes traces d'horreurs &quot;impensables&quot;. Ainsi en est-il de l'amnésie, symptôme post-traumatique des temps guerriers.       <br />
              <br />
       &quot;Sur la paix&quot;, projeté sur la façade monumentale du Palais, ouvre le temps du partage, celui du chant de beignets traditionnels, celui des douceurs à déguster en toute fraternité, en dansant, s'embrassant. &quot;Sur la violence&quot;, lui succède apportant dans les plis de ses paroles la souffrance d'une enfant implorant sa mère de la sauver. Un cri déchirant, avec en contrepoint une berceuse enfantine contrastant avec l'extrême violence vécue. &quot;Sur le viol&quot; intensifie encore l'horreur en rappelant que le viol concerne essentiellement les femmes, mais aussi les hommes, n'épargnant aucun âge. De un à quatre-vingt-cinq ans, comme le révèlent les consultations gratuites mises en place pour recueillir la parole des victimes de la soldatesque russe, ayant banalisé la pratique du viol pour démultiplier la souffrance en l'étendant à la vie entière de la victime. Les chorégraphies désarticulées et vindicatives du chœur des femmes &quot;parlent&quot; alors autant de la douleur qui les submerge que de leur colère de combattantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531856.jpg?v=1720862011" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Et l'Europe dans tout ça ? Scandale qu'elle soit si éloignée de l'Ukraine. Déclaration d'amour proclamée par le chœur, <span style="font-style:italic">&quot;l'amour est plus fort que la mort&quot;</span>. Et la révolte plus importante que la passivité face au malheur, <span style="font-style:italic">&quot;Le rôle des pleureuses sur des os ne nous suffit plus. Notre chant ne s'arrêtera pas&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Viendra l'heure des &quot;Mothers monologues&quot;, chacune énonçant son prénom et la ville d'Ukraine qu'elle a dû fuir, Kyiv, Soumy, Irpin, Kharkiv… Elle fera part ensuite de ses goûts ordinaires, de ce qui la constitue comme être de désirs, un sujet pleinement vivant que les atrocités guerrières n'ont pas réussi à détruire… Même si elles savent, ces femmes, que la guerre survivra en elles à la paix.       <br />
              <br />
       Moments sensibles portés par ces chants chorégraphiés à la force expressive amplifiée par la solennité des lieux. Moments partagés avec les spectateurs faisant communauté avec ces héroïnes ordinaires n'ayant rien rabattu de leurs aspirations… Et même si, l'émotion (réelle) ressentie dans ce haut lieu de La Cour d'Honneur résonnant des bruits et fureurs de représentations mythiques se dissipera (peut-être pas, allez savoir…) au premier mistral venu, cette forme chorale est de nature à réveiller notre assoupissement chronique… pour hisser notre légitime indignation à la hauteur de l'énergie déployée par ces guérillères exemplaires.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 10 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mothers, A Song for Wartime"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531857.jpg?v=1720862046" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Marta Górnicka.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Maria Wierzbicka, Bazhena Shamovich.       <br />
       Avec : Liza Kozlova, Palina Dabravoĺskaja, Svitlana Onischak, Kateryna Taran, Svitlana Berestovska, Vidana Blonska, Sasha Cherkas, Yuliia Ridna, Natalia Mazur, Aleksandra Sroka, Katarzyna Jaźnicka, Bohdana Zazhytska, Anastasiia Kulinich, Hanna Mykhailova, Katerina Aleinikova, Elena Zui-Voitekhovskaya, Kamila Michalska, Maria Robaszkiewicz, Polina Shkliar, Ewa Konstanciak, Volha Kalakoltsava.       <br />
       Livret : Marta Górnicka et ensemble (ukrainiens, biélorusses, polonais).       <br />
       Musique : Marta Górnicka.       <br />
       Dramaturgie : Olga Byrska, Maria Jasińska.       <br />
       Scénographie : Robert Rumas.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Maria Bijak.       <br />
       Chorégraphie : Evelin Facchini.       <br />
       Lumière : Artur Sienicki.       <br />
       Vidéo : Michał Jankowski.       <br />
       Costumes : Joanna Załęska.       <br />
       Collaboration musicale : Wojciech Frycz.       <br />
       Coaching vocal : Joanna Piech-Sławecka.       <br />
       Conseil d'ethnomusicologie urkainienne : Anna Ohrimchuk.       <br />
       Conseil sur les jeux d'enfants ukrainiens : Venera Ibragimova.       <br />
       Traduction pour le livret : Cecile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Cécile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531858.jpg?v=1720862072" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 15 au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h 30, samedi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8ᵉ, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       24 et 25 octobre 2024 : Festival Contre-Sens, TNP, Villeurbanne (69).       <br />
       2 novembre 2024 : Maxim Gorki Theater, Berlin (Allemagne).       <br />
       7 novembre 2024 : Euro-scene Leipzig Theatre Festival, Leipzig (Allemagne).       <br />
       18 novembre 2024 : The National Festival of Directing Art Interpretations, Katowice (Pologne).       <br />
       30 novembre et 1ᵉʳ décembre 2024 : Théâtre Powszechny, Varsovie (Pologne).       <br />
       6, 7 et 12 décembre 2024 : Festival International Divine Comedy, Cracovie (Pologne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531859.jpg?v=1720863590" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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