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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T16:31:37+02:00</updated>
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   <title>"Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles</title>
   <updated>2022-06-27T21:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avant-la-France-Rien-Une-vie-d-exils-plongee-intimiste-a-resonances-universelles_a3312.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-06-28T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En novembre 2019, Anne-Cécile Paredes présentait dans "Asile" l'itinéraire d'une exilée à la révolte enracinée. Un parcours - le sien - ayant conduit la petite Péruvienne de cinq ans en France, "terre d'accueil". Elle reprend ici sa proposition dans un dispositif simplifié, décapant le vernis "spectaculaire" pour mieux libérer le vibrato de ce récit "exemplaire". Sans rien rabattre de la force de son témoignage, cette forme délibérément intimiste porte à son incandescence l'exil, celui qui dérive des traversées liquides mais aussi celui que la pauvreté inclut.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812307.jpg?v=1656357877" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Comme certains portent à son faîte le chagrin des départs, accompagnée de deux artistes - Johann collecte la voix des autres, Sophie tisse et brode, les trois formant &quot;le gang des Invisibles&quot; -, Anne-Cécile se livre corps et âme, portant jusqu'à nous les &quot;biographies des traversées&quot;, celles qui résonnent comme le cri universel des peuples ballotés par l'Histoire n'ayant que faire des pauvres gens. Des écheveaux de laine colorés, une lampe de bureau éclairant les éléments miniatures d'une existence à recomposer, des documents d'archives projetés, une musique captant les vibrations, une complice se muant en figure péruvienne haute en couleurs, autant d'éléments étayant sa parole, tantôt troublante, tantôt mordante.       <br />
              <br />
       L'adresse au public fixe d'emblée les enjeux de la performance… Loin d'un quelconque épisode de téléréalité préfabriquée de toutes pièces, la parole du témoin est conçue comme un levier pour déloger l'apriori, créer des réciprocités, une parole intime aspirant au statut de parole collective, voire devenir parole politique. Ainsi, en ouverture, l'artiste porte la parole édifiante d'un jeune Peul, originaire de Guinée-Conakry, ayant contre toute attente obtenu une réponse positive à sa demande d'asile, mais qui devra renoncer à poursuivre ses études de sociologie sur la terre d'accueil… il a perdu ses dossiers dans l'embarcation de fortune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812308.jpg?v=1656357928" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Le vif du sujet restant son parcours à elle, née plusieurs fois. Si la première naissance, la biologique, eut lieu à Lima, sa mémoire ne garde - apparemment - aucune trace de sa très jeune existence vécue dans la Capitale du Pérou. Sauf peut-être, buttes-témoins d'un passé refoulé, ce petit sac en cuir porté en bandoulière, contenant des mouchoirs colorés à odeur de lavande, cette boîte à musique miniature... &quot;Ça fonctionne ainsi la mémoire&quot;, par fragments de discours ancien faisant irruption dans le présent.       <br />
              <br />
       À son arrivée en France, sa deuxième naissance, l'apprentissage en grande section de la langue &quot;étrangère&quot;, le français, destinée à recouvrir sa langue maternelle. La violence du processus d'acculturation décuplée par l'omniprésence des crucifix terrifiants et les baisers humides des bonnes sœurs. Heureusement, il y avait la télé qui trônait… et les barquettes de Nutella, les plaisirs et les jours défilant semblables à eux-mêmes. Il y eut ensuite le Collège et la galerie marchande du Casino, promesse de la consommation à portée de main se dérobant dès son approche. La pauvreté s'affichant au travers de détails, le vin des carafes non terminées que sa mère engloutissait. Et puis, sa petite robe verte à pois blancs et son serre-tête que sa complice épingle en fond de scène, comme on assemble les pièces éparses d'un puzzle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812352.jpg?v=1656357992" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Fille de Républicains espagnols fuyant le franquisme, sa mère aussi avait connu les chemins hasardeux de l'exil, la répétition intergénérationnelle du même. Lui revient le rappel discriminant de ses origines par la dure loi de l'école très &quot;primaire&quot;… Tenter très tôt de jouer avec les représentations pour infiltrer le camp adverse devient la stratégie salvatrice du gang des invisibles… Même si le numéro 99 attaché à son matricule de sécurité sociale est là pour lui rappeler que, nationalité française acquise, elle restera à tout jamais &quot;l'étrangère&quot;.       <br />
              <br />
       Marquant sa troisième naissance, le désir de dénouer les liens qui la tiraillent, de renouer avec un passé qui - décidément - ne passe pas. Cela prend la forme de ce voyage aux sources entrepris à ses dix-neuf ans… L'odeur entêtante de la ville oubliée et les saveurs présentes de la cuisine péruvienne, si elles lui apportent une bouffée d'air régénérant, ne peuvent à elles seules combler une béance de quatorze années désertées. Il faudra - et là des images &quot;rétroprojetées&quot; défilent sur un écran dans un fondu enchainé de noir et de couleurs - ce pèlerinage à haut risque dans l'île d'El Frontón, là où, le 18 juin 86, les prisonniers du Sentier Lumineux (dont son père) furent liquidés sans autre forme de procès, pour que le passé recomposé &quot;revive&quot;. L'héritage est un flux qui déferle, l'affronter est une épreuve constituante.       <br />
              <br />
       Le sol se recouvre d'écheveaux de laine colorée comme autant de fils à retisser. Sa complice s'y attelle avec une détermination imperturbable, s'en recouvrant comme d'une seconde peau la métamorphosant en figure truculente de carnaval. Et tandis que cette dernière danse frénétiquement, rien ne semblant pouvoir enrayer son mouvement, la porte-parole des exilés se saisit du micro… Sortie de sa nuit, la colère saine et libératrice éclate au rythme d'une musique &quot;déchaînée&quot;. L'armée des invisibles - exilés migratoires rejoignant exilés de classe avec lesquels immanquablement ils se fondent -  fait entendre le cri du peuple recouvrant sa dignité trop longtemps confisquée. Et nous, témoins oculaires de ce drame en marche, sommes secoués par ces vibrations rageuses à forte résonance humaine.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 16 juin 2022, au Centre d'animation Saint-Michel de Bordeaux, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Avant la France, Rien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812370.jpg?v=1656358029" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne-Cécile Paredes.       <br />
       Mise en scène : Cie Ola.       <br />
       Création sonore : Johann Mazé.       <br />
       Création costume : Sophie Fougy.       <br />
       Création lumière : Éric Blosse.       <br />
       Regard extérieur : Laurence Poueyto.       <br />
       Regard extérieur chorégraphique : Julie Lefèbvre.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public       <br />
       A eu lieu du 8 au 18 juin 2022.</b>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable</title>
   <updated>2022-06-25T09:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Villeuneuve-en-Scene-2022-Heroine-Les-yeux-de-bandes-de-la-Justice-immersion-en-milieu-justiciable_a3301.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
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   <published>2022-06-23T07:20:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'héroïne, dans ce puzzle des juridictions appelées à juger les délits, est… une avocate. La metteuse en scène, Périne Faivre, l'a choisie comme on élit une amie de cœur. Pendant plus d'un an, à raison d'une semaine par mois, elle l'a accompagnée dans les différents tribunaux où elle avait affaire, découvrant ainsi "de l'intérieur" ce qui se jouait entre ces murs imposants. Carnet de bord en mains, accompagnée d'une troupe de complices, elle va donner à voir - comme dans un kaléidoscope géant - des fragments de (dis)cours judiciaires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758699.jpg?v=1655923661" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      Quatre heures et demie durant, sur le parvis de l'abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux où des bancs (de justice) avaient été disposés, les visiteurs (ainsi dénomme-t-on les spectateurs de salles d'audience) expérimenteront in vivo la vie &quot;ordinaire&quot; de ces lieux de justice marqués par un va-et-vient incessant, un brouhaha étourdissant. Dans un décor à ciel ouvert, afin que la justice des Hommes soit dite et entendue par tout un chacun, les cris et chuchotements inscrits à l'ordre des jours se succèderont à un rythme soutenu, croquis de justice à l'appui, programme entrecoupé de pauses dansées convoquant la force expressive du Krump.       <br />
              <br />
       Si le projet mis en acte atteint sans conteste l'objectif annoncé en ouverture de séance - rendre compte au plus près de l'effervescence judiciaire et de l'implication humaine de celles et ceux qui la servent -, la dramatisation artistique n'étant pas une préoccupation première, le &quot;spectacle&quot; pourrait paraître un peu répétitif… Mais comment pouvoir éviter la répétition quand on sait qu'elle est au centre même des affaires traitées, avec son triangle immuable de participants éconduits (migrants - manifestants - délinquants), peuple élu des tribunaux réservant une place de choix aux démunis…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758707.jpg?v=1655923694" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, le vrai faux Tribunal, réuni ce soir dans le cadre du Festival des arts et de la parole &quot;Chahuts&quot;, recrée, incarnées à vue par onze acteurs et actrices, les minutes de scènes singulières ayant valeur d'instantanés à valeur symbolique… Du dealer récidiviste des cages d'escalier, jeune des cités populaires victime lui-même de l'exclusion et bénéficiant des minima sociaux (ainsi que d'une avocate convaincante), Périne Faivre apprend qu'une bonne plaidoirie ne fait pas nécessairement le verdict, pas plus que le Procureur ne fait le jugement.       <br />
              <br />
       Un autre jour, aux Affaires familiales, au milieu des engueulades de couples en furie et d'un autre s'embrassant à pleine bouche, une femme sombre dans le déni des violences de son conjoint, répétant inlassablement en boucle : <span style="font-style:italic">&quot;Mes enfants, je les protège&quot;</span>. Étonnement de voir les avocats feindre d'accepter la version donnée, le désir de la plaignante apparaissant alors plus fort à leurs yeux que les raisons de la Justice des Hommes. Au Tribunal pour Enfants, un ado de quinze ans et sa mère en pleine guerre intrafamiliale, elle demande que l'on lui retire ce fils ingérable. Entre eux, une éducatrice tente de rétablir le lien…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758743.jpg?v=1655923726" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      Accompagnés alors d'un accordéon, une danseuse et un danseur de Krump - cette danse non violente des quartiers pauvres de Los Angeles, exprimant au-delà de la rage des visages le désir de jouissance - se lancent dans un battle épique, faisant baisser pour un temps la pression. Nouvelle audience, celle de la Chambre d'Instruction. Un homme, ayant écopé de trente ans pour assassinat de sa femme retrouvée dans un bain de sang, fait appel du jugement. Une femme jurée - devenue depuis son épouse - témoigne, visage extatique, de la fascination qu'elle éprouve pour celui qui aurait dû être acquitté… si ce n'avait été un Président retournant comme une crêpe les jurés. À quoi tient la liberté d'un prévenu ?       <br />
              <br />
       Au Tribunal Administratif, défendue par une avocate anarchiste venant plaider à vélo et en baskets, comparaît un jeune-homme originaire d'Afrique. Le juge doit statuer sur la décision du préfet ordonnant sa reconduite dans son pays d'origine pour absence de titre de séjour. La terreur passe dans ses yeux à chaque fois que le mot &quot;Soudan&quot; est prononcé par le juge. Mais, si poli soit le prévenu, sa demande est rejetée sans qu'apparemment il en saisisse la portée… De même, trois autres prévenus dans une cellule, l'un demandant avec insistance la permission de se rendre aux toilettes. Refus catégorique des policiers en faction. La vie des hommes suspendus au bon vouloir de ceux qui représentent la Loi. À qui revient la faute ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758751.jpg?v=1655923761" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      Scènes de la vie judiciaire se juxtaposant les unes aux autres, entrecoupées de battles saisissants comme ceux des avocats prêtant serment ou de tableaux vivants à valeur plus récréative. Parmi les spectacles offerts par cette cour &quot;des miracles&quot;, on citera encore cette mère venant chercher de l'aide auprès d'une avocate, des policiers ayant refusé de prendre sa plainte contre son ex (policier) coupable d'attouchements sexuels sur leurs filles. Ou bien encore cette manifestante Gilet Jaune criant qu'elle a trouvé sur un rond-point - son rond-point ! - le droit à la parole qui lui avait de toujours été confisqué ; alors elle supplie le juge de ne pas la frapper… d'interdiction de manifester, sa vie tout entière en dépend.       <br />
              <br />
       Grandeurs et misères des justiciables, dévouement avéré des serviteurs de justice, tout ce monde défile à la barre dans une agitation à la hauteur des enjeux et, sans conteste, représentative du perçu engrangé par la metteuse en scène de cette &quot;justice-réalité&quot;. Cependant, malgré l'intérêt de cette longue  immersion en milieu tempéré par un regard que l'on sent d'emblée bienveillant, on reste un peu sur sa faim… En effet, la multiplication des scènes de justice, si pertinentes soient-elles, se fait au détriment d'un questionnement qui vient à manquer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758761.jpg?v=1655923797" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      La justice des hommes pourrait-elle échapper à l'ordre de la société qui la crédite ? N'est-elle pas avant tout l'outil rendu nécessaire au maintien d'équilibres sociétaux qui eux n'ont pas toujours à voir avec la pure équité ? L'empathie de la metteuse en scène pour son objet d'étude est palpable… jusqu'à, peut-être, lui bander insensiblement les yeux.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 14 juin 2022, place Renaudel à Bordeaux, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin 2022, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Héroïne, une épopée au cœur d'un tribunal"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65574984-46758823.jpg?v=1655924435" alt="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" title="•Villeuneuve en Scène 2022• "Héroïne" Les yeux (dé)bandés de la Justice… immersion en milieu justiciable" />
     </div>
     <div>
      Texte : Périne Faivre.       <br />
       Mise en scène : Périne Faivre.       <br />
       Composition, scénographie, construction : Renaud Grémillon.       <br />
       Collaboration artistique, Nicolas Fayol.       <br />
       De et avec : Kevin Adjovi-Boco (danseur krump, comédien), Antoine Amblard (comédien), Caroline Cano (comédienne), Sophia Chebchoub (comédienne), Périne Faivre (comédienne), Renaud Grémillon (musicien, comédien), Florie Guerrero Abras (comédienne), Daiana Migale (danseuse krump, comédienne), Moreno (performeur plastique, comédien), Maril Van Den Broek (comédienne).       <br />
       Régie son, construction : Jule Vidal.       <br />
       Costumes : Anaïs Clarté.       <br />
       Sound designer : Yoann Coste.       <br />
       Experte sur l'écriture en lien avec le monde judiciaire : Laure Dilly-Pillet.       <br />
       Assistante création : Florie Guerrero Abras.       <br />
       Collaboratrice à l'écriture : Caroline Cano.       <br />
       Par Les Arts Oseurs.       <br />
       Durée : 4 h (avec entracte).       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Villeuneuve en Scène 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 21 Juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h (relâche les 15 et 18 juillet).       <br />
       École Montolivet, Villeneuve-lès-Avignon (30).       <br />
       <a class="link" href="http://www.festivalvilleneuveenscene.com/" target="_blank">&gt;&gt; festivalvilleneuveenscene</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 et 3 juillet 2022 :</span> Pronomades en Haute-Garonne, Centre national des arts de la rue et de l'espace public (Cnarep), Encausse-les-Thermes (31).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 juillet 2022 au 21 juillet 2022 :</span> Festival Villeneuve en Scène, Villeneuve-lez-Avignon (30).       <br />
       29 et 30 juillet 2022 : Spectacles de Grands Chemins en Haute-Ariège, Ax-les-Thermes (09).       <br />
       17, 18 et 19 août 2022 : Festival international de théâtre de rue, Cnarep Le Parapluie, Aurillac (15).       <br />
       15 septembre 2022 : Cnarep Le Moulin Fondu et ART'R, Garges-lès-Gonesse (95).       <br />
       23, 24 et 25 septembre 2022 : Cnarep Quelques p'Arts..., Annonay (07).       <br />
       15 octobre 2022 : Les Maynats, Pouzac (65).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Villeuneuve-en-Scene-2022-Heroine-Les-yeux-de-bandes-de-la-Justice-immersion-en-milieu-justiciable_a3301.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville</title>
   <updated>2022-06-20T15:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/B-Mon-amour-Entre-fictions-et-realites-voyage-au-bout-de-la-ville_a3294.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65511500-46724356.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-20T10:04:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si, dans "Hiroshima mon amour", Alain Resnais (pour les images) et Marguerite Duras (pour le scénario) contaient une fiction propre à lier l'amour et la mort réelle dans la même Histoire filmée, le Collectif Monts et Merveilles nous embarque corps et âme dans un petit train "touristique" sillonnant les quartiers Saint-Michel, Bercier et Carles Vernet, à la rencontre d'un Bordeaux transfiguré, défiguré… Avec là encore pour fil rouge une histoire d'amour "pré-texte" à la traversée du temps, le paysage urbain s'anime de tableaux vivants aussi saisissants artistiquement que percutants d'un point de vue anthropologique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724356.jpg?v=1655713751" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Casque audio rivé aux oreilles, chaque passager de ce train retour dans le passé - conduisant vers un présent sans retour possible - découvre la ville peuplée de scènes interprétées par deux acteurs, accompagnés de danseurs, auxquels, par effraction, s'invitent parfois des figurants improvisés. L'histoire - mâtinée de néo-romantisme et de naturalisme - commence au moment où lui, &quot;le fils conducteur&quot;, se souvient du quartier du Marché des Capucins des années trente, là où tout jeune il baignait dans cette atmosphère foisonnante ; &quot;ça buvait, ça se bagarrait fort&quot; mais la vie était là, palpitante. Ses parents avaient fui le franquisme et, comme beaucoup de républicains, ils s'étaient réfugiés ici dans ce quartier de Bordeaux rebaptisé &quot;La Petite Espagne&quot;.       <br />
              <br />
       Paco et Louise, magnifiques dans leurs vêtements rouges se détachant sur la pierre blonde (ou noire) des bâtiments. Une histoire d'amour passionnel dont il est le fruit. Une histoire de feu et de sang s'inscrivant dans la grande Histoire, celle de la réquisition par les Allemands occupants des jeunes hommes employés à la construction des bunkers de la base sous-marine, au nord de Bordeaux, engloutissant nombre d'ouvriers, enivrés pour pouvoir tenir jusqu'à épuisement, titubant, avant de disparaître dans le béton qu'ils coulaient. Les drapeaux hitlériens humiliants, les arrestations et exécutions sommaires en réponse au débarquement allié. Mais aussi, leur bel amour et les lettres déchirantes qu'ils s'échangeaient…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724408.jpg?v=1655713872" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Archives personnelles confiées par les habitants du quartier, réécrites pour faire spectacle à partir d'histoires vraies. Scène vivante &quot;tournée au ralenti&quot; de l'enterrement du frère abattu par les Nazis, cortège d'endeuillés tout de noir vêtus, précédé de Paco et Louise aux tenues d'un rouge éclatant, elle la tête couverte d'un châle noir, se détachant sur le parvis immaculé de La Méca. Groupe de danseuses et danseurs dessinant l'espace urbain, surgissant le long du trajet. Arrachés à notre présent, nous devenons spectateurs d'un film en trois dimensions.       <br />
              <br />
       Arrêt des wagons place Ferdinand Buisson, là où se réunissaient les habitants dans les années soixante-dix. Chacun y jouait son rôle, les prostituées surveillaient les enfants alors que les mères étaient occupées ailleurs. On y faisait la fête pour oublier les fumées toxiques de la fonderie faisant vivre (et mourir) les ouvriers. Présentement, une jeune femme apparaît, casque aux oreilles, elle se démène fougueusement sur l'air de &quot;Alors on danse&quot; de Stromae, chanson aussi belle que sans illusion. La fête pour fuir le réel en s'étourdissant. Réalité et fiction confondues dans le même espace-temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728354.jpg?v=1655730538" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Le train s'enfonce alors dans les entrailles du quartier Belcier - immense chantier à cœur ouvert - lequel, depuis les années quatre-vingt-dix, a vu ses manufactures et usines une à une se fermer, le chômage apparaître à sa suite et les habitants disparaître, contraints de laisser leur place à une population plus favorisée. Des exclus fantômes, une valise à chaque main, apparaissent le long des lignes du tramway design. Des murs de maisons récemment écroulées sous les coups de boutoir des excavateurs dévoilent des pans d'existences délogées. Les surplombant de leur arrogance décomplexée, des tours géantes, symboles du progrès en marche, &quot;accueillent&quot; des appartements sans âme, mais avec baie vitrée.       <br />
              <br />
       Destin commun des territoires &quot;à requalifier&quot;, la prose officielle accompagnant la restructuration du quartier revient en mémoire… Des éléments de langage parfaitement rodés - <span style="font-style:italic">&quot;Engagé dans l'opération d'intérêt national Euratlantique, Belcier promet de devenir un quartier incontournable avec son centre d'affaires, ses équipements culturels et ses nouvelles manières d'habiter. Son passé industriel et ouvrier se laisse encore deviner au détour d'une rue&quot;</span> - sont mis à mal par le réel tonitruant. Face à ces habitats glaçants, construits sur les ruines d'un quartier vivant, les paroles de Léo Ferré trouent le silence de mon casque un instant débranché : <span style="font-style:italic">&quot;Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Tout est affaire de décor…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728359.jpg?v=1655730569" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Sur fond de cette ville mutante, terrain de jeux des architectes rivalisant dans une compétition effrénée, la saga humaine de Louise et Paco - figures devenues familières - traverse les époques. Après le temps des amours, vient celui des crises et des ruptures. Ainsi passe la vie prise dans un mouvement échappant pour beaucoup aux protagonistes. Celui qui avait refusé la guerre, mais avait passé son temps dans les abattoirs - abattus depuis et remplacés par le Min de Brienne, Marché de Gros de Bordeaux - à tuer des animaux hurlant d'effroi, portant sur lui l'odeur insupportable de la mort, n'est plus apte à enchanter l'amour.       <br />
               <br />
       Quai de Paludate, à quelques encablures des anciens abattoirs où Paco naguère s'échinait, s'élève maintenant La Méca (Maison de l'économie créative et de la culture) et son monumental bâtiment hors norme de trente-sept mètres de hauteur. Apparaissent alors, sur les marches immaculées, coiffés de têtes d'animaux (ceux des abattoirs disparus…), les nouveaux arrivants que la LGV déverse quotidiennement. Les &quot;paysages visages&quot; ont décidément changé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728361.jpg?v=1655730609" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Ainsi accompagnée par l'histoire recomposée de Paco et Louise, &quot;B&quot; se dévoile-t-elle à nos regards, attendris… et critiques. Cette traversée du temps, ponctuée de tableaux vivants, soutenue par une bande sonore mixant à l'envi des extraits de films mythiques (&quot;Out of Africa&quot;, &quot;Les Parapluies de Cherbourg&quot;, &quot;Un homme et une femme&quot;, &quot;In the mood for love&quot;, etc.) à une histoire singulière, réunit les ingrédients d'un rêve éveillé propre à enchanter le réel… tout en le questionnant, sans nostalgie aucune.       <br />
              <br />
       <b>Départ du road-movie au marché des Douves de Bordeaux, vu le samedi 11 juin 2022, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin 2022, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"B. Mon amour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728362.jpg?v=1655730650" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Création originale, conception réalisation : Collectif Monts et Merveilles et ses complices       <br />
       Avec, Nolwenn Leclerc (Louise), Jonathan Macias (Paco), des habitants(es) et des complices.       <br />
       Les images dans la ville : Serge Barets, Venise Bernard, Élie Bordron, Mélody Césaire, Sonia Chassagne, Yolande Detez, Romain Farré, Lison Latournerie, Louise Meyer, Gaëlle Panel, Carole Papin, Jean-Luc Pozzo, Alice Rivière, Pauline Visentin, Séverine Zabré.       <br />
       Les moments chorégraphiés : Virginie Biraud, Amandine Da Costa et Columba del Corso de la Compagnie Tchaka, les danseuses de Clafoutis&amp;Cie.       <br />
       Avec les voix de : Bénédicte Chevallereau, Emmanuel Labails, Sébastien Sampietro.       <br />
       Collage sonore et mixage : Esther Cée.       <br />
       Montage sonore et technique : Emmanuel Labails.       <br />
       Regard extérieur : Caroline Melon.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public       <br />
       A eu lieu du 8 au 18 juin 2022.</b>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/B-Mon-amour-Entre-fictions-et-realites-voyage-au-bout-de-la-ville_a3294.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier</title>
   <updated>2022-06-15T21:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/De-l-une-a-l-hote-Une-chaise-pour-deux-concerto-en-sol-in-hospitalier_a3293.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65420891-46684530.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-16T07:20:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si, dans "Une chambre à soi", la romancière Virginia Woolf délivrait un pamphlet féministe pour dénoncer avec finesse la lourdeur épaisse du patriarcat, la comédienne Violaine Schwartz et l'acrobate Victoria Belén, offrent une chorégraphie parlée toute aussi subtile pour porter, sur une scène mise à nu, les actes de l'(in)hospitalité vécue. Autour d'une chaise, territoire stratégique, vont se jouer les figures vivantes d'une épopée à hauteur humaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65420891-46684530.jpg?v=1655319472" alt=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" title=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" />
     </div>
     <div>
      À partir de recueils de paroles anonymes mettant en jeu des actes de solidarité commis par des gens ordinaires - témoignages ayant vocation à <span style="font-style:italic">&quot;inscrire l'hospitalité au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO&quot;</span> - les deux artistes vont livrer une danse avec les mots où le langage prend corps. Rencontre entre plusieurs univers (l'écriture ordinaire, l'écriture  savante, l'écriture corporelle) et plusieurs registres (l'humour sensible, le tragique quotidien), cette performance engagée nous enveloppe de ses vertus communicatives.       <br />
              <br />
       Comme pour inscrire dans la vie du plateau l'ordinaire solidaire, tout débute par la lecture du témoignage d'une commerçante offrant à un jeune Afghan une paire de chaussures. Dès lors, mettant leurs pas dans cette générosité en acte, elles vont parcourir la saga du sujet à vif… pour que &quot;(re)vive le sujet !&quot;. Rupture de ton… Adoptant les mimiques d'une conférencière délivrant son savoir ex-cathedra du haut de sa chaire, la comédienne, fort de l'autorité que lui confère sa position assise sur l'unique chaise pour deux, se lance à cor(ps) et à cri dans des digressions autour de l'ubiquité troublante du mot &quot;hôte&quot;…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65420891-46684531.jpg?v=1655319505" alt=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" title=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, ses sources savantes la conduisent à évoquer les racines latines &quot;hospes, hospitis&quot; de ce terme à double casquette, &quot;réversible comme un Kway&quot; : celui qui offre l'hospitalité mais tout autant celui qui la reçoit… Creusant ce sillon, elle interroge la question de l'hospitalité en convoquant malicieusement la philosophie. Justement, dans son fameux séminaire, Jacques Derrida traite de l'hospitalité… mais aussi de l'hostilité (&quot;hostis&quot;, l'ennemi), dérive du premier mot caméléon avec lequel il entretient des origines consanguines… De l'hôte à l'étranger ressenti comme potentiellement hostile, de l'un à l'autre, il n'y a donc qu'un pas à franchir pour relier les deux rives de cette entité protéiforme.       <br />
              <br />
       Mais foin de l'esprit de sérieux - même si la matière l'est infiniment - dans cette approche &quot;racinienne&quot; de l'hospitalité tant la circassienne complice accompagne, en contrepoint, le discours savant des prouesses de son corps délié. Mains et jambes tendues servant d'accoudoirs, pieds renversés à la hauteur du visage de sa partenaire, tête à la renverse, le corps se fait langage en usant &quot;des pieds et des mains&quot; pour circonscrire un propos renversant, se dérobant à l'envi au sens qu'il est sensé proférer. Bref, une mise en abyme corporelle d'un concept &quot;hospitalier&quot; rétif aux définitions closes. Si &quot;je est un autre&quot;, l'hospitalité est, elle, à &quot;deux doigts&quot; (sic) de disparaître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65420891-46684558.jpg?v=1655319536" alt=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" title=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" />
     </div>
     <div>
      Des travaux pratiques suivent cette (dé)monstration implacable du &quot;qui reçoit&quot; et du &quot;qui est accueilli&quot; confondus sur la même chaise… C'est maintenant au tour de la circassienne argentine de prendre la parole afin de conter - en espagnol - son parcours à la recherche de la nationalité française. Sauf que, à part le public hispanisant, personne ne comprend goutte à ce qu'elle est en train de nous dire… chacun vivant sur sa chaise le sort de celui qui est exclu par une langue qui n'est pas la sienne. Expérience in vivo de ce qu'est l'exclusion. Lorsque traduction est donnée de cette quête contemporaine du Graal, l'humour aux vertus corrosives grossit (à peine) le trait pour faire jaillir l'absurde du questionnaire préfectoral, sibyllin sésame ouvrant les portes de la naturalisation.       <br />
              <br />
       La dérision - arme efficace contre les préjugés vivaces - se retrouve encore dans le portrait en acte de la professeure de français chargée des cours d'alphabétisation, dame patronnesse peu sujette à l'empathie généreuse. Et quand cette dernière propose (enfin) à la migrante sa chaise, c'est après avoir pris soin de l'amputer de son assise, l'accueil de l'étrange étranger ayant - ma bonne dame - ses limites… Joignant gestes et paroles, le propos chorégraphié progresse jusqu'à une chute ouvrant sur d'autres horizons de partages inconditionnels, une épiphanie à quatre bras résonnant comme un cri d'alerte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65420891-46684610.jpg?v=1655319564" alt=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" title=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" />
     </div>
     <div>
      Dans le droit fil de la performance artistique de haut vol, le public est ensuite invité à lire les extraits de témoignages d'hospitalité distribués sur chaque… chaise. Ainsi, le lien entre scène et salle est-il souligné pour inscrire dans la temporalité de notre vécu ce sujet à vif… afin que &quot;vive le sujet !&quot;. Une bouffée d'oxygène des plus vivifiantes, un air &quot;extra-ordinairement&quot; pur en milieu inhospitalier.       <br />
              <br />
       <b>Vu à La Manufacture-CDCN, le jeudi 9 juin à 20 h dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui se déroule du 8 au 18 juin 2022, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b> Spectacle suivi d'une communication de l'association PEROU (Pôle d'exploration des ressources urbaines) concernant le navire Avenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"De l'une à l'hôte"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65420891-46684612.jpg?v=1655319594" alt=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" title=""De l'une à l'hôte" Une chaise pour deux… concerto en sol (in)hospitalier" />
     </div>
     <div>
      Chaise, récit et acrobatie.       <br />
       Texte : Violaine Schwartz, ainsi que des extraits de &quot;Tout autour. Une œuvre commune&quot;, de PEROU (Pole d'Exploration des Ressources Urbaines), paru chez Post-Éditions.       <br />
       Avec : Victoria Belén et Violaine Schwartz.       <br />
       Collaboration artistique : Pierre Baux.       <br />
       Créateur sonore : Emmanuel Baux.       <br />
       Régie générale : Clément Barillot.       <br />
       Durée : 45 minutes.       <br />
       Spectacle créé en 2021, dans le cadre de &quot;Vive le Sujet !&quot; au Jardin de La Vierge, Festival d'Avignon .       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 18 juin 2022.</span>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/De-l-une-a-l-hote-Une-chaise-pour-deux-concerto-en-sol-in-hospitalier_a3293.html" />
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