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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-13T11:38:48+02:00</updated>
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   <title>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes</title>
   <updated>2026-03-05T11:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Rien-n-a-jamais-empeche-l-histoire-de-bifurquer-Appel-revolutionnaire-poetique-et-acere-pour-la-douceur-du-monde-et_a4492.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-04T18:46:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De cet inédit de Virginie Despentes, la mise en scène d'Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard, en fait une superbe seule-en-scène qu'elle incarne, à la croisée de la musique et de la poésie qui appelle au réveil contre tout extrémisme afin d'opérer une révolution avec douceur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588789.jpg?v=1772560097" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Des projecteurs sur le public cachent la scène avant le démarrage de la représentation. À son entame, les lumières éclairent le plateau où apparaissent, côté jardin, deux musiciens que sont le percussionniste Vincent Le Noan et le violoncelliste et guitariste Rémy Chatton.        <br />
              <br />
       Au centre de la scène, dos au public, est assise derrière un mur blanc détruit, la protagoniste (Anne Conti). Sauf les musiciens, c'est une seule-en-scène. Durant tout le spectacle, le jeu d'Anne Conti est à la fois très physique et très vocal. Elle chante d'une belle voix à trois reprises, accompagnée par le guitariste Rémy Chatton pour l'une d'entre elles.       <br />
              <br />
       Qui est ce personnage ? L'auteure ? La metteure en scène et comédienne ? Nous ? Vous ? Moi ? Toi ? Tout ensemble à la fois, car n'importe qui, du moins hors ceux épousant des idées racistes et extrémistes, peut se reconnaître dans les propos de Virginie Despentes qui se prête volontiers à ce type de spectacle en solo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588796.jpg?v=1772560148" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      La musique propose différents rythmes. Elle apporte une couleur et un accent particuliers en créant plusieurs ambiances qui sont rythmées par les percussions, accompagnées par la guitare qui est souvent mélodique. Elle est une dynamique composée de temps forts et de silences, en décentrant le texte de Virginie Despentes dans une atmosphère et un contexte qui oscillent entre gravité, réflexions et pointes acérées. Ce décentrement le met en exergue aussi bien au travers du chant que d'une oralité à la fois incarnée et sobre. Le large timbre vocal d'Anne Conti crée des inflexions autant déclaratives que confidentielles, autant graves que solennelles. Sa tessiture est comme un baromètre qui aurait prise sur le ciel en le faisant osciller entre pluie et soleil, tonnerre et brise, orage et éclaircie.       <br />
              <br />
       Le buste droit, le corps quelques fois de biais, souvent debout, parfois allongé, la protagoniste est principalement face au public en ayant des moments de réflexion où elle se remémore sa jeunesse, avec ses espoirs et ses envies révolutionnaires. Ciselé dans un verbe fort et rugueux aux envolées lyriques, &quot;Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer&quot; est comme une plage de sable chaud avec ses rochers dans laquelle les tourments politiques viennent briser leurs courants en déposant leurs écumes. De ceux-ci, l'autrice en fait un matériau où elle délivre ses réflexions et un cri d'alerte.       <br />
              <br />
       La symbolique du mur détruit représente un monde dévasté, dont le constat d'échec des politiques amène à devoir le reconstruire. Ce champ de ruines représente avant tout celui du résultat d'idées mortifères du rejet et de la peur de l'autre, du sexisme et du masculinisme, du monde avec sa furie xénophobe et raciste qui sème ses mauvaises graines dans trop de discours et de postures politiques actuels. Bref, l'extrémisme s'habille de ses habits mortuaires, flanqué de ses mocassins, de son col blanc ou de son tailleur, pour donner un semblant urbain et policé à des idées courtes, rances… et marchant à cloche-pied vers une crevasse.       <br />
              <br />
       La protagoniste s'emploie à commencer à reconstruire ce mur en y déposant des bancs de pierre en avant-scène et en y vissant quelques panneaux blancs déchiquetés, étalés au sol, faisant écho au texte salvateur de Virginie Despentes. Anne Conti l'incarne autant vocalement que corporellement. Elle en fait vivre les phrases, les mots, la ponctuation et les silences. Il vit, parle, hurle, sue, respire, tousse, éternue et gronde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588806.jpg?v=1772560343" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      L'inédit de l'écrivaine est puissant dans son propos, dans ses interpellations et dans ses questionnements. Elle l'a écrit et lu lors d'un séminaire le 16 octobre 2020 organisé par le philosophe Paul B. Preciado et intitulé &quot;Corps révolutionnaire&quot;. Cet écrit est une caisse de résonance de ce que nous vivons aujourd'hui. Il combat les violences du capitalisme, du colonialisme, du patriarcat, du racisme et de l'homophobie. L'auteure appelle à une révolution qu'elle souhaiterait douce, douceur qui manque dans l'espace public, et qui n'existe, de ce qu'elle dit, que dans un cadre privé.       <br />
              <br />
       C'est un appel au réveil, à la révolte dans une société dont les repères deviennent de plus en plus extrémistes, c'est-à-dire racistes, où l'étranger, celui qui ne ressemble pas au modèle fantasmé d'être un mâle blanc et &quot;pur&quot; de toute hybridation, est exclu, car, avec une énumération sans priorité, une femme, un homosexuel, une lesbienne, un noir, un arabe, un jaune, un gris, un rouge, un roux, un chauve ou un blanc un peu trop halé ne peuvent exister pour ce qu'ils sont. Bref, un combat long et sans pause à mener sans ambiguïté.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle où la poésie, la musique et le chant se rejoignent pour porter un message de révolte bienvenu et bienheureux contre tout extrémisme. Responsabilité de chacun, que cela advienne au plus vite.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588822.jpg?v=1772560380" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Virginie Despentes       <br />
       Mise en scène et scénographie : Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard.       <br />
       Assistante mise en scène : Isabelle Richard.       <br />
       Avec : Anne Conti, Rémy Chatton (violoncelle, guitare) et Vincent Le Noan (percussions).       <br />
       Conseillère dramaturgique : Géraldine Serbourdin.       <br />
       Création musicale et sonore : Rémy Chatton et Vincent Le Noan.       <br />
       Création peinture et vidéo : Cléo Sarrazin.       <br />
       Création et régie son : Phédric Potier.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Création costumes : Léa Drouault.       <br />
       Constructions : Paul Étienne Voreux.       <br />
       Patines décor : Frédérique Bertrand.       <br />
       Régie Lumière-vidéo : Caroline Carliez.       <br />
       Production : In Extremis.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 10 au 21 février 2026 au Théâtre 14, Paris 14ᵉ .</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 au 19 mars 2026 :</span> Théâtre Garonne, Toulouse (31).       <br />
       26 au 26 mars 2026 : Le Théâtre - Scène nationale, Mâcon (71).       <br />
       5 au 6 mai 2026 : La Passerelle, Saint-Brieuc (22). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588846.jpg?v=1772560601" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux</title>
   <updated>2025-02-13T09:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Looking-for-Jaures--Patrick-Bonnel-tricote-une-banniere-d-espoir-entre-l-icone-d-un-socialisme-du-bonheur-et-nos_a4026.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-02-13T09:48:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cela commence comme une pièce réaliste à la Pinter. Un personnage qui descend à l'aide d'une torche dans une cave, entortillé dans une couverture sans âme, qui se couche en grognant vaguement et qui se met à rêver. Et comme dans certains films de Chaplin, le rêve apparaît à nos yeux, projeté sur le mur inégal de la cave. Gros plan sur un flic qui fait le brief à son équipe pour alpaguer le dangereux Machin qui doit débarquer dans tel aéroport à telle heure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038237.jpg?v=1711725086" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Mais ce n'est pas un rêve, non, mais plutôt un cauchemar. Le cauchemar d'un comédien en train de jouer la scène d'un film de gangster et qui, tout à coup, bafouille, perd son texte, demande à ce qu'on la refasse, se voit soupçonné de ne plus être capable d'apprendre un texte. L'âge… La vieillesse… Le cauchemar…       <br />
               <br />
       Mais on finit par s'en réveiller d'un cauchemar quand ça devient trop flippant. C'est comme ça que le rêve disparaît et que l'homme se lève et commence à fulminer tout seul. Alors, tu arpentes ta cave, vieux comédien. Pas si vieux d'ailleurs, mais un brin dégarni et avec un terreau de culture gigantesque en toi : Racine, Shakespeare, Corneille, des pièces entières dans cette mémoire, des textes à frémir de tous les sens, à tomber, à s'envoler, tu les as là, dans ta mémoire, alors un petit passage stupide et sans intérêt d'un dialogue de polar qui t'échappe, qu'est-ce que ça peut faire, hein ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038238.jpg?v=1711725277" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Je m'excuse soudain de tutoyer ce personnage de comédien que je ne connais pas, ce n'est pas lui faire offense, mais c'est venu comme ça. Un peu comme ce qui lui arrive sur scène au bout de quelques minutes. Ce moment où Jaurès commence à lui parler quand le comédien finit de vilipender les tortueuses injustices de la vie d'artiste et ses casse-tête administratifs. Pour ma défense, je dirais que Jaurès non plus ne connaît pas ce personnage et, pourtant, il commence à lui parler avec son accent de rocaille du Sud-Ouest et un beau timbre de voix grave, bien que lui ne le tutoie pas.       <br />
              <br />
       Jaurès, c'est qui ? Un des fondateurs de la SFIO, un homme de gauche dans toute la noblesse qu'une telle dénomination peut contenir, un farouche adversaire de la guerre de 14-18 qui fut assassiné quelques jours avant le début de celle-ci. Ce ne sont que quelques lignes des faits marquants d'une vie qui fut une lente évolution et d'un orateur impressionnant, capable d'improviser un discours dont les mots coulaient comme d'une source de sincérité, de conviction. Bien que de Droite Opportuniste lorsqu'il devient député, dans le même clan que Jules Ferry aux basses opinions en faveur du colonialisme entre autres, il deviendra, à force de voir de ses propres yeux les conditions de la vie ouvrière, notamment dans le nord, il deviendra vite un adversaire dangereux pour le capitalisme et sa clique de bienfaiteurs de la misère humaine.       <br />
              <br />
       Le dialogue se poursuit ainsi entre le comédien et l'émanation de Jaurès. Ce dernier, lassé sans doute d'être classé aux archives du Panthéon comme antiquité poussiéreuse, pousse ce cher comédien en colère à l'incarner et propager quelques-uns de ses discours historiques. Il le coache en quelque sorte. Le critique un peu. C'est une joute complice, car tous les deux tombent bien d'accord sur l'état détérioré des ambitions politiques du monde dans lequel nous vivons et de la victoire quasi-totale du Grand Capital et des Grandes Religions. Soupir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038239.jpg?v=1711725663" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Ce sont avec des voltiges intérieures, du cœur, de l'esprit et de l'art que Patrick Bonnel parvient à habiter ces deux personnages éloignés de plus d'un siècle. Les discours, les pensées de Jaurès l'aident beaucoup à enjamber ce temps, car ce dont il était question alors, il en est hélas toujours question aujourd'hui et de façon tout aussi tragique. Pourtant, il ne s'agit pas ici, ni pour Jaurès, ni pour Bonnel de donner des leçons, mais de lancer des nuages d'espoirs par-dessus les discours sans rêves qui enterrent notre époque sous les cendres de la peur. Et c'est beaucoup de magie, beaucoup de cris ravalés, beaucoup de l'art du comédien qui font que le récit palpite comme un cœur ardent, amoureux d'une humanité toujours en peine d'elle-même, et qui fait de ce seul en scène un moment de source de vie bénéfique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Looking for Jaurès"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82203745-59038240.jpg?v=1723819172" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marie Sauvaneix et Patrick Bonnel.       <br />
       Mise en scène : Marie Sauvaneix.       <br />
       Avec : Patrick Bonnel.       <br />
       Création Musicale : David Venitucci.       <br />
       Lumières : Philippe Lagrue.       <br />
       Son : Nicolas Delbart.       <br />
       Cie DLM Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       Du 18 septembre 2024 au 30 janvier 2025.       <br />
       Mercredi et jeudi à 19 h. Relâches : 25 décembre et 1ᵉʳ janvier.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 février au 1ᵉʳ avril 2025.</span>       <br />
       Mardi à 19 h. Supplémentaires : vendredi 7 et samedi 8 mars à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4ᵉ, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('essaionreservations@gmail.com')" >essaionreservations@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux</title>
   <updated>2024-03-29T16:10:00+01:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-03-29T15:40:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
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    <![CDATA[
Cela commence comme une pièce réaliste à la Pinter. Un personnage qui descend à l'aide d'une torche dans une cave, entortillé dans une couverture sans âme, qui se couche en grognant vaguement et qui se met à rêver. Et comme dans certains films de Chaplin, le rêve apparaît à nos yeux, projeté sur le mur inégal de la cave. Gros plan sur un flic qui fait le brief à son équipe pour alpaguer le dangereux Machin qui doit débarquer dans tel aéroport à telle heure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399439.jpg?v=1711725086" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Mais ce n'est pas un rêve, non, mais plutôt un cauchemar. Le cauchemar d'un comédien en train de jouer la scène d'un film de gangster et qui, tout à coup, bafouille, perd son texte, demande à ce qu'on la refasse, se voit soupçonné de ne plus être capable d'apprendre un texte. L'âge… La vieillesse… Le cauchemar…       <br />
               <br />
       Mais on finit par s'en réveiller d'un cauchemar quand ça devient trop flippant. C'est comme ça que le rêve disparaît et que l'homme se lève et commence à fulminer tout seul. Alors, tu arpentes ta cave, vieux comédien. Pas si vieux d'ailleurs, mais un brin dégarni et avec un terreau de culture gigantesque en toi : Racine, Shakespeare, Corneille, des pièces entières dans cette mémoire, des textes à frémir de tous les sens, à tomber, à s'envoler, tu les as là, dans ta mémoire, alors un petit passage stupide et sans intérêt d'un dialogue de polar qui t'échappe, qu'est-ce que ça peut faire, hein ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399447.jpg?v=1711725277" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Je m'excuse soudain de tutoyer ce personnage de comédien que je ne connais pas, ce n'est pas lui faire offense, mais c'est venu comme ça. Un peu comme ce qui lui arrive sur scène au bout de quelques minutes. Ce moment où Jaurès commence à lui parler quand le comédien finit de vilipender les tortueuses injustices de la vie d'artiste et ses casse-tête administratifs. Pour ma défense, je dirais que Jaurès non plus ne connaît pas ce personnage et, pourtant, il commence à lui parler avec son accent de rocaille du Sud-Ouest et un beau timbre de voix grave, bien que lui ne le tutoie pas.       <br />
              <br />
       Jaurès, c'est qui ? Un des fondateurs de la SFIO, un homme de gauche dans toute la noblesse qu'une telle dénomination peut contenir, un farouche adversaire de la guerre de 14-18 qui fut assassiné quelques jours avant le début de celle-ci. Ce ne sont que quelques lignes des faits marquants d'une vie qui fut une lente évolution et d'un orateur impressionnant, capable d'improviser un discours dont les mots coulaient comme d'une source de sincérité, de conviction. Bien que de Droite Opportuniste lorsqu'il devient député, dans le même clan que Jules Ferry aux basses opinions en faveur du colonialisme entre autres, il deviendra, à force de voir de ses propres yeux les conditions de la vie ouvrière, notamment dans le nord, il deviendra vite un adversaire dangereux pour le capitalisme et sa clique de bienfaiteurs de la misère humaine.       <br />
              <br />
       Le dialogue se poursuit ainsi entre le comédien et l'émanation de Jaurès. Ce dernier, lassé sans doute d'être classé aux archives du Panthéon comme antiquité poussiéreuse, pousse ce cher comédien en colère à l'incarner et propager quelques-uns de ses discours historiques. Il le coache en quelque sorte. Le critique un peu. C'est une joute complice, car tous les deux tombent bien d'accord sur l'état détérioré des ambitions politiques du monde dans lequel nous vivons et de la victoire quasi-totale du Grand Capital et des Grandes Religions. Soupir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399533.jpg?v=1711725663" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Ce sont avec des voltiges intérieures, du cœur, de l'esprit et de l'art que Patrick Bonnel parvient à habiter ces deux personnages éloignés de plus d'un siècle. Les discours, les pensées de Jaurès l'aident beaucoup à enjamber ce temps, car ce dont il était question alors, il en est hélas toujours question aujourd'hui et de façon tout aussi tragique. Pourtant, il ne s'agit pas ici, ni pour Jaurès, ni pour Bonnel de donner des leçons, mais de lancer des nuages d'espoirs par-dessus les discours sans rêves qui enterrent notre époque sous les cendres de la peur. Et c'est beaucoup de magie, beaucoup de cris ravalés, beaucoup de l'art du comédien qui font que le récit palpite comme un cœur ardent, amoureux d'une humanité toujours en peine d'elle-même, et qui fait de ce seul en scène un moment de source de vie bénéfique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Looking for Jaurès"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79210955-57399534.jpg?v=1711725684" alt="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" title="Dans "Looking for Jaurès", Patrick Bonnel tricote une bannière d'espoir entre l'icône d'un socialisme du bonheur et nos errances dans un monde sans idéaux" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marie Sauvaneix et Patrick Bonnel.       <br />
       Mise en scène : Marie Sauvaneix.       <br />
       Avec : Patrick Bonnel.       <br />
       Création Musicale : David Venitucci.       <br />
       Lumières : Philippe Lagrue.       <br />
       Son : Nicolas Delbart.       <br />
       Cie DLM Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 janvier au 2 avril 2024.</span>       <br />
       Lundi et mardi à 21 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4e, 01 42 78 46 42 .       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('essaionreservations@gmail.com')" >essaionreservations@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Looking-for-Jaures--Patrick-Bonnel-tricote-une-banniere-d-espoir-entre-l-icone-d-un-socialisme-du-bonheur-et-nos_a3859.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Femme Capital"… Création capitale !</title>
   <updated>2021-12-08T19:40:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Femme-Capital-Creation-capitale-_a3123.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/60878816-44494825.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-12-08T19:02:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans le cadre de la dernière et neuvième édition du festival Théâtre et Musique "Mesure pour mesure" qui se déroule jusqu'au 31 décembre au Nouveau Théâtre de Montreuil, Mathieu Bauer retrace, d'après le livre de Stéphane Legrand, "Ayn Rand : Femme Capital" (2017), le parcours intellectuel de cette écrivaine qui a été considérée comme la "Déesse du capitalisme" au travers de la musique et d'une prestation plus que remarquable d'Emma Liégeois.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60878816-44494825.jpg?v=1638988216" alt=""Femme Capital"… Création capitale !" title=""Femme Capital"… Création capitale !" />
     </div>
     <div>
      En milieu de scène, une cage vitrée. À l'intérieur Ayn Rand (1905-1982), Russe, naturalisée Américaine, qui affiche un anticommunisme déclaré et voue une admiration sans failles au capitalisme. Elle s'en est fait le chantre. Peu connue en dehors des États-Unis où le succès de ses livres est époustouflant (de l'ordre de plus du million pour les plus gros tirages) et l'engouement du public jamais démenti, elle est une icône de la vie américaine. Elle a même un timbre à son effigie. Son œuvre, traduite dans une vingtaine de langues, mélange œuvres philosophiques, romans et pièces de théâtre.       <br />
              <br />
       &quot;La source vive&quot; (&quot;The fountainhead&quot;, 1943) et &quot;La grève&quot; (&quot;Atlas shrugged&quot;, 1957) figurent parmi les livres les plus vendus aux États-Unis et, pour le second, pour les sondés, le plus influent après la Bible. Étonnamment peu connue en France, nombreux sont ses fervents admirateurs comme Ronald Reagan, Alan Greenspan, Donald Trump ou Vladimir Poutine. Son œuvre a connu un renouveau de vente juste après l'élection de Barack Obama.       <br />
              <br />
       Le portrait qu'en tire Mathieu Bauer est à l'image de sa pensée - appelée &quot;Objectivisme&quot; - qui a surtout été articulée par le biais de la fiction, dans lequel l'égoïsme, affublé de l'adjectif &quot;rationnel&quot;, est vu comme une vertu et portée aux nues. L'altruisme, considérée comme un vice, est vilipendé. L'individualisme est une règle de vie où chacun doit vivre pour soi et par soi. La main invisible d'Adam Smith (1723-1790) n'est pas suffisante pour elle et la conception sacrificielle de soi ne trouve pas raison d'être.        <br />
              <br />
       Raciste à souhait, sans aucun humanisme dans ses propos, elle, qui est considérée comme la &quot;déesse du capitalisme&quot;, a défendu mordicus à partir des années 1955-1960, le capitalisme du &quot;laisser-faire&quot; en lui apportant une &quot;morale&quot;, un rationalisme, un habillage philosophique allant jusqu'à considérer les hommes d'affaires comme une population persécutée. Elle se targue d'avoir créé ce qui manquait à ce système économique, à savoir un récit.       <br />
              <br />
       Pour l'incarner ? Emma Liégeois. Remarquable, et le mot est bien faible. Dans son jeu, elle habite le personnage comme une main dans un gant. Chaque tressaillement, chaque battement de cils, chaque soupir, chaque sourire, quasi carnassier, respire l'auteure. Sa présence physique et vocale, de toute beauté quand elle chante, sont dans une gamme d'émotions qui oscillent entre abattement, rire nerveux, confidence et mégalomanie. Regard méprisant, de la jouissance transpire à chacun de ses propos quand elle parle, se raconte. Suffisance et morgue se dégagent systématiquement d'elle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60878816-44494845.jpg?v=1638988305" alt=""Femme Capital"… Création capitale !" title=""Femme Capital"… Création capitale !" />
     </div>
     <div>
      Un casque est proposé pour suivre le spectacle. Élément central du spectacle, l'organe vocal d'Emma Liégeois devient un média, sans filtre, presque envoûtant. Comme une voix intérieure ou un fantasme idéologique qui se fait entendre en aparté, mais qui disparaît, le casque retiré, à la vue de tous. Sans celui-ci, à dessein, le public entend à peine la comédienne.        <br />
              <br />
       Tout tourne autour de cette cage vitrée, en milieu de scène, où se tient, cigarette parfois au bec, Ayn Rand. Une seule fois, elle en sort. Les bras allongés, elle tourne sur elle-même, comme déséquilibrée puis chante avec une voie lyrique à couper le souffle. Autour d'elle, la musique apporte à ses propos du rythme, un souffle frais, agréable qui équilibre une pensée violente, rugueuse comme reflet de notre époque où l'extrémisme s'habille du vêtement du quidam et de propos ordinaires au détour d'une conversation.       <br />
              <br />
       Les musiciens, entendables avec ou sans masque, sont assis sur des bancs sur deux étages. Deux batteries sont côté jardin quand la guitare est au centre, les instruments à vent et à corde, de la contrebasse jusqu'au violon se partageant le reste des côtés. La musique accompagne de bout en bout la représentation. Elle est &quot;LE&quot; partenaire de jeu qui, au travers de différents tempos, suit la courbure des humeurs de la principale protagoniste.       <br />
              <br />
       Au moment où celle-ci parle de la subjugation qu'elle peut dégager ou du rôle des femmes supérieures devant se soumettre aux hommes d'exception, un interprète se lève pour effectuer avec elle une gestuelle synchronisée. Celle-ci n'est pas assez marquée, restant tiède par rapport aux propos de l'écrivaine. Bien que cela permette de casser une dynamique de jeu pour l'amener dans un deuxième souffle, si soumission, pourquoi une telle harmonie entre les deux ?       <br />
              <br />
       Le final est rythmé par le départ de tous les musiciens en file indienne effectuant, sauf pour quatre d'entre eux qui continuer à jouer de leur instrument à vent ou à cordes, une gestuelle des membres supérieurs avec une orientation du visage sur la gauche pour rester fixe ensuite, le regard tendu. Seule dans le noir, avec son mari Frank O'Connor (1897-1979) qui l'a rejoint entre-temps, Ayn Rand reste enfermée dans sa cage, le corps assoupi et la pensée éteinte. Mais pour combien de temps encore ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Femme Capital"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;Ayn Rand : Femme Capital&quot; de Stéphane Legrand (aux éditions Nova).       <br />
       Mise en scène et décors : Mathieu Bauer.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Anne Soisson.       <br />
       Conception, musique : Sylvain Cartigny.       <br />
       Avec : Emma Liégeois, Clément Barthelet.       <br />
       Et l'Orchestre de spectacle du Nouveau théâtre de Montreuil : Blaise Cardon-Mienville, Joseph Cartigny, Orane Culeux, Lili Gomond, Tommy Haullard, Zacharie Hitter, Nils Kassap-Dhelin, Lilli Lacombe, Marc Lebeau, Steve Matingu Nsukami, Fania Morange, Lolita Morange, Jonas Thierry, Bob Voisembert, Nicolas Vouktchevitch.       <br />
       Création son : Alexis Pawlak.       <br />
       Création costumes : Nathalie Saulnier.       <br />
       Création lumière : William Lambert.       <br />
       Régie générale et vidéo : Florent Fouquet.       <br />
       Contruction : Julien Joubert.       <br />
       Production Nouveau théâtre de Montreuil - CDN.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 10 décembre 2021.</span>       <br />
       Jeudi à 20 h, vendredi 3 à 21 h, vendredi 10 à 20 h. Relâche du samedi au mercredi.       <br />
       Nouveau Théâtre de Montreuil, Salle Jean-Pierre Vernant, Montreuil (93), 01 48 70 48 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.nouveau-theatre-montreuil.com/" target="_blank">&gt;&gt; nouveau-theatre-montreuil.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Femme-Capital-Creation-capitale-_a3123.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir</title>
   <updated>2019-11-29T11:54:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ligne-de-crete-Relier-deux-versants-d-une-meme-alienation-travailler-et-consommer-jusqu-a-n-en-plus-pouvoir_a2612.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/40198596-34264261.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-11-29T11:12:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Immergé une heure durant avec les sept interprètes dans un open space aux cloisons de plexiglas, dans le bruit amplifié et incessant d'une machine à photocopier les documents - et à dupliquer les employés - tournant à plein régime et fatiguant les tympans, le spectateur fait l'expérience sensible de l'insupportable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264261.jpg?v=1575024142" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Ce qui jusque-là pouvait lui apparaître comme un simple avatar de la modernité en marche, la banalité (du mal capitaliste) à accepter coûte que coûte, le transperce de part en part pour lui faire éprouver par les sens (vue et ouïe) la cruauté intrinsèque du système économique auquel il finissait par s'abandonner de bonne grâce.       <br />
              <br />
       Quand Flaubert avait délibérément choisi de rendre ennuyeux &quot;L'Éducation sentimentale&quot; - du moins dans sa forme -, c'était pour faire &quot;éprouver&quot; par le lecteur du XIXe la boucle des échecs récurrents du protagoniste dont les aspirations politiques et le désir amoureux resteraient à jamais insatisfaits. Quand Maguy Marin propose au XXIe une chorégraphie contemporaine où, en boucle, tempos musicaux lancinants et situations surjouées, se répètent à l'identique, elle aussi poursuit un objectif : rendre physiquement insupportable l'aliénation liée à la production de biens et à son corollaire, leur accumulation convulsive.       <br />
              <br />
       Ainsi la chorégraphe entend-elle bousculer le spectateur &quot;intégré&quot; pour le faire vaciller hors de sa zone de confort, pour le faire trébucher vertigineusement afin qu'en se relevant, il puisse reconsidérer les avatars du néolibéralisme à l'œuvre en lui-même. Produire et consommer toujours plus, telles sont les deux mamelles auxquelles nos contemporains - nous-mêmes - sont &quot;élevés&quot; afin de faire taire toute velléité de réflexion critique. D'où l'urgence d'une radicalité artistique, seule apte à déconstruire le conditionnement acquis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264273.jpg?v=1575024193" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Lorsque Pascal Quignard (Vie secrète, 1998) écrivait <span style="font-style:italic">&quot;Il y a une naissance en toute connaissance</span>, il ne disait pas autre chose : co-nnaître, c'est d'abord se décoller du placenta - du moule sociétal - pour trouver sa propre respiration, c'est naître d'abord à soi-même pour accéder à la connaissance de son asservissement précédant le désir de s'en libérer.       <br />
              <br />
       Dans le vacarme assourdissant d'une machinerie rythmée comme une partition musicale enrayée - on la doit à Charlie Aubry -, des clones zélés du capitalisme s'agitent en tous sens, eux qui en sont privés. Dans des tailleurs flashing colors ou costumes basket, ils s'affairent à leurs affaires, prothèse de portable vissé à l'oreille, regard dirigé vers la ligne d'horizon des objectifs fixés par d'autres qu'eux-mêmes. Où courent-ils frénétiquement, ménageant de brusques arrêts, des retours en arrière subits, des sauts sur place accompagnés d'un cri stéréotypé ? On ne le sait - mais le savent-ils eux-mêmes ? - si ce n'est que tours et détours, bugs et patchs, les mènent au pied de la déesse photocopieuse, maîtresse de la duplication.       <br />
               <br />
       Mais cette dévotion en boucle, que rien ne peut venir contrecarrer, se double d'une autre addiction tout aussi prégnante : accumuler les multiples objets nés de leurs désirs consuméristes que leur force de travail leur a permis d'acquérir. Les bras chargés à rompre, ils approvisionnent leur espace personnel d'objets hétéroclites - ballons de baudruche, tête de pharaon, gadgets en plastique, packaging démentiel de papiers toilette, skis, parapluies, etc. - rejoints par les portraits de Marx, de Freud, du Pape et autres idoles faisant figure de reliques.       <br />
              <br />
       Au fur et à mesure que le temps fait du surplace, le plateau se mue en capharnaüm géant. Les récipiendaires travaillent sans relâche pour créer cette richesse qui pompe leur air disponible, réduisant à peau de chagrin leur espace vital. Travail et vie personnelle ne faisant désormais qu'un, le premier ayant phagocyté la seconde, on les voit ainsi déambuler nus ou s'asseoir sur le siège de toilettes aménagées dans l'open space. (Se) remplir, se vider, deux actions complémentaires pour la même fonction : tenter d'échapper au vide abyssal d'existences sans matière. Quelle place pourrait-il rester pour les relations personnelles dans ce temple consacré au travail et à la consommation qui l'autojustifie (et vice-versa) ?       <br />
              <br />
       Avec &quot;Ligne de crête&quot;, Maguy Marin crée à nouveau une œuvre qui fera date, comme son &quot;May B.&quot; devenu désormais légendaire. Politiquement non consensuelle, elle s'est imprégnée avec envie de l'essai de l'économiste Frédéric Lordon - &quot;Capitalisme, désir et servitude&quot; convoquant les passions-addictions de la philosophie de Spinoza et la philo politique de Marx - pour le faire sien. Ainsi, projeté sur le plateau par le biais d'un geste artistique radical, l'essai brillant de F. Lordon se transforme en chorégraphie hallucinatoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264301.jpg?v=1575024369" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Les démons du couple infernal travail et consommation, encouragés à se déchaîner devant nous, épuisent dans une répétition insupportable leur charge négative. Défait ainsi sous l'effet de cette transe orgiaque de son charme ensorceleur, le miroir aux alouettes du néolibéralisme gagnant - veau d'or du capitalisme reflétant les addictions consuméristes nous enchaînant au travail - vole en éclats, confirmant encore et toujours la nécessité de l'art lorsqu'il est agi par des artistes sans concessions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ligne de crête"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40198596-34264329.jpg?v=1575024427" alt=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" title=""Ligne de crête" Relier deux versants d'une même aliénation : travailler et consommer jusqu'à n'en plus pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Pièce pour 7 interprètes, créée en septembre 2018 au TNP de Villeurbanne dans le cadre de la Biennale de la Danse de Lyon.       <br />
       Conception : Maguy Marin.       <br />
       En étroite collaboration et avec : Ulises Alvarez, Laura Frigato, Françoise Leick, Louise Mariotte, Cathy Polo, Ennio Sammarco, Marcelo Sepulveda.       <br />
       Lumières : Alexandre Béneteaud.       <br />
       Dispositif scénique et bande son : Charlie Aubry.       <br />
       Régie son : Chloé Barbe.       <br />
       Réalisation du dispositif scénique : Albin Chavignon, Balyam Ballabeni.       <br />
       Costumes : Nelly Geyres.       <br />
       Stagiaire : Lise Messina.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
       Compagnie RAMDAM.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, en partenariat avec l'Opéra National de Bordeaux, du 21 au 23 novembre 2019.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 avril au 17 avril 2020 : Théâtre Dijon Bourgogne - CDN, Dijon (21).        <br />
       26 mars 2020 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).       <br />
       17 mars 2020 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       10 mars au 11 mars 2020 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).
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     <br style="clear:both;"/>
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