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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-17T12:45:03+01:00</updated>
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   <title>"La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !</title>
   <updated>2025-12-27T14:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cage-aux-folles-Vif-drole-fantasque-et-toujours-terriblement-d-actualite-_a4436.html</id>
   <category term="Paroles &amp; Musique" />
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   <published>2025-12-25T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La Cage aux folles" est une fable devenue presque mythique. Olivier Py propose une mise en scène où la comédie musicale resplendit dans ses ornements autant lumineux et pailletés qu'intimes et politiques. Dans une distribution très talentueuse, Laurent Lafitte réalise un tour de force dans le chant, la danse, le mime et le théâtre.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279495.jpg?v=1766660331" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Voici une fable des plus célèbres dont le titre est devenu une expression et où la figure de ceux qui lui ont donné vie sur les planches, Jean Poiret et Michel Serrault, reste aussi mémorable dans l'histoire de la comédie que les trois coups mythiques qui ouvriraient un rideau théâtral.       <br />
              <br />
       L'histoire de &quot;La Cage aux folles&quot;, écrite par Jean Poiret (1926-1992), a eu plusieurs destinées artistiques : théâtrale à ses origines en 1973, cinématographique à partir de 1978, puis comédie musicale en 1983 pour Broadway avec Jerry Herman pour les paroles et les chansons sur un livret d'Harvey Fierstein. Une version française a été créée par Alain Marcel en 1999 au Théâtre Mogador.        <br />
              <br />
       Damien Bigourdan (Georges), ténor et comédien, démarre la représentation en costume blanc. Couleur lumineuse comme celle-ci, où tous les temps sont forts, avec peu de relâche dans le rythme et toujours une tension dans le jeu. C'est un feu d'artifice de talents, comme un monstre fantastique bien huilé, monté au cordeau et pour lequel les rares silences sont habillés d'un rire, d'une gestique comique ou d'un bon mot. La comédie musicale respire d'amour et de musique par tous ses pores, avec le chant, la comédie et la danse en points cardinaux. Cet amour est multiple et divers. C'est celui d'un père, Zaza (Laurent Lafitte), pour son fils Jean-Michel (Harold Simon), comme celui du clinquant et la passion de la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279493.jpg?v=1766660285" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Se mêlent de l'humour, des chansons, des paillettes telles un tégument au spectacle avec des chorégraphies de Ivo Bauchiero et d'autres en claquettes d'Aurélien Lehmann. C'est vif, joyeux, truculent, pertinent, gouailleur, sensuel et provocateur avec malice. Laurent Lafitte campe un personnage haut en couleurs dans une performance faite de multiples contours artistiques et brassant une kyrielle de talents. Comme pour tous les protagonistes, son jeu est très physique, mais les ruptures de jeu avec lesquelles il doit composer pour basculer très rapidement de la danse, à l'imitation, au chant et au théâtre sont un véritable tour de force.        <br />
              <br />
       À la fois danseur, chanteur et comédien, il décline différentes facettes d'un personnage vif, fantasque, drôle en créant une connexion espiègle avec le public autant sur les planches que dans l'assistance. Dans cette interconnexion, ce n'est pas uniquement le protagoniste qui devient un moment proche physiquement du public, c'est aussi une figure LGBTQI+ qui se mélange au monde et porteur d'un combat pour exister. C'est un éternel recommencement à une époque où les virilistes s'essaiment pour marquer leur présence et consacrer une infériorité fantasmée et névrotique de leur sexe sur l'autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279504.jpg?v=1766660392" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène d'Olivier Py est pleine de rebondissements, avec des pieds de nez théâtraux qui donnent du rythme et où le propos et la posture deviennent des étendards politiques sous un vernis comique et fantasque. Il s'agit de quoi après tout ? D'exister par soi-même, avec les autres.       <br />
              <br />
       La cage aux folles, on la voit, on la découvre réellement sur les planches dans sa symbolique la plus nue. Elle apparaît en début de représentation, côté jardin. C'est un simple rangement, un vestiaire de couleur grise où, ouverte, apparaissent physiquement une jambe puis le corps d'un danseur travesti avec ses collants lumineux. Dans cette cache qui s'ouvre, se découvre ce qui fait la trame du spectacle, ou du moins l'une de ses composantes, à savoir les LGBTIQ+ au travers du monde de la comédie musicale avec ses couleurs et parfois ses caricatures. Ce qui avait valu de nombreuses critiques à la création de la pièce en 1973, mais elle est porteuse d'un message revendicatif d'une façon d'être non pas exclusivement genrée, mais aussi existentielle. On est ce que l'on est au-delà de nos orientations sexuelles, de nos habillements et de notre manière d'être.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279505.jpg?v=1766660509" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La comédie musicale est lumineuse face au public. Et un peu plus sombre côté coulisse, en écho à la scénographie. Ce qui est visible sur les planches est parfois un peu antinomique de ce qui est dans les coulisses. C'est aussi et surtout le double visage du monde de la comédie musicale, dans son expressivité joviale et souriante afin de gommer de tristes désaccords de la vie de tous. Nous avons ainsi l'envers et l'endroit du spectacle, de ce que vit personnellement, un moment, Zaza (Laurent Lafitte) et ce qu'il montre aux spectateurs. On le découvre ainsi avant de monter sur scène, dans une vue plongeante dans les coulisses, très chagriné, et ensuite arborant un large sourire sur le plateau.       <br />
              <br />
       La scénographie de Pierre-André Weitz est tournante et laisse découvrir alternativement une scène avec son escalier lumineux, ses loges, ses coulisses et ses escaliers de secours, un coin de bar avec ses tables et ses chaises, et le restaurant &quot;Chez Jacqueline&quot;. L'orchestre &quot;Les Frivolités Parisiennes&quot; accompagne tous les événements de la fable. Il est situé dans une fausse juste devant la scène et sous la hauteur de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279606.jpg?v=1766661971" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La trame a aussi son aspect politique, celle de revendiquer son identité et de l'acceptation de l'autre avec ses différences. On y voit monsieur Dindon, une figure politique d'extrême droite avec des convictions à l'opposé de ce qui a pour figures les LGBTQI+ et le transformisme. Dans ses relations multiples entre hommes et femmes, entre mari et épouse, c'est aussi un entrelacement relationnel dans ses multiples identités qui se croisent, chacun sachant où il est et où il va sans qu'un mouton avec des cornes, sauf le couple Dindon, puisse bêler son mécontentement.       <br />
              <br />
       &quot;La Cage aux folles&quot; est un superbe spectacle qui a plus de soixante ans d'existence et qui est resté sans âge. Il est porté par une très belle distribution où Olivier Py a réussi à donner un agencement au cordeau pour investir les différentes facettes de la comédie musicale, en faisant résonner avec éclat un combat politique toujours d'actualité.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Cage aux folles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279616.jpg?v=1766662003" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      D'après la pièce &quot;La Cage aux folles&quot; de Jean Poiret.       <br />
       Français, double surtitrage : anglais pour les dialogues et chansons, français pour les chansons.       <br />
       Musique et paroles : Jerry Herman.       <br />
       Livret : Harvey Fierstein.       <br />
       Traduction française : Olivier Py.       <br />
       Mise en scène : Olivier Py.       <br />
       Avec : Laurent Lafitte, Damien Bigourdan, Émeric Payet, Harold Simon, Gilles Vajou, Émeline Bayart, Lara Neumann, Maë-Lingh Nguyen, Édouard Thiébaut.       <br />
       Direction musicale : Christophe Grapperon, Stéphane Petitjean.       <br />
       Décors et costumes : Pierre-André Weitz.       <br />
       Chorégraphie : Ivo Bauchiero.       <br />
       Chorégraphie (claquettes) : Aurélien Lehmann.       <br />
       Lumières : Bertrand Killy.       <br />
       Sound design : Unisson Design.       <br />
       Orchestre : Les Frivolités Parisiennes.       <br />
       Durée : 2 h 35 avec entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi et dimanche à 15 h et 20 h.       <br />
       Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.       <br />
       Téléphone : 01 40 28 28 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/programmation/25-26/la-cage-aux-folles/#event-date" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/" target="_blank">&gt;&gt; chatelet.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279621.jpg?v=1766662040" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat</title>
   <updated>2023-04-18T15:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Every-drop-of-my-blood-L-irresistible-quete-de-soi-une-choregraphie-de-combat_a3567.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2023-04-18T18:52:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comment pouvoir s'imaginer vivre encore dans un corps contraint par des normes héritées ? Comment échapper aux diktats conditionnant l'existence féminine arrimée au joug des représentations stéréotypées ? La quête de soi ne peut être qu'un corps-à-corps frontal, un sport de combat au même titre que la sociologie telle que la concevait Pierre Bourdieu. La Cie FluO, en livrant - comme on dit d'une haute lutte - cette pièce chorégraphiée pour deux danseuses et un musicien se fait le porte-parole inspiré du mantra libertaire irriguant sa création.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50252699.jpg?v=1681752290" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, la chorégraphe russo-française Nadia Larina - elle-même sur le plateau - nous immerge dans une installation plastique constituée de deux cubes aux parois et au &quot;plafond de verre&quot;, celui même qui symbolise les freins invisibles empêchant toute trajectoire hors des lignes fixées par un patriarcat solidement campé sur ses positions ultraconservatrices. Dans une atmosphère entre chien et loup, les deux danseuses accompagnées du musicien en live vont égrener leurs bribes de parcours heurtés. Les leurs ou ceux d'anonymes trouvant en elles l'opportunité d'exister hors de l'épais silence où on a voulu trop longtemps les claquemurer.       <br />
              <br />
       Ce que disent ces mots échappés du couvercle des convenances, c'est la pression insupportable des assignations de sexe véhiculées par les entourages avides d'&quot;évidences naturelles&quot;… Un garçon ne peut gesticuler, il doit se comporter comme un homme. Une fille ne peut s'habiller comme un garçon, elle doit cultiver sa féminité. À ses schémas réducteurs, garants d'une tradition aussi invisible que tenace, à préserver coûte que coûte, viennent se greffer les violences intrafamiliales violentant les esprits et les corps soumis à l'omerta du milieu. Porter la honte des sarcasmes répétés dénigrant les comportements &quot;hors nature&quot;. Porter la honte d'être violée par celui-là même qui devait prendre soin d'elle…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50252703.jpg?v=1681752329" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      Les corps des deux danseuses - comme celui du musicien - se délestant des pelures sociétales prennent possession de l'installation plastique. Confrontées alors aux parois de verre des cubes qu'elles habitent comme un espace enfermant, elles tentent obstinément de s'en extraire. Lançant une jambe, un bras, s'étirant, et retombant immanquablement dans leur &quot;cage&quot; tant la pression des résistances offertes par les cloisons - délimitant la place réduite qui leur est octroyée - est grande. Leurs mouvements empêchés rendant compte des pesanteurs à soulever pour tenter d'advenir à elles-mêmes, hors de toutes prescriptions.       <br />
              <br />
       Combat dantesque rythmé par la musique en live rendant palpable le poids des héritages d'un patriarcat ayant colonisé les esprits et assigné les corps à des postures codifiées. Oppressions incorporées, &quot;mises en corps&quot; des discours dominants érigeant la binarité des sexes en gardienne de l'ordre établi. Et quand elles finissent, à la force de la formidable énergie qui les anime, à se hisser enfin hors des cubes afin d'échapper au plafond de verre, c'est pour être aussitôt menacées d'être écrasées par leur retombée implacable…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50252958.jpg?v=1681752357" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      Mais comme tout combat de libération - c'est sa destinée, n'en déplaise aux gardiens du temple - finit inéluctablement par aboutir, advenues à elles-mêmes à la force de leur poignet, elles s'affranchissent des bienséances apprises pour adresser de magnifiques doigts d'honneur à ceux qui n'ont eu de cesse de les mépriser, de les maltraiter, d'abuser d'elles. Comme une catharsis en actes, alors que font effraction les souvenirs des agressions sexuelles subies par leur corps réduit à l'état d'objet du plaisir du mâle, fières et résolues, elles articulent à voix haute des bribes de paroles entendues, trouant la nuit du plateau, comme autant d'éclats ayant déchiré leur chair de femme. Articulées dans leur bouche, ces insanités ont un effet boomerang salvateur.       <br />
              <br />
       Contrastant avec la rudesse des tableaux précédents, succède un fascinant ballet sur une musique de contes - &quot;La Belle au bois dormant&quot;, &quot;La Petite Sirène&quot;, &quot;Cendrillon&quot; - où émergent de la nuit des temps quatre jambes dressées, chaussées de ballerines et d'escarpins à talon aiguille balayant l'air de leur chorégraphie impeccable. Tableau de l'idéal féminin… de femme sans tête et aux jambes élancées selon le modèle rêvé du patriarcat, jouissant jusqu'à plus soif de l'image d'une créature angélique, sexuellement désirable et dénuée de revendication personnelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50252959.jpg?v=1681752380" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      Quand la lumière revient, ce sont deux femmes superbement fières de leur liberté conquise, exhibant &quot;naturellement&quot; leur buste dénudé et leurs fessiers tressautant au rythme de leur démarche libérée qui se donnent à voir. Sans retenue aucune, faisant ainsi superbement la nique à ceux qui ont voulu les enfermer dans ces images immémoriales. S'avançant alors vers le micro, faisant corps avec leur combat abouti, elles se recouvrent de leur sang vital - celui des &quot;règles&quot; dont elles se sont affranchies, traces mnésiques d'un viol subi en milieu commun - avant de lever haut le poing déterminé de toutes celles et ceux qui incarnent un combat libérateur.       <br />
              <br />
       Abréaction éclatante magnifiée par la chanson punk &quot;Oooo let's riot&quot; criant à la face du vieux monde - &quot;gémissant dans le sang&quot; - la mort programmée de la hiérarchie des sexes, du machisme à la &quot;mords-moi-le-nœud&quot; et de la culture du viol. Les refrains, scandant le flux ininterrompu des paroles, résonnent comme des manifestes émancipateurs : <span style="font-style:italic">&quot;Riot, Girls riot, pussy rio, киска riot, chatte riot, let's riot/Riot, les femmes riot, les gouines riot, lesbienne riot, queer riot, let's riot/Let's riot, grrr riot, patriarcat riot, religions riot, liberalisme riot, capitalism riot, Capitalism riot, Right ! Oooo Let's riot&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50252960.jpg?v=1681752431" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      Une première étape de ce travail &quot;hors normes&quot; nous avait été présentée à Bordeaux en janvier 2022 dans le cadre du Festival Trente Trente, dont la réputation d'ouvroir de libertés potentielles trouvait en cette occasion une belle confirmation. Déjà, nous avions été séduits par la force qui s'en dégageait. Aujourd'hui, en découvrant la version aboutie de &quot;Chaque goutte de mon sang&quot; - créée en septembre 2022 lors du Festival Bien Fait ! (en partenariat avec le Festival Jerk Off, Paris) -, nous sommes littéralement magnétisés tant il est impossible d'échapper au flux d'émotions porteuses de questionnements décapants. Une réussite artistique autant qu'ethno-anthropologique à verser au dossier des arts pleinement vivants.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 30 mars 2023 au Théâtre du Cerisier, 7-11 rue Joseph Brunet, à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Every drop of my blood"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72208010-50253113.jpg?v=1681752969" alt=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" title=""Every drop of my blood" L'irrésistible quête de soi, une chorégraphie de combat" />
     </div>
     <div>
      Conception et chorégraphie : Nadia Larina.       <br />
       Avec : Nadia Larina, Danaë Suteau.       <br />
       Création musicale (guitare, clavier, percussions, musique électronique) : Bastien Fréjaville.       <br />
       Scénographie et construction du dispositif : Nadia Larina, Bastien Fréjaville.       <br />
       Régie son et lumière : Charlotte Buclet.       <br />
       Textes : Elie Nassar, Mélanie Trugeon, Delphine Loizeau, Danaë Suteau, Nadia Larina et les témoignages des publics rencontrés (lors des ateliers de médiation et en dehors), Paul B Preciado.       <br />
       Par la Compagnie FluO.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       1er décembre 2023 : L'Horizon - Lieu de recherches et création,        <br />
       La Rochelle (17).
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Every-drop-of-my-blood-L-irresistible-quete-de-soi-une-choregraphie-de-combat_a3567.html" />
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   <title>"L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…</title>
   <updated>2022-11-22T12:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-envol-perdu-La-quete-eperdue-de-l-inaccessible-une-histoire-de-desirs_a3452.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68975040-48383809.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-11-23T06:54:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'il est un point commun entre ces trois créatures réunies dans une étonnante volière, c'est bien qu'elles sont, chacune dans son registre, des êtres de désir prêts à se brûler les ailes pour réaliser ce que d'aucuns - les résignés - nommeraient pures chimères… Trois personnages de "La Mouette", d'Anton Tchekhov, adaptée avec la complicité de Marianne Perdu, qui vont prendre leur envol dans une mise en jeu de Jean-Luc Terrade et Benjamin Ducroq propre à magnifier leur quête éperdue de l'inaccessible.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68975040-48383809.jpg?v=1669116224" alt=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" title=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" />
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      D'emblée le charme opère pour nous transporter dans un autre monde, vestige d'une opulence surannée… Celui de Sorine, le propriétaire de ce domaine envahi par la végétation, homme vieillissant, pouvant éprouver le sentiment d'être passé à côté de son existence et d'autant plus déterminé à goûter les plaisirs offerts par l'espérance de vie qu'est la sienne. Celui de Nina, jeune femme portant son rêve de devenir actrice comme un blason sur lequel figure en filigrane le portrait de son mentor, l'écrivain Trigorine, dont elle se dit follement amoureuse. Et puis celui de Kostia, le fils de la grande actrice imbue d'elle-même et amante de Trigorine, lui qui ne jure que d'absolu - réinventer l'art, <span style="font-style:italic">&quot;des formes nouvelles, sinon rien&quot;</span> - qui se meurt d'amour pour &quot;sa mouette&quot;, la belle Nina, elle lui répondant en jouant de son violon.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Rêver un impossible rêve/Aimer jusqu'à la déchirure/Aimer, même trop, même mal/Tenter, sans force et sans armure/D'atteindre l'inaccessible étoile&quot;,</span> tel est le crédo des deux jeunes gens de Tchekhov dont la quête, à bien des égards, fait écho à celle chantée naguère par Jacques Brel. Ils investissent sans raison garder leurs passions respectives, tant pour l'art que pour l'amour d'un être, tous deux confondus dans le même désir, cultivant la démesure des sentiments (colère, abattement, euphorie) quand bien même devraient-ils en mourir…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68975040-48383811.jpg?v=1669116257" alt=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" title=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" />
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      Introduit au sein d'une imposante structure en fer rouillé - une serre que l'on doit à Yoann Penard, artiste sculpteur - au sol jonché des feuilles automnales, juché sur de méchants bancs de bois où l'on a pris place, on découvre trois formes mi-oiseaux mi-humaines endormies dans la volière leur servant d'abri. Chacune d'entre elles s'ébroue, traversée entre sommeil et veille par les éclats d'un passé qui n'arrête pas de passer en elles. Ce sont ces fragments qui, par éclats, vont trouer les barrières du temps pour venir faire sens dans le présent de la représentation.       <br />
              <br />
       Comme un magma impérieux qu'aucune digue ne pourrait contenir, les soliloques s'enchaînent, s'enchevêtrent, se font écho pour dire l'essence de la matière dont sont faits ces personnages. <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil&quot;,</span> faisait dire Shakespeare au magicien Prospero dans &quot;La Tempête&quot;. Ici, Nina est littéralement magnétisée par son désir, Trigorine étant - elle le croit ardemment - celui qui peut lui offrir le sésame de ses rêves d'actrice, alors elle l'aime envers et contre tout. Kostia brûle, lui, de l'envie de créer une forme artistique inédite et sa passion pour Nina se nourrit d'amours littéraires, le consumant littéralement.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68975040-48383861.jpg?v=1669116307" alt=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" title=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" />
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      Lorsque ces êtres vont se rencontrer dans un présent improbable, le nôtre, ce sont leurs rêves qui vont s'entrechoquer. Tous sont mus par une sincérité au-dessus de tous soupçons, ce qui les rend magnifiquement touchants. Kostia tremble de dépit lorsque sa pièce est moquée par son impudente mère, et tremble d'amour lorsqu'il étreint dans ses bras &quot;sa mouette&quot; à laquelle il dédiait son œuvre. De même, la chanson langoureuse qu'il compose pour elle, sur une musique de Benjamin Ducroq, résonne des accents de son amour éperdu. Quant à Sorine, la bienveillance paternelle qu'il accorde à son neveu Kostia ferait fondre le pire des hommes.       <br />
              <br />
       Quand les doutes les assaillent, c'est le meilleur de l'humanité qui parle en eux. Ainsi de Kostia raturant son texte et froissant rageusement ses feuillets au nom d'exigences artistiques le rendant incapable de la moindre concession. Ainsi de Sorine proposant un titre à sa vie imparfaite - &quot;L'homme qui a voulu…&quot;. Ainsi de Nina revenant après une longue absence vers &quot;leur théâtre de jeunesse&quot; pour suggérer au jeune homme, l'un et l'autre toujours épris, le thème d'une nouvelle : <span style="font-style:italic">&quot;Une jeune fille près d'un lac, heureuse comme une mouette. Un homme la détruit pour passer le temps…&quot;.</span> La représentation théâtrale qui s'ensuit mimera la profession de foi artistique de Kostia réalisant - en dernier recours - son mantra : peindre la vie non telle qu'elle est, ni encore telle qu'elle devrait être, mais telle qu'on la voit en rêve…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68975040-48383862.jpg?v=1669116353" alt=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" title=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" />
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      Au charme envoûtant d'une scénographie propre à transporter dans un ailleurs poétique, &quot;L'envol perdu&quot; ajoute les interprétations troublantes d'Élise Servières dans le rôle d'une Nina traversée par des élans fulgurants, de Benjamin Ducroq dans celui d'un Kostia débordant de sensibilité à fleur de peau et de Daniel Strugeon dans celui d'un Sorine éclatant de vitalité sereine. Quant à l'adaptation subtile du texte d'Anton Tchekhov et à sa mise en jeu inventive, ils participent de la qualité de cette forme justifiant à elle seule ce qui est légitime d'attendre de tout spectacle pour enfants, sa capacité &quot;à parler&quot; merveilleusement aux adultes.        <br />
              <br />
       Vu, lors de sa création, le mardi 15 novembre 2022 au Centre Simone Signoret de Canéjan (33), dans le cadre du Festival Tandem de Canéjan.
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     <div><b>"L'envol perdu"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68975040-48383989.jpg?v=1669116833" alt=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" title=""L'envol perdu" La quête éperdue de l'inaccessible, une histoire de désirs…" />
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      Création 2022. Théâtre jeune public.       <br />
       D'après &quot;La Mouette&quot; d'Anton Tchekhov       <br />
       Sur une idée originale de Benjamin Ducroq.       <br />
       Adaptation : Marianne Perdu, Jean-Luc Terrade.       <br />
       Mise en scène : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Avec : Élise Servières, Daniel Strugeon, Benjamin Ducroq.       <br />
       Décor structure : Yoann Penard.       <br />
       Habillage scénique, costumes : Marion Bourdil.       <br />
       Régie générale : Marius Bichet.       <br />
       Assistant : Nicolas Meusnier.       <br />
       Création lumière : José Victorien.       <br />
       Maquillage : Michèle Bernet.       <br />
       Musique, création sonore : Benjamin Ducroq.       <br />
       Par le Maesta-Théâtre (Le Bouscat).       <br />
       Tout public dès 9 ans.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://signoret-canejan.fr/" target="_blank">&gt;&gt; signoret-canejan.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       1er décembre 2022 : Champ de foire - Saint-André de Cubzac (33).       <br />
       15 décembre 2022 : Festival Sur un petit nuage - Pessac (33).       <br />
       6 avril 2023 : Agora PNC - Boulazac (24).
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