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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-13T12:15:56+02:00</updated>
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   <title>"Le Retour"… avec un Pinter aussi drôle que cynique</title>
   <updated>2012-11-06T16:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Retour-avec-un-Pinter-aussi-drole-que-cynique_a775.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4893516-7300075.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-11-07T08:00:03+01:00</published>
   <author><name>Safidine Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une mise en scène où Luc Bondy réussit à faire rire avec Pinter, les comédiens déploient un jeu de qualité où la violence se dispute au désir, l’infidélité à la fidélité et le silence à la colère.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4893516-7300075.jpg?v=1352216588" alt=""Le Retour"… avec un Pinter aussi drôle que cynique" title=""Le Retour"… avec un Pinter aussi drôle que cynique" />
     </div>
     <div>
      Arriver à faire rire avec une pièce de Pinter, c’est la prouesse que Luc Bondy a réussi à faire. Le théâtre de Pinter est dans les silences, situé entre les mots. Les mots trébuchent pour laisser percer toute leur violence.        <br />
              <br />
       Sur scène, un salon se découvre avec une cuisine côté jardin et un garage côté cour. La pièce raconte le retour du fils Teddy, accompagné de sa femme, dans une famille de trois enfants dont le père est veuf. Une famille balayée par la violence et un déséquilibre psychique certain que les comédiens jouent au travers des corps, des mots, des gestes et de la voix.        <br />
              <br />
       Des voix très présentes, très timbrées imbibées par la misère, la dérive psychologique et la violence. Elles participent à donner substance et corps à la violence et à la dérive des personnages. Aucune exagération dans celles-ci, l’imitation est au placard. Le débit est saccadé, la gestuelle est vive. Des éclats de voix ponctuent des moments de calme ou de joie. Sur scène, on s’évite, on s’aime, on se déteste. Tout est délaissement dans la pièce avec un père, seul, des fils à la dérive et un mari abandonné. Tout est aussi désir autour de Ruth, en la personne d’Emmanuelle Seigner, qui devient objet de plaisir pour Max, Joey et Lenny.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4893516-7300076.jpg?v=1352216589" alt=""Le Retour"… avec un Pinter aussi drôle que cynique" title=""Le Retour"… avec un Pinter aussi drôle que cynique" />
     </div>
     <div>
      La plume de Pinter trempe dans un encrier où violence et névroses écrivent sur la même page. Et Luc Bondy a composé et agencé avec succès des segments de jeu aussi variés que la violence, l’humour, le sexe, l’amour, la fidélité, l’infidélité avec une pointe parfois de philosophie déjantée.       <br />
              <br />
       Le silence, tel un personnage, est très présent. Élément central dans la conception dramaturgique de Pinter, ce peut être aussi un écueil. Là, Luc Bondy en fait un allié en faisant &quot;parler&quot; le silence, en l’installant dans une dynamique de jeu où celui-ci devient actif en étant par moment furtif ou pesant. Un silence qui devient le complice du spectateur en faisant de celui-ci le témoin objectif de ce qui se déroule. Le public est comme sur scène avec une scène qui empiète sur les deux premiers rangs du public. La salle de spectacle devient prolongement de la salle de séjour.       <br />
              <br />
       Le jeu des comédiens est de qualité. Tout est ponctué, ordonné, avec un ordonnancement dans les déplacements, dans les propos faisant presque un baiser de Judas à des vies désordonnées.        <br />
              <br />
       C’est beau, bien ficelé, savamment construit et joué, pour l’ensemble des comédiens, avec délectation. Avec toutefois, une note spéciale à Micha Lescot qui, dans le personnage de Lenny, déploie un jeu à multiples facettes. Personnage déluré, paumé, philosophe, déjanté, les cassures de jeu qu’il propose sont remarquables d’habileté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Retour"</b></div>
     <div>
      Texte : Harold Pinter.       <br />
       Mise en scène : Luc Bondy.       <br />
       Traduction : Philippe Djian.       <br />
       Conseiller dramaturgique : Botho Strauss.       <br />
       Avec : Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Jérôme Kircher, Micha Lescot, Emmanuelle Seigner.       <br />
       Décor : Johannes Schütz.       <br />
       Costumes : Eva Dessecker.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière.       <br />
       Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée : 2 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 octobre au 23 décembre 2012.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Odéon, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       14 et 15 janvier 2013 : Grand Théâtre, Grande Salle, Luxembourg.       <br />
       23 au 25 janvier 2013 : Schauspielhaus, Zürich (Suisse).       <br />
       31 janvier au 2 février 2013 : Théâtre National, Toulouse (31)       <br />
       6 au 10 mars 2013 : Théâtre National, Nice (06).       <br />
       18 au 27 mars 2013 : Théâtre National de Bretagne, Rennes (35).        <br />
       4 au 6 avril 2013 : MC2, Grenoble (38).        <br />
       8 au 12 mai 2013 : Piccolo Teatro di Milano/Teatro d’Europa, Milan (Italie).       <br />
       18 au 24 mai 2013 : Wiener Festwochen, Vienne (Autriche).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible</title>
   <updated>2012-11-07T23:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Retour-par-Luc-Bondy-Un-monde-de-peu-d-epaisseur-trop-caricatural-ou-pire-pas-assez-credible_a774.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4892159-7298051.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-11-07T08:00:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans "Le Retour" de Harold Pinter, le thème traditionnel quasi biblique du retour de l’enfant prodigue est transposé par l’auteur de manière ironique et ambiguë qui, il y a cinquante ans, passait pour scandaleuse. Teddy (Jérôme Kircher), fortune faite, appartenant à l’upper middle class, universitaire et accompagné de son épouse Ruth( Emmanuelle Seigner), revient au pays natal, dans sa famille. Il est le fils d’un boucher retraité (Bruno Ganz) : d’une Angleterre prolétarisée et abandonnée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4892159-7298051.jpg?v=1352273684" alt=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" title=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" />
     </div>
     <div>
      Il retrouve le père, ses frères (Louis Garrel, Micha Lescot) et son oncle (Pascal Gregory). La mère a disparu. Les hommes cohabitent contraints et dépendants... Le foyer va à vau l’eau et appelle d’urgence une présence féminine multifonctionnelle…       <br />
              <br />
       À l’occasion de ce retour les vernis craquent. Le fils repart très vite, laissant sa femme en gage. Celle-ci partage les fantasmes de ce monde clos, assume le choix de devenir la nouvelle puissance nourricière de cette maison en perdition, abandonne ses propres enfants et va tapiner. Nouvelle variation de la maman et la putain. Énigme d’une fatalité, d’une liberté contrainte.       <br />
              <br />
       Dans cette pièce écrite, il est question du point de vue polémique de <span style="font-style:italic">l’état supposé naturel</span> des femmes et de la loi des mâles. Et du regard critique passablement ambigu que porte sur ce sujet l’auteur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4892159-7298058.jpg?v=1352215410" alt=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" title=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" />
     </div>
     <div>
      La distribution des personnages dans la pièce est forte et s’articule autour du rôle charpente du père qui cannibalise depuis toujours littéralement son entourage. En dépit de sa senescence (ou peut-être à cause d’elle), sa tyrannie, son emprise sur sa parentèle reste totale et encourage une ruine physique et psychique collective. Une folie proliférante et insidieuse dont Bruno Ganz en dépit de son talent n’a pas encore exploré tous les détours.       <br />
              <br />
       Les seconds rôles brillent des talents de leurs comédiens. Ceux-ci ont manifestement plaisir à marquer les désœuvrements et les oisivetés de ces hommes qui vivent à la petite semaine. Entre turf, taxi, boxe et petit proxénétisme, cigare et musculation pointent pour chacun dans son tempérament, la colère, le dénigrement, l’abattement, la pulsion et le fantasme. La souffrance intime est ainsi frappée au coin du pittoresque. Le théâtre est là dans ses effets.       <br />
              <br />
       Quant au rôle féminin de Ruth, il est réduit à la portion congrue. Brut de présentation en tailleur ou jupe de cuir, il est celui d’un fantôme ou bien d’une femme de chair. Trouvant sa place, Emmanuelle Seigner réussit à imposer une présence lumineuse. Au spectateur de la définir.       <br />
              <br />
       Ce théâtre hésite sur la conduite à tenir face au scandale de son contenu et dans une forme plutôt sage présente un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Retour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4892159-7298066.jpg?v=1352215410" alt=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" title=""Le Retour" par Luc Bondy... Un monde de peu d’épaisseur : trop caricatural… ou pire, pas assez crédible" />
     </div>
     <div>
      Texte : Harold Pinter.       <br />
       Mise en scène : Luc Bondy.       <br />
       Traduction : Philippe Djian.       <br />
       Conseiller dramaturgique : Botho Strauss.       <br />
       Avec : Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Jérôme Kircher, Micha Lescot, Emmanuelle Seigner.       <br />
       Décor : Johannes Schütz.       <br />
       Costumes : Eva Dessecker.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière.       <br />
       Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée : 2 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 octobre au 23 décembre 2012.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Odéon, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       14 et 15 janvier 2013 : Grand Théâtre, Grande Salle, Luxembourg.       <br />
       23 au 25 janvier 2013 : Schauspielhaus, Zürich (Suisse).       <br />
       31 janvier au 2 février 2013 : Théâtre National, Toulouse (31)       <br />
       6 au 10 mars 2013 : Théâtre National, Nice (06).       <br />
       18 au 27 mars 2013 : Théâtre National de Bretagne, Rennes (35).        <br />
       4 au 6 avril 2013 : MC2, Grenoble (38).        <br />
       8 au 12 mai 2013 : Piccolo Teatro di Milano/Teatro d’Europa, Milan (Italie).       <br />
       18 au 24 mai 2013 : Wiener Festwochen, Vienne (Autriche).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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