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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-10T19:35:54+01:00</updated>
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   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"</title>
   <updated>2024-02-01T09:37:00+01:00</updated>
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   <category term="Festivals" />
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   <published>2024-02-01T08:18:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Empruntant autant aux performances en tous genres qu'au cinéma leurs marges ardentes, les propositions se démultiplient pour révéler des formes elles-mêmes hybrides, tramées par la même urgence : un désir inextinguible de liberté. La surprise, créatrice du dessillement des regards, se solde (presque) immanquablement par des avis "partagés", prolongeant ainsi le bouillonnement à l'œuvre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56728738.jpg?v=1706774563" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      <b>"Courts-métrages", carte blanche donnée à l'Avant-poste</b> pour dévoiler quatre "pellicules" alternant fictions et documentaires d'artistes en résistance.       <br />
              <br />
       Dans </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Maurice's Bar"</strong></span>, Tzor Edery et Tom Prezman retracent l'histoire vraie d'un certain Moïse connu sous le prénom de Maurice… Juif algérien homosexuel, il fut au cœur d'une "histoire scandaleuse", celle du propriétaire du deuxième bar queer du début des années 1900 à Paris. Selon la police de l'époque, <span style="font-style:italic">"un petit théâtre de non-moralité"</span> où des femmes au poitrail découvert s'embrassent à pleine bouche et où des créatures de tous genres s'enlacent. Accusé de corrompre la jeunesse, son établissement fut fermé (bruit de bottes de la maréchaussée et crocs de loups carnassiers à l'écran). Sa destinée sera évoquée par bribes – comme une mémoire qui se recompose dans un film d'animation aux vignettes expressives – jusqu'à son arrestation en 1942 et son transport dans l'un des sinistres convois des trains de la mort. Avec, pour voix off, celle d'une ancienne drag-queen qui se souvient.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56728800.jpg?v=1706775112" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Boléro"</strong></span>, de Nans Laborde-Jourdàa, découvre un homme (joué par François Chaignaud), le buste nu et vêtu d'un jupon bouffant coloré. Sous le prétexte de rendre visite à sa mère dans son village natal, il va de rencontre en rencontre (dont l'une de ses anciens profs de collège)  pour aboutir dans des toilettes qui bientôt vont rassembler le village entier… Transcendé par les claquements soutenus par le Boléro de Ravel revisité, chacun et chacune s'échauffent au rythme cadencé des notes, du staccato des pieds, du ralenti des bras et du torse, jusqu'à, pressés contre la porte desdites toilettes derrière laquelle tout se joue, atteindre une sorte d'orgasme collectif… Savoureux, "en-joué" à l'envi, magnifiquement interprété pour questionner la fascination créée par "la femme qui se lève en l'homme".       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Kubra"</strong></span>, de Mélanie Trugeon, donne à voir, dans un documentaire nourri de scènes tournées sur le vif, la performeuse afghane Kubra Khademi ayant élu domicile à Paris dès 2015, afin d'échapper au diktat d'un ordre religieux ultraconservateur dont l'emprise sur le corps des femmes a encore  empiré  depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. Cette peintre et plasticienne féministe – à laquelle on doit les six femmes nues stylisées de l'affiche du Festival d'Avignon 2022 – est montrée se promenant dans les rues de Kaboul revêtue d'une armure métallique renforçant les formes de sa poitrine et de ses fesses, une cuirasse "anti-attouchements" dénonçant le harcèlement banalisé. Ou encore la voit-on proposer, aux chalands d'un marché parisien, des compositions légumières et fruitières des plus suggestives (un concombre accompagné à sa base de deux melons, un couple de deux grenades juteuses) tournant en dérision le registre sexiste des hommes. Une bouffée d'air pur en terres hostiles.       <br />
              <br />
       Dans </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"L'esquisse"</strong></span>, Tomas Cali raconte sa rencontre dans un atelier d'artiste parisien de Linda DeMorrir, une superbe modèle vivante, femme trans brésilienne refugiée politique… Ils partagent l'un et l'autre le fait d'être étrangers à la langue française et d'être tous les deux transgenres. En dessinant avec grande attention et passionnément son modèle, Tomas Cali apprend à se distancier des commentaires peu amènes suscités par son changement de genre. S'appropriant ainsi son corps trans au travers de celui qu'il dessine, il acquière un nouveau langage en s'affranchissant du regard du commun. Une très belle rencontre, esthétique, sensuelle… et humaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56728920.jpg?v=1706775149" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"O Futuro É Ancestral"</strong></span>, de la Cie Sine Qua Non Art, offre d'emblée à notre imaginaire – excité par l'esthétique de ces trois corps recouverts d'une seconde peau de fins tissus de perles multicolores – un "objet déambulant non identifié"… Avec une extrême lenteur, celle propre aux rêves éveillés, ces êtres d'un autre temps (passé ? futur ?) se déplacent pour explorer l'espace qui s'offre à eux, un territoire dont nous faisant partie intégrante, nous public immergé à notre insu dans ce monde d'avant ou d'après les frontières. À leurs pieds, des agglos arrimés rendent sonores les déplacements de ces athlètes aux pieds empêchés.       <br />
              <br />
       Se lovant devant nous, nous découvrant avec un certain étonnement, nous tendant sans crainte la main, nous ressentons face à ces corps inconnus une étrangeté bienveillante propre à nous laisser embarquer à leur suite. Aussi, lorsqu'ils déroulent un tapis leur servant d'aire de déambulations protéiformes, nous ne perdons rien de leurs figures chorégraphiées, trouant la banalité des heures et des jours, des saisons et des époques. Les agglos qu'ils portent aux pieds et ceux qu'ils n'ont de cesse de transporter à bout de bras afin de dessiner les contours de monuments mystérieux (tombeaux ? palais ?), les associent à des Sysiphes rendant un culte au mouvement perpétuel de la nature éternelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56729055.jpg?v=1706775968" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      Et même lorsque leurs pieds entravés par des cordes rendent encore plus aléatoires leurs déplacements, ils trouvent en eux et &quot;en lien&quot; avec leurs semblables l'énergie les poussant contre vents et marées à accomplir leur traversée vers un inconnu… leur ouvrant grand les portes de la Halle des Chartrons, avant de disparaître dans la nuit des temps à venir… Une fable chorégraphiée à fortes résonances poétiques et symboliques, un temps hors du temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56729069.jpg?v=1706776277" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Rapunzel"</strong></span>, de Mélissa Guez, prend le contrepied (chorégraphié) du conte des frères Grimm dont elle tord l'argument jusqu'à le fléchir dans son contraire. Là, il ne sera en effet plus question de Prince charmant venu délivrer de sa haute tour, où elle était tenue prisonnière par une méchante sorcière, la fragile et belle jeune fille aux longs cheveux blonds servant à hisser jusqu'à elle son bienaimé sauveur… Mais d'une créature aux allures de punk, exhibant un crâne rasé passé au blanc de clown recouvrant un visage où lèvres et paupières délibérément soulignées d'un rouge écarlate explosent. Ainsi du look vestimentaire composé d'un short informe et d'un haut couleur chair dissimulant des seins écrasés.       <br />
              <br />
       Pataugeant dans un bassin circulaire où stagne une eau saumâtre  surplombée par une sorte de cylindre figurant la tour, la performeuse adepte ici d'un trash assumé se lance dans des incantations muettes proférées par des rictus déformant son visage. Aux antipodes de la grâce féminine conchiée sciemment, la provocation est de mise pour affirmer le refus des stéréotypes attachés au sexe dit faible ne devant son salut qu'à un mâle salvateur. Musiques idoines et lumières rouges mettant le feu au show débridé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56729118.jpg?v=1706776407" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      Quant à l'effet produit, il n'est pas &quot;visiblement&quot; à la hauteur des efforts transgressifs déployés… En effet, vouloir dénoncer les stéréotypes genrés, sur lesquels reposent les fondements de contes porteurs d'une idéologie rétrograde, est sans l'ombre d'un doute œuvre salutaire. Mais si la radicalité punk trouve ses raisons d'être dans la vraie vie afin d'ébranler les soubassements d'un patriarcat crispé sur les prérogatives qu'il s'octroie, elle perd de sa force représentée sur scène… Trop d'effusions démonstratives – et c'est là le comble – elles-mêmes très stéréotypées tuent les intentions libertaires affichées avec ostentation.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Spectacles vus les mercredi 24 et vendredi 26 janvier dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Courts-métrages"</strong></span>            <br />
       "Maurice's Bar", film d'animation de Tzor Edery et Tom Prezman (15 min) ; "Boléro", fiction de Nans Laborde-Jourdàa (16 min) ; "Kubra", documentaire de Mélanie Trugeon (11 min) ; "L'esquisse", documentaire (vost) de Tomas Cali (9 min).       <br />
       <b>Présentés le mercredi 24 janvier au Théâtre La Lucarne à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56729188.jpg?v=1706777366" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"O Futuro É Ancestral"</strong></span>       <br />
       Performance, danse, art visuel.       <br />
       Par la Cie Sine Qua Non Art.       <br />
       Concept : Christophe Béranger et Jonathan Pranlas-Descours.       <br />
       Collaboration Art Visuel : Fabio Motta.       <br />
       Performance : Christophe Béranger, Jonathan Pranlas-Descours, Felipe Vian, Fabio Motta.       <br />
       Création Musicale : Julia Suero.       <br />
       Dramaturgie : Georgina Kakoudaki.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté les 26 et 27 janvier à la Halle des Chartrons à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78119201-56729190.jpg?v=1706777455" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Rapunzel"</strong></span>, vu        <br />
       Danse, performance.       <br />
       Concept, chorégraphie, interprétation : Mélissa Guex       <br />
       Création sonore : Charlotte Vuissoz       <br />
       Création lumière : Justine Bouillet       <br />
       Scénographie et costume : Lucie Meyer       <br />
       Accompagnement dramaturgique : Selina Beghetto       <br />
       Durée : 45 minutes       <br />
       <b>A été joué le 26 janvier au Glob Théâtre à Bordeaux</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes</title>
   <updated>2016-11-24T19:26:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Shigane-nai-entre-modernite-et-tradition-coreennes_a1621.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2016-06-21T09:04:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans le cadre de l'année France Corée et des quatre programmes "Focus Corée" présentés à Chaillot, José Montalvo, avec la "National Dance Company of Korea", allie modernité et tradition dans une approche chorégraphique légère et poétique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9716048-15662624.jpg?v=1466493376" alt="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" title="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" />
     </div>
     <div>
      &quot;Shiganè naï&quot; (âge du temps)… le titre est suffisamment révélateur. José Montalvo prend le Temps comme pendule pour lier le présent au passé autour de musiques, de costumes et d'une gestuelle où la retenue, la grâce et le maintien théâtral sont des éléments chorégraphiques importants.       <br />
              <br />
       Le spectacle débute avec, en arrière-scène, un ensemble de tambours sur lesquels les danseuses jouent des percussions de façon très rythmée. Le tambour réapparaît au fil du spectacle donnant, par le biais de celui-ci, une résonance particulière à un art corporel gracieux à l'aide d'un rythme qui l'est moins. C'est cette dichotomie qui installe la danse coréenne, sous couvert d'une gestuelle à la fois très simple dans ses formes et très élaborée dans ses exécutions, à la jonction de deux rythmes, l'un corporel, l'autre musical, aussi antinomiques que complémentaires.       <br />
              <br />
       Le spectacle est composé de trois chorégraphies autour de musiques de Michael Nyman, Arman Amar et de Ravel. À l'exception du Boléro, grand classique toujours intéressant à revisiter, il est étonnant que Montalvo ait choisi des compositeurs français (quoique compréhensible pour l'année France Corée) et anglais (moins compréhensible…), dans le cadre d'une immersion de danses coréennes. Cela laisse un peu perplexe. Les frontières peuvent être brisées, et c'est le rôle de l'Art de le faire, sans toutefois raboter, par un filtre musical seulement occidental, la découverte d'une culture coréenne encore trop peu présente en France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9716048-15662645.jpg?v=1466493427" alt="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" title="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" />
     </div>
     <div>
      En arrière-fond, un film projette les mouvements effectués sur scène par les danseurs. La vidéo devient média, support entre passé et présent, tradition et modernité, non dans les mouvements puisqu'ils sont identiques, mais dans les costumes, car modernes à quelques exceptions près sur scène, et traditionnels sur la vidéo.       <br />
              <br />
       Les danses puisent dans une tradition où le visage devient masque, car fixe avec toujours un grand sourire. La gestuelle s'appuie sur une fluidité corporelle qui met au centre de chaque mouvement une grâce nourrie de lenteur, d'une décomposition articulatoire des membres où la géométrie est balayée par des arrondis avec des membres supérieurs et inférieurs finissant en forme de virgules. Le pied, avant de se poser à terre, fait une courbure de son haut pour poser son bas avec douceur.       <br />
              <br />
       Le Boléro de Ravel débute avec les déplacements des danseurs tout au long de l'arrière-scène dans une demi-obscurité. La chorégraphie est marquée par des contretemps corporels effectués par une danseuse qui se détache du groupe pour faire une gestuelle basée sur le plat des pieds tapotant rapidement le sol, les jambes repliées à moitié. Elle pousse des cris, des sons comme un électron libre se greffant par intermittence, et de façon arythmique, sur la musique et la danse pour ensuite revenir avec force dans le même rythme que le groupe de danseurs appuyant ceux-ci dans leur final.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9716048-15662651.jpg?v=1466493506" alt="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" title="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" />
     </div>
     <div>
      Tout au long de la chorégraphie, les membres inférieurs des danseurs descendent en souplesse vers le sol pour rebondir en hauteur de façon de plus en plus marquée. Au fil du Boléro, les gestes des bras deviennent beaucoup plus amples, tout en se décollant du corps pour revenir ensuite vers le tronc dans des mouvements souples et arrondis.       <br />
              <br />
       Toutes les danses sont soutenues par des cris et des tambours autour d'une gestuelle aux impulsions amples, bien découpés dans les airs, comme si les danseuses étaient des statues de papier, voire des poupées, avec un corps et un visage très théâtraux. Les hommes sont aussi dans une représentation corporelle dans leurs attitudes à l'exception du visage qui est moins théâtralisé que celui des danseuses, bien qu'expressif.       <br />
              <br />
       Les déplacements sont lents, comme suspendus au temps, tout en fluidité et se découpent en douceur comme si l'apesanteur était leur cocon. Il y a des cris, des jeux de séduction voire de domination entre danseurs et danseuses, en groupe ou en solo. On se fait peur, on se taquine, on se séduit.        <br />
              <br />
       C'est beau et tout en grâce dans des chorégraphies qui s'appuient autant sur la voix et la musique que sur des représentations théâtrales qui font de la danse coréenne, un concentré d'Art et de poésie corporelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Shiganè Naï"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9716048-15662759.jpg?v=1466494985" alt="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" title="Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie, scénographie et conception vidéo des parties 1 et 3 : José Montalvo.       <br />
       Assistant à la chorégraphie : Joëlle Iffrig .       <br />
       Répétiteurs : Yun Sung-cheol, Jang Hyun-soo, Kim Mi-ae, Sabine Novel, Fouad Hammani.       <br />
       Costumes : Han Jin-gook.       <br />
       Réalisation des costumes : Jung ART, atelier SHIN .       <br />
       Maquillage : Kim Jong-han.       <br />
       Musique : Michael Nyman, Armand Amar, Maurice Ravel.       <br />
       Arrangements percussions : Shin Chan-sun.       <br />
       Lumières : Gilles Durand, Vincent Paoli.       <br />
       Coordination artistique : Mélinda Muset-Cissé.       <br />
       Infographie : Sylvain Decay, Clio Gavagni, Michel Jaen Montalvo, assistés de Graphic Design Monocrom.       <br />
       Collaborateurs artistiques à la vidéo : Pascal Minet, Sylvain Decay.       <br />
       Traduction, assistant José : Montalvo Kim Sung-te.       <br />
              <br />
       Avec les danseurs de la National Dance Company of Korea : Yun Sung-cheol, Jung Gil-man, Lee Se-bum, Park Ki-hwan, Hwang Yong-chun, Kim Byung-jo, Lee Jae-hwa, Kim Hyun-joo, Jang Hyun-soo, Kim Mi-ae, Kim Young-mi, Noh Moon-seon, Park Young-ae, Lee Hyun-kyung, Jeong So-young, Lee So-jung, Kim Euni, Park Mi-young, Park Kee-ryang, Park Ji-eun, Song Ji-young, Park Hye-jee, Lee Yo-eum, An Young-Hwan.       <br />
       Silhouettes des enfants à l'image : Park Jin-hyung, Jung Yi-sang, Yun Seo-he.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 24 juin 2016.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20 h 30, Jeudi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre national de Chaillot, Salle Jean Vilar, Paris 16e, 01 53 65 30 00       <br />
       <a class="link" href="http://theatre-chaillot.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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