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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T03:25:37+02:00</updated>
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   <title>•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée</title>
   <updated>2023-07-13T22:35:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Le-Banc-Une-rencontre-sensible-convoquant-en-chacun-de-nous-une-ouverture-d-esprit-eveillee_a3668.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-14T07:00:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur le quai d'une gare, au milieu de nulle part – si ! Peut-être à Migné-Auxances -, deux femmes attendent le train. L'une est en fauteuil roulant, l'autre est une travestie. Ce train qui a 46 minutes de retard leur permet d'échanger et de nouer le contact. Mais parviendront-elles à le prendre finalement ensemble ce train et à nouer les liens ? Ou au contraire, chacune restera-t-elle dans sa bulle d'indifférence nimbée de leurs différences notoires ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74039723-51496687.jpg?v=1689280712" alt="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" title="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" />
     </div>
     <div>
      Cette pièce, écrite par Phanie Ridel-Linet, transporte le spectateur dès les premières secondes dans un univers feutré et intimiste. Quoi de moins intimiste pourtant qu'un quai de gare !       <br />
       Pourtant, très rapidement, grâce à la parole plus libérée de la femme travestie, ces deux femmes vont sortir de leur zone de confort psychique et mental et partager leurs tourments en toute quiétude dans un total respect de l'autre.       <br />
              <br />
       Pour l'auteure, <span style="font-style:italic">&quot;l'écriture est peut-être le seul espace de liberté où toutes les transgressions sont possibles&quot;</span>. Cette phrase résonne tout particulièrement quand on sait que Phani Ridel-Linet a fait l'objet d'un AVC, il y a quelques années, et qu'à présent, elle est contrainte de se déplacer &quot;en brouette&quot; (sic la femme travestie), métaphore qui installe le ton de la pièce dans une dimension   légère emprunte de bien jolis moments d'humour tendre.       <br />
              <br />
       Un fauteuil roulant, alors, pour l'une de ces deux femmes et, pour l'autre, un corps qui n'est pas le sien ou comme dirait Roland Dubillard : <span style="font-style:italic">&quot;un corps qui n'est pas de moi&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi des mystères de la vie parfois : le prénom de l'auteure de la pièce, en grec, signifie &quot;lumière élévation&quot;. Et dans sa pièce, Phanie se lève à sa manière, elle est debout par le biais de ces deux personnages attachants et souvent bouleversants qui nous ouvrent les yeux sur le thème du handicap, du regard que l'on y porte et du droit à la différence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74039723-51496769.jpg?v=1689280767" alt="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" title="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" />
     </div>
     <div>
      Aucun pathos cela dit. Juste l'essentiel qui nous ramène à l'essence profonde de l'humain et de ses immenses voies de tolérance possibles, surtout lorsqu'il est écrit ainsi avec une telle sensibilité et cette nécessaire désobéissance qui fait le propre de l'Art.       <br />
              <br />
       L'interprétation de la femme travestie, empathique et touchante, par le comédien Serge Le Clanche est fluide, sans trop peu ni trop-plein. Juste ce qu'il faut. Sa collaboration avec un conteur de l'île de Groix en Bretagne lui a probablement insufflé cette sérénité bien présente sur le plateau. <span style="font-style:italic">&quot;J'ai dit oui à ce rôle sans savoir, peut-être parce que j'ai déjà eu l'occasion de travailler avec Barbara. Me glisser dans la peau d'un travesti était un défi et m'intriguait beaucoup (...).&quot;</span>       <br />
              <br />
       Pas de zone de confort donc pour celui-ci qui semble avoir compris la nécessité d'oser au théâtre sans laquelle beaucoup de choses tourneraient en boucle. Celui-ci est très crédible en travesti et sa relation progressive avec la femme handicapée est mesurée et finement calibrée.       <br />
              <br />
       Assise tout au long de la pièce dans un fauteuil roulant, la comédienne Barbara Poulin, qui a interprété déjà de nombreux textes d'auteurs célèbres tels Jean-Michel Ribes, Jean-Claude Grimberg, Albert Camus, Shakespeare, Anca Visdei, Yasmina Reza ou encore Éric-Emmanuel Schmitt, nous émeut et nous captive par sa beauté et ses magnifiques yeux bleus, mais surtout par sa capacité à manier sur scène cet imposant fauteuil roulant sur ce plateau exigu du Verbe Fou.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74039723-51496772.jpg?v=1689280796" alt="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" title="•Off 2023• "Le Banc" Une rencontre sensible convoquant en chacun de nous une ouverture d'esprit éveillée" />
     </div>
     <div>
      Ces gestes souples, quand elle déplace ses jambes endormies, sont d'une élégance fine et preuve d'un grand professionnalisme. Le fauteuil s'approche souvent des spectateurs du premier rang dans une scénographie qui semble nous dire : <span style="font-style:italic">&quot;Je vous dérange, mais vous aussi, vous me dérangez !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Ces trois personnes-là étaient faites pour se rencontrer ! Que ce soit un bassin de rééducation ou ailleurs quelque part en Bretagne, que ces choses du théâtre se soient faites explique certainement la très grande sensibilité globale de la pièce.       <br />
               <br />
       Loin des Côtes-d'Armor et sous le soleil accablant d'Avignon, &quot;Le Banc&quot; est une pièce qui saura vous séduire et convoquer en vous une ouverture d'esprit éveillée, si tant est que vous ne l'ayez pas déjà ancrée en vous !       <br />
              <br />
       Cela dit, si vous venez au Théâtre du Verbe Fou littéraire, c'est que, quelque part, vous l'êtes déjà beaucoup, éveillés(es)…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Banc"</b></div>
     <div>
      Texte : Phanie Ridel-Livet.       <br />
       Mise en scène : Phanie Ridel-Livet.       <br />
       Avec : Barbara Poulain, Serge Le Clanche.       <br />
       Compagnie Le Tsaddé Théâtre.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 Juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Au Verbe Fou, 95, rue des Infirmières, Avignon.        <br />
       Réservations : 04 90 85 29 90.       <br />
       <a class="link" href="http://www.leverbefou.fr/" target="_blank">&gt;&gt; leverbefou.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>         <br />
       14 septembre 2023 : Théâtre les Ursulines, Lannion (22).       <br />
       15 septembre 2023 : Centre culturel l'Amérance de Cancale (35).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…</title>
   <updated>2022-12-16T17:32:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Trois-jours-et-des-cailloux-Un-banc-un-homme-une-femme-et-un-passe-decompose-a-l-envi_a3474.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69628722-48666574.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-12-16T16:12:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Samuel Beckett - cf. "En attendant Godot" - développe une inclination avérée pour les êtres pris dans les rets d'un temps statique n'arrêtant pas de passer en eux. Flux immobile, essentiel pour dire le rien d'existences minuscules, au point de promouvoir ces passants ordinaires au rang de prototypes du vide existentiel. Alors, ressassant en boucle trois journées, ressuçant avec envie des cailloux, l'homme et la femme confondus dans la même entité font résonner leur voix dans le désert du plateau du Lieu sans Nom. Dans une mise en scène très beckettienne de Christian Lousteau, elles vont nous parvenir, intactes…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666574.jpg?v=1671207005" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      Plongées dans une nuit éclairée par un ciel constellé d'étoiles fixes et d'une lune immobile, ces deux &quot;têtes mortes&quot; de l'écrivain irlandais vont dévider chacune leur tour leurs menus propos auxquels elles s'accrochent fébrilement comme les naufragés à leur bouée. Et comme être, c'est parler, elles vont parler, parler encore, parler avec l'obstination chevillée au corps de ne rien dire, les mots comme elles faisant du surplace. Dire l'échec à dire, tel semble être le mantra de ces êtres s'adressant à un décor, vide.       <br />
              <br />
       D'emblée, émergent de l'obscurité qui les recouvrait, dans une composition pouvant faire penser à l'univers de Pierre Soulages, deux êtres assis sur le même banc, se tournant le dos, irrémédiablement liés par leur condition commune. C'est &quot;lui&quot; d'abord qui va rompre le long silence. De son récit circulaire ressortent la primauté de la couleur blanche (la robe d'un cheval, le visage de sa mère…), de ses amours non-vécus sauf dans la contemplation d'animaux immobiles, de ses fulgurants accès de rage, pour finir par son seul regret - <span style="font-style:italic">&quot;tout ce que je regrette, c'est d'avoir vu le jour, c'est si long, mourir, si lassant à la longue&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666575.jpg?v=1671207042" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;À quoi ça sert de continuer cette histoire… Un jour, je dois finir, pourquoi pas maintenant ?&quot;.</span> Dans la tête du vieil homme - incarné par Christian Lousteau dans un rôle de composition lui collant parfaitement à la peau - comme un précipité chimique s'impose le tableau de ses géniteurs au paradis. Souhaiter l'enfer pour continuer à les maudire, surtout la mère qu'il aurait bien voulu tuer avant sa naissance… Et l'image encore et toujours de celle qui lui a donné le jour, <span style="font-style:italic">&quot;pendue à la fenêtre, pleurant et gesticulant&quot;</span>, le visage obsédant de cette mère maudite, sans que l'on sache vraiment si elle est vivante ou morte, figurant le point de capiton liant entre elles ces trois journées rigoureusement identiques, du lever du jour jusqu'au soir tombant.       <br />
              <br />
       Fait effraction dans le magma inerte de ce temps figé, advenant comme une parenthèse enchantée - il n'y a qu'à voir les visages des deux acteurs s'illuminer soudain - l'épisode des cailloux retrouvés au fond des poches de Molloy… En effet, si échapper au flux et reflux d'un temps se répétant à satiété consiste à trouver un &quot;passe-temps&quot; susceptible de l'anéantir, celui-ci est à trouver du côté d'une occupation absorbante faisant oublier justement que le temps n'arrête pas de charrier les mêmes obsessions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666888.jpg?v=1671207154" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      La monstration jusqu'à plus soif des cailloux à sucer, passant avec bonheur du pantalon au manteau à la bouche et vice versa, dans un ballet ludique ininterrompu, annihile la perception du temps, délivrant ainsi de son emprise. Mais le remède sera de courte durée. Ce temps de répit volé à la marche implacable des heures et des jours est un leurre, rien ne peut arrêter son cours… Rien donc à ajouter à cela que sauter des centaines, voire des milliers de journées avant d'arriver au &quot;rendez-vous&quot;, apaisé.       <br />
              <br />
       C'est maintenant au tour d'&quot;elle&quot;, l'incarnation de sa voix intérieure, d'occuper l'espace de sa parole vive… Intervertissant leur place sur le banc, elle va égrener - visage illuminé de la comédienne -, comme on le ferait des perles d'un chapelet, les vicissitudes de &quot;leur&quot; rencontre immobile. Histoire d'un vieux couple fusionnel, lui et sa voix traitée là comme une entité autonome. Dévouée corps et âme à celui qui l'abrite, elle s'adonne à des calculs abracadabrantesques pour faire des chiffres le métronome de leur existence à jamais solitaire… jusqu'à ce que l'on pourrait trop hâtivement prendre pour un dénouement heureux, vite démenti par le regard errant adressé à nous, leurs semblables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666903.jpg?v=1671207241" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      Cette représentation - mettant en jeu avec une grande pertinence, tant dans son interprétation millimétrée que dans sa scénographie dépouillée, les enjeux de l'univers beckettien - trouve ici l'écho recherché &quot;en meublant&quot; le vide abyssal de ces non-existences…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Vivre est errer seul vivant au fond d'un instant sans bornes, où la lumière ne varie pas et où les épaves se ressemblent&quot;,</span> écrivait l'auteur dans son roman &quot;Molloy&quot;. Ainsi en va-t-il de cette belle soirée théâtrale où le verbe, à vide, suspendu à une voûte céleste parsemée d'étoiles fixes, s'est répété inlassablement pour faire résonner en abyme l'impensable vacuité de la condition humaine.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 8 décembre au Lieu sans Nom de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trois jours et des cailloux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666904.jpg?v=1671207424" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      D'après deux &quot;Têtes mortes&quot; de Samuel Beckett  : &quot;D'un ouvrage abandonné&quot; et &quot;Assez&quot;.       <br />
       Mise en scène : Christian Loustau.       <br />
       Avec : Cécile Laufman et Christian Loustau.       <br />
       Lumières : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Régie : Alain Raimond.       <br />
       Par la Compagnie Tiberghien.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du jeudi 8 au dimanche 11 décembre 2022.</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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