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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-11T04:39:46+02:00</updated>
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   <title>Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas</title>
   <updated>2025-09-18T16:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Cinq-jours-en-l-honneur-des-trente-trois-annees-d-existence-du-Cirque-Lili-Les-adieux-de-la-compagnie-Jerome-Thomas_a4358.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
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   <published>2025-09-17T17:54:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Elle vient d'avoir 33 ans. Un bel âge pour une compagnie qui essaima ses créations dans une bonne partie du monde et qui créa "Artrio" (1988), "Extraballe" (1990), "Kulbuto" (1991), "Quipos" (1993) ; puis, viennent trois versions de Hic-Hoc (1995-1997), "4, qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec..." (1998) et enfin Cirque Lili (2001). Aujourd'hui, la Compagnie Jérôme Thomas a parcouru des dizaines de pays avec plus de 300 représentations. Suivirent un florilège de spectacles originaux qui ont fait date dans les archives des spectacles circassiens. Aujourd'hui, la compagnie Jérôme Thomas Cirque Lili va jeter les clefs du chapiteau dans l'Ouche, la rivière qui passe dans Dijon, non loin du lieu où l'homme de cirque a creusé sa piste depuis quelques années.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91167315-64140251.jpg?v=1758127271" alt="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" title="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" />
     </div>
     <div>
      Jérôme Thomas a révolutionné l'art du jonglage, le mot n'est pas trop fort. Il l'a fait sortir du registre étroit de numéro parmi les numéros. &quot;Je ne suis pas un numéro&quot;, hurlait Patrick Mac Goohan dans la série &quot;Le Prisonnier&quot;, ainsi en a-t-il été également pour le jonglage tenu longtemps dans l'étroit registre de la performance et de la virtuosité qui donnait juste l'occasion au public de compter les balles, les massues, les anneaux et d'admirer la vitesse de ces mains aussi précises que des mécaniques. Jérôme Thomas libéra cet art de ce registre pour le transformer en moyen d'expression capable de raconter, d'imager, de projeter l'imaginaire dans une esthétique spectaculaire et une poésie rythmique, mélodique et musicale inconnue jusqu'alors.       <br />
              <br />
       Danse et jonglage mêlés. Embrassés. Intimes. De sa formation au jonglage avec Annie Fratellini et au cabaret début des années quatre-vingt, Jérôme Thomas initie une recherche vers un dialogue, une émulsion entre ces deux arts auxquels il faut ajouter la musique. Une musique live avec laquelle il partage les scènes, avec de multiples collaborations avec des musiciens de l'époque. Et particulièrement le jazz qui fait partie intégrante de ses premières expériences sur scène et pour lesquelles il développe un travail d'improvisation, dialogue permanent entre musique, corps et objets volants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91167315-64140292.jpg?v=1758127342" alt="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" title="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" />
     </div>
     <div>
      Jongler avec des balles blanches, oui, et les agrès habituels à la discipline, mais aussi avec tous les objets possibles, voire impossibles : cannes, plumes, ballons, sacs plastiques de nos vies communes. Jongler avec les mains, la tête, les coudes, les pieds, les genoux, le dos. Jongler, mais aussi chorégraphier le jeu scénique, développer de véritables mises en scène dans des décors méticuleux, des ambiances profondes, et danser le jonglage au rythme partagé des lancers et des musiciens. Tout ceci dans des créations aux thématiques fortes, inscrites dans les tourments des époques, porteuses de narrations et de rêveries.       <br />
              <br />
       C'est ainsi qu'il invente la pratique de &quot;jonglage cubique&quot; qui consiste à créer la géographie du corps du jongleur, de son environnement par ses deux aspects &quot;jonglé/non jonglé&quot;. C'est l'union entre la danse et le jonglage. Une manière de rendre vivant à chaque seconde l'artiste, le rendre expressif, et par là-même rendre la performance encore plus riche, plus dense et plus parlante. Avec un rapport constant et différencié à chaque instant entre le corps du jongleur et les objets qu'il projette pour faire la nique à la gravitation. Elle est une persistance de volonté dans la plupart des spectacles de Jérôme Thomas, cette lutte contre l'attraction terrestre et cet appel fasciné vers le haut, le ciel, l'aérien. La façon dont il jongle avec les plumes, de paon, d'autruche ou de cygne, inscrit encore plus ce désir de l'envol dans sa démarche.       <br />
              <br />
       Un tel parcours méritait bien les cinq jours d'événements qui ont eu lieu du 10 au 14 septembre en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili. Un temps fort intitulé &quot;Time&quot; qui a proposé au public dijonnais des impromptus en jonglages et en poésies dans le parc de la Chartreuse, des compagnies circassiennes invitées chaque jour et l'inauguration d'une exposition photographique regroupant les sublimes clichés de Christophe Raynaud de Lage qui capte les créations de la compagnie depuis plus de vingt ans, dans les salles de l'Hostellerie - Centre d'Art Singulier. La projection de trois films complète cette programmation, ainsi qu'une soirée spéciale Jérôme Thomas le samedi 13 septembre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91167315-64140300.jpg?v=1758127379" alt="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" title="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" />
     </div>
     <div>
      Le premier film, un documentaire filmé par Mathias Jund et Jérôme Thomas en 1996 lors d'une tournée du spectacle &quot;Hic-Hoc&quot; dans les pays de l'Est : &quot;Sur les traces d'Andreï Roublev au grand nord&quot;. Un film dont le fil conducteur est une question : qu'est-ce que l'inspiration ?       <br />
              <br />
       Deux autres projections, &quot;Rain/Bow&quot; (2006), une captation du spectacle réalisée par Bruno Lemesle et &quot;Ici&quot; (2010), la captation du spectacle au Théâtre Dijon Bourgogne réalisée par R Productions, donnent un aperçu de la puissance visuelle des spectacles de Jérôme Thomas. Une esthétique très marquée qui s'appuie sur la lumière, les modulations de l'espace scénique et la virtuosité des interprètes.       <br />
              <br />
       La soirée spéciale réunit des partenaires de longue date, des invités français et étrangers, des frères d'armes et des élèves. Ce fut près de cinq heures d'une suite infinie de performances de différents circassiens, jongleurs, acrobates, contorsionnistes… et musiciens, présentée par un maître de cérémonie travesti, personnage venu en droite ligne de l'univers fantaisiste et désinhibé du cabaret. Une soirée dont l'ouverture fut prise en charge par Jérôme Thomas en personne, qui présenta une courte et poignante histoire, seul, incarnant un personnage silhouette, comme une ombre de la rue, couvert d'un long manteau et d'un chapeau à large bord.       <br />
              <br />
       Il va s'emparer et jouer avec différents symboles forts de la carrière du jongleur : plumes de paon qu'il jette aux quatre horizons, film plastique qu'il sort de sa pelisse… couverture de survie qu'il met en vie et dont il se débarrasse comme d'une chrysalide, paillettes qu'il poudroie dans l'espace, celle du spectacle, sable qui s'écoule de ses manches comme le sable des pistes de cirque anciennes, autant de symboles qu'il quitte pour finir par une extinction lente de la lumière qui l'entoure. Une façon de quitter la scène.       <br />
              <br />
       Mais ce n'était que les adieux au Cirque Lili. Jérôme Thomas ne clôt pas ici sa carrière, mais compte encore transmettre son art aux jeunes générations. À partir d'octobre 2025, il sera le directeur artistique du cours triennal pour artiste de cirque contemporain de l'Académie Cirko Vertigo à Grugliasco, fondée et dirigée par Paolo Stratta. Un passage important, présenté en conférence de presse à Paris et qui intervient à un moment crucial pour le développement de l'Académie (basée dans le Piémont) et du cirque contemporain en Italie et en Europe.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91167315-64140305.jpg?v=1758127413" alt="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" title="Cinq jours en l'honneur des trente-trois années d'existence du Cirque Lili… Les adieux de la compagnie Jérôme Thomas" />
     </div>
     <div>
      Pour rendre cette collaboration encore plus spéciale : Jérôme Thomas a fait don à l'Académie du légendaire Cirque Lili, chapiteau historique, symbole de sa poétique, qui deviendra un espace de création, de spectacle et d'étude pour les nouvelles générations d'artistes. Il est aussi administrateur délégué du pôle cirque de la SACD.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       <b>"Time"</b>       <br />
       S'est déroulé du 10 au 14 septembre 2025.       <br />
       Cirque Lili et l'Hostellerie- Centre d'Art Singulier, Dijon.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Le programme des spectacles présentés :</strong></span>       <br />
              <br />
       <b>"Why"</b> par la Compagnie Blucinque - Caterina Mochi Sismondi.       <br />
              <br />
       <b>"Soñar y nada más"</b> parr la Cie Sens Dessus Dessous - Jive Faury et Aurélie Galibourg.       <br />
              <br />
       <b>"Entre - Cordes"</b> par la Cie Modogrosso - Alexis Rouvre et Deborah Colucci.       <br />
              <br />
       <b>"Assis"</b> par la Cie Jérôme Thomas - Jérôme Thomas et Christian Maes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Soirée spéciale Jérôme Thomas</strong></span>       <br />
              <br />
       <b>"Temps artistique et convivial, Performances"</b> de Jérôme Thomas et Jive Faury.       <br />
       Avec : Alexis Rouvre, Lise Pauton, Martin Schwietzke, Markus Schmid, Simon Anxolabéhère, Jérôme Thomas, Jive Faury, Juana Ortega Kippes, Christian Maes, Antoine Lenoble.       <br />
              <br />
       À la Barrière : <b>Les Samedis Jonglés.</b>       <br />
              <br />
       <b>"Time to tell"</b> par la Compagnie Unijambiste - Martin Palisse et David Gauchardau.       <br />
       <b>"Performance"</b> par Lise Pauton et Bertrand Binet.       <br />
              <br />
       <b>"Time L'Expo"</b>, qui réunit les photos de Christophe Raynaud de Lage, sera visible à l'Hostellerie - Centre d'Art Singulier jusqu'au 1er octobre 2025.       <br />
       Exposition conçue par Élodie Jarrier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Lauréats 2025 du dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD</title>
   <updated>2025-03-06T16:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Laureats-2025-du-dispositif-Auteurs-d-Espaces-cree-par-la-SACD_a4164.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
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   <published>2025-03-06T16:33:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réunie le 25 février dernier en présence de Frédéric Fort, conseiller Arts de la Rue SACD, la commission du dispositif Auteurs d’Espaces a sélectionné cinq projets parmi les cinquante-deux reçus. Les cinq créations seront présentées dans l'un des trois festivals partenaires : Chalon Dans la Rue, le Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac et Cergy, Soit ! Un dispositif unique dédié aux arts de la rue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86997922-61794107.jpg?v=1741275683" alt="Lauréats 2025 du dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD" title="Lauréats 2025 du dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD" />
     </div>
     <div>
      En partenariat avec les festivals incontournables du répertoire des arts de la rue, le dispositif Auteurs d'Espaces créé par la SACD, présente et accompagne une sélection de spectacles d'auteurs et d'autrices "arts de la rue", textuels ou non textuels, fixes ou déambulatoires, valorisant cette écriture spécifique distincte du théâtre dans la rue.       <br />
              <br />
       Auteurs d'Espaces invite par ailleurs les spectacles de rue à s'ouvrir à l'ensemble des répertoires du spectacle vivant, ainsi qu'aux artistes venus de tous horizons afin de mettre en lumière la richesse des correspondances entre les arts. Avec ce partenariat tissé avec des festivals de renom, Auteurs d'Espaces est un dispositif qui répond parfaitement aux ambitions de la SACD et de son action culturelle, à savoir aider à créer et à diffuser les œuvres des autrices et auteurs de tous ses répertoires.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">"Cette année encore les nombreuses candidatures au dispositif Auteurs d'Espaces ont fait la preuve que les Arts de la Rue regorgent de propositions novatrices et proposent des dramaturgies ambitieuses dédiées à l'Espace Public dans des formes aussi variées que pertinentes.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Ainsi, le cinéma immersif, la chorégraphie participative, le cirque permanent, le conte roboratif du terroir, ou le théâtre comme contre-célébration ; se jouant de l'actualité comme de nos questionnements millénaires, maniant aussi bien l'humour qu'excitant la crainte et la pitié, invitant le public à se mêler à l'acte artistique dans des scénographies in situ et des propos in foro ; représenteront le choix de la commission 2025 à Chalon, Aurillac et Cergy. Toute jeune compagnie, ou compagnie confirmée, venant d'une région ou d'une autre, et dirigée majoritairement par des autrices. Nous leur souhaitons de belles rencontres avec les publics à venir, toujours plus nombreux chaque année lors de ces festivals"</span>, précise Frédéric Fort.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Les 5 projets lauréats</strong></span>       <br />
       <b>Au Festival Chalon dans la rue à Chalon-sur-Saône du 17 au 20 juillet 2025 :</b>       <br />
       "Campement" de Valentina Santori ; Paul Cretin ; Sylvain Pascal ; Thomas Dequidt ; Pierrick Bonjean ; Pietro Selva Bonino, Association Incubateur.       <br />
       "Métamortem" de Maryne Lanaro, Collectif Grand Dehors.       <br />
              <br />
       <b>Au Festival International de Théâtre de Rue à Aurillac du 20 au 23 août 2025 :</b>       <br />
       "En attendant la Vague" de Jean-Marc Besenval et Florentin Guesdon, Espèces d'Espaces.       <br />
       "Friterie mon ami.e" de Lesli Baechel et César Roynette, Compagnie Bonjour Désordre.       <br />
              <br />
       <b>Au festival Cergy, Soit ! à Cergy du 12 au 21 septembre 2025 :</b>       <br />
       "K.O - s p o r t" de Zoé Pannier, Supersueurs.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Le jury de la commission</strong></span>       <br />
       Le jury de la commission Auteurs d'Espaces était composé de deux autrices et un auteur : Juliette Hecquet (Notre Insouciance), Aïcha Touré, Pascal Le Guennec (Oposito). Ainsi que d'une programmatrice et deux programmateurs : Lucile Chesnais Slootman (Festival Chalon dans la rue) ; Sébastien Bris (Festival Cergy Soit !) et Frédéric Remy (Festival International de Théâtre de Rue d'Aurillac).       <br />
              <br />
       <b>Photo :</b> Friterie bricolée N°5 Hénin-Beaumont, capitale française de la convivialité // avril 2023 // Centre culturel L'Escapade à Hénin-Beaumont // Les résidents du foyer d'adultes en situation de handicap, Le Bord des eaux, activent la friterie et Radio patate. La friterie est accessible à tous © Clément Martin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !</title>
   <updated>2024-04-30T18:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Lavoir-Moderne-Parisien-Les-arts-au-service-de-la-cite-_a3891.html</id>
   <category term="Coulisses &amp; Cie" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79821507-57740070.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-26T16:55:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un de ces lieux dont on aimerait entendre beaucoup plus souvent les échos dans le monde du spectacle. Appelé "Les petites Bouffes" par Peter Brook, le Lavoir Moderne Parisien est aussi riche de son passé que de ses ambitions actuelles et futures. Passage en revue d'une structure, baromètre du monde et de notre société, qui en épouse les soubresauts pour en combattre ses rectitudes et sa violence. Dans un échange croisé avec Khalid Tamer et Julien Favart, visite de l'intérieur de cet endroit artistique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57740070.jpg?v=1714144729" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
     </div>
     <div>
      C'est un lieu chargé de son histoire où Zola aurait pu poser sa plume pour écrire &quot;L'Assommoir&quot; (1876) tant l'endroit respire une époque dans laquelle les années semblent avoir épousé les murs, mais aussi les combats, ceux du Lavoir Moderne Parisien (LMP), pour un enrichissement et un échange culturels accueillant l'étranger ou le voisin de palier. Anciennement était situé un lavoir à son rez-de-chaussée actuel, la structure en garde encore aujourd'hui un témoignage avec une scène de 10 m x 10 m habillée de murs, aux briques blanches, soutenus par des poutres en bois. La jauge est de 70 personnes. Au premier étage se découvre une grande salle presque rectangulaire où se déroulent épisodiquement quelques expositions et répétitions.       <br />
              <br />
       Les Femen y ont installé leur camp d'entraînement international en 2012. Elles en ont fait leur premier siège français international. Le LMP est une structure où les arts entrent par la grande porte. C'est le rachat de son bail effectué en 2014 par la compagnie théâtrale &quot;Graines de Soleil&quot;, afin d'éviter la transformation du lieu par le propriétaire pour d'autres finalités, qui a permis sa pérennité. Il est une chambre d'écho qui fait entendre la voix des uns, des autres, des plus faibles, des opprimés et des oubliés, pour faire cohabiter des mondes de plus en plus séparés par une ignorance et une peur irrationnelle, à penser les plaies avant de les panser au travers de l'Art. Quoi de mieux que la musique, la chanson, le théâtre et la danse pour porter ce combat qui est devenu encore plus urgent aujourd'hui ? Le LMP se donne à cœur de faire découvrir un Autre et Ailleurs dans cet Ici.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57740079.jpg?v=1714144787" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
     </div>
     <div>
      Situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, c'est le seul théâtre du quartier de la Goutte d'Or, niché dans la rue Léon, à proximité d'une rue commerçante et passante, celle d'Oran. L'endroit incarne la vision de Khalid Tamer et Julien Favart, respectivement directeur et codirecteur et directeur artistique du LMP, de faire acte d'Art dans un quartier populaire délaissé, entre autres, par la culture. Ils sont l'autre visage du 6ᵉ art, et complémentaire à celui de la Comédie-Française, en étant en écho perpétuel avec ce qui fait le monde actuel. Les deux bureaux et la loge des artistes, avec sa cuisine attenante, sont à l'image de l'approche simple et directe de l'équipe. Cette simplicité laisse place à une vraie exigence sur la programmation et les ambitions artistiques de la structure.       <br />
              <br />
       Avec un flair artistique indéniable et détecteur de talents, le LMP accompagne les jeunes artistes encore habillés du manteau de l'inexpérience et de la robe de la &quot;première&quot; fois. Pour Khalid Tamer : <span style="font-style:italic">&quot;Souvent, nous allons prendre des risques, là où beaucoup de théâtres aujourd'hui financièrement ne prendront pas beaucoup de risques, car nous, en fait, on est un peu la première feuille en pariant sur un jeune artiste&quot;.</span> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57740331.jpg?v=1714146488" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
     </div>
     <div>
      Pour Julien Favart : <span style="font-style:italic">&quot;On se pose la question du public, bien évidemment. Faire du théâtre, mais pour qui et comment ? (…) Comment élargir, trouver un nouveau public ? (…) Nous proposons un miroir au public de ce qui se passe sur scène et qui ressemble à la société actuelle et c'est dans ce sens-là, qu'on accompagne le renouvellement avec les nouvelles écritures, avec les nouveaux artistes, avec les émergents. Et là-dedans, on a un regard attentif (…). C'est quand même assez compliqué pour quelqu'un qui débarque à Paris et qui ne connaît personne d'être programmé (…) On est capable de lui offrir sa chance et une programmation&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Là, sont passés, entre autres, encore inconnus, Valère Novarina, Joël Pommerat, les Têtes Raides, Abd Al Malik. Et aussi Youssou N'Dour, Biyouna. <span style="font-style:italic">&quot;Tous les rejetés qui, à un moment, ne sont pas d'accord avec des règles qui se disent d'Art et c'est pour ça que l'Art est vaste.&quot;</span> Alors, le LMP les accueille comme Lola Lafon, <span style="font-style:italic">&quot;car, oui, il fallait la défendre&quot;</span>, ou Brigitte Fontaine, <span style="font-style:italic">&quot;à une époque où tout le monde n'en voulait pas&quot;</span>. <span style="font-style:italic">&quot;On est un endroit où on va toujours chercher ceux qui ont une nouvelle forme poétique à dire, à défendre, que ce soit en théâtre, en danse, en musique&quot;</span>, rappelle Khalid Tamer.       <br />
              <br />
       Ici, se jouent des <span style="font-style:italic">&quot;spectacles qui racontent le monde&quot;</span>. Ainsi, en précurseur et avant tout le monde, en 2005-2006 jusqu'en 2010, le LMP avait programmé la pièce &quot;Les soldats inconnus&quot; pour faire sortir de l'oubli la figure des tirailleurs sénégalais, des goumiers marocains et des soldats inconnus de la Seconde Guerre mondiale.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57751205.jpg?v=1714242260" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
     </div>
     <div>
      Pour Khalid Tamer, <span style="font-style:italic">&quot;la France est comme un fleuve avec ses rivières et, aujourd'hui, ses diasporas&quot;.</span> Le LMP fait du <span style="font-style:italic">&quot;théâtre politique dans le sens poétique du mot, mais pas dans le sens gauche-droite-vert. À partir du moment qu'on est sur le plateau, c'est un acte&quot;.</span> Et cet acte se multiplie depuis des années dans leur programmation, leurs festivals et événements. C'est ce qui fait leur marque de fabrique.       <br />
               <br />
       Au nombre de ceux-ci, le LMP organise &quot;Le Banquet Culture de la rue Léon&quot; où depuis cinq ans, il ouvre ses portes à la rue et à ses nombreux passants, ses visiteurs et curieux du moment, autour de spectacles et d'un repas partagé le samedi soir. Le tout gratuitement. Artistes de stand-up, de la rue et de la scène, des concerts, de la musique investissent le quartier de la Goutte d'Or. Les arts sont offerts à tous et au plus grand nombre.        <br />
              <br />
       Comme le dit Khalid Tamer, <span style="font-style:italic">&quot;c'était l'époque de Molière où tout se finissait en banquet, en repas. Nous, on commence par ce banquet culturel notre année&quot;.</span> Le LMP accueille et accompagne aussi d'autres festivals comme celui de musique classique, &quot;La semaine classique du Lavoir&quot;, au sein de ses locaux, porté par l'association &quot;Le Ponton des Arts&quot;. C'était la 5ᵉ édition en 2023. Il y a aussi le festival &quot;Écarts&quot;, organisé par le Bureau des Arts de Sciences Po Paris, qui réunit une sélection de projets portés par de jeunes compagnies étudiantes.       <br />
               <br />
       Se déroule aussi &quot;Le Lavoir en famille&quot; qui est une programmation jeune public, créée en partenariat avec les Tréteaux de France et avec le CDN de Sartrouville. C'est la deuxième édition cette année. Trois spectacles sont proposés aux jeunes enfants, de 3-4 ans à 8 ans, et à leur famille durant les vacances scolaires.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57751646.jpg?v=1714246440" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
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     <div>
      Autre festival, &quot;Africapitales&quot; a pour objectif de mettre en relation artistique et culturelle, Paris avec une capitale du continent africain. Il y a eu Bamako (2022) puis Kigali (2023) et Cotonou (2024). L'année prochaine, ce sera Dakar. Ce festival fait un éclairage d'un pays de l'Afrique qui est appréhendée, en règle générale, avec une grande myopie, comme un vaste bloc noir, sans faire de nuances et de distinctions entre les pays. Là, un focus est effectué sur une capitale d'un État africain dont Paris, grâce et avec le LMP, accueille les artistes pour des représentations durant un mois et où ensuite, le festival se poursuit dans la capitale conviée avec des danseurs, comédiens et musiciens français. C'est un véritable échange qui s'opère entre les deux villes, les deux nations, les deux continents.       <br />
               <br />
       &quot;Habiter le monde&quot; est un vaste projet qui a été pensé après la COVID quand la Mairie de Paris avait préempté le LMP en 2020 et où durant les six saisons précédentes, &quot;Graines de Soleil&quot; avait continué son travail de programmation exigeante afin de le faire vivre. &quot;Habiter le monde&quot; se donne l'ambition de <span style="font-style:italic">&quot;savoir comment faire parler le monde à travers l'Art et d'ouvrir les portes à toutes les cultures et toutes les langues&quot;.</span> Ce qui a donné naissance à des festivals comme, entre autres, &quot;Africapitales&quot;.       <br />
              <br />
       Dans un futur proche, l'objectif est de faire venir des spectacles européens. Dans la même veine, c'est celui aussi mené actuellement avec le ministère de la Culture et l'Institut du Monde Arabe, pour avoir des représentations de trois pièces de langue arabe en 2024. Et puis autre ambition, et non des moindres, <span style="font-style:italic">&quot;celui de travailler avec d'autres espaces en France (…) et de faire des centres nationaux du quartier&quot;.</span>       <br />
               <br />
       Actuellement, l'équipe est en médiation avec la Mairie de Paris.       <br />
              <br />
       Nous espérons pouvoir les retrouver l'année prochaine et encore de nombreuses années pour continuer &quot;Habiter le monde&quot; et faire perdurer le Lavoir Moderne Parisien avec une programmation aussi exigeante et audacieuse.       <br />
               <br />
       L'interview s'est déroulée le vendredi 19 avril dans les locaux du Lavoir Moderne Parisien avec Julien Favart et, à distance, avec Khalid Tamer.
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     <div><b>Le Lavoir Moderne Parisien</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79821507-57751661.jpg?v=1714246529" alt=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" title=""Le Lavoir Moderne Parisien" Les arts au service de la cité !" />
     </div>
     <div>
      Fabrique des émergences créatives - Théâtre, musique et danse.       <br />
       35, rue Léon, Paris XVIIIe, 01 46 06 08 05.       <br />
       <a class="link" href="https://lavoirmoderneparisien.com" target="_blank">&gt;&gt; lavoirmoderneparisien.com</a>       <br />
              <br />
       <b>L'équipe du Lavoir Moderne Parisien</b>       <br />
       Directeur : Khalid Tamer.       <br />
       Co-directeur et directeur artistique : Julien Favart.       <br />
       Directrice artistique adjointe : Anaïs Robbe.       <br />
       Directeur technique : Mathieu Rodride.       <br />
       Administratrice : Sarah Janin.       <br />
       Chargée de coordination, production et développement local : Jeanne Jezequel.       <br />
       Chargée de billetterie et des relations publiques : Nattie Tweh.       <br />
       Assistante chargée de communication : Zélie Martinez-Almoyna.       <br />
       Chargé d'accueil et des compagnies : Zakariae Heddouchi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Lavoir-Moderne-Parisien-Les-arts-au-service-de-la-cite-_a3891.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique</title>
   <updated>2024-01-06T18:43:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Maitres-anciens-Comedie-La-detestation-promue-a-l-etat-de-grace-artistique_a3787.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77643285-56408850.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-05T18:34:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Précédant "Extinction" dont le titre prend valeur de testament, "Maîtres anciens" – roman éponyme de Thomas Bernhard adapté ici par Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit et Éric Didry – est l'avant-dernier de l'écrivain autrichien. Dans un jeu de massacre haut en couleur, animé par sa haine récurrente de l'État catholique, remugle de l'État national-socialiste, et son non moins irrésistible humour corrosif poussé là à son incandescence, l'auteur déglingue allègrement les Stifter, Heidegger, Bruckner, Beethoven, Mahler et autres figures tutélaires d'un art vicié, instrumentalisé autant par ses auteurs que par ses destinataires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408850.jpg?v=1704479747" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Fossilisés par une culture d'État les ayant accaparés, ces &quot;maîtres anciens&quot; serviles hantent de leur présence-absence le Musée d'art ancien de Vienne où un vieux critique musical vient compulsivement s'asseoir, <span style="font-style:italic">&quot;tous les deux jours, sauf le lundi, depuis plus de trente ans&quot;</span>, pour contempler &quot;L'homme à la barbe blanche&quot; de Tintoret… Tel est ici l'argument de départ donnant lieu à des saillies qui, au-delà de leur folle drôlerie (le sous-titre &quot;Comédie&quot; nous en avertit) ouvre à une vraie réflexion sur l'art et ses avatars.       <br />
              <br />
       Rendant compte par le menu des pensées et gestes en boucle de l'antique critique en musicologie, Nicolas Bouchaud égal à lui-même – lire transcendant – parcourt d'une seule traite ce roman fleuve pour en exprimer, comme on exprime le jus d'un fruit, toute la quintessence. Se coulant à la perfection dans le personnage dont il endosse les tics répétitifs, c'est en état de grâce artistique qu'il délivre mot à mot, phrase à phrase, page à page, le flux et reflux d'une pensée déferlante où la répétition du même a valeur de ponctuation, et où les fragments de nos vies minuscules font effraction dans la cour des soi-disant grands hommes.       <br />
              <br />
       Alors que les derniers spectateurs viennent de prendre place, le comédien assis en bord de travée scrute la salle pour lancer à son adresse : <span style="font-style:italic">&quot;Vous devez vous demander pourquoi je vous ai convoqué ici ? Je vous le dirai, mais laissez-moi le temps…&quot;.</span> D'emblée, la connivence acteur-spectateurs est établie et, durant l'heure et demie qui suivra, elle ne sera jamais rompue tant l'attraction opère, faisant de nous &quot;les victimes – ô combien consentantes – du maître en logorrhée musicologique&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408853.jpg?v=1704479780" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Jeux de miroirs entre l'acteur, contemplant de dos une série de toiles blanches où, sur l'une d'entre elles, on peut imaginer entrevoir &quot;L'homme à la barbe blanche&quot; de Tintoret, et nous, nous projetant dans son regard magnétique tant la vérité se donne à voir dans le tourbillon des fragments qui la composent. Une expérience étourdissante, au propre comme au figuré, où l'on perd pied pour mieux se dessaisir des interprétations manufacturées conduisant à une lecture fossilisée des enjeux de l'art vivant.       <br />
              <br />
       Du magma fusionnant les considérations sur la récupération par l'État des artistes &quot;normalisés&quot;, à l'insu de leur plein gré, avec les épreuves des deuils imposés par le fait même de vivre, la pensée fuse faisant corps avec celui de l'acteur l'incarnant. Ainsi, mises en mouvement, les réflexions nous atteignent par vagues successives, aussi imprévisibles qu'impétueuses, propres à nous laver de tous &quot;pré-jugés&quot;. Comme on pourra en juger par ces quelques morceaux choisis extraits de ce bouillon de cultures revisitées…       <br />
              <br />
       Stifter, ce grand maître de la prose vénéré par toute l'élite autrichienne ? Un plumitif minable, un bavard insupportable au style mal fichu, l'auteur en vérité le plus ennuyeux et le plus hypocrite de la littérature allemande, d'une sentimentalité et d'une lourdeur petite-bourgeoise, un pédagogue à l'odeur de moisi… Heidegger, ce philosophe de la Forêt Noire ? Un ridicule petit-bourgeois national-socialiste en culotte de golf, un faible penseur préalpin, un ruminant philosophe foncièrement allemand… Beethoven, cet éminent représentant du classicisme viennois ? Un dépressif chronique, le compositeur d'État par excellence, compositeur plus de tintamarre que de musique, expert de la marche à pas cadencés des notes… Mahler ? Une aberration, le type du compositeur à la mode provoquant l'hystérie de masse, bien plus mauvais encore que Bruckner avec lequel il partage le même kitsch…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408862.jpg?v=1704479815" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      S'entremêlant à ces portraits au vitriol visant à désacraliser ce que l'art sanctuarisé et ses serviteurs zélés peuvent représenter de forces réactionnaires, des considérations sur les toilettes viennoises dégoûtantes – les Autrichiens étant incultes en matières… de toilettes – voisinent avec des remarques à l'emporte-pièce sur les historiens d'art bêlant devant des troupeaux de moutons au regard vide. Quant aux enseignants, ces profs rabougris, petits-bourgeois cadenassés dans leurs certitudes apprises, empêcheurs de vivre, suppôts de l'État, ils dégoûtent à jamais les enfants autant des musées que de l'existence qu'ils abîment en eux.       <br />
              <br />
       Tableaux peu reluisants s'il en est d'un État catholique post national-socialiste, destructeur des forces de vie, mais brossés avec tant de frénésie vitale que ce qui ressort, derrière les charges des plus appuyées, c'est le bonheur hautement contagieux d'entendre et de voir ce pourfendeur – certes névrosé à l'excès, mais aussi excessivement lucide – d'un système porteur d'une morbidité avérée, rayonner d'humanité vibrante. L'incarnation par l'acteur, revêtant à l'occasion la culotte de peau de l'archétype autrichien, rend encore plus savoureuse la &quot;comédie&quot; humaine ayant trouvé là refuge sur un plateau de théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408865.jpg?v=1704479839" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      D'autres épisodes plus personnels, comme celui de l'enfance malheureuse à conjurer, ou comme celui du deuil impossible de la femme aimée, rencontrée justement devant ce fameux tableau de Tintoret, font effraction comme des bulles d'oxygène venant crever à la surface de sa mémoire tourmentée. Affres trouvant in fine dans l'art le lieu de la consolation ultime, car même si Shakespeare et Kant nous laissent en plan lorsque l'on aurait besoin d'eux, Schopenhauer peut devenir un médicament de survie. Quant aux gens, même si légitimement on aurait toutes les raisons de les détester, nous voulons vivre avec eux parce que c'est l'unique chance que nous ayons de survivre… sans devenir fous.       <br />
              <br />
       Quant à la chute – la raison pour laquelle le vieux critique de musique nous a invités ce jour-là au Musée d'art ancien –, elle donnera lieu à deux billets… offerts ici par Nicolas Bouchaud pour <span style="font-style:italic">&quot;partager le plaisir de cette folie perverse&quot;</span> qu'est le théâtre en allant découvrir prochainement au Théâtre 14 &quot;Être peintre&quot; d'après la correspondance de Nicolas de Staël.       <br />
              <br />
       De cette comédie au parfum tragique, on ressort rassérénés, voire carrément heureux… En effet, au cœur de la noirceur de l'univers dépeint avec une férocité joyeuse par Thomas Bernhard, se lovent des moments de pur émerveillement transcendant pour la magnifier la lucidité du regard nihiliste. Quant au rôle superbement interprété par Nicolas Bouchaud, définitivement &quot;maître ès-arts&quot;, il amplifie le bonheur offert par ces &quot;Maîtres Anciens&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 9 décembre 2023 au Théâtre 14, Paris 14e.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Maîtres anciens (Comédie)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77643285-56408869.jpg?v=1704479878" alt=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" title=""Maîtres anciens (Comédie)" La détestation promue à l'état de grâce artistique" />
     </div>
     <div>
      Texte : Thomas Bernhard,       <br />
       Un projet de Nicolas Bouchaud.       <br />
       Mise en scène : Éric Didry.       <br />
       Traduction française : Gilberte Lambrichs (publiée aux Éditions Gallimard).       <br />
       Adaptation : Véronique Timsit, Nicolas Bouchaud, Éric Didry.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud.       <br />
       Collaboration artistique : Véronique Timsit.       <br />
       Scénographie et costumes : Élise Capdenat, Pia de Compiègne.       <br />
       Lumière : Philippe Berthomé, en collaboration avec Jean-Jacques Beaudouin.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Voix : Judith Henry.       <br />
       Régie générale, régie son : Ronan Cahoreau-Gallier.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 5 au 23 décembre 2023,       <br />
       au Théâtre 14, 20, avenue Marc Sangnier, Paris 14e.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 12 janvier 2024 :</span> Théâtre des 13 vent - CDN, Montpellier (34).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Maitres-anciens-Comedie-La-detestation-promue-a-l-etat-de-grace-artistique_a3787.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain</title>
   <updated>2023-12-29T17:13:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-vie-dans-l-art--1923-2023-le-siecle-il-a-passe-et-rien-de-nouveau-a-l-est-Un-flamboyant-Tchekhov-contemporain_a3785.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77540569-56350169.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-12-29T16:34:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350169.jpg?v=1703865649" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
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     <div>
      Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de &quot;Notre vie dans l'art&quot;, on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.       <br />
              <br />
       Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350174.jpg?v=1703865671" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
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      C'est dimanche, jour de relâche du Théâtre de Moscou en tournée à Chicago en cette année suivant de six ans la révolution bolchévique de 1917. La troupe s'apprête à fêter ses vingt-cinq ans d'existence… Pendant cette journée particulière et autour de la table dressée marquant l'unité de temps et de lieu, entre toasts portés, conversations à bâtons rompus, chants entonnés joyeusement et lourds silences observés, vont se jouer et rejouer à l'envi les mille et un sujets traversant le menu des existences ordinaires. Propos traversant inéluctablement nos vies minuscules, mais vite amplifiés par le contexte politique reliant l'existence de l'art aux contingences d'un réel qui insiste au-delà de la période concernée.       <br />
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       Deux lettres lues (au tout début et en clôture) par l'ancien acteur du Théâtre d'Art de Moscou s'étant exilé outre atlantique donnent le ton en enchâssant les échanges de ces repas festifs. L'une et l'autre – à signer expressément par le Directeur du Théâtre – sont adressées au camarade Joseph Staline… Toutes les deux (datées de 1936 et de 1938) vantent la gloire du Petit Père des Peuples et du Parti Communiste guidant l'Union Soviétique vers de hauts horizons de culture. Contrastant avec le ton et le contenu de ces missives, en dissonance absolue avec elles, les questionnements des protagonistes résonnent pour en dire long sur la dépendance des artistes à un régime absolutiste exigeant d'eux obéissance et soumission.       <br />
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       D'emblée, la fragilité de cette tournée loin de la terre nourricière est annoncée par le recadrage de l'un des jeunes acteurs s'étant laissé aller à un banal scandale dans un bar. <span style="font-style:italic">&quot;Nous travaillons tous pour faire bonne impression ici&quot;,</span> lui rétorque-t-on. À la pression du pays d'origine, s'ajoute celle du pays d'accueil dont dépend le succès de la tournée. De plus, on découvre vite que le simple désaccord relationnel dépasse la dimension personnelle pour recouvrir des sensibilités politiques en tension : l'un est soupçonné d'adhérer à l'idéologie bolchévique, alors que les autres lui font allégeance seulement pour pouvoir vivre leur art.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350183.jpg?v=1703865700" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
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      Entre pelmeni (raviolis emblématiques de la cuisine russe) préparés avec amour et thés partagés, les conversations vont bon train autour de la tablée. Pêle-mêle s'y disent l'infidélité d'un acteur faisant écho à celle d'une comédie de Shakespeare (cf. &quot;le monde entier est un théâtre&quot;), les réceptions éblouissantes données par les très riches Russes blancs et les robes magnifiques des femmes, les volumes offerts de Pouchkine et l'icône qu'on aura bien du mal à rapporter au pays, la cérémonie à l'église où l'on se doit d'assister pour plaire à l'archevêque, le jeu de &quot;La Mouette&quot; réincarnée… Autant de sujets plus ou moins légers, émaillant des discussions traversées progressivement par des questionnements plus inquiétants sur l'avenir de la troupe.       <br />
              <br />
       Qu'adviendra-t-il des rêves d'achat de datcha, lorsque, portée par Petia, une enveloppe contenant des coupures de journaux moscovites est ouverte ? Maïakovski, chantre de la révolution prolétarienne, n'écrit-il pas que leur théâtre est un <span style="font-style:italic">&quot;œilleton pour voyeurs&quot;</span> ou encore que <span style="font-style:italic">&quot;Tchekhov lui laisse un goût malsain dans la bouche&quot;</span> ? Sans parler des autres articles jetant l'opprobre sur leur tournée américaine, accusant effrontément Lord Stanislavski (Kostia) de pactiser avec les millionnaires américains jusqu'à se réjouir de <span style="font-style:italic">&quot;n'avoir pas devant lui un public de rebuts soviétiques&quot;</span> ? Ou encore de cette photo d'Olga (la veuve d'Anton Tchekhov) <span style="font-style:italic">&quot;bradant les trésors russes à une vente de charité&quot;</span> ? Ou encore de celle de Vania <span style="font-style:italic">&quot;enveloppant de ses bras des Russes blancs&quot;</span> rebuts du tsarisme ? Quant au télégramme les enjoignant de se présenter au plus vite aux autorités bolchéviques sous peine d'être <span style="font-style:italic">&quot;considérés comme des fugitifs politiques criminels&quot;</span>, de quoi augure-t-il ?
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350189.jpg?v=1703865746" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
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      Mais refusant de sombrer dans la peur désespérante, prenant acte que les séances de rééducation auxquelles le directeur de la troupe (Kostia) et son adjoint (Vania) ont été soumis ont forgé en eux l'art de la dissimulation salvatrice, c'est la fête du vingt-cinquième anniversaire qui reprend ses droits. Et de porter tous – joyeusement ! – un toast à la gloire de l'actrice experte en art culinaire (Masha) et un autre à celle du théâtre, lieu souverain de l'illusion.       <br />
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       Et ce ne sont pas les annonces du producteur et de l'administrateur du Théâtre de Moscou, contraignant les acteurs sociétaires à jouer à perte pour rembourser les dettes contractées par la tournée en Amérique, ni l'annonce de l'annulation de leur tournée au Canada (sous prétexte qu'ils seraient de dangereux bolchéviques), qui vont impacter leur foi dans le théâtre, enjeu de leur vie entière. Le sketch des &quot;Trois Sœurs&quot;, interprété avec pétulance, est là pour en attester…       <br />
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       Ainsi au travers de cette traversée tchékhovienne (et enjouée) de cette journée particulière de 1923 revécue en live par les comédiens du Théâtre du Soleil, ce qui se dit prend valeur atemporelle. Il faudrait en effet être atteint de surdité mentale pour ne pas entendre que ce qui se joue ce soir nous parle intensément de la condition des artistes contemporains, non seulement dans les pays totalitaires où l'art est soumis aux diktats implacables des dirigeants, mais aussi dans les pays dits libres comme le nôtre, où certains édiles d'extrême droite ou de droite dure entendent régenter le fonds des bibliothèques et la programmation des théâtres. Rien de nouveau à l'est… ni à l'ouest. Un spectacle incontournable et rayonnant du Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine.       <br />
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       <b>Vu le 7 décembre au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, à Paris.</b>
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     <div><b>"Notre vie dans l'art - Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, Illinois en 1923"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77540569-56350192.jpg?v=1703865777" alt=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" title=""Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain" />
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      Écriture : Richard Nelson.       <br />
       Mise en scène : Richard Nelson.       <br />
       Traduction : Ariane Mnouchkine.       <br />
       Avec les comédiens du Théâtre du Soleil : Shaghayegh Beheshti, Duccio Bellugi-Vannuccini, Georges Bigot, Hélène Cinque, Maurice Durozier, Clémence Fougea, Judit Jancso, Agustin Letelier, Nirupama Nityanandan, Tomaz Nogueira, Arman Saribekyan.       <br />
       Assistante, assistant à la mise en scène et interprètes : Ariane Bégoin, Alexandre Zloto.       <br />
       Lumières : Virginie Le Coënt.       <br />
       Son : Thérèse Spirli.       <br />
       Costumes : Marie-Hélène Bouvet, Nathalie Thomas, Annie Tran.       <br />
       Ensemblier : Sébastien Brottet-Michel.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       Créé à la Cartoucherie le 6 décembre 2023 dans le cadre du Festival d'Automne.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 décembre 2023 au 11 février 2024.</span>       <br />
       Mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles les 24 et 31 décembre ; les 3 et 4 janvier.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 2 mars 2024.</span>       <br />
       Vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       La représentation sera exceptionnellement à 19 h 30 le samedi 24 février.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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