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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-08T00:40:22+02:00</updated>
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   <title>Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités</title>
   <updated>2011-07-15T11:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pascal-Parsat-pour-un-theatre-accessible-a-toutes-les-singularites_a235.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2011-07-13T16:33:00+02:00</published>
   <author><name>Anaïs Heluin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au milieu de l'effervescence avignonnaise, des 1 200 spectacles proposés dans le Off du festival, il faut se pencher pour découvrir la présence de Pascal Parsat, directeur artistique et co-fondateur du Centre Ressource Théâtre Handicap (CRTH). Discret mais opiniâtre, il œuvre pour l'accessibilité des pièces de théâtre à tous les publics. Surtout à l'un des plus marginalisés : les personnes handicapées. Une action qui dépasse de loin le cadre de la plus grande manifestation internationale d'arts vivants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3129316-4471380.jpg?v=1310569328" alt="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" title="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" />
     </div>
     <div>
      Brigade d'accessibilité, souffleurs d'images, régie mobile, programmes en braille... Dans un enthousiasme communicatif, Pascal Parsat nous fait entrevoir un visage bien peu connu du festival, composé de structures d'aide à l'accessibilité. Cette année, c'est sur le Festival Théâtr'enfants et tous publics qu'est présent le CRTH. Mis en place par l'association Eveil Artistique des Jeunes publics, cet événement regroupe onze pièces, une exposition ludique et des ateliers d'éveil artistique à la Maison du Théâtre pour enfants du 7 au 26 juillet. Car il faut mener la lutte en amont.        <br />
              <br />
       Pascal Parsat observe que le public dont il se charge est &quot;habitué à sortir en groupes, dans des usages associatifs d'un autre autre temps. Très rares sont ceux qui ont été sensibilisés à l'art, aussi les amateurs de théâtre sont-ils bien peu nombreux&quot;. Pallier au déficit d'éducation artistique qui touche les personnes en situation de handicap est donc une priorité : sans un traitement du problème à sa racine, la pauvreté actuelle des usages culturels se perpétuera.        <br />
              <br />
       &quot;Avant, nous avons travaillé trois ans sur le In et le Off. Cette année, le In s'est lui-même offert ses programmes en braille.&quot; Preuve que c'est une démarche qui fonctionne, dont l'éthique suscite une prise de conscience. Tel est bien le but du CRTH, qui refuse de se substituer aux obligations des lieux et festivités qu'il accompagne dans leur apprentissage de la prise en compte du handicap. &quot;Nous œuvrons pendant trois ans auprès de chaque manifestation culturelle. Ensuite, nous rendons les clés. Nous sommes là pour encadrer les premiers pas, pour que les choses installées deviennent naturelles.&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3129316-4471381.jpg?v=1310569385" alt="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" title="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" />
     </div>
     <div>
      C'est d'une méthode mûrie depuis 1993, date de création du CRTH, que bénéficie les théâtres d'Avignon ainsi que bien d'autres. De la prospection pour trouver des salles accessibles jusqu'aux dispositifs techniques à fournir aux lieux intéressés, l'association s'occupe de tout. Chaque étape donne lieu à l'intervention d'un groupe spécialisé. Première à entrer en scène dans le dispositif, la brigade d'accessibilité &quot;évalue les lieux culturels, pas uniquement sur le bâti mais aussi sur toute la chaîne d'accessibilité : internet, informations par téléphone, etc.&quot;. Constituée de personnes représentatives handicap par handicap, cette équipe donne aussi une idée juste de la formation et de la sensibilisation nécessaires aux personnels.        <br />
              <br />
       Ces derniers auront à se familiariser à la Régie mobile, sorte de bibliobus qui offre surtitrage, boucle magnétique, casque d'audiodescription, programme en gros caractères, interprète en langue des signes... Sinon, moins contraignant, le système des Souffleurs d'images permet aux personnes non ou mal voyantes d'aller voir la pièce qu'ils veulent, quand ils le veulent. Apprentis comédiens, les Souffleurs rejoignent les spectateurs dans la salle et répondent à leurs demandes concernant la mise en scène et les costumes. Officiellement lancé en 2011, ce système suscite déjà plus de 35 demandes par mois. Sur Avignon comme ailleurs, il permet un nombre de propositions artistiques bien plus important qu'auparavant.        <br />
              <br />
       Tous ces services répondent à la volonté de Pascal Parsat de coller au mieux au goût des personnes handicapées. Ce que, selon lui, ne font pas les autres structures peu ou prou similaires à la sienne. &quot;Accès culture, par exemple, ne propose que de grands événements culturels qui touchent très peu des personnes en situation de handicap. Beaucoup connaissent mieux Florence Foresti et Bigard que Wajdi Mouawad ou autres.&quot; Le CRTH n'est pas là pour apprécier la qualité artistique des spectacles. &quot;Dans la diversité, la richesse et la confrontation, le spectateur doit pouvoir se faire son propre avis.&quot;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3129316-4471395.jpg?v=1310580108" alt="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" title="Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités" />
     </div>
     <div>
      Seul en Europe à être engagé dans une telle démarche, il déplore le manque de cohésion entre les différentes structures liées au handicap. Certes, Pascal Parsat peut créer des conflits d'intérêt en marchant sur les plates-bandes des ateliers associatifs plus ou moins artistiques. Mais l'intérêt des personnes pour qui tous travaillent ne devrait-il pas passer avant ces querelles dérisoires ? À la tête d'une école de théâtre ouverte à tous depuis 2004, consultant pour le Fonds Professionnel d'Action et de Solidarité et pour Pôle Emploi, Pascal Parsat occupe une position qui devrait être reconnue à sa juste valeur. Par le gouvernement, par les collectivités territoriales...       <br />
              <br />
       Les festivals, eux ne s'y trompent pas. En plus d'Avignon, le CRTH est partenaire du festival de cinéma Premiers plans à Angers et en pourparlers avec le festival de Grignan, avec Marseille Provence 2013, le salon artistique du 104 à Paris à la rentrée ou encore la Biennale Internationale du Spectacle (BIS) à Nantes... Jusqu'à la Comédie française qui songe à se rapprocher de Pascal Parsat et de ses professionnels de l'accompagnement culturel. Des signes encourageants, autant pour le public visé que pour les emplois qui pourront être ainsi créés. Car opposé au bénévolat, le co-directeur du CRTH rémunère tous ses employés. Un argument de taille pour qui ne serait pas encore convaincu de l'intérêt de cette aventure...       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Centre Ressources Théâtre Handicap        <br />
              <br />
       163 rue de Charenton – 75012 Paris       <br />
              <br />
       Tel : 01 42 74 17 87</span>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.crth.org" target="_blank">www.crth.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés</title>
   <updated>2011-07-15T17:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Tombees-de-la-Nuit-ou-l-itineraire-des-reveurs-eveilles_a228.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3123039-4462248.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-07-11T11:11:00+02:00</published>
   <author><name>Anaïs Heluin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Brouilleur de frontières, le festival des Tombées de la Nuit nous fait découvrir toutes sortes de créations. À côté de spectacles purement réflexifs gît l'onirique, qui offre un parcours merveilleux. Thomas Chaussebourg et la compagnie Circ'Ombelico y occupent une place de choix.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3123039-4462248.jpg?v=1310742317" alt="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" title="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" />
     </div>
     <div>
      Sur le bitume de la dalle Kennedy, dans une alcôve improvisée du parc du Thabor, bien installé dans une loge de l'Opéra ou encore à l'intérieur du ventre d'un camion garé près du Liberté... Le spectateur du festival des Tombées de la Nuit fait l'expérience d'une topographie particulière de la ville de Rennes. Pour la dixième année, l'espace public, son rapport avec l'habitant et le simple marcheur est interrogé, sondé par des démarches artistiques variées. À travers une cinquantaine de spectacles dispersés à travers la cité, l'incongru jaillit du quotidien comme il est de mise avec l'art de rue. Mais ce dernier est loin d'être le seul mode d'exploration des lieux du quotidien : souvent, c'est le théâtre et la musique qui s'adaptent au bitume et non le contraire. Parfois, c'est la rue qui s'approprie des salles ou toutes sortes d'autres lieux. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3123039-4462249.jpg?v=1310742571" alt="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" title="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" />
     </div>
     <div>
      Une volière géante, ouverte sur le devant, avec au centre un canapé de cuir. Planté au milieu du parc du Thabor, dans un recoin peu visible, ce décor abrite &quot;Ma bête noire&quot; du danseur et chorégraphe français Thomas Chaussebourg. À moins de connaître l'artiste, la présence dans le cercle d'un cheval nous fait attendre un numéro de voltige équestre. Manqué. D'ailleurs, l'animal évolue librement, sans harnachement et même sans contact physique avec l'homme qui, dans le même espace, entame une chorégraphie désarticulée, succession de chutes et de sursauts. Au détour d'un geste désespéré, d'un rapprochement au départ à peine perceptible des deux créatures, la trame d'un récit apparaît. Minimaliste, sans autres paroles que celles de &quot;L'Imprudence&quot; d'Alain Baschung. La douleur, la mélancolie exprimée par le danseur entrent en dialogue avec les déplacements de la bête. Mettant en second plan la performance, la présence du subconscient, de la part noire de l'homme, se matérialise sur la piste. Reste à savoir laquelle des deux ombres est le démon de l'autre...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3123039-4462261.jpg?v=1310742426" alt="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" title="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" />
     </div>
     <div>
      Après les grands espaces, l'exiguïté. Une quarantaine de place à peine dans un camion installé près du Liberté, salle de concert bien connue de la population rennaise. Là encore, la compagnie belge Circ'Ombelico déjoue tous les pronostics possibles. Peu de traces du sensationnel, voire de l'épique que la nature de la salle pouvait laisser présager. L'air absorbée par l'écharpe qu'elle s'applique à tricoter, une jeune femme fait face à un homme qui, lui, semble franchement s'ennuyer. D'emblée, le règne de l'intime s'impose. Mais d'un intime dénué de tout réalisme, représenté sous un jour grotesque. Avec ses mimiques de clowns, le couple met en place un cirque du quotidien où les acrobaties sont mises au service d'un discours muet sur les difficultés à gérer l'espace domestique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3123039-4462265.jpg?v=1310377969" alt="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" title="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" />
     </div>
     <div>
      Bien sûr, de nombreuses formes proposées ne parviennent pas à aller au-delà de la réflexion qui les motive. Mise en question du lien spectateur/acteur, de la relation entre le quotidien et le spectacle, jeu avec l'horizon d'attente du public : ces ficelles, trop souvent employées, gâchent bon nombre de propositions. La &quot;performance chorégraphique&quot; du danseur et chorégraphe catalan Jordi Galli, par exemple, qui se limite à la construction d'une structure de bois et de cordes. Long et complexe, le procédé repose tout entier sur la curiosité de l'observateur. Il la déçoit, sans rien apporter d'autre qu'une interrogation rebattue sur la nature et les limites du théâtre.        <br />
              <br />
       Tel est le jeu : l'important nombre de créations présentées au festival a ses revers. Mais les tâtonnements, l'interrogation d'une pratique artistique sont des éléments sains, tant qu'ils finissent par être dépassés. Cela, Thomas Chaussebourg et la compagnie Circ'Ombelico le laissent présager...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Festival Les Tombées de la nuit</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3123039-4462279.jpg?v=1310742750" alt="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" title="Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés" />
     </div>
     <div>
      (Vu le 5 juillet 2011)       <br />
              <br />
       Du 5 au 9 juillet 2011.       <br />
       13 square Lucien Rose, 35000 Rennes.       <br />
       Renseignements : 02 99 32 56 56.       <br />
       <a class="link" href="http://info@lestombéesdelanuit.com" target="_blank">info@lestombéesdelanuit.com</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">&quot;Ma bête noire&quot; par Thomas Chaussebourg - spectacle équestre</span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Le 31 juillet à 17h</span>       <br />
       Château d'Avignon.       <br />
       Domaine du Château d'Avignon       <br />
       Route D'Arles, 13460 Saintes Maries de la Mer.       <br />
       Téléphone : 04 90 97 58 60.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Tombees-de-la-Nuit-ou-l-itineraire-des-reveurs-eveilles_a228.html" />
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   <title>Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal</title>
   <updated>2011-07-01T13:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hanokh-Levin-le-duel-de-l-enfance-et-du-Mal_a205.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3091560-4412491.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-06-28T23:18:00+02:00</published>
   <author><name>Anaïs Heluin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À l'occasion du "Festival des Écoles du théâtre public" à la Cartoucherie, les élèves de l'EDT 91* ont présenté "L'Enfant rêve" de Hanokh Levin. Entre violence et innocence, entre abjection et poésie, cette pièce a permis aux jeunes comédiens d'éprouver toute la complexité du jeu scénique. Une expérience très prometteuse pour le théâtre de demain.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3091560-4412491.jpg?v=1309297271" alt="Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal" title="Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal" />
     </div>
     <div>
      Théâtres de l'Aquarium, de l'Epée de bois, de la Tempête : pour la seconde année consécutive, ces trois salles s'associent pour faire place à la nouvelle génération des défenseurs d'un théâtre public de création. Une initiative précieuse dans un contexte de crise des institutions culturelles, qui rend exceptionnel l'accès des élèves à une vraie salle de spectacle, à un vrai public. La qualité de la représentation de <span style="font-style:italic">L'Enfant rêve</span> suffit à prouver le bien-fondé d'une telle initiative. Les autres propositions sont tout aussi alléchantes : <span style="font-style:italic">La Noce</span> de Brecht, <span style="font-style:italic">La Supplication</span> de Svetlana Alexievitch, <span style="font-style:italic">Phèdre</span> de Sénèque... Des œuvres majeures pour soixante-dix étudiants en cours ou en fin de formation issus de six écoles différentes.        <br />
              <br />
       Parmi les plus jeunes, figurent les quinze membres de la promotion de l'EDT 91*, lieu atypique qui offre une formation en deux ans et la possibilité de postuler ensuite aux diverses écoles supérieures. Mise en scène par Antoine Caubet, artiste associé du Théâtre de l'Aquarium, cette promotion a su honorer le superbe texte de l'Israélien Hanokh Levin. Avec pudeur et sobriété, dans une esthétique qui oscille entre un réalisme cru, à la limite de l'obscène, et un onirisme éthéré. Grâce à cet équilibre, le général manque de maturité du jeu de ces jeunes acteurs est atténué. Mieux, il est mis à profit. La candeur, la légère maladresse des interprètes accentuent les nuances et le paradoxe central de la pièce.        <br />
              <br />
       Comment continuer à vivre, comment continuer à rêver alors que toute morale et toute humanité s'effondrent ? Obsédante, cette question traverse d'autant mieux la tragédie qu'elle est portée par de très jeunes personnes. Car l'ensemble du personnel dramatique semble peu ou prou contaminé par la candeur de la figure centrale, l'enfant. Avec Yacine Salhi dans le rôle principal et Nora Nagid dans celui de la mère, la première scène s'ouvre sur une antithèse saisissante. Penchée sur le visage de son fils endormi, une femme proteste. Il faut laisser le petit se reposer, c'est pendant le sommeil que se forge l'intelligence et la personnalité... Mais les soldats qu'elle interpelle, tenus de faire évacuer la population amassée, ne l'entendent pas ainsi. La guerre s'installe et chacun doit se soumettre à ses lois. Déjà, la pureté fait face à la sauvagerie. Un duel acharné se profile, dont on imagine déjà la fin terrible.        <br />
              <br />
       Unis par une même posture, plutôt calmes, l'air d'être détachés de leurs actes, les comédiens ne marquent que très peu le contraste entre les différentes forces qu'ils incarnent. Parti pris ou faiblesse du jeu ? Un mélange des deux, sans doute. Toujours est-il que cette douceur assez homogène donne au tout l'aspect d'un songe, d'une irréalité. Tous évoluent sur scène avec l'attitude de dormeurs éveillés, un peu perdus dans un univers qui les dépasse. La fuite de la mère et de l'enfant, leur refuge sur un bateau sensé les éloigner de l'horreur paraissent émerger d'un épais brouillard. La sensation de voir à travers le regard de l'enfant, plein d'imagination et d'espoir, est alors très forte.        <br />
              <br />
       L'irruption de la guerre dans le monde du personnage central ne parvient pas à détruire la fantaisie propre à la jeunesse. Aussi, quand des scènes poétiques viennent briser la progression de l'atrocité, les quinze comédiens excellent. Une ronde collective avant le départ fatal, une chanson pour attendrir les persécuteurs... Ces moments de respiration sont comme des pieds de nez à une réalité trop dure. Les acteurs s'y rassemblent, y trouvent une belle cohésion grâce à des déplacements chorégraphiés. Plus les protagonistes cheminent vers la mort, plus l'abstraction domine. Tant dans la mise en scène que dans le jeu. Le tableau final, un groupe d'enfants morts qui accueille le héros, clôt avec majesté la marche inéluctable vers le rêve et l'au-delà.        <br />
              <br />
       Absence de décors, costumes presque intemporels : rien ne vient situer l'histoire dans le temps. Si l'on devine une allusion au conflit israélo-palestinien, c'est du seul fait de l'origine de l'auteur et de son habitude d'évoquer cette situation. Avec l'aide d'Antoine Caubet, les élèves ont donc réussi à restituer toute la subtilité de l'œuvre de Hanokh Levin.        <br />
              <br />
              <br />
       * École Départementale de Théâtre du 91 (Corbeil-Essonnes).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'enfant rêve"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3091560-4412492.jpg?v=1309297272" alt="Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal" title="Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal" />
     </div>
     <div>
      (Vu le 25/06/2011)       <br />
              <br />
       Texte : Hanokh Levin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Caubet.       <br />
       Avec : Deborah Anvers, Gautier Boxebeld, Christophe Caillot, Mathilde Carreau, Justine Ferrand, Laurent Franchi, Carla Gondrexon, Eva Grenier, Fanny Jarlot, Julia Leleux, Nora Nagid, Lucille Paquis, Quentin Robert, Yacine Salhi, Elsa Sanchez.       <br />
       Lumière : Xavier Gruel.       <br />
       Son : Frantz Laimé.       <br />
       Régie plateau : Christian Bouyssoux et Jacques Coriton.       <br />
              <br />
       Festival des Écoles du Théâtre public.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 2 juillet 2011.</span>       <br />
       Théâtres de l'Aquarium, de la Tempête et de l’Épée de Bois.       <br />
       Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.       <br />
       Réservations : 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://theatredelaquarium.net/la-cartoucherie" target="_blank">http://www.theatredelaquarium.net/la-cartoucherie</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point</title>
   <updated>2011-06-16T12:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Tornade-et-eructations-de-chonchons-au-Rond-Point_a179.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2011-06-14T11:10:00+02:00</published>
   <author><name>Anaïs Heluin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Remue-ménage, cris, règlements de compte... Le Théâtre du Rond-Point est sens dessus dessous avec "Orgueil, poursuite et décapitation" de Marion Aubert. Le spectateur aussi... Disons qu’un tourbillon de bêtises l’abrutit et un vent de mauvais goût ravage la scène !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3053311-4352952.jpg?v=1308048380" alt="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" title="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" />
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      L'amorce, efficace, promettait pourtant une immersion dans un savoureux univers décalé, tout en fantaisie. Le ressort principal : la distanciation subtile d'un humour, corrosif à souhait. C'est sur une musique de fête ou de plateau télé qu'apparaissent les huit acteurs, avec l'air un peu ridicule de qui s'essaie à un cérémoniel vide de sens. Parfaitement synchro, guidés par un présentateur dynamique et déguisé comme un gentil organisateur, ils se livrent à une chorégraphie digne du &quot;club med&quot;, bien huilée et superficielle au possible. Là-dessus, l'animateur commence à décrire tous les danseurs, qui ne sont autres que les personnages de la pièce à venir. Une ouverture tonitruante donc, habile à exhiber les fils de la représentation.        <br />
              <br />
       Le charme se poursuit dans la première scène. Changement d'esthétique : sans transition, une réunion de famille se dessine. Fidèle au sous-titre du spectacle (&quot;comédie hystérique et familiale&quot;), cette famille est hérissée de tensions et d'hypocrisie. Mais là encore, nul effet de réel. La situation est à peine posée que l'un des protagonistes se détache de l'action, rejoint l'avant du plateau et se met à médire des autres. Superbement incarnée par Elizabeth Mazev, la femme prolixe en injures bien musclés se révèle être la belle-mère. Sans surprise, c'est sa bru qui en fait les frais. Sans doute parce qu'elle est la seule à ne pas être affublée du grotesque outré des autres membres de la parentèle. Avec, en plus, le rythme haletant créé par la mise en scène de Marion Guerrero, le tout semblait emprunter une voie des plus plaisantes. Le déraillement n'en est que plus apparent et donc plus insupportable…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3053311-4353018.jpg?v=1308048382" alt="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" title="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" />
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     <div>
      Sans choc brutal, le désordre s'installe par paliers. Impossible donc de dire quand la ligne rouge est franchie. Amplifiés au fil des tableaux successifs, les principes de base de la mise en scène débouchent sur une surenchère difficilement soutenable de violence, de scatologie et de bêtise.  C'est la progression de la mise en abîme qui semble surtout entraîner ce cortège infernal. À partir du moment où l'on apprend que la belle-fille, d'ailleurs incarnée par Marion Aubert elle-même, est aussi l'auteure de la pièce en train de se jouer, les choses se gâtent. Toujours fourrée auprès de ses créatures qu'elle nomme les « chonchons », la dramaturge déploie peu à peu son ego surdimensionné. Hystérique, elle finit par partager la stupidité de ses personnages à force de vouloir prouver sa supériorité sur eux. L'apogée du scabreux est atteint lorsque, poussée par une soif de pouvoir inouïe, l'auteure force un « chonchon » poissonnier à s'accoupler avec elle.        <br />
              <br />
       D'un jeu bon enfant, bien que banal à force d'être exploité, sur les conventions de la représentation théâtrale, on arrive alors à une orgie de vulgarité. Les spécimens benêts, sans doute symboles d'une humanité lobotomisée, sont eux aussi emportés dans la tornade. Leur grossièreté et leur imbécillité initiales se muent en une perversité dont ils ne sont pas conscients, accompagnée d'une cohorte de hurlements insensés. Sorte de patchwork où les saynètes successives n'ont presque aucun lien entre elles, la pièce de Marion Aubert donne le sentiment de n'être guère maîtrisée.       <br />
              <br />
       Un patron véreux et obsédé sexuel se délecte à  insulter ses collèges. Un père de famille fait de même avec sa femme. Un couple malfaisant torture son fils simple d'esprit... Telles sont les charmantes parcelles de vie quotidienne qui nous sont données à voir. Les acteurs changent de rôle à chaque fragment pour un rejet supplémentaire des codes théâtraux : celui du couple acteur-personnage. Lourdes, ces remises en question du langage dramatique tournent au procédé.        <br />
              <br />
       La mise en scène est inventive, habile dans le changement constant des décors et fait contrepoids à l'horreur qui règne en maître. Mais, dans la tourmente, le jeu des acteurs devient confus. Leur agitation et leur violence gratuites ne parviennent qu'à excéder. Seuls Elizabeth Mazev et Dominique Parent excellent dans ces différents rôles de &quot;râleur&quot;.       <br />
              <br />
       Vraiment étonnant que le Théâtre du Rond-Point se transforme à ce point en temple du mauvais goût. Bien dommage aussi. Car moins turbulents, moins obscènes, avec juste ce qu'il faut de niaiserie, les &quot;chonchons&quot; auraient pu donner lieu à une expérience intéressante...
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     <div><b>"Orgueil, poursuite et décapitation (comédie hystérique et familiale) de Marion Aubert"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3053311-4353096.jpg?v=1308048384" alt="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" title="Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point" />
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      (Vu le 08/06/2011)       <br />
              <br />
       Texte : Marion Aubert.       <br />
       Mise en scène : Marion Guerrero, assistée de Virginie Barreteau.       <br />
       Avec : Marion Aubert, Thomas Blanchard, Elizabeth Mazev, Adama Diop, Capucine Ducastelle, Olivier Martin-Salvan, Sabine Moindrot, Dominique Parent.       <br />
       Scénographie : Nicolas Hénault.       <br />
       Costumes : Marie-Frédérique Fillion.       <br />
       Lumières : Olivier Modol.       <br />
       Son : Antonin Clair.       <br />
       Régie plateau : Nicolas Tallès et Nicolas Buisson.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 31 mai au 2 juillet. </span>       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Paris 8e.       <br />
       Réservations : 01 44 95 98 21.        <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredurondpoint.fr" target="_blank">www.theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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