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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-15T00:58:44+02:00</updated>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <updated>2024-01-17T20:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3744.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-10-15T13:15:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454449.jpg?v=1663679820" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454450.jpg?v=1663679881" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454451.jpg?v=1663679968" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454452.jpg?v=1663680053" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Antoine Nouel, Philippe Bozo et Éric Aubrahn.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Production : PAN.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 octobre 2023 au 31 mars 2024</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Relâche les 2 et 3 novembre, 24 décembre 2023.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17ᵉ, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <updated>2022-11-07T12:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3389.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67470459-47705632.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-09-20T14:49:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705632.jpg?v=1663679820" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705634.jpg?v=1663679881" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705643.jpg?v=1663679968" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67470459-47705650.jpg?v=1663680053" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Philippe Bozo, Franck Lorrain, Antoine Nouel.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er septembre au 6 novembre 2022.       <br />
       Prolongation jusqu'au 11 décembre 2022.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Studio hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant</title>
   <updated>2017-11-11T15:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-flute-enchantee--opera-et-film-muet-en-chantant_a1972.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2017-11-11T14:42:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Première française à l'Opéra Comique de "La Flûte enchantée" dans la production de Barrie Kosky et du Collectif 1927, créée à la Komische Oper. L'ultime chef-d'œuvre de Mozart, revisité à la mode du cinématographe farceur et poétique d'un Méliès ou d'un Tim Burton et du cabaret expressionniste berlinois, redonne à sa façon iconoclaste les natives couleurs du grand spectacle populaire créé en 1791.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421388.jpg?v=1510408000" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      Tout a déjà été écrit sur le dernier opéra de Mozart composé sur un livret d'Emmanuel Schikaneder, acteur et chanteur à la tête d'une troupe (le Papageno de la création en septembre 1791 à Vienne) et compagnon de la même loge maçonnique : son mélange virtuose de registres seria et buffa avec ses couples frappés au coin du grotesque et du sublime. Une bigarrure génialement mariée dans l'écriture musicale d'un compositeur exceptionnel (à qui il reste deux mois à vivre).       <br />
              <br />
       Son livret a également fait couler beaucoup d'encre, avec son intrigue problématique due à sa réécriture en urgence - pour se démarquer d'un concurrent qui venait de créer une œuvre au sujet identique. Les personnages apparemment positifs du premier acte (La Reine de la Nuit et ses Dames) devenant les méchants du second. Et vice-versa, avec un Grand Prêtre égyptien, Sarastro, plutôt inquiétant de prime abord. Mal servi par un fourbe licencieux (Monostatos), il fait subir aux héros Tamino et Pamina une initiation plutôt cruelle, inspirée lointainement des rites de la franc-maçonnerie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421403.jpg?v=1510408038" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      Une œuvre en tout cas de son temps, celui du Siècle des Lumières, avec son idéal de société fraternelle où l'amour triomphe, et ses préceptes rousseauistes d'une Nature forcément bonne attelée à la Raison. Mais &quot;La Flûte enchantée&quot; est aussi conçu, dès sa création, comme un grand spectacle populaire destiné avant tout à divertir. C'est un triomphe en 1791, jamais démenti depuis, avec ses arias devenus de véritables hits partout repris. C'est l'origine de ce plaisir simple et jouissif qu'on retrouve dans cette production originale et poétique créée à Berlin en 2012. Comment faire du neuf avec un opéra aussi célèbre et dont les multiples exégèses scéniques sont dans toutes les mémoires ?       <br />
              <br />
       Barrie Kosky, metteur en scène et directeur du Komische Oper, a trouvé, en faisant appel au Collectif 1927 qui mêle théâtre et vidéo, références au cinéma des années vingt, à l'univers de la bande dessinée, aux arts plastiques et au music-hall. Le résultat est frais comme le verre de vin rose que boit Papageno au deuxième acte, entraînant la vision d'une cohorte de petits éléphants roses volants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421407.jpg?v=1510408071" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      Tamino et Papageno sont des jumeaux du personnage burlesque de Buster Keaton. Pamina ressemble comme deux gouttes d'eau à l'actrice Louise Brooks, alors que le méchant Monostatos est un nouveau Nosferatu. Le prêtre Sarastro emprunte tout aux mages et hommes de sciences des romans de Jules Verne (on songe au &quot;Château des Carpathes&quot;) et la Reine de la Nuit terrifie en araignée géante. Nulle place dans cette production, on l'aura compris, à l'interprétation maçonnique de l'opéra.       <br />
              <br />
       Et le charme opère dans cette lanterne magique qui nous est proposée - dès qu'on s'habitue au mur blanc qui occupe tout l'espace, faisant écran pour la vidéo. Les chanteurs surviennent de trappes qui s'ouvrent dans ce mur. Ce qui les oblige souvent à l'immobilité alors même qu'ils s'insèrent (mimant la course par exemple) dans de petites séquences inventives et colorées à la Méliès, illustrant drôlement les péripéties de l'intrigue. Parfois ils traversent la scène, toujours poursuivis par les images.        <br />
              <br />
       Raccourci d'un bon vingt minutes (avec des airs rabotés et des récitatifs remplacés par des cartons du type de ceux du cinéma muet), l'opéra file son train sans temps mort, comme rajeuni. La musique d'un piano-forte lie les scènes avec des extraits de deux &quot;Fantaisies&quot; de Mozart (les n° 3 et 4), à la façon d'un piano de bastringue. On se croirait à Berlin dans les Années Folles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421415.jpg?v=1510408110" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      Il ne faut pas pour autant attendre l'interprétation du siècle. On a entendu mieux, évidemment. D'autant plus que le jeune chef Kevin John Edusei a des partis-pris sur la partition, qui laissent pantois (avec par exemple une ouverture jouée à cent à l'heure, comme si l'orchestre avait un dernier métro à prendre). Mais la sublime musique de Mozart vient à bout de tout, c'est connu, même des interprètes les plus fâchés avec elle. Humour et émotion sont donc bien là.        <br />
              <br />
       On notera aussi la très bonne tenue de la plupart des (jeunes) chanteurs de cette production* des plus insolentes ; s'apprécient sans aucune restriction la Pamina alerte et charmante de Kim-Lillian Strebel, le Papageno lunaire de Richard Sveda et la superbe basse Andreas Bauer dans le rôle de Sarastro.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*La production propose en alternance deux distributions des rôles.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421419.jpg?v=1510408157" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      <b>Opéra Comique.</b>       <br />
       1 Place Boïeldieu 75002 Paris.       <br />
       Tél. : 0825 01 01 23.       <br />
       <a class="link" href="https://www.opera-comique.com/" target="_blank">&gt;&gt; opera-comique.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Die Zauberflöte&quot; (1791).</b>       <br />
       Singspiel en deux actes.        <br />
       Musique de Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret d'Emmanuel Schikaneder.       <br />
       En langue allemande surtitrée en français.       <br />
       Durée : 2 h 40 avec un entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421504.jpg?v=1510408707" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      Kevin John Edusei, direction musicale.       <br />
       Suzanne Andrade, Barrie Kosky, mise en scène.       <br />
       Paul Barritt, animation.       <br />
       Collectif 1927 (S. Andrade, P. Barritt), Barrie Kosky, conception.       <br />
       Esther Bialas, décors et costumes.       <br />
       Ulrich Lenz, dramaturgie.       <br />
       Diego Leetz, lumières.       <br />
              <br />
       Kim-Lillian Strebel, Pamina.       <br />
       Adrian Strooper, Tamino.       <br />
       Olga Pudova, la Reine de la Nuit.       <br />
       Andreas Bauer, Sarastro, L'Orateur.       <br />
       Richard Sveda, Papageno.       <br />
       Martha Eason, Papagena.       <br />
       Johannes Dunz, Monostatos.       <br />
       Tölzer Knabenchor, Trois Garçons.       <br />
       Arnold Schönberg Chor.       <br />
       Orchestre du Komische Oper Berlin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18148937-22421517.jpg?v=1510408772" alt=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" title=""La flûte enchantée", opéra et film muet en chantant" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-flute-enchantee--opera-et-film-muet-en-chantant_a1972.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !</title>
   <updated>2017-10-16T15:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/N-oubliez-pas-Quelle-connerie-la-guerre-_a1943.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/17670576-22100349.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-10-16T14:17:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bombardements. Novembre 1942. Les filles dans le lycée des garçons. Une première ! En classe d'histoire-géo : "parler de la précédente en attendant que la présente finisse". Cours d'histoire, situation géographique, sujet du jour : bataille de la Somme. De l'influence météorologique sur la stratégie militaire et de la géopolitique de la mort guerrière.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17670576-22100349.jpg?v=1508156443" alt="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" title="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" />
     </div>
     <div>
      Lui est enseignant, au classicisme professoral et à la blouse grise, verve prolixe teintée d'humour bon enfant mais bien écrite, au débit volubile mais à la diction parfaitement maîtrisée. De ces cours magistraux qui vous donnaient l'impression d'être au théâtre.       <br />
              <br />
       Trente ans de transmission de cette double matière - &quot;l'histoire-géo&quot; - qui fit croire, sans humour, aux Africains que leurs ancêtres étaient gaulois. Méthode ex cathedra de l'enseignement public mais pas dénué d'une certaine souplesse du discours. Pour lui, c'est la der des der... On aurait tant aimé qu'il en fut de même pour la guerre.       <br />
              <br />
       Retour au foyer. Elle, dans une élégance ménagère mais d'un chic sobre, arrive pour le repas. Manière de conversation d'un couple expérimenté en période de conflits. Tensions. Préoccupations radiophoniques, attention au voisinage et vigilance des propos tenus et aux qu'en-dira-t-on.       <br />
              <br />
       Tous deux semblent peu enclin à soutenir le gouvernement du maréchal. Elle craint que cela se voie trop dans ses cours. L'administration est à la recherche des Juifs même dans l'enseignement.       <br />
       Elle, dans un épanouissement presque abouti, travaille dans une agence de tournées musicales, activité au goût de challenge compte tenu des difficultés (et/ou compromissions) émergentes en temps de guerre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17670576-22100371.jpg?v=1508156478" alt="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" title="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" />
     </div>
     <div>
      De ce tableau conjugal en apparente normalité surgit une fêlure, au départ non dicible mais prenant petit à petit la forme fantomatique de l'absence de l'être disparu, de l'enfant perdu, du fils tué lors de la première, celle de 14-18, un matin à 10 h 15, trois-quarts d'heure avant l'armistice !       <br />
              <br />
       Un deuil non consumé nourri des braises de la colère qui prend sa source dans la falsification par l’état-major français de la date de mort des derniers combattants tombés le 11 novembre 1918 quelques minutes avant l’armistice dans le secteur de la Meuse alors que l'on connaissait depuis la veille l’heure exacte de la fin des hostilités : 11 h… Mais les ordres étaient d’attaquer l’ennemi jusqu’à la dernière minute. &quot;Quelle connerie la guerre !&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>.       <br />
              <br />
       De cette puissante souffrance larvée, indicible, germe une folle vengeance, discrète, non dite mais ferme et définitive. Obligée par sa profession à fréquenter les infréquentables, devient veuve noire tissant la trame ultime d'une vie ayant perdu toute saveur.       <br />
              <br />
       Elle, chez les Allemands, coupe de champagne et poème - &quot;Die Lorelei&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span> - aux lèvres. Dans une manière d'infiltration, dont le spectateur peine à voir les objectifs au début mais qui seront d'une clarté funeste au final, courtisée par une soldatesque cour d'officiers, elle fait un dos rond qui retrouvera sa droiture dans l'acte purificateur accompli.       <br />
              <br />
       Celui-ci interviendra dans une conclusion meurtrière et naturellement vengeresse d'une mère et d'un père qui n'auront jamais réussi à faire le deuil de leur enfant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17670576-22100384.jpg?v=1508156504" alt="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" title="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" />
     </div>
     <div>
      La pièce, grâce à un judicieux élément de décor transformable - tableau en table et vive versa, la simplicité alliée à l'efficacité scénographique ! - se déroule alternativement au lycée puis dans l’appartement du couple. Naît d'un événement en quête de mémoire dans l'environnement personnel de l'auteur, celle-ci, avec intelligence et adresse, relie étroitement des faits de la Première Guerre mondiale et de la Deuxième.       <br />
              <br />
       Le risque d'un académisme narratif guettait au coin de la redite commémorative… Mais non ! Car subtile, sensible interprétation, jeu maîtrisé, sans excès, sur le fil fragile de la colère retenue, des émotions contenues et d'une violence volontairement intériorisée, d'Isabelle Fournier et Philippe Bertin.       <br />
              <br />
       En soutien &quot;pré technologique&quot;, la TSF, véritable troisième personnage, diffuse, avec une neutralité suisse de circonstance, aussi bien des programmes radios, des voix d’officiers allemands, des bruits de bombe, des ambiances de salon que des musiques d'époque au rythme du Hot Club de France et de ses deux maîtres Django et Grappelli.        <br />
              <br />
       Discrète mais réelle réussite sur tous les tableaux, de la mise en scène à l'interprétation, en passant par la scénographie. Une discrétion qui pu être à l'époque une forme revendicative et résistante.       <br />
              <br />
       &quot;Quelle connerie la guerre !&quot;, une interjection qui prend ici toute sa valeur tant cette dernière semble toujours avoir développé son art nocif, entretenant une permanence temporelle idiote et dévastatrice dont la récurrente actualité nous rit toujours au nez à la manière d'un diable vicieux sortant sans cesse de sa boîte !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Je me suis permis cet emprunt à &quot;Barbara&quot; de Jacques Prévert (&quot;Paroles&quot;, 1946).       <br />
       (2) Du poète Heinrich Heine (1797-1856).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trois quarts d'heure avant l'armistice"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17670576-22100400.jpg?v=1508156562" alt="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" title="N'oubliez pas… Quelle connerie la guerre !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Philippe Sabres.       <br />
       Metteur en scène : Philippe Sabres.       <br />
       Avec : Isabelle Fournier, Philippe Bertin.       <br />
       Scénographie : Olivier de Logivière.       <br />
       Lumières : Laurent Schneegans.        <br />
       Son : Thibaud Lalanne.       <br />
       Atelier Septembre de Création Théâtrale.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 août au 18 novembre 2017.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi, samedi à 19 h 30.       <br />
       Essaïon Théâtre, Paris 4e, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="http://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/N-oubliez-pas-Quelle-connerie-la-guerre-_a1943.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime</title>
   <updated>2017-09-09T16:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Fausse-Note-Face-a-face-entre-passe-et-present-entre-bourreau-et-victime_a1905.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/17064013-21615989.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-09-09T16:24:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Didier Caron signe ici un délicat face à face sur un sujet glissant qui aurait pu tomber dans le pathétisme ou le dogmatisme mais qui évite soigneusement ces écueils. L'ombre du passé visite un ancien nazi pour que soit révélée la vérité. Un sujet grave pour une pièce qui parvient à rester sur le fil de la comédie grâce à une structure narrative flirtant avec l'enquête policière.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17064013-21615987.jpg?v=1502432315" alt=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" title=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" />
     </div>
     <div>
      C'est la deuxième rencontre de ces deux hommes. Ils avaient tous les deux dix-sept ans, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Cela s'était passé en 1943 ou 44, dans l'Est de l'Allemagne, un camp, Birkenau peut-être. L'un était en uniforme vert-de-gris, l'autre en tenue de prisonnier. Et chacun accompagnait son père ce jour-là. Et chacun se souvient de manière cuisante ce qui s'est passé ce jour-là. Comme un jour qui décide de l'avenir de ces deux vies : pour l'un celle d'un bourreau, pour l'autre, victime.       <br />
              <br />
       Il faut, pour ce genre de pièces à deux personnages, des ingrédients nécessaires qui sont un texte de valeur, une mise en scène claire et des interprètes convaincus par leurs personnages. Et convainquant. Christophe Malavoy et Tom Novembre sont ici habilement eux-mêmes dans les costumes préparés par Didier Caron. Ils ont tous deux amalgamé les personnages de papier avec leurs caractères, leurs sens du rythme, leurs dictions personnelles pour en faire des êtres absolument réels, incarnés, mais recréés avec les qualités propres des deux comédiens.       <br />
              <br />
       Et c'est là l'essentiel dans ce face à face toxique. Le reste du spectacle est lui aussi d'une grande précision. Une mise en scène distinguée dans un décor très stylisé, et une dynamique de scènes qui n'oublie pas le cocasse, le drôle, malgré le drame qui fait le fond de cette histoire. Qui en fait aussi le sel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17064013-21615988.jpg?v=1502432358" alt=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" title=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" />
     </div>
     <div>
      Une trame qui semble pourtant classique, récurrente dans le théâtre, le cinéma ou la littérature : un fantôme qui revient d'un passé que l'on a occulté, caché, oublié soi-même. Un fantôme qui réapparaît pour dévoiler la vérité, pour demander des comptes, voire pour se venger. Tel est le fil conducteur qui mène l'intrigue avec un danger persistant, angoissant et une résistance toute aussi prenante des protagonistes avalés par cette machine à remonter le temps.       <br />
              <br />
       Remonter le temps, quarante ou cinquante ans plus tard… Pour rappeler ce jour du drame qui décida de leurs deux vies. Pour ne pas oublier. Pour tenter aussi de se libérer de cette malédiction qui a dirigé leurs existences. À ce jeu, Didier Caron tente d'égaliser les dommages entre victimes et bourreau. Son projet n'est pas la mémoire - même si son histoire y puise tous ses éléments dramatiques. Il trace plutôt les portraits de l'héritage, des fils, des ceux pour qui les pères ont été, soit par leurs qualités, soit par leurs sauvageries, des références inévitables. Et c'est une vraie belle interrogation que de poser ces questionnements sur une scène.       <br />
              <br />
       La mise en scène partagée avec Christophe Luthringer est nette, inventive, elle parvient à suggérer les images et à transporter dans le temps et dans l'espace ce drame qui se déroule pourtant en temps réel. Et c'est aussi cette particularité qui suscite et aiguise l'attention : le temps réel de la représentation égale le temps du drame, et tient en haleine jusqu'au terme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fausse Note"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17064013-21615989.jpg?v=1502432401" alt=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" title=""Fausse Note"… Face à face entre passé et présent, entre bourreau et victime" />
     </div>
     <div>
      Texte : Didier Caron.       <br />
       Mise en scène : Didier Caron et Christophe Luthringer.       <br />
       Assistante mise en scène : Isabelle Brannens.       <br />
       Avec : Christophe Malavoy et Tom Novembre       <br />
       Lumières : Florent Barnaud.       <br />
       Décor : Marius Strasser.       <br />
       Costumes : Christine Chauvey.       <br />
       Son : Franck Gervais.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 septembre 2017 au 7 janvier 2018.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi à 16 h 30 et dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre Michel, Paris 8e, 01 42 65 35 02.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-michel.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-michel.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Fausse-Note-Face-a-face-entre-passe-et-present-entre-bourreau-et-victime_a1905.html" />
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