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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-13T00:06:21+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun</title>
   <updated>2026-04-24T10:08:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-04-22T15:43:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Aujourd'hui, dans les discussions (politiques, médiatiques, "de bistrot"), les problématiques de l'émigration, des réfugiés arrivant sur nos territoires, sont plus évoquées de manière négative, voire anxiogène… mettant en avant les notions d'envahissements, de grand remplacement… et, finalement, peu de personnes se préoccupent de l'origine de ces déplacements de population, des douleurs et des souffrances vécues, des obligations compliquées de devenir transparents, invisibles, pour tenter l'intégration. Il est indéniable que la compréhension et l'empathie ne sont pas actuellement des valeurs très cotées dans nos sociétés. Alors quid des Aberhamane, Khadija, Marwan, Kadhem, Wejdan, Ablema, Wasim, Seif, Omar et tant d'autres ? Devons-nous les ignorer et laisser les effluves nauséabondes sortant des nappes xénophobes de certaines politiques nous envahir ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099688.jpg?v=1776779154" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Non... et c'est justement tout l'inverse que nous propose Bertrand Sinapi et Amandine Truffy en portant au plateau le livre de l'autrice syrienne Wejdan Nassif. Faisant partie d'un diptyque dont le premier volet, &quot;Après les ruines&quot;, fut créé en 2019, &quot;À vau l'eau&quot; (création 2020 reprise pour Avignon) va nous amener à porter notre regard sur les réfugiés, les immigrés que nous croisons peut-être dans la rue sans leur prêter attention. Ce texte est une invitation à découvrir et comprendre ce qu'est la réalité de ces êtres exilés, d'entendre parfois la raison de leur départ de leurs pays d'origine, leurs parcours semés d'embûches... Mais, ici, sont dites autant les difficultés que les joies de vivre en France.       <br />
              <br />
       Wejdan Nassif, syrienne (ancienne institutrice à Damas), réfugiée dans l'hexagone depuis 2014, esquisse, dans ce premier texte écrit en France*, son portrait et raconte la vie en exil de celles et ceux qui ont dû partir de chez eux. Ses entretiens ont été réalisés par l'autrice suite à une proposition de France Travail (dans le cadre de sa recherche d'emploi) d'interroger des réfugiés et immigrés du quartier où elle réside, Borny à Metz. Ces échanges se révèlent être de précieux témoignages pour appréhender la réalité de ces vies à reconstruire, pour répondre à l'obligation d'intégration dans une société occidentale souvent mal connue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099734.jpg?v=1776779186" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;À travers eux, à travers la diversité de leur histoire, je me suis posé la question de mon propre exil. Et une question plus lancinante est apparue : maintenant que nous sommes ici, nos histoires sont-elles finies ou est-ce le début de nouvelles ?&quot;</span> Et en les interrogeant, elle se rend compte combien elle est comme ces réfugiés qu'elle interroge, avec qui elle discute. <span style="font-style:italic">&quot;Je sais leur périple, leur terreur. Je sais ce que c'est de tout laisser derrière soi. Je sais que ce que l'on veut, c'est que les enfants aient un avenir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Côté plateau, l'espace est réduit, la scénographie (imaginée par Goury) est épurée tout en associant le ludique et l'expressif. Dans un carré en papier kraft, représentant une forme de territoire protégé, de lieu où naît le théâtre, se trouve quelques objets, dont quelques bouts de bois dessinés représentant les barres d'immeubles du quartier de Borny. La comédienne (Amandine Truffy) sort d'une petite boîte quelques arbres miniatures en carton, quelques personnages à la fragile symbolique : couple enlacé, homme assis, footballeur… Ce petit monde naissant sous nos yeux, comme un imaginaire documenté sur une vie de quartier, sans proportions respectées, dit la réalité instable d'un monde réduit à construction/reconstruction, à la fragilité de l'être hors de son territoire et de ses repères natifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099742.jpg?v=1776779214" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Comme dans &quot;Après les ruines&quot;, l'utilisation du théâtre d'objets, dans sa simplicité presque enfantine, illustre des sujets graves, des questions préoccupantes, pour certaines essentielles, dans une forme de nudité poétique, avec une étrange douceur – propre à Amandine Truffy, toujours talentueuse dans la pratique d'une narration mystérieusement empathique et pédagogique – portée par sa voix parfaitement expressive, usant de variations tonales qui captent l'attention du public et celles, en off, de l'autrice, ainsi que des exilés(es) interviewés(es). Ici, les objets sortent de leur logique utilitaire pour entrer dans une logique poétique où leur pouvoir d'évocation se déploie. Cette mise sous les projecteurs d'une forme dite &quot;mineure&quot; pour parler de populations perçues comme telles devient un geste politique.       <br />
              <br />
       L'attitude de la comédienne évolue au fil du spectacle, dans une forme d'osmose, se mettant pieds nus à l'approche de l'Afrique, de la Côte d'Ivoire, puis allant jusqu'à les mettre dans la peinture rouge sang. La force de ce spectacle réside dans les choix faits, par Bertrand pour la mise en scène et Amandine pour la dramaturgie, des passages du livre de Wejda, ainsi que dans le choix des séquences de récit en off et ceux exprimés par Amandine, accompagnées de musiques et de sons associés ou distincts de la narration (création de Lionel Marchetti).       <br />
              <br />
       Au fil des récits des réfugiés(es), aux origines variées, aux diverses raisons (guerre, maltraitances des femmes, religions, etc.), ayant fui tant la Syrie que l'Irak, le Pakistan, le Soudan, le Maroc, le Koweït que la Côte d'Ivoire, la comédienne entreprend le dessin au sol d'une sorte de carte des migrations internationales. Celle-ci, entre chaque témoignage, porte avec une conviction dynamique, sans pathos exagéré, les propos de Wejdan Nassif qui, au fil de ses rencontres dans ce quartier dédié en partie à l'immigration, ressent cet effet de miroir la renvoyant à sa propre histoire, à sa fuite de la Syrie… et à ses incontournables questionnements sur l'avenir dans un pays loin de ses réalités originelles.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Bertrand Sinapi nous fait voyager au sens propre comme au figuré. En effet, celui-ci dose savamment l'illustratif, via le dessin et la manipulation d'objets, le descriptif documentaire et l'appel à l'imaginaire dans les descriptions évoquées de &quot;l'avant exil&quot; (prison, voyage, conflits armés, etc.). Indirectement, subtilement, les options scéniques choisies par celui-ci conduisent à questionner notre propre identité, nos propres origines, nos propres mouvements géographiques et la sociologie sociétale qui en découle aussi bien en tant que Nation que &quot;Communauté&quot; européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099756.jpg?v=1776779242" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Tous les récits ne sont pas dramatiques et de belles réussites, des intégrations positives, sont mises en avant, même si beaucoup d'êtres &quot;déplacés&quot; continuent à faire des cauchemars liés à leur périple, à leur départ, à leur vie durant l'exil. Le format choisi, petite forme d'une heure et délimitation du plateau réduite, ouvre grand les portes de la transmission avec une parfaite adaptation à tous types de lieux, de la salle de classe au petit théâtre en passant par des extérieurs type placette.       <br />
              <br />
       Bertrand Sinapi et Amandine Truffy font, avec &quot;À vau l'eau&quot; de Wejdan Nassif, une proposition singulière de théâtre documentaire où l'adulte, tout comme l'enfant, peut se créer les images de l'ailleurs, questionner ces endroits d'accueil où les souvenirs peuvent se partager, où la tradition n'est pas taboue, mais fait partie de l'histoire des pays abandonnés. Comprendre également ce que peuvent être ces autres enfants qui ont subi la guerre, la misère… qui s'exprime alors, parfois, avec ou par la violence, la force… à l'école, entre autres. Et s'interroger sur ce qu'ils et elles penseront plus tard de tout ça, de leur capacité à bâtir ensemble, à faire société, à créer un nouveau &quot;vivre ensemble&quot;, comme nous l'avons, nous, les soi-disant &quot;pures souches&quot; faits quelques décennies ou siècles auparavant.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Wejdan Nassif commence à écrire en mars 2012, au moment où la révolution syrienne a changé de nature et a pris une tournure sanglante. Ses lettres et correspondances durant cette révolution, &quot;Lettres de Syrie&quot;, sont publiées aux éditions Buchet Castel (sous le pseudonyme de Joumana Maarouf).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À vau l'eau"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099848.jpg?v=1776779695" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      Texte : Wejdan Nassif.       <br />
       Mise en scène : Bertrand Sinapi.       <br />
       Dramaturgie : Amandine Truffy.       <br />
       Avec : Amandine Truffy.       <br />
       Voix : Ablema, Anwar, Elisabeth, Irfan, Jamal, Rafiq, Shahid, Wacila, Wejdan et les enfants de l’école des 4 bornes.       <br />
       Composition musicale et sonore : Lionel Marchetti.       <br />
       Lumière : Jeff Metten.       <br />
       Scénographie : Goury.       <br />
       Par la Cie Pardès Rimonim.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 avril 2026 :</span> lycée Saint-Pierre Chanel, Thionville (57).       <br />
       11 mai 2026 : Espace Koltès - Scène conventionnée, Metz (57).       <br />
       3 et 4 juin 2026 : Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96176278-67099849.jpg?v=1776779743" alt="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" title="•Off 2026• "À vau l'eau" À travers l'exil, l'immigration, questionner, explorer, notre propre identité et imaginer notre avenir commun" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 45. Relâche le vendredi.       <br />
       Théâtre 11• Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://11avignon.mapado.com/" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*</title>
   <updated>2024-10-22T16:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Panique-dans-le-seizieme--Les-bons-gens-vous-montrent-du-doigt-Porte-toujours-ce-que-tu-crois-Meme-s-ils-disent-que-ca_a4065.html</id>
   <category term="Trib'Une" />
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   <published>2024-10-21T15:24:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Angélique Kidjo, la "diva africaine" est sans doute écoutée dans les salons des hôtels particuliers du XVIᵉ. Elle est artiste, riche et noire aussi. Et ça, pour l'entre soi du monde bourgeois, ce n'est pas pareil que voir soudain défiler, sous un double vitrage étincelant, des migrants du monde entier, pour rejoindre un centre d'hébergement d'urgence qui leur est destiné.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854215.jpg?v=1729606627" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Angélique Kidjo n'a pas été invitée à chanter lorsque cette racaille (aucune raison que cela ne fonctionne que pour les méchants délinquants des cités) blindée aux as s'est fortement opposée au projet mené par la ville de Paris et l'association &quot;Aurore&quot; d'installer ce centre Porte de Passy, à la lisière du bois de Boulogne.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Pas contents les gens. Lors d'une réunion publique, en 2016, la violence des riverains opposés à cette installation considérée de leur point de vue comme &quot;le nouveau Sangatte&quot; avait fait grand bruit. <span style="font-style:italic">Pas de jungle dans nos quartiers !</span> Et autres insultes envers les élus bien motivés à tenir cette promesse face aux délinquants bourgeois du XVIᵉ.       <br />
              <br />
       Le célèbre couple Pinçon-Charlot, délicieux à la ville comme à l'écran, en avait, à l'époque, tiré une bande dessinée humoristique et caustique à souhaits. Ce couple, depuis toujours, axe le cœur de leur travail autour de la grande bourgeoisie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854270.jpg?v=1729606650" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Ils y étaient donc en 2016, ont entendu et vu les cris des habitants du XVIᵉ, ils y ont même squatté, munis de leurs dépliants de campings devant l'Université Dauphine, pour ne rien rater de cette colère fortement exagérée des riches, soudains bousculés dans leurs vies quotidiennes.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Proprios, costards et tailleurs cinq étoiles sont allés jusqu'à menacer d'un incendie !       <br />
              <br />
       Cette BD, &quot;Panique dans le seizième !&quot;, est adaptée par la Compagnie Sémaphore et Compagnie du Chameau. La pièce se joue actuellement au Théâtre Essaïon jusqu'à fin novembre. Je conseille vivement ce spectacle pour plusieurs raisons :       <br />
       L'hommage vibrant au couple Pinçon-Charlot, car si Michel Pinçon a quitté ce monde, il est indispensable de se rappeler à son combat.       <br />
              <br />
       Le souvenir d'une résistance de haut vol face à l'entre-soi bourgeois pâlot qui, de l'exotisme, n'aime que les safaris, les hôtels de luxe et les SPA ! Et que ce centre d'hébergement est né, perdure et continue d'exister. Hip hip hourra !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854277.jpg?v=1729606684" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      David Ruellan, comédien incarnant divers personnages, dont celui de Michel Pinçon, aussi, parce que, dans la vie, il est un homme engagé et un artiste ancré dans la réalité. Anne Veyry, metteure en scène d'une subtilité et sobriété impeccables, mettant en valeur le combat de mots sur le plateau avec justesse et fantaisie.       <br />
              <br />
       Béatrice Vincent, comédienne, qui s'en donne à corps et à cœur, incarnant parfaitement tous les personnages féminins, à commencer par Monique Pinçon-Charlot.       <br />
              <br />
       Ce centre d'hébergement se nomme &quot;La promesse de l'aube&quot;, c'est bien trouvé, car, grâce à toute la persévérance mise dans ce projet, le pari a été gagné.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Angélique Kidjo.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Panique dans le seizième !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854279.jpg?v=1729606710" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.       <br />
       Mise en scène : Anne Veyry.       <br />
       Distribution : David Ruellan, Béatrice Vincent.       <br />
       Par la Compagnie Sémaphore et la Compagnie du Chameau.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
              <br />
       Du 10 au 12 octobre 2024.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 octobre au 23 novembre 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4ᵉ, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"</title>
   <updated>2024-06-21T20:28:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81096080-58466746.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-21T07:15:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est des spectacles qui, dès l'ouverture, vous plongent dans une fascination intense. Ce sont de ces spectacles où ce qui se déroule au plateau, ce qui se passe, ce qui se joue, absorbe totalement la conscience du spectateur et provoque une concentration profonde presque malgré lui. Soudain et de façon très énergique, l'action qui se déroule sous nos yeux mobilise toute notre attention, comme si la scène à laquelle on assiste avait lieu dans la vie réelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81096080-58466746.jpg?v=1718869162" alt="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" title="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, c'est bien une fiction dont il s'agit. Une adaptation d'une nouvelle que Stefan Zweig écrivit après la Première Guerre mondiale : &quot;Der Zwang&quot;. Comme souvent, l'auteur autrichien jette son regard sur la psyché humaine, particulièrement sur les phénomènes psychologiques étranges qui font faire des choix étranges à certains humains dans certaines situations. Ainsi, dans &quot;La Contrainte&quot;, le personnage central se trouve confronté à une situation qui va le contraindre à faire un choix surprenant, illogique, et surtout autodestructeur.       <br />
               <br />
       Paraît-il que l'instinct de survie pousse tous les êtres à toutes les extrémités lorsqu'il s'agit de sauver sa peau, mais, ici, il s'agit d'une réaction beaucoup moins animale, beaucoup plus complexe, beaucoup plus intéressante et intime qui va semer le conflit dans un couple, Tom, peintre et Anna.       <br />
               <br />
       Un couple en exil dans un pays d'accueil, un pays en paix, loin des fracas d'un monde qu'ils ont fui quelques années plus tôt. Un couple pacifiste, engagé dans la lutte contre les guerres depuis des années. Voici qu'un jour, une lettre arrive. Elle provient de l'administration de leur pays d'origine. Il s'agit d'une convocation pour examiner l'aptitude militaire de Tom alors que s'annonce l'approche d'une nouvelle guerre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81096080-58466749.jpg?v=1718869190" alt="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" title="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" />
     </div>
     <div>
      La logique voudrait qu'il se désintéresse de cette convocation, qu'il s'en moque même et qu'il refuse de répondre à cet enrôlement ; et que tous deux continuent à vivre leur amour sincère dans leur maison au bord d'un lac, entre harmonie, création et exposition de ses œuvres. C'est alors que quelque chose naît en lui. Un malaise, au départ, une impression étrange, une peur qui lui fait considérer la lettre avec effroi au point qu'il ne l'ouvre même pas, qu'il la planque au lieu de la brûler. Tout se dérègle, alors. Et ce quelque chose grignote peu à peu toute son âme.       <br />
               <br />
       Une tentation. La tentation de se soumettre à cet ordre. L'idée taraudante qu'il doit se rendre dans son pays d'origine et passer cet examen malgré le risque qu'il débouche sur sa mobilisation. Et puis l'impression que sa place est là-bas. Pourquoi ? Pour des raisons de nationalité ? Par peur d'être pris pour un lâche, un traître ? Par esprit de soumission à ces machines implacables que sont les administrations ?       <br />
               <br />
       Ce conflit de conscience, qui ne fait que grandir tout au long du spectacle, fait craindre pour le personnage, la folie, la mort peut-être, une mort vers laquelle il veut aller et aussi un déni de ses propres convictions que cette méchante graine, ce petit quelque chose qui pousse en lui, le force à faire. Comme si quelque chose en lui le forçait à obéir contre toute logique, contre ses propres intérêts, contre son instinct de survie même. Un conflit de conscience magnifiquement représenté sur scène par l'opposition entre les deux personnages, Anna et Tom, qui pose tragiquement et poétiquement le problème du libre-arbitre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81096080-58466757.jpg?v=1718869219" alt="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" title="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" />
     </div>
     <div>
      Pour donner vie et matière scénique à ce conflit de conscience intérieur, Anne-Marie Storme (mise en scène) ajoute un troisième personnage au plateau. Comédienne et surtout musicienne, Stéphanie Chamot crée et joue sur scène une partition rock-punk efficace et judicieuse qui entre en dialogue avec le personnage de Tom. Elle interprète également plusieurs personnages de l'appareil bureaucratique, avec une présence hiératique très réussie. La musique et le chant sont ici d'une influence déterminante sur l'atmosphère des scènes.       <br />
               <br />
       Anna, interprétée par Anne Conti, dont la présence impliquée et lumineuse irradie toute la scène, est celle qui va s'opposer par tous les moyens possibles au désir d'obéissance qui gangrène de plus en plus son homme, son amour. Un homme qui, par sa décision, menace de détruire toute sa vie. Tom est incarné par Cédric Duhem. Il crée avec une grande crédibilité un personnage en proie au doute, torturé de l'intérieur, comme si son âme était faite de papier que la moindre idée violente peut déchirer. Un contraste parlant entre sa force physique et sa fragilité intérieure.       <br />
               <br />
       Pour sa mise en scène, Anne-Marie Storme choisit de simplifier le dispositif scénique pour faire du plateau un grand espace de jeu, un espace symbolique où une seule ligne diagonale, faite de terre (le pays, le réel, les racines), dessine une sorte de frontière, mais également un chemin étroit entre deux néants, en équilibre friable comme l'est la conscience de Tom, la paix et l'amour d'Anna. Des jeux de lumières et la partition sonore et musicale ajoutent à la tension qui règne en permanence sur scène.       <br />
              <br />
       Le texte, les mots, les intentions deviennent, dans ce dispositif, des actes à part entière. Dans cet exercice, les trois interprètes font preuve d'une véracité rare et rendent le dilemme étonnant de cette histoire aussi palpable que vivante.       <br />
               <br />
       Une interrogation qui, bien évidemment, porte sur le choix ou l'absence de choix face aux conscriptions des pays en état de guerre, (et nous vivons une époque qui en regorge de plus en plus), mais qui va au-delà en mettant dans la balance de la conscience intime tout un panel d'émotions telles que le courage, la soumission, la lâcheté, la résistance aux injonctions. Ce quelque chose qui persécute Tom tout au long de la pièce et que Zweig a l'élégance de laisser dans une ombre énigmatique, ce quelque chose fait partie des failles étranges de l'homme civilisé, capable de préférer le malheur, la mort et la destruction à la vie.       <br />
              <br />
       Anne-Marie Storme parvient, grâce à un travail très physique, très charnel avec ses interprètes, à parcourir toute la gamme de ce combat, entre soif de construire et d'exister, représentée par la femme et ces tentations destructrices, représentées par l'homme, un combat de boxe en de multiples rounds avec l'amour et la paix comme enjeu. Éclairant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La contrainte"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81096080-58466758.jpg?v=1718869245" alt="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" title="•Off 2024• Une bouleversante et cinglante adaptation de la nouvelle de Stefan Zweig : "La contrainte"" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;La contrainte&quot;,, nouvelle de Stefan Zweig (&quot;Der Zwang&quot;), extraite de son recueil de nouvelles &quot;Le monde sans sommeil&quot;.       <br />
       Traduction : Olivier Mannoni (aux Éditions Payot &amp; Rivages, Paris, 2018).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Anne-Marie Storme.       <br />
       Avec : Anne Conti, Stéphanie Chamot (musique live), Cédric Duhem.       <br />
       Création musicale et chant Stéphanie Chamot.       <br />
       Regard chorégraphique : Cyril Viallon.       <br />
       Création lumière et régie : Jean-Marie Daleux.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Par le Théâtre de l'Instant.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 20 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre La Bourse du Travail CGT, 8, rue Campane, Avignon.       <br />
       Réservations : 06 08 88 56 00.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelinstant.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelinstant.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       25 et 26 février 2025 : Le Palace, Montataire (60).       <br />
       28 février2025 : Centre culturel François Mitterrand, Tergnier (02).       <br />
       28 mars 2025 : Espace culturel Jean Ferrat, Avion (62).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Une-bouleversante-et-cinglante-adaptation-de-la-nouvelle-de-Stefan-Zweig-La-contrainte_a3962.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration</title>
   <updated>2024-02-16T18:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Passeport-Sous-un-angle-theatral-virtuose-plongee-au-coeur-de-la-problematique-de-l-immigration_a3822.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78405288-56909974.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-02-16T16:51:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Issa, jeune Érythréen, laissé pour mort dans la "jungle" de Calais, mâchoire fracturée, a perdu la mémoire. Alors que le seul élément tangible de son passé est son passeport, il entame une longue quête semée d'embûches afin d'obtenir un titre de séjour, entouré de compagnons d'infortune, Ali et Arun, un Tunisien, ancien professeur d'anglais en Syrie, et un Indien tamoul, mais surtout pour rechercher son identité. Parallèlement, Lucas, jeune gendarme débutant, adopté par une famille française et originaire de Mayotte, affecté à la surveillance de la jungle de Calais, est, lui aussi, à la recherche de ses origines. Leurs destins vont se croiser.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56909974.jpg?v=1708103759" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      Pour peu que la pratique de la scène ait pu être, un temps, dans nos us et coutumes, et que les notions de scénographie ne nous soient pas totalement étrangères, ou quand bien même ce ne serait pas le cas, il est impossible de rester de marbre face aux exploits scéniques du travail d'Alexis Michalik. On ne présente plus ce metteur en scène franco-britannique exceptionnel, bardé déjà de 11 Molière, véritable prodige de notre théâtre français et du théâtre privé… S'il fait ses débuts en tant que comédien sous la direction d'Irina Brook, dans le rôle titre de &quot;Juliette et Roméo&quot;, c'est à la télévision qu'Alexis Michalik prend ses quartiers.       <br />
              <br />
       Au théâtre, il est remarqué d'emblée grâce à sa pièce &quot;Le Porteur d'histoires&quot; qui cumule à ce jour plus de 2 500 représentations. En 2020, avec &quot;Une Histoire d'amour&quot;, il remporte le Molière du meilleur metteur en scène. Il est probable que notre génie des planches décroche à nouveau quelques Molière lors de la prochaine cérémonie dédiée au théâtre, tant son nouveau spectacle, aux allures de fable politico-sociale, est exceptionnelle à de nombreux égards.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56909982.jpg?v=1708103794" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, pas de déploiements extravagants de décors, bien au contraire, mais, à nouveau, la &quot;recette Michalik&quot; opère, savoureuse, bien rodée et ingénieuse, grâce à des choix pertinents de la part de Juliette Azzopardi aux côtés du metteur en scène, notamment dans le fait d'avoir privilégié une sorte de grand conteneur qui transporte le public dans des univers différents, ou encore des pianos de cuisine et des rayonnages de livres qui roulent, se déplacent et créent en un temps records des transportations contextuelles époustouflantes. Juliette Azzopardi mériterait, elle aussi, un nouveau Molière pour ce spectacle !       <br />
              <br />
       De très belles vidéos, pour la plupart très colorées, sont projetées sur une paroi grise et confèrent au spectacle des allures hyperréalistes fort convaincantes.        <br />
              <br />
       Les changements de costumes à vue des sept comédiennes et comédiens sont rodés à la vitesse de la lumière. Chacun et chacun virevoltent d'un rôle à un autre avec une grande agilité à l'image d'un ballet chorégraphié avec élégance. Ça va vite, ça galope, ça déménage, à la différence du traitement de la lenteur administrative d'Issa pour obtenir sa naturalisation qui, quant à elle, piétine allègrement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56909985.jpg?v=1708103822" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      Le public est à nouveau emporté par l'histoire évoquée qui le transporte de la jungle de Calais à Mignaloux-Beauvoir dans la Vienne, ou à travers le long périple d'Issa à travers le monde. Celui-ci côtoie un CAO (Centre d'Accueil et d'Orientation) dans lequel il découvrira les méandres des longues démarches qui l'attendent. Soulignons ici le jeu remarquable de la comédienne Ysmahane Yaqini interprétant une employée comme automatisée, qui déverse son flot de paroles aux côtés du jeune homme éberlué.       <br />
              <br />
       Ses six partenaires de jeu, dont la diversité des origines apporte incontestablement à la pièce un souffle inégalé, sont également remarquables et honorent haut la main les intentions de leur metteur en scène.       <br />
              <br />
       Vaste sujet que l'immigration en France, sujet clivant et toujours d'actualité. <span style="font-style:italic">&quot;Je ne pars jamais d'un thème, c'est l'histoire qui me mène au thème et très souvent, je pars de la fin de cette histoire. Je lis beaucoup de livres, de BD, des témoignages, visionne des documentaires et, là, je commence à écrire une histoire, et dans ce spectacle, la thématique est plus large que la seule question de l'immigration : celle de l'identité et, inévitablement, du racisme&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56909991.jpg?v=1708103847" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      D'aucuns jugeront cette nouvelle pièce d'Alexis Michalik pleine de bons sentiments et de sentimentalisme, trop sourde à la réalité intrinsèque des migrants, targueront Michalik de trop forcer sur l'eau de rose ou encore, compareront son spectacle aux romans &quot;page turner&quot;. C'est leur droit le plus légitime. Il est toujours facile de juger.       <br />
              <br />
       Cela dit, &quot;Passeport&quot; reste du théâtre, et ce dernier, à preuve du contraire, n'a jamais prétendu à une transposition fine du réel… Sans quoi, ce ne serait plus du Théâtre…       <br />
              <br />
       &quot;Passeport&quot; n'est pas du théâtre engagé et, en plein cœur de la promulgation de la loi sur l'immigration, le public assiste avec ravissement à une histoire ficelée de main de maître par le virtuose des planches françaises.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Passeport"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56910082.jpg?v=1708104418" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alexis Michalik.       <br />
       Mise en scène : Alexis Michalik.       <br />
       Assistante mise en scène : Clothilde Daniault.       <br />
       Avec : Christopher Bayemi, Patrick Blandin, Jean-Louis Garçon, Kévin Razi, Fayçal Safi, Manda Touré, Ysmahane Yaqini.       <br />
       Décor : Juliette Azzopardi assistée de Arnaud de Segonzac.       <br />
       Musiques : Sly Jonhson.       <br />
       Son : Julius Tessarech.       <br />
       Accessoires : Pauline Gallot.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann, assistée de Violaine de Maupeou.       <br />
       Vidéos : Nathalie Cabrol assistée de Jérémy Secco.       <br />
       Lumières : François Leneveu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78405288-56910088.jpg?v=1708104458" alt=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" title=""Passeport" Sous un angle théâtral virtuose, plongée au cœur de la problématique de l'immigration" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 24 janvier au 30 juin 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, samedi à 16 h 30, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre de la Renaissance, Paris 10e, 01 42 08 18 50.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelarenaissance.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelarenaissance.com</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Ce spectacle a pour partenaire le Musée de l'Histoire de l'immigration et l'association Les Cuistots migrateurs.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Passeport-Sous-un-angle-theatral-virtuose-plongee-au-coeur-de-la-problematique-de-l-immigration_a3822.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste</title>
   <updated>2023-06-07T11:13:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Par-la-mer-quitte-a-etre-noyees-Une-odyssee-poetique-et-humaniste-a-la-fois-grave-et-optimiste_a3599.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73343694-51044070.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-07T10:41:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une pièce très joliment écrite d'Anaïs Allais Benbouali, le souffle de la poésie nous amène vers les rives de la Méditerranée avec trois femmes que tout sépare et que rien ne prédisposait à se rencontrer. Se basant sur quelques éléments biographiques de sa vie, l'autrice et metteure en scène nous fait vivre un bout de la destinée de personnages que l'espoir arrime avec gaillardise au tragique du quotidien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044070.jpg?v=1686128763" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
     </div>
     <div>
      Lumière tamisée sur une scénographie sombre. Deux personnages sortent sans bruit d'une semi-obscurité. Le silence accompagne les premiers déplacements. Une voix off démarre, celle de Lounia (Majida Ghomari). La poésie s'empare du plateau. Tout ne sera que prose poétique dans cette incarnation. La dramaturgie dans les répliques est d'un autre crayon, plus direct, sans enjolivure, avec un goût de goudron et de plage. Celui de la marche, de l'odyssée, de la route qui a fait débarquer Assia (Asmaa Samlali) chez Houda (Louise Belmas) par le biais non volontaire de Max (Gaëlle Clérivet).        <br />
              <br />
       Lounia est une figure invisible et présente pour paraphraser Victor Hugo (1802-1885). Elle est cette voix d'outre-tombe qui a rejoint la Méditerranée juste après sa mort dans une volonté funéraire. À travers elle, c'est un dialogue qui s'installe entre les mondes du vivant et de l'au-delà, de la terre et de la mer, voire d'une mère à sa fille et d'une ancêtre à sa descendance. Dans ses différentes figures, c'est aussi celle des profondeurs de la mer que l'on entend, en écho à ceux qui la traversent lors d'un exil souvent douloureux, tragique, de personnes venues &quot;d'un pays sans pays&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044071.jpg?v=1686128785" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
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      Anaïs Allais Benbouali, l'autrice et metteure en scène, s'est inspirée de ce qu'elle a vécu, en travaillant aussi avec ses comédiennes sur le texte. Elle poursuit la démarche qu'elle avait entreprise dans son spectacle &quot;Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été&quot; (2018) qu'elle avait présenté à la Colline, pièce où la jeune Lilas renouait avec ses racines algériennes.       <br />
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       Ici, ce sont trois femmes que rien ne présageait à se rencontrer. Le hasard n'est jamais hasard dans une dramaturgie qui sait rendre écho même de tout signal faible. Sauf que dans la création d'Anaïs Allais Benbouali, il en est la trame, l'axe, l'ossature qui s'invite dans le quotidien de personnes de différents horizons autant géographiques, sociaux que culturels. Ces différences concernent une distance géographique proche, entre Max et Houda, et distante pour Assia avec la Méditerranée comme frontière.       <br />
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       La voix de Lounia nous invite vers un au-delà qui donne à la pièce une dimension autre, celle d'un conte qui peut autant se réfléchir, se lire, se regarder que se voir. La vidéo accompagne d'ailleurs certains tableaux, dont le dernier avec une jolie musique de Julie Roué. Ce sont aussi, au travers de ces protagonistes de chair et d'os, trois autres personnages qui nourrissent la trame de cette pièce, à savoir la Mort, la Rencontre et la Solidarité. Ces entités, à tour de rôle, impriment sur la fable un point de vue où, à l'inverse du vaudeville, la porte s'ouvre pour ne pas se refermer. Ou si peu. Elle s'ouvre à un moment pour faire revenir Max sur son ancien lieu d'habitation. Elle s'ouvre aussi pour faire entrer Houda dans sa nouvelle demeure et pour accueillir ensuite Assia.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044077.jpg?v=1686128826" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
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      Il s'agit de quoi au démarrage ? D'une vente à Houda d'une maison que Max cède. Quelques vices de construction déclarés, selon l'ex-propriétaire, mais non vu, mettent celle-ci un peu en rogne. Des pluies s'abattent dans un séjour où l'on voit que le toit n'a pas fait ses bons offices. Elle se retrouve dans une situation délicate avec une demeure nouvellement achetée, mais protégeant peu. Ou pas. Dans ce rapport à l'autre de contraintes, l'obligation morale de Max d'être présente noue un dialogue entre elles deux. Dialogue difficile, parfois rêche et expéditif. N'est pas généreux qui veut.       <br />
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       Et il faut aujourd'hui un certain courage moral, civique et social dans une époque dure et mêlée qui condamne, en France, honteusement à la justice et aux extrémismes, ceux qui sont solidaires des &quot;migrants&quot;, terme employé à mauvais escient pour des personnes vivant des situations autrement plus cruelles et sordides qu'une simple migration afin d'anesthésier toute forme de solidarité. Solidarité devenue délit quand, en Méditerranée, près de 9 000 personnes, depuis 2018, ont péri pour non-assistance à personne en danger dans un continent appelé Europe et dans un pays comme la France, qui a oublié ces dernières années d'être terre d'accueil, d'asile et des droits de l'homme.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044084.jpg?v=1686128863" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
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      Le temps de la pièce est celui du présent, du passé et d'un avenir que nos protagonistes espèrent à des degrés différents et dans une même optique, celui de changer de vie. Pour Max, il s'agit de refermer un pan de son histoire ; pour Houda, d'en ouvrir un nouveau ; pour Assia, de le fuir pour se construire un nouvel élan. De ces trois approches, c'est aussi celui d'un &quot;passé qui ne passe pas&quot; et qui est appréhendé dans ses douleurs qui ne se disent pas. Ou si peu. Ou de façon différente. Quand les deux premières sont portées par un petit brin d'espoir, pour la troisième, c'est l'espérance qui la guide.        <br />
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       Œuvre autant littéraire que théâtrale, le lien au langage est marqué par un vécu. Max est parfois prise d'un débit très soutenu et qui ne s'arrête pas comme pour déverser un trop-plein. À l'inverse, Houda a une élocution directe, concise et un peu à l'emporte-pièce. Elles deux sont dans un rapport à l'autre sans ambages quand, pour Assia, elle est la plus sereine et la plus calme, presque optimiste tout en vivant une situation difficile où elle a fui son pays, se retrouve seule, sans argent et prenant avec philosophie ce qui lui arrive. Quand le présent tape à la porte de chacune d'elles, celle-ci s'ouvre avec surprise, angoisse ou espoir pour faire de cet instant qui dérange au début Houda et Max, une action d'écoute et d'ouverture vers Assia.       <br />
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       La voix off de Lounia s'apparente à une lecture de ses mémoires. Elle est aussi la mémoire de ce qui ne s'oublie pas. Dans cette poésie où la pensée baigne dans une réflexion bien articulée, c'est tout un pan de mots corsetés d'un beau souffle chaud qui fait retentir ses inflexions comme perdues dans un songe. La pièce est d'un beau calibre d'écriture. Elle est à la fois grave et porteuse d'un optimisme certain où s'ouvrir à l'autre devient gage d'une belle promesse de responsabilité citoyenne et humaniste pour le vivre-ensemble.
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     <div><b>"Par la mer (quitte à être noyées)"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044086.jpg?v=1686128890" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
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      Texte et mise en scène : Anaïs Allais Benbouali.       <br />
       Avec : Gaëlle Clérivet, Louise Belmas, Asmaa Samlali et la voix de Majida Ghomari.       <br />
       Collaboration artistique : Guillaume Lavenant.       <br />
       Dramaturgie : Charlotte Farcet.       <br />
       Scénographie : Lise Abbadie.       <br />
       Création sonore : Benjamin Thomas.       <br />
       Musique originale : Julie Roué.       <br />
       Création lumières : Julien Jaunet.       <br />
       Regard chorégraphique : Sofian Jouini.       <br />
       Costumes : Tiphaine Pottier.       <br />
       Création vidéo : Marie Giraudet.       <br />
       Vidéo mer : Lise Abbadie.       <br />
       Construction du décor : Florentin Guesdon.       <br />
       Regard complice : Élise Vigier et Cécile Favereau.       <br />
       Production La Grange aux Belles.       <br />
       Durée : 1 h 30.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73343694-51044087.jpg?v=1686128914" alt=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" title=""Par la mer (quitte à être noyées)" Une odyssée poétique et humaniste, à la fois grave et optimiste" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 23 mai au 18 juin 2023.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h, mardi à 19 h et dimanche à 16 h.       <br />
       La Colline -Théâtre national, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; www.colline.fr</a>
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