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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-12T19:56:58+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…</title>
   <updated>2026-05-18T16:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4560.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-19T16:56:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Forme hybride échappant à tout genre et traversé par la liberté d'écriture de celle qui en 1987 s'entretint avec Jérôme Beaujour, écrivain hors norme ami de Marguerite Duras… ainsi se présente – sur le papier – "La vie matérielle". Ni journal, ni roman, mais une "écriture flottante" se développant au gré des méandres d'associations libres balayant plus de soixante-dix années d'une existence intranquille… William Mesguich s'empare de cette matière (é)mouvante pour la mettre en jeu, en en confiant l'interprétation à Catherine Artigala, actrice au physique durassien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349688.jpg?v=1753177154" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Face à nous, un bureau accueille quelques liasses de feuillets manuscrits, deux verres et… l'inévitable bouteille. Dans son alignement, un fauteuil tend ses bras à l'actrice chaussée de la non moins inévitable paire de lunettes à monture épaisse, réplique exacte de celle de la locataire des Roches Noires. À portée de main, un guéridon avec là encore, encadrant le portrait de la mère, un verre et une bouteille… La vie que l'on s'apprête à faire revivre, frappée du sceau d'une écriture dont l'encre a été longtemps l'alcool, trouve ici – sans grande surprise – son décorum. Les épisodes de l'existence de M.D. vont pouvoir se donner à voir, comme dans un kaléidoscope…       <br />
              <br />
       La rencontre amoureuse avec Yann Andréa, jeune homme homosexuel, offrant à la romancière de soixante-six ans un regain de désirs brûlants… Si passionnée est-elle par cet amour exalté par les trente-six ans qui les séparent que, lors de la mise en bière de sa mère, elle n'éprouve <span style="font-style:italic">&quot;aucune peine pour cette femme morte et son fils qui pleurait, son fils, mon frère aîné&quot;</span>. Et pour signifier l'amour fou qui relie Marguerite à son jeune amant, la comédienne tourne sur elle-même, tourne, tourne encore et encore…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349689.jpg?v=1753177176" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      L'hôpital américain où elle est hospitalisée après avoir ingéré trop d'alcool… Et la comédienne joint le geste à la parole en sifflant un verre de vin blanc… Entre les murs, elle entend un opéra de Wagner résonner dans son crâne, effrayé par des cohortes de rats traversant sa chambre… Lunettes noires chaussées, la comédienne reprend alors une interview donnée à Honfleur où elle parle de son rapport à l'alcool, ce compagnon de solitude, <span style="font-style:italic">&quot;une fois mort, on ne boira plus, c'est ce qui empêche de mourir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les rizières de l'Indochine où elle est née, l'odeur forte de la terre après la pluie, les jeux libres avec les enfants des bonnes, un cocktail de souvenirs rafraichissants qui illuminent le visage de la comédienne… La scène, dans un hôtel d'Hanoï, d'elle à quatre ans invitée par un garçon vietnamien de onze ans à prendre sa verge dans ses mains… ponctuée aussitôt par un autre verre de vin.       <br />
              <br />
       L'amant chinois et la petite blanche… L'inceste et le viol fantasmés… Le barrage et l'inondation… La mort du père… Et la Mère Courage, magnifiée, dont l'actrice sert le portrait tout contre son cœur dans un élan de tendresse démonstrative… L'année de ses seize ans… Ce train de nuit et ce jeune homme de trente ans… Ses mains douces et chaudes sur ses jambes dans le compartiment où tout le monde s'est endormi… Son corps avancé vers lui, jusqu'à l'abandon à la jouissance… La sexualité embrasée de M.D.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349690.jpg?v=1753177217" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      La gare désaffectée qu'ils habitent dans l'est de la France… Cette famille, le père, la mère et leurs enfants couchés sur les rails du TGV et trouvant la mort après que le coupeur d'eau eut fermé leur compteur… L'engagement politique… De nouveau l'hôpital américain, la nouvelle cure de désintoxication, les hallucinations cauchemardesques, et un nouveau verre de vin… La destruction par le feu des manuscrits… Les hommes qui se croient des héros parce qu'ils achètent les pommes de terre… Les fils et les pères, c'est pareil, ils traitent la femme de la même façon… Depuis 1900, pas une pièce où la femme est metteuse en scène… La fibre féministe de l'autrice…       <br />
              <br />
       Trouville, l'hôtel des Roches Noires… Un lieu chargé d'histoires, Proust y venait (Chambre 11), c'est comme si Swann était là… La mer, elle est là, même si on ne la voit pas… À Trouville, elle supporte la vie… Et pour conclure poétiquement parlant ce chapelet de souvenirs égrenés, Barbara est invitée : <span style="font-style:italic">&quot;Du plus loin qu'il m'en souvienne…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Cette traversée de &quot;La vie matérielle&quot; – en soixante minutes chrono – a le mérite de balayer la vie de Marguerite Duras en en extrayant les thèmes récurrents qui l'ourdissent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349691.jpg?v=1753177237" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Cependant, on aurait sans doute souhaité plus de fantaisie dans le traitement de cette &quot;matière matérielle&quot;, le décor et la mise en jeu collant aux attendus au point de faire souvent figure de simples &quot;illustrations&quot; redondantes. De même pour l'interprétation, confiée à un clone de l'écrivaine, conforme physiquement certes mais dépourvue dans son jeu de la folie durassienne… Un peu comme si William Mesguich, pris par d'autres projets le captivant autrement, avait expédié… dans les limbes &quot;la vie matérielle&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 11 juillet 2025 à La Scala Provence à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Marguerite Duras, La Vie matérielle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349692.jpg?v=1753177259" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021 à l'occasion des 25 ans de la disparition de Marguerite Duras.       <br />
       Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Interprétation : Catherine Artigala.       <br />
       Lumière et décors : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costume : Sonia Bosc.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 35. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre 3S, Salle 2, 4, Rue Buffon, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 88 27 33.       <br />
       <a class="link" href="https://les3s.vosbillets.fr/billetterie/representation/86/la-vie-materielle" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre3s.com/" target="_blank">>> theatre3s.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4560.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…</title>
   <updated>2025-07-22T12:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4326.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90054623-63571727.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-22T11:27:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Forme hybride échappant à tout genre et traversé par la liberté d'écriture de celle qui en 1987 s'entretint avec Jérôme Beaujour, écrivain hors norme ami de Marguerite Duras… ainsi se présente – sur le papier – "La vie matérielle". Ni journal, ni roman, mais une "écriture flottante" se développant au gré des méandres d'associations libres balayant plus de soixante-dix années d'une existence intranquille… William Mesguich s'empare de cette matière (é)mouvante pour la mettre en jeu, en en confiant l'interprétation à Catherine Artigala, actrice au physique durassien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571727.jpg?v=1753177154" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Face à nous, un bureau accueille quelques liasses de feuillets manuscrits, deux verres et… l'inévitable bouteille. Dans son alignement, un fauteuil tend ses bras à l'actrice chaussée de la non moins inévitable paire de lunettes à monture épaisse, réplique exacte de celle de la locataire des Roches Noires. À portée de main, un guéridon avec là encore, encadrant le portrait de la mère, un verre et une bouteille… La vie que l'on s'apprête à faire revivre, frappée du sceau d'une écriture dont l'encre a été longtemps l'alcool, trouve ici – sans grande surprise – son décorum. Les épisodes de l'existence de M.D. vont pouvoir se donner à voir, comme dans un kaléidoscope…       <br />
              <br />
       La rencontre amoureuse avec Yann Andréa, jeune homme homosexuel, offrant à la romancière de soixante-six ans un regain de désirs brûlants… Si passionnée est-elle par cet amour exalté par les trente-six ans qui les séparent que, lors de la mise en bière de sa mère, elle n'éprouve <span style="font-style:italic">&quot;aucune peine pour cette femme morte et son fils qui pleurait, son fils, mon frère aîné&quot;</span>. Et pour signifier l'amour fou qui relie Marguerite à son jeune amant, la comédienne tourne sur elle-même, tourne, tourne encore et encore…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571730.jpg?v=1753177176" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      L'hôpital américain où elle est hospitalisée après avoir ingéré trop d'alcool… Et la comédienne joint le geste à la parole en sifflant un verre de vin blanc… Entre les murs, elle entend un opéra de Wagner résonner dans son crâne, effrayé par des cohortes de rats traversant sa chambre… Lunettes noires chaussées, la comédienne reprend alors une interview donnée à Honfleur où elle parle de son rapport à l'alcool, ce compagnon de solitude, <span style="font-style:italic">&quot;une fois mort, on ne boira plus, c'est ce qui empêche de mourir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les rizières de l'Indochine où elle est née, l'odeur forte de la terre après la pluie, les jeux libres avec les enfants des bonnes, un cocktail de souvenirs rafraichissants qui illuminent le visage de la comédienne… La scène, dans un hôtel d'Hanoï, d'elle à quatre ans invitée par un garçon vietnamien de onze ans à prendre sa verge dans ses mains… ponctuée aussitôt par un autre verre de vin.       <br />
              <br />
       L'amant chinois et la petite blanche… L'inceste et le viol fantasmés… Le barrage et l'inondation… La mort du père… Et la Mère Courage, magnifiée, dont l'actrice sert le portrait tout contre son cœur dans un élan de tendresse démonstrative… L'année de ses seize ans… Ce train de nuit et ce jeune homme de trente ans… Ses mains douces et chaudes sur ses jambes dans le compartiment où tout le monde s'est endormi… Son corps avancé vers lui, jusqu'à l'abandon à la jouissance… La sexualité embrasée de M.D.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571731.jpg?v=1753177217" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
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      La gare désaffectée qu'ils habitent dans l'est de la France… Cette famille, le père, la mère et leurs enfants couchés sur les rails du TGV et trouvant la mort après que le coupeur d'eau eut fermé leur compteur… L'engagement politique… De nouveau l'hôpital américain, la nouvelle cure de désintoxication, les hallucinations cauchemardesques, et un nouveau verre de vin… La destruction par le feu des manuscrits… Les hommes qui se croient des héros parce qu'ils achètent les pommes de terre… Les fils et les pères, c'est pareil, ils traitent la femme de la même façon… Depuis 1900, pas une pièce où la femme est metteuse en scène… La fibre féministe de l'autrice…       <br />
              <br />
       Trouville, l'hôtel des Roches Noires… Un lieu chargé d'histoires, Proust y venait (Chambre 11), c'est comme si Swann était là… La mer, elle est là, même si on ne la voit pas… À Trouville, elle supporte la vie… Et pour conclure poétiquement parlant ce chapelet de souvenirs égrenés, Barbara est invitée : <span style="font-style:italic">&quot;Du plus loin qu'il m'en souvienne…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Cette traversée de &quot;La vie matérielle&quot; – en soixante minutes chrono – a le mérite de balayer la vie de Marguerite Duras en en extrayant les thèmes récurrents qui l'ourdissent.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571732.jpg?v=1753177237" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
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      Cependant, on aurait sans doute souhaité plus de fantaisie dans le traitement de cette &quot;matière matérielle&quot;, le décor et la mise en jeu collant aux attendus au point de faire souvent figure de simples &quot;illustrations&quot; redondantes. De même pour l'interprétation, confiée à un clone de l'écrivaine, conforme physiquement certes mais dépourvue dans son jeu de la folie durassienne… Un peu comme si William Mesguich, pris par d'autres projets le captivant autrement, avait expédié… dans les limbes &quot;la vie matérielle&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 11 juillet 2025 à La Scala Provence à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Marguerite Duras, La Vie matérielle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571752.jpg?v=1753177259" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
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      Création 2021 à l'occasion des 25 ans de la disparition de Marguerite Duras.       <br />
       Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Interprétation : Catherine Artigala.       <br />
       Lumière et décors : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costume : Sonia Bosc.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 45. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre La Scala Provence, 3, rue Pourquery de Boisserin, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 65 00 00 90.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0719/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0719&EventId=241&request=QcE+w0WHSuBmr4n57xLiufmfmcVkA8AFwlXuApnEvOSc1NjZrEQcyxunxFLUWSwO/z4eihwKvxU=" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-provence.fr/" target="_blank">>> lascala-provence.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !</title>
   <updated>2023-08-15T12:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-materielle-Subtile-et-superbe-un-voyage-interieur-dans-la-vie-de-Duras-_a3719.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74595886-51866327.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-08-15T12:05:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La mise en scène de Mesguich mêle subtilement la figure de Marguerite Duras dans un espace-temps où toute notion temporelle est bousculée, et ce, dans un même lieu avec une figure de l'écrivaine superbement interprétée par Catherine Artigala dans une adaptation de Michel Monnereau de "La vie matérielle" (1987). À son domicile, loin du bruit de la célébrité, c'est dans son pré carré que nous la (re)découvrons.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866327.jpg?v=1692026454" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
     </div>
     <div>
      Silence sur le plateau où l'obscurité laisse apparaître Marguerite Duras (Catherine Artigala), assise sur un canapé siège. Septuagénaire, elle a déjà, derrière elle, une œuvre de romancière, dramaturge et cinématographique bien fournie. &quot;La vie matérielle&quot; (1987) est un ensemble de textes courts où se mêlent son récit autobiographique, le thème de la femme, sa rencontre avec Yann Andréa, ses personnages de romans et ses conceptions autant littéraires, théâtrales que cinématographiques.       <br />
              <br />
       Sur les planches, à l'exception de ses conceptions artistiques qui sont passées sous silence, l'adaptation de Michel Monnereau met en exergue tout le reste dans une mise en scène de William Mesguich qui nous fait découvrir Marguerite Duras dans son intérieur au sens propre et figuré.       <br />
              <br />
       Le décor laisse voir, côté cour, un divan matelassé de couleur marron avec une pile de livres au pied. Côté jardin, il y a une petite table avec une bouteille et son verre, avec à son pied une autre pile de livres. En arrière-scène, côté jardin, se trouve un bureau avec une bouteille et son verre sur lequel sont éparpillées des feuilles manuscrites. Au centre de la scène, trône une petite table ronde avec un portrait de Duras jeune et, au-devant, une paire de lunettes de soleil posée contre le portrait. Un fauteuil chaise finit la scénographie. Le décor est rustique avec quelques accents bourgeois. C'est calme, le lieu d'un esprit réfléchi où durant toute la représentation, trois types de dialogues vont s'ouvrir.       <br />
              <br />
       Le premier est entre l'écrivaine et ses souvenirs où elle se remémore des éléments du passé. Presque un échange avec elle-même où elle ressasse quelques bribes de sa vie. Le deuxième concerne son lien avec le public où il y a une véritable interaction entre un dit et une écoute. Nulle parole n'est lancée directement à l'assistance, mais elle lui parle avec ses attitudes, son port de tête et la cambrure de son corps. Tout est orienté vers cet autre silencieux et réceptif. Duras est dans le dire et uniquement dans celui-ci. Elle parle et raconte de façon confidentielle sans que rien ne soit demandé ou attendu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866339.jpg?v=1692026559" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
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      Le troisième type de dialogue est celui où, à un moment, une interview s'immisce et c'est la célébrité qui parle de son rapport à l'alcool, suite à une question. L'attitude et le port de tête ne sont plus les mêmes, la position est passablement bien assise avec un phrasé à la fois détaché et bien dirigé vers un interlocuteur qui est autant un élément du public que destinataire d'un dialogue. Nous sommes dans un autre registre, avec une assistance qui disparaît symboliquement dans l'appréhension que le personnage a de l'espace où son intérieur se ferme pour se retrouver publiquement face à la question du journaliste. Il n'est pas là, mais ailleurs. Dans un autre lieu et possiblement à une autre époque, lointaine ou proche. Nulle indication n'est donnée.       <br />
              <br />
       Ce sont toutes ses formes dialoguées qui donnent à la mise en scène de Mesguich cet aspect pluriel où l'auteure navigue entre confidences et déclarations. Un soi à soi qui entre dans un entre-soi et dans une intimité qui bascule ensuite sur une extimité. Le public est, suivant les tableaux, entre deux eaux, celui d'être à la fois dans la confidence et dans un rapport déclaratif. Voire absent quand elle se remémore son amour de Yann Andréa (1952-2014), qui a duré 16 ans, où elle en parle, comme seule au monde, avec tendresse, elle qui pourtant lui disait <span style="font-style:italic">&quot;C'est impossible de vivre avec moi, avec un écrivain, je le sais, c'est impossible&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le chez-soi s'occulte aussi parfois pour laisser le micro à la femme célèbre. Il y a ces deux instants où la voix-off de Duras élargit cet intérieur. Elle est ainsi ailleurs, même si toujours sur scène, presque dédoublée, car incarnée physiquement par Catherine Artigala et symboliquement par sa voix dans un magnétophone. Cette présence vocale incarne l'absence d'une personnalité pas vraiment partie, car toujours vivante mais dans un autre espace-temps, celui du souvenir de l'écrivaine.       <br />
              <br />
       Cela donne un cadre temporel et spatial autre avec un intérieur mis entre parenthèses juste le temps d'une irruption de celle où tout découle. Le lieu ainsi devient double, à la fois ici et ailleurs, avec un personnage qui prend une autre forme par un autre biais. Cette cohabitation entre absence et présence donne une double focale à Duras où Mesguich en donne une dimension proche et lointaine, physique et psychique, autant intime que célèbre.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866342.jpg?v=1692026593" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
     </div>
     <div>
      Le silence accompagne le superbe jeu de Catherine Artigala. Son monologue est articulé par différents tableaux en diverses temporalités dans un même lieu. Le décor ne change pas. C'est le récit qui permet de voyager dans le temps, fixe quand elle parle de personnages de romans que l'on peut rattacher à la publication de l'œuvre, mouvant quand il s'agit de rencontres, d'amour, et toujours actuel quand elle dénonce la condition féminine. Ce sont sur ces différents registres que la mise en scène très réussie de Mesguich apporte un souffle à la fois frais et rythmé par différentes ruptures de jeu.       <br />
              <br />
       Silences, noirs, lumières, paroles dites, parfois un peu chantées, d'autres fois clamées, nous sommes dans différentes nuances et tensions. Quand elle déclame en prenant position politiquement ou lorsqu'elle parle de son rapport à la boisson lors de l'interview, c'est à un public qu'elle parle et non plus à une personne. La voix se fait plus &quot;universelle&quot; quand elle fait écho à celle d'un drame, son alcoolisme, ou d'un fait social, la place de la femme dans la société. Et, là, elle devient Marguerite Duras en tant qu'auteure. Quand il s'agit de sa vie plus personnelle, le rapport devient plus intime par la voix, les lumières. Et, narratrice de sa vie, elle apparaît presque en actrice de son propre rôle.       <br />
              <br />
       Debout, assise, buvant, s'allongeant, allant à son bureau, devant quelques feuilles manuscrites qu'elle balance au gré de mouvements ondulants, comme si son travail était aussi la trace de la trajectoire de sa vie, l'écrivaine nous accompagne dans son rapport à son existence et à l'écriture. De sa vie, de ses ébats sexuels ou amoureux, de son rapport à sa célébrité, à la boisson, tout s'entremêle. Elle boit d'un coup son premier verre. Elle en prendra deux autres durant la représentation qui semble mêler faussement un fil temporel continu.       <br />
              <br />
       Nous sommes en février 1987. Trois mois après, en mai, elle est appelée à comparaître au procès Barbie, mais elle refuse. Et, en juin de la même année, elle publie &quot;La vie matérielle&quot;. Cela se finit par Barbara avec sa chanson &quot;Ma plus belle histoire d'amour&quot; (1967). Simple et superbe. C'est un véritable régal théâtral.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La vie matérielle"</b></div>
     <div>
      Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Catherine Artigala.       <br />
       Création lumière et décor : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costumes : Sonia Bosc.       <br />
       Production : Passage Production.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 juin au 27 août 2023.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 21 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Théâtre du Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-materielle-Subtile-et-superbe-un-voyage-interieur-dans-la-vie-de-Duras-_a3719.html" />
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  <entry>
   <title>"Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…</title>
   <updated>2022-03-07T08:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Rome-Venise-et-Calcutta-desert-s-Une-chambre-claire-nommee-desirs_a3191.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62842851-45443083.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-03-07T07:16:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un dispositif tout de blanc tendu, une table, trois chaises et trois comédiens, vêtus eux aussi de blanc comme dans le cinéma de Marguerite Duras. Ils sont attablés en quête de mots et images tissant une œuvre hybride. Trois personnages en quête de metteur en scène. Marguerite Duras, Yann Andréa et Elle, la littérature, tant il est vrai que pour les deux premiers il ne pouvait y avoir échanges que par l'intermédiaire d'un tiers… En l'occurrence, celui qui les réunit tous trois sur le plateau de L'Atelier des Marches, Arnaud Poujol, sait de quoi il voudrait parler… Donner à voir l'indicible au cœur de l'œuvre de M. D. pour tenter d'en délivrer l'essence.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62842851-45443083.jpg?v=1646564699" alt=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" title=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Si dans &quot;La Chambre Claire&quot;, Roland Barthes s'interroge sur la spécificité de la photographie identifiée à un mode de représentation &quot;objectif&quot;, le dispositif immaculé choisi ici par le metteur en scène immerge dans une subjectivité assumée, la sienne. Passionné par l'œuvre de Marguerite Duras, il se propose, en quatre parties reliées par le fil rouge d'un inconscient omniprésent, de pénétrer comme par effraction à l'intérieur de ce monument pour en faire vibrer les résonances.       <br />
              <br />
       Des quatre parties du projet (&quot;Roma&quot;, &quot;Je dis Elle&quot;, &quot;Ravissement à S.Thala&quot;, &quot;Son Nom de Venise dans Calcutta désert&quot;), nous verrons ce soir la deuxième et quatrième, soit les deux tiers en temps, ceci étant une étape de travail - déjà fort aboutie - avant la création prévue en 2023. Le comédien et les comédiennes conviés au plateau ont ceci de particulier que, tant leur &quot;inquiétante étrangeté&quot; est grande, ils pourraient être sortis tout droit d'une page de  &quot;Cet-amour-là&quot; de Yann Andréa, d'&quot;Écrire&quot;, du &quot;Vice-consul&quot;, de &quot;Lol V Stein&quot; ou encore d'un plan-séquence d'&quot;India Song&quot; de Marguerite Duras.       <br />
              <br />
       Tout commence par une plongée dans l'univers quotidien de M. D. aux Roches Noires où, autour de verres de vin (un rituel), les deux noms de plume (Marguerite Duras et Yann Andréa) s'adonnent à leur jeu favori. Dire et redire la solitude essentielle, les digressions autour de l'écriture, &quot;cette sauvagerie d'avant la vie&quot;, et leur amour, lui, à ne surtout pas se dire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62842851-45443091.jpg?v=1646564799" alt=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" title=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Yacine Sif El Islam (l'acteur), dont le prénom partage avec Yann Andréa la même initiale, délivre dans son corps-à-corps avec le texte &quot;la vérité&quot; de cette relation torturée liant deux êtres autour de leur passion commune, l'écriture. Lui, son secrétaire entièrement soumis à la lutte menée avec les mots qui se bousculent, qui la bouscule, amant aimant jusqu'à la déchirure. Elle, les soixantaines rugissantes, hurlant la haine de ce jeune homme et le refus de son existence souhaitée pourtant contre vents et marées.       <br />
              <br />
       Leur réconciliation… une de plus, autant que de ruptures. Et cette adresse poignante de l'écrivaine (superbement, elle aussi, incarnée par Aline Le Berre et son double, Élise Servieres) : <span style="font-style:italic">&quot;M'aimez-vous ? Si je n'étais pas Duras, m'auriez-vous regardée ?&quot;</span>. Notre vision alors se trouble… Par le dédoublement des actrices, se superposent M. D. et la jeune fille de quinze ans et demi que son amant chinois, sur les rivages du Mékong, venait chercher dans sa voiture d'apparat…       <br />
              <br />
       Après &quot;Capri c'est fini&quot; d'Hervé Vilard, que M. D. identifiait comme la plus belle des chansons d'amour -  <span style="font-style:italic">&quot;Un jour cela arrivera, un jour il vous viendra le regret abominable de cela que vous qualifiez &quot;d'invivable&quot;, c'est-à-dire de ce qui a été tenté par vous et moi pendant cet été 80 de pluie et de vent. Ça hurle que Capri, c'est fini. Que c'était la ville de notre premier amour, mais que maintenant, c'est fini. Fini.&quot;</span> -, ce sera à lui, Yann Andréa, de crier à tue-tête : <span style="font-style:italic">&quot;Duras, c'est fini !&quot;</span>… Mais n'en finit-on jamais avec Duras ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62842851-45443094.jpg?v=1646564837" alt=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" title=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      Après les adaptations de &quot;Cet amour-là&quot; de Yann Andréa et d'&quot;Écrire&quot; de M. D., cette question obsédante, Arnaud Poujol la fait sienne, l'incorpore, en travaillant la matière du texte, théâtre, film d'&quot;India Song&quot; qu'il agrège aux romans &quot;Vice-consul&quot; et &quot;Lol V. Stein&quot;. Et comme Marguerite Duras lorsqu'elle se prenait à raconter à Michelle Porte l'agonie de cette mouche noire et bleue qui, pour elle, était une métaphore de ce qu'est la littérature - la fascination pour l'inconnu de soi -, le metteur en scène de ses propres errances durassiennes laisse dériver son imaginaire au gré des personnages fantomatiques d'&quot;India Song&quot; et des autres romans du cycle indien.       <br />
              <br />
       Devant nous, dans un jeu de lumières rouges sculptant les corps porte-voix, deux femmes se rappellent l'histoire de Lol V. Stein, la fiancée de Michael Richardson, et celle d'Anne-Marie Stretter, l'épouse de l'Ambassadeur de France aux Indes. Leurs voix trouent l'épaisseur du temps écoulé pour transmettre jusqu'à nous la mémoire de cette longue nuit de bal à S.Thala qui, dans un fondu enchainé mythique, déboucha à l'aube sur un cri… celui du &quot;ravissement&quot; de la femme délaissée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62842851-45443097.jpg?v=1646564869" alt=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" title=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      À la violence de cette nuit feutrée, se superpose une autre violence. Celle du corps souffrant éperdu de désirs fous du Vice-Consul de Lahore, en disgrâce à Calcutta pour avoir tiré sur des lépreux. Temps culminant - orgasmique - de cette rencontre à jamais impossible entre lui et son amour, la robe noire d'Anne-Marie Stretter descendant des cintres et dont le Vice-Consul de France (incarné &quot;sauvagement&quot; par l'acteur, splendidement mis en lumière) se saisit en hurlant à la vie, à la mort, sa passion sans espoir pour la femme de l'Ambassadeur.       <br />
              <br />
       Portés par les notes hypnotiques du blues d'&quot;India Song&quot; subtilement recomposé, stimulés par l'imaginaire en fusion du metteur en jeu provoquant notre propre fantasmagorie indienne, nous voilà immergés dans la nuit de Calcutta. Cette nuit si particulière où le Vice-Consul de France <span style="font-style:italic">&quot;a crié son nom de Venise dans Calcutta désert&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Éclats d'une &quot;œuvre monde&quot; dont l'impact s'inscrit en lettres de feu dans notre imaginaire, les plans séquences tissent une toile sur laquelle nous projetons nos propres fantasmes. Arnaud Poujol délivre ainsi notre raison de l'injonction castratrice de comprendre, afin de susciter le désir inaliénable d'entendre - au-delà de ce qui est dit - ce qui se dit en creux. En ce sens, il capte l'esprit irriguant l'œuvre de Marguerite Duras : une sensualité hors narration, un &quot;ravissement&quot; des sens déliés de tout &quot;encrage&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 21 février à 18 h à L'Atelier des Marches du Bouscat (33). Deux autres représentations publiques ont eu lieu mardi 22 et mercredi 23 février 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rome, Venise et Calcutta désert(s)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62842851-45443201.jpg?v=1646566193" alt=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" title=""Rome, Venise et Calcutta désert(s)" Une chambre claire nommée désirs…" />
     </div>
     <div>
      D'après Marguerite Duras.       <br />
       Mise en scène, montage des textes et adaptation : Arnaud Poujol.       <br />
       Aide dramaturgique et lumières : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Avec : Aline Le Berre, Élise Servieres et Yacine Sif El Islam.       <br />
       Création musicale : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création vidéo : Erwin Chamard.       <br />
       Avec la complicité de Benjamin Yousfi.       <br />
       Production déléguée : Les Marches de l'Été.       <br />
       Compagnie monsieur Kaplan.       <br />
       <a class="link" href="https://www.arnaudpoujol.fr/monsieur-kaplan" target="_blank">&gt;&gt; arnaudpoujol.fr/monsieur-kaplan</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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