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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-10T22:41:50+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion</title>
   <updated>2026-06-25T17:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Soie-Sur-fonds-de-commerce-de-vers-a-soie-Se-tissent-un-impossible-amour-et-une-devorante-passion_a4597.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97123201-67668138.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-25T14:56:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après trois années couronnées de succès en tournée et à Avignon, "Soie" d'Alessandro Baricco, adaptée et jouée par Sylvie Dorliat, dans une mise en scène de William Mesguich, est de retour dans le Off. Ayant comme canevas initial, les voyages au Japon d'Hervé Joncour – pays considéré comme dangereux, voire quasi impénétrable au XIXᵉ siècle –, "Soie" est à la fois une découverte du territoire nippon, pourvoyeur de la précieuse fibre, et un voyage amoureux incertain doublée d'une envoûtante et secrète passion intérieure, toutes ces traversées intimes étant faites de fils de soie… tissant une étoffe douce, intemporelle et sensuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97123201-67668135.jpg?v=1660125043" alt="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" title="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" />
     </div>
     <div>
      Destin singulier et surprenant que celui d'Hervé Joncour officiant à une époque où certaines contrées font rêver tout en suscitant la crainte générée par l'inconnu. L'aventurier, audacieux, armé d'une confiance sans failles, va effectuer ses expéditions avec l'énergie de la détermination. En trame sensible, s'entrelacent trois vies de femmes qui alimentent les désirs et les passions de cet homme s'emprisonnant petit à petit dans une quête d'amours et de bonheurs impossibles.       <br />
              <br />
       Charnières centrales du récit de l'auteur italien Alessandro Baricco<span style="font-style:italic">(1)</span>, pièces maîtresses irrémédiablement indissociables, ces trois personnalités féminines représentent les trois postures qui furent longtemps représentatives de la construction de la société patriarcale, même sous le ciel des quêtes amoureuses. Hélène, l'épouse aimante et fidèle qui attend, telle une Pénélope, le retour de son héroïque - mais néanmoins commerçant - mari ; Blanche, prostituée et tenancière de maison close ; et l'amante, ici une mystérieuse et belle geisha blanche, femme au visage de jeune fille, inlassablement aperçue ou vue lors de chaque séjour dans la maison d'Hara Kei, le fournisseur des précieux et monnayables œufs de bombyx du mûrier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97123201-67668136.jpg?v=1782393731" alt="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" title="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" />
     </div>
     <div>
      Dans une manière proche du théâtre documentaire, la comédienne nous narre tout d'abord les différents tenants et aboutissants de la sériciculture et ce commerce de la soie qui, au milieu du XIXe siècle, suite à deux maladies (la pébrine et la flacherie), ne peuvent se poursuivre qu'en se fournissant en œufs sains dans des pays comme le Japon. Conscient du bon rapport financier, Hervé Joncour se lance donc à la conquête commerciale de l'île asiatique.       <br />
              <br />
       Se succéderont quatre voyages au Japon qui verront la naissance du mystère de la femme blanche (geisha ?) <span style="font-style:italic">&quot;au visage de jeune fille dont les yeux n'avaient pas la forme orientale&quot;</span>. Au cours du deuxième, la belle inconnue est toujours chez Hara Kei, son hôte japonais. Il revient avec un petit billet écrit en idéogrammes qu'il ira faire traduire par la tenancière japonaise d'un bordel à Nîmes.       <br />
              <br />
       Ainsi, sans tout vous dévoiler, vont suivre deux autres équipées où s'immisceront des rumeurs de guerre civile au Japon, les retrouvailles avec la mystérieuse beauté, un dîner avec, au menu, regards profonds et mystère irrésolu, une réelle guerre civile japonaise<span style="font-style:italic">(2)</span>… mais le quatrième voyage aura bien lieu au grand désespoir de l'épouse, une ultime lettre d'amour empreinte d'érotisme, l'échec du dernier voyage, la mort d'Hélène, la solitude, le souvenir des bonheurs effleurées…       <br />
              <br />
       La capacité de Sylvie Dorliat à nous conter les histoires, à prendre de manière instantanée la tonalité de chaque personnage, est spectaculaire. On boit ses paroles, fluides et ludiques, historiques et aventureuses, entre faux documentaire et vraie fiction. Elle porte admirablement le récit d'Alessandro Baricco, sachant générer les tensions et les fragiles émotions dont sont détenteurs les différents protagonistes. Celui-ci est rendu ainsi palpitant et passionnant.       <br />
              <br />
       C'est également une aventure haletante que l'on suit avec plaisir, quasiment envoûté, grâce à une mise en scène séquencée sur les différentes actions et situations, créant ainsi une dynamique digne d'un thriller. Celle-ci est enrichie, du point de vue scénographique, par des éléments à peine dévoilés comme des robes de soie cachées derrière des rideaux de fils noirs et des vidéos faisant apparaître des cages à oiseaux, de mystérieuses ombres chinoises. C'est simple, mais captivant, sans artifices, sans trucages, engendrant un imaginaire riche et presque rocambolesque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97123201-67668137.jpg?v=1660125416" alt="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" title="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" />
     </div>
     <div>
      Les jeux de lumière sont tout en finesse, conçus avec des ambiances adaptées, douceur sombre pour dramatiser certains événements, pour accroître le mystère ou amplifier les fulgurances émotionnelles… ou faisceaux lumineux dirigés aux moments opportuns, avec mise en valeur de certains accessoires, comme des costumes posés sur des mannequins sans tête, pour exprimer/revêtir l'interprétation de certains personnages ou pour alimenter les flammes passionnelles de Joncour.       <br />
              <br />
       &quot;Soie&quot; est un vrai voyage, un conte en quatre explorations, à la découverte de soi-même pour Hervé Joncour et d'une conquête de l'amour en forme de triptyque où se dessinent l'épouse, l'amante - ici uniquement fantasmée bien que réelle - et la prostituée. Sylvie Dorliat, qui nous avez déjà charmés avec &quot;La petite fille de monsieur Linh&quot;, a véritablement une âme de conteuse et confirme son grand talent de comédienne. Elle est admirablement servie par William Mesguich qui lui offre une mise en scène pleine de délicatesse, de poésie, avec cette faculté à préserver une certaine forme de mystère contenue dans l'œuvre d'Alessandro Baricco.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Alessandro Baricco à qui l'on doit également le célèbre &quot;Novecento&quot;, publié en 1994.       <br />
       (2) Il s'agit de la guerre civile de Boshin qui eut lieu du 3 janvier 1868 au 18 mai 1869 entre les clans fidèles à l'empereur Meiji et les troupes appartenant au gouvernement shogunal d'Edo. Victoire de l'empereur et fin du shogunat.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Soie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97123201-67668138.jpg?v=1782393800" alt="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" title="•Off 2026• "Soie" Sur fonds de commerce de vers à soie... Se tissent un impossible amour et une dévorante passion" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alessandro Baricco.       <br />
       Texte français : Françoise Brun.       <br />
       Adaptation : Sylvie Dorliat.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Sylvie Dorliat.       <br />
       Collaboration artistique : David van Tongerloo.       <br />
       Création lumière : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : David van Tongerloo.       <br />
       Création vidéo : Karine Zibaut.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre Des Corps-Saints, Salle 2, 76, place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 25 75.        <br />
       <a class="link" href="https://theatre-corps-saints-avignon.com/soie-5/#soie" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-corps-saints-avignon.com/" target="_blank">>> theatre-corps-saints-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Soie-Sur-fonds-de-commerce-de-vers-a-soie-Se-tissent-un-impossible-amour-et-une-devorante-passion_a4597.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour</title>
   <updated>2025-05-25T18:57:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Soie-Sur-la-route-de-la-soie-la-quete-de-l-impossible-amour_a4225.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88776244-62827059.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-26T07:38:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À la fin du XIXe siècle (vers 1861), Hervé Joncour effectue quatre voyages au Japon, alors pays méconnu et considéré comme dangereux, voire quasi impénétrable, pour acheter des œufs de vers à soie dont il faisait commerce. Au-delà de cette invitation à la découverte du territoire nippon et de ses règles encore très traditionnelles, se créent simultanément un parcours amoureux incertain et une dévorante et secrète passion intérieure, toutes ces traversées intimes étant faites de fils de soie… tissant une étoffe douce, intemporelle et sensuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88776244-62827059.jpg?v=1660125043" alt="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Destin singulier et surprenant que celui d'Hervé Joncour officiant à une époque où certaines contrées font rêver tout en suscitant la crainte générée par l'inconnu. L'aventurier, audacieux, armé d'une confiance sans failles, va effectuer ses expéditions avec l'énergie de la détermination. En trame sensible, s'entrelacent trois vies de femmes qui alimentent les désirs et les passions de cet homme s'emprisonnant petit à petit dans une quête d'amours et de bonheurs impossibles.       <br />
              <br />
       Charnières centrales du récit de l'auteur italien Alessandro Baricco<span style="font-style:italic">(1)</span>, pièces maîtresses irrémédiablement indissociables, ces trois personnalités féminines représentent les trois postures qui furent longtemps représentatives de la construction de la société patriarcale, même sous le ciel des quêtes amoureuses. Hélène, l'épouse aimante et fidèle qui attend, telle une Pénélope, le retour de son héroïque - mais néanmoins commerçant - mari ; Blanche, prostituée et tenancière de maison close ; et l'amante, ici une mystérieuse et belle geisha blanche, femme au visage de jeune fille, inlassablement aperçue ou vue lors de chaque séjour dans la maison d'Hara Kei, le fournisseur des précieux et monnayables œufs de bombyx du mûrier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88776244-62827060.jpg?v=1660125359" alt="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Dans une manière proche du théâtre documentaire, la comédienne nous narre tout d'abord les différents tenants et aboutissants de la sériciculture et ce commerce de la soie qui, au milieu du XIXe siècle, suite à deux maladies (la pébrine et la flacherie), ne peuvent se poursuivre qu'en se fournissant en œufs sains dans des pays comme le Japon. Conscient du bon rapport financier, Hervé Joncour se lance donc à la conquête commerciale de l'île asiatique.       <br />
              <br />
       Se succéderont quatre voyages au Japon qui verront la naissance du mystère de la femme blanche (geisha ?) <span style="font-style:italic">&quot;au visage de jeune fille dont les yeux n'avaient pas la forme orientale&quot;</span>. Au cours du deuxième, la belle inconnue est toujours chez Hara Kei, son hôte japonais. Il revient avec un petit billet écrit en idéogrammes qu'il ira faire traduire par la tenancière japonaise d'un bordel à Nîmes.       <br />
              <br />
       Ainsi, sans tout vous dévoiler, vont suivre deux autres équipées où s'immisceront des rumeurs de guerre civile au Japon, les retrouvailles avec la mystérieuse beauté, un dîner avec, au menu, regards profonds et mystère irrésolu, une réelle guerre civile japonaise<span style="font-style:italic">(2)</span>… mais le quatrième voyage aura bien lieu au grand désespoir de l'épouse, une ultime lettre d'amour empreinte d'érotisme, l'échec du dernier voyage, la mort d'Hélène, la solitude, le souvenir des bonheurs effleurées…       <br />
              <br />
       La capacité de Sylvie Dorliat à nous conter les histoires, à prendre de manière instantanée la tonalité de chaque personnage, est spectaculaire. On boit ses paroles, fluides et ludiques, historiques et aventureuses, entre faux documentaire et vraie fiction. Elle porte admirablement le récit d'Alessandro Baricco, sachant générer les tensions et les fragiles émotions dont sont détenteurs les différents protagonistes. Celui-ci est rendu ainsi palpitant et passionnant.       <br />
              <br />
       C'est également une aventure haletante que l'on suit avec plaisir, quasiment envoûté, grâce à une mise en scène séquencée sur les différentes actions et situations, créant ainsi une dynamique digne d'un thriller. Celle-ci est enrichie, du point de vue scénographique, par des éléments à peine dévoilés comme des robes de soie cachées derrière des rideaux de fils noirs et des vidéos faisant apparaître des cages à oiseaux, de mystérieuses ombres chinoises. C'est simple, mais captivant, sans artifices, sans trucages, engendrant un imaginaire riche et presque rocambolesque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88776244-62827061.jpg?v=1660125416" alt="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Les jeux de lumière sont tout en finesse, conçus avec des ambiances adaptées, douceur sombre pour dramatiser certains événements, pour accroître le mystère ou amplifier les fulgurances émotionnelles… ou faisceaux lumineux dirigés aux moments opportuns, avec mise en valeur de certains accessoires, comme des costumes posés sur des mannequins sans tête, pour exprimer/revêtir l'interprétation de certains personnages ou pour alimenter les flammes passionnelles de Joncour.       <br />
              <br />
       &quot;Soie&quot; est un vrai voyage, un conte en quatre explorations, à la découverte de soi-même pour Hervé Joncour et d'une conquête de l'amour en forme de triptyque où se dessinent l'épouse, l'amante - ici uniquement fantasmée bien que réelle - et la prostituée. Sylvie Dorliat, qui nous avez déjà charmés avec &quot;La petite fille de monsieur Linh&quot;, a véritablement une âme de conteuse et confirme son grand talent de comédienne. Elle est admirablement servie par William Mesguich qui lui offre une mise en scène pleine de délicatesse, de poésie, avec cette faculté à préserver une certaine forme de mystère contenue dans l'œuvre d'Alessandro Baricco.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Alessandro Baricco à qui l'on doit également le célèbre &quot;Novecento&quot;, publié en 1994.       <br />
       (2) Il s'agit de la guerre civile de Boshin qui eut lieu du 3 janvier 1868 au 18 mai 1869 entre les clans fidèles à l'empereur Meiji et les troupes appartenant au gouvernement shogunal d'Edo. Victoire de l'empereur et fin du shogunat.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Soie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88776244-62827062.jpg?v=1660125446" alt="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2025• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alessandro Baricco.       <br />
       Texte français : Françoise Brun.       <br />
       Adaptation : Sylvie Dorliat.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Sylvie Dorliat.       <br />
       Collaboration artistique : David van Tongerloo.       <br />
       Création lumière : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : David van Tongerloo.       <br />
       Création vidéo : Karine Zibaut.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Artcoscène Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Des Corps-Saints, Salle 2, 76, place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 25 75.        <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('prod.theatrecorpssaints@gmail.com')" >prod.theatrecorpssaints@gmail.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-corps-saints-avignon.com/" target="_blank">>> theatre-corps-saints-avignon.com</a>
     </div>
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   <title>•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour</title>
   <updated>2024-06-15T15:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Soie-Sur-la-route-de-la-soie-la-quete-de-l-impossible-amour_a3949.html</id>
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   <published>2024-06-16T08:56:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
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    <![CDATA[
À la fin du XIXe siècle (vers 1861), Hervé Joncour effectue quatre voyages au Japon, alors pays méconnu et considéré comme dangereux, voire quasi impénétrable, pour acheter des œufs de vers à soie dont il faisait commerce. Au-delà de cette invitation à la découverte du territoire nippon et de ses règles encore très traditionnelles, se créent simultanément un parcours amoureux incertain et une dévorante et secrète passion intérieure, toutes ces traversées intimes étant faites de fils de soie… tissant une étoffe douce, intemporelle et sensuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Destin singulier et surprenant que celui d'Hervé Joncour officiant à une époque où certaines contrées font rêver tout en suscitant la crainte générée par l'inconnu. L'aventurier, audacieux, armé d'une confiance sans failles, va effectuer ses expéditions avec l'énergie de la détermination. En trame sensible, s'entrelacent trois vies de femmes qui alimentent les désirs et les passions de cet homme s'emprisonnant petit à petit dans une quête d'amours et de bonheurs impossibles.       <br />
              <br />
       Charnières centrales du récit de l'auteur italien Alessandro Baricco<span style="font-style:italic">(1)</span>, pièces maîtresses irrémédiablement indissociables, ces trois personnalités féminines représentent les trois postures qui furent longtemps représentatives de la construction de la société patriarcale, même sous le ciel des quêtes amoureuses. Hélène, l'épouse aimante et fidèle qui attend, telle une Pénélope, le retour de son héroïque - mais néanmoins commerçant - mari ; Blanche, prostituée et tenancière de maison close ; et l'amante, ici une mystérieuse et belle geisha blanche, femme au visage de jeune fille, inlassablement aperçue ou vue lors de chaque séjour dans la maison d'Hara Kei, le fournisseur des précieux et monnayables œufs de bombyx du mûrier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80991217-58385390.jpg?v=1660125359" alt="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Dans une manière proche du théâtre documentaire, la comédienne nous narre tout d'abord les différents tenants et aboutissants de la sériciculture et ce commerce de la soie qui, au milieu du XIXe siècle, suite à deux maladies (la pébrine et la flacherie), ne peuvent se poursuivre qu'en se fournissant en œufs sains dans des pays comme le Japon. Conscient du bon rapport financier, Hervé Joncour se lance donc à la conquête commerciale de l'île asiatique.       <br />
              <br />
       Se succéderont quatre voyages au Japon qui verront la naissance du mystère de la femme blanche (geisha ?) <span style="font-style:italic">&quot;au visage de jeune fille dont les yeux n'avaient pas la forme orientale&quot;</span>. Au cours du deuxième, la belle inconnue est toujours chez Hara Kei, son hôte japonais. Il revient avec un petit billet écrit en idéogrammes qu'il ira faire traduire par la tenancière japonaise d'un bordel à Nîmes.       <br />
              <br />
       Ainsi, sans tout vous dévoiler, vont suivre deux autres équipées où s'immisceront des rumeurs de guerre civile au Japon, les retrouvailles avec la mystérieuse beauté, un dîner avec, au menu, regards profonds et mystère irrésolu, une réelle guerre civile japonaise<span style="font-style:italic">(2)</span>… mais le quatrième voyage aura bien lieu au grand désespoir de l'épouse, une ultime lettre d'amour empreinte d'érotisme, l'échec du dernier voyage, la mort d'Hélène, la solitude, le souvenir des bonheurs effleurées…       <br />
              <br />
       La capacité de Sylvie Dorliat à nous conter les histoires, à prendre de manière instantanée la tonalité de chaque personnage, est spectaculaire. On boit ses paroles, fluides et ludiques, historiques et aventureuses, entre faux documentaire et vraie fiction. Elle porte admirablement le récit d'Alessandro Baricco, sachant générer les tensions et les fragiles émotions dont sont détenteurs les différents protagonistes. Celui-ci est rendu ainsi palpitant et passionnant.       <br />
              <br />
       C'est également une aventure haletante que l'on suit avec plaisir, quasiment envoûté, grâce à une mise en scène séquencée sur les différentes actions et situations, créant ainsi une dynamique digne d'un thriller. Celle-ci est enrichie, du point de vue scénographique, par des éléments à peine dévoilés comme des robes de soie cachées derrière des rideaux de fils noirs et des vidéos faisant apparaître des cages à oiseaux, de mystérieuses ombres chinoises. C'est simple, mais captivant, sans artifices, sans trucages, engendrant un imaginaire riche et presque rocambolesque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80991217-58385391.jpg?v=1660125416" alt="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Les jeux de lumière sont tout en finesse, conçus avec des ambiances adaptées, douceur sombre pour dramatiser certains événements, pour accroître le mystère ou amplifier les fulgurances émotionnelles… ou faisceaux lumineux dirigés aux moments opportuns, avec mise en valeur de certains accessoires, comme des costumes posés sur des mannequins sans tête, pour exprimer/revêtir l'interprétation de certains personnages ou pour alimenter les flammes passionnelles de Joncour.       <br />
              <br />
       &quot;Soie&quot; est un vrai voyage, un conte en quatre explorations, à la découverte de soi-même pour Hervé Joncour et d'une conquête de l'amour en forme de triptyque où se dessinent l'épouse, l'amante - ici uniquement fantasmée bien que réelle - et la prostituée. Sylvie Dorliat, qui nous avez déjà charmés avec &quot;La petite fille de monsieur Linh&quot;, a véritablement une âme de conteuse et confirme son grand talent de comédienne. Elle est admirablement servie par William Mesguich qui lui offre une mise en scène pleine de délicatesse, de poésie, avec cette faculté à préserver une certaine forme de mystère contenue dans l'œuvre d'Alessandro Baricco.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Alessandro Baricco à qui l'on doit également le célèbre &quot;Novecento&quot;, publié en 1994.       <br />
       (2) Il s'agit de la guerre civile de Boshin qui eut lieu du 3 janvier 1868 au 18 mai 1869 entre les clans fidèles à l'empereur Meiji et les troupes appartenant au gouvernement shogunal d'Edo. Victoire de l'empereur et fin du shogunat.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Soie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80991217-58385392.jpg?v=1660125446" alt="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2024• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alessandro Baricco.       <br />
       Texte français : Françoise Brun.       <br />
       Adaptation : Sylvie Dorliat.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Sylvie Dorliat.       <br />
       Collaboration artistique : David van Tongerloo.       <br />
       Création lumière : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : David van Tongerloo.       <br />
       Création vidéo : Karine Zibaut.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Artcoscène Productions.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre des Corps Saints, Salle 2, 76, place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 25 75.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-corps-saints-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-corps-saints-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Soie-Sur-la-route-de-la-soie-la-quete-de-l-impossible-amour_a3949.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !</title>
   <updated>2023-08-15T12:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-materielle-Subtile-et-superbe-un-voyage-interieur-dans-la-vie-de-Duras-_a3719.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74595886-51866327.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-08-15T12:05:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La mise en scène de Mesguich mêle subtilement la figure de Marguerite Duras dans un espace-temps où toute notion temporelle est bousculée, et ce, dans un même lieu avec une figure de l'écrivaine superbement interprétée par Catherine Artigala dans une adaptation de Michel Monnereau de "La vie matérielle" (1987). À son domicile, loin du bruit de la célébrité, c'est dans son pré carré que nous la (re)découvrons.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866327.jpg?v=1692026454" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
     </div>
     <div>
      Silence sur le plateau où l'obscurité laisse apparaître Marguerite Duras (Catherine Artigala), assise sur un canapé siège. Septuagénaire, elle a déjà, derrière elle, une œuvre de romancière, dramaturge et cinématographique bien fournie. &quot;La vie matérielle&quot; (1987) est un ensemble de textes courts où se mêlent son récit autobiographique, le thème de la femme, sa rencontre avec Yann Andréa, ses personnages de romans et ses conceptions autant littéraires, théâtrales que cinématographiques.       <br />
              <br />
       Sur les planches, à l'exception de ses conceptions artistiques qui sont passées sous silence, l'adaptation de Michel Monnereau met en exergue tout le reste dans une mise en scène de William Mesguich qui nous fait découvrir Marguerite Duras dans son intérieur au sens propre et figuré.       <br />
              <br />
       Le décor laisse voir, côté cour, un divan matelassé de couleur marron avec une pile de livres au pied. Côté jardin, il y a une petite table avec une bouteille et son verre, avec à son pied une autre pile de livres. En arrière-scène, côté jardin, se trouve un bureau avec une bouteille et son verre sur lequel sont éparpillées des feuilles manuscrites. Au centre de la scène, trône une petite table ronde avec un portrait de Duras jeune et, au-devant, une paire de lunettes de soleil posée contre le portrait. Un fauteuil chaise finit la scénographie. Le décor est rustique avec quelques accents bourgeois. C'est calme, le lieu d'un esprit réfléchi où durant toute la représentation, trois types de dialogues vont s'ouvrir.       <br />
              <br />
       Le premier est entre l'écrivaine et ses souvenirs où elle se remémore des éléments du passé. Presque un échange avec elle-même où elle ressasse quelques bribes de sa vie. Le deuxième concerne son lien avec le public où il y a une véritable interaction entre un dit et une écoute. Nulle parole n'est lancée directement à l'assistance, mais elle lui parle avec ses attitudes, son port de tête et la cambrure de son corps. Tout est orienté vers cet autre silencieux et réceptif. Duras est dans le dire et uniquement dans celui-ci. Elle parle et raconte de façon confidentielle sans que rien ne soit demandé ou attendu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866339.jpg?v=1692026559" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
     </div>
     <div>
      Le troisième type de dialogue est celui où, à un moment, une interview s'immisce et c'est la célébrité qui parle de son rapport à l'alcool, suite à une question. L'attitude et le port de tête ne sont plus les mêmes, la position est passablement bien assise avec un phrasé à la fois détaché et bien dirigé vers un interlocuteur qui est autant un élément du public que destinataire d'un dialogue. Nous sommes dans un autre registre, avec une assistance qui disparaît symboliquement dans l'appréhension que le personnage a de l'espace où son intérieur se ferme pour se retrouver publiquement face à la question du journaliste. Il n'est pas là, mais ailleurs. Dans un autre lieu et possiblement à une autre époque, lointaine ou proche. Nulle indication n'est donnée.       <br />
              <br />
       Ce sont toutes ses formes dialoguées qui donnent à la mise en scène de Mesguich cet aspect pluriel où l'auteure navigue entre confidences et déclarations. Un soi à soi qui entre dans un entre-soi et dans une intimité qui bascule ensuite sur une extimité. Le public est, suivant les tableaux, entre deux eaux, celui d'être à la fois dans la confidence et dans un rapport déclaratif. Voire absent quand elle se remémore son amour de Yann Andréa (1952-2014), qui a duré 16 ans, où elle en parle, comme seule au monde, avec tendresse, elle qui pourtant lui disait <span style="font-style:italic">&quot;C'est impossible de vivre avec moi, avec un écrivain, je le sais, c'est impossible&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le chez-soi s'occulte aussi parfois pour laisser le micro à la femme célèbre. Il y a ces deux instants où la voix-off de Duras élargit cet intérieur. Elle est ainsi ailleurs, même si toujours sur scène, presque dédoublée, car incarnée physiquement par Catherine Artigala et symboliquement par sa voix dans un magnétophone. Cette présence vocale incarne l'absence d'une personnalité pas vraiment partie, car toujours vivante mais dans un autre espace-temps, celui du souvenir de l'écrivaine.       <br />
              <br />
       Cela donne un cadre temporel et spatial autre avec un intérieur mis entre parenthèses juste le temps d'une irruption de celle où tout découle. Le lieu ainsi devient double, à la fois ici et ailleurs, avec un personnage qui prend une autre forme par un autre biais. Cette cohabitation entre absence et présence donne une double focale à Duras où Mesguich en donne une dimension proche et lointaine, physique et psychique, autant intime que célèbre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74595886-51866342.jpg?v=1692026593" alt=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" title=""La vie matérielle"… Subtile et superbe, un voyage intérieur dans la vie de Duras !" />
     </div>
     <div>
      Le silence accompagne le superbe jeu de Catherine Artigala. Son monologue est articulé par différents tableaux en diverses temporalités dans un même lieu. Le décor ne change pas. C'est le récit qui permet de voyager dans le temps, fixe quand elle parle de personnages de romans que l'on peut rattacher à la publication de l'œuvre, mouvant quand il s'agit de rencontres, d'amour, et toujours actuel quand elle dénonce la condition féminine. Ce sont sur ces différents registres que la mise en scène très réussie de Mesguich apporte un souffle à la fois frais et rythmé par différentes ruptures de jeu.       <br />
              <br />
       Silences, noirs, lumières, paroles dites, parfois un peu chantées, d'autres fois clamées, nous sommes dans différentes nuances et tensions. Quand elle déclame en prenant position politiquement ou lorsqu'elle parle de son rapport à la boisson lors de l'interview, c'est à un public qu'elle parle et non plus à une personne. La voix se fait plus &quot;universelle&quot; quand elle fait écho à celle d'un drame, son alcoolisme, ou d'un fait social, la place de la femme dans la société. Et, là, elle devient Marguerite Duras en tant qu'auteure. Quand il s'agit de sa vie plus personnelle, le rapport devient plus intime par la voix, les lumières. Et, narratrice de sa vie, elle apparaît presque en actrice de son propre rôle.       <br />
              <br />
       Debout, assise, buvant, s'allongeant, allant à son bureau, devant quelques feuilles manuscrites qu'elle balance au gré de mouvements ondulants, comme si son travail était aussi la trace de la trajectoire de sa vie, l'écrivaine nous accompagne dans son rapport à son existence et à l'écriture. De sa vie, de ses ébats sexuels ou amoureux, de son rapport à sa célébrité, à la boisson, tout s'entremêle. Elle boit d'un coup son premier verre. Elle en prendra deux autres durant la représentation qui semble mêler faussement un fil temporel continu.       <br />
              <br />
       Nous sommes en février 1987. Trois mois après, en mai, elle est appelée à comparaître au procès Barbie, mais elle refuse. Et, en juin de la même année, elle publie &quot;La vie matérielle&quot;. Cela se finit par Barbara avec sa chanson &quot;Ma plus belle histoire d'amour&quot; (1967). Simple et superbe. C'est un véritable régal théâtral.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La vie matérielle"</b></div>
     <div>
      Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Catherine Artigala.       <br />
       Création lumière et décor : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costumes : Sonia Bosc.       <br />
       Production : Passage Production.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 juin au 27 août 2023.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 21 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Théâtre du Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-materielle-Subtile-et-superbe-un-voyage-interieur-dans-la-vie-de-Duras-_a3719.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour</title>
   <updated>2023-06-13T08:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Soie-Sur-la-route-de-la-soie-la-quete-de-l-impossible-amour_a3607.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73467856-51129456.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-13T08:06:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À la fin du XIXe siècle (vers 1861), Hervé Joncour effectue quatre voyages au Japon, alors pays méconnu et considéré comme dangereux, voire quasi impénétrable, pour acheter des œufs de vers à soie dont il faisait commerce. Au-delà de cette invitation à la découverte du territoire nippon et de ses règles encore très traditionnelles, se créent simultanément un parcours amoureux incertain et une dévorante et secrète passion intérieure, toutes ces traversées intimes étant faites de fils de soie… tissant une étoffe douce, intemporelle et sensuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73467856-51129456.jpg?v=1660125043" alt="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Destin singulier et surprenant que celui d'Hervé Joncour officiant à une époque où certaines contrées font rêver tout en suscitant la crainte générée par l'inconnu. L'aventurier, audacieux, armé d'une confiance sans failles, va effectuer ses expéditions avec l'énergie de la détermination. En trame sensible, s'entrelacent trois vies de femmes qui alimentent les désirs et les passions de cet homme s'emprisonnant petit à petit dans une quête d'amours et de bonheurs impossibles.       <br />
              <br />
       Charnières centrales du récit de l'auteur italien Alessandro Baricco<span style="font-style:italic">(1)</span>, pièces maîtresses irrémédiablement indissociables, ces trois personnalités féminines représentent les trois postures qui furent longtemps représentatives de la construction de la société patriarcale, même sous le ciel des quêtes amoureuses. Hélène, l'épouse aimante et fidèle qui attend, telle une Pénélope, le retour de son héroïque - mais néanmoins commerçant - mari ; Blanche, prostituée et tenancière de maison close ; et l'amante, ici une mystérieuse et belle geisha blanche, femme au visage de jeune fille, inlassablement aperçue ou vue lors de chaque séjour dans la maison d'Hara Kei, le fournisseur des précieux et monnayables œufs de bombyx du mûrier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73467856-51129457.jpg?v=1660125359" alt="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
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      Dans une manière proche du théâtre documentaire, la comédienne nous narre tout d'abord les différents tenants et aboutissants de la sériciculture et ce commerce de la soie qui, au milieu du XIXe siècle, suite à deux maladies (la pébrine et la flacherie), ne peuvent se poursuivre qu'en se fournissant en œufs sains dans des pays comme le Japon. Conscient du bon rapport financier, Hervé Joncour se lance donc à la conquête commerciale de l'île asiatique.       <br />
              <br />
       Se succéderont quatre voyages au Japon qui verront la naissance du mystère de la femme blanche (geisha ?) <span style="font-style:italic">&quot;au visage de jeune fille dont les yeux n'avaient pas la forme orientale&quot;</span>. Au cours du deuxième, la belle inconnue est toujours chez Hara Kei, son hôte japonais. Il revient avec un petit billet écrit en idéogrammes qu'il ira faire traduire par la tenancière japonaise d'un bordel à Nîmes.       <br />
              <br />
       Ainsi, sans tout vous dévoiler, vont suivre deux autres équipées où s'immisceront des rumeurs de guerre civile au Japon, les retrouvailles avec la mystérieuse beauté, un dîner avec, au menu, regards profonds et mystère irrésolu, une réelle guerre civile japonaise<span style="font-style:italic">(2)</span>… mais le quatrième voyage aura bien lieu au grand désespoir de l'épouse, une ultime lettre d'amour empreinte d'érotisme, l'échec du dernier voyage, la mort d'Hélène, la solitude, le souvenir des bonheurs effleurées…       <br />
              <br />
       La capacité de Sylvie Dorliat à nous conter les histoires, à prendre de manière instantanée la tonalité de chaque personnage, est spectaculaire. On boit ses paroles, fluides et ludiques, historiques et aventureuses, entre faux documentaire et vraie fiction. Elle porte admirablement le récit d'Alessandro Baricco, sachant générer les tensions et les fragiles émotions dont sont détenteurs les différents protagonistes. Celui-ci est rendu ainsi palpitant et passionnant.       <br />
              <br />
       C'est également une aventure haletante que l'on suit avec plaisir, quasiment envoûté, grâce à une mise en scène séquencée sur les différentes actions et situations, créant ainsi une dynamique digne d'un thriller. Celle-ci est enrichie, du point de vue scénographique, par des éléments à peine dévoilés comme des robes de soie cachées derrière des rideaux de fils noirs et des vidéos faisant apparaître des cages à oiseaux, de mystérieuses ombres chinoises. C'est simple, mais captivant, sans artifices, sans trucages, engendrant un imaginaire riche et presque rocambolesque.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73467856-51129458.jpg?v=1660125416" alt="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
     </div>
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      Les jeux de lumière sont tout en finesse, conçus avec des ambiances adaptées, douceur sombre pour dramatiser certains événements, pour accroître le mystère ou amplifier les fulgurances émotionnelles… ou faisceaux lumineux dirigés aux moments opportuns, avec mise en valeur de certains accessoires, comme des costumes posés sur des mannequins sans tête, pour exprimer/revêtir l'interprétation de certains personnages ou pour alimenter les flammes passionnelles de Joncour.       <br />
              <br />
       &quot;Soie&quot; est un vrai voyage, un conte en quatre explorations, à la découverte de soi-même pour Hervé Joncour et d'une conquête de l'amour en forme de triptyque où se dessinent l'épouse, l'amante - ici uniquement fantasmée bien que réelle - et la prostituée. Sylvie Dorliat, qui nous avez déjà charmés avec &quot;La petite fille de monsieur Linh&quot;, a véritablement une âme de conteuse et confirme son grand talent de comédienne. Elle est admirablement servie par William Mesguich qui lui offre une mise en scène pleine de délicatesse, de poésie, avec cette faculté à préserver une certaine forme de mystère contenue dans l'œuvre d'Alessandro Baricco.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Alessandro Baricco à qui l'on doit également le célèbre &quot;Novecento&quot;, publié en 1994.       <br />
       (2) Il s'agit de la guerre civile de Boshin qui eut lieu du 3 janvier 1868 au 18 mai 1869 entre les clans fidèles à l'empereur Meiji et les troupes appartenant au gouvernement shogunal d'Edo. Victoire de l'empereur et fin du shogunat.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Soie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73467856-51129459.jpg?v=1660125446" alt="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" title="•Off 2023• "Soie" Sur la route de la soie, la quête de l'impossible amour" />
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      Texte : Alessandro Baricco.       <br />
       Texte français : Françoise Brun.       <br />
       Adaptation : Sylvie Dorliat.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Sylvie Dorliat.       <br />
       Collaboration artistique : David van Tongerloo.       <br />
       Création lumière : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : David van Tongerloo.       <br />
       Création visuelle : Karine Zibaut.       <br />
       Production : Cie Les Souliers à Bascule.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre des Corps Saints, Salle 2, 76, place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 25 75.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-corps-saints-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-corps-saints-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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