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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-14T08:54:45+02:00</updated>
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   <title>•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour</title>
   <updated>2024-07-03T10:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Nais-Une-version-joliment-pagnolesque-ou-transpire-une-certaine-fraicheur-de-l-amour_a3983.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-03T10:21:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Adaptée d'une nouvelle de Zola dont un film en 1945 avait été tiré avec un scénario et des dialogues de Marcel Pagnol, la pièce "Naïs" est dans une trame dramaturgique – dont Pagnol s'est nourri pour son diptyque "L'eau des Collines" – dans laquelle Thierry Harcourt propose, dans un espace quasiment nu, une mise en scène simple et efficace.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81317475-58597458.jpg?v=1719949656" alt="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" title="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" />
     </div>
     <div>
      C'est un accent, celui du sud, que l'on entend avant tout dans une scénographie composée d'une seule chaise de couleur rouge trônant en arrière-scène. L'espace parfois vide est investi par des voix qui incarnent à tour de rôle ou simultanément la rudesse, le labeur et la passion amoureuse. Mais c'est aussi et surtout Émile Zola, que la griffe de Marcel Pagnol, dans ses dialogues, réussit à faire entendre. Les deux écrivains sont d'Aix-en-Provence pour le premier et d'Aubagne pour le second. La fable se situe à l'Estaque, lieu d'inspiration et de création entre 1870 et 1914 de peintres tels que Cézanne, condisciple et ami de Zola dès le collège.       <br />
               <br />
       Intitulée &quot;Naïs Micoulin&quot; et comprise dans un recueil de six nouvelles paru en 1883, elle fut écrite en 1877 durant la création des Rougon-Macquart (1871-1893) alors que Zola préparait &quot;Une page d'amour&quot;, le huitième volume de son cycle romanesque. Avec ces deux ouvrages, l'écrivain est dans une phase créative autour de la passion amoureuse. Ce thème est peu présent dans son œuvre. &quot;Naïs&quot; est aussi un film (1945) réalisé par Raymond Leboursier et Marcel Pagnol qui écrit aussi le scénario et les dialogues avec Fernandel en Toine, le bossu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81317475-58597464.jpg?v=1719949692" alt="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" title="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Il y a une opposition de caractères autour de couples d'amoureux avec Naïs (Marie Wauquier) et Frédéric (Kévin Coquard), familial avec Micoulin (Patrick Zard'), le père de Naïs, et Madame Rostaing (Lydie Tison), la mère de Frédéric vis-à-vis de leur enfant respectif. Et, autre couple, celui du dépit amoureux assumé pour être dépassé par Toine (Arthur Cachia) vis-à-vis de Naïs. La relation entre Madame Rostaing et Micoulin n'est pas très claire, car ambivalente tant les échanges entre eux basculent parfois dans de l'attention pour des êtres pourtant distants et froids.       <br />
               <br />
       Les tempéraments sont très marqués avec, d'un côté, Naïs et Frédéric qui se projettent dans le futur avec leur passion amoureuse et, de l'autre, leurs parents, l'époque s'y prêtait, ancrée dans les traditions familiales commandées par le puritanisme, le labeur et le patriarcat.        <br />
               <br />
       Toine est le personnage central et moteur de ce drame. Avec sa bosse, fardeau physique qui le définit, car elle le condamne à rester dans une estime de soi très biaisée, l'amour qu'il porte à Naïs le fait basculer dans une gamme d'émotions, incarnée avec talent et beaucoup de justesse, allant de l'hésitation à l'espoir, de la timidité à une fougue contenue, de l'effacement à la colère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81317475-58597512.jpg?v=1719949748" alt="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" title="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Thierry Harcourt, dans une adaptation de la nouvelle de Zola par Arthur Cachia, donne à voir un beau théâtre populaire où l'odeur des champs peut être symboliquement humé. &quot;Naïs&quot; a des accents pagnolesques avec sa figure du bossu que Pagnol a reprise pour Ugolin dans &quot;Jean de Forette&quot; et &quot;Manon des sources&quot; (du diptyque &quot;L'eau des collines&quot;). La trame y ressemble beaucoup avec un bossu amoureux de la belle Manon qui est elle-même entichée de l'instituteur du village venant de la ville.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Naïs&quot;, c'est un vis-à-vis constant entre la campagne et la ville, la tradition familiale et la passion amoureuse, la laideur et la beauté. Ces éléments composent deux univers géographiquement et mentalement disjoints qui trouvent leur unité dans la figure la plus dissemblable qui soit, celle de Toine (Arthur Cachia) qui arrive à outrepasser toutes ses différences.       <br />
                <br />
       On le voit avec Naïs (Marie Wauquier) dans des moments pleins d'émotion où pleurs, colère et désespoir se donnent la répartie. Il y a une vraie tension sentimentale sans que celle-ci verse dans la caricature. Tout est bien dosé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81317475-58597522.jpg?v=1719949778" alt="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" title="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Parfois, quelques pas de danse sont effectués en préambule d'une scène avec, laissant le tronc toujours statique, une gestuelle géométrique des bras et des jambes, synchronisée entre deux ou trois comédiens. Cette touche apporte un élément autre, surprenant, voire décalé dans un contexte théâtral où les repères dramaturgiques sont clairement définis dès le début.       <br />
               <br />
       Dès l'entame de la pièce, les comédiens sont tous répartis sur les planches. Une réplique, un signe et un regard du protagoniste principal permet de situer et de présenter chaque personnage. Ainsi, &quot;Naïs&quot; est dans un contexte théâtral assumé et montré publiquement.       <br />
               <br />
       Le jeu est très corporel. Les mots s'accompagnent d'une voix, d'une attitude et d'un geste qui sont très caractéristiques de chaque personnage. Banalité théâtrale que l'on peut retrouver sur n'importe quel plateau sauf que, dans la mise en scène de Thierry Harcourt, cela crée à dessein une dichotomie scénique entre les protagonistes, alimentant une tension naturelle entre eux. Le non-dit est habillé de ces différentes touches, plongeant chaque scène dans un rapport de rupture entre les caractères sans qu'une verbalisation ne soit nécessaire. Le geste peut supplanter la parole d'où les chorégraphies qui sont utilisées.       <br />
               <br />
       C'est une très belle pièce servie avec bonheur par les comédiens et où Naïs (Marie Wauquier) incarne physiquement la fraîcheur de l'amour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Naïs"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81317475-58597531.jpg?v=1719949819" alt="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" title="•Off 2024• "Naïs" Une version joliment pagnolesque où transpire une certaine fraîcheur de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marcel Pagnol.       <br />
       Mise en scène : Thierry Harcourt.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Kevin Coquard, Clément Pellerin ou Simon Gabillet, Lydie Tison, Marie Wauquier et Patrick Zard'.       <br />
       Musique : Tazio Caputo.       <br />
       Lumières : Thierry Harcourt.       <br />
       Costumes : Françoise Berger et Yamna Tison.       <br />
       Chorégraphie : Bénédicte Charpiat.       <br />
       Production Les Fautes de Frappe.       <br />
       À partir de 7 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.        <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 40. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre La Condition des Soies, Salle Molière, 13, rue de la Croix, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 22 48 43.       <br />
       <a class="link" href="https://www.conditiondessoies.com/programme-2024/nais/" target="_blank">&gt;&gt; conditiondessoies.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie</title>
   <updated>2024-05-23T17:36:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nais-Nous-voulons-de-la-vie-au-theatre-et-du-theatre-dans-la-vie_a3913.html</id>
   <category term="Trib'Une" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80474910-58082515.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-23T17:04:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est avec cette magnifique citation de Jules Renard que j'ouvre les festivités, pour féliciter la joyeuse et talentueuse troupe très applaudie, hier soir, au théâtre du Lucernaire, à Paris. Paris, ville de lumière, de travaux à la pelle et lieu de naissance de Molière.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80474910-58082515.jpg?v=1716478119" alt=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" title=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" />
     </div>
     <div>
      Molière, justement. Peu avant la remise de prix portant le nom de ce grand monsieur, un bilan peu réjouissant est tombé concernant les métiers oubliés, voire ensevelis, de cette cérémonie. En effet, ni scénographe, ni costumier, ni créateur sonore et lumière, ni maquilleur et coiffeur ne sont représentés, et ce, depuis plus d'une décennie. En assistant hier soir au spectacle &quot;Naïs&quot; de Marcel Pagnol, j'ai pensé que, parfois, il y avait nul besoin de s'affairer à ces dépenses-là quand brillent devant nous autant d'étincelles de plaisir, de partage et de talents dans une mise en scène chorégraphiée et sublimée par sa sobriété.       <br />
              <br />
       Cette sobriété sur le plateau, c'est à Thierry Harcourt qu'on la doit. Ce metteur en scène qu'on ne présente plus et qui multiplie les succès en passant, dernièrement, du théâtre des Variétés au théâtre Hébertot. Sur scène, c'est simple, réfléchi et malicieux aussi. Un peu comme ses yeux que j'ai croisés quelques minutes avant de pénétrer dans les lieux. Un grand metteur en scène amusé, fier et apaisé. Il peut, puisqu'en effet, la pièce est réussie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80474910-58082517.jpg?v=1716478157" alt=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" title=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" />
     </div>
     <div>
      En premier plan, le comédien Arthur Cachia, bien plus séduisant qu'il ne le pense de lui, puisqu'il joue &quot;Toine&quot; le bossu, amoureux transit de l'héroïne : Naïs. Cet acteur est formidable, incarnant à la perfection l'ami amoureux qui suit le cours de sa vie comme il peut, profitant de chaque instant heureux non loin de celle qu'il porte dans son cœur comme cette bosse dont il a hérité. Malheur !       <br />
              <br />
       Malheureux, ce père – excellent Patrick Zard' – qui ne cède rien à sa fille, peu enclin à la blague, mais très pince-sans-rire. Un paysan rasant, aigri par la vie et qui, peu à peu, voit sa fille le quitter pour céder aux bras d'un jeune homme plein de fougue, de désir et de promesses heureuses d'avenir. Cette fille &quot;à papa&quot; qui n'en est une que dans l'écrit, c'est elle, Naïs, incarnée délicatement et avec grande justesse par Marie Wauquier.       <br />
              <br />
       Naïs, jeune fille devenue belle jeune femme, fait fondre le cœur de Frédéric, jeune et riche bourgeois d'Aix-en-Provence. Jeunes devenus grands, la passion aussi s'est accentuée, ils s'aiment et veulent vivre cet amour en toute liberté. Mais le père ne le consent pas vraiment et tout devient poésie, rire et drame. Pagnol dans toute sa splendeur. Faire passer du rire aux larmes avec des mots bien ancrés, de la chaleur et l'accent de ce sud qui réchauffe le cœur des Parisiens usés par cette grisaille mortelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80474910-58082546.jpg?v=1716478182" alt=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" title=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" />
     </div>
     <div>
      Mortelle, l'issue de cette comédie or not ? Toine restera-t-il l'ami, le protecteur, l'amoureux transi ? Naïs connaitra-t-elle l'amour éternel sans craindre son paternel ?       <br />
       Pagnol révèle, à travers ses personnages, un autre caractère, encore si moderne, la différence de classe et sa plume est croustillante, drôle et émouvante.       <br />
              <br />
       De l'émotion, du rire et ne pas voir le temps qui passe, c'est ce que j'attends du théâtre. De la vie et la joie du partage. Le plaisir que prend chacun des personnages brillamment représentés par cette troupe enjouée mérite bien cette citation précédemment citée. Il serait donc bien dommage de se priver d'un si beau moment de partage et d'un spectacle aussi chaleureux qu'il est bien vivant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Naïs"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80474910-58082560.jpg?v=1716478209" alt=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" title=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marcel Pagnol.       <br />
       Mise en scène : Thierry Harcourt.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Kevin Coquard, Clément Pellerin ou Simon Gabillet, Lydie Tison, Marie Wauquier et Patrick Zard’.       <br />
       Musique : Tazio Caputo.       <br />
       Lumières : Thierry Harcourt.       <br />
       Costumes : Françoise Berger et Yamna Tison.       <br />
       Chorégraphie : Bénédicte Charpiat.       <br />
       Production Les Fautes de Frappe.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 mai au 30 juin 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 18 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Le Lucernaire, Théâtre Noir, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80474910-58082561.jpg?v=1716478237" alt=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" title=""Naïs" Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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