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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T08:18:49+02:00</updated>
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   <title>"Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux</title>
   <updated>2026-06-07T16:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-avec-l-amour-Des-jeux-cruels-de-l-amour-romantique-a-leur-point-d-incandescence-tragique-mise-en-pieces-du_a4577.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-06-08T06:37:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand l'auteur de "La Confession d'un enfant du siècle", sous l'emprise de la rage causée par sa rupture avec George Sand, écrit en 1834 "On ne badine pas avec l'amour", il laisse déborder le trop-plein de ressentiments qui l'assaillent… Quand près de deux cents ans plus tard, Laura Bazalgette adapte le texte en opérant délibérément une césure dans le titre initial amputé de l'idée de badinage, on franchit un pas de plus vers le tragique de "l'amor". En effet, son entête claque comme une injonction dont l'urgence est criante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522122.jpg?v=1780743266" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      En confiant à Nicolas Meusnier le soin d'interpréter le drame resserré autour des trois figures de Camille, Perdican et Rosette, elle s'adjoint la contribution d'un acteur au potentiel expressif mimétique à haute valeur communicative. Le mot performance, souvent galvaudé, retrouve en effet là toute sa force, tant la capacité de l'acteur à endosser – dans le même temps – les rôles des trois personnages tragiques en passant instantanément de l'un à l'autre pour lui donner la réplique, relève d'un art consommé… Une maitrise liée à la sincérité à fleur de peau de celui qui s'est d'abord essayé à l'art dramatique en projetant sur scène les éléments puisés dans sa propre histoire. De même ici, il ne trichera pas avec les affres du sentiment amoureux pour mieux délivrer le tragique qui le sous-tend.       <br />
              <br />
       Paradoxe que de prétendre réinterpréter &quot;avec sincérité&quot; une pièce initiale où le badinage était annoncé en exergue ? Aucunement, car parmi les trois protagonistes du drame en cours, si l'une est au-dessus de tous soupçons en ce qui concerne la sincérité liée à ses origines modestes la privant de toutes fioritures, les deux autres, bien éduqués et maîtrisant les codes du langage desquels ils jouent avec virtuosité, éprouvent au fond d'eux-mêmes le besoin irrépressible de se dévoiler ouvertement à l'objet de leurs vœux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522123.jpg?v=1780743277" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Souligner à cette occasion combien l'interprétation des personnages de Camille (jeune fille de bonne famille formatée par une éducation religieuse ultra-conservatrice lui interdisant de reconnaître ses penchants pour son séduisant cousin) et de Perdican (jeune bachelier brillant prêt à utiliser son intelligence jusqu'à la rouerie pour obtenir le consentement de sa belle cousine), met en lumière non seulement les tourments amoureux qui les déchirent l'un et l'autre, mais aussi leur appartenance à la classe sociale dont ils ont intégré les codes. Ainsi, jouant des pouvoirs de la langue, leurs jeux cruels iront jusqu'à utiliser les sentiments de Rosette, paysanne &quot;sans éducation&quot; et instrumentalisée jusqu'à en perdre la vie. Dans les plis du discours et les inflexions de la voix, démonstration est faite que l'amour n'est pas qu'affaire de sentiments individuels, il est marqué au sceau des classes sociales faisant de l'élan des sens un en-jeu politique.       <br />
              <br />
       Fidèle au &quot;théâtre pauvre&quot; de Grotowski – élisant le corps de l'acteur comme point focal excluant costume, décor, lumière et musique – le comédien, pénétré par ses rôles, va se donner corps et âme pour faire entendre les problématiques des personnages. Une simple table et deux chaises figureront les espaces et les places occupées tour à tour par chacun…       <br />
              <br />
       &quot;Acte I, scène 2&quot;… Livre en main, l'acteur délivre tout d'abord une lecture des plus neutres du texte de Musset présentant le père fier d'annoncer le mariage qu'il a décidé entre sa nièce Camille et son fils Perdican. Une lecture &quot;à plat&quot;, à peine si des variations infimes viennent nous sortir de la torpeur qui pointe en ce début d'après-midi caniculaire… Et très vite, le livre abandonné, le corps s'enflammera et les tirades s'enchaineront jusqu'à la chute, comme autant de salves crépitantes.       <br />
              <br />
       &quot;Acte II, scène 5&quot;… &quot;La&quot; scène où les visages paysages de l'amour éternel épuré (évoqué par la prude Camille prise dans les rets du couvent dont elle sort tout juste) et de l'amour humain porté à son incandescence (incarné par Perdican, prototype du fougueux héros romantique) vont se faire face dans le décor – suggéré par les mots du comédien abandonnant un instant &quot;ses&quot; personnages – de la fontaine logée dans les bois où leur tendre amitié de jeunesse s'est épanouie.       <br />
              <br />
       &quot;Dix pages plus loin, Acte III&quot;... La mécanique éperdue de l'amour en souffrance va produire ses fruits, épousant les déclarations de Camille, amoureuse prenant le voile, et de Perdican, amoureux fou de celle qui le délaisse pour &quot;les mensonges de l'amour divin&quot;. À un mensonge céleste, répondra un autre terrestre, celui de Perdican mettant en œuvre une stratégie diabolique pour arriver à ses fins. Mensonge mortel dont l'innocente et fraîche Rosette – dont la voix fluette trouera le brouhaha – sera la victime expiatoire… après que les tourments et revirements des deux amoureux ne nous eurent littéralement éclaboussés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522652.jpg?v=1780745168" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Cette forme théâtrale destinée à venir à la rencontre de son public – dans les classes des collèges et lycées ; ici des élèves de première littéraire avec Musset au programme du bac de français – modeste dans son format et ambitieuse dans ses intentions, touche sa cible. La preuve de son impact étant à trouver du côté de la qualité exceptionnelle d'écoute manifestée par les lycéennes et lycéens, scotchés… Le secret de cette réussite ? Un texte à valeur littéraire éprouvée, adapté de manière exigeante en cristallisant l'enjeu dramatique du sentiment amoureux autour des jeunes protagonistes, et un acteur &quot;habité&quot;, passant d'un rôle à l'autre avec une virtuosité et un engagement tels que les états d'âme des personnages deviennent nôtres. Un théâtre de tréteaux… sans tréteaux, mais pénétré de son esprit.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 26 mai 2026, au lycée du Mirail à Bordeaux (33), pour la dernière représentation de la saison 2025-2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pas avec l'amour"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;On ne badine pas avec l'amour&quot; d'Alfred de Musset.       <br />
       Conception : Laura Bazalgette.       <br />
       Mise en scène : Laura Bazalgette.       <br />
       Avec : Nicolas Meusnier.       <br />
       Production déléguée tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine.       <br />
       Spectacle conçu pour les collèges et lycées, pour tous dès 14 ans.       <br />
       Créé le 13 octobre 2025 au tnba.       <br />
       Durée : 50 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires</title>
   <updated>2026-06-01T08:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ultrasensibles-Nous-sommes-de-l-etoffe-dont-sont-faites-les-emotions-Plongee-au-coeur-de-nos-memoires-ordinaires_a4572.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-06-01T06:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dire d'abord l'affiche choisie par Fanny de Chaillé pour annoncer sa nouvelle création… Une reproduction d'un modeste morceau de carton déchiré où Thomas Hirschhorn – plasticien suisse avec lequel la metteuse en scène chorégraphe présentera prochainement au CAPC de Bordeaux une autre performance – a griffonné, à l'aide d'un simple stylo bic, un cœur accompagné d'un commentaire savoureux : "made by non-artificial intelligence"… Ce soir non plus, sur le plateau d'un théâtre, il ne sera aucunement question de laisser à l'IA le pouvoir de réorganiser et interpréter les vies dont nous sommes dépositaires. Seules les mémoires vives des huit jeunes et talentueux "interprètes" (de leur passé) auront droit de cité pour recomposer leurs "histoires" percutant les nôtres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470971.jpg?v=1780253949" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Dans le droit fil des créations précédentes tramées par les questions de l'archive et du collectif (cf. &quot;Le groupe&quot;, &quot;Les Grands&quot;, &quot;Le Chœur&quot;, &quot;Avignon, une école&quot;), le plateau prend vie au travers de la présence des actrices et des acteurs &quot;faisant corps&quot; avec leurs égo-documents dont ils vont frénétiquement s'emparer, les diffractant au travers de chorégraphies expressives et autres expressions investies. Ainsi, partant d'une situation que &quot;La maison vide&quot; de Laurent Mauvignier n'aurait pas reniée, les membres d'une fratrie fictive vont se confronter aux souvenirs réels ou réinventés exhumés de la cave familiale…       <br />
              <br />
       Reposant là dans le plus grand désordre, paquets de cours soigneusement ficelés, photos de classe, albums de clichés de vacances, vidéos super 8, MP3 et autres témoins d'un passé révolu attendaient que quelqu'un les extirpe de leur léthargie. Et ce sera l'un des fils qui en prendra l'initiative – controversée par d'autres membres de la famille – en voulant mettre un peu d'ordre dans ce fatras d'archives patrimoniales afin de libérer de la place… Un tri des plus arbitraires faisant remonter à la surface les petits bonheurs et malheurs des existences communes. Tel pourrait être présenté le pitch de départ… sachant que là n'est pas la question.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470972.jpg?v=1780253976" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      En effet, éloignée de toute tentative de narration dont elle se méfie comme une maladie d'un certain théâtre, Fanny de Chaillé s'empare avec ses acteurs et actrices de cette situation initiale pour proposer une suite de tableaux &quot;ultrasensibles&quot;, superbement chorégraphiés en accord ou en contrepoint des paroles énoncées, pour, en dissociant avec à-propos mouvements et propos tenus, libérer l'imaginaire du spectateur happé par sa propre histoire…. Faire de tout un chacun un regardant sensible, recréant à l'aune de ses expériences intimes le parfum de son passé enfoui.       <br />
              <br />
       Comme dans un kaléidoscope géant, se succéderont des séries de tableaux vivants, capturant des instantanés ou/et les animant, dans un maelstrom émotionnel &quot;parlant&quot; de manière singulière à chacun et chacune. Exit un sens univoque, place à des sens pluriels émanant des expériences personnelles vécues par les spectateurs réunis dans des espaces-temps qui ne sont pas les leurs, mais dans lesquels ils se retrouvent jusqu'à s'y fondre. Comme si, dans un test de Rorschach revisité de manière beaucoup plus colorée, il s'agissait d'une fabuleuse invitation à projeter son propre roman en l'extirpant des limbes où il s'ensommeillait.       <br />
              <br />
       Pêle-mêle quelques séquençages d'une &quot;mise en pièces&quot; porteuse d'humour débridé, de révolte violente, de nostalgie heureuse, de souffrance cachée et autres infinies modulations de la gamme émotionnelle déclenchées par les &quot;petits riens&quot; de nos existences.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470981.jpg?v=1780253997" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      De l'humour débridé de la scène inaugurale chorégraphiant le discours improbable de la mère hystérique, submergée par l'émotion lors du mariage de sa &quot;toute petite&quot;… Au tragique du quotidien libéré par les lettres du grand-père &quot;poilu&quot; écrivant du front les affres des tranchées sous la mitraille ennemie ; lectures sur fond de &quot;tableaux vivants&quot; échappés tout droit de l'univers de Francis Bacon… En passant par la bonne humeur, teintée de nostalgie, irradiant de la photo de la petite fille sur une balançoire, ou encore des inévitables clichés &quot;heureux&quot; de mariage des grands-parents et parents… (sauf que là sur un rush de vidéo, c'est qui cette femme à côté du père ?).       <br />
              <br />
       Ou encore la saynète où les adultes s'ingénient à faire répéter à la petite fille médusée une histoire vieille comme le monde, dont seuls, ils s'amusent… Les vacances à Venise… Les réflexions du tonton barbecue et la colère qu'elles déclenchent a posteriori chez celle qui, hors de ses gonds, a eu à en subir les lourds assauts… Ou encore les confidences émouvantes, champ contre champ, des deux anciens ados, amoureux transis… Les pulsions homosexuelles à dissimuler… Noël, son sapin, ses cadeaux de merde… Le nom de chien d'un prétendant à écarter… La boîte de nuit et ses (dés)illusions…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470985.jpg?v=1780254025" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Ces moments resurgis de passés archivés, dans lesquels chacun aura l'occasion de se reconnaître, trouvent leur impact autant dans l'interprétation à fleur de peau des actrices et des acteurs faisant chorus (tous ayant participé à une ou plusieurs des créations précédentes) que dans leur mise en jeu subtilement chorégraphiée. Sans omettre de cette &quot;fête des sens&quot;, la musique distillée en live par la contrebassiste accompagnée du guitariste venant nous toucher là où les mots échoueraient. Quant aux jeux de lumières, réellement fascinants, ils sculptent l'espace des émotions, exaltant jusqu'à son incandescence l'approche sensible.       <br />
              <br />
       On l'aura compris, au-delà des anecdotes révélées – dont la teneur aux antipodes du spectaculaire parle à nos existences en créant un réservoir commun d'expériences à partager –, c'est leur &quot;traitement au plateau&quot; qui crée l'épiphanie théâtrale. Dans le droit fil du courant initié par les historiens des sensibilités, comme Clémentine Vidal-Naquet et Hervé Mazurel dont la chorégraphe metteuse en scène se réclame, ce qui importe à son projet, c'est d'ouvrir le champ du sensible… Ainsi au travers de la &quot;surprenante banalité&quot; des égo-archives présentées, au gré de nos affects présents, est libéré un passé (re)composé de sensations ouvreuses de connaissances potentielles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67470986.jpg?v=1780254057" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Que restera-t-il des traces de cette soirée théâtrale lorsque le temps aura passé et que la dématérialisation des égo-documents sera affaire exclusive d'un Cloud drivé par des super technologies ordonnatrices du jeu ? Question de clôture… rouvrant de manière émouvante sur les petits bonheurs, eux bien réels, provoqués par cette représentation garantie sans IA et dont les &quot;personnages&quot; portent – en toute simplicité – les prénoms des acteurs et actrices.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 20 mai 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ultrasensibles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67472781.jpg?v=1780294580" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      Création mai 2026 au tnba.       <br />
       Conception et mise en scène : Fanny de Chaillé.       <br />
       Avec : Margot Alexandre, Maudie Cosset-Chéneau, Luna Desmeules, Pierre Ripoll, Malo Martin, Tom Verschueren, Margot Viala et Valentine Vittoz.       <br />
       Musiciens et musiciennes : Sarah Murcia (contrebasse, clavier) et Gilles Coronado (guitare)       <br />
       Assistant : Christophe Ives.       <br />
       Composition musicale : Sarah Murcia.       <br />
       Lumière : Willy Cessa.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Marie La Rocca, assistée de Françoise Léger Pirus.       <br />
       Régie générale : Emmanuel Bassibé.       <br />
       Régie son : François-Xavier Vilaverde.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 20 au 22 mai 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96793525-67472795.jpg?v=1780294920" alt=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" title=""Ultrasensibles" Nous sommes de l'étoffe dont sont faites les émotions… Plongée au cœur de nos mémoires ordinaires" />
     </div>
     <div>
      7 octobre 2026 : Espaces Pluriels, Pau (64).       <br />
       9 octobre 2026 : Scène nationale Sud Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       19 novembre 2026 : TAP - Scène nationale, Poitiers (86).       <br />
       2 au 5 décembre 2026 : MC93 - Maison de la culture (dans le cadre du Festival d'Automne), Bobigny (93).       <br />
       8 au 10 décembre 2026 : Le Lieu Unique - Scène nationale, Nantes (44).       <br />
       12 au 15 janvier 2027 : Nouveau Théâtre - CDN, Besançon (25).       <br />
       27 janvier 2027 : Théâtre, Nîmes (30).       <br />
       17 au 19 février 2027 : Le Quai - CDN, Angers (49).       <br />
       6 au 7 mars 2027 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>"Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique</title>
   <updated>2026-05-21T09:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dynasties-D-une-chambre-a-soi-a-un-grand-cabaret-queer-la-revue-intime-et-spectaculaire-d-une-Drag-Queen-electrique_a4563.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96659983-67377608.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-21T09:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Matthieu Barbin et son avatar féminin, Sara Forever, enflamment l'espace du théâtre – scène et salle comprises dans la même unité – électrisé par leur présence charismatique. Fardé à souhait et exhibant des tenues féminines à faire tomber en pâmoison les moins sémillants des séminaristes, convoquant des archives personnelles où sa chère mère occupera la place centrale, les mixant avec des archives peuplées d'icônes mythiques, entre pauses poétiques et musiques déferlantes, il/elle va se donner à voir dans un spectacle complet transcendant les frontières établies des genres, artistiques et autres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96659983-67377608.jpg?v=1779348346" alt=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" title=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" />
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     <div>
      Sous des dehors délibérément ludiques et avec la sincérité propre à la culture drag, le performeur aux multiples facettes va épouser, une heure et quart durant, le crédo nietzschéen de la déconstruction radicale pour embrasser de nouveaux horizons. Déconstruire les liens de filiation, les siens, mais aussi ceux des icônes de la pop music et du cinéma, pour mieux construire de nouvelles identités. À l'instar de sa propre mutation en Sara Forever, il n'aura de cesse de convoquer des archives projetées sur grand écran pour donner vie à cette exploration en 3D des destinées, dont la sienne. Destinées ponctuées de séquences performatives des plus explosives.       <br />
              <br />
       Ainsi du &quot;générique&quot; faisant défiler les noms de figures mythiques du cinéma, du pop art et de la pop music… On peut y lire les noms de Romy Schneider, Liza Minnelli, Judy Garland, Dolly Parton, Miley Cyrus, Prince, Michael Jackson… et, en très bonne place, le nom de celle qui sera la star incontournable de son show débridé : Marylis, sa génitrice, à laquelle il consacre des attentions privilégiées en projetant des rushs de films tournés dans la sphère familiale avec, cerise sur le gâteau, gros plan sur l'anniversaire partagé.       <br />
              <br />
       Le fil rouge tramant le spectacle étant visiblement à trouver du côté des relations entre les noms d'artistes cités et son histoire en devenir… Outre la notoriété des stars citées, ce qui les relie entre elles, c'est leur lien de parenté (mère fille pour Judy Garland et Liza Minnelli ; cousines de longue date avec sa filleule pour Dolly Parton et Miley Cyrus…), sans évoquer pour ces stars une addiction avérée aux médocs ayant causé la perte d'un certain nombre.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96659983-67377610.jpg?v=1779348370" alt=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" title=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" />
     </div>
     <div>
      Le performeur n'hésitera pas non plus à manipuler les archives en projetant une vidéo dans laquelle il se métamorphose en Liza Minnelli fardée en Drag Queen et dialoguant avec Judy Garland. De même, dans le générique cité, il apparaîtra avec sa propre mère aux origines ouvrières au côté des Kings de la pop music qu'étaient Prince et Michael Jackson. Un jeu gratuit ? Non… une confrontation délibérée à l'enfance d'autres figures de la scène pour faire émerger ce qui, dans la mise en jeu de leurs filiations et devenirs, lui parle… Ainsi, pour éclairer ses propres désirs de transformation – comment Matthieu Barbin est devenu Sara Forever, un avatar qui lui va pour toujours… – aura-t-il besoin de ces rencontres hors-champ, lui qui privé de sorties au théâtre dans sa prime jeunesse a découvert le monde (des arts) au travers de la petite lucarne du récepteur maternel.       <br />
              <br />
       Rembobinage… Entrée fulgurante dans sa chambre d'enfant… Comme lors d'un accouchement, déchirant le drap tendu verticalement, il/elle jaillit au monde en chantant à tue-tête. Drapée d'une cape d'un rouge flamboyant dont les pans ne sont pas sans évoquer les lèvres d'une vulve géante, serrée dans un corset portant haut sa poitrine et porte-jarretelles exhibé, Sara Forever, la magnifique, apparaît alors dans la splendeur de ses exubérances. Se saisissant d'un baigneur en celluloïd posé là – avatar de lui enfant – elle le balance derrière elle après avoir dansé avec lui, le tenant à bout de bras pour célébrer sa renaissance sur les fonts baptismaux d'un plateau de théâtre… Réminiscence de &quot;scènes originaires&quot; où, dans le cocon de sa chambre à coucher, il jouait à se travestir en imitant les vedettes du petit écran, cette fenêtre par laquelle elles pénétraient pour rejoindre ses fantasmes.       <br />
              <br />
       Le décor étant planté, &quot;il&quot; ayant accouché d'&quot;elle&quot;, va alors se succéder comme dans un kaléidoscope géant, une mosaïque de tableaux survitaminés débordant de musique pop sur fond d'écrans cinématographiques. Ainsi du destin – réinterprété librement – de Sissi Impératrice, alias Romy Schneider, assorti des commentaires iconoclastes du performeur, dansant comme elle en commentant sans fioritures l'oppression causée par la robe enserrant l'icône. Une oppression visible en cachant une autre plus intime ; le fardeau d'une mère allemande, star sous Hitler. Une oppression dont le performeur la libérera dans une interprétation trash où, coiffé d'une perruque rouge sang, il se lancera dans une chorégraphie frénétique sous les hurlements de la musique.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96659983-67377716.jpg?v=1779348396" alt=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" title=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" />
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     <div>
      Ou encore le destin – fabuleusement artistique – du couple mère-fille que formaient Judy Garland et Liza Minnelli, invitant le performeur à interpréter, chapeau vissé sur le crâne et juché sur une chaise, un numéro sorti tout droit de &quot;Cabaret&quot;, film dont le rôle principal revenait à Liza Minnelli… Une invitation à rebondir sur le couple mère-fils que le performeur forme avec sa mère, ouvrière rêvant – en regardant les &quot;vedettes dans le poste&quot; – que son fils fasse du cinéma ; le septième art comme ascenseur social. À chacun son destin, à chacun de le reproduire… ou d'y échapper en se projetant dans d'autres que soi.       <br />
              <br />
       Jouer, rejouer, se déjouer… Parmi ses figures d'identification, deux superstars, Prince et Michael Jackson. Mais que prendre de ces héritages mythiques ? Garder le strass et les paillettes, garder le talent, l'énergie géniale et l'excentricité rompant avec toutes les injonctions. Refuser les écarts mettant en jeu d'autres formes d'asservissement. Faire le tri dans les successions, conserver l'essentiel pour naître à soi-même dans un mouvement ininterrompu… Ainsi, drapé superbement dans une cape brodée des napoléons économisés par sa chère maman, il disparaitra – royalement – en fond de scène, accompagné par un délire d'applaudissements.       <br />
              <br />
       Dans une chambre-cabaret flamboyante, une Drag Queen électrique du nom de Sara Forever (âme sœur scénique de Matthieu Barbin) subjugue à coups de sincérité filiale et d'interprétations artistiques effrénées, où les tenues vestimentaires et les wigs échevelées, les lipsyncs tonitruants et la mise en jeu décomplexée des codes de l'univers singulier du Drag (Cf. la séquence où Matthieu/Sara rejoint les spectateurs, travesti en doigt en mousse géant et distribuant généreusement des drags dollar…) vont s'allier aux accents de la pop music déchainée. Un cocktail assurément explosif de nature à rompre les chaines de la pensée conventionnelle, rappelant – si besoin était – que le Drag est par essence &quot;un genre&quot; performatif à vertu subversive.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 7 mai 2026, Salle Vauthier du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dynasties"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96659983-67377723.jpg?v=1779348417" alt=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" title=""Dynasties" D'une chambre à soi à un grand cabaret queer, la revue intime et "spectaculaire" d'une Drag Queen électrique" />
     </div>
     <div>
      Création 2024.       <br />
       Mise en scène et performance : Matthieu Barbin/Sara Forever.       <br />
       Collaboration à l'écriture et création vidéo : Florent Gouëlou.       <br />
       Regard extérieur : Dalila Khatir.       <br />
       Lumières et régie générale : François Boulet.       <br />
       Son : Géraldine Belin.       <br />
       Costumes : Aymerick Zana et Lion Ascendant Connasse.       <br />
       Wigs, headpieces : Hitsublu.       <br />
       Traitement des vidéos : Aurélien Binault.       <br />
       Effets pyrotechniques : Marc Chevillon.       <br />
       Habillage : Cara Benassayag.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Représenté du 5 au 7 mai 2026, Salle Vauthier du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">28 et 29 mai 2026 :</span> Le Manège - Scène Nationale, Reims (51).       <br />
       Du 10 au 13 et du 16 au 19 décembre 2026 : MC93, Bobigny (93).       <br />
       Du 4 au 6 mars 2027 : Bonlieu - Scène Nationale, Annecy (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dynasties-D-une-chambre-a-soi-a-un-grand-cabaret-queer-la-revue-intime-et-spectaculaire-d-une-Drag-Queen-electrique_a4563.html" />
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  <entry>
   <title>"La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon</title>
   <updated>2026-04-05T21:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95855748-66917603.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-06T06:59:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Drame de l'enfermement et des névroses familiales ou sociales, cette pièce de Federico Garcia Lorca – "le pédé au nœud papillon" comme se plaisait à le railler la bourgeoisie réactionnaire franquiste – résonne profondément près d'un siècle après son écriture. Son thème, universel et intemporel, est au cœur de l'intérêt suscité. Mais ici sa "représentation", au travers de la nouvelle traduction de Thibaud Croisy qui en assure aussi la mise en scène et la direction d'actrices, rend encore plus percutant son impact.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917603.jpg?v=1775407326" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor sobre au sol uniforme borné par une galerie de colonnes limitant l'espace des joutes à venir, vont s'affronter cinq sœurs soumises à l'impérieuse loi matriarcale et se déchirant entre elles. L'enjeu ? Survivre ! S'opposer aux huit années de deuil décrétées dès la mort du patriarche par Bernarda, leur mère, maîtresse femme, (faussement) pieuse et obscène, obsédée par le qu'en-dira-t-on et opposant un véto péremptoire aux désirs amoureux et/ou sexuels de ses filles. Elle qui, portes et fenêtres murées, entend dorénavant exercer un pouvoir absolu sur son domaine érigé en forteresse. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai pas raison, ça ne sert à rien la raison. J'ordonne, moi&quot;</span>. Ainsi soit-il.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée sur le plateau d'Angustias (l'aînée, <span style="font-style:italic">&quot;la plus moche&quot;</span>, mais la plus riche aussi, ayant hérité naguère d'un autre père, le premier mari de Bernarda), de Magdalena (la fille préférée, la seule qui pleure à l'enterrement du père), d'Amelia, de Martirio (souffrante et le ventre déchiré par l'envie), et d'Adela (la plus jeune, la plus belle et rebelle), une atmosphère lourde de désirs étouffés transpire. Surexposés par les poses délibérément surjouées, croisements de jambes étudiés, tenues seyantes surhaussées par de hauts talons aiguilles, les corps des cinq filles de Bernarda dans leurs postures aguichantes disent (à des degrés différents) ce qui leur est refusé : le droit légitime à jouir de la vie, à jouir tout simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917642.jpg?v=1775407379" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Pour compléter cette galerie de portraits exclusivement féminins (même si l'une d'entre elles est interprétée non sans bonheur par un homme, les autres mâles n'étant évoqués qu'au travers de leur absence obsédante ou de qualificatifs bestiaux), il y a aussi La Poncia, au service de Bernarda, &quot;amie&quot; depuis plus de trente ans ; elle, à qui sa patronne rappelle brutalement qu'elle la paie pour servir, elle qui est aussi sa confidente, voire sa conseillère et qui ne rêve que de cracher sur Bernarda (ce qu'elle fait d'ailleurs en son absence, en regardant la salle droit dans les yeux). L'autre domestique, elle, ne sera jamais dénommée que par sa fonction, &quot;servante&quot;. L'une et l'autre maudissant cette maison carcérale qui les nourrit chichement, elles et leurs enfants. L'une et l'autre regardant passer la vie des autres, des femmes qu'elles n'envient aucunement, elles qui pourtant n'ont pour seules richesses que leurs mains… et &quot;un trou qui les attend dans le cimetière&quot;.       <br />
              <br />
       Enfin, il y a la mère très âgée de Bernarda, elle, que l'on enferme dans sa chambre par peur que les voisins ne surprennent sa folie ordinaire. Elle, désinhibée, qui revendique haut et fort le droit d'être amoureuse, de sentir encore la brûlure d'un sexe d'homme en elle (elle relève sa robe et caresse son ventre) et qui se promène avec un chiffon sur l'épaule qu'elle se plait à prendre pour son bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917683.jpg?v=1775407432" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Cette atmosphère irrespirable (<span style="font-style:italic">&quot;Ouvre la porte, on étouffe ici&quot;</span>), saturée des frustrations à fleur de peau des demoiselles en mal d'amour et de sexe, va crever comme un abcès à la faveur de la rumeur colportée jusqu'à cet endroit retiré du monde… Le beau et jeune Pepe le Romano ne va-t-il pas convoler avec Angustias (et son héritage), l'aînée des filles n'en revenant pas elle-même d'avoir été l'élue… Dès lors, la jalousie entre les sœurs est portée à son incandescence. Le plateau, devenant champ de bataille, explose de remarques sournoises et d'invectives cruelles (Adela traitant Martirio, rêvant, elle aussi, du grand amour, de &quot;fouille-merde&quot;, après lui avoir jeté à la figure <span style="font-style:italic">&quot;qu'une chose est en train de pourrir en elle et qu'elle va bientôt la faire crever&quot;</span>), insultes violentes à l'envi, redoublées de corps à corps orchestrés en chorégraphies musclées.       <br />
              <br />
       Ce torrent de haine et de fureur se déversant à flux continu ne manquera pas d'être blâmé par Bernarda… la même qui hurle <span style="font-style:italic">&quot;Tuez-la !&quot;</span>, à l'encontre d'une jeune femme du village s'étant fait engrosser par un inconnu. Ce grand écart de Bernarda, des plus grotesques, donne l'occasion à Thibaud Croisy d'éclairer l'hystérie régnante dans un tableau rougeoyant où l'on voit défiler rageuses les sœurs armées d'un râteau, d'une faucille, d'une fourche… mise à part Adela qui, se tenant le ventre plein de l'embryon fœtus, tente de s'opposer à la mise à mort de celle dont sa mère réclame <span style="font-style:italic">&quot;qu'elle soit brûlée par où elle a pêché&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917687.jpg?v=1775407461" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      L'étalon en rut, enfermé dans la remise et faisant trembler les murs de l'édifice de ses coups de sabots répétés, sonne le glas… Il annonce le &quot;mâle&quot; qui s'est abattu sur la maison de Bernarda et de ses filles privées d'hommes, s'entredéchirant à mort. Et lorsque la chute surviendra, les seuls mots prononcés par Bernarda seront : <span style="font-style:italic">&quot;La fille de Bernarda est morte vierge. Vous m'avez entendue ? Silence, j'ai dit Silence !&quot;.</span> Un cri à la hauteur de son impuissance…       <br />
              <br />
       Drame individuel, social et politique, &quot;La maison de Bernarda Alba&quot;, écrite en 1936, fait effraction dans notre contemporanéité au travers de cette représentation traversée de part en part par les pulsions vitales mises sous couvercle. Thibaud Croisy et ses interprètes à l'unisson ont su splendidement transcender ce manifeste libertaire de Federico Garcia Lorca, fusillé par les sbires de Franco, pour questionner notre rapport présent aux injonctions liberticides. Les pulsions sexuelles des protagonistes crèvent le plafond des conventions – encore visibles dans les traces déliquescentes de l'ordre moral judéo-chrétien – au travers de leur incarnation dans des actrices surjouant délibérément l'option sexe.       <br />
              <br />
       Et même si les coups de boutoir répétés des cinq sœurs travaillées par le désir auront pour prix la mort de celle qui avait précisément eut l'audace de transgresser l'ordre établi, ils ébranleront – bien au-delà de la canne brisée de la tenancière des lieux – l'édifice forclos du monde selon Bernarda Alba… Un vrai &quot;plaisir des sens&quot; auquel nous, spectateurs, sommes conviés… en toute impunité.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 mars 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La maison de Bernarda Alba"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917717.jpg?v=1775408251" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Création le 4 mars 2026 à La Filature (Mulhouse).       <br />
       Texte : Federico García Lorca.       <br />
       Nouvelle traduction : Thibaud Croisy et Laurey Braguier (publiée chez L'Arche éditeur - février 2026).       <br />
       Mise en scène : Thibaud Croisy.       <br />
       Avec : Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Helena de Laurens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller.       <br />
       Scénographie : Sallahdyn Khatir.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Angèle Micaux.       <br />
       Collaboration artistique : Élise Simonet.       <br />
       Régie générale : Thomas Cany ou Raphaël de Rosa.       <br />
       Régie son : Romain Vuillet ou Tom Balay.       <br />
       Régie Plateau : Maureen Cléret.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 28 mars 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 17 avril 2026 :</span> T2G – CDN, Gennevilliers (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…</title>
   <updated>2026-03-27T10:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Specimen-Sola-Gratia-Agnus-dei-Gloria-mundi-Portrait-en-3D-d-un-homme-artiste-Urgent-creer-Urgent-crier_a4514.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95629132-66819962.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-28T14:48:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
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    <![CDATA[
"Urgent crier", titre d'un recueil de poèmes d'André Benedetto fondateur du Festival OFF d'Avignon, pourrait s'appliquer à ce triptyque d'une force insoupçonnable, tant Yacine Sif El Islam - auteur, metteur en scène et acteur - habite le plateau avec une grâce (poétique) et un engagement hors norme. Faisant théâtre de vécus personnels à résonance universelle, il transcende ses expériences intimes et autres (dont celles des violences ordinaires) pour en libérer l'essence dans une anthologie de tableaux percutants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819962.jpg?v=1774533368" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
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      Convoquer trois références bibliques quand on est soi-même <span style="font-style:italic">&quot;musulman par son père, catholique par sa mère, juif par amour et athée par conviction ou par habitude&quot;</span> pourrait à plus d'un titre résonner comme une sacrée provocation… si ce n'est que les trois stations de &quot;Spécimen&quot; leur font écho pour dire le corps (le sien) dans tous ses états, un &quot;corps forum&quot;, fait de chair et d'esprit, un corps porte-paroles des horreurs et beautés du monde.       <br />
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       <span style="font-style:italic">&quot;Ceci est mon corps…&quot;.</span> Un corps mis à mal la nuit du 2 septembre 2020, dans le quartier Saint-Jean de Bordeaux, où lui et son copain Benjamin furent victimes de la lame déchirant le visage de l'un et l'épaule de l'autre. <span style="font-style:italic">&quot;Deux pédés viennent de se faire poignarder&quot;…</span> Ainsi s'ouvre, avec une précision quasi chirurgicale, &quot;Sola Gratia&quot; premier volet de &quot;Spécimen&quot; qui, tout au long de son déroulé, verra Benjamin de dos tisser les perles rouge-sang de sa déclaration inscrite virtuellement sur le blanc d'un tableau où se détachent les questions décomplexées du brigadier-chef chargé de prendre sa déposition.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819982.jpg?v=1774533414" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
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      Plaies à vif déchirant la chair de deux homos au faciès basané (double peine), blessures précédées et suivies par d'autres. Blessures morales à répétition infligées par ceux qui, victimes eux-mêmes du racisme ordinaire et/ou du rejet de classe, transforment la violence subie en agressivité dirigée vers des cibles toutes désignées pour les conservatismes ambiants. Ou encore blessures morales (quand elles ne sont pas physiques…) infligées par ceux qui, revêtus de l'uniforme des forces de l'Ordre et confortés par le fantasme d'éduquer, s'autorisent en toute impunité les humiliations et vexations de tous ordres, comme le tutoiement ou l'imitation grotesque des youyous… <span style="font-style:italic">&quot;On va t'apprendre ce qu'est la France&quot;.</span>       <br />
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       Quelle que soit l'intensité de la violence encapsulée dans ces faits divers vécus, elle est transcendée ici par l'interprétation de l'homme-acteur, qui, tout en l'incarnant sans frein, la distancie pour en faire un lieu ouvrant sur des horizons plus vastes… <span style="font-style:italic">&quot;Les flics et nos agresseurs se ressemblent. La même haine larvée. Dans leurs regards, la même hostilité. Dans ma tête, un vrai bordel&quot;…</span> Un remue-méninge chargé de multiples ramifications qui l'amèneront à parcourir en cauchemar éveillé les sévices subis par ceux qui finissent leur existence de &quot;sous-hommes&quot; dans le charnier-Méditerranée, mais aussi un remue-méninge qui le reconduira entre autres à ce matin, dans Barbès désert, où il fut la cible d'un contrôle d'identité particulièrement musclé.       <br />
              <br />
       Quand on est viscéralement acteur sur scène, mais aussi de son existence, la mémoire est ainsi faite que, pour libérer les traumatismes qu'elle retient accrochée dans ses mailles, elle a recours à la poésie des mythes. Yacine se revêtira alors de la pelure de Cassandre, devenant l'être violenté par Ajax… Sous les notes aériennes s'échappant du clavier de Benjamin Ducroq, Cassandre offrant un baiser au bel Apollon attiré lui aussi par sa beauté… Cassandre se refusant ensuite à lui, avec au bout l'éternelle et même peine, l'abandon et le refus d'être crue, l'errance parmi les siens… Et puis, comme une plongée en apnée, l'atmosphère brûlante d'une nuit d'été madrilène… Ou encore, dix années auparavant – il venait d'avoir quinze ans – quelque part dans le sud de la France, ce bar à bières qui scella son destin, et dont il ne peut, ni ne veut, livrer le parfum entêtant… Un itinéraire complexe, d'où surgira la question existentielle et sa réponse englobant la complexité du monde qu'il porte en lui, victime et bourreau tour à tour. Ainsi se conclut &quot;Sola Gratia&quot; et son écriture irradiante.       <br />
              <br />
       &quot;Agnus dei&quot;, deuxième volet, élargit l'expérience de la violence à l'ensemble du corps social. Se remémorant un premier fait divers vécu dans son enfance, il raconte comment cet idiot du village de la Haute-Saône – paysage tranquille de champs de pommes de terre – avait été tué d'un coup de couteau par un honnête villageois l'ayant surpris à commettre l'un de ses innocents larcins. Et comment tout le village, au procès du tueur, était venu soutenir d'une seule voix le tueur en chargeant la victime de tous les maux… Et Yacine, yeux dans les yeux, face à nous, d'énoncer avec une force tranquille détonnant avec la violence du message délivré : <span style="font-style:italic">&quot;Voilà d'où je viens, voilà d'où nous venons. Nous avons tué et nous tuons. Nous brûlons des femmes sur les trottoirs de Mérignac. Nous sommes tueries…&quot;.</span>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820106.jpg?v=1774533805" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
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      Se dépouillant alors de tous vêtements, apparaissant dans la vulnérabilité de celui qu'aucun habit ne protège, l'acteur nu va livrer avec une armure dissimulant l'adversaire invisible, un étrange ballet, celui du colonisateur armé et du colonisé offert à sa cruauté… Le mal et sa banalité, l'acte sacrificiel où le mouton (noir… lui) est promis aux pires outrages avant d'être promu en symbole de paix.       <br />
              <br />
       Quand, il &quot;quittera ses habits d'acteur&quot; – déjà nu – pour s'adresser au public sur le ton de la confidence personnelle (l'épisode de l'Aïd où l'une de ses grands-mères cuisinait &quot;l'agneau de la paix&quot;, plat qui sera offert au public), l'intensité dramatique s'en trouvera altérée, tant, jusque-là, elle était à son summum… pour très vite rebondir au travers d'un autre épisode historique, celui d'un homosexuel déporté ayant eu à subir devant les autres prisonniers impuissants, nu et seau de fer blanc sur la tête, l'assaut des bergers allemands le mordant à mort et lacérant ses chairs. Une victime sacrificielle dont les cris de douleur résonnent jusqu'à nous… comme ceux encore des victimes innocentes du 7 octobre, <span style="font-style:italic">&quot;corps massacrés, corps humiliés, corps désintégrés&quot;</span> (répétés en boucle).       <br />
              <br />
       &quot;Gloria mundi&quot;, troisième volet du triptyque, rend – en décalé – un hommage à l'art éphémère par nature, car si &quot;tout est vanité&quot; à quoi bon persister dans cette voie sans issue… Tout de blanc vêtu, suspendu à un filin et juché sur un petit escabeau, l'artiste faisant – non sans humour – référence à l'Ecclésiaste offre son corps promis à la décomposition. Faisant œuvre de ce corps artistique en sursis, il convoque la dérision pour exorciser la violence de cette situation dans des références à l'Ecclésiaste, revues et corrigées. Ainsi de la harangue rageuse qu'il s'adresse, se conspuant en termes de bas étage, lui l'artiste sous l'emprise de la vanité.       <br />
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       Suivra une douleur originelle, inscrite dans son corps d'homme, qu'il confiera en remettant en jeu la mort de ses deux petites sœurs, noyées avant d'être nées dans le ventre de leur mère. Convoquant la chanson de variété, il va – à tue-tête – chanter la mort qui les a assassinées provoquant à jamais la douleur de sa mère et la sienne. Dans le même temps, viendra le moment de remonter aux origines de son prénom, à ce prénom qui lui a été attribué et qui fait corps avec lui – le nom d'un village martyr palestinien massacré le 9 avril 1948 – et d'entendre, ici et maintenant, au travers de ses paroles présentes, résonner la douleur insupportable des femmes de Gaza, de Marioupol ou de Téhéran, nous qui, comme lui, n'avons pas à mourir ce soir, protégé par le dôme de la salle de spectacle.       <br />
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       Traversée fulgurante des violences ordinaires et/ou systémiques, &quot;Spécimen&quot; résonne comme un chant tragique où l'artiste et l'homme ne faisant qu'un unissent leur voix pour faire entendre l'indicible. Celui des violences endémiques détruisant les existences, individuelles et collectives, dans l'indifférence partagée. Il en résulte un choc… éblouissant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 17 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.
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     <div><b>"Spécimen"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820262.jpg?v=1774534743" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
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      <b>Création de &quot;Sola Gratia&quot; en 2021, &quot;Agnus dei&quot; en 2025, &quot;Gloria mundi&quot; en 2026.</b>       <br />
       Représentation des trois ensemble pour la première fois au tnba.       <br />
       Conception et texte : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Mise en scène : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Avec : Yacine Sif El Islam, Stan Briche, Mario De Miguel Conde, Benjamin Yousfi et Benjamin Ducroq.       <br />
       Avec la voix de Stéphanie Moussu.       <br />
       Création sonore : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création lumière : Chloé Agag.       <br />
       Production : Groupe Apache, tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Maison Maria Casarès.       <br />
       Durée : 2 h (3 x 40 minutes).       <br />
       À partir 16 ans (présence de nudité au plateau).       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 17 au 20 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
       Le texte &quot;sola gratia&quot; est publié aux Éditions Komos Structura.
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