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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T03:04:31+02:00</updated>
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   <title>"La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon</title>
   <updated>2026-04-05T21:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-06T06:59:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Drame de l'enfermement et des névroses familiales ou sociales, cette pièce de Federico Garcia Lorca – "le pédé au nœud papillon" comme se plaisait à le railler la bourgeoisie réactionnaire franquiste – résonne profondément près d'un siècle après son écriture. Son thème, universel et intemporel, est au cœur de l'intérêt suscité. Mais ici sa "représentation", au travers de la nouvelle traduction de Thibaud Croisy qui en assure aussi la mise en scène et la direction d'actrices, rend encore plus percutant son impact.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917603.jpg?v=1775407326" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor sobre au sol uniforme borné par une galerie de colonnes limitant l'espace des joutes à venir, vont s'affronter cinq sœurs soumises à l'impérieuse loi matriarcale et se déchirant entre elles. L'enjeu ? Survivre ! S'opposer aux huit années de deuil décrétées dès la mort du patriarche par Bernarda, leur mère, maîtresse femme, (faussement) pieuse et obscène, obsédée par le qu'en-dira-t-on et opposant un véto péremptoire aux désirs amoureux et/ou sexuels de ses filles. Elle qui, portes et fenêtres murées, entend dorénavant exercer un pouvoir absolu sur son domaine érigé en forteresse. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai pas raison, ça ne sert à rien la raison. J'ordonne, moi&quot;</span>. Ainsi soit-il.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée sur le plateau d'Angustias (l'aînée, <span style="font-style:italic">&quot;la plus moche&quot;</span>, mais la plus riche aussi, ayant hérité naguère d'un autre père, le premier mari de Bernarda), de Magdalena (la fille préférée, la seule qui pleure à l'enterrement du père), d'Amelia, de Martirio (souffrante et le ventre déchiré par l'envie), et d'Adela (la plus jeune, la plus belle et rebelle), une atmosphère lourde de désirs étouffés transpire. Surexposés par les poses délibérément surjouées, croisements de jambes étudiés, tenues seyantes surhaussées par de hauts talons aiguilles, les corps des cinq filles de Bernarda dans leurs postures aguichantes disent (à des degrés différents) ce qui leur est refusé : le droit légitime à jouir de la vie, à jouir tout simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917642.jpg?v=1775407379" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Pour compléter cette galerie de portraits exclusivement féminins (même si l'une d'entre elles est interprétée non sans bonheur par un homme, les autres mâles n'étant évoqués qu'au travers de leur absence obsédante ou de qualificatifs bestiaux), il y a aussi La Poncia, au service de Bernarda, &quot;amie&quot; depuis plus de trente ans ; elle, à qui sa patronne rappelle brutalement qu'elle la paie pour servir, elle qui est aussi sa confidente, voire sa conseillère et qui ne rêve que de cracher sur Bernarda (ce qu'elle fait d'ailleurs en son absence, en regardant la salle droit dans les yeux). L'autre domestique, elle, ne sera jamais dénommée que par sa fonction, &quot;servante&quot;. L'une et l'autre maudissant cette maison carcérale qui les nourrit chichement, elles et leurs enfants. L'une et l'autre regardant passer la vie des autres, des femmes qu'elles n'envient aucunement, elles qui pourtant n'ont pour seules richesses que leurs mains… et &quot;un trou qui les attend dans le cimetière&quot;.       <br />
              <br />
       Enfin, il y a la mère très âgée de Bernarda, elle, que l'on enferme dans sa chambre par peur que les voisins ne surprennent sa folie ordinaire. Elle, désinhibée, qui revendique haut et fort le droit d'être amoureuse, de sentir encore la brûlure d'un sexe d'homme en elle (elle relève sa robe et caresse son ventre) et qui se promène avec un chiffon sur l'épaule qu'elle se plait à prendre pour son bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917683.jpg?v=1775407432" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Cette atmosphère irrespirable (<span style="font-style:italic">&quot;Ouvre la porte, on étouffe ici&quot;</span>), saturée des frustrations à fleur de peau des demoiselles en mal d'amour et de sexe, va crever comme un abcès à la faveur de la rumeur colportée jusqu'à cet endroit retiré du monde… Le beau et jeune Pepe le Romano ne va-t-il pas convoler avec Angustias (et son héritage), l'aînée des filles n'en revenant pas elle-même d'avoir été l'élue… Dès lors, la jalousie entre les sœurs est portée à son incandescence. Le plateau, devenant champ de bataille, explose de remarques sournoises et d'invectives cruelles (Adela traitant Martirio, rêvant, elle aussi, du grand amour, de &quot;fouille-merde&quot;, après lui avoir jeté à la figure <span style="font-style:italic">&quot;qu'une chose est en train de pourrir en elle et qu'elle va bientôt la faire crever&quot;</span>), insultes violentes à l'envi, redoublées de corps à corps orchestrés en chorégraphies musclées.       <br />
              <br />
       Ce torrent de haine et de fureur se déversant à flux continu ne manquera pas d'être blâmé par Bernarda… la même qui hurle <span style="font-style:italic">&quot;Tuez-la !&quot;</span>, à l'encontre d'une jeune femme du village s'étant fait engrosser par un inconnu. Ce grand écart de Bernarda, des plus grotesques, donne l'occasion à Thibaud Croisy d'éclairer l'hystérie régnante dans un tableau rougeoyant où l'on voit défiler rageuses les sœurs armées d'un râteau, d'une faucille, d'une fourche… mise à part Adela qui, se tenant le ventre plein de l'embryon fœtus, tente de s'opposer à la mise à mort de celle dont sa mère réclame <span style="font-style:italic">&quot;qu'elle soit brûlée par où elle a pêché&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917687.jpg?v=1775407461" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      L'étalon en rut, enfermé dans la remise et faisant trembler les murs de l'édifice de ses coups de sabots répétés, sonne le glas… Il annonce le &quot;mâle&quot; qui s'est abattu sur la maison de Bernarda et de ses filles privées d'hommes, s'entredéchirant à mort. Et lorsque la chute surviendra, les seuls mots prononcés par Bernarda seront : <span style="font-style:italic">&quot;La fille de Bernarda est morte vierge. Vous m'avez entendue ? Silence, j'ai dit Silence !&quot;.</span> Un cri à la hauteur de son impuissance…       <br />
              <br />
       Drame individuel, social et politique, &quot;La maison de Bernarda Alba&quot;, écrite en 1936, fait effraction dans notre contemporanéité au travers de cette représentation traversée de part en part par les pulsions vitales mises sous couvercle. Thibaud Croisy et ses interprètes à l'unisson ont su splendidement transcender ce manifeste libertaire de Federico Garcia Lorca, fusillé par les sbires de Franco, pour questionner notre rapport présent aux injonctions liberticides. Les pulsions sexuelles des protagonistes crèvent le plafond des conventions – encore visibles dans les traces déliquescentes de l'ordre moral judéo-chrétien – au travers de leur incarnation dans des actrices surjouant délibérément l'option sexe.       <br />
              <br />
       Et même si les coups de boutoir répétés des cinq sœurs travaillées par le désir auront pour prix la mort de celle qui avait précisément eut l'audace de transgresser l'ordre établi, ils ébranleront – bien au-delà de la canne brisée de la tenancière des lieux – l'édifice forclos du monde selon Bernarda Alba… Un vrai &quot;plaisir des sens&quot; auquel nous, spectateurs, sommes conviés… en toute impunité.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 mars 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La maison de Bernarda Alba"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917717.jpg?v=1775408251" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Création le 4 mars 2026 à La Filature (Mulhouse).       <br />
       Texte : Federico García Lorca.       <br />
       Nouvelle traduction : Thibaud Croisy et Laurey Braguier (publiée chez L'Arche éditeur - février 2026).       <br />
       Mise en scène : Thibaud Croisy.       <br />
       Avec : Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Helena de Laurens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller.       <br />
       Scénographie : Sallahdyn Khatir.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Angèle Micaux.       <br />
       Collaboration artistique : Élise Simonet.       <br />
       Régie générale : Thomas Cany ou Raphaël de Rosa.       <br />
       Régie son : Romain Vuillet ou Tom Balay.       <br />
       Régie Plateau : Maureen Cléret.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 28 mars 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 17 avril 2026 :</span> T2G – CDN, Gennevilliers (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille</title>
   <updated>2026-03-02T18:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Papy-Quichotte--l-imaginaire-de-Cervantes-sauve-ce-qui-fait-famille_a4490.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95044065-66576828.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-02T18:21:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Spectacle jeune public, mais pas seulement, même si, oui, l'héroïne de cette histoire est une enfant, Sacha, 8 ou 9 ans, en classe primaire de CE2. C'est de son point de vue que l'on découvre sa vie et, en premier lieu, sa famille. Dans la famille de Sacha, il y a le père qui fait beaucoup de sport pour calmer ses nerfs, il y a la mère qui trouve dans le chant son refuge et sa consolation, il y a le grand-père qui se lève de moins en moins de son fauteuil et se passionne pour la lecture d'un livre, le Don Quichotte de Cervantès.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95044065-66576828.jpg?v=1772473576" alt="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" title="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" />
     </div>
     <div>
      Tous les trois sont comme des fuyards, l'un dans la musculation, l'autre dans le chant lyrique, le troisième dans l'imaginaire de Cervantès. Ils fuient une réalité : la maladie neurodégénérative du grand-père en train de filer droit vers l'EHPAD avec ses absences et son début d'Alzheimer.       <br />
              <br />
       Sacha, au milieu d'eux, va de l'un à l'autre et se réfugie quand elle le peut dans les histoires de papy jusqu'à ce jour où celui-ci se fond dans le personnage de Don Quichotte, chevalier pourfendeur des injustices et défendeur des humbles, des pauvres et des faibles. À sa suite, le reste de la famille décide de ne pas contrarier le vieil homme dans sa folie.       <br />
              <br />
       Tous les quatre s'engagent alors dans un drôle d'univers fantasmé où l'on retrouve quelques éléments super connus du chevalier à la triste figure : la bataille contre les géants qui ne sont que des moulins à vent figurés ici par l'ombre d'un ventilateur, la fidèle Rossinante qui déboule dans l'appartement sous la forme d'une grande marionnette mise en vie par Géraldine Zanlonghi et Sancho Panza qui devient ici Sacha Panzo, la fidèle écuyère du papy Quichotte, incarné avec classe par Dominique Parent, transporté par le rôle de ce chevalier à la figure plutôt bonhomme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95044065-66576829.jpg?v=1772473604" alt="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" title="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" />
     </div>
     <div>
      Tout ce tranquille dérapage incontrôlé vers l'imaginaire se déroule dans une scénographie en trois niveaux : une avant-scène réduite à un couloir qui raconte l'étouffement de cet appartement, ressenti par toute la famille et en particulier par la petite Sacha. Un grand plateau avec canapé, table et chaise réalistes qui va peu à peu être dévasté par les aventures de nos intrépides voyageurs du livre. Et en fond de scène, un espace plus surréaliste où Géraldine Zanlonghi fait surgir des nuées d'oiseaux et des silhouettes de chevaux, comme l'espace virtuel de la fable.       <br />
              <br />
       Mais trêve de narration… Le texte écrit et mis en scène par Elsa Granat s'attache aux basques et aux pensées de la jeune Sacha, et sa volonté farouche d'emmener dans cette aventure toute la famille qui, grâce à cette folie qui défie l'ordre, va sauver un temps le grand-père de son départ vers un EHPAD possible et notamment recréer du lien entre ses membres. Chacun participant enfin à une aventure commune, partagée, qui, même si elle paraît digne de moquerie de la part des camarades de la petite Sacha (mais ce sont des CM2 qui ne comprennent rien), donne de l'air, de la respiration et l'envie de chanter ensemble – ce que les quatre interprètes feront à la fin du spectacle.       <br />
              <br />
       À noter cette présence constante de la musique – une musique lyrique portée principalement par Esther Lefranc qui interprète la mère, mais aussi un extrait, entre autres, de &quot;La Quête&quot;, de Jacques Brel. Ajouter à cela les manipulations d'objets et de marionnettes, une scénographie ingénieuse, et surtout un ton qui oscille avec intelligence entre comédie et émotion, tous ces éléments font de ce spectacle pour jeune public une source de rire et d'optimisme capable de toucher les petites, les petits et aussi les grandes personnes.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Papy Quichotte"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95044065-66576830.jpg?v=1772473628" alt="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" title="Dans "Papy Quichotte", l'imaginaire de Cervantès sauve ce qui fait famille" />
     </div>
     <div>
      Texte : Elsa Granat.       <br />
       Mise en scène : Elsa Granat.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Zelda Bourquin.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Laure Grisinger.       <br />
       Avec : Maëlys Certenais, Antoine Chicaud, Esther Lefranc, Dominique Parent. Manipulation plateau : Géraldine Zanlonghi (marionnette prêtée par la compagnie Louis Brouillard).        <br />
       Atelier de construction : Artom (Tourcoing).       <br />
       Chef de chœur : Erwan Piquet.       <br />
       Scénographie : James Brandily.       <br />
       Création sonore : Mathieu Barché.       <br />
       Création lumières : Vera Martins.       <br />
       Création costumes : Marion Moine.       <br />
       Jeune public à partir de 7 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 février au 8 mars 2026.</span>       <br />
       1ᵉʳ mars à 15 h 30, 4 et 5 mars à 14 h 30, 7 mars à 17 h, 8 mars à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Paris Villette, Grande Salle, 211, avenue Jean Jaurès, Paris 19ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 03 74 20.       <br />
       <a class="link" href="https://hub-tpv.shop.secutix.com/selection/event/date?productId=10229531026614" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-paris-villette.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-paris-villette.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 au 14 mars 2026 :</span> TGP - CDN, Saint-Denis (93).       <br />
       Du 26 au 28 mars 2026 : Théâtre des Îlets - CDN, Montluçon (03).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés</title>
   <updated>2023-03-23T08:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-sacre-Une-histoire-des-tendresses-et-violences-des-chagrins-ravales_a3539.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71627307-49896768.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-03-23T06:47:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Porter au plateau les chagrins des départs confiés comme des terreaux de souffrances à déminer, telle est la mission que s'assigne la metteure en scène, conceptrice du projet, entourée de ses compagnons, acteurs et actrices. Unis dans la même énergie d'offrir un théâtre total, un théâtre "à l'abandon" - au propre comme au figuré -, ils transcendent les chagrins "mortels" en une épiphanie ô combien vivifiante. Quant au texte et à la chorégraphie, ils constituent l'écrin de ce chef-d'œuvre vibrant d'humanité mise à nu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49896768.jpg?v=1679508739" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      Comment faire spectacle de deuils impossibles où le passé, telle une litanie obsédante, ne cesse de passer en boucle avec les effets délétères qui lui sont associés ? Comment, sans tomber dans le pathos et sans les dénaturer pour autant, les extraire d'un quotidien où ils s'enlisent afin de les projeter avec force sur l'avant-scène ? Comment faire matière artistique résiliente, joyeuse et violente à la fois, d'un magma de souffrances inépuisables ? Telles sont les questions, moteurs d'une prodigieuse machinerie enchaînant les tableaux, tous uniques en eux-mêmes. Neuf confidences soigneusement recueillies et &quot;retravaillées&quot; de fond en comble - comme on parlerait d'un travail du deuil revisité - pour les faire entendre éclairés sous la rampe des projecteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       Revêtant le costume de pleureuse hérité de sa grand-mère balagne, l'acteur &quot;corseté&quot; et voile noir recouvrant la tête, lance une adresse au public : <span style="font-style:italic">&quot;Si je verse suffisamment de larmes, est-ce que les gens auront moins à pleurer ?&quot;.</span> La mort - occultée par la société contemporaine qui l'aseptise en la transférant aux mains d'entreprises de pompes funèbres riches de leur publicité - redevient matière humaine, matière vivante donnant lieu à une saisissante chorégraphie où, porté par ses proches, le corps de la défunte est brandi fièrement à bout de bras. Un sacre à caractère païen pour célébrer l'humaine condition jusque dans sa fin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49896771.jpg?v=1679508763" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      Il y aura Kali (trouvant son nom dans celui de la déesse hindoue de la préservation) qui n'arrête pas de pleurer sa belle et très jeune amie morte d'un cancer généralisé. &quot;Remember&quot;, se souvenir en anglais, et par glissement euphonique, remembrer en français… Rassembler des fragments épars autour de sa cornée fantasmée - le seul organe ayant pu être prélevé sur ce corps rongé par la maladie - pour lui redonner corps et âme en trouvant ensemble les mots d'amour à adresser à l'amie disparue… dont elle était folle amoureuse.       <br />
              <br />
       Il y aura Georges, 62 ans, souffrant d'un Alzheimer précoce et luttant lui aussi contre les mots venant à lui manquer. En parfait écho à son énergie fabuleuse, ses funérailles seront organisées sur le plateau par les danseurs en procession. Il y aura aussi le chagrin de cette fille, éperdue de tendresse et de douleur de n'avoir pu rendre visite à son père dans l'Ehpad où elle était décrétée persona non grata. Pour cause de Covid, elle n'a pu lui tenir la main et est restée seule face à un chagrin envahissant à déminer grâce à cette &quot;représentation enjouée&quot;.       <br />
              <br />
       Il y aura Thomas, ce jeune homme submergé par la douleur pour avoir causé - bien involontairement - la mort de celui qui était venu le sauver des courants contraires. À cet homme dont le cœur a lâché sous l'effet du trop grand effort, il doit sa survie. Accompagné désormais d'une interrogation lancinante l'habitant en continu, comme une dette impossible à acquitter, il s'en réfère à la médiation artistique pour échapper à sa culpabilité morbide. La question à multiples entrées est ainsi posée au public : <span style="font-style:italic">&quot;Comment fait-on pour sauver quelqu'un ?&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49897383.jpg?v=1679508807" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      Il y aura aussi Mattias qui chez Emmaüs est tombé raide amoureux d'une Brigitte Bardot flanquée d'un petit chien et pour lequel les artistes vont s'employer séance tenante à construire un joli petit autel égayé de fleurs destinées à faire revenir la sublime créature… Et d'autres encore, les histoires confiées se tissent les unes aux autres pour offrir un patchwork coloré où souffrances et éclats de rire s'entremêlent dans un exutoire propre à réhabiliter les morts en nous, morts à vivre non comme des fantômes pesants, mais comme des présences apaisées.       <br />
              <br />
       Une histoire encore sur la mort qui rassure, en contrepoint de la cinquième symphonie de Mahler, celle où le même Georges &quot;délire&quot; sa vie en rêvant de traverser les murs. Lui rendant hommage, l'acteur au plateau accomplit en direct son vœu prémonitoire, redonnant sens avec éclats au désir du disparu… si insensé fut-il. Des funérailles luxuriantes lui sont offertes sur fond des paroles iconiques du Grand Jacques.       <br />
              <br />
       Beaucoup plus sombre, mais ô combien saisissante de vérité humaine, sera l'histoire de Zahia, jeune femme crachant sa saine haine d'un père toxique, redoublé par un mari du même tonneau, ayant confié à la comédienne – &quot;criante&quot;, elle, de vérité interprétative - le soin de la venger sur scène. Tant il est vrai que l'on ne peut pas tout pardonner, et encore moins à ceux qui ne demandent pas à l'être, elle se livre corps et âme mis à nu pour se délivrer des bourreaux qu'elle conchie allègrement, fussent-ils morts. Une bouffée d'oxygène pur dans le monde vicié des coachs en développement personnel à tout va visant insidieusement la paix sociale, le maintien de l'ordre sociétal, au détriment des colères authentiques des victimes. Ayant recouvré sa liberté non négociable de femme, elle lance un shakespearien &quot;Ma chatte pour un cheval !&quot;, joignant avec fierté la dérision outrancière à l'affirmation de son existence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49898190.jpg?v=1679509990" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      Trouver les mots pour le dire, les mots pour les dire, trouver les corps pour les représenter, trouver la communauté d'artistes tendus vers le même horizon de création, tel était le défi lancé par ces personnes ordinaires, prénommées une à une, qui, par la grâce de l'incarnation sans concession d'actrices et acteurs, se sont mis à (re)vivre intensément devant nous.       <br />
              <br />
       Le tableau final, flamboyant avec son crescendo montant en puissance chorégraphiée et sonore, sorte d'apothéose cérémoniale accompagnée des paroles envoûtantes de Jacques Brel faisant résonner - à distance poétique - l'indicible douleur de la séparation, est de nature à lui seul à déclencher la standing ovation accordée ce soir-là par un public sous le charme. Conquis, nous le sommes tout autant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 15 mars, Grande Salle Vitez du TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un sacre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49898203.jpg?v=1679510027" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      Texte : Guillaume Poix, en collaboration avec Lorraine de Sagazan.       <br />
       Conception et mise en scène : Lorraine de Sagazan.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Thylda Barès.       <br />
       Stagiaire mise en scène : Elina Martinez.       <br />
       Chorégraphie : Sylvère Lamotte.       <br />
       Avec : Elsa Guedj (Kali), Jeanne Favre (Zahia), Majida Ghomari (Asma), Nama Keita (Mattias), Antonin Meyer-Esquerré (Georges), Louise Orry Diquero (Léa), Mathieu Perotto (L10-3), Benjamin Tholozan (Renata), Éric Verdin (Thomas).       <br />
       Lumières et pyrotechnie : Claire Gondrexonc.       <br />
       Création sonore : Lucas Lelièvre.       <br />
       Scénographie : Anouk Maugein.       <br />
       Création costumes : Suzanne Devaux.       <br />
       Dramaturgie : Agathe Charnet.       <br />
       Régie générale : Vassili Bertrand.       <br />
       Régie plateau et réalisation accessoires : Kourou.       <br />
       Régie lumière : Paul Robin.       <br />
       Régie son : Camille Vitté et Théo Cardoso.       <br />
       Construction du décor : Ateliers de la MC93.       <br />
       Réalisation coiffe L10-3 : Salomé Romano.       <br />
       Production La Brèche.       <br />
       Durée : 2 h 40.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 15 au 18 mars 2023 dans la Grande Salle Vitez du TnBA à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">24 mars 2023 :</span> L'Estive, Foix (09).       <br />
       <span class="fluo_jaune">30 et 31 mars 2023 :</span> Théâtre Gérard Philipe - TGP, Saint-Denis (93).       <br />
       Du 1er au 3 avril 2023 : Théâtre Gérard Philipe - TGP, Saint-Denis (93).       <br />
       Du 5 au 9 avril 2023 : Théâtre Gérard Philipe - TGP, Saint-Denis (93).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71627307-49898222.jpg?v=1679510080" alt=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" title=""Un sacre" Une histoire des tendresses et violences des chagrins ravalés" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-sacre-Une-histoire-des-tendresses-et-violences-des-chagrins-ravales_a3539.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine</title>
   <updated>2020-02-29T14:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ruy-Blas-Une-version-vibrant-assurement-dans-la-sensibilite-contemporaine_a2671.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43223766-35742893.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-02-29T13:47:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Yves Beaunesne met en scène "Ruy Blas" de Victor Hugo et c'est comme une (re)découverte. Pleine de vivacité, de pétulance, l'histoire est celle d'une reine malheureuse. D'un valet amoureux d'une reine. D'un amour impossible entre une reine et un valet. D'un amour immense et tragique entre deux êtres que tout sépare…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43223766-35742893.jpg?v=1582981612" alt=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" title=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" />
     </div>
     <div>
      D'un ministre éconduit qui se venge. D'une machination effroyable pour faire tomber la reine. D'un autre ministre qui défend l'intérêt général face à des ministres corrompus. D'un grand seigneur devenu gueux. D'un gueux devenu grand seigneur à la suite d'une substitution d'identité. D'une mort pour laver le déshonneur. Aussi de duels. De ripailles. De l'Espagne à son crépuscule. De noblesse et de bassesse.       <br />
              <br />
       Outre l'histoire, il y a les mots, l'appel des consonances, la musique de l'âme de l'amour et de la haine portée par un verbe haut, au débit intense et fluide et ajusté. Poétique, éthique, satirique, ironique, délicat, ne rechignant pas aux jeux de mots, aux expressions populaires, aux envolées lyriques. Qui a cette magie d'être en bouche naturellement, de porter le geste, de susciter le souffle. Faisant fi de toute vraisemblance mais qui atteint le cœur et la raison dans une gourmandise de mots. Le grotesque et le sublime. Le drame, la comédie, le roman-feuilleton réunis. Hugolien donc.       <br />
              <br />
       La mise en espace est rigoureuse. Le plateau est nu, sans décor, nettement incliné. Les comédiens, confiants qu'ils sont dans la parole de l'auteur, entrent et sortent suivent les diagonales, les médianes, les parallèles dans un mouvement continu étourdissant, trouvent une dynamique de l'équilibre et de l'amplification du geste. Sur scène, comme un tournis. Un moulin ! Comme une inclination à servir le public. La scène avec ses cabestans discrets laisse apparaître des traces de trappes, indices de chausse-trape. C'est là toute l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43223766-35742897.jpg?v=1582981655" alt=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" title=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" />
     </div>
     <div>
      La distribution des caractères joue ostensiblement et subtilement des antithèses, des contre-jeux. Les mimiques et les postures, les répétitions du geste, les antagonismes (Il ya des gros et des maigres) créent des effets comiques d'une drôlerie irrésistible ainsi qu'une tension permanente, une approche de la révolte et du tragique.       <br />
              <br />
       Il règne une forme d'urgence, qui peut sembler s'affoler, révélant comme une mécanique, une entrée en &quot;pantinisation&quot;. Cette mise en scène ne renie pas en effet sa dimension de théâtre de tréteau. Mais les costumes brillent dans un raffinement de velours et de soie. La musique qui clôt les actes ouvre sur l'imaginaire hispanique. Le spectateur a devant les yeux, sans qu'il en ait vraiment conscience, ces Jeunes-France efflanqués et dandys, ces jeunes filles rebelles, ces hommes mûrs, traîtres et cupides, ces silhouettes simplifiées de Paul Gavarni. Cette présentation de Ruy Blas vibre assurément dans la sensibilité contemporaine et vit à l'ombre de Frédérick Lemaître et de Victor Hugo. Toujours aussi jeunes.       <br />
               <br />
       Les comédiens saluent sous les ovations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ruy Blas"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43223766-35742902.jpg?v=1582981686" alt=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" title=""Ruy Blas" Une version vibrant assurément dans la sensibilité contemporaine" />
     </div>
     <div>
      Texte : Victor Hugo.       <br />
       Mise en scène : Yves Beaunesne.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Pauline Buffet, Laure Roldàn.       <br />
       Avec : Thierry Bosc, François Deblock, Zacharie Féron, Noémie Gantier, Fabienne Lucchetti, Maximin Marchand, Guy Pion, Jean-Christophe Quenon, Marine Sylf.       <br />
       Et les musiciennes : Anne-Lise Binard et Elsa Guiet.       <br />
       Conseil artistique : Marion Bernède.       <br />
       Dramaturgie : Jean-Christophe Blondel.       <br />
       Scénographie : Damien Caille-Perret.       <br />
       Lumière : Nathalie Perrier.       <br />
       Création musicale : Camille Rocailleux.       <br />
       Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz.       <br />
       Maquillage, coiffures et masques : Cécile Kretschmar.       <br />
       Maître de chant Haïm Isaacs.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 février au 15 mars 2020.</span>       <br />
       Lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Gérard Philipe - CDN, Salle Roger Blin, Saint-Denis (93), 01 48 13 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatregerardphilipe.com/cdn/" target="_blank">&gt;&gt; theatregerardphilipe.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ruy-Blas-Une-version-vibrant-assurement-dans-la-sensibilite-contemporaine_a2671.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis</title>
   <updated>2019-04-02T11:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Eugene-Oneguine-Une-valse-des-temps-a-jamais-enfouis_a2371.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/32229464-30082648.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-04-02T08:01:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean Bellorini met en scène "Eugène Onéguine". Ce long récit, ce long poème d'Alexandre Pouchkine en forme de conte populaire à la fois espiègle et dramatique. Qui évoque, à travers le personnage d'Eugène Onéguine, une Russie joyeuse et mélancolique…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32229464-30082648.jpg?v=1554187073" alt=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" title=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" />
     </div>
     <div>
      Une Russie passée comme un souvenir d'enfance dont le poète retrouve les sensations perdues, les partage avec son lecteur qu'il sait apostropher, lui livre ses regrets des premières amours lumineuses. Gâchées par les fanfaronnades et l'inexpérience. Qui versent dans l'amertume et le sentiment de la perte de toute poésie du monde.       <br />
              <br />
       Dans un étonnant mouvement de nostalgie, le jeu de l'écriture décrit la mort et résurrection du poète.       <br />
              <br />
       Brillamment, Jean Bellorini en trouve un équivalent scénique en déployant son dispositif dans toutes les dimensions du spectacle. Tout œil et tout ouïe. Le spectacle présenté en bi-frontal est joué comme au théâtre et pourtant s'écoute au casque en direct.       <br />
              <br />
       Avec cette convention arbitraire et contraignante le metteur en scène détriple les effets, les fait converger vers une intimité de perception des plus heureuses. Le jeu privilégie dans un premier temps les rituels et les mimiques d'un animateur de radio face à son microphone. Ce qui décontracte le spectateur avant de le plonger dans une grande disposition d'attention.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32229464-30082649.jpg?v=1554187107" alt=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" title=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" />
     </div>
     <div>
      Le spectateur étant libre, il peut ajuster le casque ou non…       <br />
              <br />
       Ou bien, il se laisse prendre au son coloré, profond et chaud au relief bien marqué. Et découvre un poème symphonique harmonisé aux souvenirs de l'opéra éponyme de Piotr Tchaïkovski. Adaptation musicale, bruitage s'incrustant parfaitement dans les voix clairement ajustées. Et de voir les yeux fermés, paisiblement installé dans la nuit. Il peut être tard, peu importe, Eugène Onéguine parle du temps et de son réconfort.       <br />
              <br />
       Ou bien, il enlève son casque. Les voix lui parviennent plus nettes, plus mates, plus naturelles. Et la musique a disparu. Ne reste que le pouvoir des mots, et l'injonction du jeu au microphone qui devient pur théâtre précis, dense, intense même. Les mots se fondent dans les corps et le poème s'exalte. Expressive dans son silence, la jeune fille amoureuse et triste joue au piano sans cordes. Les marteaux frappent en cadence et sonnent comme un parquet piétiné. Eugène Onéguine ainsi écouté parle de l'amour, de la mort, de la vie . Celle des mots et des humains.       <br />
              <br />
       Ou bien il met le casque à distance et perçoit en sourdine, étouffée la bande son et assiste alors à la naissance du théâtre. Et sa vitalité partagée. Car il appartient au spectateur d'ajuster sa sensibilité à la trame proposée. Celle de la mort et de la résurrection du poète.       <br />
              <br />
       Avec grand art, Jean Bellorini joue avec le dispositif du théâtre comme s'il jouait <span style="font-style:italic">&quot;sur un piano cassé la valse des temps à jamais enfouis&quot;*.</span>       <br />
              <br />
       Ce qui est très russe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Citation tirée de &quot;La Colombe d'argent&quot; d'Andréï Biély.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Eugène Onéguine"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32229464-30082728.jpg?v=1554187143" alt=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" title=""Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis" />
     </div>
     <div>
      Texte : d'après &quot;Eugène Onéguine d'Alexandre Pouchkine.       <br />
       Traduction : André Markowicz.       <br />
       Mise en scène : Jean Bellorini.       <br />
       Réalisation sonore : Sébastien Trouvé.       <br />
       Avec : Clément Durand, Gérôme Ferchaud, Antoine Raffalli, Matthieu Tune, Mélodie-Amy Wallet.       <br />
       Scénographie, lumière : Jean Bellorini.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Mélodie-Amy Wallet.       <br />
       Composition originale librement inspirée de l'opéra &quot;Eugène Onéguine&quot; de Piotr Tchaïkovski enregistrée et arrangée par : Sébastien Trouvé et Jérémie Poirier-Quinot.       <br />
       Musiciens : Jérémie Poirier-Quinot (flûte), Florian Mavielle et Benjamin Chavrier (violons), Emmanuel François (alto), Barbara Le Liepvre (violoncelle), Julien Decoret (contrebasse), Anthony Caillet (euphonium).       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 mars au 20 avril 2019.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Relâche mardi et mercredi.       <br />
       Théâtre Gérard Philipe - CDN, Saint-Denis (93), Salle Mehmet Ulusoy, 01 48 13 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatregerardphilipe.com/cdn/" target="_blank">&gt;&gt; theatregerardphilipe.com</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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