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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-13T02:14:00+02:00</updated>
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   <title>•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État</title>
   <updated>2025-07-11T13:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-The-Last-of-the-Soviets-Comment-decerebrer-le-peuple-russe-radicalement-Les-degats-de-la-desinformation-d-Etat_a4301.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-11T12:51:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ce spectacle radical, d'un humour sans concession et terriblement visuel, se déroule dans les studios de la télévision soviétique. Une émission d'information en direct avec ses deux présentateurs, une femme et un homme, attablés à un grand bureau qui fait face au public. Derrière eux, un vaste écran télé sur lequel apparaîtront les traductions des paroles (le spectacle est en russe et en anglais), mais aussi et surtout des captations faites en direct par les deux interprètes dans un jeu de construction/destruction qu'ils vont mettre en œuvre sur le bureau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470645.jpg?v=1752231390" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Un bureau qui, à son tour, devient une deuxième scène où, filmés en gros plan, une série de manipulations illustrant les propos de la pièce vont se succéder. Froids, comme détaché de la réalité, déconnectés de leurs propres sensations, les deux présentateurs commencent une longue litanie de nouvelles comme dans un véritable journal télévisé, seulement, si certaines de ces &quot;nouvelles&quot; semblent coller à ce qu'on connaît des journaux télévisés, les informations dérivent très vite vers un absurde assumé, des annonces qui semblent provenir d'un cerveau un peu dérangé, des blagues d'un humour très noir, hilarantes de bêtise, d'absurde ou de méchanceté.       <br />
               <br />
       Et puis des témoignages fleurissent, des témoignages radioactifs pour une bonne partie puisqu'ils proviennent en majorité des textes de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, dont on connaît les œuvres phares : La Guerre n'a pas un visage de femme, Supplication Tchernobyl, La Fin de l'Homme rouge. C'est cela que tente de nous faire saisir ce spectacle imaginé par Petr Boháč. Peut-être pas sa fin, à l'homme rouge, mais son état, son état à la chute de l'Union soviétique et surtout son état actuel.       <br />
               <br />
       Le rire alterne avec la stupeur, les petites scénettes prises à la caméra mettent en jeu, sur des assiettes, des micro-personnages comme des jouets d'enfant, mais aussi de la matière, de la terre, cette terre irradiée, des visages, ces visages rongés par l'atome, des chevelures salies porteuses de traces d'uranium quasi immortelles. Elles sont comme une vision vue du ciel qui accompagne ces anecdotes que, chacun leur tour, les deux interprètes disent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470646.jpg?v=1752231449" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Ce système, qui met en scène une réalité décalée dans laquelle les deux présentateurs, sans rien perdre de leur raideur, de leur froideur, de leur diction mécanique implacable et automatique, ces deux présentateurs perdent vite leur allure impeccable, tirée à quatre épingles, pour devenir maculés de terre, débrayés, s'enfilant des petits shots de vodka et venant en offrir au public. Ils ne semblent pourtant ne pas se rendre compte de leur dégradation, qui fait écho aux dégradations physiques et mentales dues à l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Mais pas que.       <br />
               <br />
       Toute la pièce lance, avec un humour vache, un cri d'alarme, et l'on se sent traversé par l'effroi lorsque l'on se rend compte que c'est tout le peuple russe, soviétique et postsoviétique (Poutine ne fait pas moins bien que Staline), que tout ce peuple est rongé mentalement par la paranoïa, le masculinisme et l'absence d'espoir soigné à grand coup de vodka. Tout cela à cause d'une entreprise médiatique infernale de construction du mythe de l'homme russe, un miroir déformé qui est entré dans tous les esprits, a gangréné la vérité, la réalité, le jugement.       <br />
               <br />
       Ce monde soviétique semble comme le laboratoire fou où expérimenter la manipulation des masses par la désinformation systématique et l'autoritarisme d'État. Peut-être un de ces labos dont cherchent à s'inspirer les milliardaires occidentaux si avides d'achat de médias. La liste de ceux-ci est trop longue pour les nommer tous. Quoi qu'il en soit, The Last of the Soviets montre avec absurdité, humour et dérision, ce que de telles influences peuvent provoquer.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Petr Boháč, auteur du concept et du projet, a travaillé à partir de plusieurs livres de Svetlana Alexievitch : &quot;La Fin de l'Homme rouge&quot;, &quot;La Guerre n'a pas un visage de femme&quot;, &quot;La Supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse&quot;, &quot;Les cercueils de zinc&quot;, textes qui reflètent et commentent plusieurs moments essentiels de l'histoire russe et soviétique.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Last of the Soviets"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470655.jpg?v=1752231474" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Conception : Petr Boháč.       <br />
       Mise en scène : Petr Boháč.       <br />
       Avec : Inga Zotová-Mikshina et Roman Zotov-Mikshin       <br />
       Soutien technique : Martin Tvrdý.       <br />
       Chef de projet : Barbora Repická.       <br />
       Par la Spitfire Company.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40 (trajet navette compris).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 22 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours pairs à 13 h 55. Relâche le 10 juillet.       <br />
       Théâtre La Manufacture, 2, rue des Écoles, Avignon.       <br />
       Spectacle au Château de Saint-Chamand : départ navette 13 h 55 - Jeu 14 h 20.        <br />
       Réservation : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lamanufacture.org/spectacle?id_spectacle=592" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lamanufacture.org/" target="_blank">>> lamanufacture.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-The-Last-of-the-Soviets-Comment-decerebrer-le-peuple-russe-radicalement-Les-degats-de-la-desinformation-d-Etat_a4301.html" />
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   <title>•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl</title>
   <updated>2024-07-15T09:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-La-Supplication--suite-infinie-du-drame-humain-de-Tchernobyl_a4005.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81560515-58725237.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-15T08:57:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans moins de deux petites années, on fêtera les quarante ans de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986. Peut-être qu'alors, on se demandera ce que sont devenues les victimes de la catastrophe. Ceux qui sont morts très rapidement à cause des radiations, ceux qui sont morts quelque temps plus tard à cause des conséquences des irradiations, ceux, encore plus tard qui sont nés difformes ou atteints de maladies graves, leucémies ou autres et qui ne vécurent pas assez pour voir le monde s'en foutre, et puis les survivants, ceux que l'on a expulsés de force de leur maison, ceux qu'on a exilés et ceux qui sont revenus vivre dans la "zone interdite".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725237.jpg?v=1721029232" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Svetlana Alexievitch interroge ces survivants, les force à raconter parfois, leur donne toujours la parole pour que leur histoire devienne partie intégrante de l'Histoire mondiale, et plus particulièrement l'histoire des carnages et des massacres cachés de l'ère industrielle, du progrès et de la science. Sans ces témoignages qu'elle a regroupés au sein de plusieurs livres, le grand bâillon des états aurait enterré ce pan de l'histoire mondiale, comme elle a cru le faire avec le sarcophage de béton dont ils ont recouvert Tchernobyl.       <br />
              <br />
       Cette parole individuelle du drame collectif est comme un petit chalumeau brandi contre la chape de béton dont nos sociétés recouvrent ce drame. Elle brûle cette fois sur la scène de la Chapelle du Verbe Incarné grâce aux bouches de Lolita Monga et d'Olivier Corista pour lutter contre cet oubli. Les deux interprètes témoignent, en se glissant chacun son tour dans la peau des différents personnages du texte de Svetlana Alexievitch.       <br />
              <br />
       Au sol, un grand cercle obscur, fait de granulats, symbolise la terre brûlée, les cendres, la vie tuée de la zone interdite. Les deux interprètes vont évoluer dans et autour de ce cercle dans une atmosphère lumineuse dure, qui dessine les traits au scalpel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725238.jpg?v=1721029284" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Chacun scande ses témoignages, sans concession à l'apitoiement, avec la précision de flèches filant droit vers la cible. Des témoignages qui, tous, rendent compte de l'inhumain traitement qui a été infligé aux humains des environs de Tchernobyl et au sort définitif des ouvriers et des pompiers qui intervinrent pour circonscrire la catastrophe.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Guy-Pierre Couleau met tout en œuvre pour que cette parole dure, mais nécessaire, fasse sens. L'interprétation est privilégiée et le metteur en scène s'appuie sur les qualités d'incarnation, de jeu et d'élocution de Lolita Monga et d'Olivier Corista qui sont ainsi mis en avant. À cela, il y ajoute une violoncelliste qui suit mot à mot, respiration après respiration les deux interprètes, insistant parfois sur le drame, donnant parfois des temps de pure musique qui permet au public de prolonger l'imaginaire provoqué par les récits, et parfois, le tempo marqué, le rythme saccadé, rend compte de la marche implacable du malheur.       <br />
              <br />
       Pourtant, rien n'est triste. C'est la vie, et sa tragédie, qui brille dans ce spectacle. La vie blessée, bafouée, mais aussi la résistance au pouvoir et à l'oubli.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Supplication"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725240.jpg?v=1721029301" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Texte : Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature 2015.       <br />
       Traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain.       <br />
       Adaptation : Lolita Monga.        <br />
       Mise en scène : Guy-Pierre Couleau.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Julie R'Bibo.       <br />
       Avec : Olivier Corista, Lolita Monga, Mélanie Badal ou Elsa Guiet.       <br />
       Violoncelle : Elsa Guiet.       <br />
       Scénographie : Valérie Foury.        <br />
       Lumière : Laurent Schneegans.        <br />
       Musique : Mélanie Badal.       <br />
       Vidéo : Johann Fournier.Johann.       <br />
       Compagnie Lolita Monga.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 35. Relâche le lundi.       <br />
       Chapelle du Verbe Incarné, Salle Édouard Glissant, 21, rue des Lices, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 07 49.       <br />
       <a class="link" href="https://www.verbeincarne.fr/" target="_blank">&gt;&gt; verbeincarne.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-La-Supplication--suite-infinie-du-drame-humain-de-Tchernobyl_a4005.html" />
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   <title>"La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante</title>
   <updated>2019-09-18T08:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Fin-de-l-homme-rouge-Une-mise-a-nu-rigoureuse-lisible-et-terriblement-vivante_a2543.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/37397720-33040238.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-09-18T08:22:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le règne de l'empire soviétique aura duré soixante-dix ans. Pour un de ces empires bâtis pour l'éternité et qui disparaissent brutalement, c'est à la fois peu et déjà beaucoup. Assez longtemps, pour qu'à l'instant de leur chute, les contemporains restent abasourdis et certains étonnamment nostalgiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040238.jpg?v=1568789242" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
     </div>
     <div>
      Avec &quot;La fin de l'homme rouge&quot; d'Emmanuel Meirieu, tiré de l'œuvre éponyme de Svetlana Alexievitch, sont réunis sur le plateau d'anciens bénéficiaires ou victimes d'un système censé recréer le paradis et, dans une phase transitoire, rejeter tous ceux qui le refuse.       <br />
              <br />
       La fin de l'homme rouge… Ou une succession de prises de paroles, soliloques passionnés et alternés. Où se concentre dans le corps des personnages l'ultime énergie avant le silence qui suit le jugement de l'Histoire. Témoignages intenses, poignants de femmes et d'hommes, d'enfants et de vieillards avec leurs drames, leurs bonheurs, leurs hasards, leurs dénis.       <br />
              <br />
       Autant de récits individuels et séparés. De la mère désemparée devant le suicide de son fils de quinze ans au discours convaincu du pionnier de la révolution de 1920, du mariage évité avec la fille du tortionnaire, des retrouvailles de l'enfant du Goulag et de la cheffe du camp, de l'initiation à l'assassinat politique au soldat oublié d'Afghanistan ou de Tchétchénie ou l'agonie du pompier de Tchernobyl. Édifiants, inquiétants… Et de manière toute progressive sublimes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040242.jpg?v=1568789267" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
     </div>
     <div>
      De l'enquête serrée de Svetlana Alexievitch se décrypte pour le spectateur une certaine manière de vivre (образ жизни) qui répartit les biens matériels, développe le sens du partage mais aussi celui du sacrifice glorifiant le héros, la guerre patriotique, le drapeau rouge, la culture, l'alcool et… la mise à l'écart (et la punition) des opposants. Un état de société &quot;naturel&quot; ou la propagande a toute sa place. Préparer l'avènement du communisme en établissant le stade soviétique (советский ) par l'épopée et sa vérité vraie (правда)…       <br />
              <br />
       Aucun ne peut de son passé faire table rase, ne peut accepter de disparaître, pas plus qu'il ne peut accepter la réalité qui s'est imposée à eux. Le récit est sans concessions pour ces femmes et ces hommes enfermés dans un rêve qui a constitué leur vie. Dans sa simplicité, chaque témoignage, porté à chaque fois par un seul interprète, se révèle intime, réaliste, cru et cruel. Tous les acteurs retiennent leurs effets et leur parole. La puissance dramatique est intense et superbe. Et dans cette succession, le spectateur assiste à la mise à nu de tout le système. Les témoignages de l'incompréhensible. À appréhender comme l'avers et le revers de la médaille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040245.jpg?v=1568789289" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
     </div>
     <div>
      Le théâtre mis en oeuvre par Emmanuel Meirieu est simple, rigoureux et fluent. Lisible et beau donc. Ainsi, deux scènes se lisent, elles, de manière inversée. En miroir. À l'ancien garde des camps, héros des basses besognes, assassin inconscient et alcoolique, est opposé l'épouse aimante veillant son amour irradié, sacrifié, ulcéré de toutes parts. Une descente aux enfers, une montée au paradis. Deux manières de considérer la vie et la condition humaine. De rejet ou d'amour.       <br />
              <br />
       Dans sa traversée, le spectacle dépasse le seul cas de l'union soviétique et de la critique d'un système. Par ces incarnations croisées monte un récit sombre qui relie les fils invisibles, et puise dans la souffrance, les peurs et les pulsions, les forces de la vie et la force des illusions.       <br />
              <br />
       Celle d'une Russie, bien sûr. Celle de Pouchkine, de Tolstoï ou de Tchekhov. Dans laquelle, au bout du compte (du conte rouge), se sont reconnus d'une manière ou d'une autre tous les citoyens soviétiques. La paix, la guerre, le suicide, l'horreur, la survie, la rédemption.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040259.jpg?v=1568789428" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
     </div>
     <div>
      Mais, au-delà… Le spectateur qui, depuis 1989, a vu d'autres chutes de mythes au sein même du capitalisme s'interroge, comme ce spectacle l'y encourage, en tant qu'être humain, membre d'une société, sur son adaptabilité aux bobards, fake news, mensonges et complots, propagande et formatage qui fondent une vie &quot;naturelle&quot; et &quot;heureuse&quot;.       <br />
               <br />
       Le spectacle fait battre le cœur de cet être vivant que l'on appelle l'Homme et qui s'ingénie à enlever l'homme de l'Homme et le réduire à néant. Ou bien, au contraire, de trouver l'Homme au point sublime de la vie de l'homme. Le théâtre ainsi conçu ? C'est une expérience de catharsis réussie. Et une source d'ovation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Fin de l'homme rouge"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040262.jpg?v=1568789457" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
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      D'après le roman de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de Littérature 2015. Mise en scène et adaptation : Emmanuel Meirieu. Traduction : Sophie Benech. Avec : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms, et la voix de Catherine Hiegel.       <br />
       Musique : Raphaël Chambouvet.       <br />
       Costumes : Moïra Douguet.       <br />
       Lumières, décor, vidéo : Seymour Laval et Emmanuel Meirieu.       <br />
       Son : Félix Muhlenbach et Raphaël Guenot.       <br />
       Maquillage : Roxane Bruneton.       <br />
       Par La compagnie Bloc Opératoire.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 septembre au 2 octobre 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e, 01 46 07 34 50.       <br />
       <a class="link" href="http://www.bouffesdunord.com/" target="_blank">&gt;&gt; bouffesdunord.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37397720-33040263.jpg?v=1568789473" alt=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" title=""La Fin de l'homme rouge" Une mise à nu rigoureuse, lisible et… terriblement vivante" />
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Fin-de-l-homme-rouge-Une-mise-a-nu-rigoureuse-lisible-et-terriblement-vivante_a2543.html" />
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