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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-11T16:58:37+02:00</updated>
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   <title>"Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…</title>
   <updated>2024-03-13T18:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Quartett-Quand-la-brulure-du-desir-embrase-corps-et-esprits_a3840.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78890522-57213968.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-03-13T17:40:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comment sortir indemne d'une telle représentation ? Comment échapper au tir nourri de mots choisis, faisant mouche sans coup férir, tant ils rivalisent de traits d'esprit acérés comme des lames d'épée ? Comment n'être pas bouleversé – et conquis ! – par le jeu cruel de ces deux ex-amants, libertins de haut vol échappés des "Liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos revisitées par Heiner Müller, et incarnés ici superbement par Hélène Alexandridis, dans le rôle de la marquise de Merteuil, et Stanislas Nordey dans celui du vicomte de Valmont ? Un cocktail enivrant d'intelligence à vif et de sensations à faire tourner la tête.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57213968.jpg?v=1710349604" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      Si le poète maudit qu'était Mallarmé proclamait : <span style="font-style:italic">&quot;La chair est triste, hélas !, et j'ai lu tous les livres&quot;</span>, scellant dans ces mots la quête de l'inaccessible absolu qui hanta son existence, avant lui, Choderlos de Laclos, officier de carrière de petite noblesse et de constitution chétive, ayant souffert du peu de succès auprès de la gent féminine, écrivit les &quot;Liaisons dangereuses&quot; comme on a recours à un succédané. Sous prétexte de condamner les errements libertins de ses deux personnages, il assouvissait ainsi sur le papier ses désirs refoulés… Vade retro satanas, proclame haut et fort l'homme d'Église (et l'homme de lettres représentant de &quot;la haute&quot;)… pour tenter de ne pas succomber à la tentation chevillée au corps.       <br />
              <br />
       Heiner Müller, plus d'un siècle après, n'a eu lui que faire du jugement de Dieu pour réécrire sa version théâtrale des &quot;Liaisons&quot;. De plus, rompant avec le genre de la correspondance épistolaire, il réunit dans <span style="font-style:italic">&quot;un salon d'avant la Révolution française et/ou un bunker d'après la troisième guerre mondiale&quot;</span> (didascalies initiales) les deux magnifiques protagonistes incarnant, en supplément, les deux absents du plateau que sont la femme du Président de Tourvel et la vierge et innocente Cécile de Volanges, nièce de la marquise. Autant dire, une partie à quatre bandes (&quot;Quartett&quot;) dont les deux illustres libertins sont maîtres du jeu, les deux autres évoqués étant relégués au rang de jouets de leurs fantaisies sexuelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57213980.jpg?v=1710349643" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      Jacques Vincey, le deus ex machina de ces jeux à fleurets tirés, excelle ici dans sa capacité à rendre palpable, au travers d'un décorum très XVIIIe siècle (cf. les majestueux costumes d'époque, les volumineuses perruques et les monumentales tentures), les émois de la chair et des âmes en proie aux tourments du désir. Comme si l'immaculée noblesse de l'écrin avait pour fonction de faire ressortir, dans un contraste saisissant, le rouge vif des passions humaines à l'œuvre.       <br />
              <br />
       D'emblée, surgis de derrière le rideau de scène qui les dissimule à nos regards, les propos de Merteuil résonnent comme une répétition à haute voix du duel (à mort) qui se prépare. En effet, tout en affirmant expressément qu'elle ne se laissera plus prendre dans les rets voluptueux de Valmont, elle avoue que le plaisir (de sa peau) est lié à cette &quot;main ou griffe&quot; qu'il pose sur elle. Et de s'essayer à s'en préserver en polissant des saillies dévastatrices mettant directement en cause là où le bât blesse : la virilité du séducteur prédateur.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée dans l'arène de Valmont, le rideau découvrant un décor d'une blancheur virginale, Merteuil n'a de cesse de provoquer ses ardeurs… pour mieux les déclarer obsolètes. Ainsi du chiffon rouge qu'elle agite en la personne d'un amant plus jeune et vigoureux que lui… lui dont <span style="font-style:italic">&quot;elle a déjà oublié la courbe de la queue&quot;</span>. Quant à la Tourvel, celle dont il a fait sa nouvelle amante, elle a droit à cette appréciation : <span style="font-style:italic">&quot;Un sacré morceau de chair… Allez-vous vraiment tisonner ce triste rebut ?&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57213987.jpg?v=1710349676" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      Au-delà de la crudité éclatante des passions déshabillées de leurs atours convenables, c'est à une critique sans filtre de la religion dans tous ses états à laquelle on assiste. Ainsi, la présidente de Tourvel n'est-elle qu'<span style="font-style:italic">&quot;une bigote aux genoux rougis par les prie-Dieu et aux doigts enflés à force de se tordre les mains devant son confesseur, ces mains qui n'agrippent d'appareil génital sans la bénédiction de l'église…&quot;.</span> La critique politique de la religion, instrument d'asservissement, est redoublée de la critique sociale du mariage, institution dévastatrice de toute jouissance. Et le trait final de la tirade fait figure d'estocade portée à l'adversaire : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi Valmont lever la patte devant un tronc d'église ? À moins que vous en soyez à mendier l'aumône du mariage…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Valmont, nullement désarçonné par cette charge, n'est pas en reste pour lui renvoyer au visage sa jalousie de n'avoir pas été choisie par le Président. Quant au temps qui s'inscrit dans ses traits creusés, ses effets sont aggravés par le &quot;manque de pluie&quot; tombée sur elle. Refusant apparemment la proposition perverse de Merteuil de lui livrer Cécile de Volanges, sa jeune nièce virginale, il reprend à son compte la critique acerbe de l'éducation religieuse : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'aura-t-elle appris dans son couvent, à part le jeûne et un peu de masturbation pieuse avec le crucifix ?&quot;,</span> pour terminer par ce trait sans appel : <span style="font-style:italic">&quot;Je parie qu'elle brûle de recevoir le coup de grâce. Elle se jettera sur mon couteau avant que je l'aie tiré&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57213988.jpg?v=1710350543" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      Ainsi initié, le débat entre les deux ex-amants va se dérouler sans fléchir d'intensité un seul instant, voyant fleurir moultes saillies plus incandescentes les unes que les autres ; autant de brûlots visant, au-delà de la personne de l'ex-amant(e), les institutions sacro-saintes de l'État et de l'Église confondus dans la même détestation. Un jeu de massacre orchestré par des mots les plus crus, enchâssés dans une prose des plus raffinées. La vertu étant &quot;une maladie infectieuse&quot;, l'existence ici-bas n'étant suivie d'aucune autre, il s'agit de s'affranchir des tabous de la bienséance castratrice des plaisirs charnels.       <br />
              <br />
       Mais le plaisir des jeux d'esprit partagés à deux pourrait finir par s'émousser… Aussi Merteuil et Valmont vont-ils intervertir leur rôle pour se glisser, non sans une jouissance exquise, dans la peau de l'autre… Quel pur ravissement alors d'entendre la marquise (jouant le vicomte) redoubler de circonvolutions pour séduire la prude et honorable épouse fidèle du Président de Tourvel. Et d'écouter Valmont-Merteuil (le vicomte ayant revêtu le panier de la robe de son interlocutrice) se lancer dans un plaidoyer pour convaincre la marquise de se donner à lui afin d'épargner le <span style="font-style:italic">&quot;réceptacle du mal, d'autant plus dangereux qu'il est innocent&quot;</span> de sa jeune nièce, se dandinant à l'approche du monstre.       <br />
              <br />
       Le point d'orgue de cet échange de rôles se trouvant sans nul doute dans le tableau où Merteuil (jouant Valmont) lui demande de poser sa main sur <span style="font-style:italic">&quot;l'espace vide entre ses cuisses&quot;</span> afin que ladite main puisse vérifier qu'aucune érection n'advient. La tension est alors si &quot;palpable&quot; que leurs bouches se rapprochent, prêtes à s'abandonner au baiser… qu'ils se refuseront tout en brûlant d'envie.       <br />
              <br />
       Le jeu hautement sulfureux se poursuivra jusqu'à faire endosser par Merteuil les habits de sa nièce, la vierge Cécile de Volanges, courtisée de manière éhontée par Valmont, jusqu'à s'écrier, rose d'émotion : <span style="font-style:italic">&quot;Que cherche votre main paternelle ? Monsieur, sur ces parties de mon corps que la mère supérieure m'a interdit de toucher&quot;</span>… Jusqu'à ce que les ravissements des avatars de &quot;la petite mort&quot;, démultipliés en traits d'esprit cruels, s'épuisent… Aucun vainqueur ne se détachant de cette battle enivrante, seules les vertus de l'auto-destruction portée à son incandescence pourront en effet délivrer les protagonistes dans une chute à la hauteur de ce que furent leurs amours défuntes.       <br />
              <br />
       Qu'ajouter à ce tableau si ce n'est que Jacques Vincey, le subtil metteur en jeu de ces joutes sans frein, a trouvé en ces deux interprètes les comédiens &quot;idéaux&quot; pour incarner la sensualité des corps et la spiritualité des mots. Le but suprême, au-delà de la confrontation de ces deux libertins haut de gamme, étant d'exposer à nu la force du désir dynamitant l'ordre social et religieux… Un régal libertaire pour l'esprit et &quot;les sens&quot;. Un brûlot dans un écrin de soie.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 6 mars dans la Salle Vauthier du TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Quartett"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57214095.jpg?v=1710350569" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Heiner Müller.       <br />
       &quot;Quartett&quot; est publié aux Éditions de Minuit.       <br />
       Traduction française : Jean Jourdheuil et Béatrice Perregaux       <br />
       Mise en scène : Jacques Vincey       <br />
       Avec : Hélène Alexandridis, Stanislas Nordey et Alexandre Meyer (musicien).       <br />
       Collaboration artistique : Blanche Adilon-Lonardoni.       <br />
       Conseil dramaturgique : Irène Bonnaud.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière.       <br />
       Musique : Alexandre Meyer.       <br />
       Costumes : Anaïs Romand.       <br />
       Perruques et maquillage : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Production : Centre Dramatique National de Tours - Théâtre Olympia.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mardi 5 au vendredi 8 mars au TnBA de Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       12 avril 2024 : MA scène nationale - Pays de Montbéliard, Montbéliard (25).       <br />
       16 et 17 avril 2024 : Comédie de Colmar, Colmar (68).       <br />
       Du 14 au 16 mai 2024 : Maison de la Culture, Bourges (18).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78890522-57214249.jpg?v=1710351975" alt=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" title=""Quartett" Quand la brûlure du désir embrase corps et esprits…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir</title>
   <updated>2023-07-24T15:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-La-question-Face-a-la-torture-une-affaire-d-Etat-comment-rester-debout-quand-bien-meme-devrait-on-en-mourir_a3699.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74225072-51633145.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-24T11:48:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand en 1958, en plein "événements" d'Algérie (l'État français refusant de nommer "guerre" les combats menés par le peuple algérien pour son indépendance) paraît "La Question" d'Henri Alleg aux Éditions de Minuit (de Jérôme Lindon), le livre est saisi pour "atteinte au moral de l'armée". Aussitôt réédité en Suisse par Jean-Jacques Pauvert, le fascicule à la couverture couleur bistre barrée de son titre circule sous le manteau. C'est l'Histoire (avec un grand H) de ce directeur de journal – "Alger Républicain" – emprisonné et torturé par les parachutistes de la 10e D.P., que la Cie Forget Me Not de Laurent Meininger remet en jeu à Avignon 2023 avec Stanislas Nordey, époustouflant de vérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633145.jpg?v=1690193730" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Dire d'abord le choc ressenti en découvrant l'interprétation du militant communiste libertaire par Stanislas Nordey, acteur d'exception. Avec une économie totale d'effets superfétatoires, simplement par un jeu guidé par la seule intelligence de ce qui se (re)joue là d'ordinairement cruel, il donne à voir et à entendre la prose signée Henri Alleg avec une force expressive &quot;extra-ordinaire&quot;. De son arrestation, le 12 juin 1957, à son enfermement à El-Biar, dans la banlieue d'Alger, où il va connaître les supplices de l'électricité et de la baignoire, Henri Alleg en &quot;héros ordinaire&quot; a résisté, refusant de livrer les noms et adresses que ses tortionnaires exigeaient de lui.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence&quot;</span>… Surgie de l'obscurité de la salle, la voix de l'acteur, frappant les syllabes comme on le ferait d'un alexandrin, vient nous saisir dans notre confort assoupi. Rejoignant le plateau nu, si ce n'est un rideau de fils mouvants sur lequel le corps mis à mal se détache, cette voix annihilera les frontières du temps pour, près de soixante-dix années plus tard, nous transporter dans ce lieu sinistre où, sous couvert de raison d'État, les pires tortures et liquidations sommaires ont été perpétrées en toute impunité.       <br />
              <br />
       Des feuillets remis clandestinement à son avocat pour faire connaître au monde une vérité soigneusement occultée, l'acteur, prêtant vie à Henri Alleg, évoque le quartier des condamnés à mort qui, chaque soir, étendus sur leur paillasse, attendent avec angoisse l'aube, l'heure des exécutions. Et pourtant, c'est de cet endroit, énonce-t-il, que montent les chants interdits, ceux qui jaillissent des entrailles des peuples luttant pour leur liberté. Suivent les fragments de nuits entières trouées par les cris des suppliciés, par les paroles entêtantes d'une ancienne prière murmurée en arabe à laquelle se raccrochent les hommes hébétés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633179.jpg?v=1690193826" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      La voix contrôlant son émotion dira la &quot;disparition&quot; de son ami Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien et militant de l'indépendance, torturé par la même équipe que lui. Elle dira aussi cette voix portée par un corps détachant ses gestes comme on orchestre une symphonie, les cris étouffés montant de l'aile réservée aux femmes, frappées, insultées par des tortionnaires sadiques. Djamila Bouhired est de celles-ci, cette militante FLN, qui fut capturée par les parachutistes français, torturée puis jugée et condamnée à mort, connue aussi pour avoir été défendue par l'avocat Jacques Vergès.       <br />
              <br />
       Tandis que les paroles enregistrées d'anonymes se rappellent à nous, il raconte sa prise en main par le Lieutenant Charbonnier, béret de para barrant sa tête au sourire narquois, satisfait au plus haut point d'avoir pris &quot;un gros poisson&quot;. Au &quot;centre de tri&quot;, il dit les intimidations pour le faire parler, les insultes et plaisanteries racistes – <span style="font-style:italic">&quot;Tiens, c'est un Français ! Il a choisi les ratons contre nous ? Tu vas le soigner, hein !&quot;</span> –, les tortures de la planche souillée de vomissures sur laquelle on l'oblige à s'allonger nu pour le soumettre à la Gégène, l'épreuve de l'eau dans les poumons, la bouche branchée au robinet, jusqu'à ce que noyade s'ensuive. Le corps du comédien, agité soudain de soubresauts, semble au bord de l'asphyxie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633193.jpg?v=1690193890" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Mais, fidèle à lui-même, à ses idées, à son combat, Henri Alleg ne cèdera rien aux brutes au béret bleu qui, sans complexe aucun, se réclament de la Gestapo. Il ne livrera aucun nom, aucune adresse de ceux qui ont pris le risque de l'héberger. Ni l'intensité grandissante du courant délivré par la Gégène sur son sexe, dans sa bouche desséchée, ni la perversité de l'eau salée qu'on lui offre en guise de rafraîchissement, ni l'exhibition d'un revolver tout proche de sa tête, ni le cachot où il atterrit entre deux interrogatoires, ne le fera parler. Pas plus que le chantage à sa famille à laquelle il préfèrerait son parti. Pas plus que les bruits de mitraillette entendus alors que Maurice Audin et lui avaient été conviés à un petit tour en voiture à proximité de la prison. Son ami était le premier, il aurait dû être le second.       <br />
              <br />
       Ce cauchemar vécu, il se doit, au nom de son ami mitraillé et de tous ceux qui meurent pour la liberté, de le faire connaître par l'entremise de ces feuillets écrits en prison, et passés en contrebande par son avocat. Comment en effet pouvoir envisager de passer sous silence les atrocités commanditées par un État dit de droit et qui, de plus, s'est transformé en École de perversion pour les jeunes Français appelés à servir au centre de tortures. Comment enfin ne pas dire que les Algériens ne confondent pas leurs tortionnaires avec le peuple français, un peuple qui doit savoir pourtant ce qui s'est fait en son nom.       <br />
              <br />
       Au terme de cette traversée, on en viendrait à oublier l'acteur tant l'art de s'estomper derrière celui qu'il incarne, avec une justesse troublante, est porté là à son incandescence. Devant nous, l'homme de conviction qu'était Henri Alleg prend vie… Et lorsque l'épilogue nous rappellera l'amnistie concernant toutes les &quot;infractions&quot; commises par les militaires français lors du &quot;maintien de la paix&quot; en Algérie, ainsi que les dix années de prison prononcées à l'égard de celui qui s'en était pris à l'honneur de la Grande Muette en écrivant ce brûlot, on se dit que le bel et sincère engagement artistique du metteur en scène et de son fabuleux interprète pour faire &quot;co-naître&quot; ce pan d'Histoire, est un luxe bien nécessaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 16 juillet 2023 au Théâtre des Halles à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La question"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633198.jpg?v=1690193916" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Texte : Henri Alleg, publié aux Éditions de Minuit.       <br />
       Mise en scène : Laurent Meininger.       <br />
       Collaboratrice mise en scène : Jeanne François.       <br />
       Avec : Stanislas Nordey.       <br />
       Scénographie : Nicolas Milhé et Renaud Lagier.       <br />
       Régie générale : Bruno Bumbolo.       <br />
       Lumière : Renaud Lagier.       <br />
       Son : Mikael Plunian.       <br />
       Constructeur : Ronan Ménard - Côté décors.       <br />
       Par la Compagnie Forget me not.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51 .       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 3 au 6 avril 2024 : Théâtre National De Bretagne, Rennes (35).       <br />
       9 avril 2024 : L'archipel, Fouesnant (29).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-La-question-Face-a-la-torture-une-affaire-d-Etat-comment-rester-debout-quand-bien-meme-devrait-on-en-mourir_a3699.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation</title>
   <updated>2019-10-26T09:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Qui-a-tue-mon-pere-Une-mise-en-pieces-d-un-pere-en-cours-de-rehabilitation_a2583.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/38686438-33646707.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-10-25T07:01:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On savait Stanislas Nordey acteur démesuré dont la dernière apparition dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes, sous les traits de Stan - un fils rebelle - tenant tête au patriarche de la création "Architecture", avait fait grand bruit. On le retrouve sur le plateau du TnBA, en fils tout aussi en colère mais pas pour les mêmes raisons. Impressionnant de conviction, habité par une force implacable, il interprète et met en scène le troisième roman éponyme d'Édouard Louis, écrivain faisant délibérément matière de ses blessures à vif.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646707.jpg?v=1571923774" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Après avoir éreinté son géniteur alcoolique et violent, homophobe et raciste, qui avait humilié sa jeunesse invertie, le jeune homme - c'en est encore un - revient au roman de ses origines pour mieux mettre en perspective la violence du père. En poussant la porte du prolétaire prostré, vieillard de cinquante ans broyé par le travail et à la santé délétère, il entame sur un plateau peuplé des reliques du corps paternel, un virulent monologue remettant les pendules à l'heure de l'Histoire.       <br />
              <br />
       Cette violence vécue par lui, l'enfant aux orientations &quot;déviantes&quot;, ces opprobres incessants proférés par un père dégradé, méprisé, outragé lui-même par toutes les insultes ravalées, de qui est-elle le nom ? Une violence peut en cacher une autre… celle des forces oppressives d'un système socio-politique ne faisant aucun cas de l'humanité des classes inférieures. Des mannequins de cire - figurant le père figé à jamais dans sa mort sociale - vont venir de tableau en tableau s'ajouter, témoignant combien cet homme a été vidé de sa substance.       <br />
              <br />
       Pierre Bourdieu et son paradigme de l'habitus social conduisant un individu à se conformer aux codes de sa classe pour survivre, traversent la pensée du fils. Requestionnant à l'aune de cet éclairage la colère provoquée par les comportements du père à son encontre, l'acteur se fait l'ardent porte-parole d'une accusation en règle du système les ayant générés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646752.jpg?v=1571923774" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      S'il a pu naguère être abject envers son fils, ce père brutal devenu l'ombre de lui-même, ces propos lui appartenaient-ils en propre ou n'étaient-ils que l'effet d'un conditionnement sociétal ? L'idée inculquée d'une masculinité à défendre coûte que coûte, exacerbée au point de traquer tout signe de féminité chez son rejeton, ne l'avait-il pas contraint à dissimuler ses propres goûts pour la danse, le travestissement, ou encore l'opéra qu'il regardait coupable à la télévision ? De même ce mépris affiché des études, vilipendées comme une soumission à l'autorité, était-il autre chose que la résignation masquée d'une classe qui sait en être exclue ?       <br />
              <br />
       Suivant pas à pas le parcours chaotique du père malmené par les diktats de classe assignant à chacun une partition écrite à l'encre sympathique par les dominants, le ton de l'acteur s'enfle pour devenir accusatoire tant l'histoire de ce corps &quot;momifié&quot; accuse l'histoire politique.       <br />
              <br />
       Les noms des gouvernants et de leurs lois et décrets, responsables de la mort sociale des travailleurs, vont être déclamés, proférés comme des cris de colère froide lancés à pleins poumons vers le ciel qui aura à les juger… Déremboursement des médicaments des Jacques Chirac et Xavier Bertrand, passage du RMI au RSA des Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch (obligeant ce père au dos broyé à prendre un travail de balayeur), loi travail dite loi El Khomri libéralisant les licenciements à tout-va des François Hollande et Manuel Valls, sans omettre les déclarations stigmatisantes d'un Emmanuel Macron à l'encontre des sans travail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646770.jpg?v=1571923839" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, l'histoire de ce père porte-t-elle dorénavant le nom de ces dominants dont les décisions n'ont fait que détruire à chaque fois un peu plus le corps abimé. La colère du fils s'est - légitimement - déplacée. Il ne s'agit plus de voir en cet homme, accablé par l'exploitation qu'il eut à subir, un père ayant exercé la violence, mais un père à qui la société a fait violence. Au fils maintenant de lui rendre justice. De plus ne lit-il pas ses livres qu'il offre avec plaisir ?       <br />
              <br />
       Scellant l'union du père et du fils, une révolution appelée de leurs vœux communs conclut cet éclatant manifeste politique. Incarné par un acteur charismatique détachant chaque syllabe comme un projectile acéré, le passage au plateau du roman éponyme ne fait qu'en amplifier la portée… Mais la force imparable du message martelé, en entraînant de facto &quot;l'adhésion&quot;, libère-t-elle l'espace du &quot;jeu&quot; nécessaire à la construction d'une rébellion qui soit nôtre ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Qui a tué mon père ?"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646794.jpg?v=1571923878" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Texte : Édouard Louis (publié aux Éditions du Seuil).       <br />
       Mise en scène : Stanislas Nordey, assisté de Stéphanie Cosserat.       <br />
       Collaboratrice artistique : Claire Ingrid Cottanceau.       <br />
       Avec : Stanislas Nordey.       <br />
       Lumière : Stéphanie Daniel.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Composition musicale : Olivier Mellano.       <br />
       Création sonore : Grégoire Leymarie.       <br />
       Clarinettes : Jon Handelsman.       <br />
       Sculptures : Anne Leray, Marie-Cécile Kolly.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       Créé le 12 mars 2019 à La Colline - Théâtre national, Paris.       <br />
       A été représenté du 15 au 18 octobre 2019 au TnBA, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33649785.jpg?v=1571935899" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       23 janvier 2020 : CDN Orléans - Centre-Val de Loire, Orléans (45).       <br />
       25 au 28 février 2020 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       13 mai 2020 : Théâtre de Villefranche, Villefranche-sur-Saône (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Qui-a-tue-mon-pere-Une-mise-en-pieces-d-un-pere-en-cours-de-rehabilitation_a2583.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Je suis Fassbinder"… De la passion politique !</title>
   <updated>2019-04-16T14:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Je-suis-Fassbinder-De-la-passion-politique-_a2383.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/32743938-30435056.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-04-16T10:05:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homme du sixième et du septième art ayant traversé le monde artistique de façon rapide et phénoménale, Fassbinder a marqué son époque avec sa créativité hors norme. La pièce de Falk Richter, mise en scène avec la collaboration de Stanislas Nordey, retrace une partie de ses combats au travers de notre actualité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32743938-30435056.jpg?v=1555403310" alt=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" title=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" />
     </div>
     <div>
      Cinq comédiens sont attablés côté jardin loin de l'avant-scène. Ils attendent le top départ avant de jouer. C'est une prémisse de ce qui va se jouer lors de la représentation. Nous sommes dans un entre-deux avec des interprètes qui jouent différents personnages, tout en tombant souvent le masque pour incarner le comédien qu'il joue à être. Du théâtre dans le théâtre. Voire du cinéma dans le théâtre car caméra et micro apparaissent aussi dans certains tableaux.       <br />
              <br />
       Les répliques mettent en résonance, entre autres, les migrants, Le Pen ou Daech. De multiples photos, dont celles de Fassbinder (1945-1982) avec Hanna Schygulla, tapissent la scénographie quand elle ne s'abreuve pas directement du film &quot;Les larmes amères de Petra Von Kant&quot; (1972). Des scènes d'autres œuvres du cinéaste sont aussi projetées.        <br />
              <br />
       Il s'agit ici d'une pièce politique qui traite du racisme, de l'exclusion, du terrorisme, de la peur de l'actualité, de la perception du monde, de la difficulté d'aimer avec une incursion dans les identités sexuelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32743938-30435082.jpg?v=1555403333" alt=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" title=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" />
     </div>
     <div>
      L'entame de la pièce débute dans une discussion filmée sur les agressions commises par des &quot;migrants&quot; lors du nouvel an 2016 à Cologne. L'enquête démontrera que le profil des suspects est très varié et que les délits commis se rangent dans différentes catégories. Le ton est donné sur la perception d'événements qui est appréhendée de différentes façons selon le point de vue du protagoniste. Qui représente quoi ?       <br />
              <br />
       Un homme joue la maman du cinéaste en revendiquant en son nom le propos qu'il tient concernant la question posée du rapport entre personnage et comédien, ce dernier étant aussi le produit du terreau dans lequel il vit. Qui est qui dans cette scène ? C'est un jeu à double miroir. Je suis peu, pas ou beaucoup celui que j'incarne car je le dépasse, voire je le nie en ayant une attitude opposée.       <br />
              <br />
       On passe d'un personnage à son contraire, d'une réactionnaire à une défenseure des migrants, d'un romantique à un branleur obsessionnel. C'est un détour dans une actualité sombre avec ses impasses idéologiques ou sa compréhension qui mène à un enfermement, voire à une stigmatisation ou à une ouverture, habillée de passion irraisonnée ou raisonnée. Jamais neutre
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32743938-30435090.jpg?v=1555403360" alt=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" title=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" />
     </div>
     <div>
      Derrière les artistes se déroule un ensemble de vidéos, d'extraits de films de Fassbinder. Chaque personnage s'incarne dans une multitude de rôles. Il change suivant les lieux, les circonstances, la scène. Il n'y a pas de demi-mesure, le propos est toujours tranché, les attitudes très marquées.       <br />
              <br />
       C'est un très bel hommage que rendent Falk Richter et Stanislas Nordey à Rainer Werner Fassbinder, cinéaste météore et dramaturge, mort à trente-sept ans, ayant monté quarante-deux films et une vingtaine de mises en scène… Et qui a essayé de comprendre l'Allemagne dans sa globalité, au travers de son histoire contemporaine, de ses minorités sociales et sexuelles, de son rapport au capitalisme. La pièce est à l'évidence politique et interpelle chacun sur la place qu'il a dans la société.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Je suis Fassbinder"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32743938-30435094.jpg?v=1555403385" alt=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" title=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Falk Richter.       <br />
       Traduction : Anne Monfort.       <br />
       Mise en scène : Stanislas Nordey et Falk Richter.       <br />
       Avec : Judith Henry, Dea Liane, Stanislas Nordey, Laurent Sauvage, Vinicius Timmerman.       <br />
       Collaboratrice artistique : Claire Ingrid Cottanceau.       <br />
       Dramaturgie : Nils Haarmann.       <br />
       Scénographie et costumes : Katrin Hoffmann.       <br />
       Assistante aux costumes : Juliette Gaudel.       <br />
       Assistante à la scénographie : Fabienne Delude.       <br />
       Lumière : Stéphanie Daniel.       <br />
       Musique : Matthias Grübel.       <br />
       Vidéo : Aliocha Van der Avoort.       <br />
       Réalisation décors et costumes : Ateliers du Théâtre National de Strasbourg.       <br />
       Durée : 1 h 55.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/32743938-30438757.jpg?v=1555417795" alt=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" title=""Je suis Fassbinder"… De la passion politique !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 au 28 avril 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche exceptionnel le 21 avril.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Je-suis-Fassbinder-De-la-passion-politique-_a2383.html" />
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