<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-04-20T07:48:00+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique</title>
   <updated>2026-01-13T09:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93671960-65426502.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-13T09:09:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si en son temps "Dieu créa la femme" (Roger Vadim), on peut sans forcer aucunement l'Histoire affirmer que le jeune metteur en scène de Lisbonne – qui créa en décembre 2014 au Centro Cultural de Belém ce long poème en prose, avant de le rejouer à Avignon l'été suivant – a (re)donné vie au couple dont Plutarque et Shakespeare bien avant lui avaient assuré la destinée. Création originale s'il en est, s'affranchissant des faits d'armes de ses aînés pour mieux instiller le charme ô combien irrésistible de l'amour fou, "Antoine et Cléopâtre" revient aujourd'hui sur l'avant-scène sans n'avoir rien perdu de son magnétisme envoûtant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426502.jpg?v=1768292296" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Tiago Rodrigues, devenu depuis directeur du festival d'Avignon, n'a pas son pareil pour subvertir les frontières entre réalité et fiction en s'inspirant de l'existant (qu'il soit humain ou littéraire) pour en faire œuvre personnelle. Ici, au travers de neuf Chants se déployant comme des chorégraphies de mots à résonances écholaliques soutenues par des corps à l'unisson, Antoine va dire Cléopâtre et Cléopâtre va dire Antoine tant l'attraction qui lie ces deux amants opère comme un agent floutant d'emblée leurs identités… Fondus enchainés, faisant entendre l'état fusionnel qu'est le leur, unis puis désunis et réunis jusqu'à la mort dans la singulière bulle de leur intense amour.       <br />
              <br />
       Des frontières annihilées, dessinées avec la seule forme du corps de l'aimée… <span style="font-style:italic">&quot;Antoine dit : Cléopâtre. Cléopâtre dit : Antoine. Antoine dit : L'Égypte est ma prison. Cléopâtre dit : Je suis l'Égypte. Antoine dit : Et j'aime ma prison&quot;…</span> Chaque réplique, dans un chassé-croisé créant le vertige des &quot;sens&quot;, étant prise en charge non par le personnage mais par celui à qui elle s'adresse… Tensions des bras se cherchant, des visages se dévisageant, et des mots s'enlaçant les uns aux autres dans un tourbillon propre à nous soulever vers des nuages où se recompose la poésie des corps et des termes ne formant qu'un, précieux élixir cristallisant la passion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426503.jpg?v=1768292330" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Dans le flux et reflux du langage, comme en surimpression, apparaissent de manière subliminale les traces de leur destin annoncé. Ainsi quand, dès le Premier Chant, Antoine remarque au poignet de Cléopâtre son &quot;bracelet en forme de serpent&quot;, on peut entrevoir le venin de celui par lequel, au Neuvième Chant, elle mettra fin à ses jours, lorsque Antoine (la croyant morte) aura auparavant passé son épée au travers de son corps sous l'effet du désespoir. De même, les frontières entre présent, passé et futur sont allègrement transgressées ; les personnages qui en ont conscience ayant à c(h)œur de rester dans leur présent, s'y accrochant comme à une bouée, une obsession les préservant – un temps – de leur chute annoncée.       <br />
              <br />
       &quot;L'amour La poésie&quot;, au diptyque de Paul Éluard, il faudrait ajouter ici &quot;La politique&quot;, ce tiers guerrier qui va séparer les deux amants en rappelant à Rome le vaillant général du triumvirat qu'il est, appelé auprès du jeune César pour défendre l'Empire romain menacé… Antoine, de retour à Rome, dégrisé, le croit-il, de l'emprise de Cléopâtre… Cléopâtre dans son palais d'Alexandrie, refusant la vérité du messager venu l'informer du mariage d'Antoine avec la sœur de César pour raison d'État… La folie furieuse de Cléopâtre dans tous ses états, poignardant les habits laissés par Antoine… Les amants séparés, ravagés… Leurs retrouvailles… La guerre côte à côte… Et Antoine décidant soudain de fuir en mer la bataille, de fuir son honneur en suivant le navire de Cléopâtre s'enfuyant devant lui… L'amour plus fort que l'honneur du général romain… Cléopâtre et Antoine rentrant ensemble dans le présent de leur amour…       <br />
              <br />
       De nouveau Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine, ne formant plus qu'une seule ombre lumineuse dans le halo qui les distingue en les réunissant… Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine se lançant dans un duo de mots rebondissant les uns sur les autres dans un flux continu digne d'une battle d'anthologie poétique, une battle dont l'un et l'autre seront les complices, entrainés qu'ils sont dans le délire amoureux les transperçant de part en part… Un ultime orgasme partagé dont ils ressortiront enivrés jusqu'à rendre séduisante la mort annoncée.       <br />
              <br />
       Sur un plateau nu recouvert d'une immense toile propice aux projections des déserts d'Égypte ou encore des étendues marines s'étendant au large des côtes romaines, les deux acteurs chorégraphes (Sofia Dias et Vitor Roriz, remarquables l'un et l'autre, faisant corps avec les mots qui surgissent d'eux pour rendre palpables les abysses de la passion dévorante) &quot;enchantent&quot; ces neufs Chants à haute intensité poétique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426551.jpg?v=1768292357" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Lorsque leurs visages – ceux de Cléopâtre et Antoine – viennent à se refléter dans les cercles du mobile accroché aux cintres et que le jeu des lumières sculpte leur présence, on est littéralement subjugué par ce théâtre puisant ses seules ressources dans une économie parfaite. De même lorsque la musique du film de Joseph L. Mankiewicz, mettant en jeu le couple passionnel formé par Elizabeth Taylor et Richard Burton dans le rôle-titre, vient subrepticement s'inviter lors de pauses à vue, ses échos nous transpercent.       <br />
              <br />
       Tiago Rodrigues, né à Lisbonne trois ans après la Révolution des œillets, n'était encore qu'un jeune metteur en scène lorsqu'il a créé cette épure d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot;. Cristallisant l'essence de &quot;L'amour fou&quot; (André Breton) dans ce long poème en prose, à l'instar de Cléopâtre à qui il fait dire que les &quot;fautes d'Antoine sont la lumière qu'il projette sur les autres&quot;, on pourrait dire que les errements/errances de ses personnages – portés au plateau avec une grâce infinie – nous illuminent.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 7 janvier 2026, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine), Bordeaux.       <br />
              <br />
       Création originale de la compagnie Mundo Perfeito, en décembre 2014, au Centro Cultural de Belém, Lisboa (Portugal) et représenté du 12 au 18 juillet 2015 au Festival d'Avignon, version en portugais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antoine et Cléopâtre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426560.jpg?v=1768292383" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Version en français.       <br />
       Traduction française : Thomas Resendes.       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues.       <br />
       Mise en scène : Tiago Rodrigues (avec des citations d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot; de William Shakespeare).       <br />
       Avec : Sofia Dias et Vítor Roriz.       <br />
       Collaboration artistique : Maria João Serrão et Thomas Walgrave.       <br />
       Scénographie : Ângela Rocha.       <br />
       Costumes : Ângela Rocha et Magda Bizarro.       <br />
       Création lumière : Nuno Meira.       <br />
       Musique : extraits de la bande originale du film &quot;Cléopâtre&quot; (1963), composée par Alex North.       <br />
       Construction du mobile : Decor Galamba.       <br />
       Direction technique et régie lumière : Cárin Geada.       <br />
       Régie plateau : Catarina Mendes.       <br />
       Régie son : Frisson.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du mercredi 7 janvier au vendredi 16 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Salle Vauthier, 3, lace Pierre Renaudel, Bordeaux.       <br />
       Téléphone : 05 56 33 36 60.       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/billetterie" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu</title>
   <updated>2025-12-11T11:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/If-Music-be-the-food-of-love-Une-representation-tout-en-finesse-et-pure-beaute-ou-l-amour-illumine-l-ensemble-quand_a4424.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93127407-65135765.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-11T08:41:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est dans l'ouverture de "La Nuit des rois" de Shakespeare – "Twelfth Night" – qu'Orsino, duc d'Illyrie, prononce cette phrase : "If music be the food for love, play on" ("Si la musique est l'aliment de l'amour, donnez-m'en l'excès, jouez encore"). Saviez-vous que William Shakespeare avait écrit autant de sonnets ? 154 en tout, publiés pour la première fois en 1609, constituant un ensemble poétique majeur de la littérature anglaise.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135765.jpg?v=1765394364" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Mais c'est vers une fiction contemporaine que s'est tourné le comédien et chanteur baryton, Alexandre Martin-Varroy, incarnant ici un poète délaissé par son amant, dont les tourments sont largement palpables.       <br />
              <br />
       L'ensemble est d'une grande élégance, entre le jeu passionné et palpable du comédien, les notes de musique à l'accordéon de Julia Sinoiméri et les envolées acoustiques de Théodore Vibert. L'alternance des sonnets shakespeariens, pourtant sombres et désespérés, interprétés par le comédien, et de chansons issues des pièces de ce dernier, procure paradoxalement aux spectateurs un réel moment d'apaisement duquel se dégage une juste harmonie à la fois musicale, littéraire et opératique.       <br />
              <br />
       Gageons que la création d'un tel spectacle mêlant opéra, poésie et musique n'a pas dû être de tout repos pour Alexandre Martin-Varroy. Mais &quot;quand on aime, on ne compte pas&quot;, dit-on bien souvent… <span style="font-style:italic">&quot;La découverte des &quot;Sonnets&quot; fut pour moi un véritable choc. J'ai eu l'impression que j'aurais pu écrire ces mots pour évoquer l'amour, l'amour passionnel, maladif et destructeur dont j'ai déjà fait l'expérience, le talent de Shakespeare en moins&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135766.jpg?v=1765394394" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      C'est précisément l'amour contrarié qui est au cœur de cette remarquable représentation qui se joue en ce moment au Théâtre de l'Épée de Bois à Vincennes, dans sa salle en pierre, lieu magique et exceptionnel à nos yeux. Il s'y dégage une force singulière, quelque chose de brut et de vivant à la fois. À chaque spectacle que nous avons pu voir dans cet espace, nous avons ressenti les mêmes émotions.       <br />
              <br />
       Ces dernières ont été décuplées, cette fois-ci, au regard du thème évoqué dans ce spectacle, car il ne s'agit pas d'un lieu neutre, mais d'un écrin avec du caractère, et qui donne corps, profondeur et supplément d'âme aux propos tenus. Un tel lieu ne supporte pas l'à-peu-près ni l'amateurisme, car l'atmosphère y est presque organique et intensifie l'intensité dramatique.       <br />
              <br />
       Intensité dramatique, il y a dans ce spectacle ce que nous pouvons qualifier &quot;d'engagé&quot;. Engagé par l'intensité des trente sonnets remarquablement mis en lumière par Alexandre Martin-Varroy à la voix de baryton – peut-être plus investi et probant dans ceux-ci que dans son jeu de comédien –, mais aussi par la présence énigmatique de la Dark Lady, interprétée par Julia Sinoimeri, figure féminine ambivalente naviguant entre désir et tourment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135775.jpg?v=1765394471" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Une Dark Lady qui se déplace sur le plateau tel un elfe à la volumineuse chevelure rousse, tout de noir vêtu. Elle captive le poète désespéré, tout en élégance sobre et démesurée à la fois. Un spectacle engagé, aussi, par la présence de Théodore Vibert dans le rôle du jeune lord amant, vêtu comme au XVIIe siècle et pianotant sur un clavier aux sons futuristes.       <br />
              <br />
       La conjugaison de ces trois personnages confère à l'ensemble du spectacle une juste harmonie ancrée dans le temps shakespearien, du fait des costumes imaginés par Nathalie Pallandre et portés par Julia Sinoimérie et Théodore Vibert, mais aussi dans une époque plus contemporaine via la tenue du poète-chanteur, Alexandre Martin-Varroy, en jean et chemise à carreaux.       <br />
              <br />
       Une trouvaille tout à fait originale, transformant les touches du clavier de l'accordéon en un clavier d'une machine à écrire, laisse entendre aussi la portée universelle et intemporelle du propos. Écrire pour dire les maux.       <br />
              <br />
       Saisissons le message subtil et délicat de ce bien joli spectacle : l'amour et ses tourments sont éternels, complexes et bien souvent douloureux. Le temps destructeur qui passe inexorablement, peut toutefois être vaincu par la poésie, la beauté et la jeunesse – le &quot;Fair Young&quot; restant malheureusement toujours menacé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135784.jpg?v=1765394515" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      &quot;If Music be the food of love&quot;, conçu et interprété par Alexandre Martin-Varroy, est un spectacle musical de la plus belle teneur, qui enveloppe le public d'une gangue à la fois douce et mélancolique, à l'image de son affiche à l'atmosphère liminale et romantique à souhait. Le saule pleureur verdoyant survit à la froidure de l'hiver tel le poète pourtant abandonné, et les deux silhouettes présentes – un homme et son cheval – confèrent à l'ensemble une dimension presque mystique qui révèle la quête intime des passions humaines, entre espoir, douleur et désir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ramener les Sonnets – monument dans l'Art poétique baroque – à une parole théâtrale et donner une dimension scénique à travers l'espace mental et intime du poète, tels étaient les enjeux de mon travail. L'évocation de l'homosexualité bien présente dans mon spectacle n'a pas été la seule raison à cette création&quot;,</span> précise Alexandre Martin-Varroy. Le pari est largement gagné !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"If Music be the food of love"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135790.jpg?v=1765394541" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Sonnets et chansons : William Shakespeare.       <br />
       Traductions de Jean-Michel Déprats (aux Éditions La Pléiade).       <br />
       Conception et mise en scène : Alexandre Martin-Varroy.       <br />
       Conseil dramaturgique : Pénélope Driant.       <br />
       Collaboration artistique : Sandra Choquet.       <br />
       Composition électroacoustique : Théodore Vibert.       <br />
       Avec : Alexandre Martin-Varroy (comédien et chanteur), Julia Sinoimeri (accordéoniste), Théodore Vibert (électroacousticien).       <br />
       Scénographie : Aurélie Thomas.       <br />
       Costumes : Nathalie Pallandre.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Son et régie son : Margaux Robin.       <br />
       Régie lumière : Bruno Brinas.       <br />
       Chef de chant : Thomas Palmer.       <br />
       Cie Pierrot Lunaire et Cie Musique et Toile.       <br />
       Œuvres vocales et instrumentales : Dowland, Rameau, Couperin, Haydn, Schubert, Poulenc, Thomas, Quilter, Finzi, Vlasov, Cervantes, Brignolo, Ligeti…       <br />
       Durée : 1 h 20.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65138342.jpg?v=1765438578" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 4 décembre au 21 décembre 2025.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://epeedebois.notre-billetterie.com/billets?spec=600" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/If-Music-be-the-food-of-love-Une-representation-tout-en-finesse-et-pure-beaute-ou-l-amour-illumine-l-ensemble-quand_a4424.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer</title>
   <updated>2025-12-01T18:46:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Munstrum-Theatre-presente-Makbeth-un-assassin-avec-la-conscience-dans-les-feux-de-l-enfer_a4416.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92895434-65025930.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-01T08:31:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jamais Macbeth, le personnage mis au grand jour par Shakespeare, n'aura été autant jeté dans les flammes du doute, du remords et de la peur que dans cette version du Munstrum Théâtre. L'homme est faible, l'homme est un lâche, l'homme se laisse écarteler avec délectation entre son désir de pouvoir et sa crainte de perdre ce pouvoir qui le brûle. S'écartant d'une ombre de celui du dramaturge anglais, celui-ci se nomme Makbeth, avec un k comme kill, et la pièce se permet toutes les libertés avec le texte d'origine et les démesures de la mise en scène et du jeu des actrices et acteurs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92895434-65025930.jpg?v=1764409595" alt="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" title="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" />
     </div>
     <div>
      Ici, acteurs, actrices, genres, qu'importe. Le Munstrum aime tordre les conventions et se moquer des aspects sérieux de la sphère intellectuelle du Théâtre avec un grand Tais-toi ! Il développe un théâtre de panache, d'effets, de décor, de sons, de visuels, de farce et de pirouettes qui mêle tout ce qu'il est possible de pratiquer sur une scène. L'éventail semble infini et le résultat, qui semble déroutant, déroute effectivement, déstabilise les a priori des spectateurs et les réveille sans cesse.       <br />
              <br />
       Et cela commence par les rôles féminins joués par des hommes, des rôles masculins joués par des femmes, des rôles d'hommes joués par des hommes avec des voix suraigües, et un bouffon clownesque qui vient en avant-scène discutailler avec le public de la réaction des puristes face à ce spectacle que les ténors de l'Université feraient exorciser et jeter au bûcher si l'université était une religion.       <br />
              <br />
       Point de respect de l'œuvre, donc ? Eh oui. Eh non. L'équipe du Munstrum a enfoui les mains jusqu'aux coudes dans le texte de Shakespeare, comme dans une matrice, pour en ressortir un enfant tout dégoulinant. Un enfant nommé Makbeth, dont l'histoire racontée ici sera à la fois la fin et la naissance. Naissance d'un assassin une première fois enfanté par une guerre sanglante dont il ressort couvert de boue et de gloire, promu général à la place de son propre général dont on lui offre la tête, une deuxième fois, à la fin de son histoire, couvert du sang des victimes qui pavèrent son accession vers le pouvoir suprême. Naissance du crime.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92895434-65025931.jpg?v=1764409625" alt="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" title="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" />
     </div>
     <div>
      Et c'est la peur, la lâcheté et la folie qui mènent la danse de cette épopée furieuse et déjantée, bien loin de l'honneur et de la justice. Comment cette peur et la prédiction d'une destinée royale vont transformer le vaillant capitaine en monstre sanguinaire sans foi ni loi ? L'ambition du pouvoir, ici, tue et métamorphose les gens ordinaires en monstres.       <br />
              <br />
       La scène du Rond-Point se métamorphose, elle aussi, pour cette pièce en cinémascope. Lumières, scénographie mouvante, fumées magnifiques, lasers, prestidigitations des changements d'une scène qui englobe l'espace jusqu'aux cintres, effets sonores subsoniques, effets visuels titanesques, tout concourt à donner vie aux différents épisodes de l'histoire. Effets comiques également, répliques, attitudes, scènes hilarantes apportent leurs bouffées d'air. Outre la plongée dans l'univers de la pièce, ce déferlement de moyens techniques apporte aussi à de multiples reprises des émotions fortes, comme le sentiment d'effroi ressenti à la fin de la scène d'ouverture de la pièce : scène de guerre magnifiquement terrifiante qui nous plonge à la source même de la folie déclenchée par la violence humaine et touche directement l'imaginaire.       <br />
              <br />
       Dans cette tragi-comédie, tous les interprètes sont masqués comme s'ils dissimulaient leurs expressions, craintifs de cet ordre social où le pouvoir est détenu par un fou paranoïaque. Ce choix de mise en scène de Louis Arene donne à tout le spectacle un air hors du temps qui renvoie aussi bien au passé, qu'à un avenir dystopique, qu'à un présent angoissant, qu'à des guerres permanentes, qu'à des régnants inquiétants, qu'à des fascismes naissants et renaissants, qu'à des mentalités qui ignorent l'empathie et ne misent que sur le pouvoir, l'argent, la force et la peur.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Makbeth"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92895434-65025936.jpg?v=1764409666" alt="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" title="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" />
     </div>
     <div>
      D'après William Shakespeare.       <br />
       Conception : Louis Arene et Lionel Lingelser.       <br />
       Traduction/adaptation : Lucas Samain en collaboration avec Louis Arene.       <br />
       Mise en scène : Louis Arene.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Alexandre Ethève.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Maëliss Le Bricon.       <br />
       Avec : Louis Arene, Sophie Botte, Delphine Cottu, Olivia Dalric, Lionel Lingelser, Anthony Martine, François Praud, Erwan Tarlet.       <br />
       Chorégraphie : Yotam Peled.       <br />
       Dramaturgie : Kevin Keiss.       <br />
       Scénographie : Mathilde Coudière Kayadjanian, Adèle Hamelin, Valentin Paul, Louis Arene.       <br />
       Création lumières : Jérémie Papin, Victor Arancio.       <br />
       Musique originale et création sonore : Jean Thévenin, Ludovic Enderlen.       <br />
       Costumes : Colombe Lauriot Prévost, assistée de Thelma Di Marco Bourgeon et Florian Emma.       <br />
       Masques : Louis Arene.       <br />
       Coiffes : Véronique Soulier Nguyen.       <br />
       Réalisation technique, construction, figuration : Valentin Paul.       <br />
       Effets de fumée et accessoires : Laurent Boulanger.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92895434-65025983.jpg?v=1764409700" alt="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" title="Le Munstrum Théâtre présente "Makbeth" : un assassin avec la conscience dans les feux de l'enfer" />
     </div>
     <div>
      Accessoires, prothèses et marionnettes : Amina Rezig, Céline Broudin, Louise Digard.       <br />
       Renforts accessoires et costumes : Marion Renard, Agnès Zins, Ivan Terpigorev.        <br />
       Stagiaires costumes : Morgane Pegon, Elsa Potiron, Manon Surat, Agnès Zins.       <br />
       Stagiaires lumière : Tom Cantrel, Gabrielle Fuchs.       <br />
       Production Munstrum Théâtre.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 10 environ.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 novembre au 13 décembre 2025.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Complet. Une liste d'attente est ouverte sur place, une heure avant chaque représentation.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 et 6 mars 2026 : Théâtre Le Carreau - Scène nationale de Forbach et de l'Est mosellan, Forbach (57).       <br />
       11 et 12 mars 2026 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       27 et 28 mars 2026 : Domaine d'Ô, Montpellier (34).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Munstrum-Theatre-presente-Makbeth-un-assassin-avec-la-conscience-dans-les-feux-de-l-enfer_a4416.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare</title>
   <updated>2025-10-26T17:04:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Premiere-creation-francaise-de-Edouard-III--piece-meconnue-de-Shakespeare_a4391.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92094503-64663978.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-28T07:08:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pièce historique, pièce de guerre, ignorée des metteurs en scène français jusqu'à ce que Cédric Gourmelon s'y attache et nous la propose, créée ici comme pour une pièce nouvellement écrite pour laquelle il faut inventer tout ce qui en fera spectacle : décor, jeu, ambiances, sons, costumes, visions. Tout est à découvrir donc, que ce soient l'histoire, les thèmes et la poésie des répliques du célèbre démiurge anglais.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92094503-64663978.jpg?v=1761492159" alt="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" title="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" />
     </div>
     <div>
      L'histoire raconte les raisons et les prémisses de la Guerre de Cent ans qui opposa la royauté de la France à celle de l'Angleterre de 1337 à 1453. Une rivalité de droit de transmissions oppose alors les deux rois. Au début de la pièce, le roi Édouard s'informe de ses droits sur la France puisque sa mère Isabelle est la fille légitime et la seule héritière du défunt Philippe Le Bel. Les Français ont, à l'époque, ressorti une ancienne loi salique interdisant l'accession des femmes au pouvoir. Se considérant comme héritier légitime du trône, Édouard décide de partir en guerre contre les Français pour recouvrer ses droits. Ce sera le début des différentes batailles de la guerre de cent ans.       <br />
              <br />
       Dans une première partie, la pièce se déroule en Angleterre, dans les trois derniers actes en France. Pièce de guerre, mais en partie pièce de mœurs puisque le roi Édouard, partant en conquête, s'arrête au château du comte de Salisbury et tombe raide amoureux de la comtesse. Shakespeare s'ingénie souvent à circonscrire avec habileté et détails les caractères principaux de ses pièces. Des caractères forts et complexes. On pense à Richard III, Othello, Lady Macbeth, Hamlet… Ici, le va-t-en-guerre est soudain dérouté de son but durant presque la moitié de la pièce par son désir pour la comtesse de Salisbury. La pièce est ainsi comme coupée en deux parties : l'une galante, l'autre guerrière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92094503-64663979.jpg?v=1761492256" alt="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" title="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" />
     </div>
     <div>
      La première partie est l'occasion d'assister à la joute amoureuse du roi et aux esquives adroites de la comtesse contre cet assaut du souverain, à laquelle elle oppose toute sa vertu. L'occasion aussi de moments comiques, et de vertiges littéraires très fleuris. La seconde partie est faite de cuirasses brillantes, d'épées, de fumées, de sang et de violences. Le lien entre les deux est ce roi, interprété magistralement par Vincent Guédon. Le comédien n'en fait pas un monstre ivre de chair à posséder ou à trancher, mais un personnage assez métallique, cérébral, qui admet sa défaite amoureuse avec le même stoïcisme que sa victoire guerrière.       <br />
              <br />
       Un fil se dessine pourtant tout au long de cette narration : la place importante des femmes et de leurs décisions. Tout d'abord, la légitimité de l'héritage du royaume de France par la mère d'Édouard, alors que la France lui refuse ce droit. Puis la force de persuasion de la comtesse, qui anéantit le désir du roi et lui fait reprendre ses esprits. Et pour finir, dans une dernière scène, l'apparition de la femme d'Édouard III qui impose la grâce des six otages de Calais que le roi envisageait de faire exécuter.       <br />
              <br />
       Pour inventer sa mise en scène, Cédric Gourmelon se réfère aux règles du théâtre élisabéthain qui spécifient chaque zone du plateau pour interpréter les différentes formes du texte. Un début de spectacle presque formel qui privilégie le texte et permet de ciseler les enjeux de cette histoire et de permettre au spectateur d'en saisir tous les détails. Par la suite, la scénographie représentant la muraille du château de Salisbury s'ouvre peu à peu pour pénétrer de plus en plus loin dans les batailles qui forment la seconde partie.       <br />
              <br />
       L'œuvre est ainsi très explicite et instructive. Elle permet également de savourer les arabesques de langage de l'auteur anglais et son style poétique qui, dans cette pièce, paraît assez simple et léger, sans passages trop chargés d'images et de comparaisons en chaîne. À noter les très belles interprétations de Fanny Kervarec dans le rôle de la comtesse, qui fait preuve d'une très large maîtrise vocale et d'une belle intensité, ainsi que celle de Vincent Guédon dans le rôle titre qui crée un personnage non conventionnel qui porte jusqu'au bout une part de mystère.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Édouard III"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92094503-64664015.jpg?v=1761493635" alt="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" title="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" />
     </div>
     <div>
      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Traduction : Jean-Michel Déprats et Jean-Pierre Vincent.       <br />
       Mise en scène Cédric Gourmelon.       <br />
       Assistant à la mise en scène Louis Berthélémy.       <br />
       Avec : Zakary Bairi, Laurent Barbot, Jessim Belfar, Vladislav Botnaru, Guillaume Cantillon, Victor Hugo Dos Santos Pereira, Vincent Guédon, Manon Guilluy, Fanny Kervarec, Christophe Ratandra.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Son : Julien Lamorille.       <br />
       Lumières : Marie-Christine Soma.       <br />
       Costumes : Sabine Siegwalt.       <br />
       Travail sur le corps : Isabelle Kürzi.       <br />
       Coach vocal : François Gardeil.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Lucas Samain.       <br />
       Construction décors : Les Ateliers du Théâtre du Nord.       <br />
       Production : Comédie de Béthune - CDN Hauts-de-France.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée environ : 3 h 05 (1ʳᵉ partie : 2 h ; entracte : 20 min ; 2ᵉ partie : 45 min).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92094503-64664124.jpg?v=1761493603" alt="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" title="Première création française de "Édouard III", pièce méconnue de Shakespeare" />
     </div>
     <div>
      A été créé (&quot;premières&quot; historiques) du 2 au 9 octobre 2025 à La Comédie de Béthune - Centre Dramatique National Hauts-de-France, Béthune (62).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 au 18 octobre 2025 : Théâtre du Nord - CDN Lille - Tourcoing - Hauts-de-France, Lille (59).       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 novembre 2025 :</span> Théâtre de Chartres, Chartres (28).       <br />
       25 au 27 novembre 2025 : Théâtre Olympia - CDN, Tours (37).       <br />
       Du 2 au 4 décembre 2025 : La Comédie de Reims - Centre Dramatique National, Reims (51).       <br />
       7 au 9 janvier 2026 : Théâtre des 13 vents - Centre Dramatique National, Montpellier (34).       <br />
       22 janvier au 22 février 2026 : Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Premiere-creation-francaise-de-Edouard-III--piece-meconnue-de-Shakespeare_a4391.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live</title>
   <updated>2025-08-27T19:27:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dernier-volet-d-un-triptyque-consacre-au-theatre-S-H-A-K-E-S-P-E-A-R-E--sa-vie-son-oeuvre-en-80-minutes-et-en-musique_a4346.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90737286-63931136.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-08-27T17:38:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le projet "T.I.G.R.E." (Triptyque pour l'Inspection Générale du Répertoire Essentiel) a déjà donné l'occasion à la compagnie "Grand Tigre" de créer "M.O.L.I.E.R.E.", puis "T.C.H.E.K.H.O.V.", des spectacles qui retracent les vies de ces auteurs à travers des extraits de leurs œuvres, des spectacles qui surtout parviennent à donner à voir et à entendre l'esprit et la force de ces écritures et de ces personnages. Aujourd'hui, c'est le tour de "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E." (Somme Hétéroclite d'Aspect Kaléidoscopique Espérant Synthétiser Partiellement l'Ensemble des Accomplissements Remarquables de l'Eponyme). Un monument.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90737286-63931133.jpg?v=1745432779" alt="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" title="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" />
     </div>
     <div>
      Le point commun de ce spectacle avec les deux précédents est la jubilation. Une jubilation qui explose dans le jeu des quatre interprètes qui voltigent de personnages en personnages, mais aussi dans l'invention des scènes et dans la force de l'accompagnement musical qui soutient l'intégralité de la pièce (cette partie est aux mains de Joseph Robinne, véritable homme orchestre multi-instrumentiste). Jubilation également et surtout dans le plaisir de s'emparer de l'immense, belle, riche et prolifique écriture du plus grand dramaturge anglais.       <br />
              <br />
       Shakespeare est un mythe dont les érudits discutent encore et toujours l'existence, la réalité : prête-nom, comédien médiocre ou chef de troupe. Peu importe cette recherche tatillonne pour la compagnie Grand Tigre qui préfère convoquer les mots et les personnages célèbres de ses pièces pour y faire surgir une vérité (on sait depuis longtemps que plusieurs vérités peuvent coexister, sortes de vérités quantiques en quelque sorte). Elle convoque aussi quelques-uns de ses contemporains : Marlowe, la Reine Elisabeth, le Roi Jacques, sa femme, sa troupe, tous apparaissant tels des spectres dans les corps des deux comédiens et de la comédienne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90737286-63931134.jpg?v=1745432872" alt="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" title="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" />
     </div>
     <div>
      La part faite à ces derniers est belle. Aussi belle que celle que Shakespeare donne aux artistes dans ses pièces et les divines proférations qu'il leur offre grâce à sa poésie et son sens dramatique puissant. Tristan Le Goff, Étienne Luneau, Malvina Morisseau nous en donnent à cœur joie de fantaisie, de jeu débridé et de chants. Ils sont tous les trois des sortes de piles électriques, bondissantes et cocasses, se déguisant à vue pour se glisser dans les costumes des différents personnages, s'amusant du public et jouant avec lui, tout cela sans dénaturer à aucun moment les extraits des textes très emblématiques qu'ils empruntent aux grandes œuvres. Et pourtant, ils y apportent un humour vif et généreux qui fait de ce spectacle une Belle Réinvention de l'Art Vivement Onirique.       <br />
              <br />
       Un mot sur la mise en scène. Un dispositif scénique ultra-simple, avec quelques éléments de décors facilement manipulables, permet à la mise en scène d'Elsa Robinne de donner un rythme soutenu aux changements de scène et de personnages. Le tout aidé par les bruitages, son et musiques de Joseph Robinne totalement intégrés au spectacle, ainsi que par le texte dirigé par Etienne Luneau qui donne en permanence la distance du jeu entre interprète et rôle, ce qui permet au comique de vibrer régulièrement sous les répliques.       <br />
              <br />
       À noter qu'après le festival d'Avignon cet été, le spectacle ainsi que &quot;Molière et Tchekhov&quot; seront joués en alternance au Théâtre du Ranelagh à partir de septembre 2025.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Trois spectacles en alternance</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90737286-63931135.jpg?v=1745432913" alt="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" title="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>M.O.L.I.E.R.E.</strong></span>       <br />
       <b>Méli-mélo Oratoire Librement Inspiré d'Errances dans le Répertoire de l’Eponyme</b>       <br />
       Mise en scène : Elsa Robinne.       <br />
       Avec : Clément Beauvoir, Lucas Hénaff, Etienne Luneau et Joseph Robinne à la musique.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 septembre 2025 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 15 h et 19 h (11, 12, 13 et 14 septembre ; 2, 3, 4, 5, 23, 24, 25 et 26 octobre ; 13, 14, 15 et 16 novembre, 4, 5, 6, 7, 26, 27, 28 et 31 décembre ; 15, 16, 17 et 18 janvier).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>T.C.H.E.K.H.O.V.</strong></span>       <br />
       <b>Traversée Charmante avec Haltes Exploratoires dans la Kyrielle d'Humeurs d'une Oeuvre Vécue</b>       <br />
       Mise en scène : Étienne Luneau.       <br />
       Avec : Odile Ernoult, Clémentine Lebocey, Elsa Robinne et Joseph Robinne à la musique.       <br />
       Durée : 1 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90737286-63931136.jpg?v=1756315146" alt="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" title="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre 2025 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 15 h et 19 h (18, 19, 20 et 21 septembre ; 9, 10, 11, 12, 30 et 31 octobre ; 1, 2, 20, 21, 22 et 23 novembre, 11, 12, 13 et 14 décembre ; 2, 3, 4, 22, 23 et 24 janvier).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.</strong></span>       <br />
       <b>Somme Hétéroclite d'Aspect Kaléidoscopique Espérant Synthétiser Partiellement l'Ensemble des Accomplissements Remarquables de l'Eponyme</b>       <br />
       Mise en scène : Elsa Robinne.       <br />
       Avec : Tristan Le Goff, Etienne Luneau, Malvina Morisseau et Joseph Robinne à la musique.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre 2025 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 15 h et 19 h (25, 26, 27 et 28 septembre ; 16, 17 et 19 octobre ; 6, 7, 8, 9, 28, 29 et 30 novembre, 18, 19, 20 et 21 décembre ; 8, 9, 10 et 11 janvier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90737286-63933713.jpg?v=1756315559" alt="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" title="Dernier volet d'un triptyque consacré au théâtre, "S.H.A.K.E.S.P.E.A.R.E.", sa vie, son œuvre en 80 minutes et en musique live" />
     </div>
     <div>
      Théâtre du Ranelagh, 5, rue des Vignees, Paris 16e.       <br />
       Réservation : 01 42 88 64 44.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('reservations@theatre-ranelagh.com')" >reservations@theatre-ranelagh.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-ranelagh.com" target="_blank">&gt;&gt; theatre-ranelagh.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dernier-volet-d-un-triptyque-consacre-au-theatre-S-H-A-K-E-S-P-E-A-R-E--sa-vie-son-oeuvre-en-80-minutes-et-en-musique_a4346.html" />
  </entry>
</feed>
