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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T08:14:12+02:00</updated>
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   <title>•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"</title>
   <updated>2025-07-23T11:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Gahugu-Gato-Petit-Pays-Retour-au-pays-le-Rwanda-et-son-peuple-dechire-Hutus-et-Tutsis-nez-a-nez_a4328.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-23T09:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Gaby revient dans son pays natal mis à mal, après une longue absence liée à son exil en France, il éprouve le grand bonheur de retrouver sa mère qu'il croyait morte. Celle qu'il a quittée quand il était encore un enfant n'est plus la même. Mutique et profondément choquée par ce qu'elle a vécu, elle semble s'être retirée du monde… C'est cette histoire fictive, à résonances tout à la fois personnelles et historiques, que le romancier musicien Gaël Faye raconte dans son roman éponyme. Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, elle-même rwandaise, l'adaptent pour la porter au plateau en confiant à des comédien(ne)s rwandais(es) le soin de l'interprétation.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586348.jpg?v=1753259687" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Comme dans un songe d'une nuit d'été, trois musiciens prennent place sereinement sous le majestueux platane du Cloître des Célestins. Au son mélodieux de la guitare et de l'inanga, cet instrument traditionnel que l'on disait accompagner au Burundi le sommeil du roi tant sa sonorité est douce, un chant s'élève dans un nuage douillet. Son charme, rehaussé par les tissus colorés, opère d'emblée…       <br />
              <br />
       Que nous font entendre ces paroles en Kinyarwanda surtitré en français ? Elles nous racontent le retour au Rwanda de Gaby, découvrant sa mère absente dans sa tête… Le &quot;spectacle&quot; sera l'occasion de (re)mettre en scène, comme le ferait un flash-back au cinéma, l'histoire de cette famille disséminée par le drame génocidaire ayant abouti au massacre programmé de plus de huit cent mille Tutsis.       <br />
              <br />
       Hutus et Tutsis, deux classes sociales et… un même peuple, partageant la même langue, la même religion, la même culture. Alors pourquoi cet affrontement délétère ? Le père français de Gaby (sa mère rwandaise s'est exilée au Burundi voisin pour essayer d'échapper au génocide) tente tant bien que mal d'expliquer à l'enfant de dix ans qu'il était, que Hutus et Tutsis… n'ont pas le même nez, les seconds étant dotés d'un nez fin et d'une corpulence plus élancée. Une raison pour être exterminés ? L'enfant ne comprend pas, nous non plus… sauf à considérer que les intérêts des anciens colonisateurs (dont la France) étaient de fermer les yeux en 1994 sur ces massacres présentés comme une guerre ethnique dont l'Occident n'a pas à se mêler, les Hutus au pouvoir permettant cyniquement de continuer à faire… des affaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586349.jpg?v=1753259722" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Dans un florilège de danses expressives, de chants envoûtants et de séquences parlées projetées vers les gradins, les scènes échappées d'un passé dont elles étaient prisonnières vont prendre vie pour, comme dans un kaléidoscope, recomposer les heurs et malheurs de cette famille disloquée… <span style="font-style:italic">&quot;Tu te souviens maman, tu as quitté le Rwanda à la lueur des flammes… Tu y avais rencontré papa, un Français tombé sous ton charme. On vivait heureux, Ana, ma sœur, et vous deux. Et puis vous vous êtes séparés, papa et toi. Et les problèmes ont surgi avec les coupeurs de tête…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Si aucune épreuve vécue n'est éludée, si la mort est toujours là au second plan (et comment pourrait-il en être autrement ?), le ton reste résolument du côté de la vie… Ainsi de la cérémonie de la circoncision des garçons donnant lieu à un morceau de choix où domine, avec la lame de rasoir et l'eau salée pour désinfecter, jusqu'à l'enterrement des bouts de zizi sous le bananier, le plaisir festif d'un rite intégrateur faisant lien entre les membres d'une même communauté… Chants mélodieux, mélopées, cercle chorégraphié pour fêter les onze ans de Gaby… Bonheur partagé interrompu par la nouvelle du Président tué et du pays à feu et à sang…       <br />
              <br />
       Surtout ne pas douter de la beauté du monde, même sous un ciel tortionnaire… Les interprètes, se tenant par l'épaule en une ligne continue, s'avancent vers l'avant-scène, faisant bloc face aux gradins, prêts à affronter droit dans les yeux les horreurs à venir… Les Tutsis assimilés à des cafards à exterminer… Les machettes planquées partout à Kigali, n'attendant que leur heure pour être utilisées… Même chose au Burundi voisin… Les miliciens fouillant les maisons des Tutsis… Et les paroles de Gaby trouant alors l'obscurité : &quot;Tu te sentais impuissante maman, rongée de l'intérieur&quot;… Ce sera pourtant elle la mère, à qui reviendra au final la parole, qui dira le carnage des corps retrouvés décomposés, qui dira Jeanne disparue et Pacifique (son mari au nom prédestiné) qui en voulant la défendre, elle et sa famille, retrouvé fusillé par les Hutus, les siens, pour traîtrise… il avait voulu sauver des Tutsis.       <br />
              <br />
       On sort bouleversé de cette traversée poétique d'un drame mis en jeu au travers d'une fiction propre à redonner la parole – comme ici à la mère – aux victimes du génocide. La puissance de cette forme esthétiquement très belle (cf. les musiques et chants envoûtants dessinant à eux seuls des paysages sonores, cf. la chorégraphie du tableau final où les interprètes en pleine lumière balaient devant eux les marques du trauma collectif pour ouvrir une nouvelle ère) tient &quot;essentiellement&quot; à l'authenticité des interprétations singulières confiées à des Rwandais, chacun devenant acteur de sa propre histoire. Une histoire chorale secouée, comme un organisme vivant, par les soubresauts de la grande Histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586390.jpg?v=1753259764" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Et si on peut ressentir parfois l'impression fugitive de perdre un peu de compréhension lors de parties parlées dans la langue d'origine, très vite, on l'oublie pour être littéralement happés par la force de conviction des corps en mouvement, corps se faisant les haut-parleurs sensibles des émotions &quot;porteuses de sens&quot;.       <br />
              <br />
       … Troublés, les actrices et acteurs rwandais l'étaient encore plus que d'ordinaire ce soir-là, s'effondrant en sanglots dans les coulisses juste après être venus saluer, la vérité de leur je(u) leur étant revenue comme un boomerang imparable.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 21 juillet 2025, au Cloître des Célestins à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gahugu Gato (Petit Pays)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586397.jpg?v=1753259896" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Création en juin 2024 à Kigali (Rwanda).       <br />
       D'après le roman &quot;Petit Pays&quot; de Gaël Faye publié aux Éditions Grasset en 2016.       <br />
       Spectacle en kinyarwanda et français surtitré en français et anglais.       <br />
       Traduction : Emmanuel Munyarukumbunzi basée sur l'adaptation française de Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, avec la complicité de Gaël Faye.       <br />
       Avec : Frédéric Fisbach, Olivier Hakizimana, Léon Mandali, Carine Maniraguha, Philipe Mirasano, Natacha Muziramakenga, Dida Nibagwire, Norbert Regero, Michael Sengazi et Jean-Patient Akayezu (inanga, flûte et chant), Kaya Byinshii (chant), Samuel Kamanzi (guitare et chant).       <br />
       Lumière : Eloé Level.       <br />
       Costumes : Asantii, House of Tayo, Moshions.       <br />
       Surtitrage : Patience Umutoni.       <br />
       Régie générale : Eloé Level.       <br />
       Régie son : Foucault de Malet.       <br />
       Traduction des surtitres en français : Samuel Gallet.       <br />
       Traduction des surtitres en anglais : Natacha Muziramakenga.       <br />
       Durée : 1 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586398.jpg?v=1753259923" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté les 17 et 18, 20, 21 et 22 juillet 2025.</b>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Célestins, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       18 au 20 mai 2026 : MIXT - Terrain d'arts en Loire-Atlantique, Nantes (44).       <br />
       2027 (en cours) : Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières</title>
   <updated>2023-02-17T10:32:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Superstitions-shakespeariennes-et-actuelles-en-jeu-de-miroir-dans-Experience-1-En-Repetition-au-Studio-d-Asnieres_a3518.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-02-17T09:34:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une jeune metteuse en scène monte "La Tragédie de Macbeth" et l'on suit cette création depuis les auditions jusqu'à la première du spectacle (d'où le titre : "En Répétition"). C'est toute l'aventure d'une création théâtrale qui est contée ici en un peu plus de deux heures. Une gageure, mais le texte de Samuel Gallet se cantonne aux relations qui s'établissent, se tendent et se nouent entre les différents personnages et évite finalement de montrer le long travail de répétition que demande la création d'une pièce de théâtre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70850015-49372417.jpg?v=1676624246" alt="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" title="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" />
     </div>
     <div>
      Ce projet agit un peu comme un miroir ou un entraînement pour les jeunes comédiennes et comédiens qui sont tous apprentis de l'ESCA, l'École Supérieure de Comédie par l'Alternance. En plus du comédien chevronné, Serge Biavan, dans le rôle d'un comédien tout aussi chevronné, ils sont dix apprentis comédiens et comédiennes dans cette distribution, en première, deuxième ou troisième année de cette école supérieure particulière qui forme ses élèves dans le système de l'alternance, ceux-ci et celles-ci passant une partie de l'année en cours et l'autre sur scène, dans des productions professionnelles. &quot;En Répétition&quot; commence donc par un casting, une audition que la metteuse en scène (elle aussi actrice apprentie) dirige du haut de son pupitre au milieu des spectateurs. Sur scène, des interprètes postulant piétinent nerveusement dans un couloir en attendant leur tour de passer sur scène.       <br />
              <br />
       Le texte de Samuel Gallet, ingénieux dans sa construction qui distille peu à peu les histoires personnelles de chacun, va nous faire suivre les péripéties de la création de ce Macbeth, pièce noire et compacte de Shakespeare qui a mis en lumière le personnage phare de Lady Macbeth. Un personnage que tous veulent jouer, un personnage qui devient vite l'enjeu de toutes les rivalités que cette micro-société va vite révéler.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70850015-49372418.jpg?v=1676624269" alt="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" title="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" />
     </div>
     <div>
      Aux interrogations artistiques que suscite la création de cette pièce, aux doutes que chacun porte, metteuse en scène comprise, et aux questionnements sur la vie, la mort, le pouvoir, l'ambition qui en naissent, vont vite s'ajouter les histoires personnelles des uns et des autres. Guerres et trahisons provoquent chez les personnages de nombreux échos avec notre époque. L'auteur met également l'accent sur les superstitions dont la pièce de Shakespeare regorge (les sorcières), et sur les craintes étranges qui traversent notre époque.         <br />
              <br />
       Le ton du spectacle est vif, emporté. L'attention s'émousse pourtant à mesure que l'on comprend la direction que prend l'histoire et que le propos de la pièce finit par se cantonner presque exclusivement aux petites histoires de coulisses et aux questionnements généraux et éculés (Pourquoi faire l'acteur ? Est-ce qu'il faut avoir tué quelqu'un pour interpréter un tueur ? Qui va sauver le théâtre ? Le sauver de quoi ? Pourquoi monter un classique avec tous ces mots de plus de trois syllabes que personne ne comprend ?). Il reste que c'est bien sur les épaules, l'énergie et la fougue de ces apprentis comédiens et comédiennes que tient le spectacle. Et même si tous ne sont pas au même niveau, ils parviennent à déclencher les rires, à soutenir les scènes et à créer des personnages crédibles, dans plusieurs des registres de la comédie.       <br />
              <br />
       &quot;Expérience #1 - En Répétition&quot; est la première pièce que l'ESCA commande à un auteur. Une institution que vient de faire naître Paul Desveaux et Tatiana Breidi, les deux directeurs de l'école (le premier mettant également ce spectacle en scène). Chaque année, l'ESCA passera donc commande à une autrice ou un auteur pour donner l'occasion aux élèves de l'école d'ajouter cette expérience à leur cursus déjà tourné vers la professionnalisation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Expérience #1 - En Répétition"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70850015-49372427.jpg?v=1676624303" alt="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" title="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" />
     </div>
     <div>
      Texte de Samuel Gallet       <br />
       Mise en scène : Vincent Arfa et Paul Desveaux.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Maïa Laiter.       <br />
       Avec : Aleksandra Betanska, Serge Biavan, Fabien Chapeira, Gary Guénaire, Jeanne Guinebretière, Ilyes Hammadi Chassin, Ada Harb, Maxime Lambert, Joris Mugica, Milena Sansonetti et Fiona Stellino.       <br />
       Scénographie : Paul Desveaux.       <br />
       Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq.       <br />
       Musique :: Alexis Ruotolo.       <br />
       Lumières : Laurent Schneegans.       <br />
       Costumes : Philippine Lefèvre.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70850015-49372456.jpg?v=1676624400" alt="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" title="Superstitions shakespeariennes et actuelles en jeu de miroir dans "Expérience #1 - En Répétition" au Studio d'Asnières" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 2 au 26 février 2023.</span>       <br />
       Jeudi à 19 h, vendredi à 20 h, samedi à 18 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Studio|ESCA, Asnières sur Seine (92).       <br />
       <a class="link" href="https://www.studio-asnieres.com/studio/" target="_blank">&gt;&gt; studio-asnieres.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées</title>
   <updated>2021-05-24T19:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-visage-d-insomnie-Nager-sous-l-inquietante-surface-des-consciences-troublees_a2941.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/56566208-42091044.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-05-24T18:55:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chaque être humain est une énigme, une équation à plusieurs inconnues que les situations finissent par révéler en partie : les trois personnages de cette histoire inquiétante vont en être la preuve, en direct. Le vrai, le faux, le caché, l'omis, l'apparent et le soupçonné en sont les moteurs dramatiques et la source de tensions, d'incertitudes, de stupeurs par moments. Une pièce qui ne se permet aucune seconde de relâchement d'intensité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091044.jpg?v=1621876566" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      En premier lieu, il y a l'écriture de Samuel Gallet qui a su poser ses personnages dans une situation originale et développer son intrigue en laissant planer les doutes jusqu'aux dernières minutes. Ses dialogues qui, sous l'apparence de la quotidienneté, se révèlent riches de non-dits, de silences et d'esquives, distillent scène après scène autant de doutes que de certitudes. Un véritable art du suspens est ici mis en œuvre intriguant autant les personnages que les spectateurs. Mais l'intelligence de son texte ne s'arrête pas à la forme, la situation où il fait se dérouler sa trame donne à son texte une envergure beaucoup plus vaste et une matière plus touchante, plus profonde.       <br />
               <br />
       Tout se déroule dans un centre de vacances du bord de mer transformé en centre d'accueil pour mineurs isolés venus des pays d'Afrique et d'Europe de l'Est. C'est l'hiver. Les maisons secondaires sont vides, fermées, et les habitants restent à l'écart de cette vingtaine de jeunes, pour la plupart noirs, qui ont pris possession du centre où les éducateurs les aident à apprendre le français et à se former pour tenter d'obtenir la nationalité française. C'est sous l'auspice de cette &quot;crise des migrants&quot; et de la manière dont ceux-ci sont accueillis par les méfiants autochtones que se déroule la pièce.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091070.jpg?v=1621876597" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      En plus de cette situation aux tensions perceptibles, le texte de Samuel Gallet ajoute les tensions induites par les trois personnages, eux-mêmes chacun en crise personnelle. Élise, la jeune éducatrice, s'apprête à quitter le centre pour aller s'occuper de sa mère malade ; André, la cinquantaine, arrive en début de pièce pour prendre son poste d'éducateur après avoir fui avec dégoût son emploi en Ehpad ; et Harouna, jeune réfugié, rescapé de la mer, tellement rongé par la peur qu'il est persuadé que les habitants du village veulent le tuer. Il faut encore ajouter à cette gerbe de tension, la disparition depuis quelques jours de Drissa, le compagnon de périple et d'exil d'Harouna.       <br />
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       Voilà le tableau. Inutile de raconter plus avant le déroulement de la pièce construite comme un thriller. Il faut maintenant parler de la mise en scène remarquable de Vincent Garanger. Celui-ci ne s'est pas contenté de suivre l'intelligence du texte de Samuel Gallet, il parvient à créer sur scène un univers qui finit par englober toute la salle et tout le public. Il utilise pour cela des moyens visuels et sonores extrêmement ciselés.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091078.jpg?v=1621877621" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Le décor (scénographie de Damien Caille-Perret), qui représente la salle commune du centre, s'ouvre en grand sur une baie vitrée derrière laquelle l'océan, le ciel, le vent, la pluie, les mouettes et les navires donnent le ton et le temps. Le dispositif de projection ainsi que les vidéos graphiques sont d'une force à la fois onirique et réaliste impressionnante. On ressent cette vision large qui semble ouvrir totalement le fond de la scène comme un horizon infini, mais aussi comme le mur liquide d'une prison. Et puis cette constante présence de l'eau, réaffirmé sans cesse par une bande-son (création sonore de Fred Bühl) très précise et très efficace, elle aussi, ramène à chaque instant l'image inconsciente de ces terribles noyades que les migrants risquent dans leur traversée. Elle est pleinement un ressort tragique de la mise en scène.       <br />
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       La création lumière de Stéphane Hulot et Rafi Wared est également très léchée. Elle permet entre autres d'extraire par moments les interprètes de la réalité pour les emporter dans un monde onirique, un monde de pensées. Ceux-ci incarnent leur personnage de façon très juste, sans relâche, avec une énergie constante. Didier Lastère, en nouvel éducateur arrivant, possède une belle aisance de jeu qui lui permet de donner à son personnage une partition large, pleine de couleurs.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091119.jpg?v=1621877470" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Cloé Lastère, sa fille à la ville, crée une Élise extrêmement juste, qui rassemble dans son personnage les doutes et les drames de cette jeune génération prise dans les incertitudes de notre époque, impliquée et perdue, elle distille une tension émouvante qui la rend fragile comme cristal. Djamil Mohamed est également très vrai. Incarnant Harouna, il sème la fougue de la jeunesse, mais aussi la violence du drame que son personnage porte. Il parvient lui aussi à incarner au-delà de son rôle, tous les enfants, tous les jeunes qui viennent échouer sur les côtes de l'Europe, à qui il faut donner du temps et du respect pour soigner les terribles blessures.       <br />
               <br />
       Avec &quot;Mon visage d'insomnie&quot;, Vincent Garanger et son équipe parviennent à créer une véritable histoire, visuelle, sonore, narrative qui touche un sujet grave sans jamais alourdir le propos ni tomber dans le pathétique, mais en restant toujours tracté par l'intrigue liant les personnages. Un spectacle qui restera dans la mémoire pour l'harmonie de sa forme autant que pour la tendresse et le tragique de son propos.
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     <div><b>"Mon visage d'insomnie"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091320.jpg?v=1621877743" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
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      Texte : Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Vincent Garanger.       <br />
       Avec : Cloé Lastère, Didier Lastère, Djamil Mohamed.       <br />
       Création lumière : Stéphane Hulot et Rafi Wared.       <br />
       Création sonore : Fred Bühl.       <br />
       Scénographie : Damien Caille-Perret.       <br />
       Collaboration artistique : Jean-Louis Raynaud.       <br />
       Costumes : Natasha Massicotte.       <br />
       Durée : 2 heures.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 19 au 23 mai 2021.</b>       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 18 h 30, samedi à 17 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Paul Scarron, Place des Jacobins, Le Mans (72).       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-ephemere.fr/infos-pratiques/le-theatre-paul-scarron/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre Paul Scarron</a>
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