<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-04-14T19:53:31+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne</title>
   <updated>2026-04-02T11:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-heros-ne-dorment-jamais-Une-plongee-clownesque-joyeuse-et-atypique-dans-l-univers-de-la-chevalerie-arthurienne_a4520.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95782499-66890170.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-03T10:41:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les chevaliers de la Table Ronde et la Quête du Graal fascinent toujours autant de nos jours, même les clowns. Édith Proust, pensionnaire de la Comédie-Française, s'empare de la légende arthurienne et sonde notre quête d'héroïsme à travers l'imaginaire d'un duo de clowns, Georges et Alain, qu'elle forme avec le sociétaire Alain Lenglet. Un spectacle singulier, foutraque et réjouissant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890170.jpg?v=1775119573" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Les héros ne dorment jamais et les chevaliers de la Table Ronde continuent de nous faire rêver. Arthur, Lancelot, Gauvain, Yvain, Perceval, Tristan, Galaad… À leur évocation, notre imaginaire s'emballe. Dans les premiers récits arthuriens, Arthur se montre un roi guerrier et fédérateur qui réussit à unir un royaume allant de l'île de Bretagne jusqu'aux terres scandinaves. Par la suite, son règne connaît douze années de paix et sa cour, un grand prestige. Les chevaliers viennent de toutes parts s'y faire adouber.       <br />
              <br />
       Un idéal arthurien se met en place, utopique, que l'on retrouve chez Chrétien de Troyes (1130-1190) et les continuateurs. Dans son château de Camelot, Arthur réunit autour de la Table Ronde les meilleurs chevaliers du royaume. La Table abolit toute préséance et favorise l'égalité. Sur chaque siège, apparaît, sous forme d'inscription, le nom de celui qui y prend place, preuve que Dieu agrée et bénit cette compagnie. La forme ronde de la Table est clairement explicitée comme représentation symbolique du monde. Les chevaliers qui y siègent sont fidèles à un idéal chevaleresque : ils épaulent leur roi dans les batailles, tuent monstres et païens, jurent un amour éternel à leur dame et sont liés à jamais par une affection sans faille. Mais seul le plus pur d'entre eux sera digne d'accomplir la quête du Graal…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890171.jpg?v=1775119608" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Sur la scène du Petit Saint-Martin, un &quot;petit îlot paradisiaque de 4,5 mètres sur 4,5 mètres&quot; immaculé, cerclé de terre, avec un magnétophone à bandes posé au sol et… quelques escargots en vadrouille. Un chevalier, en armure des pieds jusqu'à la tête, apparaît. Encombré par sa carapace de métal, sa démarche est brinquebalante. Une voix (celle reconnaissable entre toutes de Denis Podalydès) sort du magnétophone : <span style="font-style:italic">&quot;Perceval ou le Conte du Graal. Contre ces forces du Mal se dressa une force nouvelle faite de courtoisie, d'humanité, de noblesse : la chevalerie. Le monde va mal, le chaos succède au chaos, les guerres de succession et d'invasion ne cessent de frapper…&quot;</span>       <br />
              <br />
       Un deuxième chevalier, identique au premier, fait son apparition dans une musique grandiloquente, tout auréolé de lumière. La voix poursuit : <span style="font-style:italic">&quot;Mais, miracle de la vie, c'est dans la boue pestilentielle, comme dans le premier marais du monde, que fourmille la vie et que parfois naît la plus belle forme de vie sur terre : l'homme, l'homme nouveau, celui qui illumine les hommes comme chaque nouveau soleil se donne et s'offre à la terre et chasse les maux.&quot;</span> Le chevalier se présente ainsi dans toute sa splendeur, tel le héros que chacun attendait.       <br />
              <br />
       Alors que du magnétophone nous parvient l'histoire de Perceval, le duo oscille entre une réinterprétation maladroite des aventures du chevalier à la candeur légendaire – sans cheval, ni tournoi – et un quotidien de héros arthuriens. Ils lisent le journal, mettent la table, jouent au ballon, s'embrassent du bout du heaume et communiquent au moyen de phylactères (NDLR, ces bandes de parchemin aux extrémités enroulées sur lesquelles sont inscrites les paroles prononcées par les personnages d'une œuvre d'art au Moyen Âge). Tout ceci est aussi plaisant que décousu.       <br />
              <br />
       Tandis que nos deux clowns jouent gauchement à Perceval et à Blanchefleur, nous écoutons avec intérêt Denis Podalydès nous conter l'histoire de Perceval. Fidèlement inspiré du roman de Chrétien de Troyes &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot;, et enrichi de celui de son contemporain Geoffroy de Monmouth &quot;Histoire des Rois de Bretagne&quot;, le récit nous (re)plonge avec délectation dans la légende arthurienne.       <br />
              <br />
       Un petit rappel ici s'impose afin de rafraîchir nos mémoires. Si Perceval est cité parmi les chevaliers d'Arthur dès &quot;Érec et Énide&quot; (1160), le premier roman arthurien de Chrétien de Troyes, il faut attendre le dernier, &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot;, rédigé une vingtaine d'années plus tard, pour découvrir réellement l'histoire de ce chevalier, son aventure spirituelle et sa Quête du Graal. Car c'est aussi dans ce roman, où une dimension mystique s'ajoute à l'aventure chevaleresque, qu'apparaît pour la première fois le Graal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890181.jpg?v=1775119635" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Mais qui est Perceval ? Dernier fils de Pellinore de Listenois, roi du Pays de Galles, Perceval a été tenu à distance de la chevalerie par sa mère, après que son père et ses frères aient trouvé la mort dans une bataille. Élevé dans la forêt galloise, dans la plus grande solitude, il ne connaît ni les codes, ni les mœurs qui régissent les relations humaines. Croisant un jour sur sa route des chevaliers du roi Arthur, il les prend pour des dieux et n'a plus qu'une idée en tête : devenir chevalier. S'il se démarque des autres chevaliers de la Table Ronde par sa candeur et sa balourdise, on lui devine très vite un destin exceptionnel.       <br />
              <br />
       Prédestiné à la Quête, Perceval croise, tout comme Lancelot avant lui, la route du Graal. En ne posant pas les questions requises, lui aussi laisse passer le Graal. Son maître en chevalerie lui ayant enseigné qu'un chevalier doit savoir se taire, il garde le silence lors du passage, chez le riche Roi Pêcheur, du mystérieux cortège mené par une jeune fille portant un Graal orné de pierres précieuses. Un silence lourd de conséquences funestes…       <br />
              <br />
       Mais &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot; est resté inachevé du fait de la mort de son auteur, et la bobine du magnétophone finit par dérailler et se bloquer. Les deux acteurs se débarrassent alors de leur armure et, sortant également de leur mutisme, brisent le quatrième mur pour tenter de terminer le spectacle vaille que vaille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890188.jpg?v=1775119666" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Le changement d'univers est total ! Nous avons alors affaire à un véritable numéro de clowns. Car, avant d'intégrer la Troupe de la Comédie-Française en 2024, Édith Proust a mené, en parallèle de son parcours de comédienne, un travail autour du clown. Le sien s'appelle Georges, comme Sand et Brassens. Personnage indomptable à la voix qui déraille, passant sans transition des graves aux aigus, Georges parle beaucoup, digresse en permanence, se montre séductrice, voire libidineuse, parfois malaisante, et surtout hilarante.       <br />
              <br />
       Puis, sans raison apparente, nouveau changement, avec nos deux clowns la tête couverte d'un sac en papier se présentant désormais sous les noms de Petite Espérance et Vieille Amertume, une petite fille et son grand-père. Le sens de tout cela ? Mystère…       <br />
              <br />
       Si les trois parties de ce spectacle s'avèrent pour le moins décousues, sans véritable lien apparent, le tout est néanmoins très plaisant. Du récit légendaire porté par le talentueux Denis Podalydès aux facéties de Georges, il est agréable de se laisser embarquer ainsi dans ces différents univers, telles trois histoires distinctes. Inutile de chercher un sens à tout ceci et, comme disait David Lynch, pourquoi s'attendre à ce que l'art ait un sens puisque la vie n'en a pas ?       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les héros ne dorment jamais"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890194.jpg?v=1775119700" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Texte : Édith Proust, Laure Grisinger et Justine Bachelet.       <br />
       Librement inspiré de &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot; de Chrétien de Troyes.        <br />
       Mise en scène : Édith Proust.       <br />
       Avec : Alain Lenglet et Édith Proust de la Comédie-Française.        <br />
       Avec les voix de : Denis Podalydès, Christian Gonon de la Comésie-Française et Suzanne Duthu Harlez.       <br />
       Dramaturgie : Laure Grisinger.       <br />
       Scénographie : Hélène Jourdan.       <br />
       Costumes : Colombe Lauriot Prévost.       <br />
       Lumières : Diane Guérin.       <br />
       Son : Vanessa Court.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mars au 10 mai 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.        <br />
       Comédie-Française Hors les murs - Théâtre du Petit Saint-Martin, 17, rue René Boulanger, Paris 10ᵉ .        <br />
       Téléphone : 01 42 08 00 32.        <br />
       <a class="link" href="https://reserver.comedie-francaise.fr/event/68bb0be006dce3be066e3e25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/theatre-du-petit-saint-martin" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-petit-saint-martin</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-heros-ne-dorment-jamais-Une-plongee-clownesque-joyeuse-et-atypique-dans-l-univers-de-la-chevalerie-arthurienne_a4520.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !</title>
   <updated>2025-02-12T19:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-idoles-Le-monde-n-est-pas-seulement-une-chose-posee-la-j-y-participe-a-la-vie-a-la-mort-_a4151.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86432343-61485643.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-12T19:31:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une plongée autour des années quatre-vingt-dix avec des figures littéraires et cinématographiques qui nous ont quittées beaucoup trop tôt, fauchées par le sida. Dans une mise en scène de Christophe Honoré où se mêlent le passé et un futur post-mortem qui est celui de la postérité de chaque protagoniste, ils se retrouvent une trentaine d'années après leur mort, dans un présent qui est notre actualité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485643.jpg?v=1739386723" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie découvre une grande salle avec de longs piliers métalliques un peu défraîchis. Nous sommes dans une sorte de hangar désert. Jean-Luc Lagarce, Cyril Collard, Serge Daney, Jacques Demy, Hervé Guibert et Bernard-Marie Koltès sont présents.       <br />
       Caractéristique des pièces de Christophe Honoré, l'intime est souvent le squelette de la trame. Là, ce sont ses idoles littéraires et cinématographiques autour d'écrivains, de critiques et de réalisateurs.       <br />
              <br />
       Cela débute par Jean-Luc Lagarce (Julien Honoré) dans une charge contre Renaud Camus où il lit un passage de ce dernier sur le grand remplacement, chantre des discours les plus racistes, repris en écho par les identitaires et réactionnaires de l'extrême droite. Est posée tout au long du spectacle la relation au temps et de ce qui fait parfois postérité avec Cyril Collard pour &quot;Les nuits fauves&quot; (1992). Le temps est le contexte dramaturgique dans lequel, au travers du théâtre dans le théâtre, les protagonistes sont dans une échelle temporelle décalée, projetée dans un futur après leur décès. Ils prennent en effet en compte l'actualité présente pour une plongée dans leur passé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485644.jpg?v=1739386763" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Ils sont toutefois indépendants des horloges, car situés dans la postérité. Connus, plus ou moins célèbres du grand public, respectés, voire admirés dans leur milieu, ils ont un rapport assez distendu, excepté pour Cyril Collard, avec leur œuvre, parce qu'ils n'en parlent pas, ou peu. Nous nous retrouvons ainsi dans une introspection rétrospective où celui-ci se définit par ce qu'il a fait en écho à une postérité qu'il n'a pu connaître et qu'il décrit. Collard fait ainsi allusion aux procès d'intention dont il a été victime, alors qu'il était déjà décédé, et qui ont fait tomber dans l'oubli des projections &quot;Les nuits fauves&quot;. Dans le public d'ailleurs, un spectateur a marqué, à ce moment-là, son désaveu à l'encontre de Collard sans connaître vraisemblablement la réalité des faits.       <br />
              <br />
       Pour chacun d'eux, qui parle au final ? C'est Christophe Honoré, ou celui qu'il incarne en tant que dramaturge, qui fait exister, dans un espace-temps qui s'étire sur une échelle qui peut être infinie, des célébrités qui sont tout autant des artistes souvent engagés, par leur existence passée, que des personnages, grâce à leurs traits théâtraux.       <br />
              <br />
       Christophe Honoré fait revivre ses idoles des années quatre-vingt-dix. Tous étaient célèbres, mais frappés par le sida. Une perte effroyable à une époque qui a charrié des raccourcis, de la peur et beaucoup de rejet contre les homosexuels. C'est dans ce rapport à soi, aux autres et face à la mort que Christophe Honoré fait revivre ces personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485646.jpg?v=1739386788" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La musique est très présente avec, entre autres, &quot;Saturday night fever&quot; (1977) des Bee Gees. Jean-Marie Koltès (Paul Kircher) chante et joue de la guitare un moment. Il y a aussi la chanson des Doors &quot;When the music's over&quot; (1967) qui démarre le spectacle dans une chorégraphie où les protagonistes lèvent les deux bras en l'air pour ensuite les redescendre, le tout de façon un peu courbe avec un tronc assez droit sans qu'il y ait de tension. C'est un déplacement chorégraphié dans lequel un jeu de relations et de récits s'organise, à tour de rôle. Ils se disposent les uns aux autres de manière théâtrale avec cette danse, anodine en apparence, mais qui crée une relation au public, à dessein, non naturelle. Car ils sont en représentation.       <br />
              <br />
       Plus loin, la danse refait son apparition avec Marlène Saldana en solo, dans une chorégraphie tout en tension dans laquelle les mouvements sont vifs et amples. Elle finit avec le tronc et les jambes dénudés, comme dans un souffle de pulsion. Il y a aussi un long monologue de Marina Foïs (Hervé Guibert), à dessein, monocorde, un tantinet alimenté par le poids du destin. Sa voix est unidirectionnelle, comme dans un même souffle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485687.jpg?v=1739386821" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Une complicité est établie entre eux, tous dans un rapport à l'autre où les monologues, qui sont plutôt des récits qu'ils se font chacun à eux-mêmes, mais aussi au public, s'immiscent dans des relations dans lesquelles les interactions sont très présentes. Dans cette relation bicéphale, l'assistance est autant considérée, comme si les protagonistes prenaient en compte son existence, qu'ignorée.       <br />
              <br />
       La scène est séparée en deux parties, avec le plateau principal où ils sont situés et une autre, uniquement visible par le biais de la vidéo, avec laquelle le jeu continue comme dans un autre espace, toujours rattaché à la même temporalité. Ainsi, le fil dramaturgique n'est pas que linéaire, il a aussi ses à-côtés qui donnent un aspect cinématographique au déroulé des scènes. Dans cet entre-deux, vient ainsi s'immiscer une temporalité qui déjoue la séquentialité de la dramaturgie. C'est aussi la vie avec ses bifurcations, ses actions multiples et parallèles qui sont mises en avant.       <br />
              <br />
       Les courtes vidéos permettent aussi d'isoler quelques moments, dans certains tableaux, qui mettent en exergue une personnalité, celle de Koltès par exemple, ou une scène intime. Au-delà d'un propos, c'est un silence, un non-dit, un désir qui sont filmés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485688.jpg?v=1739386854" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Comment a eu lieu la réunion de ces différentes personnalités artistiques ? Chacun est libre d'imaginer l'avant de cette rencontre. Ils se connaissent, sans que ce soit des rapports d'amitié, mais s'écoutent et se considèrent comme si chacun avait à s'exprimer dans une sorte d'agora avec le public en face. Des points de vue se mêlent et s'entremêlent où, par leur particularité et l'influence artistique que chacun d'entre eux a eue et a encore, Christophe Honoré les fait exister face à leur postérité parfois, face à la vie et à la mort toujours.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle dans lequel s'articulent nostalgie et actualité, et qui est à l'image de la dernière phrase de &quot;Les nuits fauves&quot; pour chacun des personnages… <span style="font-style:italic">&quot;Je suis vivant, le monde n'est pas seulement une chose posée là, extérieure à moi-même, j'y participe et ce n'est plus ma vie. Je suis dans la vie.&quot;</span>       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les idoles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485726.jpg?v=1739387062" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christophe Honoré.       <br />
       Mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Assistant dramaturgie : Timothée Picard.       <br />
       Avec : Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Marina Foïs, Julien Honoré, Paul Kircher, Marlène Saldana.       <br />
       Et l'apprenti du Studio - Esca : Lucas Ferraton.       <br />
       Scénographie : Alban Ho Van.        <br />
       Costumes : Maxime Rappaz.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière, assistée de Pierre Gaillardot.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 6 avril 2025.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 20 h 30 et dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 23 février, 2, 25, 26, 27 et 28 mars, 2, 3 et 4 avril.         <br />
       Théâtre Porte Saint-Martin, Paris 10e, 01 42 08 00 32.       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/" target="_blank">&gt;&gt; portestmartin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-idoles-Le-monde-n-est-pas-seulement-une-chose-posee-la-j-y-participe-a-la-vie-a-la-mort-_a4151.html" />
  </entry>
</feed>
