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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-13T23:48:21+02:00</updated>
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   <title>"Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !</title>
   <updated>2022-04-21T08:39:00+02:00</updated>
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   <category term="Danse" />
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   <published>2022-04-21T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voilà un mariage très audacieux entre Bach et la danse contemporaine. Le pianiste français Pierre-Laurent Aimard accompagné des artistes japonais Teshigawara et Sato nous dévoilent, au travers de leurs arts respectifs, une création majeure du compositeur allemand où les notes font un écho superbe aux gestiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63908428-45973226.jpg?v=1650478686" alt=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" title=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" />
     </div>
     <div>
      Sur scène est un long piano noir avec lequel le pianiste Pierre-Laurent Aimard interprète quatorze préludes de l'œuvre &quot;Le clavier bien tempéré&quot; (Das Wohltemperierte Klavier) de Jean-Sébastien Bach (1685-1750). Cette création musicale, bien qu'elle n'ait été que manuscrite du vivant du compositeur, est composée de deux cycles de vingt-quatre préludes et fugues. Ces deux recueils ont été composés pour le premier en 1722 pour être revu et corrigé par le compositeur jusqu'à sa mort, et le second en 1744. Chaque livre débute par la tonalité de do majeur, se poursuit par celle de do mineur, suivie de do dièse majeur et ainsi de suite, jusqu'à parcourir toute la gamme chromatique des vingt-quatre modes majeurs et mineurs.       <br />
              <br />
       Ces deux recueils sont l'une des œuvres les plus importantes de la musique classique. Ils ont été étudiés et admirés par de très grands compositeurs comme Mozart (1756-1791), Haydn (1732-1809), Beethoven (1770-1827) ou Chopin (1810-1849).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63908428-45973330.jpg?v=1650478725" alt=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" title=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" />
     </div>
     <div>
      Pour accompagner le pianiste Pierre-Laurent Aimard, les danseurs et chorégraphes japonais, Rihoko Sato et Saburo Teshigawara, tous deux originaires de Tokyo, enchaînent à tour de rôle des moments de danse en solo. Cela débute par Teshigawara, l'allure presque chancelante, comme porté par l'atmosphère tel un corps debout, mais presque sans vie. De ses attitudes, l'aspect humain est quasiment occulté par celui à dessein d'un pantin. Se dessine en effet sur scène une allure pantomimique dont la force gravitationnelle semble s'être évaporée pour être accueillie par le souffle des airs.       <br />
              <br />
       La démarche est faussement maladroite, parfois élégante avec de légères ondulations corporelles pour essayer de trouver un équilibre. Torse et jambes nus, habillé d'un simple boxer noir ou peut-être d'un maillot de bain, le danseur, tout au long de la représentation, prend du volume, son corps devenant plus ancré au sol même s'il est toujours aérien avec les membres supérieurs bien décollés du tronc et une position des jambes parfois arquée. Ses mouvements deviennent de plus en plus sûrs, avec une gestique prenant de l'allure et de l'élégance. Saburo Teshigawara finit par avoir des figures plus poétiques dans ses formes et ses assises.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63908428-45973331.jpg?v=1650478762" alt=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" title=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" />
     </div>
     <div>
      Rihoko Sato, tout habillé de noir, a de son côté des mouvements beaucoup plus vifs et rapides. Les membres supérieurs plongent vers le sol, la paume des mains, bien ouverte et presque tranchante, fait quelques plongées vers les planches comme celle d'une faux qui cisaillerait les airs. Les mouvements des jambes suivent en se déplaçant rapidement. La danseuse tourne parfois sur elle-même en faisant des demi-tours. Les gestiques sont pleines de fougue. La chorégraphie est très physique dans sa gestuelle quand celle de Teshigawara l'est dans ses déplacements et ses attitudes. L'une est beaucoup plus mouvante dans ses trajets quand l'autre est plus statique.       <br />
              <br />
       Autant dans la vitesse, les déplacements que la gestuelle, les deux chorégraphies sont antinomiques sans être toutefois réellement opposées. Elles se complètent même, comme miroir inversé l'une de l'autre. Quand le premier a le geste posé et très aérien, la seconde est très vive et ancrée au sol. Quand l'un sort de scène, l'autre arrive. Parfois, les deux se rejoignent, mais il n'y a pas de dialogue, d'interaction entre eux. Comme isolés l'un de l'autre. Ils ne se rencontrent pas sauf une seule fois, mais à distance, presque à dos tournés. Ce va-et-vient se poursuit durant toute la représentation, faisant que chaque artiste incarne et exprime à tour de rôle par leurs gestes, Bach.       <br />
              <br />
       Il y a un mariage audacieux entre la musique du compositeur allemand et les chorégraphies de Teshigawara et Sato, partenaires artistiques depuis plus de vingt-cinq ans. Le baroque embrasse la modernité, une modernité toujours aussi surprenante surtout quand elle est accompagnée par Bach !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le clavier bien tempéré" </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63908428-45973372.jpg?v=1650479420" alt=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" title=""Le clavier bien tempéré" Un Baroque bien contemporain !" />
     </div>
     <div>
      Extraits.       <br />
       Compositeur : Jean-Sébastien Bach.       <br />
       Chorégraphie, danse : Saburo Teshigawara.       <br />
       Chorégraphie, danse : Rihoko Sato.       <br />
       Piano : Pierre-Laurent Aimard.       <br />
       Conception lumières : Saburo Teshigawara.       <br />
       Coordination technique, régie lumières : Sergio Pessanha.       <br />
       Durée : 1 heure.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 12 au 14 avril 2022, du mardi au jeudi à 20 h 30 à la Philharmonie de Paris.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain</title>
   <updated>2020-03-23T08:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Grands-Soirs-de-l-Ensemble-Intercontemporain_a2692.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43915131-36092011.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-03-23T06:11:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après un Grand Soir numérique donné le 7 février à la Cité de la Musique à l'occasion de laquelle il a créé une œuvre de Yann Robin, l'Ensemble Intercontemporain a brillé un mois après à la Philharmonie pendant un week-end consacré à l'immense Steve Reich.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43915131-36092011.jpg?v=1584900296" alt="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" title="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" />
     </div>
     <div>
      Ensemble créé par Pierre Boulez en 1976, les Intercontemporain se consacre bien évidemment à la musique du XXe siècle et à celle du XXIe. Ces 31 musiciens solistes placés sous la direction du chef d'orchestre et compositeur Matthias Pintscher sont des arpenteurs passionnés des territoires gagnés de la musique, d'éminents voyageurs au service de l'exploration du son dans tous ses états. Mais bien plus encore. Ils l'ont encore montré début février à la Cité de la Musique pour un Grand Soir numérique qui faisait le bilan de la création à l'ère des nouvelles technologies dans le cadre d'une édition de la Biennale Nemo.       <br />
              <br />
       Rien de ce qui se crée ne leur est étranger. Ils interviennent partout : au sein de performances audiovisuelles, jamais loin de sculptures cinétiques, familiers des &quot;gestruments&quot; et habitués des modes de jeu se mêlant sans peine à l'informatique musicale, entre autres. Dans une soirée riche, propre à explorer l'espace de création entre arts et technologies, l'ensemble a créé les Triades pour contrebasse, ensemble et dispositif électronique de Yann Robin. Ce compositeur né en 1974 a pensé ses Triades à l'intérieur d'un grand cycle conçu autour de la contrebasse ; celle de Nicolas Crosse, le contrebassiste et soliste de l'Ensemble Intercontemporain - à qui l'œuvre est évidemment dédicacée (ainsi qu'à Robin Meier, le programmateur de Robin).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43915131-36092042.jpg?v=1584900330" alt="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" title="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" />
     </div>
     <div>
      Dans cette pièce où les outils numériques, la vidéo réagissent en temps réel à l'action physique du soliste sur son instrument, le son est traité par l'électronique et diffusé au travers d'un réseau de haut-parleurs disposés en dôme. Entre l'énergie impressionnante du contrebassiste sommé de lutter pour sculpter une matière inflammable et l'engagement total des vingt autres solistes parfaitement en phase (dont la harpe et deux pianos), cette création de Yann Robin, un des lauréats de la Fondation Royaumont et un fidèle de l'Ircam, a creusé sa différence dans un environnement déjà très inventif (Alex Augier/Alba G. Corral, Simon Steen-Andersen…).        <br />
              <br />
       Fort de la richesse de leur longue expérience et avec un appétit intact, l'ensemble a également brillé lors du week-end consacré à Steve Reich début mars. Ce fut l'un des derniers concerts donnés à la Philharmonie avant le grand confinement.        <br />
              <br />
       Dans la salle, beaucoup de jeunes et, clairement, un public bien plus large que celui qui d'habitude s'intéresse à la musique contemporaine. C'est bien sûr grâce à ce compositeur né en 1936 à New York qui a toujours su intéresser une très large audience. Pionnier de la musique dite répétitive ou minimaliste, le compositeur américain était à l'honneur pour trois œuvres dont une création française.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43915131-36092094.jpg?v=1584900626" alt="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" title="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" />
     </div>
     <div>
      Ce fut d'abord le Double Sextet pour ensemble, composé en 2007, pour un effectif sonorisé de deux fois six - donc pour douze musiciens (cordes graves au centre, bois aux extrêmes, deux vibraphones, deux pianos, et des percussions magnifiques). Les musiciens dirigés par la cheffe Lucie Leguay portent à l'incandescence l'energéia de cette vague infiniment roulée avec sa superposition de motifs répétés, continuellement décalée, extrêmement stimulante, créant la possibilité de multiples contrepoints simultanés entre instruments identiques. Une œuvre enthousiasmante, parfaitement maîtrisée ici par l'EIC.       <br />
              <br />
       Runner pour grand ensemble, composé en 2016, comprenant une vingtaine des solistes de l'ensemble, est une pièce qui nous a semblé moins intéressante. Cette nouvelle voie expérimentée par Steve Reich, jouant sur un tempo plus ou moins constant avec ses cinq mouvements joués sans interruption, ne s'extrait guère du commun d'une certaine écriture contemporaine plus convenue, avec ses variations et ses modulations aussi lissées que monotones.       <br />
              <br />
       Après l'entracte, retour à une œuvre des plus roborative due à la collaboration du peintre Gerhardt Richter, de la vidéaste Corinna Belz sur une musique de Steve Reich. C'est Moving Picture 946-3. Composée en 2018-2019, la partition de Steve Reich épouse la reproduction informatique de l'œuvre du peintre, in vivo sur grand écran. Selon le schéma de la division, des répliques en miroir et d'un éternel recommencement, l'œuvre offre une série d'images abstraites, de motifs plus ou moins denses colorés, d'anamorphoses qui épousent la musique hypnotique - jouant elle-même de sa géométrie minimaliste. Une expérience filmique et musicale qui s'apparente parfois à de l'abstraction psychédélique. Dirigé cette fois par George Jackson, l'Ensemble Intercontemporain transcende là encore ce geste radical et en fait un vrai morceau de bravoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43915131-36092116.jpg?v=1584900660" alt="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" title="Les Grands Soirs de l'Ensemble Intercontemporain" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochain concert après confinement ? :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 et 14 mai à 20 h 30</span> à la Philharmonie de Paris.       <br />
       &quot;Lost in dance/Pierrot lunaire&quot;.        <br />
       Saburo Teshigawara, L'art de l'épure.        <br />
       Musique : Arnold Schönberg, Alban Berg.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.ensembleintercontemporain.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; ensembleintercontemporain.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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