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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-06T22:27:10+02:00</updated>
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   <title>"Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !</title>
   <updated>2026-08-26T17:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ici-sont-les-dragons-Une-odyssee-revolutionnaire-epique-et-historique-_a4646.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97820320-68091500.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-08-26T16:37:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une grande épopée dont Ariane Mnouchkine a prévu plusieurs époques, le théâtre du Soleil nous plonge, pour la première époque, dans la Révolution russe. La mise en scène est au plus proche des faits réels de celle-ci, en utilisant les langues anglaise, ukrainienne et russe pour être au diapason des figures célèbres qui y ont pris part, en la combattant ou en la menant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091499.jpg?v=1736107219" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Toujours au rendez-vous, Ariane Mnouchkine, assistée d'Hélène Cixous dans une œuvre collective du Théâtre du Soleil, est fidèle à ses combats, à sa vision du 6ᵉ art et à son exigence artistique où est narrée, sur les planches, une grande épopée historique avec ses décors somptueux, son style de jeu, dans une première époque intitulée &quot;Ici sont les dragons&quot;, et qui en comportera d'autres.       <br />
              <br />
       Pour celle-ci, le spectre temporel s'étale entre 1916 et janvier 1918, diversement situé au Pas-de-Calais, en Picardie, à Kiev, à Petrograd, en Allemagne et en Ukraine de l'Ouest. La pièce relate les événements juste avant et pendant la Révolution russe de 1917, avec la chute du tsar Nicolas II (1868-1918) qui a donné lieu à l'éveil de la démocratie, suivi rapidement par la prise de pouvoir de Lénine (1870-1924) et de sa dictature.       <br />
              <br />
       La scénographie découvre un front de guerre avec son terrain recouvert de nappes givrées et de neige qui tombe par un mécanisme à dessein visible, où un comédien, côté cour, actionne une corde qui fait bouger en hauteur un long plateau fin pour la faire descendre. Situées côté cour, les coulisses du spectacle sont visibles durant toute la représentation. Dans celles-ci, une chorale de chanteurs entonne, durant un moment, un très beau chant. Il y a du théâtre dans le théâtre à de très nombreuses reprises avec la protagoniste principale, la metteure en scène (Hélène Cinque en alternance avec Dominique Jamblet), qui monte parfois sur les planches pour diriger les interprètes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091500.jpg?v=1736107256" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      La pièce est découpée en douze tableaux avec des décors changeants. Nous sommes en plein cœur d'un processus créateur artistique, la loge de la metteure en scène est située sous l'avant-scène, seul élément fixe dans la scénographie. Autour d'elle, il y a des manuscrits et des livres mettant en exergue un travail de recherche fait pour cette création. Elle doit choisir, ne pouvant tout montrer, comme elle le dit à l'un des personnages, soldat de son statut, qui l'interpelle lors d'une scène, car souhaitant qu'elle fasse référence à Karl Kautsky (1854-1938), homme politique germano-autrichien et théoricien marxiste, et à Nestor Makhno (1888-1934), révolutionnaire ukrainien.       <br />
              <br />
       Qui parle de Karl Kautsky et de Nestor Makhno ? Le comédien, citoyen de son art et porteur de l'engagement politique du Théâtre du Soleil, ou le combattant incarné luttant pour la souveraineté de son pays et militant auprès de Nestor Makhno ? L'interprète, soucieux de ce qu'il joue ou le personnage ? Le 6ᵉ art est mis en abyme sur ce qui relève de l'incarnation, de sa construction et de ses valeurs. Nous sommes ainsi situés dans un entre-deux de ce qui est théâtre dans le théâtre et théâtre dans son propos, de ce qui est joué et de ce qui est dit, les seconds termes bousculant toujours les premiers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091501.jpg?v=1736107293" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Autour de Churchill, Kerenski, Lénine, Staline et Trotski, une multitude de protagonistes apparaissent, dont beaucoup oubliés par l'Histoire. Les comédiens portent des masques pour incarner ces figures historiques. Ces accessoires font qu'ils ont un aspect froid et distant entre eux. L'expressivité faciale est donc absente, les humeurs et émotions ne pouvant transparaître. Le jeu verbal semble toujours en décalage entre le dit et le manifesté, mettant en exergue des hommes animés uniquement de calculs politiques. Elle montre ainsi le visage froid et implacable de l'Histoire.       <br />
              <br />
       En arrière-fond, la trame sonore du spectacle est basée sur des enregistrements en langues anglaise, russe et ukrainienne. Sauf pour la metteure en scène, le français est utilisé à de rares exceptions. Elles deviennent le lien essentiel qui relie les événements aux hommes qui les ont décidés. Elles sont ainsi supports d'immixtion d'une période dont elles sont le repère pour être au plus proche des faits. La langue devient ainsi un élément d'authenticité.       <br />
              <br />
       Dans ce rapport à l'autre que les comédiens entretiennent avec leurs personnages, tout passe par la présence physique et le jeu corporel. La fable, dans le cadre d'une optique baignée d'imagination, est ainsi mise en retrait par rapport aux faits réels. Le 6ᵉ art devient témoin historique permettant de combattre mensonges et &quot;faits alternatifs*&quot;. C'est ce qui est mis en exergue dans la première scène, quand la metteure en scène stoppe directement une interview télévisée de Poutine, projetée en arrière-scène, qui raconte sa &quot;vérité&quot;, en tordant les faits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091502.jpg?v=1736107324" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Dans le dernier tableau, elle filme, avec son téléphone portable, le palais d'hiver de Petrograd où la démocratie avait pris ses quartiers pendant quelques mois. La projection est faite en même temps sur grand écran, nostalgique d'une courte période en URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques) que l'on souhaiterait voir aujourd'hui en Russie, comme dans de nombreux pays sous égide dictatoriale et ailleurs où elle est de plus en plus malmenée par les fake news.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* &quot;Alternative facts&quot; (en V.O.), expression utilisée par la conseillère du président américain Donald Trump, Kellyanne Conway, le 22 janvier 2017, pour minimiser les impacts de l'appréciation à dessein erronée de Sean Spicer, porte-parole de la Maison-Blanche, du nombre de participants, la veille, à l'investiture du président.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ici sont les dragons"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091503.jpg?v=1736183306" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      <b>Première époque, 1917 : La Victoire était entre nos mains.</b>       <br />
       Création collective du Théâtre du Soleil, en harmonie avec Hélène Cixous.       <br />
       Dirigée par Ariane Mnouchkine.       <br />
       Musique composée par Clémence Fougea, jouée à chaque représentation avec Ya-Hui Liang.       <br />
       Compositions musicales : Dimitri Chostakovitch, Sergueï Prokoviev et Yevhen Adamtsevytch, Ilia Chatrov, Fritz Cohen, César Franck, Reinhold Glière, Gustav Holst, Mykola Leontovytch, Edmund Meisel et Richard Wagner.       <br />
       Comédiens : Hélène Cinque, Dominique Jambert, Nirupama Nityanandan, Aline Borsari, Alice Milléquant, Omid Rawendah, Sébastien Brottet-Michel, Seear Kohi, Andréa Marchant Fernandez, Andréa Formantel Riquelme, Agustin Letelier, Farid Joya, Élise Salmon, Ève Doe-Bruce, Vincent Mangado, Samir Abdul Jabbar Saed, Judit Jancsó, Pamela Marin Munoz, Vincent Martin, Seietsu Onochi, Vijayan Panikkaveettil, Reza Rajabi, Jean Schabel, Shaghayegh Beheshti, Xevi Ribas, Dimitri Leroy, Duccio Bellugi-Vannuccini, Ariane Hime, Maurice Durozier, Astrid Grant, Tomaz Nogueira da Gama, Sava Lolov, Clémence Fougea.       <br />
       Voix : Ira Verbitskaya, Egor Morozov, Judit Jancsó, Martin Vaughan Lewis, Brontis Jodorowsky, Arman Saribekyan, Judit Jancsó, Alexey Dedoborsch, Cyril Boutchenik, Rainer Sievert, Johannes Hamm, Sacha Bourdo, Yuriy Zavalnyouk, Anna Kuzina.       <br />
       Musiciens de l'orchestre : Agustin Letelier, Ya-Hui Liang (percussions), Andréa Marchant Fernandez (saxophone), Vincent Martin (piano), Xevi Ribas (clarinette), Elise Salmon (basse).       <br />
       Durée : 2 h 45 avec l'entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97820320-68091504.jpg?v=1736183282" alt=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" title=""Ici sont les dragons" Une odyssée révolutionnaire, épique et historique !" />
     </div>
     <div>
      Première Époque : 2 h 45 avec l'entracte.       <br />
       Deuxième Époque : 3 h 10 avec l'entracte.       <br />
       Les jours d'intégrale il y aura 1 h de pause entre les deux époques.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 30 septembre 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et dimanche à 13 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles : 25 décembre 2024, puis du 1ᵉʳ au 7 janvier 2025 inclus.       <br />
       Deuxième Époque : mercredi et jeudi à 19 h 30, dimanche à 14 h, un vendredi sur deux à 19 h 30, un samedi sur deux à 14 h.       <br />
       Première Époque : un vendredi sur deux à 19 h 30.       <br />
       Intégrale : un samedi sur deux à 14 h.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/notre-theatre/les-spectacles/ici-sont-les-dragons-2024-2470" target="_blank">Voir calendrier.</a>       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ       <br />
       Téléphone : 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Theatre/Cartoucherie-Theatre-du-Soleil/163" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ici-sont-les-dragons-Une-odyssee-revolutionnaire-epique-et-historique-_a4646.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle</title>
   <updated>2026-06-05T11:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est-Un-spectacle-indispensable-a-la-memoire-humaine-pour-traverser-la-barbarie-du-XXe-siecle_a4576.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96855559-67514063.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-05T11:08:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Rainer Sievert a mis cinq ans de gestation avant de mettre au monde ce nouveau spectacle. C'est le temps qu'il a fallu pour regrouper toutes les documentations recueillies auprès de documentaristes, d'historiens, ou trouvées dans de vieux cartons de lettres et de photos remisées dans un grenier et collecter des souvenirs d'anciens. Le temps aussi pour repousser les zones d'ombres, pour tenter de leur donner un peu de lumière. Ce récit, devenu pièce à part entière, naît de l'histoire familiale de son créateur, Rainer Sievert.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514063.jpg?v=1780650712" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'objet de ces recherches est une mythologie familiale, comme il en existe à peu près dans toutes les familles : il s'agit des huit ans que ce grand-père, Wilhelm, passa dans les goulags staliniens à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le pourquoi, le comment et les conditions de cette incarcération, Wilhelm ne s'épanche jamais jusqu'à sa mort dans les années soixante-dix. Un mystère que son petit-fils, comédien chevronné (Ariane Mnouchkine, Guy Pierre Couleau…), va découvrir et en faire la trame de ce spectacle qui, sous une apparente simplicité, est en fait un théâtre hors norme.       <br />
              <br />
       C'est un drame dont il s'agit, mais le comédien-auteur réussit à garder l'ironie vitale, cruelle et salutaire, et la distance nécessaire pour offrir à notre imaginaire la narration de la vie de ce grand-père, une vie totalement bouleversée et corrompue par la violence de la grande Histoire incarnée par Adolf Hitler et Joseph Staline. Extirpé de la ferme qui l'avait vu naître par la conscription de l'armée allemande en 1942, transformé en maillon de la chaîne meurtrière de l'organisation fasciste, puis capturé par l'armée rouge, condamné pour crime de guerre à 25 ans, envoyé au goulag, il reparaît dans la ferme familiale en 1953. Ses trois enfants ont bien changé, lui aussi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514067.jpg?v=1780650734" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'art de Rainer Sievert et la magistrale intelligence de son texte font que le récit ne tente à aucun moment de s'éloigner de la dimension humaine. Et pourtant, tous les éléments historiques qui accompagnent le destin captivant de Wilhelm sont non seulement évoqués, mais entrent totalement dans la dramaturgie du récit. Les avancées de l'armée hitlérienne sur le front de l'Est sont soigneusement représentées sur de larges projections, ainsi que la position à l'extrême Nord-Est de la Russie des Goulags les plus implacables du régime stalinien. Mais toujours, la présence &quot;minusculement&quot; humaine de Wilhelm sur les cartes d'état-major géantes demeure le centre énigmatique du récit.       <br />
              <br />
       Le parallélisme entre les folies des deux dictateurs, Hitler et Staline, mais également entre l'histoire de cet aïeul et la narration de la quête de ce petit-fils dans les archives du monde (celles de France, d'Allemagne et de Russie, recherches plus difficiles avec le nouveau dictateur Poutine), actualisent complètement ce spectacle. La beauté du geste vient du fait que l'auteur ne cherche jamais à porter un jugement. Ce sont les questions que ce texte émet qui importent. La danse qu'effectue Rainer Sievert accompagné de Manuel Langevin sur ces dix années de folie meurtrière paraît presque surnaturelle, presque magique et libératrice, mais reste une menace possible pour notre avenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514091.jpg?v=1780650757" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Rainer Sievert n'est pas seul sur scène. Manuel Langevin, au milieu de ses multiples instruments, est une présence essentielle, car la musique qu'il sécrète tout au long du spectacle est d'une rare exigence. Sans jamais venir s'imposer au récit, laissant une place vitale au texte, sa partition totalement éclectique, d'instruments et de sonorités, s'intègre à l'histoire et la porte parfois vers l'émotion. Avec, en plus, ce qui peut nous sembler inaudible, mais qui participe au spectacle comme le silence : <span style="font-style:italic">&quot;… je travaille sur la création d'un silence, d'un faux silence, d'un silence qui n'en soit pas un. Une texture ouverte, un bruit blanc...&quot;</span>, dit Manuel Langevin.       <br />
              <br />
       Dans un dispositif scénique qui dispose de différents espaces capables d'incarner différents lieux, Rainer Sievert évolue en prise directe avec le public. Point de filtres apparents. Mais une jolie maîtrise de la narration qui jongle avec nos émotions comme avec la temporalité du récit, passant du tragique le plus net à l'ironie qui sauve et au danger toujours possible aujourd'hui. Ainsi demande-t-il soudain au public : Est-ce que votre sac est prêt ?       <br />
               <br />
       Un tout petit grain d'angoisse qui se tapit au fond des cœurs, un grain que le grand-père Wilhelm n'a pas reçu, qui l'aurait averti que son tranquille avenir serait du jour au lendemain totalement explosé et que lui-même ne serait plus lui-même quelques années plus tard par la magie des pouvoirs auxquels nous sommes soumis dès la naissance.       <br />
               <br />
       La mise en scène de Lionel Parlier renforce le parti-pris du texte. Elle permet de faire circuler le comédien dans les différents espaces de la scénographie et des projections vidéos. Avec des changements de rythmes et d'adresses régulières, elle impulse la vitalité nécessaire au récit. Elle fait le lien harmonieux entre la musique, la lumière et le texte, et comme dans chacune de ces spécialités, ne s'impose jamais, mais porte sans trêve l'histoire.       <br />
               <br />
       La magie de ce spectacle est qu'il est capable de créer un sentiment de fraternité avec l'humain que l'on devine écrasé par l'Histoire, malgré peut-être, sans doute, de façon certaine les atrocités auxquelles celui-ci a participé. Ainsi, le cœur reste roi ici, et la crainte de l'abominable toujours présente.       <br />
              <br />
       Et, comme d'injuste, j'ai oublié de parler de l'interprétation de Rainer Sievert. C'est presque normal puisque son corps, sa voix, son regard intense sont intégralement et exclusivement dévoués au récit, à l'imaginaire qu'il propulse dans l'espace autour de lui. Un talent riche qui fait oublier l'individu, auquel pourtant il faut bien rendre hommage puisque pendant plus de deux heures, il parvient à donner images et émotions, et sens et questionnements, et connaissance et humanité.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bopkyta, le voyage à l'Est"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514120.jpg?v=1780650776" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rainer Sievert.       <br />
       Collaboration texte : Valérie Moinet.       <br />
       Mise en scène : Lionel Parlier.       <br />
       Avec : Rainer Sievert et Manuel Langevin (musique, multi-instrumentiste).       <br />
       Dramaturgie : Marc Wels.       <br />
       Scénographie, lumière, images : Wilfried Schick.       <br />
       Traitement des images : Philippe Cybille.       <br />
       Musique Manuel Langevin       <br />
       Musicien : Joris Sievert.       <br />
       Création son : Étienne Martinez.       <br />
       Création costume : Delphine Capossela.       <br />
       Compagnie Free Entrance.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée du spectacle : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mai au 14 juin 2026.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12e.       <br />
       Réservation : 07 59 26 80 97.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Spectacle/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est/96718" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est-Un-spectacle-indispensable-a-la-memoire-humaine-pour-traverser-la-barbarie-du-XXe-siecle_a4576.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2026-05-15T17:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4558.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96576533-67329186.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-16T08:12:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329183.jpg?v=1758631932" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329184.jpg?v=1758631970" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329185.jpg?v=1758632002" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329186.jpg?v=1758632030" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Justes"</b></div>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Gémeaux, Salle du Dôme, 10, rue du Vieux Sextier, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 60 72 20.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0700/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0700&EventId=81&request=QcE+w0WHSuDuCZkki2yATaAg5JfRtHo3H4cZag+6wo+9VpWAP/nBkf+kYg2TBFTL" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeaux.com/" target="_blank">>> theatredesgemeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4558.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2026-01-06T12:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4444.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93555692-65363362.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-06T12:54:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363359.jpg?v=1758631932" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363360.jpg?v=1758631970" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
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      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363361.jpg?v=1758632002" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
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      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363362.jpg?v=1758632030" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Durée : 1 h 15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 9, 10, 13, 18, 21, 22, 23, 24, 25, 29 et 30 janvier ; 4, 13, 14, 15, 26, 27 et 28 février.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=319&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/WgLP2pZ84nDXKDobgb2Fyz2miDK5S2arH53Cu1lVlXQ=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://www.theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2025-10-09T10:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4361.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91274284-64196400.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-23T14:50:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
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    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196400.jpg?v=1758631932" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196410.jpg?v=1758631970" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196422.jpg?v=1758632002" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91274284-64196426.jpg?v=1758632030" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
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      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
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      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Durée : 1h15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 4 janvier 2026. </span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6e.       <br />
       Téléphone : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=319&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/WgLP2pZ84nDXKDobgb2Fyz2miDK5S2arH53Cu1lVlXQ=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://www.theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
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    ]]>
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