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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-13T16:05:46+02:00</updated>
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   <title>•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…</title>
   <updated>2023-07-09T08:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Monsieur-Proust-A-la-recherche-de-Celeste-un-amour-de-servante_a3654.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-08T12:34:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand la lumière se fait sur le "plateau écrin" du Petit Louvre et que dans son halo se détache de dos l'actrice gainée dans une longue robe noire et bottines lacées aux pieds, nous reviennent les mots de Flaubert : "Ce fut comme une apparition". Céline Samie, ex-sociétaire de la Comédie-Française, et Céleste Albaret, dame de compagnie de Marcel Proust durant ses huit dernières années d'existence, ne feraient-elles qu'une ? Entretiendraient-elles ces deux femmes – au-delà des trois premières lettres de leur prénom qu'elle partage – des correspondances électives propres à nous faire chavirer dans le monde de "La Recherche du temps perdu" ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73940475-51430717.jpg?v=1688814501" alt="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" title="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" />
     </div>
     <div>
      Troublant ces mots égrenés par un alter ego énonçant comment, après quelque soixante années de silence, &quot;elle&quot; s'est décidée à sortir de son mutisme. Des confidences sans fard, car qu'aurait-elle à gagner à quatre-vingt-deux ans à vouloir falsifier ce que fut la parenthèse essentielle des années 1914 à 1922 passées au service de l'auteur d'&quot;Un amour de Swann&quot; ? Mentir se serait bien sûr mentir à soi, mais encore plus mentir à lui, l'homme admiré à qui elle voue un amour (platonique…) bien au-delà de sa disparition.       <br />
              <br />
       Son visage s'éclaire lorsque le temps retrouvé prend place en elle, lui redonnant l'éclat des traits de la jeune femme qu'elle était alors… Le sourire de l'écrivain, sa main sur sa joue, traces mnésiques prenant corps lorsqu'elle les évoque. Dès lors, elle dévidera devant nos yeux captifs les mille et un jours et nuits de cette improbable rencontre ayant conduit la jeune femme d'un village de Lozère à Paris pour épouser Odilon, un chauffeur de taxi qui avait parmi sa clientèle un certain… Marcel Proust.       <br />
              <br />
       La délicate attention du télégramme au papier bleu adressé à Odilon pour le féliciter de son mariage… Le soin porté à elle, pour distraire son ennui en lui confiant la distribution d'exemplaires dédicacés &quot;Du côté de chez Swann&quot; auprès d'illustres personnalités dont elle ignorait jusqu'au nom…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73940475-51430718.jpg?v=1688814541" alt="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" title="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" />
     </div>
     <div>
      Et l'immense joie qui la saisit lorsque lui revient les deux premiers coups de sonnette &quot;pour le croissant&quot;. L'intense émotion d'entrer dans la chambre où, du lit de cuivre émergeant d'une fumée à couper au couteau - celle des fumigations dissimulant le visage de l'asthmatique -, seule la chemise blanche était distincte. Et le bonheur à peine caché du départ du fidèle valet à la guerre… libérant la place. <span style="font-style:italic">&quot;Voudriez-vous condescendre à soigner un malade ? Vous me ferez seulement mon essence de café&quot;</span>, lui avait-il demandé avec grâce.       <br />
              <br />
       Avec une seule chaise comme accessoire, la comédienne occupe l'espace en tous sens, rendant sensible les étapes de ce voyage immobile traversé par les joies et les peines, les heurs et malheurs s'affichant comme des instantanés sur son visage-paysage reflétant les émotions enfouies… L'extase du séjour à Cabourg - là où il l'a appelée Céleste et non plus Madame -, le ravissement du soleil couchant admiré en sa compagnie. Le retour dramatique à Paris et sa crise d'asthme, ses étouffements si présents encore qu'une bande sonore en restitue les soubresauts douloureux.       <br />
              <br />
       Rentrant dans la vie de celui qui désormais va consacrer tout le temps qui craint lui manquer à l'écriture de sa &quot;Recherche&quot;, elle saisit avec finesse le sens de cette réclusion volontaire : se mettre hors du temps présent pour retrouver le seul temps qui lui tient à cœur et dont il fait œuvre, le temps perdu. Et si leurs relations gagnent encore en profondeur – lui, l'encourageant à écrire son journal, lui confiant ses secrets d'enfance, ses joies et ses peines d'écriture, elle, le soutenant inconditionnellement en lui proposant une solution pour les ajouts de &quot;Du côté de chez Swann&quot; –, elles donnent lieu aussi à des confidences savoureuses…       <br />
              <br />
       … où l'actrice joue avec un aplomb hilarant, et un plaisir palpable, l'inconstance du &quot;faux moine&quot; André Gide persuadant Gaston Gallimard de ne pas publier &quot;le roman du dandy&quot;, avant de venir pitoyablement au domicile de l'auteur qu'il décriait l'instant d'avant pour l'implorer de le recevoir… Madame Gide, quant à elle, donne droit à une interprétation &quot;grotesque&quot; dans le ton du personnage. En revanche, lorsqu'elle incarne Marcel Proust, elle le donne à voir avec une bonhomie enjouée, une tendresse taquine, à l'aune de l'amour que lui portait Céleste sous le charme comme son mentor de la sonate de Vinteuil.       <br />
              <br />
       Alternant avec maestria tous les registres d'émotions, Céline Samie, avec l'appoint des jeux subtils de lumières éclairant la mise en jeu tonique d'Ivan Morane, fait revivre devant nous une grande dame qui, toute domestique qu'elle fut, possédait une grandeur d'âme et une intelligence propres à séduire celles de l'auteur d'&quot;Un amour de Swann&quot;. D'ailleurs, si à la publication des entretiens de Céleste Albaret certains intellectuels ont cru bon de faire la fine bouche, c'est que sans doute il était dérangeant - pour eux - qu'une femme du peuple puisse avoir trouvé un tel écho chez leur auteur vénéré. Ainsi la servante Céleste a-t-elle trouvé en Céline l'interprète complice réhabilitant pleinement la femme d'esprit et de cœur qu'elle était.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 7 juillet 2023, Salle Van Gogh du Petit Louvre à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Monsieur Proust"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73940475-51430736.jpg?v=1688815050" alt="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" title="•Off 2023• "Monsieur Proust" À la recherche de Céleste, un amour de servante…" />
     </div>
     <div>
      D'après les entretiens de Georges Belmont avec Céleste Albaret,       <br />
       avec l'autorisation des Éditions Robert Laffont et de Sophie Belmont.       <br />
       Adaptation : Ivan Morane.       <br />
       Mise en scène, lumières : Ivan Morane.       <br />
       Avec : Céline Samie (ex-sociétaire de la Comédie-Française).       <br />
       Production Sea Art.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 Juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Le Petit Louvre, Salle Van Gogh, 23, rue Saint-Agricol, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 02 79.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-petit-louvre.fr/avignon/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-petit-louvre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Écrits dans une sorte de langue étrangère" Le bel objet dédié à Marcel Proust</title>
   <updated>2022-10-21T08:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ecrits-dans-une-sorte-de-langue-etrangere-Le-bel-objet-dedie-a-Marcel-Proust_a3421.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
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   <published>2022-10-21T07:34:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Trio George Sand et ses invités rendent hommage au génie de Marcel Proust, l'écrivain musicien, intercesseur de notre époque, dans un beau livre-CD dédié aux arts.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68170753-48027678.jpg?v=1666284968" alt=""Écrits dans une sorte de langue étrangère" Le bel objet dédié à Marcel Proust" title=""Écrits dans une sorte de langue étrangère" Le bel objet dédié à Marcel Proust" />
     </div>
     <div>
      Écrivain-musicien, c'est ainsi qu'Anne-Lise Gastaldi considère Marcel Proust. Pour la pianiste du Trio George Sand, quoi de mieux que de créer un bel objet (un livre assorti d'un disque) pour célébrer la modernité de Proust, cet ardent défenseur de toutes les formes d'expression artistique ? Et comme miroir tendu à notre époque, quelle meilleure idée que de donner rendez-vous à des écrivains (Belinda Cannone, Elsa Fottorino, Jérôme Prieur, entre autres philosophes, historiens et compositeurs) ?        <br />
              <br />
       Franck Jaffrès, l'ingénieur du son et directeur artistique n'est pas en reste. Tous partagent leur passion de Proust et dialoguent avec les musiciens pour enrichir cet hommage très pensé en l'honneur de l'auteur de la &quot;Recherche&quot;. Un génie, dont on fête toujours le centenaire de la naissance et qui a tant apprécié l'avant-garde de son temps dans nombre de disciplines. Voici par conséquent un hommage original qui entend conjuguer la culture classique avec des formes plus contemporaines.       <br />
              <br />
       Le mélomane éminemment proustien appréciera ainsi un objet faisant la part belle au texte avec des lectures de Comédiens Français, lesdits textes d'écrivains et des œuvres musicales contemporaines créées pour ce disque (ou aux Journées Musicales Marcel Proust, un festival qu'Anne-Lise Gastaldi dirige avec Pierre Ivanoff) par de jeunes artistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68170753-48027679.jpg?v=1666285005" alt=""Écrits dans une sorte de langue étrangère" Le bel objet dédié à Marcel Proust" title=""Écrits dans une sorte de langue étrangère" Le bel objet dédié à Marcel Proust" />
     </div>
     <div>
      Le livre n'offre néanmoins pas que des textes puisque ceux-ci sont accompagnés d'images inventées par un collectif de street artistes pensées pour un espace public fantasmé (et photographié) sous la direction de Cyrille Gouyette. Le mélomane amateur d'images mentales aimera aussi l'interprétation inspirée du fameux Trio n° 7 opus 97 &quot;À l'Archiduc&quot; de Beethoven par le Trio George Sand (avec Virginie Buscail au violon et Diana Ligeti au violoncelle) sur le premier disque. Un des meilleurs trios beethoveniens par son inspiration et sa richesse compositionnelle, encadré ici par des lectures envoûtantes de Loïc Corbery d'un extrait du premier tome de la &quot;Recherche&quot; sur la Sonate de Vinteuil et la magie de la première écoute.       <br />
              <br />
       Il lit aussi à la fin de cette première partie un fragment du &quot;Contre Sainte-Beuve&quot; sur les réminiscences. Ces <span style="font-style:italic">&quot;belles choses sur lesquelles nous écrirons (et qui) sont en nous&quot;</span> - réminiscences dont la raréfaction avec l'âge et le temps qui passe peut causer une affreuse stérilité. L'intervention un peu trop emphatique de Clément Hervieu-Léger comme narrateur dans une œuvre de Gérard Pesson plaît un peu moins sur le second CD.        <br />
              <br />
       À coup sûr, la musique est dans l'œuvre proustienne une vraie source d'inspiration, tel un véritable faisceau de thèmes développés dans tous les tomes de la &quot;Recherche&quot;, avec ses variations, ses inventions polyphoniques, harmoniques et tonales. Anne-Lise Gastaldi cite ainsi les &quot;Carnets&quot; de 1908 dans sa Note d'intention au début du livre : <span style="font-style:italic">&quot;Le bonheur n'est qu'une certaine sonorité des cordes qui vibrent à la moindre chose et qu'un rayon fait chanter&quot;</span> (ainsi &quot;l'homme heureux&quot; et l'écrivain).       <br />
              <br />
       Le style proustien implique donc une écriture musicale. Notons que Proust transforme positivement ici la proposition romantique lamartinienne (l'âme comme lyre mélancolique du monde). Anne-Lise Gastaldi remarque de surcroît que Proust a beaucoup décrit la musique, comme il a fait exécuter dans son appartement les derniers quatuors de Beethoven. Un musicien dont l'œuvre aura été décidément son <span style="font-style:italic">&quot;principal aliment spirituel&quot;</span> comme il l'affirmera lui-même.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le second CD veut faire la part belle à la création musicale contemporaine jouée par de jeunes interprètes, parfois compositeurs. Nous y retrouvons Jean-Frédéric Neuburger (&quot;Sehr bestimmt&quot; pour le violon acrobatique d'Aya Kono), Charles Heisser (pour deux &quot;Improvisations&quot;), Philippe Leroux, Mauro Lanza, Gabriel Marghieri, Pierre-Yves Macé - mais aussi Gérard Pesson pour des &quot;Portraits de Musiciens&quot; inspirés des &quot;Portraits de peintres&quot; écrits par Proust et mis en musique par Reynaldo Hahn (plus une &quot;Échelle et infusoire&quot; pour six mains magnifiquement défendue par trois jeunes élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional Alice Delmas, Kim Beroff, Dario Pirone).       <br />
              <br />
       On appréciera particulièrement la pièce de Noriko Baba, &quot;Au Pavillon de (Mr) Porcelaine&quot; pour Trio avec piano et soprano. La jeune compositrice propose avec une invention ébouriffante une œuvre très séduisante où jouent tous les états du souffle, de la voix, du chant, du jeu ou du toucher pianistique. La soprano Jennifer Tani, Anne-Lise Gastaldi et le Trio George Sand excellent à créer pour l'auditeur une utopie sonore bucolique, à l'exemple des descriptions proustiennes.       <br />
              <br />
       <b>● Trio George Sand &quot;Écrits dans une sorte de langue étrangère&quot;.</b>       <br />
       Label : Elstir.       <br />
       Sortie : 13 octobre 2022.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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