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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-16T13:37:59+01:00</updated>
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   <title>"Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…</title>
   <updated>2019-12-16T08:54:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Sang-des-vivants-Variations-communes--Allons-enfants-de-la-Commune_a2622.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2019-12-15T20:16:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ils sont poète, sculpteur, acteur, metteur en scène, musicien, chanteur, peintre… mais avant tout citoyens du même pays que celui qui vit naguère fleurir l'espoir d'un monde gouverné "justement" par celles et ceux qui en constituent le socle. Sous l'impulsion de Matthieu Boisset, ces héritiers - au sens de Pierre Bourdieu - se sont réunis pour "faire Commune" et clamer avec leur arme à eux, l'art, ce que vivre veut dire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40805953-34508003.jpg?v=1576438886" alt=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" title=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" />
     </div>
     <div>
      S'il est aventure humaine et citoyenne ayant fait souffler un vent régénérant de démocratie (directe), c'est bien celle de la Commune de Paris. Soixante-douze jours qui ont marqué à jamais l'Histoire en inscrivant en lettres de feu et de sang les aspirations d'un peuple prenant sa destinée en main. Certes la République du &quot;Versaillais&quot; Adolphe Thiers y mit fin en mai 1871 dans une répression sanglante proportionnelle au danger représenté par un peuple debout…       <br />
              <br />
       … mais la Commune n'est pas morte pour autant. 150 ans après, une troupe d'artistes bordelais &quot;azimutés&quot; la font revivre, animés chacun par l'esprit communard chevillé au corps. Habités par les idéaux qui constituent leur moi-peau, faisant corps avec leurs propos, ils se lancent dans de vifs débats où le respect de la parole de l'autre ne va pas sans l'affirmation effrénée de convictions fortes. On se croirait propulsés dans une séance de la Commune de Paris ou du Club des Femmes débattant en 1871 de sujets brûlants, au premier rang desquels l'abolition de la peine de mort, votée à l'unanimité dans l'enthousiasme général.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40805953-34508012.jpg?v=1576438945" alt=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" title=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" />
     </div>
     <div>
      Cette énergie collective traverse non seulement l'ensemble des tableaux, redonnant vie aux idées humanistes, mais propose grandeur nature un modèle de démocratie directe à jamais exemplaire. S'empoignant sans concessions, l'enjeu est d'aboutir à des décisions en accord avec les idées généreuses qui les fondent. L'effervescence parfois foutraque qui règne sur la scène est &quot;à la hauteur&quot; de l'insurrection ambiante, les paroles sont articulées à de réelles convictions aux antipodes des discours policés des politiciens rompus à la rhétorique.       <br />
              <br />
       Ces tableaux vivants - on pense à celui de Delacroix, &quot;La liberté guidant le peuple&quot;, 1830, autre révolte émancipatrice -, à haute densité dramatique, sont entrecoupés de pauses non moins percutantes où, chacun à son tour, seul ou en duo, va faire entendre sa voix singulière.       <br />
              <br />
       Morceaux de bravoure révolutionnaire comme le discours fougueux du citoyen Beslay - alias Michel Richard, habité par le rôle - prononcé à la tribune le 29 mars 1871, l'intervention radicale de la figure de proue de la Commune, Louise Michel - alias Dany Hubert -, ou encore le très bel échange joué par Benjamin Ducroq et Daniel Strugeon à partir d'un extrait de &quot;Dans l'ombre du brasier&quot;, du romancier contemporain Hervé Le Corre, prenant comme fond historique la semaine sanglante.       <br />
              <br />
       Poésies inspirées directement par la Commune, comme le puissant et limpide &quot;Aux rêveurs de monarchie&quot; extrait de &quot;L'année terrible&quot; de Victor Hugo - distillé magnifiquement par Mélanie Henel -, ou encore le plus hermétique &quot;L'orgie parisienne ou Paris se repeuple&quot; de Rimbaud, dit par Valentin Calonne de dos (choix métaphorique mais trop peu &quot;éclairant&quot;).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40805953-34508018.jpg?v=1576438998" alt=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" title=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" />
     </div>
     <div>
      Poésie contemporaine des extraits  de &quot;Là-Bas&quot; de la Libanaise Etel Adnan contant le cercle de mort du Moyen-Orient - interprété tout en délicatesse par Isabelle Jelen -, ou du poignant &quot;Aller-Simple&quot; du Napolitain Erri de Luca contant l'épopée tragique d'émigrés partis d'Afrique pour tenter de rejoindre l'Italie - égrené avec émotion palpable par Éric Chevance faisant corps avec les murmures de sa contrebasse.       <br />
              <br />
       Chansons au goût rock ou mélancolique, composées récemment ou à l'époque, toutes disant la révolte à fleur de peau et l'impérieux désir d'exister. Ainsi aux accents syncopés de &quot;Mai 2018&quot; s'échappant de la guitare furieuse d'Hervé Rigaud, succèdent ceux empreints d'une mélancolie enivrante de &quot;Jean Misère&quot;, texte écrit par Eugène Pottier en 1880, interprété à fleur de sensibilité par Marianne Perdu et Frédéric Guerbert au top de leur art vocal.       <br />
              <br />
       De même, Léa Cornetti, en transe face à l'horreur, délivre une version saisissante de &quot;La semaine sanglante&quot;, chanson écrite en pleine période de répression par Jean-Baptiste Clément. Quant à la chanson finale, que l'on doit à Matthieu Boisset pour le texte et à Benjamin Ducroq pour la musique, elle clôt à l'unisson ce florilège de poésie révolutionnaire.       <br />
              <br />
       Immersion de plain-pied dans le passé de jours historiques hors du commun, &quot;Le sang des vivants&quot; libère par capillarité l'énergie de croire en l'avenir du genre humain. Ainsi en se faisant l'écho présent du quotidien de la Commune de Paris édité par Jules Vallès en 1871 - &quot;Le Cri du peuple&quot; -, cette expérience performative et collective est de nature à s'emparer résolument des lieux communaux pour y disséminer l'esprit vivifiant de La Commune (poing)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Sang des vivants, Variations communes !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40805953-34508025.jpg?v=1576439051" alt=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" title=""Le Sang des vivants, Variations communes !" Allons enfants de la Commune…" />
     </div>
     <div>
      Tentative théâtrale.       <br />
       L'équipe : Matthieu Boisset, Valentin Calonne, Eric Chevance, Léa Cornetti, Benjamin Ducroq, Frédéric Guerbert, Mélanie Henel, Dany Hubert, Isabelle Jelen, Marianne Perdu, Michel Richard, Hervé Rigaud, Daniel Strugeon.       <br />
       Technique : Matthieu Chevet.       <br />
       Par la Cie Dies Irae.       <br />
       <a class="link" href="http://ciediesirae.fr/" target="_blank">&gt;&gt; ciediesirae.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Création les 22 et 23 novembre au Théâtre Le Levain, Bègles (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée en devenir.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Sang-des-vivants-Variations-communes--Allons-enfants-de-la-Commune_a2622.html" />
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   <title>"Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation</title>
   <updated>2019-10-26T09:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Qui-a-tue-mon-pere-Une-mise-en-pieces-d-un-pere-en-cours-de-rehabilitation_a2583.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/38686438-33646707.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-10-25T07:01:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On savait Stanislas Nordey acteur démesuré dont la dernière apparition dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes, sous les traits de Stan - un fils rebelle - tenant tête au patriarche de la création "Architecture", avait fait grand bruit. On le retrouve sur le plateau du TnBA, en fils tout aussi en colère mais pas pour les mêmes raisons. Impressionnant de conviction, habité par une force implacable, il interprète et met en scène le troisième roman éponyme d'Édouard Louis, écrivain faisant délibérément matière de ses blessures à vif.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646707.jpg?v=1571923774" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Après avoir éreinté son géniteur alcoolique et violent, homophobe et raciste, qui avait humilié sa jeunesse invertie, le jeune homme - c'en est encore un - revient au roman de ses origines pour mieux mettre en perspective la violence du père. En poussant la porte du prolétaire prostré, vieillard de cinquante ans broyé par le travail et à la santé délétère, il entame sur un plateau peuplé des reliques du corps paternel, un virulent monologue remettant les pendules à l'heure de l'Histoire.       <br />
              <br />
       Cette violence vécue par lui, l'enfant aux orientations &quot;déviantes&quot;, ces opprobres incessants proférés par un père dégradé, méprisé, outragé lui-même par toutes les insultes ravalées, de qui est-elle le nom ? Une violence peut en cacher une autre… celle des forces oppressives d'un système socio-politique ne faisant aucun cas de l'humanité des classes inférieures. Des mannequins de cire - figurant le père figé à jamais dans sa mort sociale - vont venir de tableau en tableau s'ajouter, témoignant combien cet homme a été vidé de sa substance.       <br />
              <br />
       Pierre Bourdieu et son paradigme de l'habitus social conduisant un individu à se conformer aux codes de sa classe pour survivre, traversent la pensée du fils. Requestionnant à l'aune de cet éclairage la colère provoquée par les comportements du père à son encontre, l'acteur se fait l'ardent porte-parole d'une accusation en règle du système les ayant générés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646752.jpg?v=1571923774" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      S'il a pu naguère être abject envers son fils, ce père brutal devenu l'ombre de lui-même, ces propos lui appartenaient-ils en propre ou n'étaient-ils que l'effet d'un conditionnement sociétal ? L'idée inculquée d'une masculinité à défendre coûte que coûte, exacerbée au point de traquer tout signe de féminité chez son rejeton, ne l'avait-il pas contraint à dissimuler ses propres goûts pour la danse, le travestissement, ou encore l'opéra qu'il regardait coupable à la télévision ? De même ce mépris affiché des études, vilipendées comme une soumission à l'autorité, était-il autre chose que la résignation masquée d'une classe qui sait en être exclue ?       <br />
              <br />
       Suivant pas à pas le parcours chaotique du père malmené par les diktats de classe assignant à chacun une partition écrite à l'encre sympathique par les dominants, le ton de l'acteur s'enfle pour devenir accusatoire tant l'histoire de ce corps &quot;momifié&quot; accuse l'histoire politique.       <br />
              <br />
       Les noms des gouvernants et de leurs lois et décrets, responsables de la mort sociale des travailleurs, vont être déclamés, proférés comme des cris de colère froide lancés à pleins poumons vers le ciel qui aura à les juger… Déremboursement des médicaments des Jacques Chirac et Xavier Bertrand, passage du RMI au RSA des Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch (obligeant ce père au dos broyé à prendre un travail de balayeur), loi travail dite loi El Khomri libéralisant les licenciements à tout-va des François Hollande et Manuel Valls, sans omettre les déclarations stigmatisantes d'un Emmanuel Macron à l'encontre des sans travail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646770.jpg?v=1571923839" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, l'histoire de ce père porte-t-elle dorénavant le nom de ces dominants dont les décisions n'ont fait que détruire à chaque fois un peu plus le corps abimé. La colère du fils s'est - légitimement - déplacée. Il ne s'agit plus de voir en cet homme, accablé par l'exploitation qu'il eut à subir, un père ayant exercé la violence, mais un père à qui la société a fait violence. Au fils maintenant de lui rendre justice. De plus ne lit-il pas ses livres qu'il offre avec plaisir ?       <br />
              <br />
       Scellant l'union du père et du fils, une révolution appelée de leurs vœux communs conclut cet éclatant manifeste politique. Incarné par un acteur charismatique détachant chaque syllabe comme un projectile acéré, le passage au plateau du roman éponyme ne fait qu'en amplifier la portée… Mais la force imparable du message martelé, en entraînant de facto &quot;l'adhésion&quot;, libère-t-elle l'espace du &quot;jeu&quot; nécessaire à la construction d'une rébellion qui soit nôtre ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Qui a tué mon père ?"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33646794.jpg?v=1571923878" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      Texte : Édouard Louis (publié aux Éditions du Seuil).       <br />
       Mise en scène : Stanislas Nordey, assisté de Stéphanie Cosserat.       <br />
       Collaboratrice artistique : Claire Ingrid Cottanceau.       <br />
       Avec : Stanislas Nordey.       <br />
       Lumière : Stéphanie Daniel.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Composition musicale : Olivier Mellano.       <br />
       Création sonore : Grégoire Leymarie.       <br />
       Clarinettes : Jon Handelsman.       <br />
       Sculptures : Anne Leray, Marie-Cécile Kolly.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       Créé le 12 mars 2019 à La Colline - Théâtre national, Paris.       <br />
       A été représenté du 15 au 18 octobre 2019 au TnBA, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38686438-33649785.jpg?v=1571935899" alt=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" title=""Qui a tué mon père ?" Une "mise en pièces" d'un père en cours de réhabilitation" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       23 janvier 2020 : CDN Orléans - Centre-Val de Loire, Orléans (45).       <br />
       25 au 28 février 2020 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       13 mai 2020 : Théâtre de Villefranche, Villefranche-sur-Saône (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu</title>
   <updated>2019-07-22T12:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2019-En-realites-Toute-la-misere-du-monde-remise-en-jeu_a2507.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35806484-32244247.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-22T12:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pierre Bourdieu et son équipe de sociologues avaient lancé un pavé de 1 472 pages dans la mare de la France "balladurienne" de 1993, alors même qu'une marée de droite déferlait sur les législatives, en publiant concomitamment, aux Éditions du Seuil, "La Misère du monde". Clin d'œil de l'Histoire se jouant des calendriers démocratiques, cette somme de témoignages de terrain, recueillis durant trois années d'intense labeur, avait connu un très vif succès de librairie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244247.jpg?v=1563793338" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
     </div>
     <div>
      Animés par une fougue communicative, Alice Vannier et ses interprètes s'emparent quelque vingt-cinq années plus tard de l'œuvre-monde du réalisateur de &quot;La sociologie est un sport de combat&quot; (autre opus marquant), pour réitérer l'exploit physique et intellectuel sur un plateau de théâtre… en y ajoutant la composante &quot;spectaculaire&quot; de leur touche artistique.       <br />
               <br />
       Dans une scénographie grouillante de trouvailles bureautiques et autres, se (re)construit devant nous, avec force humour dans la forme et beaucoup de sérieux dans le fond, l'œuvre &quot;bourdésienne&quot;. On pénètre dans les arcanes de sa fabrication en assistant de visu au travail d'une équipe, jeune et impliquée, affairée à réunir les différents feuillets pour remettre le lendemain matin au Seuil la dernière mouture avant qu'elle ne reçoive l'aval du &quot;bon à tirer&quot;.       <br />
              <br />
       L'effervescence qui règne sur le plateau, ménageant de nombreux flashbacks où les entretiens sont joués en direct, crée une dynamique euphorisante propre à évoquer l'excitation suscitée par la construction d'un tel ouvrage monumental. Sans jamais faiblir, le rythme tient en haleine. Alternant interrogations théoriques de haut vol - toujours portées par des personnages volontairement typés inspirant humour et sympathie - et entretiens concrets &quot;donnant corps&quot; aux analyses qui s'ensuivent, le propos se déplie tout &quot;naturellement&quot; et nous aspire infailliblement dans son sillage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244256.jpg?v=1563793361" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
     </div>
     <div>
      D'abord définir la méthode scientifique ayant présidé au recueil des données de terrain, recueil inspiré par une approche empathique du <span style="font-style:italic">&quot;sujet  qui n'est pas la source du mal, mais un de ses lieux de manifestations&quot;.</span> Mettre ainsi à l'abri de tout jugement les personnes conviées à confier, de là où elles sont, la &quot;version&quot; singulière de leur expérience. Comme le rappelle un des acteurs-sociologues citant Spinoza : <span style="font-style:italic">&quot;ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le premier tableau de témoins convoque trois lycéennes issues de collèges différents et racontant toutes combien le lycée leur apparaît le lieu-usine de la déshumanisation, préparant l'exclusion de celles et ceux qui, n'étant pas pas armés des codes susceptibles de passer outre le manque d'attention porté à leur personne, se sentent très vite &quot;hors-je(u)&quot;. Elles s'expriment, comme les autres témoins le feront, dans une oralité correspondant à leur âge et classe d'appartenance, ce qui confère aux propos une vérité criante.       <br />
              <br />
       Quant au discours récurrent lié à la propagande de la seule voie royale qui vaille, tenu indirectement par l'institution, relayé directement par les professeurs et amplifié par les parents, chacun étant &quot;la voix de son maître&quot;, il participe d'un tri non dissimulé visant à l'estampillage des élèves en les classant d'emblée par catégories hiérarchisées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244264.jpg?v=1563793394" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
     </div>
     <div>
      D'où la question surgissant de ce recueil de témoignages sur le rapport à l'institution scolaire : <span style="font-style:italic">&quot;Quelle est la responsabilité de l'école dans la perpétuation des inégalités sociales si l'institution scolaire entérine et promeut les écarts existants ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       D'autres tableaux se succéderont posant chacun, après l'exposé des témoignages, une question soumise à la réflexion collective.       <br />
              <br />
       Déposition d'une femme en recherche d'emploi ayant eu à subir les propositions de son supérieur réputé pour ce type d'agissements en direction du corps féminin. La question posée ensuite prend en compte l'ambiguïté des propos de la femme, condamnant le supérieur… tout en vantant étonnamment ses grandes qualités, comme si, malgré ses comportements abjects, il suscitait en elle une admiration secrète. La trajectoire sociale des deux présentant des similitudes, quel impact a-t-elle sur l'identification positive à son prédateur ?       <br />
              <br />
       Autre témoignage, sur fond des infos diffusées à la radio concernant les voitures incendiées de Vaulx-en-Velin, celui d'un gardien d'immeuble ayant toujours vécu là, communiste et s'interrogeant sur l'éventualité d'un vote Le Pen - &quot;pour essayer, un an seulement&quot; - tant l'évolution de son quartier le déconcerte. La question de la spirale descendante vécue par ceux qui ne disposent pas de filet social de protection, les faisant glisser du prolétariat au sous-prolétariat, est ainsi posée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244265.jpg?v=1563793422" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
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     <div>
      Quant à la question de la justice (l'injustice) sociale, elle trouve une réponse, &quot;pimentée&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;si on ne réagit pas maintenant (1990), dans trente ans, on se retrouve avec un banquier au pouvoir…&quot;.</span> Suivront d'autres témoignages comme ceux de ce jeune couple de SDF, exposé depuis l'enfance à des galères en chaîne, ou en encore de ce vieux travailleur algérien ayant vécu le drame du déracinement redoublé du conflit de loyauté envers son pays d'origine ; nulle part chez lui, il vit les affres de l'émigration.       <br />
              <br />
       Mais, si rudes soient les misères du monde, allant se nicher dans des positions inattendues, le dispositif scénique allège la pesanteur des témoignages en créant des moments de jubilation partagée, telles les saillies drôles des &quot;sociologues acteurs&quot; ou encore les feuillets de l'œuvre-monde volant comme des confettis avant d'être frénétiquement rassemblés pour… le  mettre au monde.       <br />
              <br />
       Quant au post-scriptum, il provoque un puissant et salutaire désir d'action : <span style="font-style:italic">&quot;ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire&quot;.</span> Un message &quot;riche&quot; d'enseignements, porté avec énergie, humour et intelligence par une troupe débordante  d'intuitions prospectives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En réalités"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244286.jpg?v=1563793620" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;La Misère du monde&quot; de Pierre Bourdieu.       <br />
       Adaptation Marie Menechi et Alice Vannier.       <br />
       Mise en scène : Alice Vannier.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Marie Menechi.       <br />
       Avec : Anna Bouguereau, Margaux Grilleau, Judith Zins, Adrien Guiraud, Hector Manuel, Sacha Ribeiro.       <br />
       Scénographie : Camille Davy.       <br />
       Conception lumière : Clément Soumy.       <br />
       Son : Manon Amor.       <br />
       Cie Courir à la Catastrophe/Antisthène.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Spectacle double lauréat du Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène 2018.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 23 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours impairs à 11 h 40.       <br />
       <b>Théâtre Le Train, Salle 1.</b>        <br />
       40, rue Paul Saïn.       <br />
       Réservations : 04 90 82 39 06.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredutrainbleu.fr/index.html" target="_blank">&gt;&gt; theatredutrainbleu.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35806484-32244288.jpg?v=1563793635" alt="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" title="•Off 2019• En réalités Toute la misère du monde remise en jeu" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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