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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:49:08+02:00</updated>
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   <title>"Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…</title>
   <updated>2026-03-25T19:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Paradoxe-de-John-Galerie-d-artistes-en-quete-de-re-creation_a4511.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-25T18:50:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"L'Effet de Serge"… "Le Paradoxe de John"… Philippe Quesne, et sa Cie Vivarium la bien-nommée, excelle en équations à un(e) inconnu(e). Sauf que si Serge, l'artiste pluridisciplinaire de 2007, habitait pleinement le plateau, le John de 2025 restera à jamais inconnu à cette adresse. Mais peu importe, cela ajoute à l'apaisante étrangeté des mondes que le metteur en jeu crée de performance en performance. Des univers à apparence ludique auxquels on ne peut avoir accès que si on est en capacité de se laisser aller à un doux lâcher prise pour ressentir les délices (cf. "Le jardin des Délices", 2023) d'une écriture théâtrale unique en son genre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811116.jpg?v=1774462199" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      Philippe Quesne fidèle à lui-même aime commencer ses performances en les raccordant à l'une de ses précédentes, en l'occurrence créée dix-huit années auparavant… <span style="font-style:italic">&quot;C'était l'appartement de Serge qui me l'a laissé pour en faire une galerie d'art. Imaginez une moquette violette au sol, un petit hélicoptère volant, une voiture avec ses phares, une table de ping-pong&quot;…</span> Ainsi la galeriste accueille-t-elle les trois artistes en désir de création. D'emblée, et avec eux, on découvre un espace hors sol où des objets d'une banalité avérée sont entreposés dans un désordre &quot;inspiré&quot;… Un escabeau, des bouteilles d'hélium, des chaises - celles de Serge, des plus ordinaires qui soient, pourtant la galeriste demande aux invités d'en prendre bien soin -, l'une d'entre elles, œuvre en cours d'installation, est hissée dans les cintres et désignée d'un titre haut en couleur : &quot;La spectatrice émancipée&quot;.       <br />
              <br />
       Le temps de la représentation, les textes de Laura Vasquez, poète à l'inspiration surréaliste, défileront sur des panneaux verticaux lumineux semblables à ceux utilisés pour les publicités urbaines, créant une atmosphère subvertissant le réel pour mieux le donner à voir. On peut y lire : <span style="font-style:italic">&quot;Il fut un temps où je connaissais les visages de l'avenir, car je savais qu'ils étaient en train de se former dans les visages du présent, et les tranches de la réalité se découpaient en sortes d'astres que je laissais venir les yeux fermés&quot;,</span> ou encore : <span style="font-style:italic">&quot;Comment la terre tournerait-elle s'il n'y avait pas de colorations sur les choses qui la composent ? Comment les poissons sans nageoires voient-Ils la vie ? Comment la vie voit-elle les poissons ?&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811117.jpg?v=1774462237" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      Immergés dans ce milieu d'observation d'un vivant décomposé par des regards neufs, nous assisterons, interpellés, médusés, amusés aux micro-découvertes du trio parcourant avec une naïveté éblouissante l'espace offert à leur imaginaire créatif. L'une voudra inhaler le gaz de l'une des bonbonnes, aussitôt reprise par la gardienne des lieux. L'autre apportera sa touche personnelle à l'œuvre en cours de réalisation en la recouvrant d'un film plastique transparent, geste artistique aussitôt complété par celui de la première, disposant aux pieds de &quot;La spectatrice émancipée&quot; sa paire de bottes. La sculpture sera rebaptisée &quot;Le Christ de ma mère&quot;… <span style="font-style:italic">&quot;À chaque jour suffit sa peine&quot;,</span> commentera en décalé la galeriste, que l'on devine ici pas entièrement convaincue.       <br />
              <br />
       S'enchainant dans une lenteur cotonneuse propre à laver les cerveaux des injonctions liées à la vitesse, une scène les verra s'approcher religieusement d'une autre installation minimaliste : deux tréteaux, une planche sur une bâche plastique. Là, un artiste invité viendra introduire dans un récipient de la mousse expansive créant instantanément des sculptures protéiformes, sortes de totems étendant leurs tentacules jusqu'au sol. Créatures aussitôt auscultées minutieusement au micro pour entendre leurs crissements, grésillements, grognements… jusqu'à ce qu'un <span style="font-style:italic">&quot;On peut faire comme une soirée mousse ?&quot;</span> ne vienne rompre ex abrupto le recueillement de circonstance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811137.jpg?v=1774462274" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      Deux des artistes s'enrouleront dans les rouleaux de la carpette pour disparaître sous le plancher où leur corps continuera à creuser des galeries. Air d'opéra, micros tendus pour inspecter là encore les sons des corps enfouis déclamant des poèmes de Laura Vasquez… le tout ponctué par les autocongratulations des performeurs célébrant leur création in situ. Mais comme toute œuvre d'art est <span style="font-style:italic">&quot;un beau mensonge&quot;</span> (cf. Stendhal) et se doit au nom de la Vérité même de l'Art d'être éphémère, ils s'ingénieront à massacrer à coups de pieds et poings rageurs leur création si superbe, l'aient-ils trouvée l'instant d'avant. Le tout ponctué d'un dissonant : <span style="font-style:italic">&quot;Ça dialogue&quot;</span>, créant une nouvelle rupture irrésistible dans la chaîne de (ré)création.       <br />
              <br />
       Des nuages de fumée s'échapperont encore d'énigmatiques formes humaines sommeillant sous des couvertures de déménagement. Comme des feux follets, les barres lumineuses verticales libéreront des fragments de la poésie éthérée … &quot;Le soir dans mon jardin… je mets des sculptures capables de soupirer… un guide pour les fantômes sourds… des armes qui ne blessent pas… ce sont des longueurs d'onde&quot;. Et là encore, rupture de registres introduite par la remarque prosaïque de la galeriste – <span style="font-style:italic">&quot;Ah oui… on lit beaucoup mieux&quot;</span> – saluant la mise à l'horizontale des supports où circulent les textes. On ne dévoilera pas plus longuement les surgissements d'inattendus venant rompre à l'envi la <span style="font-style:italic">&quot;manigance diabolique de la logique&quot;…</span> car, pour connaître ce qui se passe à l'intérieur des choses, ne faut-il pas les déplacer avec une infinie douceur ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811150.jpg?v=1774462344" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      C'est à ce pas de côté, fabuleux en tous points, que nous invite Philippe Quesne, lui qui, accompagné de sa complice en poésie insolite, Laura Vasquez, n'a de cesse de réveiller notre pulsion scopique – désir de voir, désir de &quot;ça-voir&quot; – en subvertissant notre vision ordinaire. Et c'est peu dire que cette nouvelle création, s'inscrivant dans le droit fil d'une œuvre en perpétuel devenir, procure un état d'émerveillement enivrant… à rapprocher de celui ressenti par le personnage de Lewis Carroll. Sauf que là, c'est au travers de l'illusion théâtrale - traitée comme une matière vivante - que se joue l'accès à un monde nous délivrant des assujettissements… de la folie ordinaire.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 12 mars 2026 dans la Salle Vauthier du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Paradoxe de John"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811154.jpg?v=1774462378" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      Conception : Philippe Quesne.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Philippe Quesne.       <br />
       Textes originaux : Laura Vazquez.       <br />
       Avec : Isabelle Angotti, Céleste Brunnquell, Marc Susini, Veronika Vasilyeva-Rije, Marc Chevillon.       <br />
       Costumes : Anna Carraud, assistée de Mirabelle Perot.       <br />
       Régie et collaboration artistique : François Boulet, Marc Chevillon.       <br />
       Collaboration technique : Thomas Laigle.       <br />
       Peintre décoratrice : Marie Maresca.       <br />
       Musiques : Noel Boggs, Fred Buscaglione, John Cage, Morton Feldman, Friedrich Hollaender, Lucy Railton, Franz Schubert, Demetrio Stratos, Riz Ortolani, etc.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       Créé le 7 novembre 2025 au Théâtre La Commune - CDN, Aubervilliers (93), pour le Festival d'Automne à Paris.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 10 au 13 mars 2026 au tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95611485-66811242.jpg?v=1774462969" alt=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" title=""Le Paradoxe de John" Galerie d'artistes en quête de (ré)création…" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 et 12 mai 2026 :</span> Künstlerhaus Mousonturm, Frankfurt am Main (Allemagne).       <br />
       7 et 8 octobre 2026 : Festival Actoral, impasse Montévidéo, Marseille (13).       <br />
       13 et 14 octobre 2026 : Théâtre La Vignette, Université Paul-Valéry, Route de Mende, Montpellier (34).       <br />
       20 novembre 2026 : Centre Pompidou, Parvis des Droits de l'Homme, Metz (57).       <br />
       24 au 27 novembre 2026 : Le Maillon, Théâtre de Strasbourg - Scène européenne, Boulevard de Dresde, Strasbourg (67).       <br />
       10 au 13 décembre 2026 : Maison Saint-Gervais, Rue du Temple, Genève (Suisse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…</title>
   <updated>2024-04-13T14:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Jardin-des-Delices-La-re-creation-du-Monde-selon-Philippe-Quesne_a3880.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79491327-57561029.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-13T12:30:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'il est un metteur en scène qui ne peut laisser indifférent, tant sa fantasy animalière à l'image de "La Mélancolie des dragons" et de "La nuit des taupes" prend allure de fable débridée, c'est bien l'artiste plasticien Philippe Quesne. Accueilli sur ce plateau pour "Swamp Club" (2014) et "Farm fatale" (2021), il refait son apparition au Carré… Présentant sa création écolo-visionnaire ayant eu les honneurs de la mythique Carrière de Boulbon lors du Festival d'Avignon, il signe là - avec délices - un nouveau volet d'une œuvre unique en son genre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561029.jpg?v=1713008272" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      Jetant son dévolu sur le célèbre triptyque de Jérôme Bosch, pris comme tremplin à son imaginaire fécond, il explore sa propre création d'un monde en re-devenir, un monde re-composé selon ses fantasmes ludiques. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le monde selon Philippe Quesne, tout aussi énigmatique que celui du peintre flamand du XVe siècle, réserve d'éblouissantes surprises dont la première est la présence sur le plateau d'un imposant bus peuplé d'étranges créatures… humaines.       <br />
              <br />
       Adepte de l'éloge de la lenteur, dans un silence abyssal, la troupe d'improbables visiteurs débarque. Yeux grands ouverts, ils scrutent cet espace inconnu d'eux à la recherche du lieu promis… Là, sur un lit de graviers divinement préparé, ils déposeront un gigantesque œuf extrait de l'arche sur roues. Diable, que va-t-il en éclore ? Énigme quesnienne… S'ensuit une procession circulaire où, guitare, tambourin, flûte, et autres trompettes accompagneront joyeusement les pratiquants. Vénérant leur idole ovoïde, l'objet de leurs caresses se détachera sur une toile-paysage de sable et de nuages peints en fond de scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561030.jpg?v=1713008290" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      Ce clin d'œil initial à la création du monde de Jérôme Bosch, revisitée de manière superbement iconoclaste, augure de ce qui va advenir de l'univers recomposé à l'aune de l'imaginaire flamboyant du Vivarium Studio… Ainsi le maître des cérémonies (démocrate inconditionnel des décisions prises après accord de chacun), du bus sanctuaire où il a pris place, invite ses compagnons disciples à le rejoindre pour une mystérieuse célébration. Un toast porté &quot;à qui nous savons et à ce qui nous reste à découvrir&quot; prend l'aspect d'une joyeuse libation écologique à base de plantes où romarin et thym encensent l'atmosphère.       <br />
              <br />
       Le cercle de paroles constitué est dans l'instant remis en question par la figure de l'ovale… Figure de l'ovale qui, mise au vote, recueille l'assentiment unanime des participants ; ce qui a pour effet immédiat de métamorphoser le cercle initial en &quot;ovale de la parole&quot;… Dans ce glissement du cercle à l'ovale, transparaît le désir subliminal de s'extraire des conversations convenues qui, par définition, tournent en rond. La parole ainsi désaliénée, et le geste tout autant, invite les participants à laisser libre cours à leur fantasmagorie personnelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561049.jpg?v=1713008355" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      Des phrases inspirées fusent, surréalistes au possible : <span style="font-style:italic">&quot;Trop loin à l'Ouest, c'est l'Est ?&quot;, &quot;Les cannibales ont-ils des cimetières ?&quot;.</span> Les comportements, eux aussi, se délient : les galops effrénés d'un cheval fougueux s'emparent du corps de l'un, pendant qu'une traversée terrestre sur une ligne imaginaire tracée à ras le sol mobilise les efforts surhumains d'un autre, funambule, et qu'une pyramide humaine s'improvise tandis que des corps se figent sur place, le tout interprété en pure innocence… celle d'avant le péché originel.       <br />
              <br />
       Dans le droit fil de la déconstruction de l'esprit de sérieux propre à ouvrir les yeux sur un monde follement plus enviable, l'un des membres de la confrérie, après avoir eu la délicate attention de solliciter le groupe pour obtenir l'autorisation de chanter, demande avec bienveillance <span style="font-style:italic">&quot;si l'on pouvait couper les grillons&quot;</span>… Une séance d'hypnose se traduit par le miracle des cheveux repoussés, une créature (faussement) diabolique toute de rouge vêtue apparaît entre deux valves de moule géante, un marteau-piqueur défonce le sol, un couple édénique coiffé de couronnes d'épines se promène main dans la main… Autant d'allégories religieuses… détournées avec exquise malice.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561110.jpg?v=1713008391" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      À la lecture du &quot;Cercle de l'Enfer&quot;, les événements s'emballeront. Grondements de tonnerre, éclairs et brumes épaisses envahissent l'espace. Le déluge venu du ciel s'abat sur les paisibles visiteurs, précipitant la question métaphysique trouant le présent de la représentation : <span style="font-style:italic">&quot;La Terre n'est-elle pas l'Enfer d'une autre planète ?&quot;.</span> L'Enfer (troisième volet du triptyque), c'est les autres, mais pas que… Aux squelettes voguant dans les enluminures de Jérôme Bosch répond ici un homme-squelette, venu là pour parler des mollusques et de lui-même. D'un air inspiré, il se lance corps et âme dans une logorrhée aux accents jubilatoires dont la première phrase résonne christiquement : <span style="font-style:italic">&quot;Ceci est ma volonté, et mon corps est ma volonté. Je pense à mon transit. Un lavement, c'est un retour aux origines. Et le son qu'il produit, c'est celui du centre de la Terre à l'intérieur de moi&quot;</span>. Ainsi soit-il de l'acte de purification.       <br />
              <br />
       L'œuf ausculté, minutieusement sondé, proposera, pour en finir avec le jugement des hommes, une destination céleste qu'une pierre jetée par le mollusque planétaire montrera du doigt… Miracle instantané ! Dans les cintres du théâtre un triangle étoilé brille effectivement de mille feux. Dans une excitation quasi hystérique et de bruits à l'unisson, le cercle d'élus égarés dans la salle du Carré des Jalles assiste à une naissance (asc)sensationnelle, divine si l'on en croit les témoins pressés ce soir-là dans les travées du théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561111.jpg?v=1713008435" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Le Jardin des Délices&quot;… restera désormais associé à la création paradisiaque de Philippe Quesne qui, accompagné de ses fidèles complices, réitère l'exploit de réaliser sur un plateau de théâtre un univers plastique et ludique aux effets euphorisant. Nous faisant communier de plain-pied avec les étoiles, nous resterons touchés ad vitam æternam par la grâce humaine de cette réécriture &quot;dé-lirante&quot; du triptyque de Jérôme Bosch.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 6 avril à la Scène Nationale du Carré de Saint-Médard-en-Jalles (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Jardin des Délices"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561163.jpg?v=1713009757" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      Création Festival d'Avignon 2023.       <br />
       Création librement inspirée du &quot;Jardin des délices&quot; de Jérôme Bosch.       <br />
       Conception, mise en scène et scénographie : Philippe Quesne.       <br />
       Assistant à la mise en scène : François-Xavier Rouyer.       <br />
       Créé et interprété par : Jean-Charles Dumay, Léo Gobin, Sébastien Jacobs, Elina Löwensohn, Nuno Lucas, Isabelle Prim, Thierry Raynaud, Gaëtan Vourc'h.       <br />
       Textes originaux : Laura Vazquez et des fragments de Shakespeare, Dante, Jan Van Ruysbroeck…       <br />
       Musiques : Henri Purcell, José Mário Branco, Roy Orbison, Jérôme Bosch, Giacomo Meyerbeer, Areski Belkacem, Bernard Hermann…       <br />
       Costumes et sculptures : Karine Marques Ferreira.       <br />
       Collaboration scénographie : Élodie Dauguet.       <br />
       Dramaturge : Éric Vautrin.       <br />
       Collaboration technique : Marc Chevillon.       <br />
       Son : Janyves Coïc.       <br />
       Lumière : Jean-Baptiste Boutte.       <br />
       Vidéo : Matthias Schnyder.       <br />
       Accessoires : Mathieu Dorsaz.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561193.jpg?v=1713009829" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      Régie générale : François Boulet, Martine Staerk.       <br />
       Régie plateau : Ewan Guichard, Fabio Gaggetta (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Cassandre Colliard.       <br />
       Régie vidéo : Matthyas Schnyder, Victor Hunziker (en alternance).       <br />
       Régie son : Janyves Coïc, Charlotte Constant (en alternance).       <br />
       Habilleuse : Estelle Boul, Cécile Delanoë (en alternance).       <br />
       Construction des décors : Ateliers du Théâtre Vidy-Lausanne.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le vendredi 5 et le samedi 6 avril 2024 à la Scène Nationale du Carré de Saint-Médard-en-Jalles (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 12 au 14 avril 2024 : Centro dramático nacional, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 27 au 28 septembre 2024 : Tangente St. Pölten Festival for Contemporary Culture, Sankt Pölten (Autriche)       <br />
       Du 26 au 27 novembre 2024 : Berliner Festspiele, Berlin (Allemagne).       <br />
       Du 29 au 30 janvier 2025 : Les 2 Scènes - Scène Nationale, Besançon (France).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79491327-57561198.jpg?v=1713009877" alt=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" title=""Le Jardin des Délices" La (ré)création du Monde selon Philippe Quesne…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Jardin-des-Delices-La-re-creation-du-Monde-selon-Philippe-Quesne_a3880.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création</title>
   <updated>2023-07-10T10:36:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Le-Jardin-des-delices-Main-basse-sur-la-Carriere-une-histoire-de-la-creation_a3659.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73966544-51443626.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-10T10:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Philippe Quesne, pour les vingt ans de sa compagnie, la bien nommée Vivarium Studio, ne pouvait rêver mieux que le décor vertigineux offert par la mythique Carrière de Boulbon. Sa fantaisie éco-créatrice hors normes (cf. "La Mélancolie des dragons", "La nuit des taupes", "Farm fatale") réclame des espaces à ses dimensions, des lieux hors frontières du réel dont le metteur en scène plasticien s'affranchit allègrement pour mieux le donner à voir dans des transpositions fulgurantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443626.jpg?v=1688978228" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      Ici, dans le cadre minéral de la Carrière vibrant d'histoires du théâtre, il explore très librement le célèbre triptyque de Jérôme Bosch pour proposer sa propre création d'un monde en devenir, un monde en (dé)composition. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le monde selon Philippe Quesne, tout aussi énigmatique que celui du peintre flamand du XVe siècle, réserve d'éblouissantes surprises…       <br />
              <br />
       Dans un silence saisissant, un bus prophétique poussé par une troupe d'improbables visiteurs s'avance au pied des falaises. Les passagers, égarés là, regardent avec grande curiosité cet espace qu'ils explorent longuement des yeux. Un gigantesque œuf – que va-t-il en éclore ? – est délicatement déposé par leurs soins sur un lit de terre minutieusement préparé. S'ensuit une procession où, guitare, tambourin, trompette et autres instruments accompagnent les pratiquants vénérant l'idole…       <br />
              <br />
       Ce clin d'œil initial à la création du monde de Jérôme Bosch, revisitée de manière &quot;délicieusement&quot; iconoclaste, augure de ce qui va advenir de l'univers recomposé à l'aune de l'imaginaire flamboyant du Vivarium Studio… Ainsi le maître des cérémonies (un démocrate dans l'âme, toutes les décisions seront prises en sollicitant l'accord de chacun), du sanctuaire du bus où il a pris place, invite ses compagnons à le rejoindre pour une étrange cérémonie. Un toast porté <span style="font-style:italic">&quot;à qui nous savons et à ce qui nous reste à découvrir&quot;</span> prenant l'aspect d'une libation écologique à base de plantes où romarin et thym mêlent leur parfum céleste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443654.jpg?v=1688978284" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      Le cercle de paroles constitué est dans l'instant questionné par la figure de l'ovale ; ovale qui recueille l'assentiment unanime de la troupe. Sans doute faut-il y voir – de manière certes &quot;elliptique&quot; – le désir salutaire de s'extraire de toutes conversations convenues tournant par définition en rond. La parole ainsi déliée et le geste tout autant invitent les participants à laisser libre cours à leur fantasmagorie personnelle. Des textes sont proférés, débridés au possible (&quot;Trop loin à l'Ouest, c'est l'Est ?&quot;, &quot;Une fois, je priais la bouche ouverte, une mouche est rentrée.&quot;), les galops effrénés d'un cheval fougueux s'emparent du corps de l'un pendant qu'une traversée terrestre sur une ligne imaginaire à ras le sol occupe un funambule, une pyramide humaine informe s'improvise, le tout interprété en pure innocence, celle d'avant le péché originel…       <br />
              <br />
       Dans le droit fil de la déconstruction de l'esprit de sérieux propre à ouvrir les yeux sur un autre monde, l'un, après avoir eu la délicate attention de solliciter le groupe pour obtenir l'autorisation de chanter, demande poliment &quot;si l'on pouvait couper les grillons&quot;… Dès lors les événements s'emballent… à la vitesse du temps de vivre. Une séance d'hypnose hallucinatoire se traduit par le miracle des cheveux repoussés, une créature tout de rouge vêtue apparaît entre deux valves de moule géante, un couple coiffé de couronnes d'épines se promène main dans la main, autant de tableaux d'allégories religieuses savoureusement détournées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443659.jpg?v=1688978310" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      Et quand l'orage vient à gronder et que le déluge venu du ciel s'abat sur les paisibles visiteurs, la question métaphysique troue le présent de la représentation : <span style="font-style:italic">&quot;La Terre n'est-elle pas l'Enfer d'une autre planète ?&quot;.</span> L'Enfer (troisième volet du triptyque de référence) c'est les autres… squelettes voguant dans la partie haute de la falaise, au-dessus des enluminures géantes du &quot;Jardin des Délices&quot;. Un mollusque planétaire énonce d'un air joyeux : <span style="font-style:italic">&quot;Ceci est ma volonté, et mon corps est ma volonté.</span> L'eau devient celle du lavement qui permet de pénétrer jusqu'au tréfonds des entrailles de la Terre pour la purifier, comme si le centre du monde était en soi.       <br />
              <br />
       L'œuf ausculté propose alors une destination qu'une pierre jetée par le mollusque planétaire montrera du doigt : au sommet du mont de la falaise, un triangle étoilé y brille de ses mille feux. Dans une excitation quasi hystérique et de bruits à l'unisson, la poignée d'élus égarés dans la Carrière assistera au miracle divin d'une naissance &quot;(as)sensationnelle&quot;.       <br />
              <br />
       Absolue beauté d'une écriture &quot;dé-lirante&quot; d'un tableau ô combien célèbre pour, dans l'écrin fabuleux de la carrière de Boulbon, proposer deux heures de pur bonheur artistique et ludique. Une &quot;création&quot;… de Philippe Quesne qui, accompagné de ses fidèles comédiens complices, inscrit ainsi en lettres de feu son nom dans la longue histoire des miracles vus ici.       <br />
              <br />
       <b>Vu le 7 juillet 2023 à la Carrière de Boulbon, dans le cadre du Festival In d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Jardin des délices"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443664.jpg?v=1688978335" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      Création Festival d'Avignon 2023.       <br />
       Librement inspirée du &quot;Jardin des délices&quot; de Jérôme Bosch.       <br />
       Conception, mise en scène et scénographie : Philippe Quesne.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Marion Schwartz, François-Xavier Rouyer.       <br />
       Avec : Jean-Charles Dumay, Laurent Gérard alias Èlg, Léo Gobin, Sébastien Jacobs, Elina Löwensohn, Nuno Lucas, Isabelle Prim, Thierry Raynaud, Gaëtan Vourc'h.       <br />
       Collaboration scénographique : Élodie Dauguet.       <br />
       Costumes : Karine Marques Ferreira.       <br />
       Collaboration dramaturgique : Éric Vautrin.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       Spectacle diffusé le 10 juillet sur ARTE.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 6 et 7, du 9 au 12, du 14 au 18 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 21 h 30.       <br />
       Carrière de Boulbon, Boulbon (13).       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443815.jpg?v=1688979065" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 26 septembre au 5 octobre 2023 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).       <br />
       12 et 13 octobre 2023 : Le Maillon - Scène européenne, Strasbourg (67).       <br />
       du 20 au 25 octobre 2023 : MC93, Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris, Bobigny (93).       <br />
       23 et 24 novembre 2023 : Maison de la Culture, Pôle européen de création et de production, dans le cadre du Festival Next,  Amiens (80).       <br />
       Du 29 novembre au 1er décembre 2023 : Théâtre du Nord, CDN Lille-Tourcoing-Hauts-de-France, avec La Rose des Vents – Villeneuve d'Ascq, dans le cadre du Festival Next, Lille (59).       <br />
       5 et 6 avril 2024 :  Carré-Colonnes, Saint-Médard-en-Jalles (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73966544-51443822.jpg?v=1688979129" alt="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" title="•In 2023• "Le Jardin des délices" Main basse sur la Carrière, une histoire de la création" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Le-Jardin-des-delices-Main-basse-sur-la-Carriere-une-histoire-de-la-creation_a3659.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées</title>
   <updated>2022-01-06T18:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Farm-fatale-Le-bal-des-epouvantails-en-terres-desertees_a3139.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/61436590-44781708.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-01-06T16:31:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après "Swamp Club", créé lors du festival d'Avignon de 2013, "La Nuit des Taupes - Welcome to Caveland !" en 2016, Philippe Quesne signe là son appétit démesuré pour tout ce qui touche à l'art… vivant. Creusant de toujours le même sillon, "Farm fatale" peut en effet être considérée comme la dernière-née d'une œuvre unique en son genre… Créer, sur un plateau de théâtre, un univers plastique "grandeur nature", le peupler d'êtres improbables afin de donner à voir poétiquement le passé d'une illusion, celle d'une espèce humaine triomphante régnant en maître absolu sur son territoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61436590-44781708.jpg?v=1641484387" alt=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" title=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" />
     </div>
     <div>
      Retour sur images… Dans &quot;Swamp Club&quot;, un marécage &quot;éclairé&quot; par une semi-obscurité et peuplé de plantes vivaces mises en pot laissait émerger une demeure montée sur pilotis, protégée par des hérons… en plastique. Jouxtant ce qui allait se révéler être un centre communautaire accueillant plasticiens, musiciens, écrivains survivalistes, une grotte adossée à la colline abritait une gigantesque taupe extrayant de fabuleuses pépites d'or propres à financer les projets de ces résistants hors-sol.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Welcome to Caveland !&quot;, les humains semblaient d'ores et déjà avoir disparu du paysage au profit de taupes qui, dans leurs galeries (d'art) souterraines, allaient en miroir donner à voir une communauté besogneuse, ripailleuse, paillarde. Comme Tirésias, l'animal aveugle voyant révélait notre condition humaine de manière ludique ou lubrique selon l'orientation de notre regard.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Farm fatale&quot;, plus de poignées d'artistes résistants, plus de fantasques taupes survivant sous terre. Plus de vie, ni humaine, ni animale… Mais de nostalgiques épouvantails, êtres hybrides mi-pantins articulés, mi-hommes masqués, ayant à cœur de recréer la vie d'avant, dont l'existence semble essentiellement hantée par la re-création de cris d'oiseaux et autres volatiles leur rappelant un temps béni d'eux-mêmes, un temps à jamais perdu et dont ils demeurent les seuls dépositaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61436590-44781726.jpg?v=1641484455" alt=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" title=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau éclairé artificiellement et tendu, en son fond, d'un écran d'un blanc immaculé, le vert étant passé de saison, de drôles de créatures aux allures post-humaines semblent avoir pris le relais des maillons d'une humanité définitivement absente. Portant fourches, bottes de paille, cochon en plastique, chantonnant à tue-tête, ces mutants s'apprêtent à s'adonner aux travaux champêtres dont auparavant ils étaient les simples témoins inanimés. L'un d'entre eux, muni d'une perche d'ingénieur du son, casque vissé aux oreilles, diffuse de précieux enregistrements de cris de merles, de pigeons, de rossignols, de pinsons, de caquètements, autant de trésors disparus les plongeant dans une douce et (mal)heureuse mélancolie.       <br />
              <br />
       Au son des archives sonores d'une radio diffusée par une parabole hissée au sommet d'une échelle, le slogan &quot;No air, no futur&quot; galvanise les épouvantails, manifestant - comme un seul homme - contre la pollution atmosphéraille. Sans omettre que, dans l'univers selon Philippe Quesne, la musique en live enrichit immanquablement de ses accents toniques le langage plastique. Ainsi les épouvantails musiciens brandissent-ils guitares électriques et claviers électroniques pour interpréter des airs échevelés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61436590-44781784.jpg?v=1641484790" alt=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" title=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" />
     </div>
     <div>
      Mais que nous racontent donc ces joyeux avatars d'une triste espèce - la nôtre - ayant, méthodiquement et avec une application surhumaine, contribué à son autodestruction ? Des histoires de fin d'un monde… Celle d'un fermier usé par le travail, s'étant mis à ne plus aimer ses vaches, ayant vendu son âme à de grands groupes adeptes de rendements intensifs chérissant le glyphosate de Monsanto comme une manne tombée du ciel, et étant finalement mort, lui et son entourage, de cancers divers et variés. Celle, racontée celle-ci par un épouvantail urbain, de jardins d'agrément remplacés par des immeubles géants oblitérant tout espace naturel. Ou celle encore rapportée par un épouvantail d'une ferme bio paradisiaque empoisonnée par les émissions industrielles. Sans parler de la myriade d'histoires d'agriculteurs désespérés dont ils ont été témoins passifs du suicide.       <br />
              <br />
       Des oiseaux ? Il ne reste aussi que leurs avatars sous forme de moulages plastiques mus par des fils. Aussi, quand une abeille miraculeusement survivante vient à traverser ce no man's land s'étendant à l'infini, l'occasion est trop belle pour ne pas l'interviewer en direct… To bee or not to bee, telle est la question essentielle à laquelle la demoiselle abeille se prêtera de bonne grâce, sans pour autant sombrer dans le sensationnel journalistique de la bee-sexualité, tendue comme une perche par l'apprenti journaliste épouvantail.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61436590-44781785.jpg?v=1641484831" alt=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" title=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" />
     </div>
     <div>
      Quant à l'œuf géant pondu par une créature improbable, une egg-périence contenant en son sein la promesse d'une arche de Noé, il apporte à cette fable dystopique, émaillée de saillies plastiques et sonores des plus réjouissantes, une ouverture ne faisant elle aucunement figure… d'épouvantail. Philippe Quesne tel quel, dont la poésie décomplexée et joyeuse - sa marque inaliénable de fabrique - se situe délibérément du côté de la fantasy, genre artistique explorateur de mythes en devenir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Spectacle vu le vendredi 17 décembre 2021 au Carré - Scène Nationale Carré-Colonnes, à Saint-Médard (33).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Farm fatale"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61436590-44781797.jpg?v=1641484866" alt=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" title=""Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées" />
     </div>
     <div>
      Conception, scénographie et mise en scène : Philippe Quesne.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Jonny-Bix Bongers, Dennis Metaxas.       <br />
       Avec : Léo Gobin, Sébastien Jacobs (rôle créé par Stefan Merki), Nuno Lucas (rôle créé par Damian Rebgetz), Anne Steffens (rôle créé par Julia Riedler), Gaëtan Vourc'h.       <br />
       Collaboration scénographique : Nicole Marianna Wytyczak.       <br />
       Collaboration costumes : Nora Stocker.       <br />
       Masques : Brigitte Frank.       <br />
       Création lumières : Pit Schultheiss.       <br />
       Création son, Robert Göing, Anthony Hughes.       <br />
       Dramaturgie : Martin Valdés-Stauber, Camille Louis.       <br />
       Traduction surtitrage : Harold Manning.       <br />
       Régie générale : Loïc Even.       <br />
       Régie lumière : Fabien Bossard.       <br />
       Régie son : Félix Perdreau, Grégory Adoir.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       En anglais, surtitré en français.       <br />
              <br />
              <br />
       La pièce &quot;Farm fatale&quot; de Philippe Quesne a été créée le 29 mars 2019 pour le répertoire des Münchner Kammerspiele, Munich, Allemagne.       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2022</b>       <br />
       Mercredi 23 et jeudi 24 mars 2022 : Les 2 Scènes, Besançon (25).
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     <br style="clear:both;"/>
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