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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T05:25:05+02:00</updated>
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   <title>•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?</title>
   <updated>2025-07-29T11:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-27T19:44:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand le jour pointe sur la Cour d'Honneur après quelque huit heures de représentation, un sentiment de libération explose dans des salves successives d'applaudissements nourris… Libération du plaisir intense ressenti lors de cette profusion de tableaux dantesques, s'enchaînant les uns aux autres sans que leur intensité dramatique ne faiblisse. Libération physique de la tension requise pour absorber, une longue nuit durant, ce déluge si enivrant soit-il. Libération enfin d'un discours daté par l'écriture de Paul Claudel qui, même si elle est ici revisitée avec humour et présentée sous un angle contemporain, n'en reste pas moins pesante tant la foi structurelle de ce catholique fervent (al)ourdit "Le Soulier".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634958.jpg?v=1753640292" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Éric Ruf, avec le talent que l'on lui reconnaît, ne pouvait pas ne pas avoir conscience de ces difficultés en s'attaquant à ce monument de la littérature et du théâtre. Non seulement l'ombre d'Antoine Vitez planait sur la Cour comme un mythe indéboulonnable, mais plus encore le côté lyrique de l'écriture &quot;passionnelle&quot; de l'auteur de référence posait un problème dramaturgique à résoudre. En effet, comment pouvoir mettre en jeu sur un plateau contemporain &quot;la passion&quot; (au sens christique) de Doña Prouhèze, passion vissée au corps et l'accompagnant jusqu'à la mort ? Le miracle (laïc) étant que le défi semble relevé…       <br />
              <br />
       Pour gagner d'emblée le public, en le mettant dans des conditions optimales de réception – un marathon éprouvant l'attend… –, les comédiens ont à cœur de déambuler dans la salle en prenant soin d'eux. En suivant, cette fois sur scène, l'annonceur commentera avec humour le sous-titre donné par Paul Claudel à la présente œuvre : &quot;Le pire n'est pas toujours sûr&quot;… Le détournant, non sans gourmandise, de son sens initial : annoncer aux pécheurs potentiels qu'eux aussi, à l'image de l'héroïne, pouvaient résister à la tentation de la chair en restant fidèles aux sacrements du mariage contracté devant Dieu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634963.jpg?v=1753640332" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Quatre &quot;journées&quot; pour balayer une trentaine d'années faisant voyager dans plusieurs villes (Madrid, Barcelone, Cadix, Prague, Mogador…), plusieurs pays (Espagne, Maroc, Japon…), plusieurs continents (Europe, Afrique, Amérique, Asie…) et océans à mi-distance entre l'ancien et le nouveau continent (on est au XVIe - XVIIe siècle, à l'époque des Conquistadors), un monde-univers qui va trouver en l'espace du gigantesque plateau de la Cour son cadre rêvé. Et pour traverser cet espace-temps aux allures phénoménales, deux annonceurs (Serge Bagdassorian et Florence Viala, tous deux débordant d'humour) vont proposer leurs services de guides éclairés et éclairant.       <br />
              <br />
       De décor fixe, point… si ce n'est la façade implacable trouée par les fenêtres du Palais où apparaitra Doña Prouhèze criant à tue-tête le nom de son bien-aimé (&quot;pour qu'il revienne&quot;). Mais des installations hautes en couleur accompagneront les nombreux déplacements des personnages habillés fabuleusement par le couturier Christian Lacroix. Un vrai régal pour les yeux que la robe de Doña Prouhèze, ou encore le costume de Don Balthazar, le transformant en bibendum débonnaire chargé de préserver l'héroïne des élans travaillant sa chair.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635012.jpg?v=1753640967" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      L'intrigue principale met au centre Doña Prouhèze, aimée follement par trois hommes. Don Pelage (le Juge austère), Don Camille (qui la poursuit de ses avances empressées et auquel elle cèdera… en l'épousant après le décès de son vieux mari) et Don Rodrigue (qu'elle aime d'un amour brûlant à jamais non consommé). Ouf… la morale chrétienne est sauve, y compris lorsque Paul Claudel, en &quot;catholique contrarié&quot;, écrit &quot;Le Soulier&quot; afin de tenter de se délivrer de ses propres amours illicites. D'autres intrigues viendront s'inviter. Comme celle des amours passionnées de Doña Musique avec le Roi de Naples, ou encore celle de &quot;la fille&quot; de Don Rodrigue (en fait l'enfant que Doña Prouhèze aura avec Don Camille, son deuxième époux) avec le très catholique Jean d'Autriche.       <br />
              <br />
       Les péripéties savoureuses donneront lieu à des morceaux dignes d'entrer dans une anthologie théâtrale… Parmi elles, on citera les affrontements entre le torturé et magnétique Don Camille (Christophe Montenez, d'une inquiétante étrangeté fascinante) et le séduisant, éthéré et illuminé Don Rodrigue (Baptiste Chabauty). Celles entre Doña Honoria (Danièle Lebrun, impertinente à souhait), mère de Don Rodrigue, et Don Pelage (Didier Sandre, hiératique), raide comme un i dans la foi qui le corsète. Celles qui mettent aux prises la truculente Doña Prouhèze (Marina Hands, rien moins que sublime, y compris dans ses excès), en &quot;femme au bord de la crise de nerfs&quot;, au bord de l'hystérie, avec les deux hommes qui la désirent chacun à sa manière.       <br />
              <br />
       Celles colorées par un humour assumé montrant Don Balthazar (Laurent Stocker, inénarrable) et l'ange gardien de Doña Prouhèze (Sefa Yeboah) s'échinant l'un et l'autre à protéger de ses élans vers le mal l'infortunée créature de Dieu dont ils ont reçu la charge. Ou cette rencontre improbable entre deux savants, discourant doctement à propos d'œuvres picturales mises en concurrence. Ou ce second chancelier (Dominique Sandre, dans un rôle opposé à celui du juge) bafouillant une bouillie de mots en appui de son roi.       <br />
              <br />
       Ou, plus grave, l'échange entre Don Camille et Le Chinois (Birana Ba, très convaincant) devisant, allongés au centre du plateau Ou le monologue inaugural du Père Jésuite (Alain Lenglet, fascinant lui aussi) arrimé à sa croix, dérivant tragiquement au gré des vagues en furie en déclamant sa tirade. Sans oublier l'ascension jubilatoire du ballon gonflé à l'hélium, faisant disparaître au-dessus des murailles du Palais le fameux Soulier donné à La Vierge… afin qu'elle ne puisse que claudiquer si la tentation prenait Doña Prouhèze d'aller vers le Mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635022.jpg?v=1753641101" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
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     <div>
      La réécriture alerte du texte, la mise en jeu des plus dynamiques, les costumes et décors envoûtants, l'interprétation flamboyante des actrices et acteurs de la Comédie Française (tous seraient à citer), autant de composantes de cette adaptation de nature à nous communiquer un plaisir palpable, nous conduisant avec ivresse et intérêt jusqu'au bout de la nuit…       <br />
              <br />
       … cependant, le trop-plein de considérations religieuses du texte originel, même si, ici, il a été délibérément &quot;revisité&quot;, finit par saturer l'espace de cerveau disponible en débordant sur le plaisir ressenti. À l'image de Doña Prouhèze et de ses amants potentiels, ravagés, elle comme eux, par la toxicité de préceptes religieux les empêchant d'aimer &quot;naturellement&quot;. À l'image encore de ce malheureux Don Rodrigue qui, après avoir été Vice-roi des Indes, se retrouve avec une jambe de bois suite à un séjour en prison au Japon, seul et sans le sou, condamné à vendre des images pieuses pour survivre. La chute (!) fixera le regard extatique du Saint qu'il est devenu, suppliant d'être donné à une religieuse en quête d'objets pour une vente charitable. Son deal ? Pouvoir contempler la Sainte Vierge dans la chapelle de sa communauté (Amen).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635128.jpg?v=1753642548" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
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     <div>
      Paul Claudel serait-il, malgré le génie artistique de ceux qui s'y attaquent, un auteur devenu infréquentable, tant ses préoccupations apparaissent obsolètes dans un monde contemporain travaillé par des interrogations humaines d'une toute autre importance ?       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 24 juillet 2025 à la Cour d'honneur du palais des Papes d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Soulier des Satin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635179.jpg?v=1753642579" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Texte : Paul Claudel.       <br />
       Version scénique, mise en scène et scénographie : Éric Ruf (de la Comédie-Française).       <br />
       Assistants à la mise en scène : Alison Hornus, Ruth Orthmann, Aristeo Tordesillas.       <br />
       Assistant à la scénographie : Anaïs Levieil.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Alain Lenglet, Florence Viala, Coraly Zahonero, Laurent Stocker, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Suliane Brahim, Didier Sandre, Christophe Montenez, Marina Hands, Danièle Lebrun, Birane Ba, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Édith Proust et Fanny Barthod, Rachel Collignon, Gabriel Draper.       <br />
       Musiciens : Vincent Leterme, Aurélia Bonaque Ferrat, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Assistants aux costumes : Jean-Philippe Pons, Jennifer Morangier, Aurélia Bonaque Ferrat.       <br />
       Lumière : Bertrand Couderc.       <br />
       Direction musicale : Vincent Leterme.       <br />
       Son : Samuel Robineau.       <br />
       Travail chorégraphique : Glysleïn Lefever.       <br />
       Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis.       <br />
       Durée : 8 h avec entractes (quatre parties avec trois entractes).       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 21 décembre 2024 à la Comédie-Française, Salle Richelieu, à Paris.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué les 19, 20, 22, 23, 24, 25 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635180.jpg?v=1753642623" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute</title>
   <updated>2022-12-05T21:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Samā-La-Lumiere-Exilee--l-Orient-et-l-Occident-interrogent-le-spirituel-a-travers-la-musique-le-chant-la-danse_a3462.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-12-06T07:04:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il faut parler de la forme, il faut parler du fond, ces deux éléments sont, dans "Samā' La Lumière Exilée", à la fois intimement imbriqués et semblent pourtant faire partie de deux mondes différents, deux visions du spirituel : l'une inscrite dans la culture chrétienne avec, pour guide, des poèmes de Paul Claudel, l'autre née de l'Islam avec un texte du poète persan Djalāl ad-Dīn Muḥammad Balkhi et surtout avec la danse de la derviche tourneure, Rana Gorgani (Samā' est le nom de la danse des derviches).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69404774-48544516.jpg?v=1670272049" alt="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" title="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" />
     </div>
     <div>
      Pour en revenir à la forme du spectacle né de l'imagination de Pierre Thilloy, elle met en jeu, d'un côté, un orchestre symphonique de près de cinquante musiciens (l'orchestre Dijon-Bourgogne), un chanteur lyrique, un récitant, un violon, un accordéon soliste et, de l'autre, un percussionniste/comédien, Habib Meftah, et la danseuse Rana Gorgani, une des rares femmes &quot;derviche tourneure&quot; au monde. Ces deux derniers sont d'origine iranienne. Pourquoi mettre ces deux groupes d'interprètes à part comme s'il s'agissait de les mettre en balance ? L'idée même du spectacle est plutôt la convergence, l'écho que ces deux civilisations, ces deux fois peuvent créer. Pourtant, à première vue, la puissance occidentale semble être gagnante sur la scène de la Maison du Peuple de Belfort.       <br />
               <br />
       La mise en scène de Frédéric Fisbach tente de rééquilibrer les forces en plaçant les deux représentants des arts du Moyen-Orient devant l'orchestre masqué par un rideau de tulle. Y parvient-elle ? Oui et non. Bien sûr, les regards convergent tout au long du spectacle sur les deux protagonistes en avant-scène, fascinés par les évolutions constantes de la danse soufie et par les incursions rythmiques de la calebasse dans l'ordre rigoureusement symphonique de l'orchestre et du chanteur. Mais l'épiderme du spectateur est dans le même temps caressé vigoureusement par les puissantes ondes de l'orchestre et du contre-ténor. Arrive alors une sensation assez rare : celle d'être soi-même le réceptacle, le résonateur de ce qui se passe sur scène. Ondes sonores, ondes visuelles parviennent à s'harmoniser en soi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69404774-48544517.jpg?v=1670272075" alt="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" title="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" />
     </div>
     <div>
      La composition musicale de Pierre Thilloy semble ne pas avoir de prélude. Elle s'inscrit dès les premières mesures dans un tempo et une musicalité de crise : tendue, tonique, sombre par moments. L'univers qu'il développe paraît d'un grand classicisme au départ, mais certaines ruptures dans le rythme ou dans l'harmonie donnent parfois un ton plus contemporain. Les musiciens de l'orchestre Dijon-Bourgogne, qui jouent la partition debout, offrent une interprétation dynamique, vive et sensible qui donne des ailes aux solistes vocaux ou instrumentaux.         <br />
               <br />
       Le sous-titre du spectacle exprime encore mieux son aspect si innovant qu'on ne peut lui trouver un tiroir où le ranger avec d'autres : songe symphonique pour récitant, derviche tourneure, solistes d'orient et d'occident, orchestre, électronique et lumières. L'unité se fait pourtant dans la thématique centrale du spectacle qui est la recherche de spiritualité, la quête de dieu et le doute. Le chant lyrique très proche des mélodies des chants sacrés chrétiens, les textes de Claudel qui expriment l'obscurité de celui dont la foi vacille et la danse derviche qui, dans sa longue et magnifique exécution, cherche à atteindre le divin en se défaisant de soi-même, en retrouvant une sorte de nudité originelle, sont la même quête et le même mouvement, à la fin desquels surgit l'apaisement. Ainsi, c'est dans l'espace sensoriel qui relie la salle à la scène que se réalise la fusion rêvée entre Orient et Occident.       <br />
              <br />
       <b>Vu le 29 novembre 2022 à la Maison du Peuple, Le Grrranit - Scène nationale, Belfort (90).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Samā' La Lumière Exilée - Opus 259"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69404774-48544525.jpg?v=1670272310" alt="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" title="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" />
     </div>
     <div>
      Adaptation de textes de Djalâl Ad-Dîn Rûmî et de Paul Claudel.       <br />
       Composition musicale et conception : Pierre Thilloy (artiste associé au Grrranit).       <br />
       Chef d'orchestre de l'Orchestre Dijon-Bourgogne : Joseph Bastian.       <br />
       Mise en scène : Frédéric R. Fisbach.       <br />
       Lumières et scénographie : Laurent P. Berger.       <br />
       Ddramaturgie : Walter Gratz.       <br />
       Derviche tourneure : Rana Gorgani.       <br />
       Avec : Frédéric R. Fisbach et Pierre Thilloy (jeu), Rémy Bres-Feuillet (contre-ténor), Habib Meftah Boushehri (percussion, ney, voix), Anthony Millet (accordéon), Quentin Vogel (violon), Oscar Nguyen (claviers, machines) et l'orchestre Dijon-Bourgogne.       <br />
       Captation vidéo et teaser : LCA Agency, Belfort.       <br />
       Modélisation et spatialisation son : Prosper Luchart in kHáOs       <br />
       Tous publics à partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       9 décembre 2022 : La Maison - Scène conventionnée Art et territoire, Nevers (58).       <br />
       13 décembre 2022 : Les Scènes du Jura - Scène nationale, Lons-le-Saunier (39).       <br />
       1 ou 2 dates à venir : Opéra, Dijon (21).       <br />
       Avril/mai 2023 : Italie.       <br />
       Autres dates en cours en 2023 : Festival Arabesques à Montpellier ; Théâtre national de Nice ; Chateauvallon Liberté - Scène nationale, Toulon ; Festival des musiques soufies de Fès, Maroc, etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69404774-48544606.jpg?v=1670272368" alt="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" title="Avec "Samā' La Lumière Exilée", l'Orient et l'Occident interrogent le spirituel à travers la musique, le chant, la danse et le doute" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé</title>
   <updated>2018-10-17T08:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cantate-a-trois-voix-Poeme-musical-danse_a2263.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/26536794-27246091.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-10-15T15:50:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De cette œuvre méconnue de Claudel, le compositeur et metteur en scène Tarik Benouarka, en donne une lecture rythmée. Le poème de l'auteur fait écho à une forte présence scénique où l'émotion soutenue par un violoncelle fait gracieusement chorus à l'œuvre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26536794-27246091.jpg?v=1539612943" alt=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" title=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" />
     </div>
     <div>
      Paul Claudel (1868-1955) au théâtre est toujours difficile à mettre en scène. La puissance du verbe, la haute valeur poétique des vers, la structure des phrases sont le cachet d'un homme, épris de passion, où sa vie se mêle indissociablement à son œuvre. Jouer l'amour impossible avec des mots sertis du langage particulier de l'auteur où l'alibi du désir donne toute licence poétique est difficile à retranscrire corporellement.       <br />
              <br />
       Du &quot;Partage de midi&quot; (1905) au &quot;Soulier de satin&quot; (1929), ses créations sont souvent liées à l'amour de sa vie, Rosalie Vetch* (1871-1951), rencontrée sur un bateau en 1905 en partance vers la Chine.       <br />
              <br />
       &quot;La Cantate à trois voix&quot; (1911) est une création où la figure, l'absence et le désir de Ysé, &quot;sa Rosalie&quot;, sont omniprésents. Ce sont trois images de femmes à des étapes différentes de l'amour avec Laeta, qui célèbre le fiancé, Fausta, l'exilée qui s'adresse à celui qui est loin et Beata qui incarne l'absence de celui qui n'est plus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26536794-27246236.jpg?v=1539612967" alt=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" title=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" />
     </div>
     <div>
      Le défi est bien relevé avec toutefois le rôle de Meyrieux qui incarne une présence en retrait, en pointillés quelque peu en déséquilibre avec ceux de Pauline Moingeon Valles et Mélodie Le Blay, remarquables dans leurs interprétations où le verbe se fait chair, où l'émotion sécrète son suc pour habiller la passion de son ardeur. La poésie qui se joue sur scène est bien articulée vocalement où la présence de l'une suivi des deux autres donne un bel ensemble en mouvement. Rien n'est statique.       <br />
              <br />
       Le décor est nu, seule une sorte de rocher s'impose côté cour. La scène est séparée par des rideaux légèrement transparents où, en arrière-cour, trône Éléonore Siala Bernhardt, la violoncelliste, où les trois comédiennes font aussi leurs entrées-sorties.       <br />
              <br />
       La poésie est incarnée émotionnellement, scandée par un rythme où la voix se fait étendard de l'amour. La parole habite le désir avec brio, l'absence est jouée. Toutefois, la gestuelle ne trouve pas toujours sa place. Les visages, les regards, la tension sont au rendez-vous mais la gestique, dans les déplacements dansés, manque un peu de pertinence, la présence étant suffisamment habitée par les comédiennes. La poésie respire par la tension, l'élément vocal et le corps. Car tout est dans le mot, son souffle et son rythme remarquablement bien porté dans les solos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26536794-27246255.jpg?v=1539613012" alt=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" title=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" />
     </div>
     <div>
      La musique de Tarik Benouarka, exprimée par le violoncelle de Siala Bernhardt, donne un bel habit, moins lourd à porter, à ce désir lointain où l'absence montre parfois son ombre. Elle en atténue tout le drame donnant une lisibilité scénique très agréable à la création de Claudel, les vers étant habillés de rythme. C'est ainsi que le poème devient une ode presque chantée où la passion s'incarne au-delà des mots dans un tête-à-tête à trois voix.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Sur sa tombe, en épitaphe, est inscrit ce Haïku de Claudel issu de &quot;Cent phrases pour éventails&quot; (1927), &quot;Seule la rose est assez fragile pour exprimer l'éternité&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Cantate à trois voix" </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26536794-27246265.jpg?v=1539613034" alt=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" title=""La Cantate à trois voix"… Poème musical dansé" />
     </div>
     <div>
      Texte : Paul Claudel.       <br />
       Mise en espace et mise en scène : Tarik Benouarka et Danièle Meyrieux.       <br />
       Avec : Danièle Meyrieux, Pauline Moingeon Valles et Mélodie Le Blay.       <br />
       Musique : Tarik Benouarka.       <br />
       Violoncelle : Éléonore Siala Bernhardt.       <br />
       Costumes : Victor Feres.       <br />
       Lumières : William Orrego Garcia.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Production Le Toucan Théâtre, 21-22, AgoraMusika.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 20 octobre 2018.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h 30, samedi à 16 h et 20 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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