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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-10T18:16:02+02:00</updated>
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   <title>"En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !</title>
   <updated>2025-01-27T21:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/En-une-nuit-Note-pour-un-spectacle-Pasolini-a-jamais-_a4137.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85955302-61197455.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-01-28T06:20:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est la 9ᵉ édition du festival "Les singuliers(es)" qui se déroule du 15 janvier au 15 février au CentQuatre-Paris. Théâtre, musique, danse et vidéo sont au programme. Focus sur une pièce dans laquelle Pasolini est rappelé à notre bon souvenir et où l'audace et l'humour font écho à l'acte politique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197455.jpg?v=1738010802" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie laisse découvrir une plage de sable avec une petite haie de bois la longeant en arrière-scène. La trame est l'assassinat de Pasolini (1922-1975) en Italie, à Ostie, qui s'est déroulé dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 novembre 1975. La justice a reconnu officiellement un assassin, Guiseppe Pelosi, condamné à un peu plus de neuf ans et demi de prison pour une affaire de mœurs avec Pasolini ayant causé la mort de celui-ci. Le meurtre reste un mystère, car il y a de grandes zones d'ombres et l'affaire de mœurs semblerait être loin de la réalité, Pelosi étant revenu sur ses déclarations contradictoires et certains témoignages n'auraient pas été pris en compte.       <br />
              <br />
       En 2015, Simona Zecchi, dans &quot;Massacro di un Poeta&quot;, a mené l'enquête qui démonte la supposée affaire de mœurs pour une possible vengeance, le poète, écrivain, réalisateur et scénariste italien s'étant fait par ailleurs, par ses prises de positions et ses écrits, bon nombre d'adversaires politiques d'extrême droite et mafieux.       <br />
              <br />
       &quot;En une nuit - Note pour un spectacle&quot; est une très belle pièce dans laquelle s'articule humour et théâtre dans le théâtre. Très belle, car elle lie la réalité à la fable avec des moments de tension et d'humour souvent déjantés. Entre ces deux aspects se déroule une relation avec l'assistance où celle-ci devient son propre rôle, à savoir celui d'incarner le public d'un spectacle qui se déroule. Nous sommes à la croisée d'une création qui se monte et d'une représentation en cours, comme face à un miroir qui se regarde dans son propre reflet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197456.jpg?v=1738010825" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
     </div>
     <div>
      Le public joue son propre rôle en assistant à celle-ci, que les protagonistes présentent comme élément de leur création. Celle-là a une double nature, celle réelle de ce pour quoi les spectateurs ont acheté leur place et une autre, imaginaire, car pensée et projetée scéniquement par les personnages. Cette dualité donne une dimension assez paradoxale à l'assistance, d'être son propre protagoniste, regardant un spectacle à deux faces, entre une réalité et son pendant théâtral, à charge à chacun de faire son choix.       <br />
              <br />
       Le &quot;spect-acteur&quot; est ainsi dans une fable dramaturgique en tant que protagoniste d'une pièce dont il est spectateur. Cette double caractéristique est aussi celle de comédiens qui jouent leur métier de professionnels du 6ᵉ art tout en incarnant par intermittence des caractères théâtraux, créant une passerelle entre gravité et facétie. La réalité est ainsi bousculée autant dans sa représentation que dans son appréhension.       <br />
              <br />
       Celle-ci démarre avec une artiste italienne (Justine Lequette) qui raconte sa rencontre et son travail avec Pasolini. C'est presque une scène de cinéma plongée dans l'obscurité, seul son visage est éclairé par une lumière jaune. C'est en italien surtitré en français, langue revenant à plusieurs reprises dans les tableaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85955302-61197468.jpg?v=1738010850" alt=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" title=""En une nuit - Note pour un spectacle"… Pasolini à jamais !" />
     </div>
     <div>
      Il y a différentes ruptures de jeu avec, entre autres, sur la plage, un défilé de mode un peu déluré comme sorti d'une autre fable. Ou ailleurs, les comédiens sont dans le public, jouant avec lui en l'interpellant. Le temps scénique s'étale sur plusieurs années, sans délimitation temporelle précise, avec un Pasolini mort, blessé ou vivant suivant les scènes, autour d'une troupe qui explique son projet au public en exprimant ses doutes et ses audaces.       <br />
              <br />
       Il y a de la tension, de la gaîté et de la gravité. On plonge aussi dans la pensée de l'écrivain, poète et réalisateur italien, à l'aide de ses propos et de ses interviews, ainsi que dans la création théâtrale d'une troupe. Les regards artistiques sont multiples, car ils s'articulent sur ceux du metteur en scène, de chaque comédien et de l'artiste italienne qui a accompagné Pasolini dans son travail. Chacun, à des moments différents, existe par lui-même autour d'une idée, d'un souvenir ou d'un point de vue. L'émotion cohabite avec la pensée, le présent avec le passé, le fait avec l'imagination.       <br />
              <br />
       L'avant-dernier tableau se déroule dans un silence qui dure de longues minutes, avec le corps de Pasolini allongé au sol, inerte. Comme une mise en perspective d'un assassinat qui pose encore question. La dernière scène est politiquement une image puissante et engagée, avec le drapeau de la Palestine allongé au sol en lieu et place du corps du poète italien. Une création audacieuse !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En une nuit - Note pour un spectacle"</b></div>
     <div>
      D'après l'œuvre de Pier Paolo Pasolini.       <br />
       Texte : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Mise en scène : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Avec : Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette, Eva Zingaro-Meyer.       <br />
       Collaboration à la mise en scène et assistant : Orell Pernot-Borràs.       <br />
       Scénographie et création costumes : Elsa Séguier-Faucher.       <br />
       Création lumières : Caspar Langhoff et Lila Ramos Fernandez.       <br />
       Régie générale et son : Antoine Vanagt.       <br />
       Régie lumière : Lila Ramos Fernandez.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antoine Herbulot.       <br />
       Regard artistique : Nicolas Mouzet-Tagawa.       <br />
       Regard dramaturgique : Nathanaël Harcq.       <br />
       Aide à la création sonore : Laurent Gueuning, Éric Degauquier, John Cooper.       <br />
       Coaching vocal : Brigitte Romano.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s'est déroulé du 8 au 18 janvier au Cent-quatre, Paris 19ᵉ, dans le cadre du festival Les Singuliers(es).</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 janvier au 15 février 2025.</span>       <br />
       <b>9e édition du Festival &quot;Les Singulier-es&quot;</b>       <br />
       Le CentQuatre-Paris, Paris 19ᵉ, 01 53 35 50 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.104.fr/" target="_blank">&gt;&gt; 104.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/En-une-nuit-Note-pour-un-spectacle-Pasolini-a-jamais-_a4137.html" />
  </entry>
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   <title>"Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !</title>
   <updated>2024-01-25T11:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Espace-Pasolini-Une-bien-belle-fabrique-artistique-et-humaniste-_a3797.html</id>
   <category term="Coulisses &amp; Cie" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77968658-56628475.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-24T07:30:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Focus sur un établissement où se côtoient résidence, recherche, créativité et transmission. Rencontre avec la directrice de l'Espace Pasolini, Nathalie Le Corre, afin de découvrir ce qui fait l'ADN et l'humus de cette structure implantée à Valenciennes et présente depuis plus de trente ans dans toute sa région par ses manifestations autant audacieuses, créatives que sociales.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77968658-56628475.jpg?v=1706037477" alt=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" title=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" />
     </div>
     <div>
      C'est un laboratoire artistique au cœur de Valenciennes. La désignation n'est pas choisie au hasard, elle est celle, officielle, de ce lieu situé dans un bâtiment aux vieilles pierres où les pas d'Henri Wallon (1812-1904), de Nungesser (1892-1927) voire des Ursulines ou de Mme d'Épinay (1726-1783) ont pu y faire écho tant l'endroit semble avoir épousé les époques passées.       <br />
              <br />
       Nous avons rencontré, lors des deux dernières éditions du festival Next en novembre 2022 et 2023, Nathalie Le Corre, directrice de l'Espace Pasolini, que nous avons ensuite interviewée début janvier. Née à Maubeuge, comédienne pendant une quinzaine d'années, puis assistante à la mise en scène et à la dramaturgie, elle a dirigé la compagnie théâtrale à l'origine de l'Espace Pasolini avant d'en prendre ensuite aussi sa direction.       <br />
              <br />
       Lieu fondé en 1991 par Philippe Asselin, dramaturge et metteur en scène, avec le &quot;jeune théâtre international&quot;, ils ont loué, devenu ensuite leur propriété en 2020, un entrepôt industriel qu'ils ont transformé en lieu de répétitions et de spectacles. Celui-ci découvre actuellement une grande cour ouverte à l'extérieur. Deux grands bâtiments abritent, entre autres, un plateau de 11 m x 10 m d'une jauge de 70 personnes et un studio, bétonné au sol, dédié aux performances.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77968658-56628477.jpg?v=1706037513" alt=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" title=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" />
     </div>
     <div>
      Le champ artistique a ensuite évolué vers la danse après la rencontre avec Alain Buffard (1960-2013) en 1998. Le chorégraphe et danseur français a estimé que le lieu était fait pour la danse. Ensuite est né le festival &quot;lignes de corps&quot; où sont venus, entre autres, Boris Charmatz, Xavier Le Roy, Claudia Triozzi, Jérôme Bel et La Ribot. Une autre grande rencontre a été celle avec l'actrice italienne Laura Betti (1927-2004) lors de l'inauguration de la structure. Elle est revenue en 1992 pour son interprétation de &quot;Una disperata vitalità&quot; (La vitalité désespérée) puis en 1994 pour un cycle cinéma où étaient projetés cinq-six films de Pasolini (1922-1975).       <br />
              <br />
       Par son histoire et sa raison d'être, l'Espace Pasolini est un endroit complice des artistes, du public et de la région, complicité qui s'établit sur une relation forte entre une œuvre, son créateur et son public. Ce sont les pierres angulaires de l'Art que la structure s'attache à mettre en exergue depuis ses débuts. Nathalie Le Corre dirige toutes ces actions dans des projets de créations, de résidences, d'insertions sociales et professionnelles. Philippe Asselin y développe depuis huit ans un laboratoire sonore où il travaille, de façon expérimentale, sur les percussions et la musique électronique afin d'accompagner des danseurs dans leurs créations.       <br />
              <br />
       Elle s'attache aussi à faire transmission, nous rappelle-t-elle à plusieurs reprises, comme la compagnie théâtrale à ses origines l'avait fait pendant de longues années pour les écoles maternelles jusqu'à l'université, dans un travail soutenu de sensibilisation sur le théâtre et la poésie. C'est avec cet ADN que leur rapport au public et leur implantation dans la région se sont construits.       <br />
              <br />
       Ce travail de transmission a aussi été engagé dans le projet &quot;Les traversées sensibles&quot;, qui a duré en 2016 et 2017, avec les patients du centre de cancérologie &quot;Les dentellières&quot;. Il se poursuit sous une autre forme avec &quot;S'inventer&quot;, qui a débuté en 2019, où durant 2 à 5 jours, par groupe de 10 à 12 personnes, des jeunes entre 18 et 25 ans, qui se cherchent et ont perdu pied scolairement et socialement, se retrouvent pour faire un travail sur le mouvement, l'énergie, l'intention, la volonté afin de comprendre ce qu'est un collectif dans le but de réussir à faire équipe en étant à l'écoute de soi et de l'autre. Ce projet est en partenariat avec &quot;Réussir en Sambre - Avesnois&quot; et des missions locales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77968658-56628482.jpg?v=1706037543" alt=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" title=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" />
     </div>
     <div>
      Autre projet lié à la même thématique est &quot;La relève&quot;, débuté en 2021. Il consiste à accompagner et soutenir des jeunes, au sortir de leur école de danse contemporaine, avec des chorégraphes. L'objectif est que ce temps de résidence leur permette d'acquérir un art de la création afin de les préparer au professionnalisme.       <br />
              <br />
       Nathalie Le Corre lie l'art autant aux créateurs qu'au public, l'œuvre autant à sa représentation qu'à ses répétitions, le spectateur autant curieux du cheminement créatif que du spectacle sur scène. La structure propose en effet une immersion du public dans les différents jalons d'une création autour d'ateliers, de répétitions, de débats et de discussions avec les artistes. Avec la transmission, c'est l'ADN même de l'Espace Pasolini.        <br />
              <br />
       L'approche est de travailler sur du long terme avec eux. &quot;Le temps est notre ami&quot; et l'équipe accueille, en moyenne, cinq à six productions sur dix ans d'un même artiste. Depuis les débuts, ce rythme et cette fréquence l'ont été pour plusieurs d'entre eux, permettant ainsi au public de les suivre sur plusieurs de leurs créations. Ceux-ci ne sont pas ainsi, pour les spectateurs, la découverte à un moment donné de leurs œuvres, objets de production, mais le résultat probable de tâtonnements, d'approches plurielles et d'évolutions dans leurs parcours, car l'Espace Pasolini &quot;n'accueille pas des spectacles, mais travaille avec des artistes&quot; et que &quot;c'est important que le public comprenne que les spectacles (…) sont quelque chose qui se vit dans le temps…&quot;.       <br />
              <br />
       Les festivals sont aussi très importants. Cofondateur de Next (2008) durant lequel l'Espace Pasolini, La Rose des vents, les Théâtres de Courtrai et la Maison de la Culture de Tournai ont décidé d'arrêter leurs manifestations respectives. C'est le cas aussi pour &quot;Lignes de corps&quot; (2000) pour le premier, afin de créer ce festival des arts vivants contemporains dans seize villes de l'Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai et à Valenciennes. Au printemps de chaque année, les &quot;Instants magnétiques&quot; sont aussi un autre moment fort pour la structure avec, entre autres, les représentations des créateurs venus en résidence pendant maximum dix jours pour chacun.       <br />
              <br />
       Autre manifestation de l'Espace Pasolini est &quot;Carrefour international&quot; (2002) qui se déroule tous les deux ans en mai-juin. Ce festival nomade va, avec 7 à 10 artistes traditionnels, à la rencontre de villages, bourgs, mairies, salles des fêtes et écoles du territoire du Valenciennois pendant un mois. Il y a été présenté, entre autres et au travers de leurs arts respectifs, un iranien avec son oud, un mauritanien avec son ardîn, des aborigènes d'Australie et des papous de Nouvelle-Guinée. Le laboratoire artistique travaille avec des ethnomusicologues pour cette manifestation. Une soirée de clôture est organisée au Phénix où ceux-ci créent une unique fois un spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77968658-56628746.jpg?v=1706040242" alt=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" title=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" />
     </div>
     <div>
      Le prix de la billetterie à l'Espace Pasolini est de 6 €, à l'image du lieu ouvert à tous. De 2021 à 2023, comme les subventions de la région et de la ville avaient été maintenues lors de la pandémie de la Covid, la structure avait décidé la gratuité de ses spectacles.       <br />
              <br />
       Ainsi, côté scène et côté coulisses, les cohérences artistiques et politiques sont calées sur les mêmes fondamentaux de transmission, de recherches, de créations, de rencontres et de découvertes afin de créer des synergies. Du jeune déclassé à la personne atteinte de maladie, de l'étudiant qui doit faire ses armes pour monter son projet artistique au créateur dans ses tâtonnements et réalisations, l'Espace Pasolini est une grande maison de l'Art et un acteur social important dans son approche autant audacieuse dans ses projets qu'humaniste dans son rapport au monde, aux autres et à l'Ailleurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77968658-56628762.jpg?v=1706040386" alt=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" title=""Espace Pasolini"… Une bien belle fabrique artistique et humaniste !" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;L'Espace Pasolini&quot;</b>       <br />
       Fondateur : Philippe Asselin.       <br />
       Directrice : Nathalie Le Corre.       <br />
       Responsable technique : Sophie Lepoutre.       <br />
       Actions de territoire : Marie-Odile Raux.       <br />
       Communication, billetterie : François Drapeaud.       <br />
       Agent d'entretien : Giuseppe Allegra.       <br />
       Médiation : Nina Buondelmonte.       <br />
              <br />
       2, rue Salle Le Comte, Valenciennes (59).       <br />
       Tél. : 03 27 32 23 00.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('accueil@espacepasolini.fr')" >accueil@espacepasolini.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.espacepasolini.fr/" target="_blank">&gt;&gt; espacepasolini.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin</title>
   <updated>2023-07-31T20:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-OEdipe-Enquete-OEdipe-et-son-double-une-quete-sans-age-et-sans-fin_a3711.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74357837-51728120.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-08-01T06:45:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si "le rêve est à la mythologie privée du dormeur, ce que le mythe est au rêve éveillé des peuples" (Paul Ricœur), la toute nouvelle création de Jean-François Matignon, en projetant sur l'avant-scène du Théâtre Transversal son Œdipe revisité, nous emporte très loin dans les sphères oniriques à la rencontre du mythe fondateur. Reliant la version de Sénèque le Tragique à celle du roman noir de Didier Lamaison, croisant les deux visages du même, le metteur en jeu tel le devin qu'il sait ne pas être joue ici des ambiguïtés attachées à "l'homme aux pieds enflés". Et ce, pour mieux nous embarquer sur les traces d'une énigme à jamais irrésolue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728120.jpg?v=1690827321" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
     </div>
     <div>
      Œdipe en grec se dit &quot;Oidipous&quot; (&quot;Οιδι-πους&quot;), celui qui a les pieds enflés. Dans son nom même, la métaphore du Nom-du-père qui y est attachée, réside l'énigme originelle. Celle de sa naissance. &quot;Exposé&quot; sur un mont au nord d'Athènes, les chevilles percées pour pouvoir être arrimé à un arbre, il était destiné à mourir selon le vœu de ses parents, le roi Laïos et la reine Jocaste, afin que la prédiction de l'oracle de Delphes – il tuerait son père et épouserait sa mère – ne puisse se réaliser.       <br />
              <br />
       De cette histoire vieille comme le monde, le spectateur découvrira d'abord Tirésias, le devin aveugle de Thèbes, écoutant sur un petit récepteur radio les nouvelles du monde d'aujourd'hui, celles diffusées en direct par une chaîne d'infos en continu. Interrompant le flux incessant des tragédies égrenées, il sort de son silence pour commenter laconiquement : <span style="font-style:italic">&quot;Il s'en passe des choses. Le monde n'est pas tout rose… N'acceptez pas ce qui vous arrive comme une destinée… Soupçon, médisance, ignorance, peur, maladie s'abattent sur Thèbes. Laïos a été assassiné lâchement, qu'avez-vous fait pour trouver le meurtrier ?&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728147.jpg?v=1690827358" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
     </div>
     <div>
      Œdipe fera alors son apparition, <span style="font-style:italic">&quot;On m'appelle Œdipe&quot;.</span> Et la voix du metteur en scène (Jean-François Matignon), celui qui tire les fils de la tragédie ancienne pour les mêler à la présente, de commenter d'une travée de la salle où il a pris place : <span style="font-style:italic">&quot;C'est l'homme aux pieds enflés. Celui qui finira comme il a commencé, en exclu. Le trône du roi et le lit de la reine lui seront acquis. De même, il tuera la Sphinge après avoir résolu l'énigme&quot;.</span> La Sphinge, un être mi-femme, mi-bête, le féminin de Sphinx…       <br />
              <br />
       Ainsi, d'emblée, le dispositif parle de lui-même… Nous sommes dans le domaine de la tragédie, les héros ne peuvent échapper au fatum. Ils vont devoir exécuter jusqu'au bout leur tâche d'hommes et femmes confrontés à un destin plus grand qu'eux. Ils le feront dans la douleur et la détermination, car ils portent en eux un message qui dépasse leur existence. Aussi vont-ils mourir devant nous, nous qui sommes confortablement installés dans nos fauteuils, afin que les choses soient dites et, peut-être, entendues. La voix du Chœur, par celle du metteur en scène, sera là pour mettre en abyme les enjeux en cours… et rappeler incidemment que les frontières entre ce qui se joue sur un plateau de théâtre et &quot;la vraie vie&quot; sont labiles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728160.jpg?v=1690827408" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
     </div>
     <div>
      Jocaste, la reine, apparaîtra alors, majestueuse dans sa robe d'apparat, immobile et digne. Elle aura aussi son rôle à jouer, avant d'accomplir devant nous le destin qu'est le sien, la corde d'ailleurs pend déjà des cintres. La voix off du Chœur délivre ce qu'elle découvrira plus tard… Son regard change, elle regarde sans le savoir celui qui a tué Laïos, son époux. Vingt ans se sont écoulés, elle enfanta quatre fois, Polynice et Etéocle, Antigone et Ismène. L'amour s'établit sur des réalités voilées…       <br />
              <br />
       Pour l'heure, une épidémie se répand sur Thèbes, un vent mauvais portant les miasmes de la peste souffle tandis que, sur scène, la reine effeuille nerveusement un bouquet bientôt réduit à ses tiges. <span style="font-style:italic">&quot;La dévastation, des morts que l'on brûle&quot;</span>, fait entendre une voix d'enfant, amplifiant le désastre. Et Apollon d'exiger que la souillure causée par le meurtre de Laïos soit lavée par la découverte du coupable. S'il se dénonce, il devra quitter la ville. Quiconque l'hébergera, sera poursuivi sans répit.       <br />
              <br />
       Alors, trouant le temps de la représentation, la voix du metteur en scène se fait à nouveau entendre : <span style="font-style:italic">&quot;Ce fut là le début de l'enquête. Créon, frère de Jocaste, suggéra au nouveau roi, Œdipe, de prendre conseil auprès de Tirésias…&quot;.</span> Le conflit entre les deux prendra forme sur le plateau, un combat à mains nues où, poussé à bout par Œdipe, à la recherche de la vérité sur le nom de l'assassin, le vénérable vieillard, aveugle pour avoir surpris naguère la nudité d'Athéna, commettra l'erreur de dire ce qu'il n'avait pas vocation à révéler : <span style="font-style:italic">&quot;Plus jamais je ne t'adresserai la parole. Le roi n'a-t-il pas interdit d'adresser la parole à l'assassin ? L'homme que tu recherches est ici… devant moi&quot;.</span> À ces mots, la reine, au second plan, hurle de douleur à l'annonce du crime de parricide et d'inceste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728164.jpg?v=1690827435" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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     <div>
      Œdipe condamné à enquêter sur Œdipe… Deux Œdipe sur le plateau, tous les deux les pieds bandés pour soulager leurs pieds enflés, leur âme, elle, étant en proie aux affres d'une culpabilité ravageuse. Clivage face à l'impossible à admettre, l'un regardant l'autre se débattre convulsivement. Même si, soutenu par la voix du metteur en scène, Œdipe aurait de sérieuses circonstances atténuantes à présenter… à lui-même. En effet, quand il tue Laïos lors d'une rixe &quot;accidentelle&quot;, n'était-il pas en état de légitime défense, le vieil homme, dont il ignorait par ailleurs l'identité, s'apprêtant à en faire autant ? Quant au fait qu'il ait épousé la reine, sa mère, là encore, il ignorait qui elle était pour lui, et c'est la loi de la Cité, la loi de Thèbes, qui a édicté que celui qui tuerait la Sphinge, aurait pour récompense le trône. Jean-François Matignon ira jusqu'à adresser la parole à Œdipe sur scène : <span style="font-style:italic">&quot;Banni de Thèbes, Interdit de Corinthe… Tu es comme le rêveur qui rêve et ensuite vit dans son rêve&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Un rêve se transformant en cauchemar lorsque, la fin de l'enquête approchant, le squelette d'Œdipe, extrait d'un coffre funéraire, se redresse et menace d'engloutir… son meurtrier, lui-même. Cris et déchirements. La mémoire d'Œdipe qui se tord de douleurs sur un air d'opéra (très beau tableau &quot;vivant&quot;) lui revient… Retour sur images traumatiques acté par cette pellicule d'un film de Fellini qui, venant de la salle – les coulisses de l'inconscient –, se rembobine devant nous. Ne pouvant plus se dérober, le déni n'étant plus possible, il emportera avec lui les miasmes mortifères menaçant Thèbes alors que les yeux exorbités de Jocaste traduisent le nœud coulant passé à son cou.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728169.jpg?v=1690827463" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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     <div>
      Mise en jeu somptueuse où entre ombres et lumières se rejoue devant nous le drame mythique, porteur de vérités monstrueuses à jamais inélucidées car inélucidables. Force du propos où émotions et réflexions se conjuguent pour créer une matière éminemment vivante, oscillant entre tragédies anciennes et dérives présentes, les deux étant liées comme l'étaient les chevilles d'Œdipe.       <br />
              <br />
       Au début des années soixante, Pasolini (cité dans la pièce), sur une colline de Rome où il aimait se rendre, constatait la disparition des lucioles. Et avec elles, la disparition annoncée de la beauté vivifiante du monde. En 2023, pouvoir présenter des créations exigeantes comme &quot;Œdipe/Enquête&quot;, ouvrant grand le champ des possibles, participe au réenchantement de la part d'imaginaire nécessaire à la survie de l'art et avec lui, du monde.       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 24 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Œdipe/Enquête"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728457.jpg?v=1690829384" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
     </div>
     <div>
      Création 2023.       <br />
       Textes : Sénèque, Didier Lamaison et Pier Paolo Pasolini.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Jean-François Matignon.       <br />
       Avec : David Arribe, Michèle Dorlhac, Thomas Rousselot.       <br />
       Lumières : Michèle Milivojevic.       <br />
       Par la Compagnie Fraction.       <br />
       Tout public dès 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 7 au 25 juillet 2023.</b>       <br />
       Tous les jours à 21 h 30.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10 rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-OEdipe-Enquete-OEdipe-et-son-double-une-quete-sans-age-et-sans-fin_a3711.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière</title>
   <updated>2023-04-19T09:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Theoreme-Je-me-sens-un-coeur-a-aimer-toute-la-terre--d-apres-Pasolini-et-Moliere_a3569.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72249465-50299396.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-20T07:21:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre" s'inspire profondément du film et du roman que Pasolini produisit dans les années soixante et, anecdotiquement, du Dom Juan de Molière. Ce sont deux œuvres de référence qui, chacune à leur époque, ont suscité scandale, indignation, condamnation de la morale, de la société bien-pensante, et surtout du clergé. Elles ont en commun une mise en avant de la liberté, liberté de parole, liberté sexuelle, liberté de pensée, et une mise en péril de la société face à des individus faisant preuve et éloge de cette liberté.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72249465-50299396.jpg?v=1681847111" alt=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" title=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" />
     </div>
     <div>
      Mais oublions ces inspirations. Le monde change, a changé, depuis 400 ans comme depuis 50 ans, et l'auteur de la pièce, Amine Adjina, parle du monde qu'il connaît, l'actuel. Sa pièce situe l'action en bord de mer, dans la maison de l'aïeul d'une famille bourgeoise qui débarque pour y passer la villégiature comme tous les ans. Famille bourgeoise, père industriel, mère boursouflée d'ennui, fille et fils se cherchant dans des disciplines artistiques et la grand-mère souffrante et mourante, dont s'occupe une nouvelle bonne, jeune, Nour, seule étrangère au tableau. Les vacances. Au bord de Méditerranée. En France.       <br />
              <br />
       La famille est tout ce qu'il y a de banale, plus que cela : elle est caricaturale, organisée, organique, ordinaire, faite uniquement des aspérités quotidiennes de ces familles bourgeoises européennes que le théâtre et le cinéma montrent depuis l'avènement de l'industrialisation. Et puis, dans ce lisse et confortable ennui, surgit un &quot;Garçon&quot;. Un garçon qui devient le réceptacle libérateur de toutes les frustrations de cette cellule familiale. Chacun à son tour va céder au désir de ce garçon. Toutes et tous auront, chacun à son tour, une étreinte amoureuse avec lui, mais, surtout, ce sera un acte que chacun brandira au grand jour comme une revendication de lui-même, et une révélation à lui-même.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72249465-50299415.jpg?v=1681847367" alt=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" title=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" />
     </div>
     <div>
      Pour l'essentiel, le texte d'Amine Adjina reprend la structure de l'œuvre de Pasolini, son déroulement. Mais il y introduit des éléments de notre époque. On y décèle même une envie de parler d'un futur immédiat puisque, durant la pièce, les eaux de la mer montent, le sol tremble et une présidente d'extrême droite est sur le point d'être élue. Ici, le discours politique et social prend le pas sur la provocation libertaire et contestataire de Pasolini. Et la mer, que l'on voit projetée et de plus en plus envahissante au fond de la scénographie, bascule peu à peu de la plage estivale au mouroir organisé pour des centaines de migrants qui tentent le passage.       <br />
              <br />
       Presque toute la pièce fourmille de ces références à notre actualité. Le Garçon, étranger à cette famille, devient l'emblème même de l'Étranger, celui qui perturbe, par la seule présence de son corps, son existence géographique, toute l'organisation bourgeoise. Il est ici autant à redouter qu'à désirer. Pourtant, à force de vouloir intégrer, mais aussi expliquer et dévoiler tous les secrets, les ombres des personnages, tous les enjeux des discours, des mots, des catastrophes à venir, le texte de la pièce, par ailleurs d'une très belle écriture, se noie dans la profusion. Les phrases poétiques deviennent décoratives et cela manque de hargne, d'incisif, de dérangeant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72249465-50299427.jpg?v=1681847446" alt=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" title=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" />
     </div>
     <div>
      Des idées très belles, comme la nouvelle de l'assassinat d'un poète dans la nuit, dans un terrain vague, qui est une allusion directe au meurtre de Pasolini, mais pourquoi ne pas nommer Pasolini dans ce meurtre ? Parfois ici, les mots servent trop de paravent et on regrette de ne pas avoir ressenti plus de crudité, de cruauté, de puissance, même et surtout dans les scènes de corps amoureux qui restent très sages, très conventionnelles, presque censurées.       <br />
              <br />
       Finalement, chaque élément puissant, révélateur, provocateur, pourtant inséré dans le texte d'Amine Adjina, se trouve contrarié, affadi soit par un explicatif qui rend l'action illustrative, soit par la situation. Le fait même de situer cette explosion familiale dans une maison de vacances amène à penser que ces révélations primordiales resteront comme des parenthèses estivales vite oubliées. La bourgeoisie chrétienne sait faire cela très bien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72249465-50299429.jpg?v=1681847479" alt=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" title=""Théorème/Je me sens un cœur à aimer toute la terre", d'après Pasolini et Molière" />
     </div>
     <div>
      Texte : Amine Adjina, d'après Pier Paolo Pasolini.       <br />
       Le texte de la pièce est paru le 5 avril 2023 chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Mise en scène : Amine Adjina et Émilie Prévosteau.       <br />
       Avec : Coraly Zahonero, Alexandre Pavloff, Danièle Lebrun, Birane Ba, Claïna Clavaron, Marie Oppert, Adrien Simion.       <br />
       Scénographie : Cécile Trémolières.       <br />
       Costumes : Majan Pochard.       <br />
       Assistante aux costumes : Cécile Box.       <br />
       Lumière : Bruno Brinas.       <br />
       Vidéo : Jonathan Michel.       <br />
       Musique originale et son : Fabien Aléa Nicol.       <br />
       Durée : 2 h 15 environ.       <br />
       Tout public       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 avril au 11 mai 2023.</span>       <br />
       le mardi à 19h du mercredi au samedi à 20h30 le dimanche à 15h.       <br />
       Théâtre du Vieux Colombier, Paris 6e, 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/theoreme-je-me-sens-un-coeur-a-aimer-toute-la-terre22-23" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Theoreme-Je-me-sens-un-coeur-a-aimer-toute-la-terre--d-apres-Pasolini-et-Moliere_a3569.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose</title>
   <updated>2018-05-29T07:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-reve-au-present-un-transport-de-realite-comme-arts-de-la-metamorphose_a2129.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/22563219-25208186.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-05-29T07:10:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un pianiste, un violoncelliste, un pianiste à bretelles qui s'installent dans la fosse à orchestre, petite lumière chaleureuse, un rideau de fer qui monte et "cliquetaille", un présentateur bien mis qui appelle sur scène différents personnages. C'est l'Eden Teatro de Naples des années vingt qu'Alfredo Arias ressuscite avec le soutien de la troupe du "Teatro stabile di Napoli". Un hommage à Raffaele Viviani, grand homme de théâtre italien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22563219-25208186.jpg?v=1527534180" alt="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" title="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" />
     </div>
     <div>
      Il y a là &quot;Tatangelo&quot;, tête d'affiche et ange gardien, &quot;Carmen Zuccona&quot;, plus que simplette, &quot;las tinas sirenas&quot;, ces siamoises de baignoires, &quot;Léa Cardillo, au gazouillis de chardonneret, &quot;Ester Légery&quot;, aux gambett' et perlett' distinguett', &quot;Lulù Buonmercato&quot;, qui ne vaut pas cher, et les factotums, le videur. Ainsi que &quot;le duc Malvino&quot;, de bon conseil, autre visage de Madame Righelli. Celle dont le mari, Gennaro, vide les salles de théâtre en siphonnant les comédiens pour ce cinéma parlant en train de naitre (nuovo paradiso).       <br />
              <br />
       Ce petit monde connaît bien des vicissitudes, on l'a compris, mais l'éden résiste. Les personnages ont bien blanchi sous les cintres ou débutent gauchement. Ce sont des enfants perdus de Naples, ces &quot;scugnizzi&quot; qui n'ont d'autres survies que la scène. Un petit tour, une chanson… Avec ou sans public. l'Eden Teatro est un chemin de croix, un enfer joyeux et miséreux, mesquin et tout en grandeur. L'Eden est un chemin de foi. Celui d'un petit peuple démuni plongé dans la nécessité de jouer, sommé de trouver l'expressivité et le chant pur en dépit de l'absence de tout, dans l'espérance de l'extase artistique. Comme au pied d'une madone.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22563219-25208234.jpg?v=1527571467" alt="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" title="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" />
     </div>
     <div>
      Dans ce spectacle mis en scène par Alfredo Arias, tout en sobriété et rigueur, tout en vraie-fausse fragilité, les enfants perdus de la planète napolitaine, gommeuses et gommeux, servis par des comédiens qui époustouflent, montrent un engagement total pour l'art.       <br />
              <br />
       Un art qui transcende les apparences et révèle, sous le rire, pour le grand bonheur du spectateur, la dimension dramatique.       <br />
              <br />
       Tous les comédiens jouent, comme si la salle était réellement vide, comme si un mur les séparait du monde et des modes, comme si la grâce devait leur tomber dessus, comme si le chant pur était l'ultime chance. Dans cet exercice de réalisme, ils offrent ainsi à leurs personnages l'allure d'enfants de Marie-Madeleine s'immergeant dans les tableaux de Degas ou la peau de Mistinguett. À l'évidence Pasolini n'est pas loin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22563219-25213123.jpg?v=1527571507" alt="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" title="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" />
     </div>
     <div>
      Baignant dans une atmosphère légèrement sépia, dans une beauté des costumes et des maquillages, &quot;Eden Teatro&quot; dégage un parfum de nostalgie sans regret. C'est un rêve au présent, un transport de réalité. Une essence de théâtre, comme art de la métamorphose. Une bouffée de fraîcheur.       <br />
              <br />
       Le public ovationne et repart une rengaine en tête, &quot;La félicita&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Eden Teatro"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22563219-25213127.jpg?v=1527571545" alt="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" title="Un rêve au présent, un transport de réalité, comme arts de la métamorphose" />
     </div>
     <div>
      Texte : Raffaele Viviani.       <br />
       Mise en scène : Alfredo Arias.       <br />
       Avec : Mariano Rigillo, Gaia Aprea, Gennaro Di Biase, Gianluca Musiu, Anna Teresa Rossini, Ivano Schiavi, Paolo Serra, Enzo Turrin, avec la participation de Mauro Gioia.       <br />
       Musiciens : Pietro Bentivenga, Giuseppe Burgarella, Erasmo Petringa.       <br />
       Décor : Chloé Obolensky.       <br />
       Costumes : Maurizio Millenotti.       <br />
       Lumière : Cesare Accetta.       <br />
       Arrangements musicaux : Pasquale Catalano.       <br />
       Durée : 1 h 30 sans entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 au 29 mai 2018.</span>       <br />
       Mardi à 19 h, jeudi, vendredi, samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Athénée théâtre Louis-Jouvet, grande salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-reve-au-present-un-transport-de-realite-comme-arts-de-la-metamorphose_a2129.html" />
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