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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-10T13:52:04+02:00</updated>
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   <title>•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour</title>
   <updated>2023-07-13T12:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Maree-haute-Rever-un-impossible-reve-renouveler-les-unions-charnelles-le-chagrin-des-departs-et-vivre-un_a3666.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-13T10:46:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Libre, être une femme libre… et aimer, aimer l'amour, le sexe, celui de l'homme, le sien, la jouissance… jouir de la vie, de l'existence, des potentiels charnels du corps, poursuivre une relation amoureuse profonde, a priori, impossible, pour cause de différences sociales, culturelles, géographiques, pour certaines soumises à des traditions familiales… mais sans doute, et surtout, par une prise de conscience – qui arrive enfin, pleinement – des femmes que le temps est arrivé de conquérir leur liberté, d'assoir la reconnaissance de l'indépendance et de l'égalité face aux hommes, c'est ce que dit Benoîte Groult dans "Les Vaisseaux du cœur" et Josiane Pinson, admirable, passionnée, libre, dans "Marée haute".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74028441-51489544.jpg?v=1689239877" alt="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" title="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" />
     </div>
     <div>
      Comment vais-je l'appeler, se demande une jeune Parisienne de 18 ans pour prénommer celui qui deviendra son amant pêcheur breton pour une liaison passion que l'on qualifierait aisément &quot;d'improbable&quot;. Pourtant, cette dernière unira toute une vie, de manière intermittente, ces deux êtres quasi &quot;extraterrestre&quot; l'un à l'autre : elle, George, l'intello parisienne, et Gauvain, le rustre marin… Dès la découverte des instants préliminaires du récit, nous savons que tout les oppose… les origines bourgeoises de la belle et celles paysannes, maritimes et pêcheuses du solide gaillard armoricain.       <br />
              <br />
       Pourtant, ce qui va nous être narré, parfois murmuré, par Josiane Pinson, avec une densité passionnelle hors du commun – puisée aux sources d'un talent exceptionnel forgé par l'expérience artistique et l'amour de son art –, va nous emporter dans une histoire à la fois ardente, brûlant des passions les plus sauvages et tout autant sexuelles, et emplie de tendresse où l'amour, le vrai, l'impossible, le rêvé, celui éternellement imaginé, peut-être même au-delà de la mort (qui sait, soyons fou dans notre folie inventive !), est omniprésent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74028441-51489554.jpg?v=1689239947" alt="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" title="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" />
     </div>
     <div>
      La comédienne nous offre ainsi une version/adaptation enflammée, torride, émotionnelle et gourmande du roman &quot;Les Vaisseaux du cœur&quot; de Benoîte Groult publié en 1988. Cette dernière, autrice féminisme (qui nous a quitté en 2016), défraya la chronique, créa la polémique avec cet ouvrage du fait de la liberté prise – pour l'époque – à raconter la crudité, sans une once de vulgarité, de relations extra-conjugales passionnées et pleinement assumées où l'amour physique, les plaisirs charnels avaient une place centrale, étant à la fois le pivot et le moteur explosif de cette union magique, à la fois dévastatrice et constructive… mais véritablement poignante, bouleversante et terriblement enthousiaste malgré les multiples ruptures !       <br />
              <br />
       Trente-cinq ans plus tard, ce presque brûlot féministe est adapté une deuxième fois à la scène par Josiane Pinson, nous donnant ainsi l'occasion de vivre un moment de théâtre rare où la chaleur bouillonnante des ébats amoureux n'enlève rien à la densité passionnelle de l'amour qui unit les deux amants. Se met alors en place une trame intime qui va se construire sur une fusion intense des sens et sur des séquences érotiques discontinues.       <br />
              <br />
       Au fil des vies dissociées, chacun ayant la sienne – conventionnelle pour Gauvain marié à une amie d'enfance issue du même terreau et libre pour George qui expérimentera plusieurs autres aventures sexuelles –, le couple illégitime connaîtra à chaque rencontre (espacée souvent de plusieurs années) la renaissance du phénix sur les centres du feu ardent précédent, happés par le désir régénéré des étreintes splendides, effervescentes de l'amour impossible, au quotidien mortel, mais aux récurrentes retrouvailles vivifiantes, joyeuses, puissantes et chatoyantes… et aux redoutables épuisements des corps dus aux coïts à répétition !       <br />
              <br />
       Le phrasé de Josiane Pinson est élégant, doux ou enfiévré, toujours très illustratif, posant subtilement sur les mots la couleur émotionnelle appropriée, jouant les mélodies organiques dans les intimités les plus profondes. Chaque moment, chaque mot est incarné par les émotions, les actes physiques, les étreintes humides des épidermes. Même dans les scènes érotiques transparaît l'abandon tranquille.        <br />
              <br />
       L'aisance de la comédienne est facilitée par la remarquable mise en scène de Panchika Velez qui, sans excès, apporte les imaginaires nécessaires pour créer les différents univers que Josiane Pinson porte dans sa narration pour nous emmener dans l'exploration de la vie de George et Gauvain.       <br />
              <br />
       Comme un cadeau, Josiane Pinson témoigne d'une relation unique et d'un récit qui met en lumière l'unicité des êtres… que l'on soit paysan, pêcheur breton ou bourgeoise, intellectuelle de la capitale. Une vraie gourmandise émane des mots dévoilés par la comédienne, de sa mélodie verbale. Comme une sentence finale féminisme et libre… entendons qu'il faut aussi aimer pour rester éternellement jeune et donner à la passion amoureuse des âmes et des corps le sens du sacré dans le plaisir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Marée haute"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74028441-51489562.jpg?v=1689239973" alt="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" title="•Off 2023• "Marée haute" Rêver un impossible rêve, renouveler les unions charnelles, le chagrin des départs et vivre un impossible amour" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Les Vaisseaux du cœur&quot; de Benoîte Groult,        <br />
       Adaptation : Josiane Pinson.       <br />
       Mise en scène : Panchika Velez.       <br />
       Avec : Josiane Pinson.       <br />
       Voix : Didier Brice.       <br />
       Assistante mise en scène : Mia Koumpan.       <br />
       Scénographe : Jean-Michel Adam.       <br />
       Création Lumière : Florent Barnaud.       <br />
       Création sonore : Stéphane Corbin.       <br />
       Création images : Gaëtan Trovato.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 Juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 20. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Étincelle, 14, lace des Études, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 43 91.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/programme/2023/maree-haute-s33099/" target="_blank">&gt;&gt; festivaloffavignon.com/programme</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Romane Bohringer donne vie à "Respire" comme une mère porte un enfant à la vie</title>
   <updated>2022-09-25T19:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Romane-Bohringer-donne-vie-a-Respire-comme-une-mere-porte-un-enfant-a-la-vie_a3393.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67587693-47757229.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-09-26T06:49:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est dans la simplicité et le dépouillement que Romane Bohringer porte le texte sensible et riche de Sophie Maurer. Un texte, une comédienne, un musicien (piano, guitare ouvrant des espaces sonores délicats) et une mise en scène qui les accompagne sans heurts, sans artifices, soulignant juste les lieux, les ambiances, les temps à l'aide de quelques ambiances lumineuses et des projections le plus souvent floutées comme pour donner de la matière au mur de fond de scène de cette petite salle en forme d'amphithéâtre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67587693-47757229.jpg?v=1664129463" alt="Romane Bohringer donne vie à "Respire" comme une mère porte un enfant à la vie" title="Romane Bohringer donne vie à "Respire" comme une mère porte un enfant à la vie" />
     </div>
     <div>
      Cette disposition rend les interprètes si proches qu'on pourrait les toucher en tendant le bras. Une intimité propice à cette rencontre avec le personnage qu'interprète Romane Bohringer dans ce monologue qui ne s'adresse pas directement au spectateur, mais à l'enfant qui vient de naître. Sa mère lui parle au travers la vitre qui protège les prématurés sous aide respiratoire du reste du monde.       <br />
              <br />
       Durant une heure, durant une longue nuit sans fin, elle va tendre le fil de la parole pour toucher l'être à qui elle vient de donner naissance et l'attirer à la vie, un flux de mots qu'elle lance comme on jette et rejette mille fois un filin vers celui qui est en train de se noyer au milieu de la tempête. Et c'est exactement cela qui éclate dans cette mise en scène, l'étrange impression qu'une tempête est là, en train de jeter son eau et son vent et sa fureur dans l'indifférence capitonnée du silence de la maternité.       <br />
              <br />
       Romane Bohringer porte, dès les premières secondes et jusqu'au terme du spectacle, cette tempête battant dans son cœur, ses tempes, ses tripes et surtout dans cette manière sans détours d'adresser cette impérieuse volonté de dire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67587693-47757233.jpg?v=1664129502" alt="Romane Bohringer donne vie à "Respire" comme une mère porte un enfant à la vie" title="Romane Bohringer donne vie à "Respire" comme une mère porte un enfant à la vie" />
     </div>
     <div>
      Dire quoi ? Que dire à l'enfant qui hésite encore à vivre, à respirer par ses propres moyens sans l'aide de la machine, que dire à celui qui n'est encore et surtout qu'un futur possible probable, sa fille en train de presque être ? Dire le monde qui l'attend et ses merveilles, ses amours, ses bonheurs, ses joies ? Dire ce monde qui ne l'attend pas et ses défaites, ses guerres perpétuelles, ses débâcles et ses horreurs toujours renouvelées ?       <br />
              <br />
       Le personnage de &quot;Respire&quot; ne fait pas ce choix. Ses mots décrivent le monde qui attend la nouvelle née sans rien farder. Elle parle autant des étranges violences du passé que des sanglants cataclysmes d'aujourd'hui et ces cycles des civilisations dont la roue semble sans cesse passer du pire au meilleur et du meilleur au pire dans un manège que rien ne semble pouvoir stopper. Cette mère raconte ainsi tout, non pour effrayer son bébé, mais pour lui donner la force du choix, la force de décider de vivre.       <br />
              <br />
       Ce faisant, elle est elle-même la vie, dans tous ses extrêmes. Une vie qui éclate dans ce beau moment où elle se dresse contre la mort qu'elle vit arriver, l'apostrophe, la défie, et la met en fuite. Elle est la vie, toute droite, mais surtout toute cabossée, toute friable, toute impétueuse, pleine de cette belle ivresse de l'existence.       <br />
              <br />
       Sortant du cercle protecteur de l'amphithéâtre de la Piccola Scala, on garde longtemps dans l'oreille le timbre un peu rauque, velouté, de la voix de Romane Bohringer et, dans l'œil, son regard limpide et franc. Une présence grave, tenue, dépouillée, mais qui est comme le murmure de la vie qui accompagne quelque temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Respire"</b></div>
     <div>
      Texte : Sophie Maurer       <br />
       Mis en scène : Panchika Velez       <br />
       Avec : Romane Bohringer et Bruno Ralle       <br />
       Scénographie et lumières : Lucas Jimenez       <br />
       Musique : Baloo Productions       <br />
       Collaboration artistique : Mia Koumpan       <br />
       Production : François Volard, Acte 2.       <br />
       Durée : 1 heure.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 septembre au 8 octobre 2022.</span>       <br />
       <b>Du 3 février au 1er avril 2023.</b>       <br />
       Du jeudi au samedi 19 h 30.       <br />
       La Scala, Salle La Piccola Scala, Paris 10e, 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lascala-paris.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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