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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T23:13:52+02:00</updated>
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   <title>"Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !</title>
   <updated>2020-10-20T09:07:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-10-20T08:55:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Survolant cinquante années de résistances citoyennes, "Saccage" est une pièce militante qui raconte, dans un débridement assumé, les luttes contre un pouvoir étatique. Entre victoires et désillusions, le bilan de ces combats civils est à la fois désespéré et revivifiant. Une bonne goulée d'un poison souverain que l'on appelle la liberté citoyenne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099177.jpg?v=1603178382" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Judith Bernard au texte, à la mise en scène et sur le plateau, prône un théâtre en acte. Elle s'intéresse à l'actualité politique, entre points de vue sociologique et réflexion philosophique. Dans cette pièce, ce sont les enclaves de résistances qu'elle met en scène. Celles qui se sont déroulées en France, mais aussi celles du Chiapas et d'autres moins connues comme l'organisation sociale du Rojave, en pays Kurdes. Mais c'est autour de deux grands événements proches de nous que se concentre le spectacle.       <br />
              <br />
       En 1970, après les révoltes de mai 68, l'État français accepte la création de l'Université de Vincennes qui s'installe en quelques mois dans le bois. Celle-ci va regrouper la plupart des intellectuels progressistes de l'époque et ouvrir ses bancs, non seulement aux étudiants mais aussi aux travailleurs. Des libertés jamais connues dans l'enseignement supérieur se développent alors : études politiques, philosophiques et artistiques foisonnent. Mais aussi une forme d'organisation collective inédite.       <br />
              <br />
       Dans les années 2010, l'État décide la construction d'un aéroport géant à Notre-Dame-des-Landes. Commence alors une résistance des habitants, fermiers pour la plupart qui seront bientôt rejoints par des militants de tous bords, écologistes ou autres. Cette mobilisation formera ce qu'on appelle une ZAD (Zone à Défendre) très créative. En quelques années, les zadistes vont développer une véritable organisation sociale, non commerciale et respectueuse de l'environnement, avec le but d'une vie en autarcie plus juste, plus égalitaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099189.jpg?v=1603178418" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Bref, des bandes de gauchistes. C'est avec cette appellation qui fait peur aux bourgeois que ces expériences inventives vont être vilipendées par des campagnes de presse au service du pouvoir. L'université Paris-Vincennes subira les foudres d'une campagne bien pensante avant d'être &quot;délocalisée&quot; à Saint-Denis à la fin des années soixante-dix, perdant au passage toutes ses vertus, toutes ses exceptions et la moitié de ses étudiants ainsi que quasiment tous ses enseignants connus. Quant aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes, à l'abandon du projet d'aéroport en 2018, ils continueront à se retrouver confrontés aux forces de l'ordre et à une volonté de mettre fin à l'expérience.       <br />
              <br />
       &quot;Saccage&quot;, c'est la méthode employée dans ces deux cas particuliers par les gouvernements : en une nuit, l'université de Vincennes est détruite par des bulldozers protégés par la police tandis que dans la ZAD, les cabanes, les constructions, les plantations sont saccagées par les mêmes bulls.       <br />
              <br />
       Ce sont tous ces événements et bien d'autres que la pièce raconte dans une construction faite de sauts énergiques d'un lieu à l'autre. Les quatre comédiens incarnent tous les rôles nécessaires à cette narration, jouant les différents protagonistes de ces révoltes. Une disposition scénique simple emporte le propos d'une époque à l'autre avec quelques accessoires et costumes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099198.jpg?v=1603178444" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est mis en avant, ce sont justement ces personnages, leurs quêtes de vérité, de liberté, de sociabilité, de justice. Se retrouvent, dans ces luttes, des intellectuels, des paysans, des écolos, des gens simples ou compliqués, un véritable microcosme social, complet. Une société en phase de re-création comme c'est encore le cas à Notre-Dame-des-Landes pour certains d'entre eux malgré les pressions incroyables du pouvoir pour faire rentrer tout le monde dans le rang et saccager leurs œuvres.       <br />
              <br />
       C'est un spectacle bienfaisant dynamisé par l'énergie et l'implication de tous les interprètes. Le côté instructif prend parfois le pas sur le jeu : le sujet lui-même, tendant à faire déferler les mots, quitte à noyer un peu le spectateur dans cet afflux de dialogues et d'apostrophes. Mais on comprend que c'est l'envie de tout dire, une envie impossible à rassasier, qui fait ainsi déborder le verbe. Mais pour un tel témoignage d'autres possibles fonctionnements sociaux, trop vaut sans doute mieux que pas assez.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Saccage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099223.jpg?v=1603178585" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Judith Bernard.       <br />
       Avec : Judith Bernard ou Pauline Christophe, Antoine Jouanolou ou Jean Vocat, Marc Le Gall ou David Nazarenko, et Caroline Gay.       <br />
       Création Lumières : Samuel Halfon.       <br />
       Création sonore : Caroline Gay.       <br />
       Scénographie : Aurore Dupuy-Joly.       <br />
       Compagnie ADA-Théâtre.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 octobre au 29 novembre 2020.</span>       <br />
       En raison du couvre-feu, une seule représentation reste programmée chaque semaine,        <br />
       le dimanche à 12 h 15.       <br />
       Manufacture des Abbesses, Paris 18e, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="https://www.manufacturedesabbesses.com/" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?</title>
   <updated>2020-03-11T10:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nous-etions-debout-et-nous-ne-le-savions-pas-Et-si-nous-damnes-de-la-terre-relevions-la-tete-pour-nous-donner-la-main_a2682.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-03-11T10:31:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il ne peut y avoir d'oppresseurs sans (le consentement tacite) des opprimés… Le Discours de la servitude volontaire, que l'on doit aux fulgurances d'esprit d'un tout jeune homme, nous en alertait dès la Renaissance. Catherine Zambon, l'auteure, après avoir rencontré les anonymes qui résistent et luttent - à Bure, à Notre-Dame-des-Landes, à la Ferme des Mille Vaches ou ailleurs -, a confié à Pierre Lambert le soin de mettre en jeu ces paroles vives qui, soudain, s'élèvent pour venir, tel un chœur antique, orchestrer les luttes de citoyens des plus ordinaires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43521776-35886901.jpg?v=1583870355" alt=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" title=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" />
     </div>
     <div>
      Des vrombissements assourdissants de moteurs d'avion, des vols d'hélicoptères en batterie, des tirs de flash-balls ou des jets de grenades comme seules réponses aux protestations de la jeunesse et des moins jeunes concernant des terres agricoles confisquées pour un aéroport, la construction d'un barrage, ou encore des conditions de vie difficilement supportables, sans parler du sort inhumain réservé aux migrants… Que fait-on de tout cela ? On se recroqueville sur les petits dîners entre amis, résignés, démoralisés par le combat du pot de terre contre le pot de fer annoncé comme perdu d'avance ? Ou, un beau jour, on a l'audace insensée de se lancer dans un combat générant une peur fondée sur la disproportion des forces en présence ?       <br />
              <br />
       Ces communes interrogations sont portées par des comédiennes et comédiens &quot;plus vrais que nature&quot;. Se levant un à un des travées où ils s'étaient confondus avec les spectateurs, ils incarnent les problématiques auxquelles femmes et hommes - nous, leurs semblables - ont à faire face. C'est ce pêcheur outragé qui, ayant assisté à la réunion dans la salle des fêtes de son village, mêle spontanément sa colère à celle des autres, les résistants aux projets d'usines à vaches, les voyages ensuite en tant qu'&quot;invités d'honneur&quot; à Notre-Dame-des-Landes et le sentiment que pour la première fois il est écouté. Sa parole trouve, enfin, une légitimité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43521776-35886929.jpg?v=1583870410" alt=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" title=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" />
     </div>
     <div>
      De même cette habitante de Bure qui obstinément refuse l'enfouissement de déchets nucléaires &quot;à sa porte&quot;, ou ce pilote de ligne, conscient des dégâts irréversibles que créerait la construction de l'aéroport, qui brave la loi de l'omerta imposée par son milieu en rejoignant le projet de la ZAD &quot;paradis pour faune et flore&quot;. Ou encore, le courage de cette femme ordinaire qui, luttant contre l'implantation de porcheries industrielles, se fait manu militari évacuer par des molosses gantés de rouge dont on voit les mains impressionnantes se refermer comme de gigantesques mâchoires d'étau sur ses épaules de résistante ne cédant rien.       <br />
              <br />
       Ce qui est remarquable ici, c'est que loin des discours attendus pour avoir déjà été entendus, les paroles sont présentées in vivo dans une mise en jeu créative laissant aussi place à l'humour. Ainsi à la chorégraphie musclée de l'évacuation &quot;sans gants&quot; de la résistante traînée au sol, succède le trajet dans &quot;une caisse&quot; improbable simulant une vieille guimbarde dont les balais d'essuie-glaces ne sont autres que les bras agités des passagers tentant de rejoindre la ZAD.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43521776-35886939.jpg?v=1583870456" alt=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" title=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" />
     </div>
     <div>
      Les témoignages défilent, avec comme point de base la sincérité qui les tisse. Ainsi ce père ayant vécu les Trente Glorieuses et leur espoir fou de l'ascenseur social, avoue-t-il n'avoir rien compris à sa fille réclamant du temps pour tenter de trouver sa voie dans un monde désormais sans horizon d'attente. Ainsi ces indignations inspirées par les pubs des bus, destinées aux mâles blancs dominants (quarantenaires établis), ce refus d'un master environnement destiné à faire croire aux administrés que c'étaient leurs choix à eux qui comptaient, ou encore ces revendications portées haut de vivre sans peur et sans frontières…       <br />
              <br />
       Autant de révoltes ordinaires portées avec pétillance mais non sans gravité par des acteurs citoyens ordinaires. Révoltes se faisant écho, lesquelles ajoutées les unes aux autres rejoignent pour la réinitialiser la vision prophétique de La Boétie  &quot;Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres&quot;… Et si on refusait ensemble &quot;la règle du jeu&quot; fixée tacitement par d'autres, pour - sans force, sauf celle que confère le groupe, et sans armure, si ce n'est celle de notre dignité recouvrée - faire entendre nos voix unies ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nous étions debout et nous ne le savions pas"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43521776-35886948.jpg?v=1583870494" alt=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" title=""Nous étions debout et nous ne le savions pas" Et si nous, damnés de la terre, relevions la tête pour nous donner la main ?" />
     </div>
     <div>
      Prix coup de cœur du Jury Tournesol Avignon 2019.       <br />
       Texte : Catherine Zambon.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Pierre Lambert.       <br />
       Avec : Arno Feffer, Sarah Glond, Stéphane Hervé, Raymonde Palcy, Bérengère Steiblin.       <br />
       Scénographie : Christian Fenouillat.       <br />
       Lumière : William Lambert &amp; Claire Dereeper.       <br />
       Musique : Touski.       <br />
       Costumes et accessoires : Julie Lardrot.       <br />
       Régies : Thierry Opigez.       <br />
       Production Théâtre de l'Espoir - Dijon.       <br />
              <br />
       A été joué durant le festival Off d'Avignon du 7 au 27 juillet 2019.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">27 mars 2020 à 14 h 30 et 20 h 30.</span>       <br />
       Carré Sam,       <br />
       Place d'Argentine, Boulogne-sur-Mer (62), 03 21 30 47 04.       <br />
       <a class="link" href="https://www.ville-boulogne-sur-mer.fr/decouvrir-et-sortir/agenda-des-manifestations/item/1770-nous-etions-debout-et-nous-ne-le-savions-pas" target="_blank">&gt;&gt; ville-boulogne-sur-mer.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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