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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-09T03:32:12+02:00</updated>
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   <title>IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…</title>
   <updated>2026-07-18T12:18:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-18T08:53:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le collectif belge tg STAN adore Molière… qui le lui rend bien ! En effet, entre eux, on peut déceler ce que des "sachants" appelleraient (merci de me le souffler Monsieur Trissotin…) des "affinités électives"… depuis qu'en 2003 (il y a de cela près d'un quart de siècle !) le premier "Poquelin" vit le jour, suivi en 2017 de "Poquelin II". Il ne restait donc plus qu'à "Poquelin III", troisième du nom, à pointer son nez (de farceur patenté) pour transformer les deux premiers tableaux en triptyque… Voilà qui est fait. Au creux de la Carrière de Boulbon, lieu ô combien mythique du Festival d'Avignon, la troupe a dressé son estrade pour porter sur les fonts baptismaux de leur théâtre de tréteaux leur dernier-né.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97386653-67828989.jpg?v=1784357850" alt="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" title="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" />
     </div>
     <div>
      Une estrade avec un escabeau collé à l'un de ses flancs que graviront fiévreusement une quarantaine de personnages, empressés de s'extraire des pièces où ils s'ensommeillaient depuis que leur géniteur, un soir de février 1673, eut la fantaisie de cracher le sang sur ces mêmes tréteaux avant d'aller rendre ses poumons à son domicile (<span style="font-style:italic">&quot;Le poumon, le poumon, vous dis-je !&quot;</span>). Quarante personnages en quête d'interprétation facétieuse… qui trouveront dans la cohorte des huit acteurs et actrices, soudés comme les doigts de la main, leurs alter egos dévoués rendant ainsi un bel hommage à celui qui eut la classe de mourir… en jouant &quot;Le Malade imaginaire&quot;.       <br />
              <br />
       Lustres allumés, rideaux rouges tirés, c'est par ce clin d'œil subliminal au théâtre italien (qu'au passage, l'on moque gentiment, lui qui instituera une frontière nette entre scène et public, et supprimera les gradins au profit des loges) que débute la représentation. Là un dispositif scénique n'ayant que faire des falbalas et des classes d'appartenance parquant le peuple dans &quot;le poulailler&quot; ; ici un dispositif favorisant non seulement le mélange des spectateurs (pas de place numérotée) mais aussi la pluralité des points de vue sous la forme de trois gradins cernant l'estrade à portée de main. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97386653-67829000.jpg?v=1784357909" alt="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" title="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" />
     </div>
     <div>
      Les premières scènes du &quot;Mariage forcé&quot; seront l'occasion d'ouvrir le bal en propulsant sur l'estrade un homme sur le retour prétendant vouloir conclure mariage avec une jeune femme séduisante <span style="font-style:italic">&quot;qui sera à lui de la tête aux pieds&quot;</span> et avec laquelle il entend faire <span style="font-style:italic">&quot;tout ce qui lui plaira&quot;</span> et plus si affinités ; des propos qui ne choqueraient certes pas un masculiniste contemporain… Sauf que la belle est dotée d'un caractère, qui ne choquerait pas lui les féministes, et que sa conception de la liberté dans le couple sera de nature à faire battre en retraite le projet du prétendant…        <br />
              <br />
       Sauf que le frère costaud de la belle, dont le père est soulagé qu'elle ait trouvé enfin un pigeon pour l'épouser, ne l'entendra pas ainsi et menacera de coups de bâton (remède miracle à tous les problèmes, faisant figure de panacée dans les farces du susnommé Jean-Baptiste Poquelin) le frétillant amoureux s'il lui venait l'idée de revenir sur sa décision. Si l'on ajoute à ce menu, la présence de deux philosophes englués dans leur galimatias et de deux belles Égyptiennes voyantes, on aura idée de la truculence en jeu… Une réalité encore augmentée par les interprétations appuyées du tg STAN, orfèvre en la matière.       <br />
              <br />
       Des morceaux choisis de &quot;L'Avare&quot;, servis sur un plateau (de planches), feront revivre la thématique récurrente de la prétention des vieillards à convoiter des femmes beaucoup plus jeunes qu'eux (pourtant Molière n'a-t-il pas délaissé Mme Béjart mère pour la fille ? Il est vrai que Rousseau a bien déposé à l'hospice des Enfants-Trouvés son premier enfant pour pouvoir écrire &quot;Émile, ou De l'éducation &quot;)… pour enrichir cette problématique de l'inénarrable pingrerie inscrite dans le marbre d'une réplique universellement connue : <span style="font-style:italic">&quot;Au voleur, à l'assassin, au meurtrier. Juste Ciel, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge. On m'a dérobé mon argent, Mon argent, mon cher argent. Ma cassette… on m'a volé ma cassette !&quot;</span>. Mais là encore, au plaisir de réentendre ces phrases cultes, s'ajoute celui de découvrir le jeu d'acteurs décomplexés où, à vue, les comédiennes et comédiens s'amusent avec nous des situations bouffonnes.       <br />
              <br />
       Ou encore une saynète de &quot;L'Égoïsme&quot; ouvrant sur &quot;Les Femmes Savantes&quot; où le poète Trissotin et son <span style="font-style:italic">&quot;quoi qu'on die&quot;</span>, répété en boucle, feront pâmer littéralement les pédantes au bord de la crise de nerfs. Dans un tableau vivant quasiment &quot;orgasmique&quot;, on les verra se lover sur les genoux de leur idole en psalmodiant ses vers <span style="font-style:italic">&quot;addddmirables&quot;</span>, avant que le littérateur aux anges n'embrasse sur la bouche un admirateur invétéré…       <br />
              <br />
       Ou bien encore &quot;Les Fourberies de Scapin&quot; et son florilège de bons mots et de situations burlesques où la médecine, qui n'est pas la seule à prendre des coups de bâton, en recevra son lot ; même si, en fin de compte, le (faux) médecin échappera à la pendaison promise – <span style="font-style:italic">&quot;La médecine l'a échappée belle !&quot;</span>… Quand dans &quot;Le Malade imaginaire&quot;, Monsieur Purgon et Thomas Diafoirus, prototypes littéraires pour toujours &quot;encrés&quot; dans la mémoire collective, viendront tourner en dérision une médecine de pacotille et le pédantisme qui lui sert de paravent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97386653-67829001.jpg?v=1784357935" alt="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" title="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" />
     </div>
     <div>
      Ainsi la &quot;mise en pièces&quot; des travers humains éternels prendra-t-elle la forme de jeux scéniques délurés où volées de coups de bâtons (frites de piscine en mousse), clins d'œil appuyés (un peu trop ?) et adresses directes au public, vrais (ou faux) bafouillages, seront délibérément invités, ponctués par les changements à vue de costumes, rôles masculins et féminins étant indifféremment endossés par chacune et chacun. Un bouillant bouillon de culture populaire… à la gloire de l'Illustre Théâtre et de son mentor.       <br />
              <br />
       Mais que diantre, jouer Molière dans le temple d'un festival d'avant-garde comme l'est Avignon ! Qu'alliez-vous faire dans cette galère cher tg STAN ? Certes, vous êtes réputés pour vos blagues, vous les Belges, mais ça n'excuse point tout… À moins que… Mais oui, vous avez raison… Vous êtes les légataires universels d'un bien national, trônant en majesté dans La Maison de Molière. Un patrimoine qu'avec grâce, malice, (im)pertinence décomplexée, vous avez quatre heures et demie durant fait revivre devant nous… pour le bonheur à jamais renouvelé d'entendre les travers de l'humaine condition raillés avec gaieté. Exit l'esprit de sérieux, retour aux plaisirs simples d'une parenthèse joyeuse vécue en communauté, acteurs et spectateurs confondus dans la même bulle. Un moment jubilatoire réfléchissant le monde (notre monde) dans un drôle de miroir à peine déformé.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 13 juillet à La Carrière de Boulbon, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"1, 2, 3 Poquelin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97386653-67829003.jpg?v=1784357988" alt="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" title="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" />
     </div>
     <div>
      Collectif tg STAN, Belgique.       <br />
       Spectacle créé le 28 juin 2026 à Lyon.       <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Textes : Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.       <br />
       De et avec : Robby Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Damiaan De Schrijver, Els Dottermans, Tine Embrechts, Bert Haelvoet, Willy Thomas &amp; Stijn Van Opstal.       <br />
       Lumière : Luc Schaltin.       <br />
       Son : Alexandre Fostier, Brecht Beuselinck, Dimitri Devos.       <br />
       Costumes : Inge Büscher, An d'Huys.       <br />
       Coordination technique : Patrick Martens, Iwan Van Vlierberghe       <br />
       Stagiaire dramaturgie : Juliette Castro.       <br />
       Durée : 4 h 30 avec entracte.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 14, du 16 au 19 et du 21 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 21 h.       <br />
       Carrière de Boulbon, Boulbon (13).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97386653-67829004.jpg?v=1784358014" alt="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" title="IN 2026 "1, 2, 3 Poquelin" Le théâtre de tréteaux du Collectif tg STAN, Molière tel qu'en lui-même…" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 2 au 4 octobre 2026 : Théâtres en Dracénie, Draguignan (83).       <br />
       6 et 7 octobre 2026 : La Passerelle - Scène Nationale, Saint-Brieuc (22).       <br />
       Du 8 au 10 octobre 2026 : Comédie de Caen - CDN, Caen (14).       <br />
       Du 14 au 17 octobre 2026 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).       <br />
       Du 4 au 6 novembre 2026 : Le Quartz - Scène nationale, Brest (29).       <br />
       13 novembre 2026 : Le Manège, Maubeuge (59).       <br />
       21 et 22 novembre 2026 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       Du 3 au 6 décembre 2026 : Théâtre du Rond-Point, Paris 8ᵉ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !</title>
   <updated>2026-06-19T21:13:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Tartuffe-ou-l-hypocrite-une-version-inedite-et-interdite-revisitee-avec-modernite-_a4590.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-06-19T19:20:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec la troupe de la Comédie Française, Ivo Van Hove reprend une version inédite du classique de Molière, "Tartuffe", datant de 1664, qui avait été interdite à sa parution. Le metteur en scène belge prend parfois à dessein et à rebours, ou en forçant le trait, les personnages qui basculent, selon les uns ou les autres, dans des moments d'attirance sexuelle, d'aveuglement béat, de diplomatie incarnée et de conflits physiques, dans une trame faite de tension où l'humour pointe parfois son nez.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627204.jpg?v=1781894666" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
     </div>
     <div>
      Le plateau est large et sobre. Se presse un ensemble de suivants autour d'un protagoniste qui, à nu, se loge dans une baignoire pour se laver. Il se sèche pour repartir toujours accompagné par ceux-ci. Il n'y a nul contact entre eux.       <br />
              <br />
       En arrière-scène, en lettres blanches sur fond noir, se glisse, affichée, une question sur l'identité de cet homme. Comme si un doute pouvait naître quant à la réponse. Tartuffe (Christophe Montenez), ce faux dévot, se lave le corps comme Pilate pouvait bien se laver les mains. La scénographie de Koen Tachelet est de couleur noire et blanche. Les éléments sont disposés par des accessoiristes, situés en arrière-scène, qui se mêlent aux protagonistes. Ils interviennent en tant que témoins d'un drame qui se construit par leur aide, sans pouvoir intervenir pour le faire modifier.       <br />
              <br />
       Les rituels sont très présents dans l'adaptation de Ivo Van Hove. Ce sont des rituels d'entrée et de présentation des personnages. Pour Tartuffe, ces deux procédés sont combinés. À l'entame du spectacle, comme nous l'avons vu précédemment, on le découvre, entouré, dans un toilettage fait en silence et plus loin, il se fouette le dos pour rejoindre les escaliers et ensuite le plateau, comme pour se laver de ses pêchés dans le premier cas et s'en punir pour le second.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627647.jpg?v=1781894714" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
     </div>
     <div>
      Durant la représentation, en arrière-scène, s'étalent sur un écran noir et en lettres blanches des propos et des questionnements en relation directe avec ce qui se joue sur les planches. Comme si le public devait se questionner sur certains temps forts ou à découvrir leur contexte par ces indications, parfois ouvertes ou fermées. L'approche est presque brechtienne, sans que le jeu le soit.       <br />
              <br />
       Tartuffe est savamment mis en exergue dans ses caricatures. On le voit se fouetter le dos, recouvert de sa chemise. Dans chaque tableau se joue un suspense dramaturgique. Chaque séquence est un temps fort qui débute scénographiquement avec une lumière blanche, accompagnée d'un son sec et claquant, qui éclaire la scène et deux protagonistes, souvent face à face, dans un périmètre de jeu délimité par un plateau blanc. Tout est à distance, mais les contacts sont constants. On s'empoigne, on se bat, on s'engueule, on crie, on gesticule, on se caresse, on s'enjambe, on se cache, on se voit, on s'espionne. Tout le panel des émotions est décliné autant par le verbe que par le geste, autant par la parole que par le corps, autant par le cri que par l'éclat. Le silence fait aussi ses entrées en donnant aux propos une résonance qui va au-delà des mots pour les habiller du costume du ressenti.       <br />
              <br />
       Tout est tension. Tartuffe, superbement interprété par Christophe Montenez, est presque diabolique quand il hurle, ses cris accompagnant une gestuelle des mains très physique, ample et parfois violente. Le reste du temps, sa voix est posée, à dessein traînante et pesante, pour porter avec elle une obole de suspicion, de doute. Ainsi, avant même qu'un mot ne sorte de sa bouche, c'est par son maintien et son attitude qu'est décliné Tartuffe. L'habit fait ainsi le moine.       <br />
              <br />
       Ivo Van Hove a adapté la version du classique de Molière en trois actes, interdite en 1664. C'est un inédit. Celui-ci est plus tranché, rapide, violent dans les ruptures dramaturgiques et dans le conflit familial qui oppose Orgon (Thierry Hancisse) à son fils Cléante (Loïc Corbery), et dans l'attrait sexuel et de fausse séduction entre Elmire (Marina Hands), la femme d'Orgon, et Tartuffe.       <br />
              <br />
       La musique apporte une touche presque tragique. L'habillement est contemporain. Costumes, cravates pour les hommes, tailleurs et jupes pour les femmes. C'est assez strict, comme les mots qui sont pesés et dits avec beaucoup d'intention et d'attention pour, entre autres, Tartuffe qui reste un parangon dans ses démonstrations religieuses et lubriques. Son hypocrisie, dénoncée par les autres personnages, emporte avec elle un maniérisme qui lui sied.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627649.jpg?v=1781894747" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Van Hove est simple et directe, comme en écho à la sobriété des décors très bien agencés. Un voile très énigmatique entoure le final où les personnages sont en costumes de ville avec, entre autres, Orgon portant une longue cape rapiécée et Cléante, habillé d'un jean, avec un porte-voix à la main. C'est un retournement situationnel autant dans les mœurs, contestataire dans cette scène, que social, par leur urbanité populaire, où les mœurs religieuses du XVIIe siècle ont quitté leur lit pour aller épouser celle d'une modernité beaucoup plus épanouissante. Comme celle que nous a donnée à voir Ivo Van Hove !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tartuffe ou l'hypocrite"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627666.jpg?v=1781894933" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
     </div>
     <div>
      Version interdite en trois actes de 1664.       <br />
       Restituée par Georges Forestier avec la complicité d'Isabelle Grellet.       <br />
       Mise en scène : Ivo Van Hove.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Laurent Delvert.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Thierry Hancisse, Sylvia Bergé, Loïc Corbery ou Stéphane Varupenne en alternance, Christophe Montenez, Julien Frison, Marina Hands, Christine Brücher, Diego Andres, Chahna Grevoz, Hippolyte Orillard, Lila Pelissier, Alessandro Sanna, Sara Valeri.       <br />
       Dramaturgie : Koen Tachelet.       <br />
       Scénographie et lumières : Jan Versweyveld.       <br />
       Assistant à la scénographie : Jordan Vincent.       <br />
       Assistant aux lumières : François Thouret.       <br />
       Costumes : An D'Huys.       <br />
       Musique originale : Alexandre Desplat.       <br />
       Collaboration musicale : Solrey.       <br />
       Édition musicale : Galilea Music.       <br />
       Son : Pierre Routin.       <br />
       Vidéo : Renaud Rubiano.       <br />
       Production : Comédie-Française. Coréalisation : La Villette.       <br />
       Déconseillé au moins de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h avec entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97049033-67627670.jpg?v=1781894968" alt=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" title=""Tartuffe ou l'hypocrite"… une version inédite et interdite revisitée avec modernité !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 21 mai au 11 juillet 2026.</span>       <br />
       Grande Halle de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, Paris 19ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.villette.com/spectacle?lng=1&amp;id_spectacle=9361&amp;__hstc=130624528.27492a2b16ec45a7508ddd0aab57345c.1781895207874.1781895207874.1781895207874.1&amp;__hssc=130624528.2.1781895207874&amp;__hsfp=9bad843ae3db7a57969755449f9f5963&amp;_gl=1*17t1qb7*_gcl_au*MTQ1NTY4NDE4NC4xNzgxODk1MjU2*_ga*NDU2NjUwMDAxLjE3ODE4OTUyMDg.*_ga_5SQ24GLP5D*czE3ODE4OTUyMDckbzEkZzEkdDE3ODE4OTUyODYkajI5JGwwJGgw&amp;axeptio_token=7ishbDFEqQseWWH-Mqjb-PtLRn" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lavillette.com/programmation/" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Tartuffe-ou-l-hypocrite-une-version-inedite-et-interdite-revisitee-avec-modernite-_a4590.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-05-25T09:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n_a4567.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96706653-67408233.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-25T09:20:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408233.jpg?v=1779693641" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408234.jpg?v=1779693942" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408235.jpg?v=1772610380" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408236.jpg?v=1772610406" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h 15. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Chêne Noir, Salle Léo Ferré, 8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 86 58 11.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-LE_CHENE_NOIR-33539-0.wb?REFID=GjE9AAAAAAAAAAAACwA" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chenenoir.fr/" target="_blank">>> chenenoir.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n_a4567.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-05-03T20:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4493.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95077028-66592713.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-05T07:39:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592713.jpg?v=1772610291" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592719.jpg?v=1772610351" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592720.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592723.jpg?v=1772610406" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 3 mai 2026. Prolongations jusqu'au 4 juin 2026</span>       <br />
       Mardi 20 h, mercredi 17 h (20 h le 11 mars), jeudi 19 h, vendredi 20 h 30, samedi 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.        <br />
       Téléphone : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !</title>
   <updated>2026-01-30T13:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-femmes-savantes-Une-proposition-completement-decalee-qui-se-revele-etre-un-vrai-plaisir-theatral-_a4465.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-30T12:44:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante frappe un grand coup en proposant une mise en scène audacieuse dans laquelle l'humour et le déjanté tiennent la dragée haute à la langue de Molière. Björk et les Red Hot Chilli Peppers accompagnent Trissotin et Clitandre dans une interprétation où les manières tiennent lieu de boussole et où le classique tombe dans les bras du moderne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587513.jpg?v=1769773657" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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      Le plateau découvre, rideau ouvert dès le départ, un plateau noir et brillant dans lequel sont suspendues, pour l'éclairer, des tubes en LED. C'est moderne et il n'y a nulle trace de classicisme, Louis XIV est loin des lambris, surtout quand deux protagonistes à l'allure jeune et &quot;cool&quot; discutent entre eux, armés des moyens de communication du XXIe siècle, à savoir téléphones portables et ordinateurs. Ces éléments se retrouvent ailleurs et plus tard dans une scénographie en accord avec l'époque de Molière, la mise en scène bousculant le temps, comme la communication en mode interruptif enjambe les siècles.       <br />
              <br />
       Ces deux personnages, à l'entame de la représentation, donnent le &quot;La&quot; à une création scénique qui bouscule autant les repères temporels que sociaux, l'aristocratie étant déclinée par moments de façon caricaturale et comique. De cet instant frôlant un quotidien que tout le monde peut goûter, le théâtre dans le théâtre s'insinue avec un &quot;Silence !&quot; lancé fortement et de manière quasi grondeuse au public par un protagoniste venant subrepticement sur le plateau, pour marquer qu'une représentation va débuter alors qu'officiellement, elle a déjà débuté. Le regard porté vers nous, il se dirige côté cour pour disparaître.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587526.jpg?v=1769773765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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      Ainsi, la mise en scène d'Emma Dante s'inscrit dans une modernité audacieuse où le théâtre relie des rives autant classiques que contemporaines, avec des attitudes parfois en décalage avec la scénographie, tel un chassé-croisé, alternant entre deux époques.       <br />
              <br />
       Quatre siècles séparent, à proprement parler, la langue de Molière de cette première scène. Pour autant, ce laps de temps se contracte, voire s'efface selon les tableaux. Car le moderne, pour caractériser notre époque, cohabite avec délice, durant toute la pièce, au subjonctif de Molière. Dans cette césure, c'est aussi une distance sociale qui séparait l'homme de la femme que la metteure en scène sicilienne Emma Dante n'exploite pas. Elle aurait pu creuser ce filon pour l'actualiser à notre époque et en dénoncer les turpitudes qui résistent aux siècles, ce qui aurait été une approche des plus classiques. Nul clin d'œil dans ce sens, elle prend le très riche matériau théâtral à sa disposition pour le sculpter dans des formes caricaturales à souhait, pour les faire épouser une satire sociale où les attitudes des uns sont souvent sous le couvert du ridicule des autres.       <br />
              <br />
       Clitandre (Gaël Kamilindi) est dans un rapport au jeu qui ne laisse place, à dessein, à aucun naturel. Plus ses attitudes sont maniérées et poussées à l'extrême avec élégance, plus son propos prend du poids. Et plus ce qui l'écoute le font comme si la manière tenait lieu uniquement de boussole, parce que d'un certain statut social. <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous n'y sont que des acteurs…&quot;</span>, comme l'écrit Shakespeare (1564-1616) dans &quot;Comme il vous plaira&quot; (1599). La pièce se finit d'ailleurs dans une configuration de représentation avec un cadre de tableau qui descend pour regrouper tous les personnages de la fable. &quot;Les femmes savantes&quot; deviennent la comédie d'une société, et d'un monde qui joue à être ce qu'il n'est peut-être pas, statut social oblige, comme Trissotin qui joue le chantre de la culture quand il n'en maîtrise peut-être pas l'orthographe.       <br />
              <br />
       Durant deux heures, Emma Dante propose une audacieuse odyssée théâtrale dans laquelle la représentation épouse des contours autant comiques, déjantés, sérieux que dramatiques. C'est une comédie dans laquelle les rictus sont envoyés à la face d'un statut social où la culture, fausse de surcroît et savamment badigeonnée de mots pompeux par Trissotin (Stéphane Varupenne), tient lieu de rosette et de chapeau haut de forme. Bourdieu n'aurait rien eu à y redire.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587564.jpg?v=1769773927" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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      Emma Dante a pour souci, remarquable, de faire advenir souvent, en même temps, le ridicule et le sérieux, le comique et le grave, le propos bien tamponné et son accoutrement édulcoré, le décalé avec sa dissonance. Ainsi, les courtisans passent l'aspirateur à main sur les habits portés par Clitandre. Cet empressement est comique, car ridicule et déphasé. Il peut être décliné toutefois à n'importe quelle époque. D'où cet écart temporel entre l'aspirateur et les courtisans. Savoir s'ils nettoient les habits de leur maître ou lui-même, ou les deux, est à la libre appréciation du public. Et peut-être des courtisans.       <br />
              <br />
       La musique est aussi un élément important. Elle pose une ambiance et des ruptures. Lully n'a qu'à bien se tenir. Les chansons, entre autres, de Red Hot Chili Peppers et Björk sont en effet présentes. Le classique a la chasse gardée des costumes, du verbe et de la scénographie, sauf pour le premier tableau, quand les outils numériques, l'électroménager avec l'aspirateur à main et la musique ont celui de notre siècle.       <br />
              <br />
       &quot;Les femmes savantes&quot; est l'avant-dernière comédie de Molière. La mise en scène d'Emma Dante déploie un jeu comique avant tout corporel. Dans le phrasé, le débit est presque, à dessein, caricatural, dessinant ainsi une diction qui se targue de châtier les mots avec emphase. Clitandre est très maniéré, attitude où sue, à dessein et de façon comique, un aristocratisme dans lequel ce qui fait fonction sont les manières. Excepté le port de tête de celui-ci qui est peu royal, car le jeu social peut aussi avoir ses limites.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587702.jpg?v=1769774736" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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      Pour autant, le 4ᵉ mur de Diderot (1713-1784) est abattu avec, entre autres, un moment où Trissotin et Henriette (Édith Proust) vont dans le public en essayant de s'y immiscer tout en l'interpellant avec drôlerie. Nulle distance avec l'assistance, l'humour ne s'y retrouverait pas.       <br />
              <br />
       Bref, une grande pièce d'un grand homme montée par une grande dame. Un véritable délice !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
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     <div><b>"Les femmes savantes"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587703.jpg?v=1769774765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
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      Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
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