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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-19T12:19:02+02:00</updated>
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   <title>•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi</title>
   <updated>2021-07-23T12:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Pupo-di-Zucchero-La-Festa-dei-Morti-Ode-a-la-joie-a-la-celebration-de-la-vie-devant-soi_a3026.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
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   <published>2021-07-23T12:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante revient à Avignon pour gratifier les festivaliers d'un étrange et envoûtant cérémonial prenant possession d'un plateau peuplé d'impressionnantes sculptures grandeur nature qu'accompagnent des acteurs tout aussi fascinants. Ce rituel de la Fête des Morts, tradition de l'Italie du Sud pérennisant chaque 2 novembre le désir des humains de faire perdurer la vie au-delà de la mort, la metteuse en scène de Palerme le transfigure superbement en "regroupement familial" festif débordant de vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823702.jpg?v=1627036735" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Les apparitions d'Emma Dante dans la Cité des Papes (&quot;Le Sorelle Macaluso&quot; et plus récemment &quot;Bestie di scena&quot;) sont toujours attendues &quot;religieusement&quot;, avec grande fébrilité tant elle allie à une créativité unique une humanité hors normes insufflant de l'oxygène revivifiant dans un monde au bord de l'asphyxie. Tout chez elle semble surgissement du bonheur de la représentation. De création en création, mettant en pièces les attendus sur lesquels d'autres pourraient paresseusement surfer, elle nous &quot;surprend&quot; pour nous entraîner dans des mondes fabuleux parlant intimement à notre sensibilité.       <br />
              <br />
       Et &quot;La Statuette de Sucre - La Fête Des Morts&quot;, créé au Teatro Grande à Pompéi ce début juillet, en est la preuve… vivante. Au centre du plateau, lumière est faite sur un homme seul, coincé dans ses vêtements endimanchés, assis sur un petit tabouret de paille, et dont le poids des ans fait pencher ostensiblement la tête vers la terre qui l'attend. Devant lui, sur un autre tabouret, une pâte à lever concentre toute son attention : elle est la matière vivante d'où émergera la statuette en pain de sucre placée au centre de la cérémonie qui se prépare… Derrière lui, ses trois jeunes sœurs, mortes depuis des lustres, agitent déjà gaiement des clochettes en psalmodiant des mélodies. Le ton est donné, la messe va pouvoir être dite…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823744.jpg?v=1627036767" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Un à un, puis tous ensemble, les membres de la &quot;familia grande&quot; vont surgir de l'épaisse nuit qui les enveloppait pour peupler facétieusement le plateau de leurs existences disparues. Chacun est porteur de son double mort - stupéfiantes sculptures articulées de Cesare Inzerillo - l'accompagnant comme son ombre dans ce retour vers la vie. Ils ont différents âges, dont celui de leur mort, les frontières spatio-temporelles n'ont plus lieu d'être… C'est la fête des retrouvailles, sous l'œil attendri du vieil homme solitaire retrouvant enfin ceux qu'il aimait.       <br />
              <br />
       Qu'elles étaient belles ses sœurs, la mère les couvait de son regard attendri… Elles sont là, devant nous pétillantes de fantaisie, jusqu'à ce qu'on les voie jetées au sol, leurs corps pris de convulsions, victimes du typhus les ayant emportées dans la fleur de l'âge - pas étonnant, elles dormaient toutes les trois tête-bêche, dans le même lit, ne se quittant jamais… Et lui le frère noir adopté, feu follet à la faim insatiable, bondissant en tous sens comme un lutin monté sur ressorts, que de jeux endiablés tous les quatre n'ont-ils pas vécus… Et cet oncle et cette tante n'ayant rien de plus urgent en se retrouvant qu'à se chevaucher fougueusement, avant que ça dégénère, cheveux tirés et coups de pied à l'appui dans le corps sans vie projeté au sol…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823753.jpg?v=1627036808" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Et sa mère, si belle et si jeune, attendant au bout de la jetée pendant plus de cinquante ans le retour de son mari parti en mer… Ce père aimant, jeune marin fringant à côté de lui dans ses vêtements le mettant en valeur, ému, il lui donne tendrement l'accolade… Quand il revenait le père de ses traversées au long cours, c'était la fête ! Et tous alors de mettre le feu au plateau, la mère redevenue instantanément jeune, redressant son corps courbé par les ans et ôtant sa robe de vieille femme pour exhiber une tenue branchée, sa mère s'éclatant dans des figures de danses électriques faisant vibrer la scène transformée en gigantesque dancefloor.       <br />
              <br />
       Le vieil homme semble visiblement aux anges en voyant ses chers disparus revivre sous ses yeux, chacun n'ayant rien perdu de ce qui de son vivant faisait qu'il était un être unique, défauts et qualités comprises. Et quand viendra au bout de la nuit, le moment pour les morts de regagner leurs pénates d'outre-tombe et le temps pour le vieil homme de retourner à sa solitude, ils repartiront en procession lumineuse portant chacun sa sculpture sur l'épaule. Les chants religieux viendront couvrir la voix de leur hôte d'un soir et le dernier tableau, d'une beauté sculpturale à faire défaillir, sera à prendre comme une apothéose musicale et visuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823759.jpg?v=1627036853" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Célébrer de manière joyeuse les morts afin de ne pas les tuer une seconde fois en les incarcérant dans l'oubli, les exhumer pour les représenter doublement au plateau (artistes bien vivants et leurs répliques sculptées mangées en partie par la décomposition &quot;à l'œuvre&quot;) dans une mise en jeu d'une beauté plastique insoupçonnée, est à prendre comme un moment de grâce accordé aux vivants par une metteuse en scène mécréante développant vis-à-vis de l'humaine condition une foi inconditionnelle.       <br />
              <br />
       Plaisir sensuel de voir se rencontrer vivants et morts dans le même espace onirique orchestré par des musiques et des danses énergisantes, c'est peu de dire que, dans le droit fil de cette tradition italienne dont elle revendique l'héritage, Emma Dante réussit sous nos yeux émerveillés l'exploit peu ordinaire de répondre à notre besoin abyssal de consolation.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Gymnase du Lycée Mistral à Avignon, le mercredi 21 juillet 2021 à 19 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti/La Statuette de Sucre - La Fête des Morts"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823763.jpg?v=1627036884" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Création le 8 juillet 2021 au Teatro Grande (Pompéi, Italie).       <br />
       Spectacle en dialecte napolitain surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Librement inspiré du &quot;Conte des Contes&quot; de Giambattista Basile.       <br />
       Avec : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Sandro Maria Campagna, Martina Caracappa, Federica Greco, Giuseppe Lino, Carmine Maringola, Valter Sarzi Sartori, Maria Sgro, Stéphanie Taillandier, Nancy Trabona.       <br />
       Sculpture : Cesare Inzerillo.       <br />
       Lumière : Cristian Zucaro.       <br />
       Costumes : Emma Dante.       <br />
       Assistante costumes : Italia Carroccio.       <br />
       Traduction en français pour le surtitrage : Juliane Regler.       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Compagnie SudCostaOccidentale       <br />
       Durée 1 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823803.jpg?v=1627037319" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 23 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h, relâche le 20 juillet.       <br />
       Gymnase du Lycée Mistral, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7 au 17 octobre 2021 : Teatro Biondo Palermo, Palerme (Italie).       <br />
       10 au 12 mars 2022 : Châteauvallon - Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).       <br />
       15 mars 2022 : Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban (04).       <br />
       18 au 20 mars 2022 : La Criée, Marseille (13).       <br />
       25 au 26 mars 2022 : Anthéa - Antipolis, Antibes (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823805.jpg?v=1627037380" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime</title>
   <updated>2019-07-19T12:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2019-La-Breche-Histoire-de-jeunes-gens-presque-ordinaires-reconstitution-d-une-scene-de-crime_a2503.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35733771-32215838.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-19T12:15:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur un plateau nu où seules les nappes de lumières et de sons créent la scénographie, se déplie sur quatorze années (1977 et 1991) l'histoire de quatre jeunes gens réunis dans la cave d'une maison de banlieue, lieu des rendez-vous où tout s'est noué et dénoué. Construit comme un thriller où le temps repasse en boucle "la scène" traumatique dans une répétition du même chaque fois décalé, l'effet hypnotique produit est amplifié par une interprétation au-dessus de tout soupçon des corps engagés des interprètes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215838.jpg?v=1563532802" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Sortie de l'imaginaire de la dramaturge américaine Naomi Wallace aux univers sombres, les protagonistes de la bande des quatre - Hoke, friqué, et Frayne, inséparables tous les deux, et Jude, jeune fille d'extraction modeste qui n'a pas froid aux yeux, accompagné d'Acton, son frère cadet souffreteux - se toisent, se rapprochent, s'affrontent dans un jeu cruel où aucune limite n'est de mise. Et ce qui ajoute à la violence omniprésente, c'est que tout se dévoile par énigmes sans que rien ne soit jamais montré.       <br />
              <br />
       1977. Jude, qui vit avec son frère et sa mère (le père est mort en tombant d'un échafaudage à hauteur de quatorzième étage sur un chantier du père de Hoke) dans la petite maison payée à crédit, sait d'expérience la violence des rapports de classe. Aussi ne s'en laisse-t-elle pas &quot;compter&quot; par Hoke en lui louant sa cave un prix correct pour qu'ils y viennent ensemble écouter leur musique. Hoke et Frayne, son pote adoubé, apparaissent des ados &quot;normaux&quot; aimant le sport et la musique. Ils ont pris sous leurs ailes, Acton, le frère asthmatique de Jude, moqué par les autres élèves du lycée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215903.jpg?v=1563532838" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      1991. La même odeur dans la cave où ils se retrouvent, après quatorze années de séparation, sous l'apparence de trois autres comédiens. En effet, les quatre ne sont plus que trois. C'est d'ailleurs à la faveur de l'enterrement d'Acton - c'est Hoke qui a réglé en bon prince les frais de l'incinération - qu'ils &quot;refont surface&quot; dans les soubassements du lieu où tout s'est joué des années auparavant, une nuit frappée d'amnésie. Tout est pour le mieux aujourd'hui, Hoke a deux beaux enfants et une très belle femme. Jude en a un, qu'elle ne voit que le week-end.       <br />
              <br />
       L'inquiétante étrangeté de la banalité ordinaire suintant des murs de béton brut envahit l'espace pour le saturer d'une angoisse palpable. Quelle &quot;chose&quot;, frappée de forclusion pour être exclue d'emblée des conversations civiles, est inscrite dans ces murs qui en recèlent la trace &quot;vivante&quot; en eux ? Pourquoi Acton a-t-il suivi le sort de son père en se précipitant d'un pont dans le vide, sa mort étant un suicide &quot;réussi&quot; ?       <br />
              <br />
       En jouant et rejouant à l'envi l'histoire qui n'arrête pas de passer en eux, un peu comme le saphir bégayant d'un vinyle rayé, les allers-retours incessants entre les deux époques mises en tableau &quot;révèlent&quot; (au sens d'un laboratoire photographique argentique) peu à peu les contours de l'indicible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215921.jpg?v=1563532868" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Ils avaient scellé entre eux un pacte digne de Méphistophélès : sacrifier chacun ce qu'ils avaient de plus cher pour preuve de leur appartenance à leur communauté indivisible. Mais à ce jeu, ils n'étaient pas égaux. Le chien tué par un père peut, même si on était très attaché à lui, être assumé sans trop de dégâts quand, par ailleurs, on est assuré d'un confortable train de vie. En revanche, pour renoncer à sa rate, pourtant malade, le sacrifice n'est pas de même importance quand chaque moment du quotidien se paie cash. Et quand le désir sexuel vient s'en mêler, troublant encore plus les données du social, le drame est inévitable.       <br />
              <br />
       Hoke, PDG, à la tête de la fortune amoncelée par la société d'assurances et de produits pharmaceutiques dont il a hérité, n'a pas les mêmes armes qu'Acton, agent d'entretien dans une usine du premier, &quot;bénéficiant&quot; des cachets donnés généreusement par son ami pour calmer ses angoisses. Jude, dont la mère devait compter un à un les sous, interrompre les visites chez le dentiste, renoncer aux abonnements, ne joue pas non plus dans la même cour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215933.jpg?v=1563532900" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Le sacrifice exigé de ce qui tient le plus à cœur prend alors valeur de saut dans le vide pour ceux qui n'ont rien à offrir qu'eux-mêmes… Le frère souffreteux aimait sa sœur démunie plus que lui-même, que lui restait-il à offrir - autre que sa propre existence - une fois qu'il l'eut livrée à ses deux amis ?       <br />
              <br />
       Seulement, les choses ne sont jamais aussi simples. Cette scène occultée par la conscience de Jude, &quot;bourrée&quot; cette nuit-là et abusée tour à tour par Hoke et Frayne, l'un et l'autre trop timides pour tenter leurs approches à l'état normal, n'est pas le fruit du seul don du frère aimant à ses deux complices. Il se révélera être aussi celui d'un consentement, certes forcé…        <br />
              <br />
       La mise en jeu de Tommy Milliot est implacable. Dans le droit fil du drame écrit, il reconstitue avec une sobriété chirurgicale les minutes de cette traversée immobile d'une Amérique morcelée, schizophrène, où l'arrogante richesse fait violence à la pauvreté, où les défis de classe se soldent encore et toujours par la victoire insolente de ceux qui possèdent autant les codes que l'argent. Drame individuel acté par des corps en tension sur fond de tragédie sociale, les fragments de cette reconstitution d'une scène de crime ont valeur esthétique et éthique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Brèche"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215941.jpg?v=1563532933" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Création 2019.       <br />
       Texte : Naomi Wallace.       <br />
       Traduction : Dominique Hollier.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Tommy Milliot.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Matthieu Heydon.       <br />
       Avec : Lena Garrel, Matthias Hejnar, Pierre Hurel, Dylan Maréchal, Aude Rouanet, Alexandre Schorderet, Edouard Sibé.       <br />
       Dramaturgie : Sarah Cillaire.       <br />
       Lumière : Sarah Marcotte.       <br />
       Son : Adrien Kanter.       <br />
       Décor et construction : Jeff Garraud.       <br />
       &quot;The MacAlpine Spillway (La Brèche)&quot;, de Naomi Wallace, est publié aux éditions Théâtrales.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 23 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h, relâche le 20.       <br />
       <b>Gymnase du lycée Mistral</b>        <br />
       20, boulevard Raspail.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215997.jpg?v=1563533110" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
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