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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-12T22:58:00+02:00</updated>
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   <title>•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing</title>
   <updated>2023-07-22T11:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Black-Lights-Puissance-des-corps-et-force-des-paroles-un-oratorio-coup-de-poing_a3694.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-22T11:00:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est des spectacles qui captivent et d'autres qui, au-delà de l'intérêt très fort qu'ils suscitent, vous introduisent dans un état de conscience augmentée propre à vous transporter dans leur monde. La dernière création de la chorégraphe Mathilde Monnier, présentée dans le lieu féérique du Cloître des Carmes, appartient à cette catégorie rare. En effet, au-delà de ce que l'on sait des outrages "ordinaires" faits aux femmes, nos sœurs en humanité, nous ressentons au plus profond de notre chair l'impact des agressions "mâléfiques". Comme dans une transe, c'est notre être intime qui perçoit alors par les pores de notre peau le drame en cours, notre raison étant impuissante pour nous signifier l'impensable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614377.jpg?v=1690018089" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      La nuit tombe sur le plateau du cloître, enrobant d'une nappe de brouillard d'imposantes souches calcinées disséminées sur toute son étendue. Un paysage dévasté, propre à accueillir, par effet de miroir, les visages marqués des huit danseuses de tout âge, de toute morphologie et de toute origine. Ce qui les rassemble au-delà de leurs différences, ces huit femmes en colère, c'est d'avoir vécu l'ordinaire – parfois un peu plus – de ce que le sexe féminin a à subir chaque jour. Un ordinaire faisant d'elles des objets assujettis aux réflexions et agissements d'une masculinité primaire, pour ne pas dire primitive.       <br />
              <br />
       S'inspirant de &quot;H24 - 24 heures dans la vie d'une femme&quot;, la série télévisée réalisée pour Arte par Valérie Urrea et Nathalie Masduraud, Mathilde Monnier a retenu, parmi les textes d'autrices invitées à écrire sur ce sujet brûlant, ceux d'Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, et Alice Zeniter ; écrits qui, de par leur texture, se prêtent au passage au plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614378.jpg?v=1690018114" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      À partir de cette matière traversée par l'énergie d'autrices en lien avec leur vécu de femmes, la chorégraphe a confié à huit danseuses, actrices à part entière, le soin de prêter corps et voix à ces &quot;(é)cris&quot;. Puisant dans leur expérience personnelle, elles libèrent, seules et ensemble, l'essence de leur contenu, aussi bien dans leur corps combattant ou abattu, que dans leur phrasé articulé à la rage qui les habite. Ces chorégraphies, qui expriment avec force la violence subie et son funeste impact sur les corps et les âmes, ont la beauté d'un soleil noir inondant le plateau du Cloître des Carmes.       <br />
              <br />
       Sur la pointe des pieds, le corps tout entier traversé par une tension la projetant en avant, une femme tout de blanc vêtue palpe son cou à l'endroit précis où une arête semble restée coincée. Ce qui ne passe pas, ou plus exactement ce qui n'arrête pas de passer en elle, c'est le souvenir de cette agression qui, apparemment, n'en était pas une, et qui pourtant l'a laissée sans voix. Dans son cursus de formation d'avocate, un banal débat pédagogique pour apprendre… à débattre. Les arguments sont fourbis, attaque et contre-attaque verbale. Elle rivalise avec talent, ne se laisse aucunement impressionner par le statut du maître.       <br />
              <br />
       Et puis, dans le plein de la joute oratoire, s'immisce un glissement &quot;innocent&quot;, une petite phrase aux apparences anodines : <span style="font-style:italic">&quot;Il vous va bien ce chignon, les cheveux attachés, ça te va bien…&quot;.</span> Alors, déconcertée, elle sourit… parce que c'est ce que savent faire les femmes quand on leur dit à leur corps défendant qu'elles sont jolies… Et depuis ce sourire soumis, cette rage qui la ronge. <span style="font-style:italic">&quot;J'aurais dû claquer la porte, le gifler&quot;.</span> Mais si elle avait montré sa colère, n'aurait-elle pas perdu une deuxième fois en ne maitrisant pas ses nerfs, ses nerfs de femme fragile ? Confrontée à une injonction contradictoire, paralysante, avait-elle d'autre choix que de la ravaler, sa juste colère ? Et depuis, elle est là, intacte, coincée dans sa gorge.       <br />
              <br />
       Après ce tableau liminaire d'une cruauté perverse, vient le temps pour les huit danseuses de prendre possession du plateau. D'emblée, leur détermination nous en impose. La fierté de leur regard dur toisant le nôtre, en dit long sur leur volonté de résistance aux violences qui leur sont faites. Leurs corps, disloqués par les affres vécues, oscillent entre jetés au sol, courses effrénées et contorsions de pantins désarticulés, accompagnés par les bruits disharmoniques de leurs chaussures frappant le sol alors que se consument à leurs côtés les souches fumantes.       <br />
              <br />
       Une autre danseuse se détachera pour venir articuler haut et fort comment elle a été abusivement renvoyée – avant même d'avoir pu prendre son travail de réceptionniste, dont elle avait pourtant grand besoin pour manger – pour avoir simplement refusé de porter des talons hauts de huit centimètres… afin de plaire à la clientèle masculine, de haut standing, fréquentant l'établissement. Le rire puissant qui jaillit alors de sa poitrine fera entendre sa détermination à refuser toute domestication.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614393.jpg?v=1690018169" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Tantôt seules, tantôt faisant chorus, ces femmes danseuses balaient l'espace de leurs déplacements heurtés pour l'occuper totalement. L'une, plutôt frêle, racontera comment elle se fait siffler, comment, continuellement, elle a à essuyer des commentaires (&quot;à la mords-moi le nœud&quot;) de types baissant leur vitre à son passage : <span style="font-style:italic">&quot;Et mademoiselle, on ne sourit pas ? Ah princesse, tu fais la gueule !&quot;.</span> L'automobile qui la suit au pas, elle ne peut la semer, sa destination à la voiture… c'est elle. Elle rêve alors d'être dans un jeu vidéo où elle pourrait disparaître par une plaque d'égout, pour apparaître plus loin. Mais, non, il est toujours là à mater son cul et à lui parler de sa beauté, à lui proposer de faire un tour ensemble…       <br />
              <br />
       Faisant bloc avec elle, les danseuses arpentent à pas rapides l'espace comme pour vouloir - en vain - échapper au prédateur. <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu me fais la gueule, tu es si jolie…&quot;.</span> Ce qu'il ne comprend pas, ce qu'il ne peut pas comprendre, c'est qu'elle ne veut ni lui faire la gueule, ni lui plaire, simplement qu'il l'oublie, qu'il la laisse vivre, son corps est à elle et non sujet public de commentaires… Mais là encore, pour lui échapper, elle concède la photo qu'il lui impose, celle de la proie qui pose avec le chasseur, et elle en est mortifiée. Le groupe de danseuses s'arrête alors net, nous dévisage, comme pour chercher parmi nous un appui, ou…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614397.jpg?v=1690018229" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Une autre danseuse, montée sur ressorts, toute en nerfs, renverra les insultes qui lui sont adressées. <span style="font-style:italic">&quot;Salope&quot;</span>, lui dit-on, <span style="font-style:italic">&quot;Putain mec, j'vais t'enculer&quot;</span>, répond-elle. Revendicative, son corps est électrisé, impossible de l'approcher. <span style="font-style:italic">&quot;Ça, c'est mes seins, ça, c'est mon corps… mon corps… mon corps…&quot;,</span> hurle-t-elle, créant autour d'elle un vide protecteur.       <br />
              <br />
       Une autre, se sentira affreusement démunie lorsque son vieux prof libidineux – mais est-ce que ça a vraiment eu lieu ? –, profitant de son autorité, parlera à ses seins (et plus si affinités), la suivra jusqu'à son métro. Mais non, il ne s'est rien passé, elle aura tout inventé… Une autre encore sera brûlée vive par son conjoint, les flics n'ayant jamais cru aux plaintes déposées.       <br />
              <br />
       Ainsi va le monde des femmes dans un monde d'hommes prédateurs, des femmes vécues comme des proies faciles pour des mâles en mal de puissance. Certaines trouvent la force de les renvoyer paître, ces nuisibles entichés d'eux-mêmes, d'autres restent sidérées ne pouvant réagir face au monstre conquérant, toutes ont en commun de partager le sentiment honteux d'être dessaisies d'elles-mêmes, de subir une effraction mettant en danger leur intégrité physique et mentale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614489.jpg?v=1690019314" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Ces problématiques sans âge, les danseuses de Mathilde Monnier les portent à fleur de peau avec une conviction telle qu'elles deviennent nôtres, touchés que nous sommes par ce flux incessant de corps désarticulés, mis à mal, blessés… mais au final ne cédant pas, la colère, saine et combative, étant la plus forte.       <br />
              <br />
       Mathilde Monnier signe là un opus bouleversant, artistiquement, humainement parlant. Sans nul doute &quot;Black Lights&quot; sera-t-il à inscrire en tête de liste des spectacles ayant marqué Avignon 2023. Mais pas que 2023…       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 20 juillet 2023 au Cloître des Carmes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Black Lights"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614498.jpg?v=1690019342" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      En français, surtitré en anglais.       <br />
       Inspiré de &quot;H24&quot;, série pour ARTE de Valérie Urrea et Nathalie Masduraud.       <br />
       Textes : Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, Alice Zeniter.       <br />
       Traductions : Christine Berlioz, Cécile Bocianowski, Gilles Decorvet, Christine Leboeuf, Emmanuelle Tardif, Laila Thullesen.       <br />
       Chorégraphie et mise en scène : Mathilde Monnier.       <br />
       Avec : Isabel Abreu, Aïda Ben Hassine, Kaïsha Essiane, Lucía García Pullés, Mai-Júli Machado Nhapulo, Carolina Passos Sousa, Jone San Martin Astigarraga, Ophélie Ségala.       <br />
       Dramaturgie : Stéphane Bouquet.       <br />
       Musique : Nicolas Houssin, Olivier Renouf.       <br />
       Scénographie : Annie Tolleter.       <br />
       Conception et construction : Atelier Martine Andrée et Paul Dubois.       <br />
       Lumière : Éric Wurtz.       <br />
       Costumes : Laurence Alquier       <br />
       Régie générale : Emmanuel Fornès       <br />
       Régie son : Nicolas Houssin       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 22 juin 2023 au Théâtre de l'Agora, dans le cadre de Montpellier Danse.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 23 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614560.jpg?v=1690020044" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       28 et 30 juillet 2023 : Festival ImPulsTanz, Vienne (Autriche).       <br />
       29 et 30 novembre, 1er et 2 décembre 2023 : Théâtre de la Cité Internationale, Paris.       <br />
       17 et 18 janvier 2024 : La Comédie - Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       23 janvier 2024 : Le Parvis - Scène nationale Tarbes Pyrénées, Ibos (65).       <br />
       26 et 27 janvier 2024 : Théâtre populaire romand Centre neuchâtelois des arts vivants et ADN Danse, Neuchâtel (Suisse).       <br />
       7 et 8 février 2024 : MC2 - Scène nationale, Grenoble (38).       <br />
       13 et 14 février 2024 : La Coursive Scène nationale de La Rochelle (17).       <br />
       22 février 2024 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).       <br />
       Du 20 au 23 mars 2024 : Les SUBS &amp; Maison de la Danse, Lyon (69).       <br />
       4 et 5 avril 2024 : Le Quartz - Scène nationale, Brest (29).       <br />
       Du 22 au 24 mai 2024 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       29 au 31 mai 2024 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées</title>
   <updated>2021-11-06T12:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Please-Please-Please-Deux-danseuses-et-un-auteur-pour-une-fable-choregraphiee-aux-vertus-insoupconnees_a3095.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2021-11-06T11:35:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réunir sur un même plateau (de danse ? de théâtre ?) deux chorégraphes danseuses connues pour leur liberté artistique sans frontières - La Ribot et Mathilde Monnier - et un auteur metteur en scène au talent protéiforme - Tiago Rodrigues, futur directeur du Festival IN d'Avignon 2023 - ne pouvait manquer d'attiser notre intérêt tant leur engagement est au-dessus de tout soupçon. Quant au résultat… il nous a séduits - "sur pièces".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014691.jpg?v=1636196545" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, les yeux sont captés par la scénographie qui questionne bien au-delà du rationnel et nous immerge dans un univers sans attaches propre à cristalliser tout le monde que nous portons en nous. Un monde fait de beautés intranquilles que côtoient des questionnements plus sombres liés à l'à-venir. D'abord, l'énigme présentée par ce démesuré serpent grillagé, hantant l'autre scène, comme la trace mnésique d'un monstre du Loch Ness susceptible autant de faire rêver que d'engloutir. Ensuite, ces deux créatures rampant au sol en se désarticulant, de la tête aux pieds, moulées dans des combinaisons aux couleurs électriques les propulsant dans une fiction du type &quot;2021 L'Odyssée de la planète Terre&quot;, de qui sont-elles le nom ?       <br />
              <br />
       Tous les ingrédients d'une fabuleuse immersion dans l'avant monde de l'après sont là réunis ; si on leur ajoute une musique entêtante empruntant entre autres à Béla Bartók de nombreux extraits et un texte sorti tout droit de l'imaginaire solaire de son auteur, on pressent avec envie la nature de la cérémonie hors normes à laquelle nous allons être conviés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014694.jpg?v=1636196593" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Avant que le langage ne leur soit donné pour articuler une pensée aux allures prophétiques - n'évitant aucunement les saillies sibyllines, à l'instar de celles rendues naguère par la Pythie tirant son nom de Python, un autre serpent légendaire… -, ce sont leur corps qui vont &quot;parler&quot;. De soubresauts en soubresauts, de contorsions en contorsions, d'élans en élans, ces corps rampent, (s')explorent, avancent, reculent, vibrent sur le tempo de percussions qui les électrisent de part en part. Corps &quot;transfigurés&quot; par l'emballement des allegros, luttes des temps farouches pour s'extraire des limbes d'une humanité en cours de création.       <br />
              <br />
       Aura lieu la rencontre émouvante de ces deux créatures &quot;se découvrant&quot; (au propre comme au figuré, se dépouillant de leur cagoule) afin de faire interpénétrer leurs histoires. L'une livrera celle de cette serveuse d'Hiroshima extrayant un Château Margot 1928 d'une cave… au moment précis où une explosion assourdissante anéantissait tout alentour. L'autre confiera une plage de l'Atlantique… et la contemplation de la mer &quot;à perte&quot; de vue. Des cauchemars, il en sera aussi question sous forme d'un renard, d'une baleine, d'un animal étrange gigantesque engendré par les peurs ancestrales.       <br />
              <br />
       Et puis, pointera cette velléité de &quot;s'affranchir&quot; d'un monde dont on ne veut plus, sous la forme d'une lettre adressée au père, une lettre à &quot;ne pas prendre à la lettre&quot; puisqu'elle ne fut jamais postée. Il y aura aussi cette tentative insensée de traverser l'océan à la recherche du mythe du bon sauvage dont on apprendra la langue pour pouvoir mettre à sa portée toutes les &quot;richesses&quot; civilisationnelles… celles qui, in fine, scelleront sa disparition. Il y a feu en la demeure et l'aveuglement règne. Détourner son regard du manège en surface pour vivre comme un rat, devenir rat pour survivre dans les catacombes d'un monde courant à sa perte…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014695.jpg?v=1636196636" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Après la mort annoncée, l'allégorie d'une nouvelle naissance, celle d'un enfant &quot;parlant une autre langue&quot;, une promesse à laquelle l'enfant à lui-même peine à croire… Des histoires en boucle qui font boule de sens, pour faire naître d'autres récits en engendrant d'autres. Est-ce ainsi que les hommes (sur)vivent ?       <br />
              <br />
       De dé-lire en dé-lire (soutenu par l'auteur invitant en creux à occuper pleinement l'espace offert par cette fable chorégraphiée), de corps à corps rythmés à l'unisson d'une musique endiablée sur fond d'une scénographie enivrante, nous sommes conduits vers des contrées où la raison raisonnante n'a plus place - et c'est tant mieux car seules les créations oniriques ont le pouvoir &quot;sensuel&quot; de  réfléchir  nos désespoirs et espoirs.       <br />
              <br />
       Quant à l'interprétation, d'une tonicité &quot;spectaculaire&quot;, de ces deux figures de la chorégraphie contemporaine échappant à tout diktat stérilisant, elle ne peut que provoquer un (ir)respectueux &quot;chapeau bas, les artistes !&quot;       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu le jeudi 21 octobre 2021 à 20 h à La Manufacture CDCN de Bordeaux en coréalisation avec le TnBA.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Please Please Please"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60067997-44014705.jpg?v=1636196686" alt=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" title=""Please, Please, Please" Deux danseuses et un auteur… pour une fable chorégraphiée aux vertus insoupçonnées" />
     </div>
     <div>
      Création de La Ribot, Mathilde Monnier, Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec : Mathilde Monnier, La Ribot.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Musique: Béla Bartók (extraits).       <br />
       Lumières: Éric Wurtz.       <br />
       Scénographie : Annie Tolleter.       <br />
       Réalisation scénographie : Christian Frappereau, Mathilde Monier.       <br />
       Costumes : La Ribot, Mathilde Monnier, Marion Schmid, Letizia Compitiello.       <br />
       Création musique et régie son : Nicolas Houssin.       <br />
       Direction technique et régie lumière : Marie Prédour.       <br />
       Régie plateau : Guillaume Defontaine.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 au 13 novembre 2021 :</span> Théâtre Jean-Claude Carrière, Domaine d'O, Montpellier (34).       <br />
       Du 16 au 19 novembre 2021 : Théâtre Garonne, avec le ThéâtredelaCité - CDN, Toulouse (31).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Please-Please-Please-Deux-danseuses-et-un-auteur-pour-une-fable-choregraphiee-aux-vertus-insoupconnees_a3095.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"El Baile"… Identité et art en version argentine</title>
   <updated>2019-09-11T16:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/El-Baile-Identite-et-art-en-version-argentine_a2537.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/37207920-32941057.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-09-11T15:54:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De la pièce sans parole de Jean-Claude Penchenat, "Le Bal", qu'il créa en 1981, devenu - deux plus tard - un film d'Ettore Scola, Mathilde Monnier signe avec Alan Pons un spectacle où la danse est vue sous un prisme dans lequel les histoires façonnent la gestuelle d'artistes devenant les interprètes de ce qu'ils sont et de leur vécu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37207920-32941057.jpg?v=1568211823" alt=""El Baile"… Identité et art en version argentine" title=""El Baile"… Identité et art en version argentine" />
     </div>
     <div>
      Cela démarre tout doucement. Cinq danseurs sont assis de chaque côté de la scène. Ils se regardent ou plutôt se dévisagent. La présence de l'autre est dans cet instant accompagnée de silence. C'est une mise à distance, un positionnement par rapport à un alter ego. Chacun a sa propre attitude, un regard propre posé sur la situation. Chaque interprète y étale son mouvement, son geste, sa gestique. Rien n'est encore démarré mais pourtant tout est déjà presque joué au regard des comportements. Non pas que la chorégraphie se dessine dès le départ mais ce sont les personnalités des uns et des autres qui se font jour. Ils existent par eux-mêmes dans le silence de la scène.       <br />
              <br />
       Les danseurs font quelques mouvements, sortent pour certains des sons faisant de la voix un instrument rythmique. On s'observe tout en s'ignorant. Puis, le coup d'envoi musical s'opère avec du rap effectué a cappella. La danse devient aérienne, collective, avec des levées de jambes, le talon montant haut dans les airs accompagnés de mouvements de bras alors qu'ils étaient individuels, dans leur pré carré. Les bruitages vocaux sont un élément essentiel avec du chant qui parfois accompagne certaines chorégraphies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37207920-32941069.jpg?v=1568211864" alt=""El Baile"… Identité et art en version argentine" title=""El Baile"… Identité et art en version argentine" />
     </div>
     <div>
      Celles-ci sont, à dessein, dispersées. Le plateau devient un lieu autant de rencontres que d'expressions individuelles, chacun apportant sa touche personnelle, son tempo, sa propre gestique. Nous sommes dans une agora artistique où, à tour de rôle, le discours devient corporel, la parole chair.       <br />
              <br />
       Les comportements ont une connotation parfois sexiste, notamment avec une femme montrant son cul, la forme de ses seins, faisant étalage de sa féminité dans un rapport, non pas de séduction, mais objectal, dans l'entremise presque d'une mise en relation de subordination sexuelle. Elle montre les atours de ses atouts sexuels pour faire la différence avec l'autre sexe, celui de l'homme, qui se chausse de talons aiguilles pour l'un, ou y ressemblant étrangement ; et, pour l'autre, s'habillant d'une robe avec des déplacements le long de la scène. Ceux-ci sont prépondérants.       <br />
              <br />
       Avec parfois quelques longueurs, c'est ce passage entre identités, sexuelles ou non, qui est exploré. Qu'est-ce qui fait la caractéristique sociale et artistique d'une personne ? Qu'est-ce qui le relie à ce qui est extérieur à lui ? Mathilde Monnier, accompagnée dans cette création de l'écrivain argentin Alan Pauls, met en exergue cette expressivité autant personnelle que collective. Cela finit par un tango où un tanguero fait des pas en emmenant cinq femmes.       <br />
              <br />
       Puis c'est une tanguera qui prend le relais avec dix danseurs. Comme un retournement de tendance qui s'opère à l'identique et où les rôles des uns et des autres deviennent interchangeables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"El Baile"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37207920-32941141.jpg?v=1568212235" alt=""El Baile"… Identité et art en version argentine" title=""El Baile"… Identité et art en version argentine" />
     </div>
     <div>
      Conception : Mathilde Monnier, Alan Pauls.       <br />
       Chorégraphie : Mathilde Monnier.       <br />
       Avec : Martin Gil, Lucas Lagomarsino, José Lugones, Ari Lutzker, Carmen Pereiro Numer, Valeria Polorena, Lucia Garcia Pulles, Celia Argüello Rena, Delfina Thiel, Florencia Vecino, Daniel Wendler. Dramaturgie : Véronique Timsit.       <br />
       Scénographie et costumes : Annie Tolleter.       <br />
       Lumière : Éric Wurtz.       <br />
       Son : Olivier Renouf.       <br />
       Conseil musical : Sergio Pujol.       <br />
       Coaching vocal : Barbara Togander, Daniel Wendler.       <br />
       Assistanat chorégraphique : Marie Bardet.       <br />
       Répétitrice en tournée : Corinne Garcia.       <br />
       Collaboration artistique : Anne Fontanesi.       <br />
       Production et collaboration artistique : Nicolas Roux.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Très librement inspiré du spectacle &quot;Le Bal&quot; sur une idée originale et une mise en scène de Jean-Claude Penchenat, création collective.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37207920-32941206.jpg?v=1568212283" alt=""El Baile"… Identité et art en version argentine" title=""El Baile"… Identité et art en version argentine" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 au 15 septembre 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 18 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 9 et 10 septembre.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/el_baile/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/El-Baile-Identite-et-art-en-version-argentine_a2537.html" />
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