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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-12T02:58:59+02:00</updated>
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   <title>"Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique</title>
   <updated>2026-01-13T09:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93671960-65426502.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-13T09:09:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si en son temps "Dieu créa la femme" (Roger Vadim), on peut sans forcer aucunement l'Histoire affirmer que le jeune metteur en scène de Lisbonne – qui créa en décembre 2014 au Centro Cultural de Belém ce long poème en prose, avant de le rejouer à Avignon l'été suivant – a (re)donné vie au couple dont Plutarque et Shakespeare bien avant lui avaient assuré la destinée. Création originale s'il en est, s'affranchissant des faits d'armes de ses aînés pour mieux instiller le charme ô combien irrésistible de l'amour fou, "Antoine et Cléopâtre" revient aujourd'hui sur l'avant-scène sans n'avoir rien perdu de son magnétisme envoûtant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426502.jpg?v=1768292296" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Tiago Rodrigues, devenu depuis directeur du festival d'Avignon, n'a pas son pareil pour subvertir les frontières entre réalité et fiction en s'inspirant de l'existant (qu'il soit humain ou littéraire) pour en faire œuvre personnelle. Ici, au travers de neuf Chants se déployant comme des chorégraphies de mots à résonances écholaliques soutenues par des corps à l'unisson, Antoine va dire Cléopâtre et Cléopâtre va dire Antoine tant l'attraction qui lie ces deux amants opère comme un agent floutant d'emblée leurs identités… Fondus enchainés, faisant entendre l'état fusionnel qu'est le leur, unis puis désunis et réunis jusqu'à la mort dans la singulière bulle de leur intense amour.       <br />
              <br />
       Des frontières annihilées, dessinées avec la seule forme du corps de l'aimée… <span style="font-style:italic">&quot;Antoine dit : Cléopâtre. Cléopâtre dit : Antoine. Antoine dit : L'Égypte est ma prison. Cléopâtre dit : Je suis l'Égypte. Antoine dit : Et j'aime ma prison&quot;…</span> Chaque réplique, dans un chassé-croisé créant le vertige des &quot;sens&quot;, étant prise en charge non par le personnage mais par celui à qui elle s'adresse… Tensions des bras se cherchant, des visages se dévisageant, et des mots s'enlaçant les uns aux autres dans un tourbillon propre à nous soulever vers des nuages où se recompose la poésie des corps et des termes ne formant qu'un, précieux élixir cristallisant la passion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426503.jpg?v=1768292330" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Dans le flux et reflux du langage, comme en surimpression, apparaissent de manière subliminale les traces de leur destin annoncé. Ainsi quand, dès le Premier Chant, Antoine remarque au poignet de Cléopâtre son &quot;bracelet en forme de serpent&quot;, on peut entrevoir le venin de celui par lequel, au Neuvième Chant, elle mettra fin à ses jours, lorsque Antoine (la croyant morte) aura auparavant passé son épée au travers de son corps sous l'effet du désespoir. De même, les frontières entre présent, passé et futur sont allègrement transgressées ; les personnages qui en ont conscience ayant à c(h)œur de rester dans leur présent, s'y accrochant comme à une bouée, une obsession les préservant – un temps – de leur chute annoncée.       <br />
              <br />
       &quot;L'amour La poésie&quot;, au diptyque de Paul Éluard, il faudrait ajouter ici &quot;La politique&quot;, ce tiers guerrier qui va séparer les deux amants en rappelant à Rome le vaillant général du triumvirat qu'il est, appelé auprès du jeune César pour défendre l'Empire romain menacé… Antoine, de retour à Rome, dégrisé, le croit-il, de l'emprise de Cléopâtre… Cléopâtre dans son palais d'Alexandrie, refusant la vérité du messager venu l'informer du mariage d'Antoine avec la sœur de César pour raison d'État… La folie furieuse de Cléopâtre dans tous ses états, poignardant les habits laissés par Antoine… Les amants séparés, ravagés… Leurs retrouvailles… La guerre côte à côte… Et Antoine décidant soudain de fuir en mer la bataille, de fuir son honneur en suivant le navire de Cléopâtre s'enfuyant devant lui… L'amour plus fort que l'honneur du général romain… Cléopâtre et Antoine rentrant ensemble dans le présent de leur amour…       <br />
              <br />
       De nouveau Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine, ne formant plus qu'une seule ombre lumineuse dans le halo qui les distingue en les réunissant… Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine se lançant dans un duo de mots rebondissant les uns sur les autres dans un flux continu digne d'une battle d'anthologie poétique, une battle dont l'un et l'autre seront les complices, entrainés qu'ils sont dans le délire amoureux les transperçant de part en part… Un ultime orgasme partagé dont ils ressortiront enivrés jusqu'à rendre séduisante la mort annoncée.       <br />
              <br />
       Sur un plateau nu recouvert d'une immense toile propice aux projections des déserts d'Égypte ou encore des étendues marines s'étendant au large des côtes romaines, les deux acteurs chorégraphes (Sofia Dias et Vitor Roriz, remarquables l'un et l'autre, faisant corps avec les mots qui surgissent d'eux pour rendre palpables les abysses de la passion dévorante) &quot;enchantent&quot; ces neufs Chants à haute intensité poétique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426551.jpg?v=1768292357" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Lorsque leurs visages – ceux de Cléopâtre et Antoine – viennent à se refléter dans les cercles du mobile accroché aux cintres et que le jeu des lumières sculpte leur présence, on est littéralement subjugué par ce théâtre puisant ses seules ressources dans une économie parfaite. De même lorsque la musique du film de Joseph L. Mankiewicz, mettant en jeu le couple passionnel formé par Elizabeth Taylor et Richard Burton dans le rôle-titre, vient subrepticement s'inviter lors de pauses à vue, ses échos nous transpercent.       <br />
              <br />
       Tiago Rodrigues, né à Lisbonne trois ans après la Révolution des œillets, n'était encore qu'un jeune metteur en scène lorsqu'il a créé cette épure d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot;. Cristallisant l'essence de &quot;L'amour fou&quot; (André Breton) dans ce long poème en prose, à l'instar de Cléopâtre à qui il fait dire que les &quot;fautes d'Antoine sont la lumière qu'il projette sur les autres&quot;, on pourrait dire que les errements/errances de ses personnages – portés au plateau avec une grâce infinie – nous illuminent.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 7 janvier 2026, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine), Bordeaux.       <br />
              <br />
       Création originale de la compagnie Mundo Perfeito, en décembre 2014, au Centro Cultural de Belém, Lisboa (Portugal) et représenté du 12 au 18 juillet 2015 au Festival d'Avignon, version en portugais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antoine et Cléopâtre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426560.jpg?v=1768292383" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Version en français.       <br />
       Traduction française : Thomas Resendes.       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues.       <br />
       Mise en scène : Tiago Rodrigues (avec des citations d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot; de William Shakespeare).       <br />
       Avec : Sofia Dias et Vítor Roriz.       <br />
       Collaboration artistique : Maria João Serrão et Thomas Walgrave.       <br />
       Scénographie : Ângela Rocha.       <br />
       Costumes : Ângela Rocha et Magda Bizarro.       <br />
       Création lumière : Nuno Meira.       <br />
       Musique : extraits de la bande originale du film &quot;Cléopâtre&quot; (1963), composée par Alex North.       <br />
       Construction du mobile : Decor Galamba.       <br />
       Direction technique et régie lumière : Cárin Geada.       <br />
       Régie plateau : Catarina Mendes.       <br />
       Régie son : Frisson.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du mercredi 7 janvier au vendredi 16 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Salle Vauthier, 3, lace Pierre Renaudel, Bordeaux.       <br />
       Téléphone : 05 56 33 36 60.       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/billetterie" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html" />
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   <title>•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste</title>
   <updated>2022-08-01T09:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Et-me-voici-soudain-roi-d-un-pays-quelconque-Les-mille-et-une-vies-du-voyage-immobile-d-un-clochard-celeste_a3372.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66425517-47179007.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-08-01T08:18:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si Arthur Rimbaud a révélé les frontières mouvantes entre identité et altérité dans son fulgurant "Je est un autre", l'écrivain intranquille Fernando Pessoa, voyageur immobile de Lisbonne, s'est lui inventé des hétéronymes. Au travers de ses autres lui-même, chacun étant le porte-parole d'une part secrète lovée en lui, il a pu transcender une existence jugée trop étriquée pour son imaginaire débordant… Ce soir, devant nous, une comédienne ressentant d'étranges correspondances avec le poète lisboète va offrir un royaume à ses sujets réunis.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179007.jpg?v=1659336398" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      Qu'ils se nomment Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos ou encore Bernardo Soares, le narrateur du &quot;Livre de l'Intranquillité&quot;, ils ont tous à voir avec l'esprit vagabond de Fernando Pessoa qui les a engendrés de toutes pièces, comme des répliques de lui-même se disputant tour à tour l'avant-scène.       <br />
              <br />
       Si &quot;je est un autre&quot;, le poète peut alors être incarné sans détours par une jeune femme, aussi fantasque que lui apparaît sérieux dans son pardessus austère du Café Brasileira de Lisbonne. D'ailleurs ne prendrait-il pas plaisir à contredire ses avatars, ses expansions de lui-même ? Seul comme pas un, il n'avait eu de cesse de peupler d'amis son espace mental… ou alors est-ce lui qui n'existait pas, eux prenant corps et vie à sa place ? Quoi qu'il en soit, ils sont là bien vivants devant nous et ce sont eux qui vont supplanter son hystéro-mélancolie légendaire pour organiquement donner de la voix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179009.jpg?v=1659336447" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      S'appuyant sur des modules mobiles immaculés sur lesquels les figures des rêves de l'homme intranquille vont se détacher, la comédienne joue de son vêtement évolutif pour incarner les différents états du même. Dire d'abord l'extase ressentie un certain jour de mars 1914 où une trentaine de poèmes jaillirent de lui sans qu'il ait le sentiment d'en être l'auteur, comme si un autre lui-même avait parlé à son insu. Cet autre, il le nommera Alberto Caeiro, auquel il inventera une biographie avant qu'il ne meure de tuberculose pulmonaire. La comédienne se mouchant à l'excès ne peut que constater le destin malheureux de cet avatar qui connut pourtant ses heures de célébrité. Ainsi va la vie qu'à la fin on meurt, même dans le monde des avatars.       <br />
              <br />
       Retirant sa perruque, l'artiste fait son coming out identitaire en avouant publiquement qu'elle n'est pas Fernando Pessoa comme elle s'était présentée, mais Aurélia, l'actrice ayant usurpé son identité pour s'adresser directement à nous. De toute façon, elle a toute liberté pour créer le spectacle qu'elle veut, lui étant bel et bien mort qui pourrait trouver à redire ? Elle endosse alors son immense pardessus, chausse des lunettes et se coiffe d'un chapeau avant de voguer sur des images mentales, l'amenant très loin d'elle-même. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis les faubourgs d'une ville qui n'existe pas, le personnage d'un roman qui reste à écrire. Je tombe sans fin dans une chute sans direction. Mon âme est un maelström noir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Devenant le centre de rien avec le rien tout autour, elle s'adresse directement à son géniteur : <span style="font-style:italic">&quot;Tu m'entends Fernando ? Moi, je te saluerai éternellement. Je sais que tu m'as aimé aussi&quot;</span> ; et prenant par la main son mentor, elle s'adresse à lui pour lui dire qu'elle appartient à son orgie. Revêtue alors d'une combinaison de lumières, elle se lance dans un trip faisant voler en éclats le monde normé. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis celle qui est toi. Je suis un univers vivant pour te saluer Fernando !&quot;</span>. Éructant, à quatre pattes, elle se lance dans une diatribe libertaire l'amenant très haut dans les airs, loin de la pesanteur de la cité terrestre.       <br />
              <br />
       Traversée par la parole vivante du poète, elle s'écrie, exaltée : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce que faire des vers sinon confesser que la vie ne suffit pas ? Mais à quoi sert l'art qui n'est pas la vie ? Mourons, n'écrivons rien. Aimons, mais n'écrivons rien&quot;</span>. Liberdade, Democracia, écrits en lettres de feu sur une pancarte brandie fièrement, crèvent l'espace de leur liberté affichée alors que tombe des cintres la couronne la/le sacrant roi de ce pays quelconque peuplé de tous ses sujets inventés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179035.jpg?v=1659336530" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      &quot;Pessoa&quot;, poète énigmatique s'il en est, portait dans son patronyme une inquiétante étrangeté ne finissant pas de nous fasciner. En effet, son nom peut être traduit indifféremment par &quot;personne&quot; ou par &quot;la personne&quot;. Lui qui s'inventa pour tenter de survivre plus de soixante-dix hétéronymes, a-t-il été l'homme démultiplié génialement en tous ses avatars ou l'homme sans qualités qui peinait à exister en dehors d'eux ? Ce qui est sûr, c'est que ce soir, sa doublure théâtrale a fait (re)vivre superbement devant nos yeux &quot;assujettis&quot;, les fabuleux prolongements de cet être &quot;extra-ordinaire&quot; qu'était - et que continue à être - Fernando Pessoa.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 28 juillet au Théâtre 11 – Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Et me voici soudain roi d'un pays quelconque"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179107.jpg?v=1659337443" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      Textes : Fernando Pessoa.       <br />
       Conception et montage de textes : Aurélia Arto et Guillaume Clayssen.       <br />
       Mise en scène : Guillaume Clayssen.       <br />
       Assistante mise en scène : Claire Marx.       <br />
       Avec : Aurélia Arto.       <br />
       Création son : Cédric Colin.       <br />
       Costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Scénographie : Delphine Brouard.       <br />
       Création lumière : Julien Crépin.       <br />
       Regard chorégraphique : Ingrid Estarque.       <br />
       Par Production La Compagnie des Attentifs.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 40, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Le 11, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179110.jpg?v=1659337584" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…</title>
   <updated>2021-08-04T17:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2021-Requiem-pour-Pessoa-Balade-musicale-et-poetique-au-bout-de-l-intranquillite_a3042.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/58103128-42935753.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-08-04T15:54:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"J'aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages" laissait entendre l'énigmatique étranger de Charles Baudelaire dans le "Spleen de Paris". Bernardo Soares, le narrateur du "Livre de l'Intranquillité", sorti de l'imaginaire d'un autre poète de renom(s), Fernando Pessoa, a élu lui la ville natale de son auteur, Lisbonne et ses ciels chargés, comme lieu d'un voyage intérieur au long cours. Dans le dédale des ruelles montantes et descendantes de la cité aux sept collines parcourues par un tramway aussi mythique que le sont les taxis new-yorkais dont il partage la couleur, le poète lisboète échappe à toute exégèse tant il continue d'apparaître étranger à lui-même.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58103128-42935753.jpg?v=1628090162" alt="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" title="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" />
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      Aussi le voyageur tenté de saisir au vol les mille et une substances de celui qui s'est complu à s'inventer un nombre impressionnant d'hétéronymes - autant d'expansions de son moi, trop à l'étroit dans une seule enveloppe - doit-il lâcher prise, s'abandonner à une flânerie sans autre direction que sentir la vie, la ville, battre en lui. Ouvrir grand ses écoutilles afin de percevoir par tous ses sens mis en alerte les pulsations infimes des souvenances inscrites dans les plis des lieux parcourus. C'est à ce voyage immobile à la recherche du temps passé - il a grandi lui aussi à Lisbonne et fréquenté le fameux café Brasileira do Chiado - que nous convie Benjamin Perez, interprète sensible et passionné de cette bal(l)ade musicale et poétique au pays de Fernando Pessoa.       <br />
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       Mettre ses pas dans ceux d'un poète insaisissable - <span style="font-style:italic">&quot;Je suis le faubourg d'une ville qui n'existe pas, le personnage d'un roman pas encore écrit&quot;</span> - est une expérience à nulle autre pareille, ouvreuse de poésie potentielle. Laissant divaguer son imaginaire nourri des œuvres de Fernando Pessoa, il nous conduit au gré des musiques envoûtantes égrenées par le violon de Théodora Carla, sa complice au plateau, d'où s'échappent les accents du fado évoquant la saudade, cette douce mélancolie lisboète propre à celles et ceux qui ont connu l'exil. Mais aussi la frénésie de vivre libérée par les airs frénétiques de son accordéon venant prendre part à cette fête des sens.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58103128-42935781.jpg?v=1628090243" alt="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" title="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" />
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      La vie est ainsi faite qu'aucune sensation, qu'aucune idée, ne fasse dans l'instant surgir son contraire ; au lieu de l'annuler, par surprise elle l'enrichit. <span style="font-style:italic">&quot;Je ne suis rien… À part ça, je porte en moi tous les rêves du monde&quot;</span>, sentiment du vide en soi créant &quot;physiquement&quot;, en l'instant, un foisonnement d'aspirations. L'inquiétante étrangeté, ce sentiment océanique dont nous parle Romain Rolland, se diffuse alors en nappes sonores pour nous envelopper dans ses limbes…       <br />
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       Nous sommes avec eux - Fernando Pessoa et son visiteur d'un soir, Benjamin Perez - dans le tramway de Lisbonne ressentant dans nos bras les trépidations transmises par les pavés disjoints. Avec eux nous buvons sans compter des verres de ginjinha au pouvoir enivrant. Nous brûlons nos vies comme naguère le poète… avant de retomber dans le doute existentiel, que sommes-nous à part des passants solitaires bientôt oubliés… Pensée aussitôt contredite, ou plutôt complétée, par un autre rebond… Une vie, &quot;deux dates - celle de ma venue au monde et celle de ma mort. Entre une chose et l'autre tous les jours sont à moi&quot;.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58103128-42935787.jpg?v=1628090318" alt="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" title="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" />
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      Parfois, dans l'intimité d'un intérieur modeste, se posant dans un fauteuil éclairé par la lumière tamisée d'une lampe de chevet, il se saisit pensivement d'un carnet d'où il extrait quelques aphorismes… <span style="font-style:italic">&quot;La veille de ne jamais partir, il n'y a rien à faire… Quelle tranquillité de n'être pas intranquille. … N'être arrivé à rien… Quelle joie de ne pas avoir à être joyeux…&quot;</span> Et ces mots prononcés prennent corps en lui pour &quot;le mettre au monde&quot;, le relier à son guide. Son visage s'illumine alors, ou s'assombrit, c'est selon. Les sentiments contradictoires se bousculent au rythme de ses rencontres. Lorsqu'une cartomancienne de rue lui tire les cartes en lui prédisant un grand succès pour sa poésie, il exulte. Quand il pleut sur Lisbonne, il pleure en lui, <span style="font-style:italic">&quot;Je me suis aperçu que je n’étais personne. La ville déserte… On m'a volé le pouvoir d'être, avant que le monde soit&quot;.</span>       <br />
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       Errance exaltée, déshérence abattue, le chemin parcouru dans Lisbonne - personnage fabuleux à elle seule - le ramène inexorablement vers son point de départ. Tout est boucle… La précieuse valise où furent retrouvés les manuscrits éparpillés de ce qui deviendra plus tard le &quot;Livre de l'Intranquillité&quot;, est là, devant lui, elle l'attend recelant la somme des pensées d'un passé à recomposer. Une bible pour tenter d'approcher les mystères de ce poète ayant fait de la littérature son viatique, <span style="font-style:italic">&quot;la littérature est la preuve que la vie ne suffit pas&quot;</span>.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58103128-42935792.jpg?v=1628090349" alt="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" title="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" />
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      Embarqués dans ce voyage immobile à deux voix (le Portugais et le Français), nous devenons à notre tour Fernando Pessoa coiffé de son chapeau légendaire… Sur nos lèvres, nous ressentons les baisers brûlants de toutes les rencontres, ceux de toutes les invites obscènes. À sa suite, nous avons couché avec tous les sentiments, avons été le maquereau de toutes les sensations. Les frontières entre identités et altérités ont volé en éclats et la fulgurance rimbaldienne &quot;je est un autre&quot; coule dans nos veines.       <br />
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       Si nous nous retrouvons flottant sur le nuage de l'énigmatique étranger à lui-même, si le transfert magique a pu se produire, c'est parce qu'un héritier des clochards célestes égaré dans Lisbonne, aussi convaincant dans ses transports exaltés que dans ses abattements de taiseux, s'est lui-même confondu en Fernando Pessoa. Pessoa dont - comme une mise en abyme subliminale de sa filiation généalogique - le nom en portugais signifie… &quot;personne&quot;.       <br />
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       <b>Vu le mercredi 28 juillet 2021 au Théâtre de la Carreterie à Avignon.</b>
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     <div><b>"Requiem pour Pessoa"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/58103128-42935929.jpg?v=1628091356" alt="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" title="•Off 2021• Requiem pour Pessoa Balade musicale et poétique au bout de l'intranquillité…" />
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      Texte : Benjamin Perez d'après Fernando Pessoa.       <br />
       Metteur en scène : Benjamin Perez.       <br />
       Avec : Benjamin Perez, Théodora Carla.       <br />
       Musique : Théodora Carla.       <br />
       Régisseur : Louis Marpinard.       <br />
       Cie Ars Poetica - Cabo Mundo.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
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       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 6 au 30 juillet 2021.</b>       <br />
       Tous les jours à 16 h 20, jours pairs.       <br />
       Théâtre de la Carreterie, 101, rue de la Carreterie, Avignon.       <br />
       Tél. : 07 69 71 98 12 ou 04 90 87 39 58.       <br />
       <a class="link" href="http://www.carreterie.com/" target="_blank">&gt;&gt; carreterie.com</a>
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