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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T02:52:54+02:00</updated>
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   <title>Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream</title>
   <updated>2026-01-25T18:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2026-Episode-1-Pour-l-ouverture-de-ces-23ᵉ-Rencontres-de-la-forme-courte-Danses-du-devoilement_a4461.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2026-01-26T07:37:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comme Shéhérazade, l'héroïne des "Mille et Une Nuits" qui ne doit sa survie qu'à la beauté des contes qu'elle délivre, le Festival Trente Trente renaît chaque janvier pour enchanter de ses propositions hors norme. Puisant son substrat dans "la beauté comme résistance et la brièveté comme éclat, la scène devient le lieu où tout peut se dire… même l'impossible" (Jean-Luc Terrade, son toujours passionné directeur artistique).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65536152.jpg?v=1769348618" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      Trois performances dansées vont ouvrir ce samedi ces Rencontres, lesquelles, si elles ont dû réduire leur voilure (onze spectacles, quatre pièces en création, un film et un atelier, durant 12 jours s'étalant du 17 au 28 janvier) sous la contrainte de réductions budgétaires et de l'augmentation substantielle des coûts annexes, n'ont rien concédé à leur exigence programmatrice tout entière consacrée à l'Art… sans contrainte.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"The Aching"</strong></span>, de Samir Kennedy, immerge d'emblée dans un univers dominé par un silence pesant comme une chape de plomb… avant que, du cercle des spectateurs assis face à un espace vide, un chant lent et langoureux, tissé de tristesse contenue, ne s'élève vers la voûte classée du Marché de Lerme. Un homme s'extrait alors du public où il avait trouvé refuge et, tout en poursuivant son chant dont la litanie aux accents douloureux subjugue, il dépose avec une infinie lenteur sa chaise pour faire face à un premier carré de spectateurs. Tout en lui, du début de la performance jusqu'à sa chute, fera entendre le contraste entre les tensions à l'œuvre et la posture placide qu'il affiche, comme si la souffrance poussée à son paroxysme ne pouvait s'exprimer que dans une forme statufiée la privant d'éclats.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65536153.jpg?v=1769348638" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      Son corps chorégraphie les mouvements de sa pensée intranquille. Ses bras s'élèvent vers un ciel qui l'a abandonné, les doigts de ses mains s'entrelacent avant de se tordre, sa tête bascule en arrière… Parfois la gestuelle se fait encore plus explicite ; son bras se tend à l'horizontal prolongé par deux de ses doigts dirigeant vers nous un revolver invisible, ou se braquant sur sa tempe, ou encore pointant sa gorge. Mains derrière la nuque, son corps vacille avant de s'immobiliser lentement au sol, face contre terre. Une étrange cérémonie suivra où, se revêtant d'une robe rose, dépouille abandonnée dans un coin, il prendra une posture christique avant de se disloquer, et de retendre ses mains vers un ciel décidément vide.       <br />
              <br />
       L'on sort littéralement enivré par cette performance distillant une douce poésie contrastant avec la douleur d'une existence massacrée. Comme si ce moment, qui nous avait été offert par Samir Kennedy et la grâce de son interprétation, nous purgeait des chagrins des disparitions, trouvant dans son art sublimé un onguent aux vertus lénifiantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537382.jpg?v=1769359045" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mother Tongue"</strong></span>, de Lucía García Pullés, exhibe, dans des bourrasques d'énergie électrique, la cacophonie des langues qui constituent notre humanité depuis la tour de Babel. Un sale tour biblique joué aux hommes qui depuis s'ébattent en tous sens pour imposer leur langue, leur existence, menacée ad vitam æternam d'être préemptée par celle d'un voisin dominant. Son corps – gainé dans un mini short noir dont la brillance fluorescente rivalise avec celle de son bustier d'un rouge rutilant et transcendé sur le plancher de la Halle des Chartrons par des beats techno aux intensités saturées – est traversé par les assauts répétés de son énergie de battante trouvant là un terrain d'élection.       <br />
              <br />
       Contorsions désarticulées, langue pendante, yeux exorbités témoignant s'il en est de ce corps battant son plein, soumis aux épreuves d'une survie à trouver dans un combat incessant à mener contre les forces adverses toujours prêtes à le faire ployer sous leur joug.       <br />
              <br />
       Si, au niveau artistique, les chorégraphies présentées par la danseuse originaire d'Argentine sont au-dessus de tous soupçons, la débauche d'énergie qu'elle déploie risquerait paradoxalement… de nous anesthésier à la longue par l'effet même de son trop-plein soulignant – "au fluo" – ses intentions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537383.jpg?v=1769360529" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Untitled (Some faggy gestures)"</strong></span> d'Andrea Givanovitch résonne comme une chambre d'échos des regards portés ordinairement sur les queers enfermés dans des stéréotypes avec, pour corollaire, l'urgence de les déconstruire. Refusant lui-même d'être assigné à une place l'emprisonnant dans une identité figée, le danseur chorégraphe fait matière des apports des luttes des artistes militantes et militants LGBTQIA+ et des travaux d'Henrik Olesen et de Renate Lorenz les ayant initiées, pour offrir une performance où la beauté esthétique le dispute à la radicalité politique du propos chorégraphié.       <br />
              <br />
       Se rapprochant d'une toile d'un blanc immaculé, on découvre le danseur, impressionnant de beauté, dessiner au pinceau des lettres à la peinture noire – "They Love Dead Queers Here"… jusqu'à ce que l'imposant silence inaugural soit brutalement interrompu par des crépitements musicaux accompagnant son corps dans une chute au ralenti le projetant au sol. Ainsi en va-t-il des violences symboliques (ou pas) faites aux queers, non reconnus pour ce qu'ils sont mais inclus dans des représentations mainstream.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537569.jpg?v=1769361026" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      Se redressant au rythme d'une musique saccadée désarticulant son corps, iel va rejouer alors les stéréotypes du &quot;genre&quot;… pour mieux les déjouer en les re-présentant superbement. Et lorsque son corps en aura terminé avec les assauts répétés de ces projections pétrifiantes, il reprendra sa posture initiale au pied du tableau recouvert de l'inscription peinte en lettres noires. Allongé de nouveau au sol, libéré des assignations sclérosantes, le torse nu, il &quot;délivrera&quot; le très émouvant poème de Danez Smith dont l'œuvre entière est dédiée au sort réservé aux queers dans un monde encore et toujours dominé par l'hétérosexualité présentée comme norme.       <br />
              <br />
       Quand, dans un dernier tableau, Andrea Givanovitch se dépouillera de tous vêtements pour apparaître à nu dans sa vérité d'être échappant aux injonctions de genre, il se recouvrira entièrement d'une peinture résolument festive faisant la nique à tous les apôtres de visions rétrogrades, dansant frénétiquement pour célébrer &quot;en couleurs&quot; une liberté non négociable… Une performance poétique et politique, hors norme.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vus lors du parcours du samedi 17 janvier 2026, dans le cadre du Festival Trente Trente (23ᵉ Rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant) de Bordeaux Métropole (du 17 au 28 janvier 2026).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537612.jpg?v=1769361427" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"The Aching"</strong></span>       <br />
       Performance - Création 2023.       <br />
       Centre Chorégraphique National Montpellier Occitanie.       <br />
       Création et performance : Samir Kennedy.       <br />
       Son : Samir Kennedy.       <br />
       Regard extérieur : Simon Vincenzi.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le samedi 17 janvier à 19 h au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537750.jpg?v=1769362099" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mother Tongue"</strong></span>       <br />
       Danse - Création 2025.       <br />
       Festival Artdanthé, Théâtre de Vanves.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Lucía García Pullés.       <br />
       Création sonore et musicale : Aria Seashell De la Celle.       <br />
       Chanson : Mailen Pankonin.       <br />
       Costume : Anna Carraud.       <br />
       Création Lumière : Carol Oliveira.       <br />
       Regard extérieur : Marcos Arriola.       <br />
       Coach vocal : Daniel Wendler.       <br />
       Collaboration artistique : Sophie Demeyer, Volmir Cordeiro.       <br />
       Régie générale : Marie Predour.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le samedi 17 janvier à 20 h 30 à la Halle des Chartrons de Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       31 janvier : Festival Parallèle, Marseille (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93884564-65537752.jpg?v=1769362288" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 1 Pour l'ouverture de ces 23ᵉ Rencontres de la forme courte… Danses du dévoilement et de la résistance à toute pensée mainstream" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Untitled (Some faggy gestures)"</strong></span>       <br />
       Danse - Création 2024.       <br />
       Le Gymnase CDCN, Roubaix.       <br />
       Concept, chorégraphie, performance : Andrea Givanovitch.       <br />
       Lumières et costumes : Andrea Givanovitch.       <br />
       Musique originale : Clément Variéras.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le samedi 17 janvier à 21 h 45 à la Halle des Chartrons de Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 février 2026 : La Place de la Danse CDCN Toulouse Occitanie - Festival DANSORAMA, en co-accueil avec l'Espace Roguet, Toulouse (31).       <br />
       18 avril 2026 : Un genre de Festival, L'Arsenic, Guindou, en co-accueil avec La Place de la Danse CDCN Toulouse Occitanie, Toulouse (31).       <br />
       22 juillet 2026 : Kilowatt Festival, Teatro alla Misericordia, Sansepolcro (Italie).       <br />
       24 juillet 2026 : Festival Esquèr, La Soulane, Jézeau, en co-accueil avec La Place de la Danse CDCN Toulouse Occitanie, Toulouse (31)       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente       <br />
       23ᵉ Rencontres de la forme courte dans les arts vivants et performatifs</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 28 janvier 2026.</span>       <br />
       Les Marches de l'Été, 17, rue Victor Billon, Le Bouscat.       <br />
       Téléphone : 05 56 17 03 83.       <br />
       <a class="link" href="https://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir</title>
   <updated>2025-09-23T19:36:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Condamne-a-mort-La-vie-le-vit-et-l-irrepressible-force-du-desir_a4362.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-24T07:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un lit à l'abandon, envahi par des branchages et leurs feuilles mortes. À sa tête, la lame suspendue d'une guillotine dressée dans la pénombre. Une lumière blême tombant de la voûte de l'Atelier des Marches nimbe l'installation d'une inquiétante étrangeté… Dans ce décor minimaliste, va revivre par la puissance de la seule voix envoûtante du récitant – Jean-Luc Terrade, également scénographe – "l'amour fou" de Jean Genet pour un beau jeune homme de vingt ans, Maurice Pilorge condamné pour l'homicide de son amant à avoir la tête tranchée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91279139-64199519.jpg?v=1758646295" alt=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" title=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" />
     </div>
     <div>
      &quot;L'amour fou&quot; d'André Breton chantant l'apologie du désir comme &quot;seul ressort du monde&quot; trouve un écho vivant dans ce long poème écrit par Jean Genet fantasmant &quot;à mort&quot; sur un magnifique assassin. À un détail près cependant… Si le pape du surréalisme portait en étendard les fantasmagories de l'amour convulsif, il restait dans le cadre d'une sexualité hétéronormée en accord avec les préceptes de la société bourgeoise. Dans la cellule où il était alors incarcéré pour un vol de livres, &quot;Saint Genet, comédien et martyr&quot; – comme le dénomme Jean-Paul Sartre – n'a lui que faire des normes sexuelles ou autres et sa vérité n'est pas la vérité commune, mais celle d'une &quot;cosmogonie sacrée&quot; mêlant à l'envi références religieuses et saillies érotiques (cf. Breton : &quot;La pornographie, c'est l'érotisme des autres&quot;)  dans un même souffle lyrique nourri par l'impérieux désir de la chair.       <br />
              <br />
       Se présentant comme un poème lyrique écrit en alexandrins de haut vol distribués en quatrains de facture impeccable, &quot;Le Condamné à mort&quot; allie avec une virtuosité sans pareille les références à la sainte religion et le langage cru des extases homosexuelles. Convoquant plusieurs points de vue, s'enlacent à les confondre le &quot;je&quot; du poète amoureux fou et celui du jeune assassin à la figure d'archange. Figures de la rébellion fondues dans le même corps, confondues dans la même âme, et s'accouplant fantasmatiquement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91279139-64199521.jpg?v=1758646333" alt=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" title=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" />
     </div>
     <div>
      Accueillis par les notes d'un chant religieux s'élevant jusqu'aux cintres, les invités de cette cérémonie intimiste célébrant l'amour irrésistible d'un poète voyou pour un bel assassin prennent place sur les chaises disposées en cercle autour du lit vide. Seule la voix grave et infiniment douce du récitant trouera le silence qui s'ensuit. Faisant sienne la sensualité des mots de Jean Genet, il s'en fera l'écho sensible. Les mots succèderont aux mots, les images aux images pour éclairer crûment et non moins magnifiquement le dur désir d'aimer. Et même lorsque la voix chargée d'émotion palpable susurre, même si certains mots de l'ordre de la confidence peuvent rester en suspens, l'épiphanie païenne à résonances sacrées opère…       <br />
              <br />
       Invités à partager cette invitation au voyage au pays des amours homosexuelles, on se laisse bercer par le rythme des alexandrins libérant leur flux régulier d'images explosives… <span style="font-style:italic">&quot;Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant/Il nous bouclera nus dans ces auberges sombres/Entre ses cuisses d'or, sur son ventre fumant&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le soleil noir de l'érotisme débridé, affranchi de toute pesanteur conventionnelle, irradie l'espace plongé dans une semi-obscurité d'où surgit un flot d'images choc… <span style="font-style:italic">&quot;Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt/D'enculer la plus tendre et douce des fripouilles./En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles,/Mon vit de marbre noir t'enfile jusqu'au cœur&quot;.</span> Difficile d'imaginer une plus tendre déclaration d'amour formulée par un prisonnier poète, fantasmant sur celui qu'il ne pourra que désirer… éperdument : <span style="font-style:italic">&quot;Mon Dieu, je vais claquer sans te pouvoir presser/Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Au-delà de toute orientation sexuelle, saisis de part en part par cet oratorio où le tragique amoureux atteint l'incandescence, nous ressentons une fascination pour ce &quot;Condamné à mort&quot; porté par un interprète des plus inspirés faisant résonner, dans un décor à l'unisson, les versets de cet éblouissant chant païen à la gloire de &quot;l'Amore&quot; éternel.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 13 septembre 2025 à L'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le condamné à mort"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91279139-64199825.jpg?v=1758647279" alt=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" title=""Le Condamné à mort" La vie, le vit et l'irrépressible force du désir" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet        <br />
       Conception, scénographie et voix : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Création sonore : Karina Ketz.       <br />
       Structure : Yoann Pénard.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       Créé au festival Trente Trente en janvier 2025, repris ici dans une installation intimiste et audio.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les jeudi 11 et vendredi 12 septembre 2025 (18 h 30, 19 h 15 et 20 h), et le samedi 13 septembre 2025 (16 h, 16 h 45, 17 h 30, 18 h 15, 19 h, 19 h 45) à  l'Atelier des Marches, Le Bouscat (près de Bordeaux).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Condamne-a-mort-La-vie-le-vit-et-l-irrepressible-force-du-desir_a4362.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…</title>
   <updated>2024-02-13T17:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odyssee-des-foireux-Rires-d-hommes-entre-deux-pluies_a3818.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78342374-56867945.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-02-13T16:57:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Mais de qui sont-ils le nom, ces deux magnifiques clochards célestes plantant ingénument leur regard océanique dans le nôtre, jusqu'à nous faire chavirer dans leur monde ? Un monde déserté par le commun et habité pour autant par l'ordinaire, un monde extraordinairement banal. Qui sont-ils ces deux baladins, unis à la vie à la mort jusqu'à ne faire qu'un, pour épouser les déshérences immobiles de deux êtres contemplant l'infini vertige d'être là, devant nous, dans le décor des murs imbibés de pluie de L'Atelier des Marches, en attente d'un je ne sais quoi restant - qui en eût douté ? - sans réponse, Dieu s'étant tu depuis belle lurette…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867945.jpg?v=1688021898" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Du Beckett sans Beckett, les deux larrons Matthieu Boisset et Daniel Strugeon - répliques mnésiques de Mercier et Camier - s'étant affranchis du maître à penser (en rond) laissent libre cours à leur imaginaire débridé, surfant à l'envi sur leur vague à l'âme existentiel dont ils font matière à (ré)jouir. Une bicyclette, un sac à dos, une parka, un parapluie à baleines à partager sont leurs seuls biens terrestres, mais peu importe… la richesse étant ailleurs pour ceux qui, sur un plateau noir et humide, ont la tête dans les nuages et le nez au vent du grand large.       <br />
              <br />
       Une heure durant nous allons les suivre pas à pas, roue à roue, leurs tribulations articulées aux éclats de leurs mots nourrissant notre rêverie vagabonde. <span style="font-style:italic">&quot;Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils&quot;,</span> confiait Baudelaire. Ici, la pluie intermittente s'est substituée à l'orage et les éclats de rire font office de brillants soleils. Car leur voyage au bout de nulle part n'est qu'en apparence un surplace en sol glissant, tant leurs échanges, si tendus peuvent-ils être parfois, constituent un itinéraire (é)mouvant menant - à l'épreuve de la route - vers encore plus de fraternité vécue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867946.jpg?v=1688021956" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Parler aussi du silence. Ce silence augural qui règne en maître des lieux, silence précédant l'entrée en scène successive des deux compères dévisageant longuement les &quot;assis&quot; comme on le ferait vis-à-vis d'intrus s'immisçant dans l'intimité de l'histoire à venir, une histoire qui n'appartient à personne, ni à eux, ni aux spectateurs. Plan large puis très rapproché sur Mercier et Camier franchissant toute la largeur du plateau, yeux dans les yeux, pour se rejoindre jusqu'à presque s'embrasser sur les lèvres… Alternant dialogues au style direct et commentaires délivrés à la troisième personne, les protagonistes énoncent la genèse foireuse de leur odyssée fictive.       <br />
              <br />
       Humour savoureux, <span style="font-style:italic">&quot;- Si on s'assoyait, ça m'a vidé… - Tu veux dire s'asseyait ? - Assoyons-nous alors.&quot;,</span> des règles de conjugaisons élevées à la hauteur des règles de vie de ces deux paumés sans attache. Poésie de la pluie effaçant les traces de leur passé, pour ouvrir sur un ciel d'azur… avant la prochaine averse, et vice-versa (à grand seau d'eau). Anarchisme débonnaire, <span style="font-style:italic">&quot;- À qui cette bicyclette ? - Admettons qu'elle soit à nous. - Soyons francs : elle est à nous.&quot;,</span> trouant l'esprit de sérieux pour porter haut le goût de la fantaisie joyeuse. Une fête des &quot;sens&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867947.jpg?v=1688021986" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Les grincements du vélo ployant sous le poids conjugué des deux acolytes en mal de nature, les rires d'une &quot;franche gaieté&quot; (commentaire à la troisième personne) causés par la fistule arrière de l'un des deux, peuplent le voyage immobile de leurs éclats stridents sur fond d'échanges iconoclastes : <span style="font-style:italic">&quot;- Qu'avons-nous fait à Dieu ? - Nous l'avons renié.&quot;</span> Le jeu de la provocation se poursuit à fleurets mouchetés envoyant l'un des deux à un trépas de théâtre, avant de défier, tel un Dom Juan ressuscité, la puissance divine en lançant vers les cintres le parapluie défait. Pluie, parapluie et entrain contagieux, une triade conduisant tout naturellement au morceau d'anthologie de Gene Kelly interprétant &quot;Singing in the rain&quot;… sauf que là - on n'est pas looser pour rien - le pépin restera désespérément coincé.       <br />
              <br />
       Aux moments d'euphorie succèdent des accès de lucidité désespérants <span style="font-style:italic">(&quot;Finalement seul, malade, dans le froid, empêtré dans une histoire sans issue…&quot;)</span> auxquels font suite des instants de pure insouciance comme celui où l'un se goinfre d'un œuf extrait d'une poubelle providentielle alors que l'autre sous la pluie drue se gargarise &quot;à l'aveugle&quot; (cf. Tirésias) de considérations mythologiques débouchant sur cette saillie digne des philosophes stoïciens : <span style="font-style:italic">&quot;Finalement, il fait le même temps que toujours, avec cette différence qu'on s'y habitue&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en abyme finale, atteinte en état de quasi lévitation, rendra aux personnages, aux acteurs les interprétant (magnifiquement) et au public les observant, leur place… confondue dans la même entité magnétique : celle d'une existence à ne surtout pas prendre au sérieux sous peine d'en être privé à jamais. Un très beau moment de théâtre, saisissant de vérité humaine.       <br />
              <br />
       <b>Sortie de résidence. Vu le jeudi 22 juin 2023 à l'Atelier des Marches (de Jean-Luc Terrade), Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Odyssée des foireux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867948.jpg?v=1688022024" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Librement inspirée des romans de Samuel Beckett.       <br />
       Mise en scène : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Jeu : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Par la Compagnie Dies Irae.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 18 février 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à  20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Au Lieu sans nom, Bordeaux (33), 09 54 05 50 54 ou 06 62 29 92 95.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('collectif.lescure@gmail.com')" >collectif.lescure@gmail.com</a> ou <a class="link" href="javascript:protected_mail('ciediesirae@free.fr')" >ciediesirae@free.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867949.jpg?v=1688023140" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odyssee-des-foireux-Rires-d-hommes-entre-deux-pluies_a3818.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"</title>
   <updated>2024-02-05T14:53:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-4-Dark-Horse--In-the-Wood--Storytelling--Home_a3811.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78174344-56761108.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-02-05T07:19:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deuxième samedi de Festival, deuxième parcours Le Bouscat-Bordeaux pour découvrir quatre performances convoquant la danse, la musique, le théâtre, et ressentir la même sensation… Celle d'assister à des "créations" qui n'en portent pas que le nom mais résultent d'un processus de maturation intérieure dont les artistes livrent ici l'objet se détachant d'eux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761108.jpg?v=1707042200" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>… Meytal Blanaru – danseuse chorégraphe découverte à l'Atelier des Marches il y a quatre ans pour sa performance "Rain" inscrite en lettres de feu dans nos mémoires – est à nouveau invitée par Jean-Luc Terrade pour présenter un mystérieux moment chorégraphié, fascinant tant ses interprétations sont libres… Surtout ne pas se laisser égarer par une traduction littérale du titre, mais se laisser gagner par le champ des possibles contenus dans l'expression idiomatique "Dark Horse" suggérant l'idée d'un secret à révéler…       <br />
              <br />
       Dans un dispositif bi-frontal qui la fera "découvrir" alternativement (deux cycles d'un quart d'heure chacun), soit de dos, soit de face selon les gradins où l'on a pris place, la performeuse fondatrice du Fathom High – approche de la danse basée sur la méthode Feldenkrais accordant la part belle aux relations sensibles entre la personne en mouvement et son environnement – met son corps en vibrations avec l'espace qui l'entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761121.jpg?v=1707042469" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Après avoir croisé avec une infinie douceur notre regard et nous avoir adressé un sourire amène nous incluant dans son univers, avec la lenteur qui sied à la rencontre, elle se défait du haut de son vêtement pour entamer sa danse… De dos nue ou de face où les ailes de l'étrange papillon noir peint délicatement sur son buste traduisent la mue à l'œuvre, elle livre son corps au rythme de la musique répétitive. Ses pieds glissent latéralement sur le sol immaculé tandis que ses bras et mains s'abandonnent à un ballet hypnotique, alternant moulinets rapides et mouvements amples au gré d'une fantaisie inspirée par l'énergie qui la traverse.       <br />
              <br />
       Parfois, des tressaillements peuvent laisser entrevoir le passage d'émotions plus sombres, mais toujours la confiance en la vie transcende les épreuves pour illuminer son visage diaphane. Sa fragilité à fleur de peau, sa force intranquille, son énergie vitale, bouleversent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761128.jpg?v=1707055460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>. Frédéric Jouanlong, clavier et voix, et Sophie Agnel, au piano à queue, nous immergent dans l'univers intime d'une grande voix féminine du jazz, Nina Simone, chantre des Blacks Power. The wood, c'est le bois de sa maison et celui qui l'entoure, bruissant encore de sa présence iconique et de ses combats "encrés" dans le mouvement des droits civiques des Afro-Américains.       <br />
              <br />
       Au gré des fantaisies musicales et vocales des deux complices réunis dans le même trip sur le plateau, le piano devient boîte à musiques libérant ses marteaux frappés à la main, les bruits de pluie s'échappent des contorsions ludiques de la bouche, ceux du vent du souffle rapproché du micro. La traversée onirique, ponctuée de chants envoutants, évoque des fragments du monde iconique du jazz et de ses voix ô combien prenantes, Billie Holiday, John Coltrane, Prince, Aretha Franklin… Une ballade musicale et sonore qui fait chaud au cœur en ses temps atones.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775009.jpg?v=1707138035" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>, de Nicolas Meunier… que nous avions laissé en novembre dernier à la Halle des Chartrons, la tête de son personnage-personne posée contre celle froide de sa mère morte sans qu'il ne ressente alors la moindre émotion (cf. "Sitcom")… et que nous retrouvons là au Glob Théâtre pour creuser dans "Storytelling" le même sillon, celui d'un artiste protéiforme extrayant de son existence la matière première de ses performances à fort potentiel émotionnel.       <br />
              <br />
       Sa mère, elle, sera à nouveau présente ce soir par le truchement d'une séance de "spiritisme maison" la faisant revenir de l'au-delà pour "parler" à sa progéniture avide d'établir avec elle ce qui n'a jamais pu être de son vivant… Elle ne sera pas seule, la mère, à venir hanter le présent de la représentation. Il y aura aussi la grand-mère, personnage étayé par la logorrhée vindicative qui lui tient lieu de béquilles. D'autres voix encore s'immisceront dans ce maelström aux dimensions de huis clos familial ; celle de sa petite sœur Manon, ou encore celle d'un ancien amant venant alimenter l'intranquillité consubstantielle à son existence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775768.jpg?v=1707140307" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène, mais habité tour à tour par toutes les voix qui le traversent, ses éternels feuillets en main (papiers qu'il jette au fur et à mesure de la progression du récit, comme des notes de mise en scène devenues inutiles, nous rappelant que l'on est bien au théâtre et non chez le psy), l'homme-orchestre déroule son synopsis où, dans une cacophonie maitrisée, se dit le chaos d'un parcours dysharmonique, le sien.       <br />
              <br />
       D'emblée, entre réalité et fiction, l'acteur secoué par les sanglots qui le gagnent lit une lettre d'un amant lui annonçant son suicide par pendaison, &quot;dans le verger&quot; précise-t-il. Ayant laissé se confondre &quot;baiser et s'aimer&quot;, l'ami désespéré propose sa propre fin comme début du spectacle… Musiques et lumières stéréoscopiques découvrent alors une table ronde, tendue d'une nappe blanche, avec trois chaises disposées autour, l'acteur occupant la centrale…       <br />
              <br />
       La voix de la grand-mère, une bordée d'injures qui tonitruent… Enculés, ils m'ont fait sauter le courant ! Hors de question que tu fasses du spiritisme ! Celle du petit-fils… Le bruit d'une femme qui boite… Maman, c'est toi ? Mon amoureux s'est suicidé… Était-ce la corde avec laquelle il s'attachait ? À nouveau, la grand-mère… Bordel, la chouette sur le toit, tiens-moi l'échelle, il faut la déloger sinon c'est l'annonce d'une mort ou d'une naissance ! T'es pas en cloque Manon ?       <br />
              <br />
       Et puis, la tête entre les mains, la désolation attachée à la disparition tragique de l'amant. La cohorte des pensées qui défilent dans une nuit épaisse, auxquelles se mêlent des cris de bébé… Présent et passé se confondant dans les mêmes affres, voix se recouvrant… Table renversée… Qui m'a consolé quand j'étais petit ? Personne ! Vous m'abandonnez tous ! Regarde Nico, tu lui as dévissé la tête à ton poupon ! La folie est-elle contagieuse maman ? Ta mère, maintenant tu sais, c'était pas un accident… Tu veux lui parler par l'intermédiaire des Esprits ? Peuh, elle n'a jamais voulu dialoguer ta mère ! Maman ça va ?       <br />
              <br />
       Charriées par les frustrations accumulées, les blessures s'ouvrent… La peine de la grand-mère ayant dû se substituer à sa fille défaillante pour élever le petit… La rage de la mère ne s'étant - elle aussi – jamais sentie protégée par quiconque et qui, de l'au-delà où elle séjourne désormais, révèle l'inentendable vœu qui fut le sien lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte… La prière du fils adressé à sa mère d'avancer maintenant ensemble vers le jour…       <br />
              <br />
       La chute, accompagnée de la voix chaude de Paolo Conte, exauce un temps ce désir en projetant, au centre du plateau débarrassé symboliquement de toutes scories, un rayon de lumière nimbant l'acteur dansant lascivement… De performance en performance, Nicolas Meunier, sans rien perdre de son authenticité à fleur de peau mise au service d'un théâtre total, maîtrise de mieux en mieux son art pour porter jusqu'à nous le chaos d'un passé familial qui n'arrête pas de passer en lui. Chapeau l'artiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775826.jpg?v=1707140778" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>, de Sebastian Abarbanell, présente le corps du performeur dans tous ses états. Jouant avec tous les possibles offerts par une boîte cubique qu'il a élue comme refuge, il multiplie des compositions plastiques à fort potentiel artistique. Cette première partie, d'un esthétisme parlant, le montre tel le voyageur céleste faisant corps avec sa roulotte… Cependant, lorsqu'il vient à se défaire de "sa coquille" pour continuer sa mue nu comme un ver, des convulsions le traversent de part en part… et le charme tout d'abord ressenti se dissipe sous l'effet de monstrations trop appuyées.       <br />
              <br />
       <b>Spectacles vus le samedi 27 janvier lors du Parcours Le Bouscat-Bordeaux organisé dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775857.jpg?v=1707141368" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>       <br />
       Danse - Avant-première.       <br />
       Conception et interprétation : Meytal Blanaru.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>Représenté les 26 et 27 janvier à L'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775901.jpg?v=1707141430" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>       <br />
       Musique, voix – Création.       <br />
       Voix et boucles : Fred Jouanlong.       <br />
       Piano à queue et objets : Sophie Agnel.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775902.jpg?v=1707141504" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>       <br />
       Performance, théâtre – Création.       <br />
       Conception et interprétation : Nicolas Meusnier.       <br />
       Régie : Marius Bichet.       <br />
       Regard technique : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>A eu lieu le 27 janvier (2 représentations) au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775903.jpg?v=1707141568" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>       <br />
       Danse, performance - Première française.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Création lumière : Barnaby Booth.       <br />
       Dramaturgie : Tuan Ly.       <br />
       Direction technique : Shaly Lopez.       <br />
       Musique originale : slowdanger, Seb Brun &amp; SUM1.       <br />
       Projection vidéo : Sina Lesnik &amp; César Brodermann.       <br />
       Costumes : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Construction boîtes : Alex Varenne.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 16 janvier au 2 février 2024.</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-4-Dark-Horse--In-the-Wood--Storytelling--Home_a3811.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…</title>
   <updated>2023-06-29T09:10:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odyssee-des-foireux-Rires-d-hommes-entre-deux-pluies_a3632.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73769412-51315254.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-29T08:32:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Mais de qui sont-ils le nom, ces deux magnifiques clochards célestes plantant ingénument leur regard océanique dans le nôtre, jusqu'à nous faire chavirer dans leur monde ? Un monde déserté par le commun et habité pour autant par l'ordinaire, un monde extraordinairement banal. Qui sont-ils ces deux baladins, unis à la vie à la mort jusqu'à ne faire qu'un, pour épouser les déshérences immobiles de deux êtres contemplant l'infini vertige d'être là, devant nous, dans le décor des murs imbibés de pluie de L'Atelier des Marches, en attente d'un je ne sais quoi restant - qui en eût douté ? - sans réponse, Dieu s'étant tu depuis belle lurette…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315254.jpg?v=1688021898" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Du Beckett sans Beckett, les deux larrons Matthieu Boisset et Daniel Strugeon - répliques mnésiques de Mercier et Camier - s'étant affranchis du maître à penser (en rond) laissent libre cours à leur imaginaire débridé, surfant à l'envi sur leur vague à l'âme existentiel dont ils font matière à (ré)jouir. Une bicyclette, un sac à dos, une parka, un parapluie à baleines à partager sont leurs seuls biens terrestres, mais peu importe… la richesse étant ailleurs pour ceux qui, sur un plateau noir et humide, ont la tête dans les nuages et le nez au vent du grand large.       <br />
              <br />
       Une heure durant nous allons les suivre pas à pas, roue à roue, leurs tribulations articulées aux éclats de leurs mots nourrissant notre rêverie vagabonde. <span style="font-style:italic">&quot;Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils&quot;,</span> confiait Baudelaire. Ici, la pluie intermittente s'est substituée à l'orage et les éclats de rire font office de brillants soleils. Car leur voyage au bout de nulle part n'est qu'en apparence un surplace en sol glissant, tant leurs échanges, si tendus peuvent-ils être parfois, constituent un itinéraire (é)mouvant menant - à l'épreuve de la route - vers encore plus de fraternité vécue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315255.jpg?v=1688021956" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Parler aussi du silence. Ce silence augural qui règne en maître des lieux, silence précédant l'entrée en scène successive des deux compères dévisageant longuement les &quot;assis&quot; comme on le ferait vis-à-vis d'intrus s'immisçant dans l'intimité de l'histoire à venir, une histoire qui n'appartient à personne, ni à eux, ni aux spectateurs. Plan large puis très rapproché sur Mercier et Camier franchissant toute la largeur du plateau, yeux dans les yeux, pour se rejoindre jusqu'à presque s'embrasser sur les lèvres… Alternant dialogues au style direct et commentaires délivrés à la troisième personne, les protagonistes énoncent la genèse foireuse de leur odyssée fictive.       <br />
              <br />
       Humour savoureux, <span style="font-style:italic">&quot;- Si on s'assoyait, ça m'a vidé… - Tu veux dire s'asseyait ? - Assoyons-nous alors.&quot;,</span> des règles de conjugaisons élevées à la hauteur des règles de vie de ces deux paumés sans attache. Poésie de la pluie effaçant les traces de leur passé, pour ouvrir sur un ciel d'azur… avant la prochaine averse, et vice-versa (à grand seau d'eau). Anarchisme débonnaire, <span style="font-style:italic">&quot;- À qui cette bicyclette ? - Admettons qu'elle soit à nous. - Soyons francs : elle est à nous.&quot;,</span> trouant l'esprit de sérieux pour porter haut le goût de la fantaisie joyeuse. Une fête des &quot;sens&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315277.jpg?v=1688021986" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Les grincements du vélo ployant sous le poids conjugué des deux acolytes en mal de nature, les rires d'une &quot;franche gaieté&quot; (commentaire à la troisième personne) causés par la fistule arrière de l'un des deux, peuplent le voyage immobile de leurs éclats stridents sur fond d'échanges iconoclastes : <span style="font-style:italic">&quot;- Qu'avons-nous fait à Dieu ? - Nous l'avons renié.&quot;</span> Le jeu de la provocation se poursuit à fleurets mouchetés envoyant l'un des deux à un trépas de théâtre, avant de défier, tel un Dom Juan ressuscité, la puissance divine en lançant vers les cintres le parapluie défait. Pluie, parapluie et entrain contagieux, une triade conduisant tout naturellement au morceau d'anthologie de Gene Kelly interprétant &quot;Singing in the rain&quot;… sauf que là - on n'est pas looser pour rien - le pépin restera désespérément coincé.       <br />
              <br />
       Aux moments d'euphorie succèdent des accès de lucidité désespérants <span style="font-style:italic">(&quot;Finalement seul, malade, dans le froid, empêtré dans une histoire sans issue…&quot;)</span> auxquels font suite des instants de pure insouciance comme celui où l'un se goinfre d'un œuf extrait d'une poubelle providentielle alors que l'autre sous la pluie drue se gargarise &quot;à l'aveugle&quot; (cf. Tirésias) de considérations mythologiques débouchant sur cette saillie digne des philosophes stoïciens : <span style="font-style:italic">&quot;Finalement, il fait le même temps que toujours, avec cette différence qu'on s'y habitue&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en abyme finale, atteinte en état de quasi lévitation, rendra aux personnages, aux acteurs les interprétant (magnifiquement) et au public les observant, leur place… confondue dans la même entité magnétique : celle d'une existence à ne surtout pas prendre au sérieux sous peine d'en être privé à jamais. Un très beau moment de théâtre, saisissant de vérité humaine.       <br />
              <br />
       <b>Sortie de résidence. Vu le jeudi 22 juin 2023 à l'Atelier des Marches (de Jean-Luc Terrade), Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Odyssée des foireux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315287.jpg?v=1688022024" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Librement inspirée des romans de Samuel Beckett.       <br />
       Mise en scène : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Jeu : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Par la Compagnie Dies Irae.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.marchesdelete.com/261" target="_blank">&gt;&gt; marchesdelete.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://ciediesirae.fr/" target="_blank">&gt;&gt; ciediesirae.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315304.jpg?v=1688023140" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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