<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-07-15T00:48:07+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif</title>
   <updated>2022-06-01T07:41:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-La-Ruche-2-Episode-2-Immersion-in-situ-dans-les-creations-a-venir-une-invitation-a-un-work-in-progress_a3266.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64979987-46465310.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-01T07:17:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après les quatre premières (belles) découvertes de l'épisode 1 ("Motel", "A quel type de drogue je corresponds ?", "Pop-Corn Protocole", et "Horace"), en voici trois autres à l'originalité tout autant affirmée et qui, chacune dans leur domaine, sont porteuses d'un souffle prometteur. Ainsi ce festival de La Ruche initié par le TnBA, en présentant à leur suite trois jours de théâtre "en train de se faire", confirme-t-il ses ambitions d'immerger le public dans le chaudron de la création.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465310.jpg?v=1653846471" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Brisby (blasphème !)"</strong></span>, interprétée et mise en scène par Julie Papin (impressionnante de "vitalité" dans ce rôle avec lequel elle fait corps et plus encore…), cette reine sans royaume ou si peu (écho de "Le Roi se meurt" d'Ionesco) redouble d'énergie face à l'inéluctable : la mort, qui décime ses sujets et jusqu'à ses sœurs royales, ne risque-t-elle pas de l'atteindre à son tour ? Non, parbleu ! Impossible ! Elle a la vie devant elle… du moins si elle en croit l'énorme ventre qui la précède. Et cette perspective de donner incessamment naissance à un beau bébé l'euphorise, au point de la conforter dans le déni de la fin de son monde.       <br />
              <br />
       Le ton est tout de suite donné, on n'est pas dans un conte pour ersatz d'adulte rangé dans les clous de rêveries à la guimauve mais dans un univers "en fin de compte" assez ordinaire. Un monde suffisamment caricaturé pour qu'il accentue, en les grossissant plaisamment mais sans aucunement en déformer la nature, les risques démentiels que nous, humains (?) du XXIe siècle, faisons délibérément courir à notre vieille planète, la Terre, surchauffée à blanc, prête à étouffer à son corps défendant les espèces vivantes ayant trouvé refuge en son sein depuis des millénaires.        <br />
       Mais est-ce "vraiment" là une fable… ou une projection très terre à terre ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465311.jpg?v=1653846497" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Quant à la voix off qui commente la scène (les scènes de la vie d'une future accouchée sans avenir), elle se délecte de multiplier les conditionnels <span style="font-style:italic">("La femme enceinte serait allongée… Elle pourrait accoucher d'une souris… Le sortilège pourrait être le prologue…")</span> comme si l'histoire à venir n'était qu'un faisceau d'hypothèses parmi d'autres… encore plus terribles ! Dès lors, évoquant avec maestria tous les personnages (le peuple pourrissant sur pied, l'émissaire annonçant une guerre imminente, l'impératrice de l'univers venue la sauver, la dernière araignée vivante écrasée, ses sœurs mortes de jalousie, le retour du fiancé éconduit, les souris cannibales, etc.), elle fonce, seule, vers une chute… sidérale ; l'enfant en son sein, son fol espoir, ayant concocté une ultime surprise peu amène mais des plus sensées…       <br />
              <br />
       Contre toute attente, la fin se voudra pourtant lumineuse et, de cette expérience cosmologique au bord du big-bang, on sort ravi d'avoir été pris pour… des adultes. Ouvrant alors grand les yeux devant la beauté fabuleuse d'un "compte à rebours" propre à dessiller nos paupières, nous retrouvons notre âme d'enfant enclin à rêver à une planète aimable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465346.jpg?v=1653846599" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Rouge et le Noir/Traversée"</strong></span>, l'œuvre mythique de Stendhal est mise ici "spectaculairement" en bouche par Franck Manzoni (le narrateur, Monsieur de Rênal, Marquis de la Mole), Nicolas Martel (Julien Sorel) et Faustine Tournan (Madame de Rênal, Mathilde de la Mole), revêtant tour à tour un simple élément de costume pour donner corps aux différents personnages (le curé Chélan, l'abbé Pirard, etc.) de ce roman d'apprentissage.       <br />
              <br />
       Renouant avec le dispositif qui leur est cher depuis "Le Banquet fabulateur" (inspiré de "L'Espèce fabulatrice" de Nancy Huston, émaillée d'extraits de Shakespeare, Tchekhov, Ibsen, Feydeau…), Catherine Marnas et son complice Procuste Oblomov invitent les spectateurs à un banquet participatif. Là, autour d'une gigantesque table dressée, carafes de vins (excellents…) et de jus de fruits (sans doute aussi excellents…) disposées sur la blanche nappe, ils pourront goûter au plaisir ô combien sensuel de "voir" le texte prendre vie au travers des personnages sortant des pages du roman pour s'inviter à leurs côtés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465348.jpg?v=1653846628" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Comme dans "La Rose Pourpre du Caire" de Woody Allen, Julien Sorel, Madame de Rênal et Mathilde de la Mole feront - avec un indicible bonheur - effraction dans nos vies pour venir nous confier les tourments de l'amour et de l'ambition conjugués. Nous effleurerons leur peau, trinquerons avec eux, seront bouleversés par les affres qui les parcourent et par les émois qui les traversent. Si l'on prête abusivement à Flaubert cette saillie <span style="font-style:italic">"Madame Bovary, c'est moi"</span>, en écho on pourrait assurément dire qu'"ils" deviennent nous.       <br />
              <br />
       Comment en effet ne pas éprouver pour Julien Sorel la fascination qu'est la sienne devant ce monde qui s'offre miraculeusement à lui ? Lui le fils maudit d'un charpentier lui ayant refusé toute considération tant ses penchants naturels pour le latin et la littérature étaient étrangers à son milieu ? Lui qui rêvait de gloire napoléonienne, alors que ses origines le destinaient à s'échiner dans la scierie du père ? Le voilà ici présent, fort de ses études au séminaire, admis chez les bourgeois et petits nobles, constatant, éberlué, que leur femme ou leur fille n'ont d'yeux que pour lui… Revanche de classe et plaisir des sens mêlés, parfum enivrant des transgressions qui, mêlé au bon vin servi généreusement, ne peut que nous faire perdre délicieusement la tête… Et lorsque celle de Julien apostrophera les jurés aristocrates avant de rouler dans la sciure, il n'est pas impossible que son courroux puisse être aussi le nôtre… Promesse d'un fabuleux banquet…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465412.jpg?v=1653847482" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les frères Sagot"</strong></span>, de Luis et Jules Sagot, unis fraternellement sur scène comme ils le sont dans la vie depuis que leurs parents ont adopté, Luis, l'enfant venu naguère du Mexique. L'un, Jules, est comédien, l'autre pas, mais c'est pourtant Luis qui a demandé à son frère de créer un spectacle pour eux deux. Et les voilà ce soir côte à côte, face à face, devisant "naturellement" devant nous, témoins émus plus que spectateurs de leur histoire partagée.       <br />
              <br />
       D'emblée, Jules Sagot (du Collectif "Les Bâtards dorés", bel hommage à tous les bâtards du monde…), à la demande de Luis et pour éviter tout malentendu, précise un point essentiel : le H quand il sera évoqué sur le plateau sera la première lettre d'… Hélicoptère ! Car ce qui sera "au cœur" de leurs échanges n'a rien à faire avec les étiquettes normalisées qui rangent dans une case préfabriquée, une case réductrice de la complexité du vivant. Changer le regard sur chacun, libérer le singulier des "pré-jugés" normatifs, c'est d'abord désujettir le sujet de tout ce qui l'assujettit.       <br />
              <br />
       Alors Jules ne s'attardera pas sur l'enfance compliquée de son frère, l'itinéraire d'un enfant mexicain, mal aimé, abandonné, maltraité dans des institutions religieuses, confié à la DASS à son arrivée en France, avant d'être adopté par la famille Sagot. Il transformera tout au contraire cet épisode en matière poétique, évoquant une piñata mexicaine brisée par le bâton de Luis, bâton libérant une nuée de sauterelles apocalyptiques l'affranchissant de la pièce où il fut séquestré par la mauvaise mère. Belle métaphore d'une résilience réussie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465413.jpg?v=1653847516" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      Ce qui lie les deux frères, c'est la vie devant soi. Alors Jules demandera tout naturellement à Luis de parler de ses compétences, et il en a à revendre ! D'abord sa mémoire prodigieuse… si vous lui confiez votre date de naissance, il peut vous en donner le jour, son cerveau étant cadastré selon le plan d'une ville postcoloniale, les quartiers anarchiques en périphérie. Puis son don d'interprétation… de la chanson de Joe Dassin au refrain éloquent <span style="font-style:italic">&quot;Et si tu n'existais pas/Je me sentirais perdu/J'aurais besoin de toi&quot;</span> ; une déclaration d'amour en live entre les deux frères, empruntant pudiquement les mots du chanteur populaire pour se le dire.       <br />
              <br />
       Ensuite, son amour de la cuisine <span style="font-style:italic">&quot;dont le mot partage quatre lettres avec la musique&quot;</span>… acté par la recette du jaune d'œuf cuit devant nous par coagulation sur des allumettes géantes, le tout relevé d'un morceau de piano de Chopin (on pense inévitablement à Nicolas, le cuisinier fabuleux de Colin dans &quot;L'Écume des jours&quot; de Boris Vian et le goût de ses recettes surréalistes nous revient à la bouche). Enfin, son don de la lenteur, un talent très fragile dans ce monde énervé.       <br />
              <br />
       L'amour, l'humour… et la gravité aussi lorsque Jules, lumières éteintes, dans un halo détachant ses mots, évoque dans un silence retentissant la solitude de l'Homme-Hélicoptère exposé au regard imbécile des gens comme il faut, échos de ceux dépeints naguère par le grand Jacques <span style="font-style:italic">(&quot;Faut vous dire, Monsieur/Que chez ces gens-là…&quot;).</span> Rarement un manifeste pour le droit au respect inconditionnel de chacun, contre la bêtise crasse des gens dits normaux, n'a résonné avec autant de force. Une force décuplée par la sincérité palpable de son auteur épris d'amour pour celui pour lequel il éprouve une confiance inaliénable…       <br />
              <br />
       Et quand sur l'air et les paroles de &quot;L'été Indien&quot; de son idole, Luis invite à danser une jeune femme du premier rang, on se met nous aussi à rêver… ravi de cette parenthèse artistique &quot;extra-ordinaire&quot; où l'art de la scène se conjugue avec vérité humaine. Chapeau bas, Messieurs Sagot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465451.jpg?v=1653848129" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival de La Ruche #2       <br />
       A eu lieu du 19 au 21 mai 2022.</b>       <br />
       Trois jours de théâtre : étapes de travail, performances, banquet participatif, conférence…       <br />
       TnBA, place Renaudel, Bordeaux.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/festival-ruche-2" target="_blank">>> tnba.org</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Brisby (blasphème !)"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Théophile Dubus.       <br />
       Mise en scène : Julie Papin et Lucas Chemel.       <br />
       Avec : Julie Papin.       <br />
       Création sonore : Hervé Rigaud.       <br />
       Compagnie Le chant de la louve.       <br />
       Durée : 45 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465452.jpg?v=1653848155" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Rouge et le Noir/Traversée"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Stendhal.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Dramaturgie : Procuste Oblomov.       <br />
       Avec : Franck Manzoni (artiste compagnon), Nicolas Martel, Faustine Tournan.       <br />
       Création sonore : Madame Miniature.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64979987-46465453.jpg?v=1653848190" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 2 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les frères Sagot"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Luis Sagot et Jules Sagot.       <br />
       Mise en scène :  Alba Gaïa Bellugi, Jules Sagot, Luis Sagot et Manuel Severi.       <br />
       Avec : Jules Sagot et Luis Sagot.       <br />
       Durée : 45  minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-La-Ruche-2-Episode-2-Immersion-in-situ-dans-les-creations-a-venir-une-invitation-a-un-work-in-progress_a3266.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif</title>
   <updated>2022-05-27T08:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-La-Ruche-2-Episode-1-Immersion-in-situ-dans-les-creations-a-venir-une-invitation-a-un-work-in-progress_a3256.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64917506-46435829.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-05-27T07:10:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Choisir "La Ruche" comme rôle-titre de ce festival initié par le TnBA est tout sauf un hasard tant la colonie d'artistes qui y trouve refuge entend faire son miel de cet espace voué à la création artistique. Pour sa deuxième édition, sept collectifs d'artistes - jeunes pour certains, moins pour d'autres - prennent le risque d'exposer une étape de leur travail au long cours, dans un esprit de partage activant le désir de découvertes tous azimuts…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46435829.jpg?v=1653586361" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Motel"</strong></span>, du MAR Collectif, propose une plongée hitchcockienne dans les frissons d'un thriller revisitant "Psychose". C'est d'ailleurs par une scène mythique, projetée en noir et blanc sur grand écran - le fond de scène - que s'ouvre le rideau… de la douche. Une femme, poignardée sous un pommeau haute pression, crève l'écran. Seule l'ombre de sa meurtrière brandissant l'arme du crime se détache, avant que - cette fois sur l'avant-scène - une actrice dont l'ombre se découpe, elle aussi, sur le rideau n'exfiltre du plateau le cadavre enroulé dans le plastique du rideau. Le générique défile alors assurant le continuum entre film mythique et théâtre présent.       <br />
              <br />
       Les similitudes de lieu (motel surplombé d'une vieille demeure), de situation (un couple illégitime se retrouve dans cette chambre isolée), de jour (c'est un vendredi, mais non de date et de pays, on est dans la France de 2022 et non plus en Arizona), étant marquées, on va assister à une parodie délirante et loufoque de la "scène primitive" déclinée en rebondissements introduisant un humour décalé aux effets recherchés. La musique et les jeux de lumière étayent le propos pour le donner à entendre et à voir en plein accord avec ses attendus. Un vrai travail - encore à l'ébauche - qui a à cœur de multiplier les références et les savoir-faire, sans les fondre toutefois dans une écriture pouvant apparaître "fabriquée".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46435830.jpg?v=1653586431" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"À quel type de drogue je corresponds ? Une initiation"</strong></span>, avec Bénédicte Simon comme subtile interprète de ce texte performatif de Kai Hensel mis en scène par Sandrine Hutinet. Embarquée dans un trip à hautes résonances psychédéliques, la vraie fausse conférencière cheminant de références documentées en anecdotes personnelles, va livrer sa traversée du miroir pour tenter de trouver une image d'elle plus… moins… enfin une autre elle-même dont elle serait enfin le sujet. Et pris dans sa narration lui échappant à l'envi, où maîtrise du discours et fragilité sous-jacente s'entrelacent, on est embarqué à sa suite à la recherche de paradis artificiels créateurs d'illusions à cultiver comme succédanés à une existence trop prévisible.       <br />
              <br />
       En adoptant un point de vue décalé sur l'usage des drogues, le propos - superbement porté par la comédienne jouant de tous les ressorts d'une approche sensible de cette femme en sororité - s'annonçant comme un panégyrique des substances hallucinogènes susceptibles de redonner des couleurs à des vies dominées par des nuances de gris, se déroule imparablement pour monter avec humour en puissance… jusqu'à flirter avec le tragique du quotidien. En effet, la logique consumériste d'un bien-être vendu à grand renfort de messages subliminaux (ou pas), fixant le taux de satisfaction vital à atteindre pour éprouver le sentiment de réussite, a pour corollaire la chute dans l'effondrement des illusions ; ce que les notices "médica-menteuses" dénomment pudiquement "effets secondaires indésirables". Et la chute sera d'autant plus sévère que l'altitude atteinte aura été élevée…       <br />
              <br />
       Si les citations de Sénèque Le Philosophe - dont la plus célèbre d'entre elles : <span style="font-style:italic">"Ce n'est pas parce que les choses nous paraissent difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles nous paraissent difficiles"</span> - émaillent gaiement le discours savoureux, c'est qu'elles participent grandement, au même titre que les régulières lampées du breuvage mystérieux scandant les prises (de paroles), à créer la distance de l'humour propre à "réfléchir" un propos à questionner lui avec sérieux. Une réussite artistique "pleine de sens" que l'on a hâte de découvrir dans sa version plénière…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46435921.jpg?v=1653586841" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Pop corn Protocole"</strong></span>, une création azimutée d'Annabelle Chambon, Cédric Charron, Jean-Emmanuel Belot, Mari Lanera et Émilie Houdent. Le moins que l'on puisse dire - à observer l'état cataclysmique du plateau à la fin de cette (d)ébauche performative… - c'est que l'énergie développée par les deux danseurs chorégraphes, portés par les pulsations convulsives des claviers électroniques de leurs deux complices sur scène, constitue le carburant enrichi de cette odyssée au royaume du maïs décliné sous toutes ses formes.       <br />
              <br />
       Comment un modeste épi vivrier, apparu il y a quelques milliers d'années au Mexique et sur les hauts plateaux du Pérou, a pu conquérir le statut quasi religieux de "Mère des Aliments" - chez les peuples amérindiens - avant d'envahir l'espace contemporain pour devenir un enjeu "capital" des économies libérales bâtissant sur son dos de gigantesques profits ? Telle est la question posée (en filigrane) par les deux mousquetaires-escrimeurs coiffés d'une couronne d'épis de maïs portée fièrement en totem.       <br />
              <br />
       Rivalisant de créativité à tous crins, altiers sur les pointes de leurs sabots de bois à l'ancienne (maïs d'antan) ou croisant le fer (guerre actuelle pour l'approvisionnement en céréales), dévidant (pour mieux la piétiner) la ribambelle des drapeaux de la mondialisation du commerce juteux, ils juxtaposent - au risque parfois de nous perdre en chemin - les grandeurs et misères d'un "épi-phénomène" aux multiples visages. De ressource vivrière vitale adulée comme un don du ciel, à l'enjeu actuel que le "dieu-paillein" Maïs représente pour les multinationales aucunement soucieuses des environnements humain et naturel, les tableaux s'enchaînent à la vitesse du son jusqu'à l'apocalypse finale… Comme des grains de pop-corn qui exploseraient sous l'effet de la chaleur, sous l'œil carnassier de leurs complices, des gerbes jaillissent du corps des danseurs dégorgeant la précieuse manne aux effets délétères.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46435922.jpg?v=1653586870" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Horace"</strong></span>, de Heiner Müller, interprétée et mise en jeu judicieusement par Claire Théodoly. Imaginez ce qui, lors du procès d'Horace, ne pouvait être envisagé par le maître ès-tragédies du XVIIe siècle… En effet, comment le grand Corneille aurait-il pu dans sa pièce éponyme transgresser les lois du genre - l'honneur d'État supplantant ipso facto l'état de passion amoureuse - en remettant en jeu… "l'en-jeu" du procès ? Comment aurait-il pu condamner la bravoure du jeune Horace, vainqueur du combat singulier l'ayant opposé aux Curiaces, défendant coûte que coûte l'honneur de sa patrie romaine, jusqu'à envoyer au trépas sa sœur, Camille, s'étant plainte que ce duel "héroïque" la prive à jamais de son amant albain ?       <br />
              <br />
       S'emparant à bras le corps du texte de l'écrivain allemand - mettant en tension la gloire du vainqueur, ayant terrassé l'ennemi, et son abjection d'être l'assassin de sa propre sœur, terrassée par le chagrin d'avoir perdu son amant - l'actrice, naviguant entre deux chaises, entre deux territoires, entre le glorieux et l'abject, affronte le tragique de cette situation "extra-ordinaire" pour la faire résonner en nous, ébranlant toutes constructions.       <br />
              <br />
       Tantôt Horace plantant son glaive dans la gorge du Curiace, acte salvateur commandé par l'État… Tantôt Camille gratifiant d'une accolade le vainqueur, libérateur de Rome… Le trouble gagnant la sœur lorsqu'elle reconnaît la tunique ensanglantée de son fiancé exhibée en guise de trophée par son propre frère, sa colère éperdue <span style="font-style:italic">("Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! Rome qui t'a vu naître et que ton cœur adore ! Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !")…</span> jusqu'à ce que l'actrice s'écroule, transpercée par le glaive du frère meurtrier. L'illusion théâtrale poursuit son œuvre au vif…       <br />
              <br />
       Doit-il être honoré comme vainqueur… ou châtié comme assassin ? Le laurier pour le premier… ou la hache du bourreau pour le second ? Son mérite efface sa faute… ou sa faute efface-t-elle son mérite ? Le problème étant que l'un et l'autre sont indivisibles… Quant à la chute, une fois que les chiens aient fait leur travail, elle prolongera la question ad vitam aeternam. Un très beau travail théâtral porteur en soi de la question "Pourquoi le théâtre ?", à laquelle l'auteur aimait répondre qu'il cherchait à briser… les illusions des spectateurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46436020.jpg?v=1653587378" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival de La Ruche #2       <br />
       A eu lieu du 19 au 21 mai 2022.</b>       <br />
       Trois jours de théâtre : étapes de travail, performances, banquet participatif, conférence…       <br />
       TnBA, place Renaudel, Bordeaux.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/festival-ruche-2" target="_blank">>> tnba.org</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Motel"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Une création originale du MAR Collectf.       <br />
       Avec : Louis Benmokhtar, Clémence Boucon, Garance Degos, Prune Ventura.       <br />
       Création visuelle et sonore : Tom Desnos et Thomas Germanaud.       <br />
       Durée : 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46436314.jpg?v=1653589218" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"À quel type de drogue je corresponds ? Une initiation"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Kai Hensel.       <br />
       Traduction et mise en scène : Sandrine Hutinet - Cie Le meilleur des mondes.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Laura Beillard.       <br />
       Avec : Bénédicte Simon (artiste compagnonne).       <br />
       Scénographie, vidéos, costumes : Birgit Stoessel.       <br />
       Création sonore : Léa Tsamantakis.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46436321.jpg?v=1653589258" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Pop corn Protocole"</strong></span>       <br />
       Performance.       <br />
       Conception et réalisation : Annabelle Chambon et Cédric Charron, Jean-Emmanuel Belot et Mari Lanera, Émilie Houdent.       <br />
       Mise en scène et chorégraphie : Annabelle Chambon et Cédric Charron.       <br />
       Composition musicale : Jean-Emmanuel Belot et Mari Lanera.       <br />
       Création lumières : Sandie Charron Pillone.       <br />
       Production Collectif Charchahm.       <br />
       Durée : 45 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64917506-46436326.jpg?v=1653589296" alt="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" title="Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Horace"</strong></span>       <br />
       Théâtre.       <br />
       Texte : Heiner Müller.       <br />
       Traduction de l'allemand : Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger.       <br />
       Mise en scène, chorégraphie : Claire Théodoly - Cie La Furibonde.       <br />
       Avec : Claire Théodoly.       <br />
       Création lulière : Jean-Claude Fonkenel.       <br />
       Design et fabrication mobilier : Pascale Théodoly.        <br />
       Durée : 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-La-Ruche-2-Episode-1-Immersion-in-situ-dans-les-creations-a-venir-une-invitation-a-un-work-in-progress_a3256.html" />
  </entry>
</feed>
