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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-10T19:07:01+02:00</updated>
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   <title>Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels</title>
   <updated>2026-04-06T14:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Entre-Parentheses--Pauline-Bureau-prend-a-bras-le-corps-les-blessures-ouvertes-et-les-traumas-causes-par-les_a4524.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-08T07:14:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Librement adaptée du récit d'Adélaïde Bon, "La Petite Fille sur la banquise", par Pauline Bureau, la pièce suit deux parcours : l'enquête policière et la quête de vérité d'Alma. Cette dernière a été victime d'une agression sexuelle alors qu'elle avait 9 ans. Un viol. Dans l'escalier de son immeuble. Par un inconnu. La pièce commence trente ans après cet événement dont Alma n'a pas de souvenir conscient. L'enquête brise alors le sarcophage de glace où la petite fille puis la jeune femme avaient enfermé ce trauma.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922293.jpg?v=1775474193" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      Pendant un peu plus de deux heures, nous allons suivre le travail des enquêtrices qui décident de rouvrir un cold-case, une série d'agressions de petite fille dans une rue de Paris, des années auparavant. Une enquête qui les mène sur la piste d'un agresseur en série après la découverte de dizaine de cas semblables. Alma est l'une de ces victimes. Parallèlement à l'enquête, la pièce nous emporte à la suite d'Alma dans la découverte des séquelles qui ont transformé une partie de sa vie en enfer, sans que jusqu'à alors, elle n'en comprenne la cause.       <br />
              <br />
       C'est tout le domaine de l'inconscient, de la mémoire du corps qui est en acte alors. Provoquant insomnies, boulimies, prises de poids, crises d'angoisse… et toutes sortes de mal-être, de difficultés à vivre, de difficultés sociales, de non-dit. Lorsque l'une des enquêtrices annonce à Alma que leur démarche a abouti à l'interpellation d'un homme et que la plainte déposée avec ses parents lorsqu'elle avait 9 ans a été requalifiée en viol sur mineur, la déflagration de cette annonce est telle que tout ce qui entravait sa vie sans qu'elle comprenne pourquoi, déchire soudain le voile impénétrable qui recouvrait ce passé, et libère soudain la parole.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922297.jpg?v=1775474236" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      C'est par la parole, la possibilité de mettre des mots sur la violence effroyable subie dans l'enfance, qu'Alma parvient à supporter les épreuves du procès du pédocriminel. En finir s'il vous plaît avec le terme pédophile (&quot;qui aime les enfants&quot; étymologiquement) et le remplacer par pédocriminel ! C'est l'un des souhaits que finit par réclamer Alma. Un souhait qui déchire enfin un silence de trente années.       <br />
              <br />
       Le sujet de &quot;Entre parenthèses&quot; est effroyable et délicat. La mise en scène de Pauline Bureau dispose de trois espaces sur scène. D'un côté le bureau des inspectrices, de l'autre la maison d'Alma et, au centre, un espace qui sera plus dévolu à l'intime, le cheminant d'Alma vers ce lieu de silence qui git dans son être. Une scène vaste qui laisse de grands espaces devant un immense mur de fond de scène ; si haut, si large, et qui devient par moment support de projections qui emportent la scène dans la chambre d'enfant ou dans des paysages glaciaux de banquise (en écho à la blessure enfouie). Tous les personnages paraissent étrangement petits dans ces grands espaces.       <br />
              <br />
       L'enjeu de la pièce est sans aucun doute de prendre conscience de la lutte qu'il faut à ces victimes enfant pour se lever chaque jour, se coucher chaque soir, après avoir traversé des jours parfois frappés de troubles, d'angoisses, de mal qui cherchent des appuis, et tiennent debout dans une solitude incassable. Ce sont 72 petites filles qui ont déposé plainte, victimes du même pédocriminel qui a sévi durant trente ans. Dix-neuf témoignent aux assises.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Entre Parenthèses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922298.jpg?v=1775474256" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pauline Bureau.       <br />
       Librement adapté de &quot;La Petite Fille sur la banquise&quot; d'Adélaïde Bon (Éditions Livre de poche - mars 2019).       <br />
       Mise en scène : Pauline Bureau.       <br />
       Assistante mise en scène : Clara Haelters.       <br />
       Avec : Sabrina Baldassarra, Salomé Benchimol, Maxime Dambrin, Rébecca Finet, Héloïse Janjaud, Sergio Longobardi, Céline Milliat-Baumgartner, Coraly Zahonero de la Comédie-Française.       <br />
       Scénographie et accessoires : Emmanuelle Roy.       <br />
       Costumes : Alice Touvet.       <br />
       Composition musicale et sonore : Victor Belin et Raphaël Aucler.       <br />
       Vidéo : Clément Debailleul.       <br />
       Lumières : Laurent Schneegans.       <br />
       Collaboration artistique Sabrina Baldassarra.       <br />
       Maquillages et perruques : Françoise Chaumayrac.       <br />
       Cheffe opératrice tournage : Florence Levasseur.       <br />
       Fabrication des décors : Paradis Décors et les ateliers de La Colline.       <br />
       Fabrication des accessoires : les ateliers de La Colline.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95871048-66922299.jpg?v=1775474282" alt="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" title="Dans "Entre Parenthèses", Pauline Bureau prend à bras-le-corps les blessures ouvertes et les traumas causés par les pédocriminels" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 27 mars au 19 avril 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand théâtre, 15, rue Malte-Brun, Paris 20ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.colline.fr/fr/manifestation/166/entre_parentheses" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 avril 2026 :</span> Scène nationale 61- Alençon-Flers-Mortagne, Flers (61).       <br />
       6 et 7 mai 2026 : Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       17 au 22 novembre 2026 : CentQuatre-Paris, Paris 19ᵉ.       <br />
       13 et 14 janvier 2027 : La Passerelle - Scène nationale, Saint-Brieuc (22).       <br />
       21 et 22 janvier 2027 : Théâtre de Sartrouville - CDN, Sartrouville (92).       <br />
       29 janvier 2027 : Théâtre Roger Barat, Herblay-sur-Seine (95).       <br />
       11 et 12 mars 2027 : Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale, Beauvais (60).       <br />
       18 et 19 mars 2027 : Bateau feu - Scène nationale, Dunkerque (59).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical</title>
   <updated>2026-02-05T10:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Willy-Protagoras-enferme-dans-les-toilettes-Un-Au-revoir-de-Mouawad-a-la-fois-intime-politique-et-musical_a4470.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94114077-65651550.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-05T10:14:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Créée le 26 mai 1998 par Wajdi Mouawad, "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" résume à lui tout seul le lieu de focalisation, en partie, de la pièce. Autour de dix-neuf comédiens qui hurlent, crient, s'insultent, échangent, parlent ou discutent, ce sont des univers qui se télescopent et dans lesquels le personnage principal souhaite se prémunir. Comme la figure d'un monde violent au sein d'une copropriété qui représente le monde, Wajdi Mouawad en propose une belle mise en scène dans un récit dont la longueur n'est pas du meilleur goût toutefois.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651550.jpg?v=1770283544" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur un plateau où apparaît un immeuble beige avec treize fenêtres, dont une qui est temporairement fermée. Dans chacune d'elles, un(e) résident(e) se montre avec des attitudes et des voix très marquées, ainsi que des costumes caractéristiques au niveau des couleurs et de la coupe, montrant ainsi une différence de goût et, par ricochet, de vision du monde de chacun d'entre eux. Les personnages discutent, au démarrage, par soliloques et propos souvent tendus. On s'entend sans s'écouter. On échange sans prêter attention à l'autre, tout en lui répondant. On envoie bouler. On hurle, on s'invective, on s'insulte.       <br />
              <br />
       Dans cet entre-deux où le propos double l'écoute, chaque protagoniste représente un caractère type et parfois bien trempé ou impulsif dont le langage est le porte-drapeau, souvent vert et dru, les propos grossiers s'enchaînant parfois, pour certains, comme perles dans un collier. C'est tout un univers de solitude et de violence qui se dévoile à la fois entre eux, et chez eux pour le rare couple présent à la fenêtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651557.jpg?v=1770283571" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      Wajdi Mouawad, auteur et metteur en scène, met en lumière, dès l'entame du spectacle, ce rapport à l'autre, à soi et à ce qui nous unit, et de ce qui fait société. Et ce qui fait société, hors des commérages lancés entre voisins, est Willy Protagoras (Micha Lescot) qui est enfermé dans ses toilettes. Par volonté. Et il souhaite y rester pour faire société avec personne en créant sa propre bulle d'existence, loin du bruit du monde tout en en générant par son action.       <br />
              <br />
       La mise en scène débute avec une belle scénographie dans une copropriété dans laquelle, après avoir joué, les comédiens résidents s'assoient côté cour, en dehors du plateau. Ils continuent à suivre, ou peut-être à être indifférents, de ce qui se passe chez la famille Protagoras avant de retourner sur les planches.       <br />
              <br />
       L'ambiance est composée de bruits multiples avec des claquements de porte, des hurlements et des engueulades. C'est assez assourdissant et donne à la représentation un fort volume sonore qui mêle les relations de chacun au fracas des vies des autres. Comme dans un champ de bataille. Le décor est très intéressant dans ses couleurs claires, jaune et beige, avec au début, une vue extérieure de l'immeuble, pour ensuite basculer à l'intérieur et rendre visible subrepticement ses différents appartements et se fixer dans celui des Protagoras, pour aller jusqu'à leurs toilettes. C'est une vision à 360° des habitations où on plonge d'une vue globale à un périmètre plus exigu pour s'immiscer jusqu'à une intimité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651562.jpg?v=1770283634" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      Les déjections sont de la partie. Cela chie et vomit. Willy Protagoras utilise son élément fécal pour peindre un tableau à même les toilettes. Il est aussi auparavant écrasé sans gêne, pied nu, par sa mère (Julie Julien). Il fait partie un moment du décor, même si le voisinage se plaint de sa présence puante. Le rapport excrémentiel à la scène peut déplaire, voire choquer. Cela ne laisse pas insensible, car ce qui est rejeté par l'éducation est intégré par Willy Protagoras, adulte, comme un élément constitutif et créatif pictural.       <br />
              <br />
       La représentation est un peu trop longue, avec un récit qui s'attarde parfois. Une chanson, au demeurant très bien chantée par Nelly Lawson (Nelly Protagoras), vient se greffer en occultant, le temps du chant, la pièce, comme une parenthèse dans une phrase. Celle-ci semble disparaître d'un coup, faisant ainsi prendre une autre direction artistique à la création. Toutefois, la musique jouée par M'hamed El Menjra fait le lien entre deux cultures, orientale et occidentale, à l'aide du Houd et de la guitare électrique. Elle est comme une passerelle et accompagne mélodieusement le spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651564.jpg?v=1770283608" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      Le jeu des comédiens est très physique, utilisant la voix comme média non seulement d'expression, mais surtout d'existence. On hurle au début, comme pour exister. Au-delà de la poésie brute du drame, Wajdi Mouawad crée des mots pour en faire parfois, à dessein, des armes autant maladroites qu'inefficaces, au travers des insultes ou de colères renvoyées à elles-mêmes par les protagonistes. Ils ne font pas mouche le plus souvent, car ils sont lancés un peu éperdument comme des jets de pierre, sans direction aucune, sauf celle de vouloir se faire entendre. Mais ils sont les témoins d'un échec.        <br />
              <br />
       On ne choisit pas son voisinage comme on ne choisit pas sa famille, tout en pouvant être en lutte contre ce qui est autour de nous. En parallèle, c'est la guerre qui est en arrière-fond, contre soi-même un peu et contre ce qui nous entoure essentiellement.       <br />
              <br />
       Il y a une certaine fixité des personnages à l'entame du spectacle lorsqu'ils sont à la fenêtre, avec une aire de jeu qui reste réduite symboliquement et géographiquement, celle toujours de leur habitation qui semble être le seul endroit au monde pour eux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651635.jpg?v=1770283922" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      À chacun, c'est une liberté qui se dérobe, celle du résident avec son voisinage, celle de Willy Protagoras contre les autres et contre sa famille. Il y a toujours un esprit de questionnement et de résistance qui plane sur tous, celui de se préserver, et pour le personnage principal, dans une salle d'eau, seul endroit d'intimité, d'une latitude restreinte, mais suffisamment revendicatrice pour se faire entendre. Derrière cette symbolique, c'est un lieu de solitude, intime, où on s'allège de ce qui organiquement nous alourdit. C'est aussi un endroit, à la fois commun, mais accessible à un seul, pour se questionner sans être dérangé.       <br />
              <br />
       Bref, dans un spectre plus large et plus en lien avec ce qu'a pu vivre Wajdi Mouawad, c'est aussi une fenêtre ouverte pour s'évader de la guerre qui reste présente tout au long de la pièce. Avec celle-ci, c'est un retour aux sources pour le dramaturge qui signe sa dernière mise en scène à la Colline avec sa première création écrite. Belle pièce et bien charpentée. Bravo l'artiste !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Willy Protagoras enfermé dans les toilettes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651656.jpg?v=1770284177" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      Texte : Wajdi Mouawad.       <br />
       Mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valérie Nègre.       <br />
       Avec : Lionel Abelanski, Éric Bernier, Pierre-Yves Chapalain, Gilles David (de la Comédie-Française), Lucie Digout, Marceau Ebersolt, Jade Fortineau, Delphine Gilquin, Julie Julien, Nelly Lawson, Micha Lescot, Mireille Naggar, Johanna Nizard       <br />
       Et la 4e promotion de la Jeune troupe de La Colline : Milena Arvois, Tristan Glasel, Swann Nymphar, Gabor Pinter, Tim Rousseau, Lola Sorel.       <br />
       Musicien : M'hamed El Menjra.       <br />
       Dramaturgie : Charlotte Farcet.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Éric Champoux.       <br />
       Composition musicale : Pascal Sangla.       <br />
       Son : Sylvère Caton et Michel Maurer.       <br />
       Costumes : Emmanuelle Thomas, assistée d'Anne-Emmanuelle Pradier.       <br />
       Maquillages et coiffures Cécile Kretschmar, assistée de Mélodie Ras.       <br />
       Suivi de texte : Dena Pougnaud.       <br />
       Fabrication des accessoires et décor : ateliers de La Colline.       <br />
       Durée estimée : 2 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 janvier au 8 mars 2026.</span>       <br />
       Mardi à 19 h 30, mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30.        <br />
       Relâche : dimanche 25 janvier.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand théâtre, 15, rue Malte-Brun, Paris 20e.       <br />
       Téléphone : 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.colline.fr/fr/manifestation/162/willy_protagoras_enferme_dans_les_toilettes" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94114077-65651657.jpg?v=1770283995" alt=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" title=""Willy Protagoras enfermé dans les toilettes" Un "Au revoir" de Mouawad à la fois intime, politique et musical" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Willy-Protagoras-enferme-dans-les-toilettes-Un-Au-revoir-de-Mouawad-a-la-fois-intime-politique-et-musical_a4470.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté</title>
   <updated>2026-02-02T17:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Willy-Protagoras-enferme-dans-les-toilettes--Wajdi-Mouawad-reussit-a-decoiffer-le-sage-public-de-la-Colline-une_a4467.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94046886-65619497.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-03T08:14:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chant, musique et poésie sont les armes aimées par Wajdi Mouawad pour lutter contre les armes du ravage, des tortures et de la destruction que sont les conflits armés, les dictatures et les guerres économiques soumises aux intérêts des puissants. Elles sont à nouveau présentes dans cette pièce de jeunesse, comme des havres ; elles surgissent à quelques reprises en cris puissants, en bouffées de pureté, en oasis de vie dans un monde voué au chaos.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94046886-65619497.jpg?v=1770049831" alt="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" title="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" />
     </div>
     <div>
      Le monde est ici représenté par un immeuble peuplé d'une quinzaine d'habitants. Parmi eux, la famille Protagoras a le plus bel appartement, celui qui a vu sur la mer. Un appartement qui est source de convoitise pour tous ces voisins, d'autant que celui-ci est déjà à moitié occupé par une autre famille que les Protagoras : la famille Philisti-Palestine, père, mère, fils et fille. Une famille que les Protagoras, père, mère, fils et fille, ont accepté d'héberger il y a un certain temps, avec qui elle est en conflit maintenant, celle-ci refusant de s'en aller et revendiquant même le droit d'habiter seul dans cet appartement.       <br />
              <br />
       Situation ubuesque, digne d'une pièce d'Hanokh Levin, que Wajdi Mouawad invente en 1988 (il a vingt ans) alors qu'il joue, en compagnie de 35 étudiants de l'École nationale de Théâtre du Canada, le rôle d'un auteur dans une pièce de Claude Gauvreau, mis en scène par Yves Desgagnés, &quot;L'Asile de la pureté&quot;. À parts égales, la pièce dans laquelle il joue à l'époque et la situation au Liban, le pays où il a vécu son enfance, influent sur le récit et les personnages qu'il met alors en place.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94046886-65619523.jpg?v=1770049936" alt="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" title="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" />
     </div>
     <div>
      Comme l'appartement de la famille Protagoras, le Liban, surnommé la Suisse du Moyen-Orient, est, à la fin des années quatre-vingt, déchiré de l'intérieur, secoué par l'arrivée massive de réfugiés palestiniens, convoité de l'extérieur par la Syrie et bientôt envahie par les armées syrienne, israélienne, américaine et française. À ce moment de l'Histoire, le général Aoun s'enferme avec ses troupes dans le palais présidentiel, et Willy Protagoras décide de s'enfermer dans les toilettes.       <br />
               <br />
       Formidable humeur potache. Magnifique cri de révolte d'une jeunesse qui étouffe. Bon gros bras d'honneur au vernis conventionnel bien-pensant de la société et sa politesse, sa propreté, son hygiène. En s'enfermant dans les toilettes de l'appartement &quot;Liban&quot; des Protagoras, Willy emmerde tout le monde. Une attitude tout à fait immature. Mais sa protestation, à la fois pacifiste et dérangeante pour le bon désordre de la famille, n'est pas sans cause. La situation bloquée de ces deux familles se battant pour le même appartement, sous la surveillance avide du voisinage qui s'immisce dans leurs vies, vient de provoquer le départ de sa sœur, Nelly Protagoras. À bout de patience, elle emporte ses affaires et son départ ressemble étrangement à un exil définitif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94046886-65619524.jpg?v=1770049964" alt="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" title="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Wajdi Mouawad ne s'épargne aucune folie, aucune démesure, dans cette métaphore politique de la férocité humaine. Les quinze personnages de cet immeuble ont toutes et tous une excentricité affichée, qu'elle soit physique via les maquillages, des costumes bigarrés, des prothèses ou un travail sur les corps qui les personnalise, ou qu'elle soit visible dans l'exagération de traits de caractère extrêmement caricaturaux. Ça hurle, ça se donne des coups, ça fait des alliances et ça trahit des alliances, une mêlée sauvage qui finit par s'installer dans l'appartement des Protagoras qui devient très vite un cloaque d'excréments et d'urines sens dessus dessous.       <br />
              <br />
       Cela tient de la farce, une bouffonnerie provocatrice totale et jubilatoire qui pourrait rappeler les mises en scène d'Alfredo Arias, mais une farce noire et tueuse pour une jeunesse prise dans ces conflits croisés pour qui les choix sont la résistance obstinée d'un Willy, l'exil ou bien la mort.       <br />
              <br />
       Et pourtant, un sentiment de joyeux bordel se dégage du jeu débridé des comédiennes et des comédiens. L'impertinence de ce texte de jeunesse, dont l'extravagance des personnages est exceptionnelle dans l'œuvre littéraire de Wajdi Mouawad, a une belle saveur provocatrice. Et malgré les presque trente années qui séparent sa conception de cette mise en scène, le discours reste en partie d'actualité pour le Liban, pays toujours en proie aux déchirements internes et aux agressions extérieures.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94046886-65619525.jpg?v=1770050025" alt="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" title="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" />
     </div>
     <div>
      La fin de la pièce laisse la scène libre pour la divagation des jeunes personnages de l'histoire, qu'ils soient en vie, qu'ils soient partis en exil, qu'ils soient morts ou même qu'ils soient illusions fantasmées. Une jeunesse que l'on a vue subir la violence, la peur, le viol de la part de la génération précédente, une jeunesse qui n'a que la drogue, la fuite ou le suicide pour espérer.       <br />
              <br />
       Alors, la musique de M'hamed El Menjra, à la guitare électrique et à l'oud, est bienvenue. Elle accompagne et porte la voix de Nelly Lawson qui s'élève en un cri de rage et vient percer doucement les cœurs et y déposer un peu du baume de la poésie et de la beauté.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Willy Protagoras enfermé dans les toilettes"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94046886-65619597.jpg?v=1770050619" alt="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" title="Avec "Willy Protagoras enfermé dans les toilettes", Wajdi Mouawad réussit à décoiffer le sage public de la Colline : une manière de retrouver jeunesse et liberté" />
     </div>
     <div>
      Texte : Wajdi Mouawad.       <br />
       Mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Valérie Nègre.       <br />
       Avec : Lionel Abelanski, Éric Bernier, Pierre-Yves Chapalain, Gilles David (de la Comédie-Française), Lucie Digout, Marceau Ebersolt, Jade Fortineau, Delphine Gilquin, Julie Julien, Nelly Lawson, Micha Lescot, Mireille Naggar, Johanna Nizard       <br />
       Et la 4e promotion de la Jeune troupe de La Colline : Milena Arvois, Tristan Glasel, Swann Nymphar, Gabor Pinter, Tim Rousseau, Lola Sorel.       <br />
       Musicien : M'hamed El Menjra.       <br />
       Dramaturgie : Charlotte Farcet.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Éric Champoux.       <br />
       Composition musicale : Pascal Sangla.       <br />
       Son : Sylvère Caton et Michel Maurer.       <br />
       Costumes : Emmanuelle Thomas, assistée d'Anne-Emmanuelle Pradier.       <br />
       Maquillages et coiffures Cécile Kretschmar, assistée de Mélodie Ras.       <br />
       Suivi de texte : Dena Pougnaud.       <br />
       Fabrication des accessoires et décor : ateliers de La Colline.       <br />
       Durée estimée : 2 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 janvier au 8 mars 2026.</span>       <br />
       Mardi à 19 h 30, mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30.        <br />
       Relâche : dimanche 25 janvier.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand théâtre, 15, rue Malte-Brun, Paris 20e.       <br />
       Téléphone : 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.colline.fr/fr/manifestation/162/willy_protagoras_enferme_dans_les_toilettes" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Willy-Protagoras-enferme-dans-les-toilettes--Wajdi-Mouawad-reussit-a-decoiffer-le-sage-public-de-la-Colline-une_a4467.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Fauves"… Instinct des mots et des dits</title>
   <updated>2019-06-10T09:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Fauves-Instinct-des-mots-et-des-dits_a2405.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/34236589-31342395.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-05-29T10:25:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Wajdi Mouawad signe une belle création où le rapport à l'autre et à soi est posée. C'est une mise en abyme d'échecs, d'oublis, de relations imbriquées et compliquées dans un effet de double hélice, comme le rappelle l'auteur, entre ce que les protagonistes sont et ce qu'ils auraient été.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34236589-31342395.jpg?v=1559119509" alt=""Fauves"… Instinct des mots et des dits" title=""Fauves"… Instinct des mots et des dits" />
     </div>
     <div>
      Cela débute par une scène qui se répète trois fois pour venir se juxtaposer avec les suivantes. Un démarrage digne du théâtre de l'absurde, comme celui de Ionesco (1909-1994), coutumier du fait. Une bifurcation fait continuer le premier tableau pour le faire basculer dans une autre situation. C'est une imbrication d'un morceau de vie, d'un nœud, que le protagoniste principal, Hippolyte (Jérôme Kircher), doit porter avec lui tel un fardeau. Les scènes se superposent, traversant des frontières autant géographiques que temporelles.       <br />
              <br />
       Cette construction se réitère à plusieurs reprises. Elle est le ciment de la pièce. Ces redites, ces rejeux sont une façon de créer une sorte de fatalité que les personnages ne peuvent fuir, comme un principe de répétition cher à Freud (1856-1939). C'est aussi une séquence de cinéma, celle d'un meurtre, qui se répète à de multiples reprises tout au long de la pièce entre un couple que fait jouer, en réalisateur, Hippolyte. Elle est vue au travers d'une multitude de prises différentes comme pour porter au pinacle un langage corporel que les mots ne peuvent retranscrire entre un couple parlant une langue et se répondant dans une autre.       <br />
              <br />
       Se succèdent un décès, un meurtre, un suicide, un jugement et des attentes. C'est une litanie de souffrances, de non-dits où l'alter ego est ignoré, occulté ou oublié. Celui-ci peut être le fils, la sœur, la mère. La mort et son rappel sont toujours très présents.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34236589-31342424.jpg?v=1559119630" alt=""Fauves"… Instinct des mots et des dits" title=""Fauves"… Instinct des mots et des dits" />
     </div>
     <div>
      La pièce peut être située partout dans le monde mais nous finissons dans l'espace en direction de Mars. Paris et le Bataclan sont évoqués. Le groenlandais est aussi utilisé avec le français et son accent québécois. C'est aussi de l'anglais qui répond au japonais. C'est un ailleurs et un ici qui se mêlent, une fiction, celle de cinéma, avec une réalité, celle du théâtre.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans des univers et des espaces-temps différents qui se rejoignent. La ligne de jonction est celle d'une rencontre qui ne se fait pas, d'une violence morale et physique qui sépare en les liant des personnages. Ils ne se comprennent pas, tels des fauves qui portent en eux juste leur instinct de survie.       <br />
              <br />
       La scénographie est composée de différents blocs de bois qui glissent en se dépliant ou se repliant. Cela file comme quelque chose qui s'échappe, qui fuit. Le plateau devient ainsi mouvant, dynamique, changeant. Aux tons ocre, c'est un véritable camaïeu de marron qui s'étale.       <br />
              <br />
       La violence est verbale avec des insultes, quelques propos grossiers et sexuels. Rien n'est lisse, tout est bousculé. Les portes claquent, avec une lumière vive projetée à chaque fois sur celles-ci, pour démarrer un nouveau tableau comme le commencement d'un non-dit qui va se dire, qui s'ouvre vers une mise en situation où le personnage se retrouve à être confronté avec ce qu'il doit être. C'est une représentation de l'échec qui finit sur une note d'espoir où les choses tues sont dites, où les travers sont nommés, où les relations sont verbalisées. Un monde où la parole est le réceptacle de propos trop ou pas assez dits pour qu'advienne un devenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fauves"</b></div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Valérie Nègre.       <br />
       Avec : Ralph Amoussou, Lubna Azabal, Jade Fortineau, Hugues Frenette, Julie Julien, Reina Kakudate, Jérôme Kircher, Norah Krief, Maxime Le Gac‑Olanié, Gilles Renaud, Yuriy Zavalnyouk.       <br />
       Dramaturgie : Charlotte Farcet.        <br />
       Conseil artistique : François Ismert.        <br />
       Musique originale : Paweł Mykietyn.        <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus assisté de Sophie Leroux.       <br />
       Lumières : Elsa Revol.       <br />
       Son : Michel Maurer assisté de Sylvère Caton.        <br />
       Costumes : Emmanuelle Thomas assistée d'Isabelle Flosi.        <br />
       Maquillage, coiffure : Cécile Kretschmar.        <br />
       Suivi du texte : Élisa Seigneur-Guerrini.        <br />
       Traduction japonais : Shintaro Fujii.       <br />
       Traduction anglais : Ralph Amoussou.       <br />
       Traduction kalaallisut/groenlandais : Pierre Auzias, Annie Kerouedan.       <br />
       Voix : Estrella Drouet-Egede, Hugues Frenette, Michel Maurer, Louise Turcot.       <br />
       Chorégraphie combats : Samuel Kefi-Abrikh.       <br />
       Coach boxe : Guillaume Hauet.        <br />
       Interprète polonais : Maciej Krysz.       <br />
       Durée : 4 h entracte inclus.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 mai au 21 juin 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       La Colline Théâtre national, Grande Salle, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Fauves-Instinct-des-mots-et-des-dits_a2405.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée</title>
   <updated>2019-01-17T18:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Scarlet-Letter--Angelica-Liddell-mouline-a-contre-courant-en-passionaria-flagellee_a2322.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/29851464-28722314.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-01-17T17:35:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La religion et son puritanisme fanatique sont le jus dans lequel baigne "La Lettre Écarlate", texte de Nathaniel Hawthorne datant de 1850. Cette nouvelle conte la punition d'une femme mormone qui, coupable d'adultère, voit son orgueil flétri par le port de la lettre A sur ses vêtements : A comme adultère.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722314.jpg?v=1547744245" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      Dès l'ouverture, Angélica Liddell nous plonge intégralement dans cet univers religieux, judéo-chrétien. Les chants d'église et autres dies irae inondent le plateau, Adam et Ève, dans la tenue d'Ève, viennent se recueillir sur la tombe de l'auteur : l'origine biblique, la musique liturgique, puis l'apparition masquée de silhouettes inquisitrices aux longues coiffes pointues, sont la panoplie complète de la religion catholique, qui sera cible mais aussi extase par la suite.       <br />
              <br />
       De l'histoire à laquelle elle emprunte le titre, c'est à peu près tout ce qu'elle conserve et une citation ou deux. Le texte et les scènes sortent de l'imaginaire de la performeuse. Elle s'engouffre avec sa délectation habituelle dans tout ce qui semble sulfureux, inconvenant, provoquant avec une harangue et une chorégraphie qui pendant plus d'une heure trente vont aller à l'encontre du féminisme, même le plus soft. Seule femme sur scène entourée d'une demi-douzaine et demie de comédiens nus, elle se lance dans un long sermon qui glorifie l'homme, et son sexe parade et humilie la nature féminine, ses faiblesses, ses turpides, ses miasmes physiques et mentaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722352.jpg?v=1547744277" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      Avec une belle diarrhée verbale qui crache, vomit, éructe, elle accumule avec frénésie un catalogue des défauts féminins. C'est une liste sans fin, un pamphlet qui énumère les faiblesses de ces femmes de plus de quarante ans, celles qui espèrent encore provoquer le désir à coup de parfumades et de peinturlurades, qui cachent avec peine sillons du temps et fragrances acides. Pendant ce temps, les hommes autour d'elle font ballet de chair. Objets qu'on exhibe. Et pantins qui s'exhibent dans une écriture chorégraphique chaotique.       <br />
              <br />
       Sur une face, en gestes et en mots, le graveleux réel et sa pauvre chair en putréfaction, de l'autre, s'inscrivant sur le mur gigantesque du fond de scène, des citations et des hommages glanés dans les dictionnaires des philosophes et des artistes dont Angélica Liddell se sert comme d'une caution intellectuelle.       <br />
              <br />
       Le A de l'histoire d'origine se décline ainsi dans une typographie de courrier sur tout son alphabet universitaire et finit par être le A d'Artiste. Après avoir été le A, d'Ange, d'Angélica. Artiste est le passeport éternel qu'elle se donne à elle-même pour espérer donner à ses mots et ses gestes, un sens. L'idéal d'une vie comme une œuvre d'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722365.jpg?v=1547744307" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      C'est très romantique finalement. Mais sa recherche de provocation semble ici être un peu vide, sans imagination, un geste qui dérange à peine, du soufre qui n'a que la fumée d'un pétard de fête foraine. Peut-être est-ce à cause de l'absence totale de risque ? Quel risque pour un spectacle acheté sur plan par un théâtre national, comme on achète sur plan son studio au bord de la Costa Brava ? Le risque n'existe pas.        <br />
              <br />
       Pourtant, la même exhibition, dans une rue, au pied de la colonne Vendôme par exemple, ou ailleurs, avec l'intention libérée de provoquer des réactions, et le défi faite à la bienséance et l'ordre publique, la même exhibition aurait de l'éclat. Sur cette scène, l'éclat a pâli de complaisance.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Scarlet Letter"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722379.jpg?v=1547744347" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
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      Librement inspiré de l'œuvre de Nathaniel Hawthorne.       <br />
       Spectacle en espagnol, surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Angélica Liddell.       <br />
       Scénographie et costumes : Angélica Liddell.       <br />
       Avec : Joele Anastasi, Tiago Costa, Julian Isenia, Angélica Liddell, Borja López, Tiago Mansilha, Daniel Matos, Eduardo Molina, Nuno Nolasco, Antonio Pauletta, Antonio L. Pedraza, Sindo Puche.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Borja López.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 26 janvier 2019.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Grand Théâtre, La Colline - théâtre national, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/The-Scarlet-Letter--Angelica-Liddell-mouline-a-contre-courant-en-passionaria-flagellee_a2322.html" />
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