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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-14T06:31:22+02:00</updated>
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   <title>•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire</title>
   <updated>2026-07-06T12:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-Maldoror-Julien-Gosselin-transcend-r-e-la-Cour-dans-une-coulee-incandescente-de-melancolie-noire_a4605.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-06T10:10:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On ne pourra pas dire que l'on n'était pas avertis… Projeté en guise d'exergue, le tout début du Chant premier de "Maldoror" du comte de Lautréamont ne laissait aucun doute sur la noirceur qui allait battre son plein plus de cinq heures durant, déferlant en vagues sonores et visuelles compulsives sur la Cour. Et au bout de la nuit de ce voyage en apnée dans les profondeurs du mal célébré comme un parfum à la fois sublime et nauséabond, la délivrance liée à un moment exceptionnel : celui que seul un théâtre total peut nous faire vivre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745589.jpg?v=1783325857" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison (…). Les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Mais bien que &quot;mis au parfum&quot; par le poète maudit, et connaissant l'univers de Julien Gosselin tant dans ses inspirations littéraires marquées par la sauvagerie de mondes qui s'effondrent (&quot;Les particules élémentaires&quot; de Michel Houellebecq en 2013, &quot;2666&quot; du poète chilien Roberto Bolaño en 2016, &quot;Joueurs, Mao II, Les Noms&quot; de Don DeLillo en 2018 et &quot;Extinction&quot; de Thomas Bernhard en 2023), que dans les dispositifs qu'ils cultivent comme un art de penser le théâtre (vidéos omniprésentes, musiques électroniques obsédantes, etc.), ou encore dans les durées &quot;hallucinantes&quot; de ses créations (jusqu'à douze heures), on reste époustouflés par cette nouvelle performance en tous points hors normes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745590.jpg?v=1783325906" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Une voix s'élève dans le noir, avant que l'actrice qui la porte émerge de l'obscurité du plateau. Elle dit le destin des sœurs Angelica et Veronica Garmendia, poétesses naïves et innocentes délivrant leurs écrits dans le sud Chili de 1973 sous l'œil ironique d'Alberto Ruiz Tagle… La voiture qui surgit… les hommes qui en descendent… la gorge tranchée de la tante… et les cadavres des sœurs que l'on ne retrouvera pas. Tout est dit, mais là n'est pas l'essentiel pour le metteur en scène pour qui la narration s'efface devant la primauté donnée aux émotions. Filmés en direct, les hommes font leur apparition sur le plateau pour descendre par une trappe dans les profondeurs (de l'âme humaine).       <br />
              <br />
       Apparaît alors en lettres géantes sur le grand écran central (deux autres latéraux le redoubleront) : &quot;MALDOROR&quot;, accompagné de lumières stroboscopiques déstructurantes à souhait, de sons stridents saturés, d'où émergent entre les fumigènes une croix gammée. La fureur violente initiée, la représentation peut commencer.       <br />
              <br />
       La première partie, intitulée &quot;Histoire de la littérature nazie en Amérique&quot; (l'un des livres de Roberto Bolaño), n'aura de cesse de faire défiler à l'écran les noms de littérateurs ayant été fascinés par l'idéologie nazie et, comme une enquête policière vécue et filmée en direct par des vidéastes suivant pas à pas les personnages, sera dévoilée l'emprise exercée sur eux par l'aura noire de Carlos Wieder, alias Alberto Ruiz-Tagle, le poète nazi d'&quot;Étoile distante&quot; fréquentant l'atelier de poésie de Juan Stein à Concepción, au sud du Chili.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745608.jpg?v=1783325960" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Göring, les escadrons de la mort, la littérature expérimentale ne feront qu'un pour eux, &quot;les villes étaient comme des squelettes, les mots métamorphosés en os&quot;. Un Waffen SS, l'exaltation des armées du Duce, la Cinquième Colonne fasciste, des prêtresses portant haut le drapeau à la croix gammée, un certain Adolf Hitler dans un contre-emploi de nounou berceuse, la poésie de &quot;l'énergie déplacée&quot;, l'apologie d'un ordre nouveau, le tout orchestré par des éructations accompagnées de musiques déchaînées et conclu par un exalté <span style="font-style:italic">&quot;Jeunesse apprenez du feu !&quot;</span>, nous laissent… totalement étourdis, la tête sens dessus dessous, happés que nous sommes par nos émotions résultant des sujets à vif.       <br />
              <br />
       La première pause annoncée… n'en sera pas une (dans le monde selon Julien Gosselin, rien n'est &quot;attendu&quot;, tout peut surgir et nous surprendre à chaque instant), le monumental écran continuant à projeter dans la Cour éclairée &quot;le Manifeste infra réaliste&quot; de Roberto Bolaño - confondu avec celui du metteur en scène - invitant à réfuter l'art consacré pour sortir de sa dépendance. Rien d'utopique ne nous est étranger, &quot;seuls les hommes libres peuvent porter la flamme&quot; (André Breton), culture de la chair, de la sensibilité irriguant l'œuvre d'Antonin Artaud à la recherche frénétique de ce qui n'existe pas, pour célébrer l'avènement d'un art total, d'une musique totale, d'une poésie totale incarnée par Lautréamont, Boris Vian, Franz Kafka, Rainer Werner Fassbinder, Francis Bacon, Wilhelm Reich, Julian Beck, le marquis de Sade… et Roberto Bolaño, l'écrivain fétiche du metteur en scène avec lequel il partage des affinités électives depuis &quot;2666&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745609.jpg?v=1783325933" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Quand la (fausse) pause prendra fin, une annonce invitera le public qui le désire à rejoindre les bars aménagés sur le plateau, consacrant par ce geste artistique éminemment politique la chute irrésistible des barrières entre le monde des spectateurs et celui des acteurs…       <br />
              <br />
       La deuxième partie, construite elle autour d'&quot;Étoile distante&quot;, énigmatique roman très noir de Roberto Bolaño, nous fera suivre un narrateur, écrivain recherchant l'un de ses anciens amis… Et là encore, au fil des traques des disparus, &quot;la découverte&quot; résonnera d'une vérité insoupçonnable : l'ancien ami étudiant s'est muté, sous la dictature du Général Pinochet, en redoutable meurtrier. Le choix de la destruction allié à celui de la littérature nouvelle, envie irrésistible de mourir confondue avec une pulsion inextinguible de vie, tout et son contraire à la puissance maximum comme semble le montrer ces corps enlacés lascivement au plateau ou ces photos sanguinolentes des deux sœurs mortes. Poussés, par la junte militaire au pouvoir depuis le coup d'État du 11 septembre 1973 dans les oubliettes de l'Histoire chilienne, les Thomas Mann, Marcel Proust, Jorge Luis Borges, Louis-Ferdinand Céline, Paul Éluard, Pier Paolo Pasolini, Franz Kafka, Gombrowicz ou Paul Celan…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745630.jpg?v=1783325995" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Lors de la deuxième pause, comme un antidote au mal déferlant, sera projeté (décidément le champ des possibles du metteur en scène est sans limites) un drôle de petit film mettant en jeu des rongeurs à allure humaine préoccupés, eux aussi, par des disparitions, avant que ne s'ouvre la troisième partie nous introduisant dans la Casa de Roberto, malade. &quot;Les Chants de Roberto&quot;, tel en est le titre, résonneront avec ceux de &quot;Maldoror&quot; en annonçant… le chant du cygne de celui qui va bientôt mourir de maladie. Disparaître, mais pas avant d'avoir chanté les vertus de la poésie française de Baudelaire, Rimbaud et Mallarmé, seule perspective en-viable avec le voyage… Dire encore la ressemblance des plus troublantes même hallucinatoire entre Roberto Bolaño, malade à cracher ses poumons (rien ne nous est épargné de ses souffrances) et l'acteur qui l'incarne, et aussi l'interprétation de l'actrice en noir, entouré de ses condisciples au plateau, &quot;pleurant&quot; dans l'une des dernières scènes son texte avec une force inouïe à la gloire de la poésie mallarméenne salvatrice. Quant à la chute, elle sera en tous points en accord avec le dernier message transmis, le voyage au cœur des entrailles d'un monde sans autre horizon d'attente.       <br />
              <br />
       Un choc que ce &quot;Maldoror&quot; annonçant, comme un éclair déchirant le ciel des conformismes, la 80ᵉ édition du Festival. Le metteur en scène réalise là la quintessence de son théâtre mixé de cinéma et performance ; un manifeste &quot;vivant&quot; où le chaos prend sens pour inviter le spectateur à sortir de sa zone connue… afin d'advenir au rang d'acteur via les émotions qui sont les siennes. Si l'expression n'était par trop désuète, on s'écrierait : Chapeau bas, Monsieur Julien Gosselin.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 4 juillet 2026 dans La Cour d'honneur du Palais des papes, pour l'ouverture de la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Maldoror"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745631.jpg?v=1783326019" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      Création 2026 – France.       <br />
       D'après Roberto Bolaño et Lautréamont.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Julien Gosselin.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Lucile Rose, Zoé Benguigui.       <br />
       Avec : Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde.       <br />
       Cadreurs : Jérémie Bernaert et Baudouin Rencurel.       <br />
       Dramaturgie : Eddy D'aranjo, Marie-José Malis.       <br />
       Scénographie : Lisetta Buccellato.       <br />
       Lumière : Nicolas Joubert.        <br />
       Son : Théo Jonval.       <br />
       Vidéo : Jérémie Bernaert, Pierre Martin Oriol.       <br />
       Musique : Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde.       <br />
       Costumes : Caroline Tavernier.       <br />
       Assistant création costumes : Géraldine Ingremeau.       <br />
       Script : Antoine Hespel        <br />
       Étalonnage : Laurent Ripoll        <br />
       Traduction, surtitre : Zoé Benguigui       <br />
       Décor, costumes, accessoires : les Ateliers et l'équipe technique de l'Odéon Théâtre de l'Europe.       <br />
       Durée : 5 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97245151-67745924.jpg?v=1783328178" alt="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" title="•In 2026• "Maldoror" Julien Gosselin transcend(r)e la Cour… dans une coulée incandescente de mélancolie noire" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 6 et du 8 au 12 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, place du Palais, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 15 janvier au 6 février 2027 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Berthier, Paris 17ᵉ       <br />
       13 et 14 février 2027 : Maison de la Culture, Amiens (80).       <br />
       20, 21 et 23 mars 2027 : Comédie de Genève (Suisse).       <br />
       14 et 15 mai 2027 : De Singel, Anvers (Belgique).       <br />
       Octobre 2027 : Onassis Stegi, Athènes (Grèce).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…</title>
   <updated>2023-07-14T09:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Extinction-Juste-avant-la-fin-du-monde-chronique-filmee-d-une-mort-annoncee_a3669.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-14T08:09:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Fidèle à sa conception d'un théâtre total mettant en abyme son processus de création destiné lui aussi à disparaître, Julien Gosselin continue à creuser avec grand bonheur le sillon des disparitions des mondes. Après le marathon des douze heures de représentation de "2666" de Roberto Bolaño, après "Mao II, Joueurs, Les Noms", de l'écrivain américain Don Dellilo, connu lui aussi pour son univers marqué par la finitude d'un monde se délitant, il convoque ici l'écriture de Thomas Bernhard et d'Arthur Schnitzler. Sa mise en jeu en trois temps, tous marqués du sceau d'une écriture singulière les complétant en les opposant, porte jusqu'à nous l'essence même de la déliquescence à l'œuvre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74044366-51499236.jpg?v=1689316698" alt="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" title="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" />
     </div>
     <div>
      Le monde selon Julien Gosselin est – comme sa mise en jeu – aux antipodes du long fleuve tranquille d'un théâtre &quot;classique&quot; empruntant des voies prévisibles. Là, la voix qu'il choisit pour faire entendre l'effervescence clinquante de la Vienne intellectuelle des années 1900, précédant de peu l'Apocalypse, est celle d'une femme au bord de la crise de nerfs qui n'aura, à la fin des cinq heures de représentation, d'autre horizon d'attente que de tout détruire afin que, des cendres, puissent (peut-être) advenir un autre monde.       <br />
              <br />
       Rome, Italie, juillet 83. Premier temps du triptyque. Sur le plateau, où se sont invités des spectateurs, jeunes pour la plupart, vibre une foule portée par une musique électronique à déchirer les tympans. Sous l'effet électrisant des boucles répétitives générées en live et relayées par trois écrans (un central et deux latéraux) où sont projetés en alternance les danseurs en transe et les musiciens déchainés, la fête romaine bat son plein. Sur le dancefloor, le vidéaste s'attarde sur deux jeunes femmes en couple, l'une d'elles va recevoir un appel d'Autriche, lui apprenant la mort accidentelle de ses parents. Fin de l'insouciance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74044366-51499239.jpg?v=1689316762" alt="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" title="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" />
     </div>
     <div>
      Vienne, Autriche, juin 1913. Après la longue pause nécessaire à l'édification au plateau d'une demeure cossue autrichienne composée de trois pièces principales, vient le temps du second tableau. Côté jardin, une chambre accueillera les ébats sexuels successifs de plusieurs couples. Côté cour, une salle de bains recueillera les personnages mal en point. Au centre, un grand salon aux portes closes – on y pénétrera par l'entremise des vidéastes – sera fréquenté par les hôtes appartenant à l'intelligentsia viennoise, devisant et dansant dans une insouciance vite troublée par le bruit inquiétant des avions. Comme une scène prémonitoire de ce qui attend ce beau monde, une vidéo projette les images d'un carnage, où, le mobilier renversé, les partitions jonchant le sol, les corps ensanglantés, attestent de l'apocalypse à venir.       <br />
              <br />
       Sous les yeux de la jeune femme précédente, filmée assise parmi le public, la sexualité débridée de l'entre soi intello-bourgeois se noie dans les fumées du hachich. Les gros plans filmés de deux corps faisant l'amour révèlent la détresse de la femme, prise sans amour. Un autre couple, incestueux, voit une sœur dominer son frère aveugle avant de s'abandonner à ses caresses, puis à celles d'un autre homme sur lequel elle se jette pour s'empaler sur son sexe, avant de s'exhiber, moyennant argent, poitrine nue à la demande d'un pianiste voyeur. Elle rejoint son frère dans la salle de bains pour qu'il la prenne une dernière fois, alors que le pianiste compose la musique de l'apocalypse annoncée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74044366-51499256.jpg?v=1689317125" alt="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" title="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" />
     </div>
     <div>
      Scènes particulièrement violentes à connotations cruelles, aussitôt remises en perspective par la jeune femme de la fin du premier tableau pénétrant dans les coulisses – filmées en gros plan – pour signifier aux acteurs et actrices que, s'ils veulent montrer ce que les journalistes nomment &quot;les parts sombres de l'humanité&quot;, ils se doivent d'être &quot;vraiment méchants&quot;. Théâtre dans le théâtre, signifiant la fin d'un théâtre de conventions où l'on voudrait faire accroire que ce qui s'y joue est réel…       <br />
              <br />
       Université de Rome. Troisième et dernier volet d'une tragédie en trois mouvements. L'on y retrouve la même jeune femme, celle du premier tableau (la narratrice) seule face au public. Son portait est agrandi sur écran pendant que les spectateurs apparaissent, filmés eux aussi. Qui d'elle ou d'eux appartient à la fiction en cours ? C'est le début d'un long monologue traversé par une rage allant crescendo. Meurtrie dans sa chair de devoir rappeler l'Autriche pour parler des funérailles de ses parents, au détriment ici des œuvres vivantes de Kafka, de Duras et autres auteurs qui la passionnent, sa voix tressaute pour dire l'implacable haine qu'elle porte à ses parents, à ses frères et sœurs, confondus dans le même rejet d'une existence dont elle ne veut plus.       <br />
              <br />
       Les photographies conservées d'eux ne sont qu'une monstrueuse falsification donnant à voir un monde perversement déformé. Seul son oncle, celui que le clan unanime détestait, trouve grâce à ses yeux, lui qui s'inscrivait en faux contre la comédie du travail incarnée par son père et son frère, lui qui – comme elle – trouvait insupportable que le drapeau hitlérien ait été dressé sur leur théâtre d'été afin de commémorer le nazisme.       <br />
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       <span style="font-style:italic">&quot;Il ne faut pas dire du mal des défunts&quot;</span>, disent les gens… mais au nom de quoi faudrait-il taire leurs abjections comme si la mort pouvait effacer l'ardoise ? Et ce père, entré dans le parti nazi sur ordre de sa mère, n'en est-il pas, mort, moins coupable ? Le national-socialisme était leur ciment commun, comment pourrait–elle ne pas vouloir à cor et à cris leur &quot;extinction&quot; à eux tous et par-delà à l'Autriche entière, elle qui a goûté à l'air libre de Rome ? Cri d'une femme révoltée prête à brûler tout pour que le monde revive.       <br />
              <br />
       Au terme de ces cinq heures de représentations haletantes, on est comme groggy. Conscient cependant d'avoir participé là à un événement hors normes… aussi bien sur le plan d'un théâtre remettant en cause ses propres dogmes, que d'une lecture de la juste haine à opposer à l'oppression, monstre tentaculaire à combattre ici et maintenant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 10 juillet 2023, dans la Cour du Lycée Saint-Joseph d'Avignon.</b>
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     <div><b>"Extinction"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74044366-51499269.jpg?v=1689317638" alt="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" title="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" />
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      Création 2023.       <br />
       En français et allemand surtitré.       <br />
       D'après Thomas Bernhard et Arthur Schnitzler.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Julien Gosselin.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Sarah Cohen, Max Pross.       <br />
       Avec : Guillaume Bachelé, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Zarah Kofler, Rosa Lembeck, Victoria Quesnel, Marie Rosa Tietjen, Maxence Vandevelde, Max Von Mechow.       <br />
       Dramaturgie : Eddy d'Aranjo, Johanna Höhmann.       <br />
       Traduction : Anne Pernas, Francesca Spinazzi-Panthea.       <br />
       Musique : Guillaume Bachelé, Maxence Vandevelde.       <br />
       Scénographie : Lisetta Buccellato.       <br />
       Lumière : Nicolas Joubert.       <br />
       Son : Julien Feryn.       <br />
       Vidéo : Jérémie Bernaert, Pierre Martin Oriol.       <br />
       Costumes : Caroline Tavernier.       <br />
       Cadre vidéo : Jérémie Bernaert, Baudouin Rencurel.       <br />
       Avec la participation des équipes de &quot;Si vous pouviez lécher mon cœur&quot; et de Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz.       <br />
       Durée : 5 h dont 2 entractes.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Le 7 et du 9 au 12 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 21 h 30.       <br />
       Cour du lycée Saint-Joseph, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7, 9, 10 et 14 septembre 2023 : Volksbühne am Rosa-Luxembourg-Platz, Berlin (Allemagne).       <br />
       7, 8, 20 et 21 octobre 2023 : Volksbühne am Rosa-Luxembourg-Platz, Berlin (Allemagne).       <br />
       10 et 11 novembre 2023 : De Singel, Anvers (Belgique).       <br />
       18 novembre 2023 : Le Phénix - Scène Nationale, Valenciennes, avec Le Manège - Scène Nationale de Maubeuge, dans le cadre du Festival Next (59).       <br />
       29 novembre et 6 décembre 2023 : Théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt, avec Théâtre Nanterre-Amandiers, dans le cadre du Festival d'Automne à Paris (75).       <br />
       5 et 6 janvier 2024 : Volksbühne am Rosa-Luxembourg-Platz (Allemagne).       <br />
       23 et 24 mars 2024 : Théâtre de la Ville, Luxembourg (Luxembourg).
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74044366-51499276.jpg?v=1689317477" alt="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" title="•In 2023• "Extinction" Juste avant la fin du monde, chronique filmée d'une mort annoncée…" />
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