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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-15T18:36:52+01:00</updated>
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   <title>"Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines</title>
   <updated>2024-06-13T19:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Carbone-Sept-meditations-sylvestres-a-la-recherche-de-nos-origines_a3945.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-06-14T07:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dieu, selon une légende urbaine couchée sur du papier bible, aurait naguère créé la Terre, les Animaux, l'Homme (et accessoirement la femme) en six jours ouvrés, le septième étant réservé comme il se doit au repos du guerrier… Sur ses pas, la Cie du Syndicat d'initiative de Julien Duval et Carlos Martins se propose de retourner en forêt, à la nuit tombante, au cœur de la création (artistique) pour, au détour de sept méditations, poser aux spectateurs aventureux cette question tout autant essentielle qu'existentielle : "C'est quoi être humain ?". L'occasion rêvée, en pleine nature et pleine nuit, d'éclairer nos lanternes sur ceux qui nous ont précédés et dont nous sommes les (heureux ?!) héritiers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359961.jpg?v=1718298002" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par une immersion sensible dans la (belle) forêt du Taillan Médoc située à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. Là, les autocars ayant déversé leur cargaison d'humains estampillés 2024 av. JO, la rencontre avec les grands feuillus (ou pas) invite à apprécier en toute conscience la mesure de ce que nous sommes. Et lorsqu'un acteur humanoïde, juché sur un escabeau, développe – geste à l'appui – la tirade de la main (exit celle du nez de Cyrano), organe magique dont le creux est comme un don céleste permettant d'appréhender le monde en sa concavité, on se dit qu'on en avait perdu totalement conscience, absorbé au plus haut point par la prothèse du portable qui la prolonge.       <br />
              <br />
       Guidés par des lucioles solaires jusqu'à des gradins de bois, nous prenons place pour accueillir les sept méditations… Collerette shakespearienne autour du cou, crâne du bouffon Yorick en main, un comédien ouvre la représentation en simulant Hamlet. Un rôle moins effrayant à ses dires que son face-à-face avec un loup bien vivant, moment essentiel où s'est jouée devant ses yeux éblouis &quot;sa&quot; rencontre avec les origines de notre humanité. D'où la question centrale récurrente : être humain, c'est quoi ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359965.jpg?v=1718298028" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Première méditation… &quot;Je n'ai jamais vu un chien admirer un arbre&quot;. Être sensible à la beauté de la nature, s'en émerveiller jusqu'à plus soif, pourrait être un premier élément de réponse. La citation du poème de Jacques Prévert – &quot;Deux escargots s'en vont à l'enterrement d'une feuille morte&quot; – ajoute à ce moment d'extase contemplatif une touche supplémentaire de bonheur &quot;naturel&quot;. Tout au long de la soirée, de multiples références à des poètes, philosophes, anthropologues et sommités diverses et variées, viendront en effet étayer les propos tenus. La fantaisie s'invitera aussi. Là, sous la forme d'une question apparemment saugrenue mettant en perspective la cause et l'effet : <span style="font-style:italic">&quot;A-t-on perdu nos poils parce que l'on portait des vêtements ? Ou a-t-on porté des vêtements parce qu'on n'avait pas de poils ?&quot;.</span> L'éternelle question casse-tête (pour ne pas dire plus…) de l'œuf et de la poule…       <br />
              <br />
       &quot;Unicité ou universalité de l'espèce ?&quot;… Les récits de vie viennent corroborer l'itinéraire singulier de chacun s'inscrivant dans le cadre d'une histoire commune à partager. Ainsi de la méditation suivante – &quot;Dans la diversité qui nous unit, nous sommes tous différents&quot; – où les réponses aux questions posées aux 155 personnes présentes ce soir confirment amplement cet axiome… Nous sommes chacun les héritiers d'une longue histoire singulière et commune, <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons vécu avant de naître&quot;</span> (dixit Pascal Quignard), notre histoire nous dépasse totalement…       <br />
              <br />
       Et pour illustrer que ce qui nous fonde trouve ses origines dans le big bang, suivi (très longtemps après) par les bactéries, les primates et l'Homo sapiens, un mètre à ruban est déployé, offrant une vue ludique des différentes étapes qui nous ont précédés. Force est de constater, sans contestation possible, que l'Homo sapiens n'occupe qu'un micro-espace dans le panorama déplié de l'histoire de notre planète…       <br />
              <br />
       &quot;Homo sapiens est un songe vivant&quot;, aucune réalité en dehors de celle que se raconte l'humain. <span style="font-style:italic">&quot;La vie est un songe&quot;</span> (Calderon). <span style="font-style:italic">&quot; Mourir... dormir, peut-être rêver. Être ou ne pas être, telle est la question&quot;</span> Shakespeare encore et toujours cité pour dire que notre présence au monde n'est que fragmentaire, un récit bâti de toutes pièces par notre psyché. Marguerite Yourcenar, sollicitée à son tour, enfoncera le clou de la relativité de notre importance humaine au regard de celle des arbres. Et joignant le geste au propos, les comédiens se dévêtent de leur pelure pour se relier par un ruban à l'arbre, leur alter ego.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360034.jpg?v=1718298077" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un dernier pas restera à franchir dans la chaine de l'évolution donnée à voir et à entendre avec entrain. Remonter en effet à l'origine des origines pour y trouver… le carbone, source de la vie et titre phare de cette performance bucolique. La chute, guidée par la comédienne musicienne ayant officié cette traversée vertigineuse, proposera une synthèse de la démonstration in vivo : <span style="font-style:italic">&quot;Si vous voulez savoir d'où vous venez, ne vous arrêtez pas à vos parents, grands-parents, ou même à la Révolution française… remontez au big bang&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Plaisir sensible d'être en forêt par une belle nuit de printemps, en compagnie de comédiennes et comédiens investis joyeusement dans cette épopée naturaliste, anthropologique et méditative. Cependant, on restera dubitatif face au trop-plein de références scientifiques, poétiques, littéraires citées à flux tendu. Si elles sont à l'origine et en appui du jeu, elles l'alourdissent de leur poids didactique… Loin d'être un phénomène extraordinaire, l'humain n'est qu'un épiphénomène d'un tout le dépassant à jamais… Dont acte.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 5 juin dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carbone"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360036.jpg?v=1718298108" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un projet de Julien Duval et Carlos Martins,       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval.       <br />
       Avec : Jérémy Barbier d'Hiver, Julien Duval, Carlos Martins, Kat May (musicienne), Ariane Pelluet.       <br />
       Dramaturgie : Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumière : Anna Tubiana et Pierrick Gigand.       <br />
       Musique : Kat May.       <br />
       Création son : Madame Miniature.       <br />
       Costumes : Aude Désigaux.       <br />
       Corps : Elsa Moulineau       <br />
       Régie générale : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Production Le Syndicat d’Initiative.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 4 au samedi 8 juin 2024 dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA (Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…</title>
   <updated>2023-06-04T20:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Barbe-Bleue--version-remasterisee-ou-l-on-voit-la-bete-humaine-tomber-raide-amoureuse_a3595.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73285522-50997768.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-05T07:11:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'il est un domaine où l'imaginaire est roi, c'est bien celui du conte, chacun étant invité à s'emparer des propositions initiales pour inventer - comme on invente un trésor - ses propres découvertes. Julien Duval, riche d'une âme d'enfant frondeur, s'empare avec envie du conte de Perrault afin de lui redonner d'éclatantes couleurs contemporaines, l'architecture de l'ensemble restant la même, mais le rapport entre les personnages étant lui profondément remanié.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50997768.jpg?v=1685905482" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Exit le personnage hautement repoussant de la brute sanguinaire du conte originel pour laisser place à une Barbe Bleue beaucoup plus humaine… Certes cette Barbe Bleue est toujours atteinte d'un trouble obsessionnel compulsif, un charmant TOC consistant à collectionner dans un placard secret ses anciennes épouses occises par ses soins… ce qui ne l'empêche aucunement d'être &quot;follement&quot; amoureuse de sa Belle… Et si l'épousée de fraîche date, son forfait de curiosité accompli, tremble d'effroi, elle est tout autant fortement éprise de son homme… Quant à l'environnement, il a lui aussi &quot;sérieusement&quot; subi un coup de jeune : ici, plus de fougueux destrier, mais un hélicoptère ou une Ferrari rutilante…       <br />
              <br />
       Dans un décor minimaliste tout de bleu tendu et aisément transportable dans les salles des fêtes ou de classes, les trois acteurs aux allures déjantées vont rejouer devant nous le drame de Charles Perrault paru à la fin du XVIIe siècle. Mais, comme depuis ces temps anciens beaucoup d'eau a coulé sous l'Arche du déluge des maux libéraux, les enjeux ont &quot;gagné&quot; en bling-bling… La Barbe Bleue a obtenu la timide jeune fille des voisins en exhibant sa Ferrari et, pourtant, l'instant d'après, miracle du coup de foudre, les deux créatures hautement dissemblables tombent dans les bras l'une de l'autre pour échanger un baiser d'anthologie. Comme quoi on peut se détester et s'aimer sans transition logique. Comme quoi, dans les contes, on peut aimer et trucider dans le même élan ludique sans avoir à y justifier la moindre légitimation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50997928.jpg?v=1685905515" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Il faut dire - outre son ignoble barbe &quot;dégoûtante&quot;… qui le fait aimer d'autant plus - que cette Barbe Bleue est plutôt brave. Lorsqu'elle doit partir en voyage, ne confie-t-elle pas à sa bien-aimée les clefs donnant accès à ses fabuleuses richesses afin qu'elle puisse en jouir à sa guise ? Tout son trousseau, sauf la plus petite d'entre les clefs qui ne lui sera remise qu'après négociation et assortie d'une injonction catégorique : durant son absence la Belle ne devra l'utiliser sous aucun prétexte, sinon la colère de la Barbe Bleue sera terrrrrible !!! Et voilà le bonhomme de s'envoler dans les airs avec son hélicoptère personnel (là aussi, on ne prend pas en compte son empreinte carbone délétère : on est dans un conte !), laissant à l'usage de sa dulcinée sa Ferrari dernier cri.       <br />
              <br />
       Comme dans &quot;Les Ailes du désir&quot; de Wim Wenders, un ange gardien tombé des cintres et affublé de grandes ailes commentera en direct la situation, se demandant - nous demandant - ce que la Belle fera de sa liberté. Jouera-t-elle au train électrique avec sa fratrie ou ouvrira-t-elle la fameuse lourde porte en chêne de la bibliothèque ?  Invisible et inaudible pour la Belle, il commentera de manière savoureuse le désir de curiosité conduisant la Belle à commettre l'irréparable inscrit dans l'ADN du conte.       <br />
              <br />
       Tout se précipitera alors… Le retour joyeux de la Barbe Bleue, la découverte épineuse du pot aux roses, le châtiment incontournable comme manifestation du fatum latin, les jérémiades du bourreau victime de lui-même, la parodie des chants sacrés… et le commentaire dépité de l'ange - qui n'a décidément pas la langue dans sa poche - traitant d'imbécile celui qui a tué la seule femme qui l'aimait… et qu'il aimait… Mourant de chagrin, la Barbe Bleue, souffrant d'un atroce mal lui brûlant le crâne, ira jusqu'à retrouver les accents shakespeariens d'un Richard III  héroïque : <span style="font-style:italic">&quot;Mon palais pour une bassine d'eau… froide !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et comme, c'est bien connu, <span style="font-style:italic">&quot;en amour tout s'arrange&quot;</span> (petit clin d'œil complice du comédien jouant la mère), contrairement aux <span style="font-style:italic">&quot;histoires d'amour qui finissent mal en général&quot;</span> chantées naguère par les Rita Mitsouko, le conte proposera un éclatant bouquet final de nature à redonner vie aux protagonistes de cette mythique histoire à tiroirs (et placard), lesquels, comme il se doit, seront appelés à vivre longtemps, longtemps, et… etc.       <br />
              <br />
       À l'image de ce happy end enjoué, le conte cruel revisité avec humour procure, au travers des fantaisies interprétatives des trois acteurs dont la bonne humeur irradie, un plaisir goûté par les plus jeunes, embarqués par les facéties en cascade, mais tout autant par les adultes, amusés par les références décalées.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 23 mai 2023, au Studio de création du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Barbe Bleue"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50998023.jpg?v=1685905542" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Michel Rabeux.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval, artiste compagnon.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Lucas Chemel, Carlos Martins.       <br />
       Avec : Julien Duval, Zoé Gauchet, Jonathan Harscoët.       <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Tout âge à partir de 6 ans.       <br />
       Durée : 50 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73285522-50998046.jpg?v=1685905572" alt=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" title=""La Barbe Bleue", version remastérisée où l'on voit la bête humaine tomber raide amoureuse…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé</title>
   <updated>2021-11-19T07:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Candide-ou-l-Optimisme-Le-fantastique-voyage-au-bout-de-la-nuit-d-un-batard-eclaire_a3103.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2021-11-18T20:27:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Adapter un conte initiatique, écrit au mitan du XVIIIe siècle par un illustre philosophe des Lumières avide d'en découdre avec les obscurantismes de son époque, relève du pur défi. En effet, si la réflexion voltairienne sur le monde tel qu'il va (ou ne va pas), sous-tendant les aventures picaresques du héros dont le patronyme est devenu depuis nom commun, est toujours d'actualité, les personnages et leurs péripéties, eux, sont datés. Julien Duval (dé)joue cette difficulté en proposant une mise en jeu tonique et décalée, espiègle et déroutante, propre à rendre l'essence de l'œuvre en la projetant jusqu'à nous de manière décomplexée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195592.jpg?v=1637265551" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Ah qu'ils étaient beaux ces moments exquis passés en compagnie de sa belle Cunégonde, fille de M. et Mme La Baronne de Thunder-ten-tronckH, dans leur château de Westphalie à l'abri des bruits du monde. Le jeune homme, niais comme pas un, rougissait de plaisir à la vue de sa cousine qui l'entraînait dans une partie de frétillement de langues, de mouvements cadencés de hanches et dans un corps-à-corps prometteur d'extase… Sauf que, leurs ébats surpris par le papa, détenteur d'un nombre impressionnant de quartiers de noblesse, il ne pouvait être question que sa chère fille déchoie de son rang en s'acoquinant avec un bâtard né des amours de la sœur de M. Le Baron et d'un gentilhomme moins capé en parts de noblesse…       <br />
              <br />
       Ainsi le jeune Candide sera-t-il chassé d'emblée du minuscule paradis terrestre, disgrâce augurant du long périple émaillé des heurs et malheurs, petits bonheurs et grands désastres qui l'attendront dans l'immense monde… Cette entrée en matière, menée tambour battant en convoquant les codes de la farce mâtinée d'une musique rythmée à tout crin, donne le ton. On aurait même pu craindre un instant, au vu de cette amorce, à une forme de facilité propre à séduire à bon compte un public moins averti… Il n'en sera rien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195593.jpg?v=1637265588" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Maîtrisant le foisonnement des aventures et mésaventures de son antihéros magnifiquement naïf, le metteur en scène prend plaisir, au travers de ses truculentes péripéties, à ne jamais trahir le cheminement de ses pensées, l'amenant à reconsidérer l'enseignement du philosophe Pangloss, à l'aune des atrocités vues et vécues. Ainsi le précepte cardinal, <span style="font-style:italic">&quot;Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles&quot;</span>, va-t-il souffrir du contact avec une réalité beaucoup moins amène conduisant l'ingénu à contredire son maître es-pensée : <span style="font-style:italic">&quot;Eh bien mon cher Pangloss, quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Les personnages hauts en couleurs - à l'exemple du baronnet en slip vert, mini-cape et bonnet verts - campés par une troupe de sept comédiens délurés, arpentant &quot;en tous sens&quot; le plateau, endossant avec envie une multitude de rôles, ont soif de nous extirper de notre zone de confort en démultipliant les horreurs narrées avec une bonhomie contagieuse. La leçon liminaire du très suffisant philosophe Pangloss (avatar de Leibnitz, ennemi juré de Voltaire), professeur de métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie vêtu d'un trois-pièces et chaussé de lunettes fines permettant de lui &quot;tailler un costume&quot; à sa mesure tant son discours sur &quot;la raison suffisante&quot;, s'avère… insuffisante et porte dans ses plis son démenti formel : non, tout dans ce bas-monde n'est pas <span style="font-style:italic">&quot;nécessairement pour la meilleure fin&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195632.jpg?v=1637265628" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Défileront sur fond du même décor minimaliste de dunes éclairées différemment au fur et à mesure que les paysages se succèdent - Westphalie, Hollande, Lisbonne, Amérique du Sud, Venise, etc. - une foultitude d'horreurs en tous genres… Ainsi de l'enrôlement de force dans l'armée bulgare où notre héros, après avoir été soulé et roué de coups, découvre le carnage des champs de bataille. Ainsi de la Hollande où il apprend que Cunégonde est morte après avoir été violée par les Bulgares, idem du sort de La Baronne coupée en morceaux, et où il rencontre Pangloss, vérolé et vomissant. Ainsi de Lisbonne, au lendemain du funeste tremblement de terre, où les prêtres décident d'un autodafé pour que s'abstienne la terre de trembler : ils en seront les victimes expiatoires, Pangloss pendu et Candide - cela devient une habitude - sauvagement fouetté… Et ceci n'est encore qu'un début, continuons…       <br />
              <br />
       De rebondissements en rebondissements (Cunégonde n'était finalement pas morte…), d'horreurs en horreurs, la réflexion de Candide progresse : <span style="font-style:italic">&quot;Dommage que Pangloss n'ait été pendu. je lui ferais quelques objections…&quot;</span>. Et quand Pangloss réapparaîtra (lui aussi…) pour se réjouir du sort du &quot;nègre&quot; de la sucrerie de Surinam - amputé certes de la main droite et de la jambe gauche, mais ayant l'insigne honneur d'être l'esclave d'un blanc, de faire la fortune de ses parents qui l'ont vendu… et de nous offrir accessoirement le sucre que nous mangeons en Europe - en clamant que les petits malheurs de tous font le bien commun -, Candide se mettra à douter plus encore de sa philosophie : <span style="font-style:italic">&quot;Pangloss il faudra que je renonce à ton optimisme…&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195654.jpg?v=1637265730" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Mais alors le monde entier ne serait-il que malheur ? Certes Candide découvrira qu'au nom de la religion, les hérétiques sont pendus ou jetés au feu, certes il sera amené, lui l'innocent pacifiste, à occire deux hommes de religion et un autre sans religion aucune, certes il constatera que c'est ainsi que les hommes vivent en portant la mort aux autres, que les guerres sont des boucheries infâmes où l'on dépèce à qui rigole… mais il fera aussi de belles rencontres, ouvroir de promesses potentielles.       <br />
              <br />
       Outre le séjour mirifique en Eldorado - pays où, puisqu'il n'y a pas de religion, tous sont frères et aucun ne risque d'être brûlé vif pour des croyances qu'il n'a pas - les rencontres avec l'aimable Jacques l'anabaptiste, avec Martin, philosophe lucidement &quot;pessimiste&quot;, conscient des atrocités sans pour autant en être aigri, et enfin avec le jardinier ravi du lopin de terre où poussent ses cédrats, tous vont contribuer à la conclusion heureuse. Au terme de ce voyage au bout de la nuit, devenu philosophe éclairé, faisant front au public, regard extatique et sourire en banane, Candide clamera en même temps que sa vérité découverte - <span style="font-style:italic">&quot;Il faut cultiver notre jardin !&quot;</span> - sa confiance en l'homme capable d'œuvrer pour son bonheur terrestre.       <br />
              <br />
       Menée au rythme soutenu d'une campagne homérique où les (anti)héros (Candide et Cunégonde, devenue vieille et laide mais toujours sensuelle) triomphent in fine des turpitudes des institutions guerrières et religieuses porteuses d'un obscurantisme mortel, cette mise en jeu ludique et lumineuse des attendus du conte réalise une aporie : nous &quot;divertir&quot; (sourires et rires) sans nous &quot;divertir&quot; de l'essentiel, tant les correspondances entre le siècle de Voltaire et le nôtre sont - hélas, trois fois hélas - criantes de vérité terrienne… à ne pas taire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jour de la première, mardi 9 novembre à 20 h 30 au TnBA Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Candide ou l'Optimisme"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44195664.jpg?v=1637268208" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      Création production 2021 TnBA.       <br />
       D'après le conte de Voltaire.       <br />
       Adaptation théâtrale, Julien Duval et Carlos Martins.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval, artiste compagnon.       <br />
       Assistanat à la mise en scène: Julia Roger (stagiaire).       <br />
       Avec : Zoé Gauchet, Vanessa Koutseff, Félix Lefebvre, Odille Lauria, Franck Manzoni, Carlos Martins et Thierry Otin.       <br />
       Composition musicale : Kat May.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumière : Anna Tubiana.       <br />
       Costumes : Aude Désigaux, assistée de Laëtitia Bidault, Kam Derbali et Céleste Fournier.       <br />
       Son : Madame Miniature.       <br />
       Régie générale : Denis Vernet.       <br />
       Travail corporel : Elsa Moulineau.       <br />
       Régie son : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Régie plateau : Margot Vincent.       <br />
       Régie lumière : François Lamoliatte.       <br />
       Construction décors : Marc Valladon et Raphaël Quillart.       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Durée 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 11 au 12 janvier 2022 : L'Odyssée - Scène conventionnée, Périgueux (24).       <br />
       Du 26 au 27 janvier 2022 : Théâtre Ducourneau - Scène conventionnée, Agen (47).       <br />
       Du 2 au 4 février 2022 : Le Bateau Feu - Scène nationale, Dunkerque (59).       <br />
       Du 8 au 9 février 2022 : L'Empreinte - Scène nationale de Brive-Tulle, Brive-la-Gaillarde (19).       <br />
       Du 12 au 14 avril 2022 : La Coupe d'Or - Scène conventionnée, Rochefort (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/60371335-44196028.jpg?v=1637268183" alt=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" title=""Candide ou l'Optimisme" Le fantastique voyage au bout de la nuit d'un bâtard éclairé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Candide-ou-l-Optimisme-Le-fantastique-voyage-au-bout-de-la-nuit-d-un-batard-eclaire_a3103.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur</title>
   <updated>2020-10-26T07:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-ma-maison-de-papier-j-ai-des-poemes-sur-le-feu-Quand-la-poesie-prend-corps-pour-nous-toucher-au-coeur_a2822.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50895430-39180314.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-26T06:42:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Visuel, sonore et narratif, "Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" joue de tous nos sens pour nous faire vivre une histoire qui rit et pleure dans la même seconde sur l'éphémère brièveté de la vie. Sur scène, une petite fille et une ancienne petite fille devenue âgée ainsi qu'une sorte d'envoyé de l'au-delà venu exiger le rendez-vous qui nous attend tous un jour ou l'autre. Ces trois personnages vont être les passeurs de mots, d'illusions et d'âme pendant une heure en quasi-suspension.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50895430-39180314.jpg?v=1603649075" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" />
     </div>
     <div>
      Plateau nu mais qui ne le restera pas longtemps. L'homme en veste noire passe en jetant quelques flammes de ses doigts maigres et filandreux comme des lianes. Noir. Lumière. Une petite fille d'à peu près 13 ans entre et crée l'espace &quot;Maison&quot; en disposant des pièces, des fenêtres, des couloirs, des meubles, des vues, l'univers. Noir. Lumière. Soixante-dix ans viennent de passer. La petite fille est maintenant une vieille dame au centre de l'espace délimité par l'étrange homme jeteur d'éclair, exigeant comptable du temps passé à vivre.       <br />
              <br />
       Allume ! Éteins ! Vont donner le rythme cardiaque de ce spectacle intime et déployé comme une épopée immobile : celle mentale qui cavalcade dans les souvenirs de toutes les mémoires au monde. Et le miracle du théâtre agit alors en créant la rencontre entre la petite fille qui a été et la vieille dame qui est. <span style="font-style:italic">&quot;Tous les enfants sont à l'intérieur d'une vieille personne, mais ils ne le savent pas encore&quot;</span>, dit Philippe Dorin, l'auteur.       <br />
              <br />
       Un texte aux mots simples. Évidents. Limpides. Poétiques dans l'acte plus que dans le phrasé. Philippe Dorin recrée ici l'expression mentale du souvenir d'une vieille femme sur le point de quitter la vie qui rêve encore d'elle-même, petite. Ce faisant, il construit un pont entre passé disparu et présent en abîme. Nostalgie, un peu. Rires doux. Et féérie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50895430-39180330.jpg?v=1603649127" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" />
     </div>
     <div>
      Pour mettre en scène cette aventure qui s'affranchit des frontières infranchissables du temps, Julien Duval et ses collaborateurs, à la scénographie, aux lumières, à la musique, ont dû faire preuve à la fois d'une grande inventivité mais aussi d'une méticulosité rare. Les éléments de décor, les jeux de lumière, les quelques flamboiements de magies concourent tous, à la seconde prêt, à maintenir l'attention des spectateurs en éveil. Un public, qui dès 8 ans, avale par les oreilles et les yeux toute l'histoire. Mais point besoin d'être un enfant pour savourer ce moment suspendu.       <br />
              <br />
       Comme la technique, les interprètes et le jeu d'acteur sont eux aussi d'une extrême rigueur car dans ce spectacle toutes les scènes sont vives, courtes, les changements très rapides, nombreux, et les apparitions précises. France Darry, qui incarne la femme âgée, touche par sa fragilité doublée d'une belle énergie ; et du métier, comme on dit, qui ici joue sur le fil de la simplicité et du sentiment.       <br />
              <br />
       Camille Ruffié est une petite fille absolument convaincante, même dans ses parties solo qu'elle joue avec une grande maîtrise et une totale crédibilité (elle est en alternance avec Juliette Nougaret). Le troisième personnage, comme sorti d'un cabaret de l'étrange, est dans sa gestuelle une lame qui trancherait le voile cachant le réalité, très juste, très expressif de tout son corps.       <br />
              <br />
       Il y a dans ce spectacle la plupart des capacités d'illusion dont est capable le théâtre. Avec très peu d'effets mais un rythme, une écriture, un travail précis, des accessoires inventifs et une esthétique affirmée, il parvient à s'extraire de la courbe inflexible du temps pour inventer sa propre mesure et créer un monde virtuel, une heure d'une poésie bienfaisante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50895430-39180337.jpg?v=1603649186" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" />
     </div>
     <div>
      Texte : Philippe Dorin.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Carlos Martins.       <br />
       Avec : France Darry, Carlos Martins et Juliette Nougaret, en alternance avec Camille Ruffié.       <br />
       Composition musicale : Kat May.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumières : Michel Theuil.       <br />
       Costumes : Édith Traverso.       <br />
       Création sonore : Madame Miniature.       <br />
       Régie générale : Anna Tubiana.       <br />
       Seconde assistante : Maud Martin.       <br />
       Régisseur : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Doublure enfants : Zoé Gauchet.       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Durée : 50 min.       <br />
       Dès 8 ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50895430-39180339.jpg?v=1603649214" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu" Quand la poésie prend corps pour nous toucher au cœur" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 15 octobre au 1er novembre 2020.</span>       <br />
       28 et 29 octobre à 14 h 30, 30 octobre à 19 h, 1er novembre à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Paris-Villette, Paris 19e, 01 40 03 74 20.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-paris-villette.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-paris-villette.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2020/2021</b>       <br />
       26 et 27 novembre 2020 : L'Empreinte - Scène nationale Brive-Tulle, Tulle (19).       <br />
       11 au 14 décembre 2020 : Espace Culturel Larreko (représentations organisées par Kultura Bidean), Saint-Pée-sur-Nivelle (64).       <br />
       16 et 17 décembre 2020 : Salle Saint-Louis (représentations organisées par Kultura Bidean), Saint-Palais (64).        <br />
       8 janvier 2021 : Théâtre Ducourneau, Agen (47).       <br />
       15 janvier 2021 : Le Parvis, scène nationale Tarbes (65).        <br />
       21 et 22 janvier 2021 : Gallia Théâtre - Scène Conventionnée d'intérêt national - Art et Création, Saintes (17).       <br />
       27 et 28 janvier 2021 : Maison de la Culture, Bourges (18).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-ma-maison-de-papier-j-ai-des-poemes-sur-le-feu-Quand-la-poesie-prend-corps-pour-nous-toucher-au-coeur_a2822.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…</title>
   <updated>2019-11-24T16:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-ma-maison-de-papier-j-ai-des-poemes-sur-le-feu-Et-dans-mon-coeur-le-temps-n-en-finit-pas-de-battre_a2607.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/39955785-34171137.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-11-24T13:06:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réunir sur un même plateau deux comédiennes que pas moins de soixante-dix années séparent apparaît tenir de la gageure… C'est pourtant celle relevée par Julien Duval, trentenaire à l'enthousiasme juvénile, se saisissant poétiquement du texte éponyme de Philippe Dorin pour en livrer une mise en jeu transcendant l'intérêt de l'ouvrage initial.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39955785-34171137.jpg?v=1574598532" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" />
     </div>
     <div>
      La scénographie féérique, tout autant que la création musicale, participe grandement au sentiment &quot;d'émerveillement&quot; émanant de ce conte sans âge, lequel, outre ses belles fulgurances, n'est cependant pas exempt d'attentes - involontairement - non comblées.       <br />
              <br />
       Le sujet, certes pertinent - au moment où un promeneur incarnant la faucheuse vient lui annoncer, en fredonnant, que son temps est fini, une vieille dame négocie un répit pour rencontrer la petite fille qu'elle était afin de lui rendre ses chaussures d'enfant -, nous immerge dans un univers propre à cristalliser les souvenirs d'enfance enfouis en chacun.       <br />
              <br />
       Ouvrir grand &quot;les sens&quot;, pour permettre les projections identificatoires les plus libres possibles, relève d'un parti pris intéressant… sauf que, faute d'une écriture plus lisible et surtout plus percutante du thème &quot;princeps du temps qui passe&quot;, on reste en attente de ce qui n'advient que par touches.       <br />
              <br />
       Ainsi, lorsque la juxtaposition de saynètes se ponctue par le tableau de la vieille dame ayant déjà enfilé un peignoir sur ses habits de scène pour venir délivrer, en bord de plateau, un message final particulièrement abscons (sur les différences au réveil entre la tasse de café noir, dans laquelle se dilueraient les rêves des adultes, et le bol de lait froid, dans lequel le cauchemar des enfants surnagerait), on se demande où réside le message si profond qu'il ait été sciemment noyé dans une adresse sibylline.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39955785-34171149.jpg?v=1574598578" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" />
     </div>
     <div>
      Ceci étant dit, même si la réflexion proposée en filigrane sur le temps qui passe en chacun peut sembler inaboutie, la mise en jeu recréant l'univers onirique est de nature à séduire. La scénographie y contribue fort poétiquement en proposant de délicates maisons miniatures, éclairées de l'intérieur, et se détachant sur un plateau bleu nuit parfois recouvert de flocons où s'accrochent fantaisies éphémères destinées à fondre comme neige au soleil. La création musicale, faisant alterner piano et cordes, enveloppe d'une douce mélancolie les saynètes.       <br />
              <br />
       Petite fille et vieille dame se rencontrent autour d'une conversation mêlant l'imaginaire pétulant de la petite fille, recomposant le réel pour en faire matière de douces divagations, et l'insouciance heureuse de la vieille dame recouvrée au contact de sa petite enfance. <span style="font-style:italic">&quot;Là c'est la fenêtre, derrière c'est juste un désert, une montagne, une mer, un petit pré avec des moutons, des flocons et un berger… ça c'est le petit frère, pousse-toi (coup de pied à l'appui)… ça c'est mes chaussures et ça c'est moi qui attends…&quot;</span>, dira spontanément la petite fille, joueuse.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme elle est venue vite la nuit, comme elle est devenue petite ta maison. Bonne nuit, porte, table, mouton, berger, chien&quot;</span>, lui répondra en écho la vieille dame, un brin rieuse face à son existence revécue en un instant.       <br />
              <br />
       Et lorsque le sifflotant promeneur, aux gestes élégants de magicien bienveillant, vient &quot;tout naturellement&quot; annoncer sa mort à la vieille dame, celle-ci n'en paraîtra aucunement troublée demandant uniquement le délai &quot;d'une pensée&quot;. Ce sera le temps de (se) raconter d'étranges histoires (prémonitoires) où les choses disparaissent au fur et à mesure où elles sont nommées. Avec, en point d'orgue de cette tendresse complice entre les deux âges féminins, cette saisissante &quot;réplique&quot; du même : <span style="font-style:italic">&quot;(la petite fille) Moi je m'appelle Aimée. Et toi ? (la vieille dame) Moi c'est Emma. (la petite fille) Aimée, Emma, c'est presque le même nom. (la vieille dame) Oui, c'est juste le temps qui change&quot;</span>.       <br />
              <br />
       De beaux moments sensibles, interprétés par deux comédiennes et un comédien touchants, font de cette création un moment de grâce… pour peu que l'on ne s'attarde pas trop à la complaisance d'un texte &quot;impressionniste&quot; qui, tout en voulant ouvrir aux rêves et aux interprétations tous azimuts, élude soigneusement la question essentielle de l'angoisse de mort, vieille comme l'humanité. Les enfants ont droit aux rêves, tout en méritant que l'on ne les protège pas abusivement… de la vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39955785-34171154.jpg?v=1574598609" alt=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" title=""Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu"… Et, dans mon cœur, le temps n'en finit pas de battre…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Philippe Dorin (Éditions L'École des Loisirs - Théâtre).       <br />
       Mise en scène : Julien Duval, artiste compagnon, Compagnie Le Syndicat d'initiative.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Carlos Martins.       <br />
       Avec : France Darry (la vieille dame), Carlos Martins (le promeneur), Juliette Nougaret et Camille Ruffié (la petite fille, en alternance)       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Composition musicale : Kat May.       <br />
       Lumières : Michel Theuil.       <br />
       Costumes : Edith Traverso.       <br />
       Création sonore : Madame Miniature.       <br />
       Régie lumière : Anna Tubiana.       <br />
       Seconde assistante : Maud Martin.       <br />
       Doublure enfants : Zoé Gauchet.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'initiative.       <br />
              <br />
       <b>A été joué du 8 au 16 novembre au TnBA, Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019/2020</b>       <br />
       5 décembre 2019 : L'Odyssée - scène conventionnée, Le Palace, Périgueux (24).       <br />
       10 au 14 décembre 2019 : Le Bateau Feu - scène nationale, Dunkerque (59).       <br />
       23 au 25 janvier 2020 : Théâtre de la Coupe d'Or - scène conventionnée, Rochefort (17).       <br />
       17 et 18 mars 2020 : Festival La Tête dans les nuages, Théâtre, Angoulême (16).       <br />
       26 et 27 mars 2020 : MCB° - Maison de la Culture, Bourges (18).       <br />
       10 avril 2020 : Théâtre Ducourneau - théâtre municipal, Agen (47).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-ma-maison-de-papier-j-ai-des-poemes-sur-le-feu-Et-dans-mon-coeur-le-temps-n-en-finit-pas-de-battre_a2607.html" />
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