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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-14T14:52:13+02:00</updated>
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   <title>"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?</title>
   <updated>2022-10-23T18:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Huis-clos-Sommes-nous-acteurs-de-notre-destin-ou-de-simples-marionnettes_a3424.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-10-24T07:08:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68235606-48052245.jpg?v=1666536176" alt=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" title=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" />
     </div>
     <div>
      Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de &quot;Huis clos&quot;, ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.       <br />
       Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.       <br />
              <br />
       Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.       <br />
              <br />
       La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68235606-48052258.jpg?v=1666536211" alt=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" title=""Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?" />
     </div>
     <div>
      À la mise en scène, le choix d'une voix off pour interpréter le personnage du garçon d'étage, du coup absent, étaye encore davantage l'isolement, la torture morale, la peur des protagonistes, lesquels sont doublement morts parce qu'ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis individuels. On peut regretter tout de même le choix d'une voix féminine dans ce rôle, car il semblerait que, sous la plume de Sartre, ce garçon d'étage n'est autre que le diable… Puis une bande-son angoissante surgit de la porte d'entrée du théâtre, située dans le dos des spectateurs et renforçant encore plus l'atmosphère délétère de la situation.       <br />
              <br />
       Les canapés Second empire aux couleurs moches dont parle Jean-Paul Sartre dans sa pièce sont remplacés ici par des cubes fluorescents et le bronze de Barbevienne par une sculpture en métal torsadé dont on pourrait se demander si leur manque d'esthétique est volontairement choisi pour symboliser indirectement la laideur du monde bourgeois dont nous parle le dramaturge.       <br />
       Au sein de cette scénographie juste et bien huilée, les trois comédiennes et comédien évoluent de façon harmonieuse et leur complicité est palpable.       <br />
              <br />
       Sebastian Barrio arrive sur scène en premier, interprétant le rôle de Joseph Garcin, ancien journaliste et dirigeant d'un journal pacifiste à Rio qui a voulu déserter et a été fusillé au nom de ses principes. Il n'est pas simple de camper ce célèbre personnage né sous la plume acérée de Jean-Paul Sartre. Le comédien y parvient pourtant sans se ménager en portant haut la notion de lâcheté que son rôle lui suggère. On pourrait croire que la pratique de la scène lui est familière depuis de longues années tant son jeu est investi et taillé au cordeau. Mais il n'en est rien ! Durant de longues années, Sebastian a été acteur pornographique avant de donner la réplique à Philippe Harel et Marina Foïs dans la comédie intitulée &quot;Bienvenue au gîte&quot;.       <br />
              <br />
       De toute évidence, l'acteur du &quot;hot&quot; a été démasqué à l'occasion de ce film, mais bien lui en a pris, car depuis, de casting en casting, sa carrière d'acteur s'est envolée et sa prestation tumultueuse de Joseph Garcin n'a rien à envier à bien d'autres comédiens plus chevronnés. Félicitations !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les deux comédiennes, quant à elles, Karine Battaglia et Laurence Meini dans les rôles d'Inès et d'Estelle, gagneraient peut-être en sobriété vestimentaire tant l'ampleur de leurs propos et de leurs arguments face à Garcin se suffit à elle-même. Leurs jeux respectifs sont efficaces, notamment dans l'interprétation de leurs relations intimes et leur mise en valeur par un jeu juste de l'idée que, dans la vie, tout se passe dans le regard des autres.       <br />
              <br />
       Leurs fines interprétations, profondément ciblées et plutôt respectueuses des intentions originales de Sartre, ne chancellent fort heureusement pas autant que leurs démarches perchées sur leurs talons hauts. Une prouesse, à cet égard, pour qui peut connaître un tant soit peu la pratique des plateaux de théâtre…       <br />
              <br />
       Ce nouveau &quot;Huis clos&quot;, mis en scène par Karine Kadi au Laurette Théâtre, est une version sensible qui sait bien mettre en valeur, grâce à la complicité et à l'investissement de Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini, la question existentielle qui nous traverse toutes et tous : <span style="font-style:italic">&quot;sommes-nous acteurs et actrices de notre destin ou de simples marionnettes ?&quot;.</span>       <br />
       Courez au Laurette Théâtre afin d'essayer de comprendre enfin si l'Enfer, c'est les autres, ou tout autre chose…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Huis clos"</b></div>
     <div>
      Texte : Jean-Paul Sartre.       <br />
       Mise en scène : Karine Kadi       <br />
       Avec : Sebastian Barrio, Karine Battaglia, Laurence Meini.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 septembre au 18 décembre 2022.</span>       <br />
       Vendredi à 21 h et dimanche à 18 h.       <br />
       Laurette Théâtre, Paris 10e, 09 84 14 12 12 et 06 95 54 56 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.laurette-theatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; laurette-theatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Huis-clos-Sommes-nous-acteurs-de-notre-destin-ou-de-simples-marionnettes_a3424.html" />
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  <entry>
   <title>"Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !</title>
   <updated>2022-07-07T16:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Huis-clos-au-Burgtheater-de-Vienne-avec-Tobias-Moretti-un-peu-trop-lent-mais-claustrophobe-comme-il-faut-_a3330.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65902545-46933663.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-07T16:05:00+02:00</published>
   <author><name>Vinda Miguna</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Burgtheater de Vienne présente "Huis clos" de Sartre dans la traduction allemande de Traugott König, "Geschlossene Gesellschaft", et une mise en scène signée Martin Kušej avant de fermer ses portes pour la pause d'été. Les grands noms de l'ensemble, dont Tobias Moretti (Garcin), Dörte Lyssewski (Inès), Regina Fritsch (Estelle) et Christoph Luser (le garçon) peuplent ce plateau conduisant à la claustrophobie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65902545-46933663.jpg?v=1657204107" alt=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" title=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène signée par le directeur de la maison, Martin Kušej, transforme l'intégralité de la salle de spectacle en prison. La profondeur de l'espace scénique est bloquée par un mur, ne laissant que le proscenium. En effet, presque la moitié du drame se joue dans la salle parmi des spectateurs. Joseph et Inès entrent par les portes du parterre et Estelle du côté jardin de la scène, pour ne plus jamais sortir (contrairement au garçon qui peut venir et repartir à volonté).       <br />
              <br />
       Plus le drame dure, plus la vue est fixée sur le mur, ainsi que le restant de la scène sobrement décoré : une longue table avec trois chauffe-plats vides sur le bord gauche et, à côté d'elle, une sculpture de concombre venant de l'atelier d'Erwin Wurm. La monotonie de l'aspect visuel et l'éclairage stérile, abrupt et brutal de Michael Hofer créent une illusion de lenteur temporelle qui semble étirer le drame jusqu'à l'infini, d'une part, et de l'autre, donnent aux spectateurs l'impression d'être enfermés avec les personnages. &quot;Huis clos&quot; est ainsi pris au pied de la lettre : on ne regarde pas seulement le spectacle, on en fait partie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65902545-46933673.jpg?v=1657204136" alt=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" title=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" />
     </div>
     <div>
      Le premier arrivé à l'enfer, Joseph Garcin, est confié à l'acteur vétéran Tobias Moretti. Digne comme il faut, avec un charisme qui balance entre celui d'un intellectuel blasé et celui d'un héros tragique, sa présence n'est cependant pas toujours suffisante à prêter le poids à toutes les tensions scéniques. Toutefois, dans ses meilleurs moments, il fait confronter l'ironie et le tragique dans ses élans, ce qui rappelle la singularité de sa virtuosité scénique, celle même qui justifie ses 51 incarnations du rôle-titre dans &quot;Jedermann&quot; lors du festival de Salzbourg.       <br />
              <br />
       Auprès de lui, Dörte Lyssewski (Inès Serrano) fournit un contrepoint adéquat par la sensualité crue de sa voix rauque et ses exaltations qui jouent sur la ligne subtile entre le déclenchement et l'effondrement. C'est bien la femme hardie et franche imaginée par Sartre, mais avec une touche personnelle qui la rend encore plus tranchante et provocatrice. Le contact entre l'agressivité d'Inès et la résistance de Garcin, poussée à bout, forme une dynamique particulièrement passionnante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65902545-46933686.jpg?v=1657204186" alt=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" title=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" />
     </div>
     <div>
      Regina Fritsch (Estelle Rigault) commence par une interprétation conventionnelle du rôle, une dame de société et, au fur et à mesure, déconstruit avec habileté la façade de la &quot;femme parfaite&quot; jusqu'à l'éclatement complet au moment de la confession, qu'elle prononce dans un état de transe. Quoique le triangle soit souvent asymétrique (Joseph et Inès forment un couple fort aux dépens d'Estelle, et l'attraction d'Inès pour elle semble plutôt ironique, au mieux périphérique), Fritsch affronte ce défi avec audace et attire l'attention vers l'abîme de son personnage.        <br />
              <br />
       Reste Christoph Luser (le garçon), un charmant observateur qui s'implique et se détache de ses &quot;hôtes&quot; comme il veut. D'une apparence soignée, ses déclamations sont tantôt foudroyantes, tantôt séduisantes, assurant avec fermeté la posture simultanée de serviteur et d'animateur de l'enfer enveloppé dans une aura de mystère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65902545-46933687.jpg?v=1657204218" alt=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" title=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" />
     </div>
     <div>
      En somme, la lenteur temporelle se révèle être une épée à double tranchant : d'une part, puissante, lorsque les tensions dramatiques sont accumulées de manière concentrée et à la fin explosent dans une série de confrontations ; et, de l'autre (malheureusement souvent), pesante, lorsque les tensions dramatiques ne parviennent pas à décider leur finalité. La plus grande réussite de la représentation est la prise de décision, devant la porte ouverte, qui prévoit adroitement la prise de conscience décisive que <span style="font-style:italic">&quot;l'enfer, c'est les autres&quot;.</span>        <br />
              <br />
       <b>Vu le 30 juin 2022 au Burgtheater de Vienne.</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Geschlossene Gesellschaft (Huis clos)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65902545-46933723.jpg?v=1657204252" alt=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" title=""Huis clos" au Burgtheater de Vienne avec Tobias Moretti : un peu trop lent... mais claustrophobe comme il faut !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Paul Sartre.       <br />
       Traduction allemande : Traugott König.       <br />
       Mise en scène : Martin Kušej.       <br />
       Avec : Tobias Moretti, Dörte Lyssewski, Regina Fritsch et Christoph Luser.       <br />
       Dramaturgie : Alexander Kerlin.       <br />
       Décors : Martin Zehetgruber.        <br />
       Collaboratrice des décors : Stephanie Wagner.       <br />
       Costumes : Werner Fritz.        <br />
       Musique : Aki Traar.       <br />
       Éclairage : Michael Hofer.       <br />
              <br />
       Spectacle en allemand.       <br />
       Prochaines représentations lors de la saison 22/23.       <br />
       Burgtheater de Vienne, Universitätsring 1, Vienne, 1er district.       <br />
       Achat et réservations des billets sur <a class="link" href="https://www.burgtheater.at/" target="_blank">&gt;&gt; burgtheater.at</a>        <br />
       Tél. : +43 (0)151 444 4545.        <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('info@burgtheater.at')" >info@burgtheater.at</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Kean… Perdre son être dans le paraître…</title>
   <updated>2019-07-14T08:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Kean-Perdre-son-etre-dans-le-paraitre_a2491.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2019-07-14T07:56:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De la pièce de Dumas, Sartre avait ajouté le thème de l'identification dans laquelle Kean perd son identité en incarnant ses personnages jusqu'en dehors de la scène. La mise en scène d'Alain Sachs plonge dans les abîmes psychiques de caractères qui n'existent que par la lumière des projecteurs ou celle d'un statut social.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35581730-32144166.jpg?v=1563085199" alt="Kean… Perdre son être dans le paraître…" title="Kean… Perdre son être dans le paraître…" />
     </div>
     <div>
      C'est un double hommage, celui d'Alexandre Dumas (1802-1870), célèbre pour ses romans mais un peu moins pour ses talents de dramaturge et qui avait créé le 31 août 1836 au Théâtre des Variétés &quot;Kean, ou désordre et génie&quot;, à Edmund Kean (1787-1833), illustre comédien britannique dont le rôle avait été tenu par Frédérick Lemaître (1800-1876).        <br />
              <br />
       Puis celui de Jean-Paul Sartre (1905-1980) qui avait adapté la pièce en 1953 pour Pierre Brasseur (1905-1972) en échange de le voir dans la distribution de &quot;Le diable et le bon dieu&quot; (1951) au Théâtre Antoine dans une mise en scène de Louis Jouvet.       <br />
              <br />
       Alain Sachs met en exergue le protagoniste principal jouant sur et en dehors de la scène un personnage. Est-ce vraiment le sien ou celui d'un autre ? Il n'y a pas de sur-jeu, tout est à sa place. Kean (Alexis Desseaux) a sur scène une réelle présence physique. Dans la version de Sartre, il est pris, enfermé dans son métier d'acteur, brouillant les identités entre ce qu'il est réellement et ce qu'il joue. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35581730-32144170.jpg?v=1563085228" alt="Kean… Perdre son être dans le paraître…" title="Kean… Perdre son être dans le paraître…" />
     </div>
     <div>
      La frontière n'existe plus car son être est happé, phagocyté par le regard de l'autre, celui du quidam se transformant inexorablement pour lui en spectateur. Il est piégé dans cet enfermement, dans cette représentation. Elle l'aliène dans son rôle, sa fonction lui faisant perdre sa véritable identité.       <br />
              <br />
       Les autres rôles, à l'exception d'Anna (Justine Thibaudat), sont apprêtés aristocratiquement, campés dans leur statut social et jouant avec. Les valets ont quelque chose de comique dans leurs manières. Chaque protagoniste a une caractéristique propre, bien à lui. Le jeu se base autant sur les situations que sur les caractères avec pour chacun d'eux sa propre histoire mise en résonance par une voix, une gestuelle, une mimique, un comportement.       <br />
              <br />
       C'est autour de ces facteurs que se dévoile la mise en scène où on joue à jouer, à être corseté, soit par un statut, soit par une convention sociale, celle de la bourgeoisie qui chez Sartre avait un relent des plus négatifs. Aussi, tous les personnages, mis à part Anna, ont un jeu apprêté, bien marqué sans être caricatural. Ils sont &quot;théâtraux&quot; dans leur essence. Il y a du théâtre dans le théâtre avec une scène d'Othello mais c'est aussi un comédien confondant ses identités privée et publique. Il perd son être dans un paraître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35581730-32144171.jpg?v=1563085302" alt="Kean… Perdre son être dans le paraître…" title="Kean… Perdre son être dans le paraître…" />
     </div>
     <div>
      Les changements de décors sont une belle construction scénographique dans des clairs-obscurs avec une scénographie qui glisse, Kean continuant de jouer entre chaque scène. C'est autour de ces moments que réel et fiction se lient. Dans la scène avec Desdémone, incarnée par Anna, nous le découvrons dans un rôle tendre, interpellant le public faisant déborder la fiction dans la réalité.        <br />
              <br />
       Alexis Desseaux donne une belle facette de son talent en faisant découvrir une personnalité sensible, moins fort en gueule, beaucoup plus tenu par le cœur et les émotions. Mais c'est aussi vrai de toute la troupe où, pour chacun, à l'exception d'Anna, chaque instant est un jeu du paraître qui se confond à celui d'un statut social. Ici c'est la couronne qui fait le roi, la tonsure celui du moine et l'habit retrousse ses manches pour montrer son col.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Kean"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35581730-32144183.jpg?v=1563085430" alt="Kean… Perdre son être dans le paraître…" title="Kean… Perdre son être dans le paraître…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alexandre Dumas.       <br />
       Adaptation : Jean-Paul Sartre.       <br />
       Mise en scène : Alain Sachs, assisté de Corinne Jahier.       <br />
       Avec : Alexis Desseaux, Pierre Benoist, Sophie Bouilloux, Jacques Fontanel, Frédéric Gorny, Eve Herszfeld, Justine Thibaudat, Stéphane Titeca.       <br />
       Décors : Sophie Jacob.       <br />
       Costumes : Pascale Bordet, assistée de Solenne Laffitte.       <br />
       Lumières : Muriel Sachs.        <br />
       Musique : Frédéric Boulard.       <br />
       Coiffure : Michelle Bernet.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 27 juillet 2019.</span>       <br />
       Du mardi au jeudi à 20 h, le samedi à 18 h et le dimanche à 16 h, vendredi 26 à 20 h.       <br />
       Théâtre de l'Œuvre, Paris 9e, 01 44 53 88 88.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeloeuvre.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeloeuvre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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