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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-22T16:57:46+02:00</updated>
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   <title>"If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu</title>
   <updated>2025-12-11T11:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/If-Music-be-the-food-of-love-Une-representation-tout-en-finesse-et-pure-beaute-ou-l-amour-illumine-l-ensemble-quand_a4424.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-12-11T08:41:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est dans l'ouverture de "La Nuit des rois" de Shakespeare – "Twelfth Night" – qu'Orsino, duc d'Illyrie, prononce cette phrase : "If music be the food for love, play on" ("Si la musique est l'aliment de l'amour, donnez-m'en l'excès, jouez encore"). Saviez-vous que William Shakespeare avait écrit autant de sonnets ? 154 en tout, publiés pour la première fois en 1609, constituant un ensemble poétique majeur de la littérature anglaise.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135765.jpg?v=1765394364" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Mais c'est vers une fiction contemporaine que s'est tourné le comédien et chanteur baryton, Alexandre Martin-Varroy, incarnant ici un poète délaissé par son amant, dont les tourments sont largement palpables.       <br />
              <br />
       L'ensemble est d'une grande élégance, entre le jeu passionné et palpable du comédien, les notes de musique à l'accordéon de Julia Sinoiméri et les envolées acoustiques de Théodore Vibert. L'alternance des sonnets shakespeariens, pourtant sombres et désespérés, interprétés par le comédien, et de chansons issues des pièces de ce dernier, procure paradoxalement aux spectateurs un réel moment d'apaisement duquel se dégage une juste harmonie à la fois musicale, littéraire et opératique.       <br />
              <br />
       Gageons que la création d'un tel spectacle mêlant opéra, poésie et musique n'a pas dû être de tout repos pour Alexandre Martin-Varroy. Mais &quot;quand on aime, on ne compte pas&quot;, dit-on bien souvent… <span style="font-style:italic">&quot;La découverte des &quot;Sonnets&quot; fut pour moi un véritable choc. J'ai eu l'impression que j'aurais pu écrire ces mots pour évoquer l'amour, l'amour passionnel, maladif et destructeur dont j'ai déjà fait l'expérience, le talent de Shakespeare en moins&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135766.jpg?v=1765394394" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      C'est précisément l'amour contrarié qui est au cœur de cette remarquable représentation qui se joue en ce moment au Théâtre de l'Épée de Bois à Vincennes, dans sa salle en pierre, lieu magique et exceptionnel à nos yeux. Il s'y dégage une force singulière, quelque chose de brut et de vivant à la fois. À chaque spectacle que nous avons pu voir dans cet espace, nous avons ressenti les mêmes émotions.       <br />
              <br />
       Ces dernières ont été décuplées, cette fois-ci, au regard du thème évoqué dans ce spectacle, car il ne s'agit pas d'un lieu neutre, mais d'un écrin avec du caractère, et qui donne corps, profondeur et supplément d'âme aux propos tenus. Un tel lieu ne supporte pas l'à-peu-près ni l'amateurisme, car l'atmosphère y est presque organique et intensifie l'intensité dramatique.       <br />
              <br />
       Intensité dramatique, il y a dans ce spectacle ce que nous pouvons qualifier &quot;d'engagé&quot;. Engagé par l'intensité des trente sonnets remarquablement mis en lumière par Alexandre Martin-Varroy à la voix de baryton – peut-être plus investi et probant dans ceux-ci que dans son jeu de comédien –, mais aussi par la présence énigmatique de la Dark Lady, interprétée par Julia Sinoimeri, figure féminine ambivalente naviguant entre désir et tourment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135775.jpg?v=1765394471" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Une Dark Lady qui se déplace sur le plateau tel un elfe à la volumineuse chevelure rousse, tout de noir vêtu. Elle captive le poète désespéré, tout en élégance sobre et démesurée à la fois. Un spectacle engagé, aussi, par la présence de Théodore Vibert dans le rôle du jeune lord amant, vêtu comme au XVIIe siècle et pianotant sur un clavier aux sons futuristes.       <br />
              <br />
       La conjugaison de ces trois personnages confère à l'ensemble du spectacle une juste harmonie ancrée dans le temps shakespearien, du fait des costumes imaginés par Nathalie Pallandre et portés par Julia Sinoimérie et Théodore Vibert, mais aussi dans une époque plus contemporaine via la tenue du poète-chanteur, Alexandre Martin-Varroy, en jean et chemise à carreaux.       <br />
              <br />
       Une trouvaille tout à fait originale, transformant les touches du clavier de l'accordéon en un clavier d'une machine à écrire, laisse entendre aussi la portée universelle et intemporelle du propos. Écrire pour dire les maux.       <br />
              <br />
       Saisissons le message subtil et délicat de ce bien joli spectacle : l'amour et ses tourments sont éternels, complexes et bien souvent douloureux. Le temps destructeur qui passe inexorablement, peut toutefois être vaincu par la poésie, la beauté et la jeunesse – le &quot;Fair Young&quot; restant malheureusement toujours menacé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135784.jpg?v=1765394515" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      &quot;If Music be the food of love&quot;, conçu et interprété par Alexandre Martin-Varroy, est un spectacle musical de la plus belle teneur, qui enveloppe le public d'une gangue à la fois douce et mélancolique, à l'image de son affiche à l'atmosphère liminale et romantique à souhait. Le saule pleureur verdoyant survit à la froidure de l'hiver tel le poète pourtant abandonné, et les deux silhouettes présentes – un homme et son cheval – confèrent à l'ensemble une dimension presque mystique qui révèle la quête intime des passions humaines, entre espoir, douleur et désir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ramener les Sonnets – monument dans l'Art poétique baroque – à une parole théâtrale et donner une dimension scénique à travers l'espace mental et intime du poète, tels étaient les enjeux de mon travail. L'évocation de l'homosexualité bien présente dans mon spectacle n'a pas été la seule raison à cette création&quot;,</span> précise Alexandre Martin-Varroy. Le pari est largement gagné !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"If Music be the food of love"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65135790.jpg?v=1765394541" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      Sonnets et chansons : William Shakespeare.       <br />
       Traductions de Jean-Michel Déprats (aux Éditions La Pléiade).       <br />
       Conception et mise en scène : Alexandre Martin-Varroy.       <br />
       Conseil dramaturgique : Pénélope Driant.       <br />
       Collaboration artistique : Sandra Choquet.       <br />
       Composition électroacoustique : Théodore Vibert.       <br />
       Avec : Alexandre Martin-Varroy (comédien et chanteur), Julia Sinoimeri (accordéoniste), Théodore Vibert (électroacousticien).       <br />
       Scénographie : Aurélie Thomas.       <br />
       Costumes : Nathalie Pallandre.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Son et régie son : Margaux Robin.       <br />
       Régie lumière : Bruno Brinas.       <br />
       Chef de chant : Thomas Palmer.       <br />
       Cie Pierrot Lunaire et Cie Musique et Toile.       <br />
       Œuvres vocales et instrumentales : Dowland, Rameau, Couperin, Haydn, Schubert, Poulenc, Thomas, Quilter, Finzi, Vlasov, Cervantes, Brignolo, Ligeti…       <br />
       Durée : 1 h 20.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93127407-65138342.jpg?v=1765438578" alt=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" title=""If Music be the food of love" Une représentation tout en finesse et pure beauté où l'amour illumine l'ensemble, quand bien même, il a disparu" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 4 décembre au 21 décembre 2025.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l’Épée de bois, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Réservation : 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://epeedebois.notre-billetterie.com/billets?spec=600" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/If-Music-be-the-food-of-love-Une-representation-tout-en-finesse-et-pure-beaute-ou-l-amour-illumine-l-ensemble-quand_a4424.html" />
  </entry>
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   <title>"Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir</title>
   <updated>2023-12-14T15:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Richard-II-Un-Richard-II-qui-disseque-a-coeur-les-guerres-de-pouvoir_a3779.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-12-14T09:04:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De toutes les pièces de Shakespeare, "Richard II" fait partie des moins connues. En un siècle, il n'y eut qu'une poignée de mises en scène en France. Pourquoi ? Peut-être du fait que son propos avance en ligne droite, presque sans intrigue secondaire, presque sans une scène qui laisse le spectateur respirer, rire ou se retrouver un temps pour mieux reprendre le fil de l'histoire ? Probablement parce que le personnage titre n'a pas reçu l'incarnation des "Hamlet", des "Iago", des "Richard III" ou des "lady Macbeth" et qu'il reste du coup un caractère difficile à cerner, à imaginer ? Peut-être parce que ce personnage n'a pas de réelle vocation de méchant, de monstre, qu'il n'a pas la conscience ni les remords d'un meurtrier, d'un vil traître ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200857.jpg?v=1702542471" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Dans cette pièce, ce roi d'Angleterre de la fin du XIXe semble d'un caractère étranger aux caractères qui remplissent les lieux de pouvoir de son siècle. Fluet, presque léger, élégant et gracieux, sans arme et sans garde, il est entouré de toutes parts par des guerriers solides comme des chênes, batailleurs et braillards.       <br />
              <br />
       Toute cette démesure virile est exposée crûment dès l'ouverture de la pièce et le ton de l'histoire est immédiatement donné. Il s'agit de politique, de pouvoir et de tous les corollaires qu'on imagine aller de pair, les calomnies, les corruptions, les abus, les alliances et les traîtrises. Dans cette première scène s'affrontent deux nobles, Henri de Bolingbroke et le duc de Norfolk. Ils sont tous deux massifs, virulents, harangueur et chacun accuse l'autre de trahison. Mais dans cette joute, ce sont surtout les insultes et les provocations qui servent d'arguments.       <br />
              <br />
       Comme deux coqs, ou plutôt deux taureaux furieux l'un contre l'autre, ils se défient, en appellent au duel. C'est un ring. Chaque personnage est confiné dans l'espace d'un rond de lumière, isolé, les poings ne pouvant parler, les mots fusent comme des balles.       <br />
              <br />
       Ce sont des chevaliers, des hommes du Moyen Âge avec l'honneur en œillère et l'épée en guise de langage. Dans l'ombre de cette joute verbale, une autre ombre circule. C'est Richard II, c'est à lui que ce litige est exposé. Dans l'ombre, il semble tirer les ficelles de la scène. Semble hésiter sur le verdict à rendre. Semble ne pas vouloir trancher. Décide finalement de laisser la force, le destin ou dieu sait quoi décider du sort de l'un d'eux dans un duel à l'épée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200858.jpg?v=1702542504" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Un duel qu'il interrompra avant que le sang ne coule pour finalement condamner les deux zélés dénonciateurs à l'exil, comme s'il voulait débarrasser le royaume de ces sauvageries moyenâgeuses en se débarrassant d'eux. C'est ainsi que tout au long de la pièce, &quot;Richard II&quot;, dans la mise en scène de Christophe Rauck, apparaîtra comme d'une autre sphère que le monde qui l'entoure. Tout de blanc vêtu, de la pointe des cheveux jusqu'au bout de ses bottines, il est presque angélique, à la fois lumineux et fragile, parmi une cour aux habits stricts, sombres ou parés de mailles de fer comme pièces rapportées d'un monde en guerre.       <br />
              <br />
       On comprend que ce personnage ne va pas gagner sa place dans le monde par la violence, la force. Il est une liane, capable d'étrangler sans doute, de fouetter, mais il n'est pas un colosse de pierre attendant la tempête du destin. On le voit ainsi manœuvrer pour établir son règne, mais aussi faire l'erreur de croire que tout lui est permis. Lorsqu'il décide de s'emparer de manière inique des possessions du père d'un des deux exilés, Bolinbroke, pour renflouer son trésor et financer une guerre contre l'Irlande, il déclenche la grande machinerie du destin qui lui fera perdre son règne et la vie.       <br />
              <br />
       La lecture de Christophe Rauck décrypte tout le côté politique de la pièce. &quot;Richard II&quot; est l'incarnation d'un passage du règne de la force et des vieilles valeurs à celui du pragmatisme. On peut se laisser aller à le voir comme un ancêtre du libéralisme sans foi ni loi, capable de spolier, de siphonner les richesses sans penser aux conséquences. Mais Micha Lescot qui l'incarne lui apporte également un côté Dandy à la Brumel avant l'heure ou à la Oscar Wild. Son costume étincelant de rock star lui donne cet éclat, mais aussi une interprétation presque dansante de son personnage quand ceux qui l'entourent sont des piliers aux allures immuables. Si bien qu'il paraît en fuite en avant constante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200886.jpg?v=1702542537" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Parmi ceux qui l'entourent, il y a Thierry Bosc qui réalise ici une double magnifique interprétation. Il distille à merveille le texte dense de la traduction de Jean-Michel Déprat duquel il extrait sens et rythme et pointes d'humour et de dérision lorsque la langue de Shakespeare s'emballe comme une machine en roue libre. Il y a également Éric Challier dont la présence scénique et la puissance vocale forment un contraste vertigineux avec les volutes de son adversaire Richard II. Cécile Garcia Fogel qui incarne la reine est, elle, d'une autre irréalité, telle une grande bourgeoise plus qu'une reine ivre de pouvoir, elle traverse la pièce comme une grâce supérieure à toutes ces forces viriles qui la cernent. Toute la distribution est aussi grande, précise et investie dans le but de faire parvenir autant de poésie que de réflexion qui parsèment la pièce.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Christophe Rauck évoque la modernité par les &quot;costumes cravates&quot; qu'arborent les hommes et une jolie jonglerie de scènes rapides qui passent sans perdre une seconde d'un lieu à l'autre. Elle s'appuie également sur la qualité de ses comédiens, mais aussi sur une scénographie signée Alain Lagarde et des lumières d'Olivier Oudiou très précises, elles aussi. L'image joue avec des tulles, des projections qui démultiplient la scène et transportent de lieux en lieux, des vidéos repris sur le jeu direct qui agissent comme des zooms puissants sur les quelques scènes de comédies où les comédiens se donnent à fond.       <br />
              <br />
       À ces grands effets, ainsi qu'à une bande son fluctuante qui n'empiète jamais sur le jeu, s'ajoutent les mouvements de deux grands gradins qui transforment l'espace. Par contraste, les lumières serrées sur des inserts de scènes précis permettent à l'obscurité de vivre, de ramper parfois en nappes et de s'emparer par moments de presque tout le plateau, comme une vague imprécise, mais têtue menace.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Richard II"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200892.jpg?v=1702542569" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Traduction : Jean-Michel Déprats (aux Éditions Gallimard, collection Folio Théâtre).       <br />
       Mise en scène : Christophe Rauck.       <br />
       Avec : Louis Albertosi, Thierry Bosc, Éric Challier, Murielle Colvez, Cécile Garcia Fogel, Pierre-Thomas Jourdan, Guillaume Lévêque, Micha Lescot, Emmanuel Noblet, Pierre-Henri Puente, Adrien Rouyard.       <br />
       Dramaturgie : Lucas Samain.       <br />
       Musique : Sylvain Jacques.       <br />
       Scénographie : Alain Lagarde.       <br />
       Maître d'armes : Florence Leguy.       <br />
       Lumière : Olivier Oudiou.       <br />
       Vidéo : Étienne Guiol.       <br />
       Costumes : Coralie Sanvoisin.       <br />
       Masques : Atelier 69.       <br />
       Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar.       <br />
       Production Théâtre Nanterre-Amandiers.       <br />
       Durée : 3 h 15 (entracte 20 minutes compris).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 22 décembre 2023.</span>       <br />
       Mardi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Nanterre-Amandiers, Nanterre (92), 01 46 14 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://nanterre-amandiers.com/" target="_blank">&gt;&gt; nanterre-amandiers.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>"Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble</title>
   <updated>2023-03-03T09:31:00+01:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-03-03T08:31:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réécrit dans sa version française par Jean-Michel Déprats, le texte de William Shakespeare devient ici matière contemporaine explorant à l'envi les arcanes des comportements humains. Quant à la mise en jeu proposée par Jean-François Sivadier, elle restitue - "à la lettre" près - l'esprit de cette pièce crépusculaire livrant le Maure de Venise à la perfidie poussée jusqu'à son point d'incandescence de l'intrigant Iago, incarné par un Nicolas Bouchaud à la hauteur de sa réputation donnant la réplique à un magnifique Adama Diop débordant de vitalité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49602938.jpg?v=1677831008" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      Un décor sombre pouvant faire penser à d'immenses mâchoires mobiles propres à avaler les personnages crée la fantasmagorie de cette intrigue lumineuse. En effet, très vite, on s'aperçoit que l'enjeu de cet affrontement &quot;à mots couverts&quot; ne se trouve pas dans quelque menace guerrière menaçant Chypre que le Maure de Venise, en tant que général des armées, serait censé défendre… Ceci n'est que &quot;pré-texte&quot;. L'intérêt se noue ailleurs, autour des agissements de Iago, ce maître ès-fourberies qui n'aura de cesse de détruire méthodiquement tous celles et ceux qui lui vouent (pourtant) une fidélité sans faille…       <br />
              <br />
       L'humour (parfois grinçant) n'est pour autant jamais absent… Ainsi lors du tableau inaugural, lorsque le Maure de Venise confie comment il s'est joué des aprioris du vieux sénateur vénitien, père de Desdémone, en lui livrant comment en sa qualité d'ancien esclave il fut racheté, allant jusqu'à s'approprier le nom d'&quot;anthropophage&quot; dans le même temps que sa belle &quot;dévorait&quot; ses paroles… Ou lorsque Iago, croisant les jambes dans un fauteuil, lunettes en main, joue avec une ironie mordante le psychanalyste du malheureux Cassio, déchu par ses soins de son poste, allongé devant lui et hurlant sa peine de s'être bagarré en état d'ébriété avec le gouverneur… Ou encore, lorsque le noble bouffon Roderigo, est ridiculisé à plates coutures par Iago tirant maléfiquement les ficelles, comme si le prétendant éconduit de Desdémone n'était plus qu'une vulgaire marionnette entre ses mains expertes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49602940.jpg?v=1677831040" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      Cependant, le porte-enseigne d'Othello ne ment pas toujours… Sur l'avant-scène, c'est à nous spectateurs qu'il réserve la vérité de ses desseins. Dans des adresses frontales, sa tête éclairée par un halo, il commente ses plans venimeux <span style="font-style:italic">(&quot;Tromper Othello en disant que Cassio, son lieutenant, courtise Desdémone, sa belle et tendre jeune épouse&quot;)</span> avant de distiller directement dans l'oreille d'Othello le venin mortel de la jalousie.       <br />
              <br />
       Mais là où son génie pervers atteint des sommets, c'est lorsque - sous couvert de défendre l'intégrité de Desdémone - il instille en Othello le doute funeste… <span style="font-style:italic">&quot;Elle a trahi votre père. C'est le fléau de ma nature d'imaginer le mal… Ne m'écoutez pas Monseigneur. Vivez longtemps dans la pensée que Desdémone est fidèle. Tenez-la pour innocente.&quot;</span>       <br />
              <br />
              <br />
       Ses capacités à s'insinuer dans la pensée de l'autre pour la gangréner de l'intérieur &quot;explosent&quot; dans la mise en jeu d'une scène d'anthologie où les paroles de Iago glissent en boucle dans la bouche d'Othello se faisant ainsi, à son corps accueillant, l'écho &quot;porte-paroles&quot; de l'intrigant. Savoureux autant qu'effroyable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49603045.jpg?v=1677831081" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      De fourberies en fourberies (on suivra entre autres le destin du mouchoir brodé, premier cadeau d'Othello à sa belle, utilisé à dessein comme objet transitionnel entre amour et trahison), l'action est menée à vive allure pour conduire vers une hécatombe finale mêlant les attentes de la tragédie à celles d'une comédie de situation. Même &quot;découvert&quot;, celui qui triomphera, c'est l'infâme magnifiquement sacralisé dans la figure du Joker où, le visage grimé de blanc, le regard ironique et le sourire sardonique rehaussé par le rouge vif des lèvres, Nicolas Bouchaud pris dans un halo de lumière fait face silencieusement au public, jubilant intérieurement sur fond d'un drap blanc recouvrant les victimes.       <br />
              <br />
       Mais quel diable d'homme est-ce celui qui jouit ainsi de sa malfaisance délétère en distillant la jalousie au cœur d'une âme aussi belle que celle d'Othello ? Othello qui, loin d'être une dupe stupide, est un amoureux éperdu ? Que cherche-t-il en détruisant le bel amour que le Maure de Venise portait à la ravissante Desdémone, elle aussi éperdument amoureuse de lui ? Se venger que l'on ait préféré un autre que lui au poste de gouverneur de Chypre ? Pas sûr que ce soit là l'explication &quot;essentielle&quot;… Le seul plaisir de répandre la discorde jusqu'à ce que mort s'ensuive semble bel et bien être la motivation primale tendant comme un ressort sa volonté démoniaque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49603058.jpg?v=1677831116" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      Alors un monstre cet homme qui détruit avec jouissance tous les beaux sentiments, sans même avoir &quot;l'excuse&quot; de l'appât du gain ? Non… ou alors c'est l'espèce humaine en soi qui est monstrueuse. Et c'est là le génie atemporel de Shakespeare : montrer (sans jamais démontrer) au grand jour les plis secrets de la psyché, non pour s'en désespérer, mais pour déplier des effets de vérité (si dérangeants soient-ils) propres à &quot;réfléchir&quot; l'humaine condition. Et cela en mêlant le plus joyeusement du monde, comédie, bouffonnerie et tragédie, trois composantes indissociables du magma existentiel. Une relecture contemporaine savoureuse, profondément vivifiante. En un mot… magnifique.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 24 février 2023 dans la Grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Othello"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49603104.jpg?v=1677831368" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Texte français : Jean-Michel Déprats.       <br />
       Mise en scène, Jean-François Sivadier.       <br />
       Collaboration artistique, Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit.       <br />
       Avec : Cyril Bothorel (Brabantio, Montano et Lodovico), Nicolas Bouchaud (Iago), Stephen Butel (Cassio), Adama Diop (Othello), Gulliver Hecq (Roderigo), Jisca Kalvanda (le Doge de Venise, Emilia), Émilie Lehuraux (Desdémone, Bianca).       <br />
       Avec la participation de Christian Tirole et Julien Le Moal.       <br />
       Scénographie : Jean-François Sivadier, Christian Tirole et Virginie Gervaise.       <br />
       Lumière : Philippe Berthomé, Jean‑Jacques Beaudouin.       <br />
       Costumes : Virginie Gervaise.       <br />
       Son : Ève-Anne Joalland.       <br />
       Accessoires : Julien Le Moal.       <br />
       Régisseur lumière : Jean-Jacques Beaudouin, Damien Caris.       <br />
       Régie son : Ève-Anne Joalland.       <br />
       Régie plateau : Christian Tirole, Guillaume Jargot.       <br />
       Régisseuse, habilleuse : Valérie de Champchesnel.       <br />
       Coiffures : Angélique Humeau.       <br />
       Maquillage : Marthe Faucouit.       <br />
       Chef de chant : Benjamin Laurent.       <br />
       Regard chorégraphique : Johanne Saunier.       <br />
       Régie générale : Jean-Louis Imbert.       <br />
       Assistanat à la mise en scène et à la tournée : Véronique Timsit.       <br />
       Construction du décor, Espace et Cie.       <br />
       Atelier couture, Julien Silvereano, Angélique Groseil, Lisa Renaud.       <br />
       Durée : 3 h10 (première partie : 1 h 55, entracte 20 minutes, deuxième partie : 1 h 15).       <br />
              <br />
       Ce spectacle de la Compagnie Italienne avec Orchestre a été créé le 15 novembre 2022 au Quai - CDN Angers Pays de la Loire.       <br />
       Production déléguée : Cie Italienne avec Orchestre.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mercredi 22 février au samedi 25 février 2023 au TnBA, Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71174953-49603111.jpg?v=1677831407" alt=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" title=""Othello" Iago et Othello… le vice et la vertu, deux maux qui vont très bien ensemble" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 4 mars 2023 :</span> La Comédie de Saint-Étienne, Saint-Étienne (42).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 mars au 22 avril 2023 :</span> Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 5e.       <br />
       Du 26 au vendredi 28 avril 2023 : MC2, Grenoble (38).       <br />
       Du jeudi 4 au 6 mai 2023 : Châteauvallon - Le Liberté - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       Du 10 au 13 mai 2023 : ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie, Toulouse (31).       <br />
       Les 24 et 25 mai 2023 : L'Azimut - Théâtre Firmin-Gémier, Châtenay-Malabry (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Othello-Iago-et-Othello-le-vice-et-la-vertu-deux-maux-qui-vont-tres-bien-ensemble_a3527.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences</title>
   <updated>2018-04-04T11:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Comme-il-vous-plaira--une-exploration-de-la-relativite-des-apparences_a2086.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21332429-24402203.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-04-04T10:04:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Largement inspirée d'une nouvelle tirée des contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer, "As you like it" d'un certain William Shakespeare fait se rencontrer au sein d'une forêt reculée des proscrits fuyant un duc usurpateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21332429-24402203.jpg?v=1522831513" alt=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" title=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" />
     </div>
     <div>
      Dans cet état forcé de retour à la Nature, ces robins des bois vivent un véritable choc culturel, qui oppose un monde rustique, une Nature à l'état idéalisé et rêvé à la férocité et la brutalité du Monde. C'est une utopie sylvestre que Christophe Rauck offre au spectateur dans l'élégance d'un théâtre chatoyant, léger, soyeux, à l'humeur joyeuse et mélancolique tout à la fois.       <br />
              <br />
       C'est que la pièce, dans un ballet des comédies, fait tourbillonner les cœurs. Sous le regard désabusé d'un Jacques mélancolique le bien nommé, les personnages vont cascadant vers leurs amours dans la douce euphorie de pastorales très littéraires. À la manière noble pour Rosalinde et Orlando, à la farce pour Audrey et Pierre de Touche, à la surprise pour Olivier et Célia, au désaccord pour Silvius qui aime Phébé et Phébé qui aime Rosalinde.       <br />
              <br />
       La pièce est marquée par un art consommé d'un beau langage. L'état amoureux est désiré, dit, construit, commenté, subi. Les histoires de couples s'enlacent, s'entremêlent par les ambiguïtés des différentes déclarations d'amour. Cela fleure bon, dans une forme ambivalente, son courtisan adepte de Pétrarque ou bien son satiriste au regard aigu moquant les déviances de ce même pétrarquisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21332429-24402256.jpg?v=1522831513" alt=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" title=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" />
     </div>
     <div>
      La direction d'acteurs centre le jeu sur la dynamique des oppositions. Chaque inflexion du texte, de la voix et de l'attitude du corps des comédiens, dans une belle manière de conjonction des contraires participe à un effet de beauté, de raffinement, de simplicité. Les entrées sorties se faisant à un rythme affirmé et fluide, le spectacle proposé a le goût du fabliau sans la trivialité. Le goût du conte sans son illustration. Le goût de la poésie, de la métrique et de la prosodie sans le maniérisme. Cela est cocasse, burlesque, élégiaque tout à la fois.       <br />
              <br />
       Ainsi, parti à l'exploration de la relativité des apparences, le spectateur est saisi par la présence d'un chant pur et le mystère d'un coup de foudre quasi miraculeux. Le réel pourtant insaisissable, qui meut l'œuvre de Shakespeare, affleure au temps présent de la représentation. Il a le goût d'une mélancolie optimiste. Comme des réminiscences d'un Montaigne.       <br />
              <br />
       Le rire est franc, les chanteurs sont irréprochables, les comédiens jouent sans relâchement. Le décor dans son arbitraire et son désir d'allusion rejoint l'intuition d'une orée de bois à la montée de la brume.       <br />
              <br />
       Le public ovationne et le spectateur emporte avec lui comme le goût du rêve et le sens du sourire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Comme il vous plaira"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21332429-24402297.jpg?v=1522831545" alt=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" title=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" />
     </div>
     <div>
      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Traduction : Jean-Michel Déprats.       <br />
       Mise en scène : Christophe Rauck.       <br />
       Avec : John Arnold, Jean-Claude Durand, Cécile Garcia Fogel, Pierre-François Garel, Pierre-Félix Gravière, Maud Le Grévellec, Jean-François Lombard, Mahmoud Saïd, Luanda Siqueira, Alain Trétout.       <br />
       Direction musicale : Marcus Borja.       <br />
       Dramaturgie : Leslie Six.       <br />
       Scénographie : Aurélie Thomas.       <br />
       Costumes : Coralie Sanvoisin, assistée de Peggy Sturm.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Durée : 3h. 1ère partie : 1 h 50 ; entracte de 20 min et 2e partie : 50 min.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21332429-24402351.jpg?v=1522831585" alt=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" title=""Comme il vous plaira", une exploration de la relativité des apparences" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 28 mars au 13 avril 2018.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi, samedi à 19 h 30, mardi et vendredi à 20 h 30, dimanche 16 h.       <br />
       Théâtre 71, Malakoff (92), 01 55 48 91 00.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre71.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre71.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Comme-il-vous-plaira--une-exploration-de-la-relativite-des-apparences_a2086.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement</title>
   <updated>2017-03-28T11:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Soudain-l-ete-dernier-Meurtre-et-refoulement_a1774.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11478155-19175481.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-03-28T08:41:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La mise en scène de Stéphane Braunschweig met en exergue l'essence psychique de la pièce de Tennessee Williams tout en soulignant son humour et le drame qui s'y joue dans un milieu familial où l'autre n'est que douleur et doute.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11478155-19175481.jpg?v=1490685401" alt=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" title=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" />
     </div>
     <div>
      Le rideau laisse apparaître une jungle aux troncs d'arbres longs et énormes avec des lianes qui vont du sol au plafond. C'est un univers où la place de l'homme est réduite à sa plus simple expression, sans pouvoir être maître d'un lieu, suffisamment massif pour donner un sentiment de finitude à l'existence humaine. Une finitude qui trouve un écho dans une solitude, des appels à vide de personnages broyés par la vie.       <br />
              <br />
       Une mort qui ne révèle pas tous ses mystères suivie d'une rumeur qui circule un peu trop vite avec une mère prête à tout pour la faire taire, jusqu'à interner sa cousine. C'est sûr… il y a des histoires de famille plus heureuses. La violence des sentiments, le silence des relations campent une atmosphère où les propos deviennent discours sans fin, paroles suspicieuses ou cris et bruits. Une parole tue par un meurtre, faite de douleur maternelle et bâillonnée chez une cousine. Elle est l'essence de la pièce car elle découvre l'univers psychique des personnages, et finit par se perdre dans un décor trop grand, à dessein.       <br />
              <br />
       Un large spectre émotionnel est exploité par Tennessee Williams (1911-1983) et la mise en scène de Stéphane Braunschweig articule très bien les rapports entre les différents protagonistes où s'y dévoile un théâtre d'ombres psychiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11478155-19175504.jpg?v=1490685695" alt=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" title=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" />
     </div>
     <div>
      De la nervosité de Mme Violet Venable (Luce Mouchel) aux propos calmes et raisonnables du docteur Coukrowicz (Jean-Baptiste Anoumon), d'une folie qui a toutes les raisons de ne pas l'être de Catherine Holly (Marie Rémond) à une attention suspicieuse de sa mère (Virginie Colemyn) et de son frère (Glenn Marausse), il y a tout un cocktail de sentiments à la crête de comportements verbaux où appréhender l'autre dans toute sa dimension devient accessoire.       <br />
              <br />
       &quot;Soudain l'été dernier&quot; est un leitmotiv qui a donné son nom à la pièce (1958). Les rapports de force sont alimentés par les voix, empreintes de moments, passés ou présents. Le texte de Tennessee Williams, de toute beauté, où se mêlent poésie et humour, est incarné remarquablement par les comédiens et ce avec rythme et modulation.       <br />
              <br />
       Chaque personnage est dans un pré carré émotionnel où sont maître à tour de rôle, la raison, la colère, l'émotion ou la névrose. Nous sommes dans des liens croisés où les routes de chacun se rencontrent pour se fuir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Soudain l'été dernier" </b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11478155-19175511.jpg?v=1490685695" alt=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" title=""Soudain l'été dernier"… Meurtre et refoulement" />
     </div>
     <div>
      Texte : Tennessee Williams.       <br />
       Traduction : Jean-Michel Déprats et Marie-Claire Pasquier.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Stéphane Braunschweig.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Amélie Énon       <br />
       Avec : Jean-Baptiste Anoumon, Océane Cairaty, Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Luce Mouchel, Marie Rémond.       <br />
       Collaboration artistique : Anne-Françoise Benhamou.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Alexandre de Dardel.       <br />
       Assistante à la scénographie : Lisetta Buccellato.       <br />
       Lumière : Marion Hewlett.       <br />
       Costumes : Thibault Vancraenenbroeck.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Vidéo : François Gestin.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 mars au 14 avril 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.        <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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