<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-07-15T06:53:31+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !</title>
   <updated>2025-02-12T19:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-idoles-Le-monde-n-est-pas-seulement-une-chose-posee-la-j-y-participe-a-la-vie-a-la-mort-_a4151.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86432343-61485643.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-12T19:31:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une plongée autour des années quatre-vingt-dix avec des figures littéraires et cinématographiques qui nous ont quittées beaucoup trop tôt, fauchées par le sida. Dans une mise en scène de Christophe Honoré où se mêlent le passé et un futur post-mortem qui est celui de la postérité de chaque protagoniste, ils se retrouvent une trentaine d'années après leur mort, dans un présent qui est notre actualité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485643.jpg?v=1739386723" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie découvre une grande salle avec de longs piliers métalliques un peu défraîchis. Nous sommes dans une sorte de hangar désert. Jean-Luc Lagarce, Cyril Collard, Serge Daney, Jacques Demy, Hervé Guibert et Bernard-Marie Koltès sont présents.       <br />
       Caractéristique des pièces de Christophe Honoré, l'intime est souvent le squelette de la trame. Là, ce sont ses idoles littéraires et cinématographiques autour d'écrivains, de critiques et de réalisateurs.       <br />
              <br />
       Cela débute par Jean-Luc Lagarce (Julien Honoré) dans une charge contre Renaud Camus où il lit un passage de ce dernier sur le grand remplacement, chantre des discours les plus racistes, repris en écho par les identitaires et réactionnaires de l'extrême droite. Est posée tout au long du spectacle la relation au temps et de ce qui fait parfois postérité avec Cyril Collard pour &quot;Les nuits fauves&quot; (1992). Le temps est le contexte dramaturgique dans lequel, au travers du théâtre dans le théâtre, les protagonistes sont dans une échelle temporelle décalée, projetée dans un futur après leur décès. Ils prennent en effet en compte l'actualité présente pour une plongée dans leur passé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485644.jpg?v=1739386763" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Ils sont toutefois indépendants des horloges, car situés dans la postérité. Connus, plus ou moins célèbres du grand public, respectés, voire admirés dans leur milieu, ils ont un rapport assez distendu, excepté pour Cyril Collard, avec leur œuvre, parce qu'ils n'en parlent pas, ou peu. Nous nous retrouvons ainsi dans une introspection rétrospective où celui-ci se définit par ce qu'il a fait en écho à une postérité qu'il n'a pu connaître et qu'il décrit. Collard fait ainsi allusion aux procès d'intention dont il a été victime, alors qu'il était déjà décédé, et qui ont fait tomber dans l'oubli des projections &quot;Les nuits fauves&quot;. Dans le public d'ailleurs, un spectateur a marqué, à ce moment-là, son désaveu à l'encontre de Collard sans connaître vraisemblablement la réalité des faits.       <br />
              <br />
       Pour chacun d'eux, qui parle au final ? C'est Christophe Honoré, ou celui qu'il incarne en tant que dramaturge, qui fait exister, dans un espace-temps qui s'étire sur une échelle qui peut être infinie, des célébrités qui sont tout autant des artistes souvent engagés, par leur existence passée, que des personnages, grâce à leurs traits théâtraux.       <br />
              <br />
       Christophe Honoré fait revivre ses idoles des années quatre-vingt-dix. Tous étaient célèbres, mais frappés par le sida. Une perte effroyable à une époque qui a charrié des raccourcis, de la peur et beaucoup de rejet contre les homosexuels. C'est dans ce rapport à soi, aux autres et face à la mort que Christophe Honoré fait revivre ces personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485646.jpg?v=1739386788" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La musique est très présente avec, entre autres, &quot;Saturday night fever&quot; (1977) des Bee Gees. Jean-Marie Koltès (Paul Kircher) chante et joue de la guitare un moment. Il y a aussi la chanson des Doors &quot;When the music's over&quot; (1967) qui démarre le spectacle dans une chorégraphie où les protagonistes lèvent les deux bras en l'air pour ensuite les redescendre, le tout de façon un peu courbe avec un tronc assez droit sans qu'il y ait de tension. C'est un déplacement chorégraphié dans lequel un jeu de relations et de récits s'organise, à tour de rôle. Ils se disposent les uns aux autres de manière théâtrale avec cette danse, anodine en apparence, mais qui crée une relation au public, à dessein, non naturelle. Car ils sont en représentation.       <br />
              <br />
       Plus loin, la danse refait son apparition avec Marlène Saldana en solo, dans une chorégraphie tout en tension dans laquelle les mouvements sont vifs et amples. Elle finit avec le tronc et les jambes dénudés, comme dans un souffle de pulsion. Il y a aussi un long monologue de Marina Foïs (Hervé Guibert), à dessein, monocorde, un tantinet alimenté par le poids du destin. Sa voix est unidirectionnelle, comme dans un même souffle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485687.jpg?v=1739386821" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Une complicité est établie entre eux, tous dans un rapport à l'autre où les monologues, qui sont plutôt des récits qu'ils se font chacun à eux-mêmes, mais aussi au public, s'immiscent dans des relations dans lesquelles les interactions sont très présentes. Dans cette relation bicéphale, l'assistance est autant considérée, comme si les protagonistes prenaient en compte son existence, qu'ignorée.       <br />
              <br />
       La scène est séparée en deux parties, avec le plateau principal où ils sont situés et une autre, uniquement visible par le biais de la vidéo, avec laquelle le jeu continue comme dans un autre espace, toujours rattaché à la même temporalité. Ainsi, le fil dramaturgique n'est pas que linéaire, il a aussi ses à-côtés qui donnent un aspect cinématographique au déroulé des scènes. Dans cet entre-deux, vient ainsi s'immiscer une temporalité qui déjoue la séquentialité de la dramaturgie. C'est aussi la vie avec ses bifurcations, ses actions multiples et parallèles qui sont mises en avant.       <br />
              <br />
       Les courtes vidéos permettent aussi d'isoler quelques moments, dans certains tableaux, qui mettent en exergue une personnalité, celle de Koltès par exemple, ou une scène intime. Au-delà d'un propos, c'est un silence, un non-dit, un désir qui sont filmés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485688.jpg?v=1739386854" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Comment a eu lieu la réunion de ces différentes personnalités artistiques ? Chacun est libre d'imaginer l'avant de cette rencontre. Ils se connaissent, sans que ce soit des rapports d'amitié, mais s'écoutent et se considèrent comme si chacun avait à s'exprimer dans une sorte d'agora avec le public en face. Des points de vue se mêlent et s'entremêlent où, par leur particularité et l'influence artistique que chacun d'entre eux a eue et a encore, Christophe Honoré les fait exister face à leur postérité parfois, face à la vie et à la mort toujours.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle dans lequel s'articulent nostalgie et actualité, et qui est à l'image de la dernière phrase de &quot;Les nuits fauves&quot; pour chacun des personnages… <span style="font-style:italic">&quot;Je suis vivant, le monde n'est pas seulement une chose posée là, extérieure à moi-même, j'y participe et ce n'est plus ma vie. Je suis dans la vie.&quot;</span>       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les idoles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485726.jpg?v=1739387062" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christophe Honoré.       <br />
       Mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Assistant dramaturgie : Timothée Picard.       <br />
       Avec : Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Marina Foïs, Julien Honoré, Paul Kircher, Marlène Saldana.       <br />
       Et l'apprenti du Studio - Esca : Lucas Ferraton.       <br />
       Scénographie : Alban Ho Van.        <br />
       Costumes : Maxime Rappaz.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière, assistée de Pierre Gaillardot.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 6 avril 2025.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 20 h 30 et dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 23 février, 2, 25, 26, 27 et 28 mars, 2, 3 et 4 avril.         <br />
       Théâtre Porte Saint-Martin, Paris 10e, 01 42 08 00 32.       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/" target="_blank">&gt;&gt; portestmartin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-idoles-Le-monde-n-est-pas-seulement-une-chose-posee-la-j-y-participe-a-la-vie-a-la-mort-_a4151.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente</title>
   <updated>2023-01-29T18:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-corps-et-a-chuchotements-l-ecriture-a-vif-de-la-vingtieme-edition-du-Festival-Trente-Trente_a3496.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70346919-49074663.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-01-25T07:19:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ça y est, c'est (re)parti… Depuis le 12 janvier et jusqu'au 2 février, la Nouvelle Aquitaine vit au rythme des formes courtes - au croisement de la danse, du cirque, de la musique, du théâtre et des installations - irradiant les lieux culturels de leur éclat à nul autre pareil. Parmi elles, deux chorégraphies - "Frau Troffea" et "AEREA" - et une installation audio-spectacle - "Du luxe et de l'impuissance". Trois formes résolument contemporaines où, "à corps et chuchotements", l'écriture à vif porte la marque de la fabrique de Trente Trente.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074663.jpg?v=1674586513" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Frau Troffea", de la Cie Samuel Mathieu,</strong></span> projette un danseur au corps sculptural - Martin Mauriès - sur un plateau nu réfléchissant son corps à demi-nu. Un homme… pour "raconter" l'histoire d'une femme, Frau Troffea, vivant à Strasbourg à l'été 1512, et qui fut la première victime documentée d'une étrange épidémie de danses frénétiques terrassant les habitants. Le choix de l'interprète, un homme, prend sens : gommer les frontières du sexe de naissance pour libérer les variations infinies du corps humain exposé dans tous ses états, celui des êtres hommes-femmes réunis et confondus dans la même trajectoire gravitationnelle.       <br />
              <br />
       Long et sensible cheminement mettant en tension les muscles saillant sous la peau, telle une membrane palpitant au rythme d'une musique répétitive entrecoupée de longs silences. Sculpté par les variations d'une lumière révélatrice, le corps s'exerce à explorer le moindre territoire constituant ce qui l'enveloppe. Les pieds arrimés au sol, dans un silence augural annonçant les frénésies à venir, l'interprète déploie une énergie palpable aboutissant à l'accélération des mouvements jusqu'à épuisement. Contorsions, gestes élancés, glissades, jetés aériens, tombés au sol répétés à l'envi, ponctuent de leurs "accidents" chorégraphiés cette recherche à jamais inaccomplie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074698.jpg?v=1674586573" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      Dans </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"AEREA", Ginevra Panzetti et Enrico Ticconi</strong></span> jouent du drapeau comme d'autres d'un bâton de danse. Ce duo, expert en communication entre histoire et contemporanéité, se joue de la solennité héritée de ce tissu. Défroquant ce symbole de son passé identitaire, il n'a de cesse d'explorer les potentialités lovées dans ses plis. Arborant une toile d'un gris neutre, gommé volontairement de tout signe ou couleur distinctifs, le drapeau se prête alors à toutes projections engageant l'imaginaire.        <br />
              <br />
       Accompagnés d'une rumeur grandissante, le danseur et la danseuse émergent de l'obscurité qui les recouvrait. Leur marche mimétique, cadencée par les mouvements d'une précision millimétrée des deux drapeaux dont ils sont porteurs, se ponctue par un atterrissage en règle. Allongés au sol, leurs corps se retrouvent "drapés" dans ce qui devient leur linceul ponctuant l'épopée militaire dont le drapeau fut, tant de fois, le héraut glorieux et funeste.       <br />
               <br />
       Mais il devient aussi, ce tissu protéiforme, la muleta des matadors qui de glissades en pirouettes galvanisent la foule réunie dans l'arène. Ou le foulard du magicien faisant disparaître joyeusement sa complice recouverte de son tissu. Ou encore la bannière aérienne des défilés sportifs virevoltant au gré des pulsations imprimées par leurs athlétiques porte-drapeaux. Ballet incessant de voilures, cette chorégraphie hypnotique en noirs et gris a pour effet de démultiplier les significations de cet objet connoté pour le désacraliser avec panache.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074746.jpg?v=1674586696" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Du luxe et de l'impuissance",</strong></span> (re)lu et mis "instinctuellement" en voix par Jean-Luc Terrade, monté en audio spectacle aux vertus hypnotiques par Karina Ketz, se présente comme une invitation à plusieurs voix… Une invitation à un troublant voyage en compagnie d'un autre Jean-Luc, Jean-Luc Lagarce, auteur du recueil éponyme.       <br />
              <br />
       Au fond du Garage Moderne - lieu associatif bouillonnant d'initiatives citoyennes, dont le nom, eu égard au hangar qui l'abrite, fait figure d'antiphrase -, une mythique Mercédès datant des années quatre-vingt-dix, les années sida, attend ses quatre passagers. Embarqués à son bord, ils vont vivre des moments "in-ouïs", traversant à rebours le siècle pour rejoindre les écrits testaments du dramaturge. Défileront devant eux, sur l'écran tendu devant le parebrise flanqué de deux phares, des kilomètres d'asphalte rayé par le seul faisceau lumineux des autres véhicules. Défilera la bande sonore, écho des textes, mettant en abyme les tournées théâtrales et les réflexions sans concession aucune de l'auteur des "Derniers remords avant l'oubli".       <br />
              <br />
       D'une voix chuchotée, comme une confidence glissée au creux de l'oreille, ou de la voix chaude de l'amoureux d'un théâtre promu au rang d'un art de vivre - et pas seulement d'"un art vivant" galvaudé -, Jean-Luc Terrade se coule dans les écrits de J-L Lagarce pour les faire réentendre à l'aune de sa propre sensibilité, se lovant à l'envi dans les détours de sa prose éclairée d'une beauté noire. <span style="font-style:italic">"Et parfois je me sens impuissant. Inutile, dans l'incapacité de tout, restant là à ne plus rien pouvoir faire ou dire. Être aveugle et sourd et imbécile encore. Attendre et subir mon impuissance. Être démuni et devoir renoncer. Être immobile dans l'incapacité de prendre la parole, de dire deux ou trois choses imaginées dans la solitude et qu'on pensait essentielles".</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074800.jpg?v=1674587173" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      Tirer de sa fragilité la force de vivre et de créer (deux verbes ici confondus), surtout ne pas s'en défendre mais l'accueillir pour échapper à toute tentation de complaisance vis-à-vis de soi et des autres. Tenter sans force et (surtout) sans armure d'atteindre le point de rencontre avec l'autre en nous, la douceur infinie de l'Amour et la pureté de la Mort à l'œuvre. Et, encore une fois, se dire de ne pas taire le hurlement salutaire, la saine haine qui comme un cri déchirant la nuit des obscénités de la bienséance vient réveiller l'indifférence. Résister…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Et l'année suivante, une fois encore, l'année suivante, retourner au bord de la mer, traverser à nouveau la France, repartir en tournée&quot;…</span> Calés dans nos sièges, avec en point de mire la ligne blanche lumineuse, nous nous abandonnons à la petite musique des mots délivrés par les voix de l'acteur &quot;en coulisses&quot;, des mots qui font résonner en nous ce voyage au bout de la nuit théâtrale. Et quand la voix profonde de Barbara vient mêler ses accents ensorceleurs pour chanter <span style="font-style:italic">&quot;Ô mes théâtres Ô mes silences Mes paradis et mes enfers Mes ténèbres et ma transparence&quot;,</span> ce sont des frissons d'émotions vives qui nous gagnent.       <br />
              <br />
       Ainsi en va-t-il de cette traversée à vif, où, entre ombres, lumières, et sons filtrant de toutes parts, se joue et rejoue la promesse de toutes les incertitudes, d'une lutte sans compromis possible avec l'arrogance suffisante de tout ordre établi. Résister en s'offrant le luxe de l'impuissance comme viatique à la médiocrité… avant que le silence accompagnant le mot FIN projeté sur l'écran ne ponctue les derniers désirs de ce moment d'exception.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074863.jpg?v=1674587700" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Frau Troffea"</strong></span>       <br />
       Danse.       <br />
       Conception et chorégraphie : Samuel Mathieu.       <br />
       Interprétation et chorégraphie : Martin Mauriès.       <br />
       Création musicale : Maxime Denuc.       <br />
       Conception lumière : Arthur Gueydan.       <br />
       Régisseur général : Jean-François Langlois.       <br />
       Durée : 40 min.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 18 janvier à La Manufacture CDCN Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente  qui se déroule du 12 janvier au 2 février 2023.</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074877.jpg?v=1674588612" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"AEREA"</strong></span>       <br />
       Danse.       <br />
       Conception et interprétation : Ginevra Panzetti et Enrico Ticconi.       <br />
       Musique : Demetrio Castellucci.       <br />
       Lumières : Annegret Schalke.       <br />
       Costumes : Ginevra Panzetti et Enrico Ticconi.       <br />
       Coach maniement du drapeau : Carlo Lobina.       <br />
       Club d'agitateurs de drapeaux d'Arezzo.       <br />
       Régie technique : Paolo Tizianel.       <br />
       Durée 30 min.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 18 janvier à La Manufacture CDCN Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70346919-49074966.jpg?v=1674588722" alt="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" title="À corps et à chuchotements… l'écriture à vif de la vingtième édition du Festival Trente Trente" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Du luxe et de l'impuissance"</strong></span>       <br />
       Installation audio spectacle pour 4 personnes.       <br />
       Création en 2003 - reprise de l'audio spectacle et création d'un nouveau dispositif en 2023.       <br />
       Textes : Jean-Luc Lagarce, aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       Voix et création audio spectacle : Jean-Luc Terrade et Karina Ketz.       <br />
       Durée 30 min.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 19 janvier à 20h, au Garage Moderne de Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 au samedi 28 janvier 2023.</span>       <br />
       Vendredi 27 janvier à 17 h 30, 18 h 10, 18 h 50 et 19 h 30.       <br />
       Samedi 28 janvier à 14 h, 14 h 40, 15h20, 16 h, 16 h 40, 17 h 20, 18 h, 18 h 40 et 19 h 20.       <br />
       Au Garage Moderne, accès par le 1 rue des étrangers, Bordeaux.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 2 février 2023.</span>       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/A-corps-et-a-chuchotements-l-ecriture-a-vif-de-la-vingtieme-edition-du-Festival-Trente-Trente_a3496.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…</title>
   <updated>2021-10-15T11:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-jour-je-reviendrai--juste-avant-la-fin-du-monde-un-voyage-immobile-entre-deux-rives_a3077.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/59559947-43744210.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-10-15T10:47:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
… Et entre deux récits - "L'Apprentissage" et "Le Voyage à La Haye" - extraits des derniers Cahiers de Jean-Luc Lagarce, rédigés juste avant que le sida n'ait raison de son corps "mis en pièces". Se saisissant, comme on enfile un gant de soi(e), de la langue à nulle autre pareille de l'auteur, le comédien Vincent Dissez déroule une interprétation hypnotique, captant notre attention jusqu'à ce que nous nous confondions à notre tour avec celui qui se fait l'écho d'une œuvre à jamais vivante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59559947-43744210.jpg?v=1634289888" alt=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" title=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" />
     </div>
     <div>
      Dans le décor minimaliste d'un plateau nu animé par des jeux d'éclairage sculptant l'espace, la mise en jeu tout en subtilité de Sylvain Maurice efface ce qui pourrait distraire de l'essentiel : l'acteur, médiateur des textes enchâssés l'un dans l'autre. Ainsi "mis en lumière", le comédien - Vincent Dissez, exceptionnel de sobriété efficiente - s'empare à bras le corps de cette prose sans objet autre que celui de maintenir hors de l'eau une existence qui se délite. Creuser le langage pour dire l'inaccessible du sens se dérobant au fur et à mesure qu'on l'énonce, comme si les paroles en boucles étaient autant de bouées lancées devant soi pour, avec une ironie aiguisée, faire la nique à la Camarde tapie dans l'ombre.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"L'Apprentissage"</strong></span> nous plonge dans le huis clos d'une chambre d'hôpital où un homme - celui qui dit, je, l'auteur - émerge confusément d'un long coma sans pour autant distinguer l'intérieur, son imaginaire, de l'extérieur, le réel d'un monde vu au travers d'un prisme aux facettes embuées… Le buste nu éclairé par un halo de lumière le détachant du noir du plateau comme s'il flottait délibérément entre vie et trépas, l'interprète - au sens plein du terme - nous confie ses moindres hésitations sur ce qui lui revient de cette traversée en eau profonde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59559947-43744213.jpg?v=1634289933" alt=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" title=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" />
     </div>
     <div>
      Menus événements racontés avec la précision d'un entomologiste obsessionnel, comme si la vie entière était contenue dans ces bulles venant crever à la surface de sables mouvants risquant de l'ensevelir…  "Le sac" - lui - relié à des tuyaux que l'on charrie et se repasse de mains en mains en continuant à se raconter sa vie à soi, les soins de nursing appliqués mécaniquement sur un corps - le sien - réduit à un tas de chair à hygiéniser. La colère qui le gagne, l'emportant ulcéré par le refus de lui qu'avaient ses parents… Et ce n'est pas Vincent Dissez, devant nous, qui se fait le porte-parole de ses fulgurantes humeurs, c'est Jean-Luc Lagarce désincarné et réincarné par le truchement de l'illusion théâtrale qui pour fonctionner a besoin de la puissance mentale de son interprète. Corps à corps juste avant la fin du monde.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Voyage à La Haye"</strong></span> nous propulse dans l'ultime tournée théâtrale de Jean-Luc Lagarce, juste avant qu'il ne se retire irrévérencieusement. Le voile nuageux qui obstrue de plus en plus son regard le rend sujet à des accès irascibles perturbant la troupe. Encore plus troublant, c'est qu'il n'en ait pas conscience, sa mémoire ne gardant aucune trace de ses éclats d'humeur. À moins que ce ne soient là les effets délétères des troubles mentaux qui "parlent" à sa place, lui, désormais, confronté à une solitude récurrente.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59559947-43744226.jpg?v=1634289960" alt=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" title=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" />
     </div>
     <div>
      La Haye via Amsterdam… &quot;La vie est un théâtre où chacun joue un rôle&quot; et la sienne d'existence plus qu'aucune autre en témoigne. Surgissent par effraction des scènes-phares, répliques des flashs nuageux trouant sa vision. Ainsi de la backroom d'Amsterdam où, au milieu des corps désirant, il revoit son corps à lui déserté par le désir. Ainsi de la réception culturelle de La Haye, clôturant la dernière représentation de sa pièce, où il s'entend ironiser facétieusement sur la bêtise confondante des officiels, satisfaits d'eux-mêmes, égrenant cérémonieusement des chapelets de banalités.       <br />
              <br />
       Dans cet univers sans horizon d'attente autre que la tragédie annoncée - que l'on finirait bizarrement par oublier - surviennent des épiphanies, toujours liées à des émotions exacerbées. Même si, lorsqu'il s'agit du regard porté sur de beaux hommes, ce ne peut être là que résurgences d'images erratiques d'un passé privé désormais d'avenir.       <br />
              <br />
       Les éclairages fantasmagoriques de cet itinéraire entre deux rives - parcours tourmenté bien qu'étonnamment serein - font résonner jusqu'à nous les variations d'une langue divinatoire. Entre désirs à vif et pertes de(s) sens, Vincent Dissez &quot;endosse&quot; le rôle comme une seconde peau pour exprimer, avec finesse, intelligence et maîtrise, la contingence d'être né dans un corps désirant. Celui de Jean-Luc Lagarce, auteur et metteur en scène de sa propre vie, ayant refusé jusqu'au terme de sa traversée la pitié pitoyable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un jour je reviendrai" composé de "L'Apprentissage" et "Le Voyage à La Haye"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59559947-43744242.jpg?v=1634289997" alt=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" title=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Luc Lagarce (publiés aux Solitaires Intempestifs).       <br />
       Mise en scène : Sylvain Maurice.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Béatrice Vincent.       <br />
       Avec : Vincent Dissez.       <br />
       Scénographie : Sylvain Maurice en collaboration avec André Neri.       <br />
       Costumes : Marie la Rocca.       <br />
       Lumière : Rodolphe Martin.       <br />
       Son et régie : Cyrille Lebourgeois.       <br />
       Régie générale : André Neri.       <br />
       Régie lumière : Sylvain Brunat.       <br />
       Régie principale et plateau : Laurent Miché.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 7 octobre 2021 à 20 h au TnBA - Salle Vauthier, Bordeaux.       <br />
       &quot;Un jour je reviendrai&quot; a été représenté du mardi 5 au samedi 9 octobre 2021.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 au 29 janvier 2022.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et vendredi à 20 h, jeudi à 19 h et samedi à 16 h.       <br />
       Représentation scolaire le jeudi 27 janvier à 14 h 30.       <br />
       Au Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59559947-43744348.jpg?v=1634290051" alt=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" title=""Un jour je reviendrai", juste (avant) la fin du monde… un voyage immobile entre deux rives…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-jour-je-reviendrai--juste-avant-la-fin-du-monde-un-voyage-immobile-entre-deux-rives_a3077.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants</title>
   <updated>2019-07-26T10:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2019-120-battements-par-minute-Mourir-d-aimer-au-rythme-de-beats-envoutants_a2514.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35925022-32300992.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-26T09:36:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Arnaud Rebotini et son Dan Van Club - auxquels Olivier Py a offert "La Cour" pour la soirée exceptionnelle de clôture - ont créé l'événement en transformant le lieu hautement historique en temple de la musique électro mixée de classique impressionniste. Partant de l'œuvre musicale originale écrite pour "120 battements par minute" - qui lui a valu un César - le compositeur phare de la musique électronique reprend en live les motifs de sa partition, amplifiés par le gigantisme du lieu et les vidéos des musiciens projetées sur mur de fond.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35925022-32300992.jpg?v=1564128773" alt="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" title="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" />
     </div>
     <div>
      Au rythme haletant des beats calqués sur les pulsations cardiaques, engageant son corps qui devient instrument, l'impressionnant DJ drivant sa formation enivre tant les sets résonnent en chacun. Recréant in vivo le déchaînement d'énergie musicale propre à &quot;faire tenir debout&quot; les malades du sida des années quatre-vingt quatre-vingt-dix et, sur fond du Triangle rose d'Act-Up - symbole des luttes des activistes en faveur des droits des personnes infectées par le VIH -, projeté à la pause sur la monumentale façade du Palais des Papes, il redonne vie à un combat loin d'être gagné.       <br />
              <br />
       Charismatique et créant avec le public un rapport de proximité chaleureuse, Arnaud Rebotini et ses musiciens, loin d'un &quot;bouquet final&quot; limitant la clôture de la 73e édition à un festif divertissement, recréent l'atmosphère des boîtes queer où, la nuit venue, le rythme de la house permettait de jouir d'instants échappant aux affres du VIH qui rongeait les corps le jour.       <br />
              <br />
       Ainsi, entre ombres et éclats de lumière, enveloppés par les sons toniques de la musique électronique délivrée par les synthétiseurs analogiques d'époque, les spectateurs sont gagnés par cette énergie musicale associée à un combat vital. Et, fait rarissime en cette Cour d'Honneur réputée pour ses codes, fussent-ils contestataires, jeunes et moins jeunes abandonnant leur siège transforment les travées en dance floor des années Act-Up.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35925022-32301116.jpg?v=1564128818" alt="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" title="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" />
     </div>
     <div>
      Ce &quot;concert-Act&quot; inscrit encore plus son sens en étant précédé d'un prologue où deux acteurs du film éponyme de Robin Campillo mêlent leur voix pour faire entendre &quot;Le bain&quot; de Jean-Luc Lagarce. Installé chacun devant un pupitre faisant face au public, leurs voix fragiles et magnétiques n'en font plus qu'une avec celle de l'auteur-narrateur.       <br />
              <br />
       Texte bouleversant tant dans son écriture d'une fluidité poétique à accents durassiens que dans le sujet abordé, dans lequel Jean-Luc Lagarce, qui mourra du sida en septembre 95, recompose son histoire personnelle à partir des notes de son journal intime.       <br />
              <br />
       L'autofiction romanesque à valeur de confidence le conduit à évoquer le projet de se rendre en compagnie de son ami Müller à Berlin d'après la chute du mur, pour revenir ensuite vivre en France définitivement. Les retrouvailles avec G. à Paris, un week-end entier passé ensemble avant son départ, bouleversent le temps projeté. Cet appel téléphonique suivi de cette nuit douce, très douce, cette longue journée dans la chambre, et ce bain, leurs corps enlacés et une dernière fois unis, peuple son esprit d'une tendre nostalgie bouleversante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35925022-32301122.jpg?v=1564128872" alt="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" title="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" />
     </div>
     <div>
      Le corps amaigri, épuisé, détruit de G., annonçant la fin prochaine… Ce corps de vieillard aimé, enlevé dans ses bras, caressé longuement, déposé avec soin dans le bain, sont autant d'images vivaces prises dans une prose itérative dont les boucles incantatoires distillent le bonheur le plus grand et le désespoir d'une mort annoncée.       <br />
              <br />
       Quand Ron téléphonera au narrateur pour lui crier son amour, il ne pourra y répondre, tant cet amour il le réserve à G. Il y aura ensuite le retour précipité, après quelques jours passés finalement à Berlin avec Müller, et la chaleur écrasante de Paris précédant l'autre écrasante nouvelle… De la sensibilité à l'état pur - peu de récits de mort annoncée pouvant atteindre ce degré d'état de grâce - soutenue par les voix envoûtantes des deux acteurs accompagnés à l'unisson par le violoncelle, la harpe, le violon et la clarinette basse.       <br />
              <br />
       Immergé dans le contexte des années sida d'Act-Up, regroupant des identités plurielles autant que singulières chacune, le spectateur de la Cour d'Honneur revit en live les combats des homosexuels et séropositifs, les ravages de ce mal infernal qui tue encore - les chiffres projetés en début de concert sont là pour le rappeler - des personnes dont le seul crime est d'aimer éperdument. Hymne captivant à l'amour sans frontières, convoquant les pulsations de la musique divine d'Arnaud Rebotini et la poésie céleste des mots de Jean-Luc Lagarce, cette expérience grandeur nature fait battre, les nôtres cœurs, de manière démesurée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"120 battements par minute"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35925022-32301127.jpg?v=1564128911" alt="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" title="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" />
     </div>
     <div>
      Texte : &quot;Le Bain&quot; de Jean-Luc Lagarce, publié aux Éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       Musique et adaptation : Arnaud Rebotini.       <br />
       Avec : Arnaud Rebotini.       <br />
       Et le Don Van Club : Paola Avilles Torres, Christophe Bruckert, Leo Cotten, Maxime Hoarau, Thomas Savy, Arnaud Seche, Amandine Robilliard.       <br />
       Vidéo : Noel Alfonsi.       <br />
       Son : Marco Paschke, Boris Wilsdorf.       <br />
       Lecture : Mehdi Rahim-Silvioli, Coralie Russier, acteurs du film &quot;120 battements par minute&quot;.       <br />
       Regard extérieur : François Berreur.       <br />
       Production Blackstrobe Records en partenariat avec le festival Résonance.       <br />
       Une proposition conjointe du Festival d'Avignon et de l'Adami, pour cette soirée exceptionnelle dans la Cour d'honneur du Palais des Papes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35925022-32301134.jpg?v=1564128941" alt="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" title="•In 2019• 120 battements par minute Mourir d'aimer au rythme de beats envoûtants" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été représenté le 23 juillet 2019.</span>       <br />
       À 22 h.       <br />
       <b>Cour d'Honneur du Palais des Papes </b>        <br />
       Place du Palais.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festival-avignon.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2019-120-battements-par-minute-Mourir-d-aimer-au-rythme-de-beats-envoutants_a2514.html" />
  </entry>
</feed>
