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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-12T14:08:22+01:00</updated>
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   <title>•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même</title>
   <updated>2025-04-13T10:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Sur-L-Aire-poids-lourds--l-adolescence-s-affranchit-de-l-enfance-avec-toute-la-rage-d-une-jeunesse-laissee-a_a4193.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87856572-62265985.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-04-11T22:50:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cela se passe dans une banlieue populaire de Sydney. Un collège à proximité d'une autoroute, une bande d'amies, adolescentes, en quête d'identité, de frissons, en pleine découverte de la sexualité, et un jeu de provocation qui se transforme en fait divers. Rivalité, défis, dégoût et fascination pour les premiers désirs dévastateurs, et l'emprise des réseaux sociaux forment le canevas qui explore les tensions subies à cet âge, capable des pires violences contre lui-même.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87856572-62265985.jpg?v=1744405133" alt="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" title="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" />
     </div>
     <div>
      L'auteur australien Lachlan Philpott a conçu son texte à partir de dix mois d'entretiens avec des adolescentes et adolescents, des enseignants(es), des parents, des psychologues, des infirmières scolaires, des assistantes sociales. Une somme d'informations conséquentes pour tenter de mettre au jour la vie intérieure de jeunes filles de 14 ans tendues vers le monde des adultes, mais conservant au fond d'elles-mêmes la fragilité de l'enfance. Le texte final révèle une dramaturgie complètement détachée de toute exposition plate des événements.       <br />
              <br />
       L'auteur australien Lachlan Philpott a conçu son texte à partir de dix mois d'entretiens avec des adolescentes et adolescents, des enseignants(es), des parents, des psychologues, des infirmières scolaires, des assistantes sociales. Une somme d'informations conséquentes pour tenter de mettre au jour la vie intérieure de jeunes filles de 14 ans tendues vers le monde des adultes, mais conservant au fond d'elles-mêmes la fragilité de l'enfance. Le texte final révèle une dramaturgie entièrement détachée de toute exposition plate des événements.       <br />
              <br />
       La scène est presque nue, mis à part un dispositif de praticables sur deux niveaux. Un dispositif qui permet aux comédiennes de passer d'un bond d'une scène à l'autre, d'un lieu à l'autre, d'un temps narratif à l'autre. C'est essentiellement la lumière de Cécile Giovansili-Vissière qui permet de suivre ces changements, mais également et surtout les sons que Jenny Abouav distille tout au long de la pièce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87856572-62265986.jpg?v=1744405166" alt="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" title="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" />
     </div>
     <div>
      Celle-ci est sur scène, harnachée d'une table de mixage qu'elle porte sur le buste, avec laquelle elle produit des ambiances de nappes électro, mais surtout de bruitages qui, sans être à aucun moment réalistes, procurent aux scènes des impressions de grouillement, de parasites sur ondes courtes, toutes ambiances de brouillage du réel qui sont autant de perturbations, de perte de netteté comme une réalité lointaine et inquiétante jusqu'à sembler, à certains moments, comme le son cosmographique de l'univers tout entier.       <br />
              <br />
       Des nudes échangés avec les premiers garçons, des attouchements sexuels vaguement consentis, parfois prétendus, souvent calamiteux, les rapports aux corps à cet âge, 14 ans, frisent la détestation et l'envie d'auto-violenter cette chair qui bouillonne jusqu'à faire suffoquer ce temps de l'adolescence.       <br />
              <br />
       Elles sont trois principaux personnages, héroïne de l'histoire, trois copines de collège qui inventent avec les lettres de leurs patronymes un acronyme qui leur sert d'identité : les POUFS. Elles ne seront que deux à se diriger en école buissonnière vers l'autoroute et l'Aire poids-lourds, où une sorte de défi enfantin les transforme en proie des hommes, des routiers de passage. Une descente aux enfers dont elles n'ont pas vraiment conscience. La troisième, métis, subira la violence du racisme de ses amies avant d'être rejetée, pour sa chance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87856572-62265993.jpg?v=1744405201" alt="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" title="•Off 2025• Sur "L'Aire poids-lourds", l'adolescence s'affranchit de l'enfance avec toute la rage d'une jeunesse laissée à elle-même" />
     </div>
     <div>
      Phrases courtes, parfois privées de verbes, scènes courtes, vives, comme un montage rapide, tout se veut incisif, brûlant, explosif dans ces échanges qui dépeignent les univers de ces ados : l'école, la vie de famille avec des parents démissionnaires ou absents, la rue, les fêtes, les attouchements dans les coins sur fond d'un ennui viscéral. La mise en scène de Carole Errante rend bien compte de cette vitesse qui mériterait d'être encore accélérée, de même que la violence un peu trop sage, pour que la pièce éclate en vrai cri de vie et de détresse.       <br />
              <br />
       Mais un important travail chorégraphique apporte bien la dimension charnelle si obsédante dans cette phase de l'existence. Les trois comédiennes interprétant les trois adolescentes apportent une énergie positive cruciale pour que l'histoire garde des lumières d'espoir et des moments de légèreté qui rappellent les rires des enfants qui restent en elles malgré tout.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Aire poids-lourds"</b></div>
     <div>
      Texte : Lachlan Philpott.       <br />
       Traductrice : Gisèle Joly.       <br />
       Metteuse en scène : Carole Errante.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Marley Da Silva et Ambre Hector.       <br />
       Avec : Alia Coisman, Élisa Gérard, Annaëlle Hodet, Anne Naudon et Jenny Abouav (performance sonore live).       <br />
       Créatrice sonore : Jenny Abouav.       <br />
       Créatrice lumière : Cécile Giovansili-Vissière.       <br />
       Régisseur lumière et régisseur général : Vincent Guibal.       <br />
       Scénographie : Ghali Bensouda.       <br />
       Costumière : Aude Amédéo.       <br />
       Production La CriAtura.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       A été joué les 1er et 2 avril 2025 à Châteauvallon-Liberté - Scène Nationale, Toulon.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre des Carmes André Benedetto, 6, place des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 20 47.        <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('theatre-des-carmes@orange.fr')" >theatre-des-carmes@orange.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredescarmes.com/" target="_blank">>> theatredescarmes.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Sur-L-Aire-poids-lourds--l-adolescence-s-affranchit-de-l-enfance-avec-toute-la-rage-d-une-jeunesse-laissee-a_a4193.html" />
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  <entry>
   <title>•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"</title>
   <updated>2024-07-29T09:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Romeo-et-Juliette-Entre-traditions-et-futurisme-l-insoupconnable-beaute-d-une-re-presentation_a4020.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81841478-58872070.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-29T07:46:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un spectacle mis en jeu par Alain Timar n'est pas un spectacle… c'est une œuvre d'art. On connaissait le goût de l'homme de théâtre, artiste peintre, plasticien, pour l'Asie et la Corée tout particulièrement. Sa mise en scène et scénographie en 2010 du "Rhinocéros" d'Eugène Ionesco, ou encore en 2016 de "Tous contre Tous" d'Arthur Adamov, interprétés l'un et l'autre en coréen par une troupe de Coréens, nous avaient saisis par leur force attractive. Ainsi de ce "Roméo et Juliette" revisité, où la vie, l'amour, la mort, transcendés par l'esthétique épurée d'Alain Timar et servis par des interprètes au summum de leur art, magnétisent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872070.jpg?v=1722193990" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      L'expression &quot;être sous le charme&quot; retrouve son sens étymologique dans cette nouvelle proposition hautement artistique, projetant dans une époque futuriste deux des plus célèbres personnages nés de l'imaginaire flamboyant du maître de Stratford-upon-Avon…. À plus de quatre cents années de distance (la première représentation date de 1597), immergés dans une scénographie aussi minimaliste qu'éclatante des couleurs inspirées par la tradition du &quot;Pays du matin calme&quot;, nous redécouvrons Juliette et Roméo, éternellement vivants, prêts à rejouer devant nous le jeu cruel de l'amour et de la mort.       <br />
              <br />
       Un plateau tendu d'un jaune soleil levant, peuplé de danseurs acteurs parés de couleurs resplendissantes, bleu pour les hommes, rouge pour les femmes, tant, en cet âge futuriste, les sexes ne se mélangent pas… Alignés en bordure du tatami théâtral, de part et d'autre d'un musicien jouant en live, les protagonistes parés de leurs costumes design haute-couture s'apprêtent à entrer en jeu pour rejouer le combat qui oppose depuis des siècles et des siècles deux familles de Vérone, Les Capulet et les Montaigu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872078.jpg?v=1722194016" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      En ouverture, une chorégraphie somptueuse à la facture très contemporaine voit s'opposer frontalement la rangée des hommes, les Montaigu de Roméo, à celle des femmes, Les Capulet de Juliette. Des noms d'oiseau fusent de part et d'autres, contrastant avec la tenue des corps engagés dans des battles réglés au millimètre, et inscrivant ainsi délibérément l'intrigue dans une proximité vivante. Dans le même dessein, l'emploi de mots crus sera repris par la suite.       <br />
              <br />
       Des rivalités chorales orchestrées chorégraphiquement dans des joutes rendues encore plus captivantes par la vêture des protagonistes les magnifiant, aux solos du couple maudit touché par la grâce du coup de foudre, tout est prétexte à livrer de saisissants tableaux picturaux propres à refléter l'intensité de ce qui se joue. Quant au chœur qui se forme selon les aléas de l'action, il est fidèle à sa fonction, offrir une caisse de résonance aux mouvements de l'âme pour les réfléchir tel un miroir bienveillant.       <br />
              <br />
       Des tourments de Roméo pour Rosaline qu'il oubliera vite, à la ferveur qui s'empare de lui à la vue de Juliette, les élans du plus célèbre des Montaigu se heurtant à la famille des Capulet ayant destiné leur fille, la belle Juliette, à l'un de leur clan, tout sera l'objet d'un traitement dramaturgique entièrement inscrit dans une mise en jeu lumineuse où chaque détail est pensé comme la touche d'un peintre. D'ailleurs, selon une confidence, Alain Timar aurait pris le soin de réaliser auparavant, pour plusieurs scènes, des aquarelles…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872097.jpg?v=1722194137" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Les amants jouent du malheur propre aux héros romantiques, le fatum semblant depuis leur naissance les poursuivre… Pourquoi sont-ils nés dans deux familles hostiles de Vérone ? Pourquoi, en voulant protéger son fidèle ami, Roméo le tue-t-il malencontreusement avant de passer par le fil de l'épée Tybalt, son agresseur, un Capulet cousin de Juliette, ce qui signe son arrêt de mort. Et le Chœur de renchérir : &quot;Roméo l'a tué ! Roméo a tué Tybalt… Il doit mourir&quot;. Finalement, l'exil sera sa peine. Mais avant de s'éloigner, jurant à Juliette qu'ils se retrouveraient, le metteur en scène les fait se rencontrer une dernière fois – elle au sol, lui penché au-dessus d'elle – dans une scène brûlante, où le baiser échangé renvoie à celui dit de &quot;L'hôtel de ville&quot; de Robert Doisneau, les couleurs charnelles en plus.       <br />
              <br />
       Un destin qui s'acharne… Comme les histoires d'amour finissent mal en général, et là en particulier, le stratagème inventé pour que Juliette, prétendument empoisonnée, puisse échapper à l'union avec le Capulet que sa famille lui impose – <span style="font-style:italic">&quot;La mort a couché avec Juliette juste avant son mariage&quot;</span> – se retournera finalement contre les amants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58872099.jpg?v=1722194398" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Et ce, jusqu'à l'ultime scène où Capulet et Montaigu, assis en tailleur autour du tatami théâtral – et nous avec eux comme dans une mise en abyme précédant la descente au tombeau –, s'apprêtent à assister à l'épiphanie posthume (saisissante là encore de beauté sculpturale), avant de se lever pour disparaitre un à un dans les coulisses de l'histoire.       <br />
              <br />
       La puissance de cette forme théâtrale réside sans nul doute dans sa représentation plastique que l'on doit à l'œil à nul autre pareil de son metteur en scène et dans son interprétation par une troupe coréenne rompue aux arts de la scène. Si bien que cette pièce faisant partie du patrimoine de l'humanité, ayant inspiré des générations de metteurs en scène, se redécouvre parée de couleurs nouvelles propres à nous &quot;ravir&quot;. C'est là, dans cet effet de surprise, lié au vacillement de la conscience confrontée à la beauté plastique ouvrant vers tous les possibles, que se joue notre &quot;ravissement&quot; (au sens où l'entendait Marguerite Duras dans &quot;Le Ravissement de Lol V. Stein&quot;).       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 12 juillet 2024 dans la Salle du Chapitre du Théâtre des Halles d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Roméo et Juliette"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874951.jpg?v=1722237270" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en coréen surtitré en français.       <br />
       Texte, William Shakespeare.       <br />
       Adaptation, traduction : Alain Timár.       <br />
       Mise en scène, scénographie : Alain Timár.       <br />
       Dramaturgie, mise en scène associée, traduction coréenne : Junho Choe.       <br />
       Avec : Jaeha Hwang, Hyun Jang, Minwoo Jeong, Junhyeong Ji, Yuran Jwa, Sewon Kim, Yebin Lee, Taewoong Mun, Seoyeong Na, Chaewon Park, Sanghun Park, Habin Song, Hyunbin Song, Naeun Yang.       <br />
       Musique sur scène : Youngsuk Choi.       <br />
       Costumes : Jinhee Lee.       <br />
       Maquillage : Dongmin Lee.       <br />
       Chorégraphie : Hyuk Kwon.       <br />
       Lumière, vidéo : Yein Kim.       <br />
       Décor : Seojeong Lim.       <br />
       Régie : Soyeon Choi, Seon Kim, Yoojung Kim, Junmin Lee        <br />
       Par l'Université nationale des Arts de Corée (K'ARTS - Korea National University of Arts, Seoul).       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 21 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 21 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874975.jpg?v=1722237311" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81841478-58874978.jpg?v=1722237343" alt="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" title="•Off 2024• "Roméo et Juliette" Entre traditions et futurisme, l'insoupçonnable beauté d'une "re-présentation"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir</title>
   <updated>2023-07-24T15:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-La-question-Face-a-la-torture-une-affaire-d-Etat-comment-rester-debout-quand-bien-meme-devrait-on-en-mourir_a3699.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74225072-51633145.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-24T11:48:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand en 1958, en plein "événements" d'Algérie (l'État français refusant de nommer "guerre" les combats menés par le peuple algérien pour son indépendance) paraît "La Question" d'Henri Alleg aux Éditions de Minuit (de Jérôme Lindon), le livre est saisi pour "atteinte au moral de l'armée". Aussitôt réédité en Suisse par Jean-Jacques Pauvert, le fascicule à la couverture couleur bistre barrée de son titre circule sous le manteau. C'est l'Histoire (avec un grand H) de ce directeur de journal – "Alger Républicain" – emprisonné et torturé par les parachutistes de la 10e D.P., que la Cie Forget Me Not de Laurent Meininger remet en jeu à Avignon 2023 avec Stanislas Nordey, époustouflant de vérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633145.jpg?v=1690193730" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Dire d'abord le choc ressenti en découvrant l'interprétation du militant communiste libertaire par Stanislas Nordey, acteur d'exception. Avec une économie totale d'effets superfétatoires, simplement par un jeu guidé par la seule intelligence de ce qui se (re)joue là d'ordinairement cruel, il donne à voir et à entendre la prose signée Henri Alleg avec une force expressive &quot;extra-ordinaire&quot;. De son arrestation, le 12 juin 1957, à son enfermement à El-Biar, dans la banlieue d'Alger, où il va connaître les supplices de l'électricité et de la baignoire, Henri Alleg en &quot;héros ordinaire&quot; a résisté, refusant de livrer les noms et adresses que ses tortionnaires exigeaient de lui.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence&quot;</span>… Surgie de l'obscurité de la salle, la voix de l'acteur, frappant les syllabes comme on le ferait d'un alexandrin, vient nous saisir dans notre confort assoupi. Rejoignant le plateau nu, si ce n'est un rideau de fils mouvants sur lequel le corps mis à mal se détache, cette voix annihilera les frontières du temps pour, près de soixante-dix années plus tard, nous transporter dans ce lieu sinistre où, sous couvert de raison d'État, les pires tortures et liquidations sommaires ont été perpétrées en toute impunité.       <br />
              <br />
       Des feuillets remis clandestinement à son avocat pour faire connaître au monde une vérité soigneusement occultée, l'acteur, prêtant vie à Henri Alleg, évoque le quartier des condamnés à mort qui, chaque soir, étendus sur leur paillasse, attendent avec angoisse l'aube, l'heure des exécutions. Et pourtant, c'est de cet endroit, énonce-t-il, que montent les chants interdits, ceux qui jaillissent des entrailles des peuples luttant pour leur liberté. Suivent les fragments de nuits entières trouées par les cris des suppliciés, par les paroles entêtantes d'une ancienne prière murmurée en arabe à laquelle se raccrochent les hommes hébétés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633179.jpg?v=1690193826" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      La voix contrôlant son émotion dira la &quot;disparition&quot; de son ami Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien et militant de l'indépendance, torturé par la même équipe que lui. Elle dira aussi cette voix portée par un corps détachant ses gestes comme on orchestre une symphonie, les cris étouffés montant de l'aile réservée aux femmes, frappées, insultées par des tortionnaires sadiques. Djamila Bouhired est de celles-ci, cette militante FLN, qui fut capturée par les parachutistes français, torturée puis jugée et condamnée à mort, connue aussi pour avoir été défendue par l'avocat Jacques Vergès.       <br />
              <br />
       Tandis que les paroles enregistrées d'anonymes se rappellent à nous, il raconte sa prise en main par le Lieutenant Charbonnier, béret de para barrant sa tête au sourire narquois, satisfait au plus haut point d'avoir pris &quot;un gros poisson&quot;. Au &quot;centre de tri&quot;, il dit les intimidations pour le faire parler, les insultes et plaisanteries racistes – <span style="font-style:italic">&quot;Tiens, c'est un Français ! Il a choisi les ratons contre nous ? Tu vas le soigner, hein !&quot;</span> –, les tortures de la planche souillée de vomissures sur laquelle on l'oblige à s'allonger nu pour le soumettre à la Gégène, l'épreuve de l'eau dans les poumons, la bouche branchée au robinet, jusqu'à ce que noyade s'ensuive. Le corps du comédien, agité soudain de soubresauts, semble au bord de l'asphyxie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633193.jpg?v=1690193890" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Mais, fidèle à lui-même, à ses idées, à son combat, Henri Alleg ne cèdera rien aux brutes au béret bleu qui, sans complexe aucun, se réclament de la Gestapo. Il ne livrera aucun nom, aucune adresse de ceux qui ont pris le risque de l'héberger. Ni l'intensité grandissante du courant délivré par la Gégène sur son sexe, dans sa bouche desséchée, ni la perversité de l'eau salée qu'on lui offre en guise de rafraîchissement, ni l'exhibition d'un revolver tout proche de sa tête, ni le cachot où il atterrit entre deux interrogatoires, ne le fera parler. Pas plus que le chantage à sa famille à laquelle il préfèrerait son parti. Pas plus que les bruits de mitraillette entendus alors que Maurice Audin et lui avaient été conviés à un petit tour en voiture à proximité de la prison. Son ami était le premier, il aurait dû être le second.       <br />
              <br />
       Ce cauchemar vécu, il se doit, au nom de son ami mitraillé et de tous ceux qui meurent pour la liberté, de le faire connaître par l'entremise de ces feuillets écrits en prison, et passés en contrebande par son avocat. Comment en effet pouvoir envisager de passer sous silence les atrocités commanditées par un État dit de droit et qui, de plus, s'est transformé en École de perversion pour les jeunes Français appelés à servir au centre de tortures. Comment enfin ne pas dire que les Algériens ne confondent pas leurs tortionnaires avec le peuple français, un peuple qui doit savoir pourtant ce qui s'est fait en son nom.       <br />
              <br />
       Au terme de cette traversée, on en viendrait à oublier l'acteur tant l'art de s'estomper derrière celui qu'il incarne, avec une justesse troublante, est porté là à son incandescence. Devant nous, l'homme de conviction qu'était Henri Alleg prend vie… Et lorsque l'épilogue nous rappellera l'amnistie concernant toutes les &quot;infractions&quot; commises par les militaires français lors du &quot;maintien de la paix&quot; en Algérie, ainsi que les dix années de prison prononcées à l'égard de celui qui s'en était pris à l'honneur de la Grande Muette en écrivant ce brûlot, on se dit que le bel et sincère engagement artistique du metteur en scène et de son fabuleux interprète pour faire &quot;co-naître&quot; ce pan d'Histoire, est un luxe bien nécessaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 16 juillet 2023 au Théâtre des Halles à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La question"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633198.jpg?v=1690193916" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Texte : Henri Alleg, publié aux Éditions de Minuit.       <br />
       Mise en scène : Laurent Meininger.       <br />
       Collaboratrice mise en scène : Jeanne François.       <br />
       Avec : Stanislas Nordey.       <br />
       Scénographie : Nicolas Milhé et Renaud Lagier.       <br />
       Régie générale : Bruno Bumbolo.       <br />
       Lumière : Renaud Lagier.       <br />
       Son : Mikael Plunian.       <br />
       Constructeur : Ronan Ménard - Côté décors.       <br />
       Par la Compagnie Forget me not.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51 .       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 3 au 6 avril 2024 : Théâtre National De Bretagne, Rennes (35).       <br />
       9 avril 2024 : L'archipel, Fouesnant (29).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-La-question-Face-a-la-torture-une-affaire-d-Etat-comment-rester-debout-quand-bien-meme-devrait-on-en-mourir_a3699.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche</title>
   <updated>2023-07-09T09:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Braconniers-Tendre-delicatement-l-oreille-pour-decouvrir-ces-existences-en-marche_a3655.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73951626-51436015.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-09T09:05:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au Zimbabwe, dans le sud de l'Afrique, Humba, le rhinocéros de Paul Wright est abattu par des braconniers au sein de sa réserve privée. La lutte contre les braconniers devient pour lui une affaire personnelle. Au même moment, James Ngobo cherche des réponses après le meurtre de son fils. Deux pères, deux cultures, deux générations, quatre destins s'entremêlent sur fond d'apartheid dans cette partie de l'Afrique subsaharienne où règnent l'espoir et le désespoir. La vengeance sera-t-elle un soulagement sur ces pistes des terres rouges et du soleil accablant ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73951626-51436015.jpg?v=1688888663" alt="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" title="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Tout a commencé par un livre qui raconte l'histoire d'un ranger en Afrique du Sud qui a risqué sa vie pour récupérer le dernier rhinocéros blanc dans la jungle hostile du Congo. Mais, malheureusement, je n'ai jamais réussi à obtenir les droits. Mon désir était de parler de cette espèce menacée et fragile que l'on massacre et de l'exploitation cruelle que l'on en fait. Mais je ne voulais pas que mon spectacle soit à l'image d'&quot;Out of Africa&quot;, du &quot;Roi lion&quot;, de &quot;Blood Diamon&quot; ou de &quot;Tarzan&quot; parce que ces films-là, ce n'est pas l'Afrique que je connais et où j'ai vécu&quot;.</span> Ainsi s'exprime Éric Bouvron, écrivain, metteur en scène, comédien et chorégraphe récompensé du meilleur comédien du Théâtre privé en 2016 pour son adaptation des &quot;Cavaliers&quot; de Joseph Kessel.       <br />
              <br />
       Dans cette magnifique scène ouverte du jardin du Théâtre des Halles, nous avons eu la chance immense d'assister à une avant-première du spectacle le 5 juillet. Le festival était encore à ses balbutiements, la nuit était tombée et les rares spectateurs et spectatrices ont été accueillis(es) par une bien jolie mélodie aux accents et aux paroles africaines que les comédiens nous ont invitées à fredonner…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73951626-51436035.jpg?v=1688888694" alt="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" title="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" />
     </div>
     <div>
      En un millième de seconde, les pins du jardin des Halles se transforment en palmeraie et les pelouses en savane africaine. Comment cette magie s'est-elle opérée aussi vite ?       <br />
       Dès lors, tout commence très vite. Une prise de parole par Yannis Baraban, l'un des comédiens qui, dès les premiers instants, nous fixe droit dans les yeux et, comme une traînée de poudre, le spectateur est embarqué sans répit dans un récit profondément humain et poignant.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Pour mes créations, j'ai besoin de me rendre sur place, d'aborder les cultures que je découvre pour être le plus authentique possible&quot; (sic).</span>       <br />
              <br />
       Ça se sent sur le plateau. Pas d'artifices dans le propos, mais une impression de vécu profond s'installe immédiatement et inonde le spectateur sans le lâcher une seconde. Parce qu'Éric Bouvron sait de quoi il parle dans ce spectacle, lui qui a grandi en Afrique du Sud et pour qui les rencontres et les nombreux voyages nourrissent l'ensemble de ses créations théâtrales.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Braconniers&quot;, on y est au Zimbabwe ! Dans la nuit avignonnaise déjà tombée, on le sent pourtant le soleil accablant sur nos épaules, on est en immersion XXL-3D sur les pistes de sable rouge et l'on roule, on roule en trombe au volant du 4x4 vrombissant que conduit tantôt le personnage principal, Paul Wright, interprété de façon magistrale par Yannis Baraban ou par, Cyntia, sa fille, interprétée par Aurélia Poirier, remarquable comédienne dont on sent déjà un grand professionnalisme malgré son jeune âge. Jouer aux côtés d'Alexis Michalik apporte sans doute beaucoup. Entre autres…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73951626-51436036.jpg?v=1688888716" alt="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" title="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" />
     </div>
     <div>
      Une magnifique composition musicale et sound design réalisée par Romain Trouillet participe encore plus à nous projeter dans la jungle aux côtés des babouins bavards, des rhinocéros, du feu de bois, des pistes défoncées de la savane et du lodge qu'il faut soigner pour les touristes.        <br />
       À noter ce très très beau moment de spectacle où le temps est suspendu. Celui où Jean-Erns Marie-Louise, le comédien interprétant James Ngobo, évoque la légende de ce dernier et nous explique pourquoi, précisément, les rhinocéros sont gris.       <br />
              <br />
       Ou encore celui où Francis Bolela, interprétant Lindelani, le fils révolté, incarne un homme blanc qui craint d'être harcelé par les Noirs. Une mention particulière pour le jeu exceptionnel de ce comédien.       <br />
              <br />
       Il en est ainsi parfois du théâtre… Il nous emporte et nous subjugue.       <br />
       Mais l'écriture d'Éric Bouvron va plus loin, beaucoup plus loin. Derrière l'évocation notoire du problème des tueries cruelles des rhinocéros, elle convoque aussi la question de l'apartheid qui a laissé des séquelles notoires bien présentes, de la société sud-africaine, des relations intergénérationnelles, du racisme, de l'écologie et de la cause animale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73951626-51436069.jpg?v=1688889414" alt="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" title="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" />
     </div>
     <div>
      La présence harmonieusement entraînante et toute en douceur du violon de Raphaël Maillet – le &quot;fiddle&quot; plus exactement, un violon plus traditionnel que le violon classique – participe à faire de ce spectacle un moment de grâce théâtrale malgré la violence des actions et des rapports humains qui nous sont présentés. Il le sublime, tout simplement.       <br />
              <br />
       &quot;10 kg de cornes de rhinocéros : 90 000 dollars. C'est un joli pactole, n'est-ce pas !&quot;.       <br />
       Avec simplement quelques caisses rouges de bouteilles vides, une petite roue de vélo faisant office de volant, des changements de vêtements à vue par les comédiens, un mannequin très réaliste représentant le jeune braconnier tué par Paul Wright et une scénographie taillée au cordeau par les comédiens et la comédienne, Éric Bouvron parvient à prendre le public comme confident en lui proposant de tendre l'oreille délicatement vers ce qu'il a à nous transmettre et de découvrir ces existences en marche qui pourraient être les nôtres.       <br />
              <br />
       Puisse Éric Bouvron repartir encore et encore vers d'autres contrées pour nous ramener des instants de théâtre semblables et interroger le public sur la nécessité intrinsèque de celui-ci. Après le désert de Nabib avec les Bushmen, la banquise avec les Inuits, les steppes Ouzbek, la Mongolie, la Crète, les USA, la Jordanie et l'Île de la Réunion, où nous emportera t-il prochainement ?       <br />
       Nous sommes impatients(es) de le découvrir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Braconniers"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73951626-51436071.jpg?v=1688889496" alt="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" title="•Off 2023• "Braconniers" Tendre délicatement l'oreille pour découvrir ces existences en marche" />
     </div>
     <div>
      Texte : Éric Bouvron en co-écriture avec Benjamin Penamaria.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Éric Bouvron.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Eléna Michielin.       <br />
       Avec : Yannis Baraban, Mexianu Medenou en alternance avec Francis Bolela, Jean-Erns Marie-Louise, Aurélia Poirier.       <br />
       Musique en scène : Marie-Anne Favreau.       <br />
       Lumière : Romain Titinsnaider.       <br />
       Création musique et effets sonores : Romain Trouillet.       <br />
       Costumes : Nadège Bulfay.       <br />
       Une production Barefoot.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 Juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre des Halles, Jardin, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Braconniers-Tendre-delicatement-l-oreille-pour-decouvrir-ces-existences-en-marche_a3655.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis</title>
   <updated>2022-06-20T20:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Naissance-d-une-figure-historique-Angela-Davis_a3295.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65526458-46732950.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-21T07:35:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Angela Davis n'est pas morte. Elle continue encore et encore son action contre les inégalités raciales, une implication commencée dans les années soixante. Elle est toujours une voix qui s'entend à bientôt 80 ans. Mais, en réalité, Angela Davis est devenue une icône pour toujours, à l'égal de Martin Luther King (assassiné en 1969) et Malcolm X (assassiné en 1965), elle ne mourra jamais, elle fait partie de l'Histoire des États-Unis.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65526458-46732950.jpg?v=1655751707" alt="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" title="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" />
     </div>
     <div>
      Si ses deux prédécesseurs furent assassinés, Luther en 69, Malcolm en 65, Angela échappa de peu à une exécution elle aussi. Une exécution officielle pour celle qui fut la proie d'une traque du FBI sur tout le territoire américain : Angela Davis fait partie alors des dix criminels les plus recherchés aux USA, avec sur l'affiche de l'avis les mentions &quot;armée et dangereuse&quot;. Arrêtée par la police après quelques mois de cavale, elle risque la peine de mort.       <br />
               <br />
       Le spectacle écrit par Faustine Noguès s'intéresse essentiellement à la période qui précède cette arrestation et ce procès. Il part de l'enfance d'Angela, de ses prises de conscience. Elle a 11 ans quand Rosa Park fait la une des journaux pour avoir refusé de s'asseoir dans les places réservées aux gens de couleur dans les bus. Mais sa conscience de la violence de la ségrégation raciale, elle l'a développé bien avant, juste en se promenant dans son quartier de la ville d'Alabama où elle est née. Là-bas, dans les années cinquante, le Ku Klux Klan sème la terreur et perpétue ses meurtres en toute impunité. Le KKK assassine, mais il dynamite également les maisons des Afro-américains ou les incendie régulièrement. Le collège où elle est scolarisée subit deux fois des incendies criminels.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65526458-46732953.jpg?v=1655751741" alt="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" title="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" />
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      À partir de cette enfance, le spectacle parcourt la progressive implication d'Angela Davis dans le mouvement américain des droits civiques. Après des études en France et en Allemagne, elle demande à retourner aux États-Unis où elle milite activement avec le Black Panther Party, parti politique qui organise des rondes armées pour protéger les Afro-américains lors de contrôles de police. Pourtant, si l'avis de recherche du FBI stipule qu'elle est une &quot;criminelle armée et dangereuse&quot;, elle n'est en fait absolument pas impliquée dans les faits qui lui sont reprochés.       <br />
               <br />
       Ce sera la mobilisation nationale et surtout internationale, l'appui des intellectuels de l'époque et de nombreuses manifestations en Europe qui sauvèrent Angela Davis d'une condamnation tragique, une mobilisation qui la propulsa également dans la sphère des icônes du combat pour les libertés.       <br />
               <br />
       C'est par l'incarnation, le chant et la danse qu'Astrid Bayiha (en alternance avec Flora Chéreau) rend vivante cette biographie. Investie totalement dans le discours militant d'Angela Davis, la comédienne fait preuve d'une énergie et d'une conviction contagieuses. Elle est Angela, mais elle est aussi une femme actuelle qui tient à ne pas réduire l'icône à son mythe. La mise en scène Paul Desveaux ajoute à ce personnage des vidéos d'archives qui permettent de se plonger dans l'univers de cette époque et de réaliser la force de cette mobilisation qui sauva la peau d'Angela Davis.
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     <div><b>"Angela Davis, une histoire des États-Unis"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65526458-46732979.jpg?v=1655751770" alt="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" title="•Off 2022• Naissance d'une figure historique… Angela Davis" />
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      Texte : Faustine Noguès, sur une idée originale de Paul Desveaux et Véronique Felenbok.       <br />
       Texte publié chez Lansman Éditeur.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Paul Desveaux.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Ada Harb.       <br />
       Avec : Astrid Bayiha en alternance avec Flora Chéreau.       <br />
       Création et direction musicale, coaching chansons : Blade Alimbaye.        <br />
       Lumière : Laurent Schneegans.       <br />
       Images : Jérémie Lévy.       <br />
       Régie générale : Johan Allanic ou Nil Elftouch.       <br />
       Par la Compagnie L'héliotrope.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
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       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h, relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle de la Chapelle, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       20 et 21 septembre 2022 : Princeton, New Jersey (États-Unis).       <br />
       30 septembre au 4 octobre 2022 : Massachusetts International Festival of the Arts (MIFA), Holyoke, Massachusetts (États-Unis).
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