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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-13T20:08:32+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <updated>2026-05-13T10:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec_a4554.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-13T17:15:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297085.jpg?v=1774975955" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297086.jpg?v=1774975980" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297087.jpg?v=1774976008" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297088.jpg?v=1774976034" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène : Édouard Dossetto.       <br />
       Avec : Marie Benati, Rémi Couturier, Édouard Dossetto en alternance avec Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel, Guillaune Villiers Moriamé.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Régie : Anaïs Ansart-Grosjean.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 50. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Brunes, 32, rue Thiers, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 36 00 37.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/momo-petit-prince-des-bleuets" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/" target="_blank">>> theatredesbrunes.fr</a>       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1ᵉʳ et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <updated>2026-03-31T19:27:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec-notre-monde_a4519.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-02T07:49:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
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    <![CDATA[
À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875469.jpg?v=1774975955" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875479.jpg?v=1774975980" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
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      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875483.jpg?v=1774976008" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875488.jpg?v=1774976034" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène: Édouard Dossetto.       <br />
       Avec, en alternance : Tatiana André ou Ghina Daou, Édouard Dossetto ou Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel ou Marie Benati, Adam Karotchi ou Guillaune Villiers Moriamé, Madj Mastoura ou Rémi Couturier.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 5 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, 78, bis boulevard des Batignolles, Paris 17e.       <br />
       Téléphone : 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0515/fChoixSeance.aspx?idstructure=0515&amp;EventId=323&amp;request=QcE+w0WHSuALJm1hwt92oTJYdn+tcPhz4FOZQta0hTP5GiSw5WZsgg36FUsIh0a8x38SieWabZ2cp2BVsfugU7lvSgnDDW6dkT2qGfKnk+M=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>       <br />
              <br />
       Le spectacle se jouera au Théâtre des Brunes lors du Festival Off d'Avignon 2026.       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1er et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec-notre-monde_a4519.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude</title>
   <updated>2026-03-19T14:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Visite-Ou-comment-devenir-mere-en-ne-sachant-pas-comment-faire-Entre-bouleversements-et-solitude_a4508.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95460320-66758202.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-20T14:32:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Campus de Saint-Paul dans le Minnesota, loin de la France. Une jeune mère reçoit la visite annoncée de cousins, parents de son mari, qui ne devraient pas tarder à rentrer de son laboratoire de recherches. Seule face au public, elle se lance dans un monologue sans concessions, sans retenue, balayant réflexions sur la maternité et interrogations propres à toute mère primipare, propos autour de la prestigieuse bourse remportée par son mari avec son aide précieuse, et digressions autour de sa propre thèse en sciences du cerveau. Tous deux étant chercheurs en neurosciences.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95460320-66758202.jpg?v=1773927354" alt=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" title=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" />
     </div>
     <div>
      Plongeant petit à petit dans un délire qui nourrit son argumentation sur l'instinct maternel, elle arrive au bord de l'implosion, ou y est probablement déjà. Femme seule et perdue face au regard de la société, ne pouvant plus jouer le rôle qu'on attend d'elle. Panique.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je t'ai faite fille et tu m'as faite mère (…). Pourvu qu'on s'entende bien.&quot; &quot;Au fond, je crois fondamentalement en l'idée que notre véritable pulsion, c'est le sexe et non la reproduction, de même que quelqu'un a dit que le véritable instinct de l'écureuil, c'est de cacher des noisettes et non pas de planter des arbres. Cacher des noisettes, et non pas de planter des arbres…&quot;,</span> Anne Berest.       <br />
              <br />
       Anne Berest, on la connaît bien. On la lit souvent. Romancière, scénariste pour la télévision et dramaturge, elle est l'auteure de nombreuses biographies, mais surtout du roman &quot;La Fille de son père&quot; en 2010, &quot;Carte postale&quot; en 2021 – immense succès – et tout récemment &quot;Finistère&quot;, récit émouvant sur les origines de son père.       <br />
              <br />
       Spécialement écrite à l'origine pour la comédienne Lolita Chammah et créée au Théâtre du Rond-Point en 2020, la pièce &quot;La Visite&quot; est reprise au Studio Hébertot, à Paris, depuis février. Interprétée cette fois-ci par Clara de Gasquet, cette pièce dont le thème central, à bien y regarder, n'est autre que celui de la solitude imposée, est un texte puissant où la dramaturgie de l'intime revêt des sphères bien plus universelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95460320-66758203.jpg?v=1773927393" alt=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" title=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" />
     </div>
     <div>
      Certes, la solitude progressive de cette femme naît de la naissance de son premier enfant et cet instant est pour elle une révolution. À ce titre, un parent &quot;sachant&quot;, on saurait si ça existait… Cette femme, elle, ne sait pas. Elle ne sait pas faire. Pourtant, elle avait tout appris auparavant – elle est chercheuse en neurosciences –, les études, elle connaît. La pugnacité et le labeur aussi. Mais là, c'est autre chose ! Pourquoi personne ne nous en parle de la venue de l'enfant et de ce qui s'ensuit ? Pourquoi dit-on qu'il s'agit là du plus beau jour de notre vie ? Certes, cela doit quand même être le cas pour la plupart des femmes. Mais pas pour elle.       <br />
              <br />
       Dans ce décor blanc agencé comme un cocon protecteur, - un peu trop net cela dit -, cette femme est coincée pendant que son mari fait cours. Tout vacille pour elle, tout bouillonne bruyamment dans son corps, dans sa tête, dans son âme. Tandis que bébé dort paisiblement. Tout vacille, et l'arrivée de ces &quot;cousins&quot; libère la parole qui se déverse à flots discontinus.       <br />
              <br />
       Mais qui viennent-ils visiter au juste, ces cousins ? Elle ou son bébé ? Et indirectement féliciter le père encore absent… Absent matériellement pour le moment, mais sans doute absent aussi au tsunami de gestes et de casquettes que va procurer cet enfant à la mère dans son quotidien définitivement chamboulé. Gestes lourds, injonctifs, ambivalents, répétitifs, déroutants, bardés d'une charge mentale incontournable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95460320-66758210.jpg?v=1773927418" alt=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" title=""La Visite" Ou comment devenir mère en ne sachant pas comment faire… Entre bouleversements et solitude" />
     </div>
     <div>
      L'interprétation de la comédienne Clara de Gasquet autour du texte d'Anne Berest et de ce mythe maternel doit légitimement être applaudie. Gageons que la performance de la comédienne pourrait, par moments, être affinée davantage pour ne pas virer à trop d'intensité qui frôle parfois le one-woman-show. La nuance est subtile, certes. Le propos de la pièce est intense, entre détresse affichée et colère, quand bien même l'humour – noir de temps en temps – est très présent au fil d'évocations de montées de lait, de température idéale de la chambre du bébé, de couches biologiques, ou pas, de larmes, de solitude, etc.       <br />
              <br />
       &quot;La Visite&quot;, dans une jolie mise en scène de Raphaëlle Cambray, sobre et efficace, interprétée par Clara de Gasquet, aurait peut-être mérité d'un peu plus de tempérance dans le jeu de la comédienne, d'un peu moins d'éclats de voix et d'agitations, davantage de pauses et un peu moins de poses intentionnelles afin que le texte de la dramaturge perce davantage encore. Ce doit être un texte jouissif à interpréter pour une comédienne, entre nombreux états contraires et amour complexe pour le nouveau-né. Car, histoire d'amour, il y a malgré tout !       <br />
              <br />
       Avoir un enfant, pour une femme, c'est s'inventer une façon d'être mère. Dans cette nouvelle adaptation, Clara de Gasquet aurait pu s'inventer autrement, plus silencieusement dans ce rôle de mère, entre nécessaire puissance d'interprétation et espace de liberté gigantesque. Dans la sagesse populaire, on dit que <span style="font-style:italic">&quot;le fou dit la vérité&quot;</span>. Ici, Clara de Gasquet dit sa vérité, certes, intensément. Peut-être un peu trop. Attention… <span style="font-style:italic">&quot;Chuuuuuuuuut, bébé dort !&quot;</span>       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Visite</b></div>
     <div>
      Texte : Anne Berest.       <br />
       Mise en scène : Raphaëlle Cambray.       <br />
       Avec : Clara de Gasquet.       <br />
       Scénographie : Morgane de Ponsay.       <br />
       Lumières : Antonio Carvalho       <br />
       Musique originale : Blasé.       <br />
       Production : Ceux qui doutent.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 février au 1ᵉʳ avril 2026.</span>       <br />
       Lundi et mercredi à 21 h.       <br />
       Studio Hébertot, 78, bis, boulevard des Batignolles 75017 Paris 17ᵉ.       <br />
       Réservations : 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0515/fChoixSeance.aspx?idstructure=0515&amp;EventId=329&amp;request=QcE+w0WHSuALJm1hwt92oTJYdn+tcPhzrAB9S1acXcBsuFV4fqGCubQZI8SB2HcD" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Visite-Ou-comment-devenir-mere-en-ne-sachant-pas-comment-faire-Entre-bouleversements-et-solitude_a4508.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio</title>
   <updated>2025-11-27T12:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Enfants-du-Diable-Quand-le-theatre-honore-la-memoire-avec-delicatesse-et-balaie-l-horreur-avec-brio_a4414.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92856393-65004966.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-11-27T10:17:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bucarest 2009, vingt ans après la chute de Ceaușescu et la découverte des "orphelinats mouroirs", Niki et Veronica, un frère et une sœur que tout oppose, déchirés par un passé commun, se retrouvent une nouvelle fois unis par un drame. Une nuit, c'est rapide pour réparer une vie, c'est cruel à l'égal du temps qui passe, une nuit pour envisager une vie. Comment une fratrie caractérisée comme "enfants du Diable" peut-elle s'affranchir de son passé ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92856393-65004966.jpg?v=1719921955" alt=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" title=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" />
     </div>
     <div>
      En cette période pour le moins troublée de notre pays qui vacille, il va sans dire que la pièce de Clémence Baron, &quot;Les Enfants du Diable&quot;, aura quelques échos bien sonores. Le totalitarisme est aux portes de notre pays. Ne le laissons pas entrer, comme il a pu le faire dans l'Histoire européenne pas si lointaine. En Roumanie, par exemple, deux mois après la chute du mur de Berlin, alors que le pays était dirigé par un couple fou et sanguinaire : le couple Elena et Nicolae Ceaușescu, surnommé Dracula, ou encore &quot;le génie des Carpates&quot;.        <br />
              <br />
       Leur politique communiste nataliste sinistre, contre l'avortement et la contraception, était des plus extrêmes – cinq enfants minimum par foyer sous peine d'amende –, et surtout la création des pouponnières d'enfants dits &quot;oligophrènes&quot; dont les témoignages des ONG soulèvent l'horreur absolue à leur découverte : régime carcéral réservé à des enfants au crâne rasé, enfants abandonnés, parqués comme du bétail humain dans des établissements aux sanitaires inutilisables, baignant dans leurs excréments, attendant la mort, soumis à des hurlements incessants et des violences récurrentes, isolés, hébétés, se balançant d'avant en arrière à longueur de journée…       <br />
              <br />
       C'est ce pan de l'Histoire européenne, plutôt méconnu, qui a inspiré la comédienne et metteure en scène Clémence Baron, autrice de &quot;Fallacia&quot;, une comédie digne de Feydeau, selon les critiques, et qui retiendra l'attention de la maison d'édition des Cygnes qui la publiera.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92856393-65004967.jpg?v=1719922064" alt=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" title=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" />
     </div>
     <div>
      Avec &quot;Les Enfants du Diable&quot;, on est bien loin de la comédie et le texte de Clémence Baron, d'une grande justesse, sonne dramatiquement à nos oreilles. <span style="font-style:italic">&quot;Toute ressemblance avec des faits réels, n'est ni pure ni fortuite coïncidence&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Veronica, jeune femme de trente ans adoptée à ses dix ans à l'étranger, et son frère se retrouvent après de longues années sans s'être vu, tous deux ayant poursuivi leur chemin chacun de leur côté, tant bien que mal. Mais Niki est plein de reproches envers Veronica qu'il accuse de les avoir abandonnés, Mirela et lui. Il apprend des nouvelles à son sujet qui l'excèdent. À peine commence-t-on à en comprendre les raisons que Veronica réapparaît, rouvrant les blessures encore douloureuses. Pourtant, Mirela les réunira, à la fois présente et absente, car elle vient juste de décéder… Un nouveau drame pour la fratrie.       <br />
              <br />
       D'ordinaire, nous sommes toujours un peu sur nos gardes dès lors que des images d'archives ou autres vidéos s'insèrent dès le départ dans un spectacle, car, à nos yeux, le pouvoir intrinsèque de l'acte théâtral, simple et pur, doit se suffire à lui-même !       <br />
              <br />
       Dans &quot;Les Enfants du Diable&quot;, le spectacle s'ouvre en effet par une vidéo d'enfants qui fixent la caméra, regards hallucinés qui nous bouleversent d'emblée. Rien d'ostentatoire, ici, par contre. Juste l'évidence d'un apport nécessaire à la construction dramaturgique de la pièce. Le rôle du Théâtre n'est-il pas aussi de nous informer au-delà de l'émotion ?       <br />
              <br />
       C'est un remarquable hommage que Clémence Baron rend dans cette pièce à ces orphelins Roumains et le binôme des comédiens (avec Antoine Cafaro) fonctionne parfaitement. Celle-ci est habitée par le personnage et apprendre que Mirela est sa sœur autiste explique certaines choses. Ce qui n'enlève rien, cela dit, au jeu de la comédienne en soi : une performance juste et sensible. Antoine Cafaro n'est pas en reste. Cofondateur en 2016 de la compagnie &quot;Les Buveurs de thé&quot;, il incarne avec brio ce frère en révolte contre sa sœur. Le tout est porté par la mise en scène unique, hyperréaliste et soignée de Patrick Zard, aux allures d'un roman de Zola ou d'un Balzac.       <br />
              <br />
       Sur scène, Mirela est présente via un simple fauteuil à bascule sur le dossier duquel est posé un châle coloré, allégorie du trouble physique de ces enfants traumatisés. <span style="font-style:italic">&quot;Se balancer, c'est rester en mouvement. Rester en mouvement, c'est vivre. Donc, se balancer, c'est vivre. Je veux rester en mouvement. Je veux vivre&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Ne ratez pas &quot;Les Enfants du Diable&quot; et ayons une pensée pour tous ces enfants abandonnés de la Roumanie de Ceausescu. Le thème de la résilience, les effets réalistes incomparables du jeu des comédiens, le texte taillé au cordeau et une bien jolie mise en scène font de ce spectacle un moment très fort où notre conscience de spectateur est fortement sollicitée.       <br />
       Le Théâtre, c'est ça aussi !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Enfants du Diable"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92856393-65004968.jpg?v=1719922095" alt=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" title=""Les Enfants du Diable" Quand le théâtre honore la mémoire avec délicatesse et balaie l'horreur avec brio" />
     </div>
     <div>
      Texte : Clémence Baron.       <br />
       Mise en scène : Patrick Zard'.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Marie Nardon.       <br />
       Avec : Clémence Baron et Antoine Cafaro.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
       Compagnie de la Baronnerie.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 novembre 2025 au 24 mars 2026</span>       <br />
       Lundi à 19 h et mardi à 21 h.       <br />
       Studio Hébertot, 78 bis, boulevard des Batignolles, Paris 17e.       <br />
       Téléphone : 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0515/fChoixSeance.aspx?idstructure=0515&amp;EventId=316&amp;request=QcE+w0WHSuALJm1hwt92oTJYdn+tcPhzlbJUKgftjVDjJnsyUMiP6Rygt1EzLBU1xjQkZqLkv/YSg+XSJs6skw==" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Enfants-du-Diable-Quand-le-theatre-honore-la-memoire-avec-delicatesse-et-balaie-l-horreur-avec-brio_a4414.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel</title>
   <updated>2025-03-22T10:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Histoire-de-mes-seins-Un-voyage-theatral-et-musical-profond-et-rejouissant-autour-d-un-theme-intimement-universel_a4176.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87367665-61990247.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-24T06:27:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur un ton espiègle, Luna raconte son histoire vécue, depuis ses bonnets de soutien-gorge. Embarquée accidentellement dans une rixe, elle doit se justifier devant une inspectrice de police, dans un commissariat. À 11 ans, l'irruption de ses seins sur son torse de petite fille a brutalement modifié le regard que l'entourage portait sur elle… Son parcours, entrecroisé avec celui de nombreuses femmes, émaillé d'humour et de chansons, ouvre la porte à un spectacle dans lequel se mêlent l'intime et le politique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87367665-61990247.jpg?v=1742633440" alt=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" title=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" />
     </div>
     <div>
      Les seins féminins. La poitrine. Sujet éminemment complexe, tant dans le fond que dans la forme. Particulièrement dans la forme, ici, car il s'est agi d'adapter au théâtre l'ouvrage éponyme de la journaliste, romancière et essayiste, Monique Ayoun. Un certain défi, s'il en est, car rien de moins évident que de bâtir un acte créatif théâtral d'après un essai…       <br />
              <br />
       De toute évidence, cela n'a pas du tout effrayé Rabiàa Tlili, jeune metteuse en scène franco-tunisienne, qui s'est emparée du texte de la romancière essayiste à bras le corps et &quot;de manière poitrinaire&quot;, qui l'a palpé, soupesé, reniflé, manifestement apprécié, et en a extrait une pièce élégamment construite.       <br />
              <br />
       Le dessein de la femme n'est-il pas souvent lié à celui de son tour de poitrine et à la taille de ses seins ? Une idée très originale que celle de Monique Ayoun, par son choix de donner la parole à cette partie du corps des femmes dont elles sont si tributaires et qui contrôlent tant le regard que la société et les autres ont sur elles.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;C'est fou à quel point les seins transforment le regard des autres ! Dans ce livre, je me suis amusée à raconter les situations surprenantes et cocasses qu'ils provoquent… Le sujet est porteur et universel. Les seins sont les grands oubliés de l'Histoire des femmes. Et pourtant, ils sont complexes avec leur double fonction, à la fois sexuelle et maternelle&quot;,</span> indique Monique Ayoun.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87367665-61990254.jpg?v=1742633530" alt=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" title=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" />
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      <span style="font-style:italic">&quot;Mon article écrit pour un magazine dans un dossier spécial &quot;seins&quot; m'avait déjà procuré des tas de témoignages à la fois très personnels et très différents, et j'ai eu envie de l'adapter au théâtre…&quot;,</span> précise-t-elle. Chez Rabiàa Tlili, l'humour et la sensualité prédominent et son féminisme n'est pas sectaire, car il n'exclut pas les hommes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Les hommes ne sont pas oubliés dans cette histoire qui les concerne tant ! Leurs regards et leurs mains, leurs bouches comme leurs pensées, souvenirs et fantasmes, font partie de ce parcours&quot;.</span>       <br />
       Pour incarner l'ouvrage de Monique Ayoun, ce sont trois comédiennes investies, pétillantes et audacieuses qui virevoltent sur le plateau : Luna, interprétée brillamment par Ophélia Grimm, Rabiàa Tlili, incarnant trois rôles différents avec grande justesse, et Maud Vincent, remarquable comédienne, qui parvient avec grand talent à interpréter des femmes aux origines culturelles différentes. Accordons-lui une mention toute spéciale !       <br />
              <br />
       La pièce, faisant voyager le public, avec humour et parfois mélancolie, entre évocations d'aréoles rosées sensuelles, seins proéminents avec lesquels il faut composer, seins en forme de poires ou de pommes, ou au contraire &quot;œufs sur le plat&quot; désespérants et guêpières à lacets, propose un véritable plaidoyer féministe, engagé et largement universel.       <br />
              <br />
       Entre seins sensuels ou subversifs, extatiques, célébrés et glorifiés, Rabiàa Tlili, épaulée par Monique Ayoun elle-même, offre, au public, un vrai moment de réflexion qui interpelle aussi, plus intimement. Mais l'universel et l'intime ne sont-ils pas bien souvent étroitement liés ?       <br />
       &quot;Mon père était le seul homme que j'aimais vraiment, mais son regard a changé quand ma poitrine a grossi&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Histoires de mes seins&quot; est une adaptation théâtrale réussie où l'angle de la comédie, de la chanson et des images projetées dépourvues d'ostentation, renforce largement le propos.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
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     <div><b>"Histoire de mes seins"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87367665-61990255.jpg?v=1742633550" alt=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" title=""Histoire de mes seins" Un voyage théâtral et musical profond et réjouissant autour d'un thème intimement universel" />
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      Texte : Monique Ayoun.       <br />
       Adaptation : Monique Ayoun.       <br />
       Mis en scène : Rabiàa Tlili.       <br />
       Avec : Ophélia Grimm, Maud Vincent et Rabiàa Tlili.       <br />
       Dramaturgie : Mariane Zahar.       <br />
       Compositions originales : Hervé Cohen.       <br />
       Images : Faical Abassi.       <br />
       Sculpture : Jacky Kooken.       <br />
       Production : La Compagnie des Saïs.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       &quot;Histoire de mes seins&quot; de Monique Ayoun est illustré par Georges Wolinski (Éditions Plon - 2008).       <br />
              <br />
       <b>A été représenté 8 janvier au 26 février 2025.</b>       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
              <br />
       Probable tournée à venir…
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