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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-13T11:04:19+02:00</updated>
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   <title>"Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant</title>
   <updated>2025-10-29T10:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Finalement-quoi-Une-partition-theatrale-bouleversante-qui-opere-comme-un-miroir-hyper-reflechissant_a4392.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-10-29T06:14:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Enfermée dans un espace étroit, une jeune femme s'adresse à nous en déroulant des bribes de sa vie d'avant. Celle qu'elle a partagée avec sa famille. Avant qu'elle ne soit contrainte à peindre des œufs. Des œufs pour Pâques. Entre chaque coup de pinceau, toutes les couleurs de son arc-en-ciel émotionnel se déploient en un feu d'artifice drôle et féroce. Elle rit. Elle pleure. Elle vocifère. Elle ose la plaisanterie. Elle retient son souffle. Elle s'interroge. Parfois, se tait…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92151143-64690118.jpg?v=1761675394" alt=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" title=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" />
     </div>
     <div>
      C'est en 1976 que Philippe Madral écrit ce texte, alors qu'il traverse une période très difficile de sa vie personnelle et qu'il est &quot;au bord du gouffre&quot;. Il n'est plus à prouver que les fleuves intranquilles de la vie sont définitivement propices à l'écriture, comme les multiples contraintes ou autres &quot;joyeusetés&quot; qu'elle nous réserve. Ce fut précisément le cas pour l'auteur, qui s'est brusquement retrouvé abandonné de la sphère créative nationale après, pourtant, sa collaboration à la direction du CDN du Nord, ainsi qu'au terme de trois mises en scène de ses propres pièces en 1974.       <br />
              <br />
       Après, plus rien. Jusqu'au jour où Lucien Gibarra, célèbre figure de l'&quot;underground&quot; théâtral parisien, lui tend la main en lui demandant d'écrire un monologue. Le texte &quot;C'est la surprise&quot; voit ainsi le jour, retraçant le désespoir que vivait l'auteur à l'époque. Puis le texte prend un autre titre, plusieurs années plus tard, et la pièce est créée à plusieurs reprises, notamment par Patrick Chesnais en 1986.       <br />
              <br />
       Ici, ce n'est pas un interprète masculin qui se présente sur le petit plateau du Guichet Montparnasse. Ce n'est pas Patrick Chesnais, loin de là, mais une frêle jeune femme, vêtue d'un bleu de travail parsemé de taches de couleurs et avec des tennis blanches qui <span style="font-style:italic">&quot;deviennent accessoires le temps d'une scène&quot;</span>, comme le précise Stéphan Hersoen, le metteur en scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92151143-64690129.jpg?v=1761675436" alt=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" title=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" />
     </div>
     <div>
      Une version toute revendiquée pour le moins audacieuse autour de laquelle, avec l'accord de l'auteur, il a ainsi pu <span style="font-style:italic">&quot;gommer les frontières des genres&quot;</span>, et faire part du caractère universel des démons et des failles que nous avons toutes et tous plus ou moins enfouis en nous. Gageons fortement que d'aucuns (unes) critiques ou autres spectatrices et spectateurs ne verront pas, dans cette nouvelle adaptation, qu'un simple effet sensible et propre à la gent féminine !       <br />
              <br />
       Tandis que le public prend place, la comédienne patiente, les mains sur les oreilles, courbée, marchant à petits pas autour du plateau recouvert d'un drap blanc. Un pied devant l'autre, d'une manière toute mécanique et rigoureusement millimétrée, comme une forme d'oxymore du désordre à venir, au cœur de ce carré qu'elle arpente. Puis rapidement, le ton est donné. Des bruits dans sa tête surgissent, symbolisés par une musique stridente et récurrente.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Approche-moi pas ! Fais gaffe au bord ! Reste ! Arrête ! Reste où t'es&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, le phrasé psychotique de la comédienne emporte le public comme dans un tsunami, le dérangeant, peut-être… Mais notons là une véritable performance d'actrice, d'autant que ce dernier est également associé à une dynamique corporelle bouleversante, qui n'est pas sans rappeler celle des personnes atteintes d'autisme ou plus globalement névrosées.       <br />
              <br />
       À ce titre, le jeu de Camille Bouillé est &quot;tout simplement&quot; époustouflant. Il n'est pas sans nous rappeler celui de la comédienne Sara Mortensen dans la série TV &quot;Astrid et Raphaëlle&quot;. Les mimiques de son visage, comme le travail de ses mains et de ses bras, faisant d'ailleurs osciller le texte comme l'entièreté de sa prestation entre légèreté, drôlerie et dimension plus tragique.       <br />
       C'est fulgurant, et comme au-delà du simple travail de comédienne !       <br />
       Soulignons aussi la grande justesse de ses regards adressés au public, parfois glaçants, envahissants, déstabilisants ou/et largement complices.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Stéphan Hoersen de la Compagnie du Plateau Libre tranche de façon sensible les tourments affichés de la comédienne : des bocaux de peintures et un jouet d'enfant aux couleurs vives, un grand carnet à dessin sur lequel elle trace d'un geste adroit des œufs de Pâques très colorés, la toile blanche au sol, lumineuse et entachée de traces multicolores, des chaînes qui brillent accrochées au plafond, le tout très loin de la grisaille et du brouillard que la comédienne a dans sa tête, et dont elle nous parle en 3D.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92151143-64690135.jpg?v=1761675471" alt=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" title=""Finalement quoi" Une partition théâtrale bouleversante qui opère comme un miroir hyper réfléchissant" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Je pense que je peux être très bonne dans le second ordre, uniquement dans le second ordre… Au fond, les autres, je ne sais pas ce qu'ils croient… La tête. Ma tête. Je ne sais pas…       <br />
       Quand on peut plonger un lapin dans une bassine, c'est sûr qu'on va réussir dans la vie. Ma mère, c'est le genre de fille avec qui il faut prendre des précautions pour l'approcher… J'étais toquée d'elle, mais si on était gentille, ça ne passait pas&quot;.</span>       <br />
              <br />
       &quot;Finalement quoi&quot;, pièce au titre pour le moins énigmatique, actuellement au Guichet Montparnasse, et ce, jusqu'au 18 décembre, est une pièce d'une profondeur émotionnelle saisissante qui ébranle les certitudes des spectatrices et spectateurs sur leur normalité, et qui trouble autant qu'elle éclaire.       <br />
              <br />
       La prestation cathartique et éblouissante de Camille Bouillé, étoffée par la mise en scène de Stéphan Hersoen, simple, mais brillamment éclairante, fait de ce spectacle un moment particulièrement fort de la rentrée théâtrale parisienne.       <br />
              <br />
       Ne reste-t-on pas toujours un peu marginal, hors normes, handicapés de la vie, &quot;pas comme les autres&quot;, lorsque le destin nous happe un jour, nous prend dans ses filets ? Lorsque le sentiment d'exclusion sociale ou sentimentale, l'absence de reconnaissance, les silences destructeurs, ou l'abandon nous submerge ?       <br />
              <br />
       À bien y regarder, c'est ce que dit cet exceptionnel seul en scène que Philippe Madral avait hâte de découvrir. Gageons que grâce à cette nouvelle adaptation, il aura pu retrouver toute la force incandescente de sa plume de 1976, et qu'elle lui aura définitivement apporté de la lumière, comme les œufs de Pâques peuvent le faire, cachés sous les arbustes…       <br />
       Finalement ! Quoi ? Eh bien, cette pièce, à ne rater sous aucun prétexte !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> "Finalement quoi"</b></div>
     <div>
      Texte : Philippe Madral.       <br />
       Mise en scène : Stéphan Journeaux Hersoen.       <br />
       Avec : Camille Bouillé.       <br />
       Scénographie et lumière : Stephan Hersoen.       <br />
       Création vidéo: Adrien Jean-Robert et Camille Boullé.       <br />
       Costumes, décors et accessoires Compagnie du Plateau Libre.       <br />
       Création visuelle et graphique : Catherine Récamier.       <br />
       Compagnie de Plateau Libre ( Stéphan Hersoen et Florence Limon)       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 septembre au 18 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi à 19 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, 15, rue du Maine, Paris 14e.       <br />
       Réservations : 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-GUICHET_MONTPARNASSE-30524-0.wb?REFID=tt85AAAAAACZAA" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"La Femme au bouquet" Ou comment convoquer par la poésie du Verbe une bulle d'ailleurs douce et libératoire</title>
   <updated>2024-10-31T14:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Femme-au-bouquet-Ou-comment-convoquer-par-la-poesie-du-Verbe-une-bulle-d-ailleurs-douce-et-liberatoire_a4072.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83868077-59955883.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-31T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une femme, sur un chemin, cueille des fleurs sauvages. Un visage lui revient, celui d'un homme à qui, à un moment de sa vie, elle a confié ses blessures. À mesure qu'elle se remémore leur rencontre, elle confectionne lentement son bouquet. Le rire, la complicité entre les deux personnages alternent avec une parole plus grave, entre présent, passé proche ou plus lointain, et ce foisonnement mental va libérer une parole enfouie, inattendue, qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir dire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83868077-59955883.jpg?v=1730373646" alt=""La Femme au bouquet" Ou comment convoquer par la poésie du Verbe une bulle d'ailleurs douce et libératoire" title=""La Femme au bouquet" Ou comment convoquer par la poésie du Verbe une bulle d'ailleurs douce et libératoire" />
     </div>
     <div>
      Nina Karacosta, comédienne-poétesse d'origine grecque, nous l'avions déjà vue jouer dans &quot;Gelsomina&quot; il y a quelques mois, à la Folie Théâtre, une adaptation de &quot;La Strada&quot;, le célèbre film de Federico Fellini faite par Pierrette Dupoyet. Nous avions déjà apprécié, à l'occasion de cette seule en scène, sa présence particulière sur le plateau dont il est difficile de dire précisément ce qui la constitue…       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, à travers ses mots joliment prononcés, ronds et bien scandés, son charisme qui transporte à nouveau le spectateur, à travers son charmant accent grec et son regard prégnant, la comédienne parvient aussi à embarquer le spectateur, et à lui faire &quot;voir&quot; l'histoire racontée : celle de ses pensées qui s'effeuillent au fil de ses pas tout en ramassant des fleurs sauvages, et qui oscillent entre réminiscence d'un homme rencontré par hasard, juste avant qu'il n'entre dans sa structure professionnelle, et allusion à des écrivains qu'elle aime tels Stefan Zweig, Kafka, Nathalie Sarraute ou Samuel Beckett.       <br />
              <br />
       À bien y regarder, on peut se demander quel est véritablement le thème de cette pièce écrite par Desiderio Montironi, car, parfois, le monologue peut dérouter et le spectateur s'y perdre. Mais, comme chacune de ces fleurs qu'elle détache de sa tige, la comédienne parvient malgré tout à centrer l'attention du public et, à la fin du compte, à composer son bouquet de &quot;fleurs mots&quot; de façon subtile et chatoyante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83868077-59955884.jpg?v=1730373668" alt=""La Femme au bouquet" Ou comment convoquer par la poésie du Verbe une bulle d'ailleurs douce et libératoire" title=""La Femme au bouquet" Ou comment convoquer par la poésie du Verbe une bulle d'ailleurs douce et libératoire" />
     </div>
     <div>
      Ceci est pour le moins paradoxal et plutôt énigmatique. Est-ce peut-être parce que chacun des propos formulés autour du deuil, des souvenirs, de la quête de soi ou de la nature, que l'on ne regarde pas assez, convoque inévitablement le spectateur, lui aussi ? Est-ce parce que la lenteur suave dans le jeu et la parole de la comédienne le submerge et l'apaise, faisant naître en lui des désirs refoulés de &quot;mise au vert&quot; et de quiétude ? Est-ce parce que le texte le ramène, comme la femme au bouquet, à des visages connus qui sont là à ses côtés, présents, absents, sans qu'ils puissent vraiment disparaître ? Probablement un peu de tout ça !       <br />
              <br />
       Le texte d'une grande poésie de Desiderio Montironi, associé au jeu joliment évanescent de Nina Karacosta, donne au final un résultat très probant. Pourtant, rien d'ostentatoire. Ni dans la scénographie, ni dans la dramaturgie. Aucune circonvolution inutile. Presque rien, mais c'est déjà beaucoup…       <br />
              <br />
       Juste la présence de la comédienne qui parvient, à nouveau, à revêtir chaque mot et chaque pensée d'une aura délicieusement cotonneuse, procurant au spectateur une sorte d'apesanteur de laquelle il met un peu de temps à sortir à la fin du spectacle.       <br />
              <br />
       Et si , à bien y regarder, ce dont Desiderio Montironi a voulu nous parler, c'était le thème de la marche ! Marcher pour aller plus lentement, et ne pas se laisser envahir par des pensées parasites et l'impératif de l'immédiateté. Marcher en se laissant bercer par nos émotions, faire l'expérience de certaines dimensions insoupçonnées, riches et précieuses. Certes, Nina Karacosta ne nous abandonne pas pour une quelconque escapade sur les chemins, mais c'est tout comme.       <br />
              <br />
       Avec elle, nous voyageons. Nous nous représentons sans difficulté aucune cet homme qu'elle a rencontré, qui n'est sans doute qu'un prétexte… Probablement n'a-t-il jamais existé…       <br />
       À vous d'en juger.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Femme au bouquet"</b></div>
     <div>
      Texte : Desiderio Montironi.       <br />
       Mise en scène : Driss Touati.       <br />
       Avec : Nina Karacosta.       <br />
       Chorégraphie : Claire Gérald.       <br />
       Mise en mouvement : Jehnne Secretan.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Peinture : Eléni Dragoumi.       <br />
       Accessoires : Evi Karahli et Nicole Papakou.       <br />
       Conception sonore : Alina Semenova       <br />
       Compagnie La Double Spirale.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 octobre au 10 novembre 2024.</span>       <br />
       Vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 h 30.       <br />
        Théâtre Le Guichet Montparnasse, Paris 14e, 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !</title>
   <updated>2015-04-27T06:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Licencie--Motif-se-prend-pour-Moliere-mais-pas-pour-Luchini-_a1333.html</id>
   <category term="Trib'Une" />
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   <published>2015-04-27T06:18:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Luchini étant complet depuis 2004 pour une durée indéterminée, j'ai jeté mon dévolu en ce dimanche quasi printanier, loin d'être estival, il faut se calmer ! Sur un comédien fraîchement rencontré.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7721993-11950436.jpg?v=1430036811" alt="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" title="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" />
     </div>
     <div>
      Aller s'enfermer dans une salle, alors que, dehors, trois rayons de soleil se battent en duel pour les beaux yeux des Parigots, ravis de pouvoir crâner avec leur &quot;Ray-Ban&quot; aux terrasses des cafés, ce n'est pas la meilleure idée. Mais, comme je ne porte pas de &quot;Ray-Ban&quot;, que ma peau n'aime le soleil qu'en Bretagne au mois de mai, c'était réglé. Direction le Guichet Montparnasse. Charmante petite salle que j'ai souvent citée.       <br />
              <br />
       Surprise ! Nous étions quelques-uns à être allergiques au soleil. La salle était quasiment remplie. Génial ! Pour lui. Fabrice Luchini n'a pas ce genre de souci. Frédéric Cosson, oui. Non pas que son spectacle ne soit pas bon. Évidemment ! Sinon je ne serai pas entrain d'assommer telle une guerrière inspirée, la touche &quot;i&quot; de mon clavier d'ordi. Luchini est complet et en plus il a trop de i ! Bref ! Je m'emballe et je reviens à ce charmant comédien.       <br />
              <br />
       Frédéric Cosson a écrit et interprète donc ce personnage fantasque - Plumet - licencié pour une cause assez peu banale : il ne s'exprime qu'en vers. Et se prend soi-disant un peu trop pour Molière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7721993-11950437.jpg?v=1430037299" alt="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" title="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" />
     </div>
     <div>
      Le problème, c'est qu'il ne peut guère faire autrement. Cette particularité orale lui a été collée enfant. Un enfant né avec des vers dans la bouche, des rimes dans le gosier, des Alexandrins dans les jambes, ça fait mouche ! Et c'est ce qu'il vient nous conter, cet élégant comédien sur plus d'une heure de temps.       <br />
              <br />
       Élégant car bien sapé, j'entends. Ça me touche toujours moi, les hommes qui délaissent un peu le jean et les baskets pour les tenues classes, et plus encore, les hommes qui manient la langue française avec autant de tact et beaucoup de grâce.       <br />
              <br />
       Frédéric Cosson a pris des risques avec ce spectacle. Tous les artistes, intermittents aimant la création et le spectacle vivant prennent des risques et ça leur coûte (trop) souvent.       <br />
              <br />
       Il a pris un risque : celui d'écrire en vers en 2015, à l'heure où la majorité des seuls en scène virent &quot;tchatche&quot; moderne sur air du temps. La poésie, les rimes et les vers, aujourd'hui… c'est une rareté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7721993-11950453.jpg?v=1430037559" alt="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" title="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" />
     </div>
     <div>
      Frédéric Cosson a pris un risque et je tiens à féliciter ce jeune homme, de rentrer dans la catégorie des auteurs hexagonaux qui &quot;savent écrire autre chose que des histoires d'adultère et de couple&quot;. Récemment, une &quot;grande&quot; étude fournie par un gros canard du dimanche s'inquiétait du manque d'originalité des auteurs français. Qui envoient à foison des textes aux directeurs de théâtre (c'est une directrice de théâtre qui s'exprimait) sans aucune originalité évoquant souvent les mêmes sujets : le couple et l'adultère.       <br />
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       Une très bonne façon pour moi de détourner ce constat puisque non seulement Frédéric Cosson écrit en vers et en aucun cas il est question de couple, ni d'adultère… à moins que le second volet de sa saga termine en pugilat, façon &quot;Guerre des roses&quot; et qu'à défaut de vers, sa future épouse lui envoie un autre type de verre, dans la figure ! Il a donc pris &quot;Un Risque&quot; et, étonnamment, en une semaine, j'ai découvert cet auteur en me baladant ailleurs que dans les quartiers prisés des journalistes du JDD mais un peu plus loin sur ma droite, au Lucernaire, j'ai assisté à une lecture où là non plus, il n'était pas question de couple ni d'adultère. Comme quoi ! La curiosité réserve de belles surprises.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7721993-11950464.jpg?v=1430038200" alt="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" title="Licencié ! Motif : se prend pour Molière... mais pas pour Luchini !" />
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      Enfin, si je devais noter le spectacle &quot;Licencié, ! Motif : se prend pour Molière&quot;, je lui accorderais un 18/20. 6 points pour l'originalité de l'écriture et la prise de risque de ne pas nous avoir raconté sa vie, ses femmes, ses maîtresses, sur une heure et demie. 6 points pour la sobriété de la mise en scène et l'occupation du plateau du Guichet. Et les derniers points pour le comédien, à la fois touchant, émouvant, et si humble envers son talent.       <br />
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       Son spectacle est une belle histoire où il est question de différence. S'exprimer avec des vers en l'occurrence. Comment vivre avec ce handicap ? Qui ne se voit pas, certes, mais empoisonne au quotidien. Comment vivre ce handicap ? Qui parfois fait qu'on se détourne de vous au point de vous virer, de vous licencier.       <br />
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       Au placard ! C'est drôle. Ça me rappelle Feydeau…       <br />
       Je souhaite à Frédéric Cosson autant de public que Fabrice Luchini.       <br />
       Je souhaite à Frédéric Cosson autant de succès que Fabrice Luchini       <br />
       Je souhaite à Frédéric Cosson autant d'inventivité, de créativité pour terminer, qui sait ? Au Studio des Champs-Élysées.
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     <div><b>"Licencié ! Motif : se prend pour Molière"</b></div>
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      De : Frédéric Cosson.       <br />
       Mis en scène : Pauline Marbot.       <br />
       Avec : Frédéric Cosson.       <br />
       Compagnie P’tit Loup.       <br />
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       <span class="fluo_jaune">Du 3 avril au 3 mai 2015.</span>       <br />
       vendredi et samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, Paris 14e, 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.guichetmontparnasse.com/index.php" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
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   </content>
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