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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-12T20:32:35+01:00</updated>
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   <title>"Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres</title>
   <updated>2025-11-28T18:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Democratie--Un-spectacle-dont-vous-pourriez-etre-les-heros-Anatomie-joyeuse-d-une-democratie-a-faire-renaitre-de-ses_a4415.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-11-28T17:59:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bienvenue dans l'univers de la Démocratie ! Bienvenue dans l'univers… des Démocraties ! En effet, au-delà de ses propres limites, la démocratie athénienne, vieille de 2500 ans, fait figure d'antiquité aux yeux d'un monde contemporain s'étant empressé de lui trouver des substituts faisant fi des fondements inscrits dans son nom : Démocratie, du grec Demos (le peuple) et Kratos (le pouvoir), donc le pouvoir du peuple… Alternant adresses directes à la salle et saynètes piquantes, prenant le public comme pilier, la philosophe Barbara Stiegler et le spécialiste d'histoire grecque Christophe Pébarthe vont parcourir les méandres de ces entités à géométrie variable que sont devenues les démocraties dites représentatives.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021126.jpg?v=1764349808" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      &quot;Qui veut prendre la parole ?&quot;. Par cette question inaugurale – la même que pouvaient entendre naguère les citoyens pressés les uns contre les autres sur la colline de la Pnyx au pied de l'Acropole d'Athènes – s'ouvre cette séance-spectacle dont l'objet s'identifie à la démocratie vécue à la fois en direct (nombreux temps réservés au débat) et en représentation scénique haute en couleur.       <br />
              <br />
       D'emblée, on est immergé dans l'AG d'une Fac où le tout nouveau Président, élu au vu de son programme radical, s'est s'empressé de trahir ses engagements en appliquant la réforme sélective exigée par le néolibéralisme régnant en maître, attitude purement anti-démocratique déclenchant le jour de la rentrée la grève illimitée… Avec un humour étudié, Christophe Pébarthe dont <span style="font-style:italic">&quot;personne n'ignore ici qu'il est spécialiste de la démocratie athénienne&quot;</span> – n'a-t-il pas été fait Docteur Honoris Causa par l'Université de Santorin ? – rappelle doctement, avec un pédantisme de bon aloi, la phrase liminaire de l'éminent historien Ernest Lavisse fixant en 1890 le credo des lieux d'éducation : <span style="font-style:italic">&quot;Notre histoire commence avec les Grecs&quot;</span>… aussitôt interrompu par lui-même pour que la parole soit donnée à la salle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021141.jpg?v=1764349851" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, pour les éventuels distraits venus se perdre ici, monstration est faite qu'il ne s'agira pas d'un cours magistral sur la démocratie – fût-elle grecque – mais de travaux pratiques où chacun (chacune) est invité(e) d'ores et déjà à donner de la voix… seule voie possible vers l'exercice de la démocratie pleine et entière. Sa complice sur scène s'empressera de prendre le premier relai pour animer un séminaire regroupant infirmières et corps médical dont l'objet – la démocratie sanitaire – mobilise toute son attention… vite interrompue à son tour par la règle des deux minutes maxi de parole afin que cette dernière ne soit instrumentalisée par des orateurs démagogues.       <br />
              <br />
       Nouvelle AG. Celle des gilets jaunes… La voix du peuple… Mais de quel peuple s'agit-il ? Vous découvrez que le peuple ne parle pas la même langue que vous ? Le mépris du peuple, aussi vieux que les Grecs ? Construire un questionnement pour décortiquer les mécanismes de remise en cause des qualités du peuple, vous avez deux minutes… Le gilet jaune, épouvantail pour le Pouvoir, une résurgence de la démocratie directe des Athéniens recouverte par les limons de la démocratie représentative excluant le peuple de sa capacité légitime à gouverner ? Moment succulent et ô combien signifiant de la citation d'un magazine culturel fort prisé dénonçant l'indigence de ce mouvement populaire spontané, né autour des ronds-points et hors des cadres de l'orthodoxie consacrée, fût-elle de gauche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021145.jpg?v=1764349881" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Une autre saynète montrera la philosophe à sa table, écoutant &quot;religieusement&quot; une des voix off de la réforme parcours sup. Présenté comme l'opportunité d'offrir à chaque lycéen le choix d'orientation le mieux adapté – &quot;à la fin du processus, c'est le lycéen qui choisit&quot; – ce message-mensonge d'état martelé sur les ondes n'est aucunement questionné par la journaliste, cautionnant de fait un discours gouvernemental aux antipodes des objectifs sélectifs qu'il poursuit. De même sera joyeusement déconstruit en situation le diktat de la période covid – oukase prononcé au nom du bien du peuple – de l'interdiction de se réunir (ou &quot;pas plus de six à Noël&quot;) créant des lésions irréparables dans le tissu social.       <br />
              <br />
       Prenant pour exemple la tragédie de Sophocle, &quot;Antigone&quot;, l'honorable Docteur Honoris Causa s'adressant à l'assemblée prise à témoin demandera qui se sent plus proche de Créon ou d'Antigone que tout sépare… pour mieux faire apparaître que la délibération est essentielle, l'un et l'autre ayant tort a priori. C'est là l'enseignement à tirer de la tragédie grecque, l'expérience de l'impossibilité d'épuiser la réalité dans le discours. La réalité est en excès sur les discours, elle est toujours plus complexe que les discours qui prétendent la circonscrire. Discuter collectivement des lois, non inamovibles, mais prises comme système vivant, ce serait ça la démocratie… vécue en direct.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Quand nous dansons avec nos racines, nous composons perpétuellement.&quot;</span> Et ce soir, ce qui s'est joué sur une scène de théâtre ouverte sur l'espace des citoyens assemblés dans la salle des Colonnes, c'est un remake enjoué de ce que pouvait être l'assemblée athénienne : un lieu de paroles libérées, un espace délibératif dénouant les mécanismes de représentants élus &quot;démocratiquement&quot;… et toujours prêts à abuser le peuple en s'appropriant le pouvoir qu'il leur a délégué.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 21 novembre 2025 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Blanquefort (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021151.jpg?v=1764349917" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Une expérience théâtrale de Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe.       <br />
       Texte et mise en scène : Christophe Pébarthe.       <br />
       Avec : Christophe Pébarthe, Barbara Stiegler.       <br />
       Regard sur la direction d'acteurs : Jean-Marie Broucaret.       <br />
       Dramaturgie et assistante à la mise en scène : Marie Duret-Pujol.       <br />
       Scénographie : Clémence Kazémi.       <br />
       Lumière : Jérémie Papin.       <br />
       Régisseur général : Matthieu Chevet.       <br />
       Avec la collaboration involontaire de : Cornelius Castoriadis, Bernard Manin, Francis Duruis-Déri, Dominique Rousseau, Frédérique Vidal, Pierre-Henri Tavoillot.       <br />
       Durée : 2 h 30       <br />
              <br />
       <b>Représenté les 21 et 22 novembre 2025 à la Scène nationale du Carré-Colonnes de Blanquefort (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 et 7 décembre 2025 :</span> Scène nationale du Sud-Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       15 mars 2026 : Le Méta - CDN, Poitiers (86).       <br />
       29 avril 2026 : Les 3T, Châtellerault (86).       <br />
       21 mai 2026 : Théâtre Ducourneau, Agen (47).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…</title>
   <updated>2025-04-25T12:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hecube-pas-Hecube-L-artiste-et-son-double-une-histoire-flamboyante-de-meres-douleurs_a4204.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-04-25T11:45:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Tiago Rodrigues s'empare de monuments de la littérature (cf. son "Antoine et Cléopâtre", "Bovary", "La Cerisaie", "By Heart", etc.), c'est dans l'intention de faire résonner leur matière vivante avec notre contemporanéité. En effet, loin d'"adapter" Shakespeare, Flaubert, ou encore Tchekhov, il considère ces histoires mythiques comme la cristallisation dans notre mémoire vive de questions atemporelles, les "exploite" à l'envi pour créer les conditions d'un choc dramaturgique porteur de sens. Ainsi de sa dernière création, où une actrice qui répète au plateau le rôle d'Hécube, rencontre dans son existence personnelle une problématique-miroir reflétant celle de l'esclave d'Agamemnon.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421344.jpg?v=1720189950" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Tournant le dos aux falaises hiératiques de la Carrière de Boulbon, les comédiens habillés de noir sont absorbés par leur travail à la table… C'est le tout début des répétitions de la pièce d'Euripide. Remarquant la présence du public, ils s'interrompent pour briser le quatrième mur en présentant de manière chorale l'intrigue vieille de 2 500 ans… <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes le Chœur… Au moment où commence la pièce, Polyxène, premier fils d'Hécube, a été sacrifié aux Dieux. Polydore, le second fils, a été assassiné perfidement par le roi de Thrace, Polymestor, auquel il avait été confié par Priam, roi de Troie. Hécube, reine déchue et mère ravagée de douleur, réclame justice et vengeance&quot;.</span> Ainsi rappelée, l'intrigue grecque est-elle prête à devenir caisse de résonance du drame à venir.       <br />
              <br />
       Pause pour revenir à la table où l'un des comédiens annonce que Nadia (l'interprète de la reine troyenne) devra s'absenter de la répétition pour des raisons personnelles. Le rythme s'accélère alors pour exploser dans une joyeuse cacophonie pointée non sans malice par l'un des acteurs choisis pour jouer Agamemnon (Denis Podalydes) : <span style="font-style:italic">&quot;Euripide méritait mieux&quot;</span>… Quant à la tirade de Polymestor qui fait suite, l'acteur errant les yeux crevés tout en vociférant son texte, elle sera assortie d'un nouveau trait d'humour – <span style="font-style:italic">&quot;Il parle beaucoup pour quelqu'un qui a les yeux crevés&quot;</span> – saillie en annonçant d'autres, créant des temps de respiration salutaires dans les deux drames qui se profilent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421345.jpg?v=1720189992" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Bascule de lieux… La table de travail des comédiens devient instantanément celle du Tribunal. On y retrouve Nadia venue là pour entendre le procureur suite à la plainte qu'elle a déposée contre l'institut spécialisé auquel elle avait confié son enfant autiste. Le magistrat lui communique le rapport accablant actant par le menu les maltraitances subies par les enfants autistes accueillis dans cette structure, <span style="font-style:italic">&quot;notamment par Otis (son fils) âgé de douze ans&quot;</span> (phrase répétée en boucle par le Chœur, comme une litanie obsédante).       <br />
              <br />
       Dès lors, deux régimes dramatiques (la tragédie d'Euripide et l'action en justice) vont continuellement se faire écho en se succédant sans aucune transition. Auxquels s'ajouteront les commentaires sur le vif des comédiens, suspendant leur personnage pour commenter &quot;théâtralement&quot; le théâtre en train de se faire… <span style="font-style:italic">&quot;Nadia est jouée par une actrice (Elsa Lepoivre) qui elle-même fait semblant de jouer Hécube&quot;</span>, ou encore <span style="font-style:italic">&quot;Le corps de Nadia est sur scène et elle dit les mots d'Hécube mais elle n'est pas vraiment là&quot;.</span> Un théâtre à multifacettes renvoyant chacune des effets de vérité mouvante.       <br />
              <br />
       Aspiré par ce mouvement tourbillonnaire, le spectateur est partie prenante des intrigues commentées en direct par le coryphée. Il sera, lui aussi, ému (jusqu'aux larmes) par la déposition de Nadia parlant avec amour de son fils disposant de quarante mots au plus pour communiquer avec elle : <span style="font-style:italic">&quot;Maman, pas maman ; pluie, pas pluie ; au revoir, pas au-revoir…&quot;.</span> Et quand le même coryphée interviendra pour dire que les larmes qui s'échappent des yeux de l'actrice lorsqu'elle joue Hécube (<span style="font-style:italic">&quot;Nadia joue Hécube et pleure sur Polydore assassiné&quot;</span>), ce sont celles qu'elle a retenues face au procureur, le trouble devient par porosité le nôtre.       <br />
              <br />
       Une autre histoire racontée par Nadia viendra s'inviter dans les plis des deux intrigues principales, rythmant ainsi celles de l'antique grecque et du tribunal contemporain appelé à juger l'impensable des maltraitances institutionnelles perpétrées sur des enfants handicapés… L'histoire d'une chienne ordinaire, héroïne d'une série qu'Otis – son fils autiste dont le prénom n'a rien à voir avec son trouble, mais avec le chanteur afro-américain Otis Redding – affectionne particulièrement. Que nous raconte-t-elle d'autre cette histoire de chienne, qui, d'épisode en épisode, erre jusqu'à retrouver en toute fin son chiot et éprouver l'indicible plaisir d'aboyer avec lui ?…       <br />
              <br />
       … si ce n'est l'écho réifié d'Hécube, métamorphosée en chienne – cf. sa statue monumentale dévoilée sur le plateau – et aboyant ad vitam æternam après s'être vengée du traître Polymestor en crevant avec des aiguilles les yeux de l'assassin de son fils aimé. Au théâtre, tout fait signe, et le metteur en scène nous le rappelle magistralement au détour de son écriture.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421346.jpg?v=1720190016" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Dans la mise en cause du personnel de la maison d'accueil, le Chœur – toujours à l'avant-scène de la pièce – commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Nadia n'est plus Hécube, mais joue son rôle de mère. Elle découvre le labyrinthe où sa vie se confond avec celle d'Hécube&quot;</span>. Nous suivrons &quot;en direct&quot; les péripéties de cet avant-procès où éclateront au grand jour, outre la perversité du tortionnaire incriminé, la pleutrerie scandaleuse des plus hauts dirigeants incapables d'assumer leurs manquements, plus encore coupables que les employés de terrain, dépassés par des conditions de travail impossibles.       <br />
              <br />
       Au terme de ces deux heures intenses de représentation du théâtre dans le théâtre, nous ressortons… comme éblouis. Éblouis par ces deux mères courages, ravagées par la douleur et mues par la fureur vengeresse réparatrice. Éblouis par le jeu des actrices et acteurs de la Comédie-Française (Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi) rivalisant de force tranquille pour incarner les différents rôles, passant allègrement d'un lieu et d'une époque à l'autre. Éblouis par l'intelligence (et l'humour !) de l'écriture de Tiago Rodrigues, chantre d'un humanisme décapant. Enfin, encore et toujours, éblouis par le cadre de la Carrière de Boulbon, offrant en toute générosité son &quot;écho&quot; aux tragédies humaines.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 2 juillet 2024 dans la Carrière de Boulbon dans le cadre du Festival d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hécube, pas Hécube"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421347.jpg?v=1720190040" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes (français).       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec les interprètes de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi.       <br />
       Scénographie : Fernando Ribeiro.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Musique et son : Pedro Costa.       <br />
       Collaboration artistique : Sophie Bricaire.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       &quot;Hécube, pas Hécube&quot; de Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes, est publié aux Éditions Les Solitaires intempestifs (juillet 2024).       <br />
       Avec des extraits de &quot;Hécube&quot; d'Euripide, traduction Marie Delcourt-Curvers, publié aux Éditions Gallimard.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88133854-62421348.jpg?v=1720190065" alt=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title=""Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 28 mai au 21 juillet 2025.</span>       <br />
       Lundi au samedi à 20 h 30, dimanche à 14 h.       <br />
       Comédie-Française, Salle Richelieu, Place Colette, Paris 1er.       <br />
       Réservations : 01 44 58 15 15.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…</title>
   <updated>2024-07-06T09:34:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-05T15:53:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Tiago Rodrigues s'empare de monuments de la littérature (cf. son "Antoine et Cléopâtre", "Bovary", "La Cerisaie", "By Heart", etc.), c'est dans l'intention de faire résonner leur matière vivante avec notre contemporanéité. En effet, loin d'"adapter" Shakespeare, Flaubert, ou encore Tchekhov, il considère ces histoires mythiques comme la cristallisation dans notre mémoire vive de questions atemporelles, les "exploite" à l'envi pour créer les conditions d'un choc dramaturgique porteur de sens. Ainsi de sa dernière création, où une actrice qui répète au plateau le rôle d'Hécube, rencontre dans son existence personnelle une problématique-miroir reflétant celle de l'esclave d'Agamemnon.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81382053-58629977.jpg?v=1720189950" alt="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Tournant le dos aux falaises hiératiques de la Carrière de Boulbon, les comédiens habillés de noir sont absorbés par leur travail à la table… C'est le tout début des répétitions de la pièce d'Euripide. Remarquant la présence du public, ils s'interrompent pour briser le quatrième mur en présentant de manière chorale l'intrigue vieille de 2 500 ans… <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes le Chœur… Au moment où commence la pièce, Polyxène, premier fils d'Hécube, a été sacrifié aux Dieux. Polydore, le second fils, a été assassiné perfidement par le roi de Thrace, Polymestor, auquel il avait été confié par Priam, roi de Troie. Hécube, reine déchue et mère ravagée de douleur, réclame justice et vengeance&quot;.</span> Ainsi rappelée, l'intrigue grecque est-elle prête à devenir caisse de résonance du drame à venir.       <br />
              <br />
       Pause pour revenir à la table où l'un des comédiens annonce que Nadia (l'interprète de la reine troyenne) devra s'absenter de la répétition pour des raisons personnelles. Le rythme s'accélère alors pour exploser dans une joyeuse cacophonie pointée non sans malice par l'un des acteurs choisis pour jouer Agamemnon (Denis Podalydes) : <span style="font-style:italic">&quot;Euripide méritait mieux&quot;</span>… Quant à la tirade de Polymestor qui fait suite, l'acteur errant les yeux crevés tout en vociférant son texte, elle sera assortie d'un nouveau trait d'humour – <span style="font-style:italic">&quot;Il parle beaucoup pour quelqu'un qui a les yeux crevés&quot;</span> – saillie en annonçant d'autres, créant des temps de respiration salutaires dans les deux drames qui se profilent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81382053-58629984.jpg?v=1720189992" alt="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Bascule de lieux… La table de travail des comédiens devient instantanément celle du Tribunal. On y retrouve Nadia venue là pour entendre le procureur suite à la plainte qu'elle a déposée contre l'institut spécialisé auquel elle avait confié son enfant autiste. Le magistrat lui communique le rapport accablant actant par le menu les maltraitances subies par les enfants autistes accueillis dans cette structure, <span style="font-style:italic">&quot;notamment par Otis (son fils) âgé de douze ans&quot;</span> (phrase répétée en boucle par le Chœur, comme une litanie obsédante).       <br />
              <br />
       Dès lors, deux régimes dramatiques (la tragédie d'Euripide et l'action en justice) vont continuellement se faire écho en se succédant sans aucune transition. Auxquels s'ajouteront les commentaires sur le vif des comédiens, suspendant leur personnage pour commenter &quot;théâtralement&quot; le théâtre en train de se faire… <span style="font-style:italic">&quot;Nadia est jouée par une actrice (Elsa Lepoivre) qui elle-même fait semblant de jouer Hécube&quot;</span>, ou encore <span style="font-style:italic">&quot;Le corps de Nadia est sur scène et elle dit les mots d'Hécube mais elle n'est pas vraiment là&quot;.</span> Un théâtre à multifacettes renvoyant chacune des effets de vérité mouvante.       <br />
              <br />
       Aspiré par ce mouvement tourbillonnaire, le spectateur est partie prenante des intrigues commentées en direct par le coryphée. Il sera, lui aussi, ému (jusqu'aux larmes) par la déposition de Nadia parlant avec amour de son fils disposant de quarante mots au plus pour communiquer avec elle : <span style="font-style:italic">&quot;Maman, pas maman ; pluie, pas pluie ; au revoir, pas au-revoir…&quot;.</span> Et quand le même coryphée interviendra pour dire que les larmes qui s'échappent des yeux de l'actrice lorsqu'elle joue Hécube (<span style="font-style:italic">&quot;Nadia joue Hécube et pleure sur Polydore assassiné&quot;</span>), ce sont celles qu'elle a retenues face au procureur, le trouble devient par porosité le nôtre.       <br />
              <br />
       Une autre histoire racontée par Nadia viendra s'inviter dans les plis des deux intrigues principales, rythmant ainsi celles de l'antique grecque et du tribunal contemporain appelé à juger l'impensable des maltraitances institutionnelles perpétrées sur des enfants handicapés… L'histoire d'une chienne ordinaire, héroïne d'une série qu'Otis – son fils autiste dont le prénom n'a rien à voir avec son trouble, mais avec le chanteur afro-américain Otis Redding – affectionne particulièrement. Que nous raconte-t-elle d'autre cette histoire de chienne, qui, d'épisode en épisode, erre jusqu'à retrouver en toute fin son chiot et éprouver l'indicible plaisir d'aboyer avec lui ?…       <br />
              <br />
       … si ce n'est l'écho réifié d'Hécube, métamorphosée en chienne – cf. sa statue monumentale dévoilée sur le plateau – et aboyant ad vitam æternam après s'être vengée du traître Polymestor en crevant avec des aiguilles les yeux de l'assassin de son fils aimé. Au théâtre, tout fait signe, et le metteur en scène nous le rappelle magistralement au détour de son écriture.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81382053-58630032.jpg?v=1720190016" alt="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      Dans la mise en cause du personnel de la maison d'accueil, le Chœur – toujours à l'avant-scène de la pièce – commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Nadia n'est plus Hécube, mais joue son rôle de mère. Elle découvre le labyrinthe où sa vie se confond avec celle d'Hécube&quot;</span>. Nous suivrons &quot;en direct&quot; les péripéties de cet avant-procès où éclateront au grand jour, outre la perversité du tortionnaire incriminé, la pleutrerie scandaleuse des plus hauts dirigeants incapables d'assumer leurs manquements, plus encore coupables que les employés de terrain, dépassés par des conditions de travail impossibles.       <br />
              <br />
       Au terme de ces deux heures intenses de représentation du théâtre dans le théâtre, nous ressortons… comme éblouis. Éblouis par ces deux mères courages, ravagées par la douleur et mues par la fureur vengeresse réparatrice. Éblouis par le jeu des actrices et acteurs de la Comédie-Française (Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi) rivalisant de force tranquille pour incarner les différents rôles, passant allègrement d'un lieu et d'une époque à l'autre. Éblouis par l'intelligence (et l'humour !) de l'écriture de Tiago Rodrigues, chantre d'un humanisme décapant. Enfin, encore et toujours, éblouis par le cadre de la Carrière de Boulbon, offrant en toute générosité son &quot;écho&quot; aux tragédies humaines.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 2 juillet 2024 dans la Carrière de Boulbon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hécube, pas Hécube"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81382053-58630033.jpg?v=1720190040" alt="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes (français).       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Avec les interprètes de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Denis Podalydès, Elsa Lepoivre, Loïc Corbery, Gaël Kamilindi, Élissa Alloula, Séphora Pondi.       <br />
       Scénographie : Fernando Ribeiro.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Musique et son : Pedro Costa.       <br />
       Collaboration artistique : Sophie Bricaire.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       &quot;Hécube, pas Hécube&quot; de Tiago Rodrigues, traduction Thomas Resendes, est publié aux Éditions Les Solitaires intempestifs en juillet 2024.       <br />
       Avec des extraits de &quot;Hécube&quot; d'Euripide, traduction Marie Delcourt-Curvers, publié aux Éditions Gallimard.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle diffusé en direct le 5 juillet sur France 5 et disponible sur france.tv</b>       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 juin au 16 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Carrière Boulbon, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81382053-58630042.jpg?v=1720190065" alt="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" title="•In 2024• "Hécube, pas Hécube" L'artiste et son double, une histoire flamboyante de mères douleurs…" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">26 et 27 juillet 2024 :</span> Festival d'Athènes-Épidaure, Athènes (Grèce).       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 et 12 septembre 2024 :</span> Divadlo International Theatre Festival, Pilsen (République Tchèque).       <br />
       20 et 21 septembre 2024 : Slovenské národné divadlo, Bratislava (Slovaquie).       <br />
       26 et 27 septembre 2024 : Bitef Beogradski Internacionalni Teatarski Festival, Belgrade, (Serbie).       <br />
       7 et 8 octobre 2024 : Cankarjev dom, Ljubljana (Slovénie).       <br />
       2 et 3 novembre 2024 : Istanbul theater Festival - İstanbul Kültür Sanat Vakfı, Istanbul (Turquie).       <br />
       Du 15 au 23 novembre 2024 : ThéâtredelaCité - CDN Toulouse Occitanie, Toulouse (31).       <br />
       Du 28 novembre au 1er décembre 2024 : Comédie de Genève (Genève, Suisse).       <br />
       6 et 7 décembre 2024 : Anthéa Antipolis théâtre d'Antibes, Antibes (06).       <br />
       Du 3 janvier au 5 janvier 2025 : Teatros del Canal, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 9 janvier au 11 janvier 2025 : Centro Cultural de Belém, Lisbonne (Portugal).       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : deSingel, Anvers (Belgique).       <br />
       Du 23 au 25 janvier 2025 : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg (Luxembourg).       <br />
       29 et 30 janvier 2025 : La Coursive - Scène nationale, La Rochelle(17).       <br />
       Du 28 mai au 25 juillet 2025 : Salle Richelieu, Comédie-Française, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Hecube-pas-Hecube-L-artiste-et-son-double-une-histoire-flamboyante-de-meres-douleurs_a3988.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards</title>
   <updated>2023-09-21T09:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/C-etait-un-samedi-Une-prestation-memorielle-epoustouflante-a-de-nombreux-egards_a3731.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75370661-52902093.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-09-21T09:21:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est l'histoire tragique et bien trop méconnue des "Romaniotes", communauté juive, ni ashkénaze, ni séfarade, établie à Ioannina en Grèce à compter du troisième siècle avant l'ère chrétienne. La légende locale la concernant veut que ce soit Titus qui ait embarqué des Juifs de Palestine pour les vendre comme esclaves. Le bateau aurait fait naufrage sur les côtes d'Épire et ces captifs juifs auraient fondé la ville.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902093.jpg?v=1695282352" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      C'est la raison pour laquelle cette communauté juive est appelée &quot;romaniote&quot; - romaine -, car elle était sujette de l'Empire romain d'Orient, byzantine et de langue grecque. En Grèce, la Shoah a été particulièrement dévastatrice : 85 % de la communauté juive a été déportée et exterminée.       <br />
              <br />
       Au printemps 1943, un samedi, jour de repos hebdomadaire, c'est toute une culture qui a été rayée de la carte : la Wehrmacht déporte les Juifs de Ionnina vers le camp d'Auschwitz. Dans les années cinquante, Dimitris Hadzis, écrivain engagé, proche du parti communiste, a écrit &quot;La Fin de notre petite ville&quot;, un recueil de nouvelles dans lequel il relate avec beaucoup de nostalgie les fantômes de sa ville engloutie en ressuscitant leur mémoire... (Irène Bonnaud, Entretiens réalisés par François Rodinson pour le Théâtre Châteauvallon-Liberté en 2020).       <br />
              <br />
       En 2017, à l'occasion de son premier spectacle évoquant la guerre civile grecque, Irène Bonnaud rencontre le KET d'Athènes, un lieu d'activités culturelles, de débats publics et de solidarité situé dans le quartier de Kypseli. C'est cette &quot;scène politique pour l'art et la création&quot; que le Théâtre du Soleil accueille en cette rentrée 2023-2024, grâce à laquelle le public parisien découvre l'histoire trop méconnue des Romaniotes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902094.jpg?v=1695282395" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, onze petites figurines en terre cuite accueillent le public, figées dans leur éternité. Leurs ombres portées en fond de plateau les rendent immédiatement imposantes, comme vivantes. Puis la comédienne Fotini Banou se mêle délicatement à elles et s'adresse à nous en langue grecque, langue si particulière et si chatoyante. Toute de noir vêtue, elle irradie pourtant, et nous emporte spontanément à travers ses mots et ses chants élégiaques qui nous vont droit au cœur.       <br />
              <br />
       Son jeu est comme organique, ouvrant la porte à toutes les émotions imaginables face au propos évoqué. <span style="font-style:italic">&quot;Au moment de la rafle, les Allemands s'étaient installés aux balcons et nous regardaient, comme au théâtre.&quot; &quot;Il me faudrait le ciel pour papier et toute la mer pour exister.&quot;</span>       <br />
              <br />
       C'est un &quot;seule en scène&quot; qui ne l'est pas tout à fait, car le spectacle convoque une multitude de voix distinctes et polymorphes qui confronte le spectateur à des témoignages intenses et bouleversants. L'interprétation habitée de la comédienne chanteuse fait de ce spectacle un instant suspendu de mémoire vive, acéré, translucide.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902099.jpg?v=1695282422" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      À bien y regarder, le théâtre ne devrait-il pas toujours convoquer la notion de mémoire ? Et si, finalement, il le faisait déjà plus ou moins, indirectement, subtilement, depuis l'aube des temps… Ici, dans ce spectacle, c'est plutôt de façon brute et parfois presque chirurgicale qu'Irène Bonnaud &quot;met en scène&quot; la mémoire de ses ancêtres en s'appuyant à la fois sur une nouvelle du grand écrivain Dimitris Hadziz disparu en 1981 (Sabetaï Kabilis) et sur des témoignages de rescapés rencontrés en Grèce, en Israël ou encore aux États-Unis.       <br />
              <br />
       Spectacle polymorphe oscillant entre littérature, documentaire, poésie, témoignages et chants, &quot;C'était un samedi&quot; est une représentation bouleversante, une tragédie, certes, de laquelle n'émane pourtant pas que de la noirceur ou la tristesse. Loin de là.       <br />
              <br />
       C'est un hymne à la Vie, avec un grand V, comme en témoigne d'ailleurs le propos final relatant les mots d'une rescapée, Esther-Stella Cohen. À son retour des camps, cette femme recherchait désespérément ses deux machines à coudre Singer. On lui demanda de fournir leurs numéros afin qu'elle puisse se les réapproprier – si tant est qu'elle ne les ait jamais connus... – et elle fit la réponse suivante, en tendant son bras à l'horizontale, bien visible : <span style="font-style:italic">&quot;le seul numéro dont je me souvienne, c'est celui-là !&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"C'était un samedi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902121.jpg?v=1695282446" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en grec, surtitrée en français.       <br />
       Textes : Dimitris Hadzis et Irène Bonnaud.       <br />
       Avec : Fotini Banou (jeu et chant).       <br />
       Mise en scène : Irène Bonnaud.       <br />
       Sculptures et scénographie : Clio Makris.       <br />
       Lumières : Daniel Levy.       <br />
       Surtitrage : Dimitris Alexakis.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Le texte du spectacle est publié (enrichi d'un avant-propos et de témoignages supplémentaires) par les éditions Koukkida à Athènes. Livre disponible en grec et en français.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 30 septembre 2023.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>       <br />
       Navette gratuite, départ du métro &quot;Château de Vincennes&quot; et retour après la représentation au même métro.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902176.jpg?v=1695282474" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/C-etait-un-samedi-Une-prestation-memorielle-epoustouflante-a-de-nombreux-egards_a3731.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin</title>
   <updated>2023-07-31T20:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-OEdipe-Enquete-OEdipe-et-son-double-une-quete-sans-age-et-sans-fin_a3711.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74357837-51728120.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-08-01T06:45:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
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    <![CDATA[
Si "le rêve est à la mythologie privée du dormeur, ce que le mythe est au rêve éveillé des peuples" (Paul Ricœur), la toute nouvelle création de Jean-François Matignon, en projetant sur l'avant-scène du Théâtre Transversal son Œdipe revisité, nous emporte très loin dans les sphères oniriques à la rencontre du mythe fondateur. Reliant la version de Sénèque le Tragique à celle du roman noir de Didier Lamaison, croisant les deux visages du même, le metteur en jeu tel le devin qu'il sait ne pas être joue ici des ambiguïtés attachées à "l'homme aux pieds enflés". Et ce, pour mieux nous embarquer sur les traces d'une énigme à jamais irrésolue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728120.jpg?v=1690827321" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Œdipe en grec se dit &quot;Oidipous&quot; (&quot;Οιδι-πους&quot;), celui qui a les pieds enflés. Dans son nom même, la métaphore du Nom-du-père qui y est attachée, réside l'énigme originelle. Celle de sa naissance. &quot;Exposé&quot; sur un mont au nord d'Athènes, les chevilles percées pour pouvoir être arrimé à un arbre, il était destiné à mourir selon le vœu de ses parents, le roi Laïos et la reine Jocaste, afin que la prédiction de l'oracle de Delphes – il tuerait son père et épouserait sa mère – ne puisse se réaliser.       <br />
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       De cette histoire vieille comme le monde, le spectateur découvrira d'abord Tirésias, le devin aveugle de Thèbes, écoutant sur un petit récepteur radio les nouvelles du monde d'aujourd'hui, celles diffusées en direct par une chaîne d'infos en continu. Interrompant le flux incessant des tragédies égrenées, il sort de son silence pour commenter laconiquement : <span style="font-style:italic">&quot;Il s'en passe des choses. Le monde n'est pas tout rose… N'acceptez pas ce qui vous arrive comme une destinée… Soupçon, médisance, ignorance, peur, maladie s'abattent sur Thèbes. Laïos a été assassiné lâchement, qu'avez-vous fait pour trouver le meurtrier ?&quot;.</span>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728147.jpg?v=1690827358" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Œdipe fera alors son apparition, <span style="font-style:italic">&quot;On m'appelle Œdipe&quot;.</span> Et la voix du metteur en scène (Jean-François Matignon), celui qui tire les fils de la tragédie ancienne pour les mêler à la présente, de commenter d'une travée de la salle où il a pris place : <span style="font-style:italic">&quot;C'est l'homme aux pieds enflés. Celui qui finira comme il a commencé, en exclu. Le trône du roi et le lit de la reine lui seront acquis. De même, il tuera la Sphinge après avoir résolu l'énigme&quot;.</span> La Sphinge, un être mi-femme, mi-bête, le féminin de Sphinx…       <br />
              <br />
       Ainsi, d'emblée, le dispositif parle de lui-même… Nous sommes dans le domaine de la tragédie, les héros ne peuvent échapper au fatum. Ils vont devoir exécuter jusqu'au bout leur tâche d'hommes et femmes confrontés à un destin plus grand qu'eux. Ils le feront dans la douleur et la détermination, car ils portent en eux un message qui dépasse leur existence. Aussi vont-ils mourir devant nous, nous qui sommes confortablement installés dans nos fauteuils, afin que les choses soient dites et, peut-être, entendues. La voix du Chœur, par celle du metteur en scène, sera là pour mettre en abyme les enjeux en cours… et rappeler incidemment que les frontières entre ce qui se joue sur un plateau de théâtre et &quot;la vraie vie&quot; sont labiles.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728160.jpg?v=1690827408" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Jocaste, la reine, apparaîtra alors, majestueuse dans sa robe d'apparat, immobile et digne. Elle aura aussi son rôle à jouer, avant d'accomplir devant nous le destin qu'est le sien, la corde d'ailleurs pend déjà des cintres. La voix off du Chœur délivre ce qu'elle découvrira plus tard… Son regard change, elle regarde sans le savoir celui qui a tué Laïos, son époux. Vingt ans se sont écoulés, elle enfanta quatre fois, Polynice et Etéocle, Antigone et Ismène. L'amour s'établit sur des réalités voilées…       <br />
              <br />
       Pour l'heure, une épidémie se répand sur Thèbes, un vent mauvais portant les miasmes de la peste souffle tandis que, sur scène, la reine effeuille nerveusement un bouquet bientôt réduit à ses tiges. <span style="font-style:italic">&quot;La dévastation, des morts que l'on brûle&quot;</span>, fait entendre une voix d'enfant, amplifiant le désastre. Et Apollon d'exiger que la souillure causée par le meurtre de Laïos soit lavée par la découverte du coupable. S'il se dénonce, il devra quitter la ville. Quiconque l'hébergera, sera poursuivi sans répit.       <br />
              <br />
       Alors, trouant le temps de la représentation, la voix du metteur en scène se fait à nouveau entendre : <span style="font-style:italic">&quot;Ce fut là le début de l'enquête. Créon, frère de Jocaste, suggéra au nouveau roi, Œdipe, de prendre conseil auprès de Tirésias…&quot;.</span> Le conflit entre les deux prendra forme sur le plateau, un combat à mains nues où, poussé à bout par Œdipe, à la recherche de la vérité sur le nom de l'assassin, le vénérable vieillard, aveugle pour avoir surpris naguère la nudité d'Athéna, commettra l'erreur de dire ce qu'il n'avait pas vocation à révéler : <span style="font-style:italic">&quot;Plus jamais je ne t'adresserai la parole. Le roi n'a-t-il pas interdit d'adresser la parole à l'assassin ? L'homme que tu recherches est ici… devant moi&quot;.</span> À ces mots, la reine, au second plan, hurle de douleur à l'annonce du crime de parricide et d'inceste.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728164.jpg?v=1690827435" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Œdipe condamné à enquêter sur Œdipe… Deux Œdipe sur le plateau, tous les deux les pieds bandés pour soulager leurs pieds enflés, leur âme, elle, étant en proie aux affres d'une culpabilité ravageuse. Clivage face à l'impossible à admettre, l'un regardant l'autre se débattre convulsivement. Même si, soutenu par la voix du metteur en scène, Œdipe aurait de sérieuses circonstances atténuantes à présenter… à lui-même. En effet, quand il tue Laïos lors d'une rixe &quot;accidentelle&quot;, n'était-il pas en état de légitime défense, le vieil homme, dont il ignorait par ailleurs l'identité, s'apprêtant à en faire autant ? Quant au fait qu'il ait épousé la reine, sa mère, là encore, il ignorait qui elle était pour lui, et c'est la loi de la Cité, la loi de Thèbes, qui a édicté que celui qui tuerait la Sphinge, aurait pour récompense le trône. Jean-François Matignon ira jusqu'à adresser la parole à Œdipe sur scène : <span style="font-style:italic">&quot;Banni de Thèbes, Interdit de Corinthe… Tu es comme le rêveur qui rêve et ensuite vit dans son rêve&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Un rêve se transformant en cauchemar lorsque, la fin de l'enquête approchant, le squelette d'Œdipe, extrait d'un coffre funéraire, se redresse et menace d'engloutir… son meurtrier, lui-même. Cris et déchirements. La mémoire d'Œdipe qui se tord de douleurs sur un air d'opéra (très beau tableau &quot;vivant&quot;) lui revient… Retour sur images traumatiques acté par cette pellicule d'un film de Fellini qui, venant de la salle – les coulisses de l'inconscient –, se rembobine devant nous. Ne pouvant plus se dérober, le déni n'étant plus possible, il emportera avec lui les miasmes mortifères menaçant Thèbes alors que les yeux exorbités de Jocaste traduisent le nœud coulant passé à son cou.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728169.jpg?v=1690827463" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Mise en jeu somptueuse où entre ombres et lumières se rejoue devant nous le drame mythique, porteur de vérités monstrueuses à jamais inélucidées car inélucidables. Force du propos où émotions et réflexions se conjuguent pour créer une matière éminemment vivante, oscillant entre tragédies anciennes et dérives présentes, les deux étant liées comme l'étaient les chevilles d'Œdipe.       <br />
              <br />
       Au début des années soixante, Pasolini (cité dans la pièce), sur une colline de Rome où il aimait se rendre, constatait la disparition des lucioles. Et avec elles, la disparition annoncée de la beauté vivifiante du monde. En 2023, pouvoir présenter des créations exigeantes comme &quot;Œdipe/Enquête&quot;, ouvrant grand le champ des possibles, participe au réenchantement de la part d'imaginaire nécessaire à la survie de l'art et avec lui, du monde.       <br />
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       <b>Vu le lundi 24 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
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     <div><b>"Œdipe/Enquête"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74357837-51728457.jpg?v=1690829384" alt="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" title="•Off 2023• "Œdipe/Enquête" Œdipe et son double, une quête sans âge… et sans fin" />
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      Création 2023.       <br />
       Textes : Sénèque, Didier Lamaison et Pier Paolo Pasolini.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Jean-François Matignon.       <br />
       Avec : David Arribe, Michèle Dorlhac, Thomas Rousselot.       <br />
       Lumières : Michèle Milivojevic.       <br />
       Par la Compagnie Fraction.       <br />
       Tout public dès 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 7 au 25 juillet 2023.</b>       <br />
       Tous les jours à 21 h 30.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10 rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
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